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« I've never been strong ; my only weapons are tears. » [Ft. Isaac]

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MessageLun 20 Juin - 12:10



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«I've never been strong. My only weapons are tears.»


Il avait pensé que la solitude l’aiderait. Cela avait toujours été le cas. Même si ses souvenirs étaient plus flous que jamais, il demeurait persuadé d’avoir été un grand solitaire, auparavant. Pourtant sociable et joueur, il n’hésitait jamais à s’isoler pour réfléchir et décompresser ; se couper de la pression extérieure. Rien n’avait changé avec la captivité, si ce n’était l’arrivée de la dépression. Il l’avait longuement combattue, repoussant sans cesse son attaque en s’efforçant d’y penser le moins possible. Néanmoins, à force de réflexion, la torture mentale que lui infligeaient ses songes avait fini par le bousiller, par le pousser dans ses retranchements. Même après ces longues semaines passées la plupart du temps reclus dans la forêt, rien n’était plus clair dans sa tête. Il continuait d’endosser le rôle du gamin trop paumé et cherchant des réponses à tout prix, au point de sombrer. Même si ses songes ne lui apportaient que des bribes décousues de son ancienne vie, il avait fini par reconnaitre la fille qui hantait son esprit. Son prénom lui échappait encore, mais son image était désormais nette dans sa tête ; une jeune femme brune, légèrement plus grande que lui, à l’air aussi bien sévère que rieur.

Chaque fois qu’elle lui apparaissait en flash, c’était la même chose : il ressentait ce besoin viscéral de la suivre, de la prendre dans ses bras. Elle devenait le symbole d’une bouée de sauvetage. Combien de temps était-il resté dans cette relation aussi merveilleuse que destructrice ? Un an, deux peut-être ? Il l’avait certainement aimée autant que détestée. Elle lui avait apporté attachement et amour, mais elle lui avait également ôté sa liberté et son indépendance. Lui qui n’avait jamais eu besoin de qui que ce soit pour survivre s’était soudainement trop attaché. Il n’avait plus vécu que par elle, donnant son temps et son énergie pour la préserver de tous les risques que comportait l’existence sur Terre. En échange, elle l’avait sincèrement aimé, peut-être trop, mais aurait-elle pu savoir que c’était cet amour qui avait fini par le détruire ? Du jour au lendemain, ils avaient été séparés. Il ne savait pas si c’était elle qui lui avait été enlevée ou si c’était lui qu’on avait capturé. Quoi qu’il en soit, du jour au lendemain, il ne se souvenait plus d’elle. Il avait fallu pas loin de sept mois pour qu’elle ne fasse son apparition en rêves. Et presque neuf pour qu’il comprenne une grande partie de son existence au Bloc. Avant de réellement faire la connaissance d’Isaac, il n’avait pas eu besoin de point d’ancrage. Il y avait Lily, Allya et Victor –tous partis à présent– qui comptaient énormément pour lui, mais il savait s’en passer lorsqu’il le fallait. Il était hors de question qu’il leur avoue un jour l’importance qu’ils avaient pour lui. De toute manière, il n’en avait pas eu le temps…

Une fois sa relation avec le coureur débutée, Ethan s’était beaucoup trop attaché, une fois de plus. Il sentait bien qu’il en devenait presque dépendant, ce dont, inconsciemment, son esprit avait voulu le protéger. Voilà ce qui avait poussé le trappeur à se renfermer, à imposer une distance lui permettant de se concentrer sur ses pensées chaotiques. Voilà pourquoi il ruminait depuis des semaines parmi les arbres, ne sortant de ce refuge vert que pour aller courir ou voler du pain tard dans la nuit. Il ne voulait plus voir personne, seulement être en tête à tête avec lui-même. Il tenait trop à Isaac pour l’impliquer