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Love & hate are the same to me [ft. Alek]

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MessageJeu 6 Aoû - 16:06




LOVE & HATE ARE THE SAME TO ME

Alek & Juliet ♥


Elle cogne, cogne, cogne encore. Sans pouvoir s’arrêter. Chaque assaut lui tire les muscles, fait vibrer sa chair,  lui arrache quelques gouttes de sueur supplémentaires. Elle sent tout son corps qui travaille, qui s’échauffe, qui brûle. Ses traits sont durement tirés, dans un mélange de concentration et de douleur. Tout lui fait mal. Elle n’en est juste pas consciente. Elle sait que les effets secondaires se feront ressentir après l’effort. Pour l’instant, elle lutte, contre ce sac de sable, et contre elle-même aussi. Contre ses limites qu’elle repousse sans cesse. Elle est en nage, à bout de forces. Mais elle apprécie, et se donne encore plus, toujours plus. Nouvel effort. L’épuisement se fait sentir. Elle pousse un cri strident qui la réveille et la pousse à ne pas s’arrêter là. Ses longs doigts fins se rassemblent en un poing dont on ne soupçonne pas la force de frappe. Sa colère et sa force lui ont, jusqu’ici, permis de se faire respecter au sein du Bloc. La belle jeune femme à la longiligne silhouette et aux cheveux de feu n’a rien à envier à ses homologues masculins. Sa place au sein de la Milice n’est pas déméritée. Elle sait faire régner l’ordre, et surtout, elle tient à ce que personne ne dépasse les bornes. Ce qui n’est pas une mince affaire en cette période de troubles. Les blocards sont agités. Certains montrent le mauvais exemple, et invitent les plus influençables à se comporter comme des truands avides d’un nouveau régime politique au sein du Bloc. Des problèmes, il y en a tous les jours. Beaucoup trop. Recourir à la violence physique est devenu une nécessité, une banalité. Des coups de poing bien placés pour garder le contrôle sur ceux qui s’emportent, des hurlements qui animent davantage la vie auparavant tranquille des blocards, le cliquetis des menottes, désormais familier. Même l’utilisation des armes est devenue plus fréquente, essentiellement pour intimider les réfractaires. Heureusement, les blessés sont restés, jusqu’à présent, rares. Mais cette démonstration de puissance n’intimide plus la population autant qu’avant. La nouveauté effraye. L’habitude n’ébranle plus personne.

Un nouveau coup de genou. Deux ou trois coups de poing, et elle en a terminé pour aujourd’hui. Juliet s’arrête pour reprendre ses esprits. Hors d’haleine, elle passe une main tremblante sur son front couvert de sueur. Ses mèches rousses se sont collées à ses tempes moites durant l’effort. Elle les dégage d’un geste rapide en s’éloignant de sa cible d’une centaine de kilos. Elle arpente la salle obscure de long en large, étirant ses bras et ses jambes fatigués. Petit à petit, sa respiration se fait plus lente, retrouve un rythme régulier. Les pulsations de son cœur se font moins rapides, plus faibles. Elle se calme. Elle en a bien besoin. Le sport lui permet de se défouler, de libérer toute la rage qu’elle retient soigneusement au fond d’elle. Quelque part, elle se retrouve. Elle est elle-même. Une fois qu’elle quittera la salle, elle retrouvera le masque de froideur que tout le monde lui connaît. Il lui est indispensable pour qu’on lui fiche la paix. Elle est suffisamment occupée avec la chasse aux malfrats qu’elle mène jour et nuit. Elle n’a pas besoin qu’en plus, on vienne la chercher pour parler de problèmes futiles et sans intérêt. Cette froideur tient les blocards à distance, tout comme son sale caractère. Lorsqu’on parle d’elle, on la désigne par le doux surnom de harpie. Il est vrai que lorsqu’elle jette son dévolu sur quelqu’un, sa cible a intérêt à avoir les nerfs solides et à adopter une attitude irréprochable ; autrement, la tornade de feu s’abattra sur elle. Et ne la lâchera plus, bien décidée à lui faire vivre un enfer en réponse à ses péchés.

Une fois que la sensation de chaleur s’est évaporée, la jeune femme commence à ressentir pleinement la fraîcheur de la salle d’entraînement. Elle se met à frissonner. A cette heure-ci, le soleil doit être en train de descendre en direction de l’horizon, emportant avec lui la chaleur de ses doux rayons et sa lumière, si précieuse aux coureurs. Ceux-ci, flanqués de leurs trappeurs, ne devraient d’ailleurs pas tarder à rentrer, en quête de repos après une fatigante journée de course à travers les méandres du labyrinthe. La plupart du temps, Juliet essaye de ne pas songer à cette énorme entité de pierre qui les encercle et les maintient prisonniers. Elle n’y a mis les pieds qu’une ou deux fois, à l’époque où elle venait tout juste d’arriver dans cet endroit énigmatique. Néanmoins, elle n’est jamais allée bien loin. Les cris aigus qui se faisaient entendre au loin ont immédiatement eu raison de son courage. Depuis que de solides règles ont été instaurées, elle n’a plus tenté sa chance. Elle n’est pas faite pour être coureur. Quelque part, elle aimerait savoir ce qui se passe à l’extérieur, à quoi ressemble ce mystérieux dédale, et où il mène. Existe-t-il une quelconque sortie ? Ca fait plus d’un an qu’elle est coincée là, et personne n’a encore trouvé le moindre indice. Les coureurs courent mais n’avancent pas, tandis qu’au Bloc, les tensions se font plus électriques que jamais. Juliet préfère avoir un œil sur ce qui se passe au Bloc, et oublier ce que cachent les murs infranchissables du labyrinthe. Elle ne peut pas penser à tout, ni résoudre tous les problèmes. Chaque chose en son temps. C’est pour ça qu’elle est fière de l’organisation établie. Chacun occupe un rôle bien défini, et contribue à aider la communauté pour le bien de tous. Si les petites frappes et les rebelles voulaient bien se tenir au calme, la vie prendrait des teintes de rêve…

La jeune femme remet tranquillement son attirail de milicienne autour de sa taille et sort de la salle d’entraînement, claquant la porte derrière elle. Son corps tout entier lui crie de prendre une douche au plus vite. N’écoutant que cette nouvelle obsession, la jeune femme se met en route en direction de la grande cabane, lieu délabré où se réfugient les blocards à l’annonce du couvre-feu. Juliet voyait déjà quelques heures de repos se dessiner, avant qu’elle n’ait à faire la chasse aux nombreux insomniaques un peu trop aventureux qui prenaient un malin plaisir à enfreindre les règles et à se promener dehors à la tombée de la nuit. Heureusement pour ces fous, les portes du labyrinthe restaient fermées la nuit. Autrement, elle était sûre que de nombreux blocards auraient tenté de s’y faufiler pendant que les gens responsables dormaient à poings fermés. Ceux-là ne seraient jamais revenus. C’était peut-être ça qu’il leur fallait. Peut-être fallait-il condamner tous les rebelles à mort pour leur donner une bonne leçon. Pour leur montrer où allait les mener leur soif de sensations fortes. Pour permettre aux autres d’ouvrir les yeux sur les dangers du labyrinthe et la nécessité absolue de respecter la loi établie par ceux qui avaient compris que le dédale regorgeait de cauchemars et qui voulaient simplement veiller sur eux. Juliet en a toujours été persuadée : les solutions extrêmes sont toujours plus efficaces.

Alors qu’elle rumine de sombres regrets, la jeune femme relève inconsciemment la tête et voit des silhouettes se dessiner devant l’entrée Nord du labyrinthe. De là où elle est, impossible de reconnaître qui que ce soit. Pourtant, Juliet connait ces gens. Ce sont des coureurs. Et sans doute les trappeurs qui les accompagnent régulièrement. Ils terminent leur dure journée et rentrent avant que les portes ne se referment. Chaque fin de journée est un moment de doutes et de stress venimeux. Vont-ils tous revenir ? Combien ont été blessés ? Une sortie a-t-elle enfin été découverte ? Chacun prie pour que les coureurs reviennent sains et saufs. C’est souvent le cas. Mais leurs retours ne sont pas plus positifs que ça. Ils rentrent, mais bredouilles. Aucune porte de sortie, aucun indice. Le désespoir se fait sentir parmi ceux qui résident au Bloc depuis longtemps. L’espoir de s’échapper les quitte petit à petit. Ils se font une raison : jamais ils ne sortiront de cet enfer. Ces noires pensées ont peu à peu gagné Juliet aussi. Un an de recherches, et toujours rien. Rien, malgré les regards attentifs et les courses folles. Rien, malgré les milliers d’heures passées dehors. Rien. Juste du vent et du désespoir.

Mais pour l’heure, la demoiselle est agitée de pensées beaucoup plus joyeuses. Un sourire en coin étire ses lèvres. Si les coureurs rentrent, alors Alek est de retour au Bloc également. Et ça, c’est une vraie bonne nouvelle. Elle va pouvoir en profiter pour tenter de l’approcher. Ce ne sera pas une mince affaire, car le duo le plus orageux du Bloc s’est de nouveau déchiré quelques jours auparavant, dans les cris et les larmes. Une violente dispute a éclaté entre elle et Alek, son amant indécis. Plus destructrice que d’habitude, cette tempête les a séparés, eux qui ne peuvent se passer l’un de l’autre. Voilà plusieurs jours qu’ils ne se sont pas adressé la parole, s’ignorant superbement, évitant autant que possible de se croiser. Un mur de glace les sépare, leur coupant même l’envie de hurler sur l’autre et de le frapper. Un néant vide et profond a fait place aux habituelles querelles et autres démonstrations d’affection. Juliet se déteste de penser ça et ne l’admettra jamais, ni à un tiers ni à elle-même, mais Alek lui manque beaucoup. Ses bons moments de la journée sont tous partis, ne laissant plus que de la colère, du ressentiment, et une insupportable sensation de vide. Des regrets ? Certainement pas. Persuadée d’avoir eu raison de se mettre en colère, la jeune femme attend simplement qu’Alek revienne vers elle et mette les bouchées doubles pour se faire pardonner. Mais ce rocher insensible s’entête à éviter tout contact. Aussi Juliet a-t-elle décidé de prendre les choses en mains. Elle ignore comment le séduisant frisé réagira, mais puisqu’il refuse d’y mettre du sien, elle fera les choses à sa manière à elle.

Elle devine sans mal que le beau brun n’a qu’une idée en tête à l’heure actuelle : prendre une bonne douche délassante. Et ça tombe bien, puisque leurs plans se rejoignent. Le sourire de Juliet s’étire un peu. Puis, sans perdre de temps, elle se met à courir en direction de la cabane. Pas question de le laisser arriver avant elle et de gâcher l’effet de surprise. La belle rousse arrive peu après et se rue dans la troisième cabine de douche, en prenant soin de laisser la porte entrouverte. Elle sait que c’est celle-ci que choisira Alek. Ils ont déjà passé des moments torrides et intenses dans cette même cabine, et n’imagine pas Alek se réfugier autre part. D’autant plus que c’est lui qui, à chaque fois, insiste pour se cacher ici et pas ailleurs. Sûre de son choix, Juliet ne prend pas la peine de se déshabiller, réservant ce doux plaisir à celui qui lui manque tant, s’il daigne réagir comme un homme. Elle allume le jet d’eau, et le liquide froid se déverse sur elle, trempant son uniforme, éteignant ses mèches couleur de feu. Lorsqu’elle coupe l’arrivée d’eau, elle entend du bruit non loin à l’extérieur. Timing parfait. Quelqu’un entre. Des bruits de pas. Son cœur bat un peu plus vite. Et si ce n’était pas lui ? Les bruits de pas se rapprochent. L’individu passe devant la première cabine de douche sans s’y arrêter. L’espoir se fait plus intense. L’individu se rapproche encore. Face au mur, Juliet sourit franchement lorsqu’elle entend la porte de sa cabine s’ouvrir. Elle se retourne, prenant soin d’arborer un sourire coquin, comme une invitation. Le beau brun face à elle ouvre de grands yeux surpris. Juliet ne lui laisse pas le temps de réagir.

- Monsieur Alekseï, susurre-t-elle en se déhanchant jusqu’à lui, vous êtes en état d’arrestation pour voyeurisme et non-respect de l’intimité de la femme que je suis.

Joignant le geste à la parole, elle extirpe de sa ceinture une paire de menottes, qu’elle entreprend de faire tourner autour de son doigt, sans se départir de son sourire. Un sourire qui en dit long sur ses intentions.


 
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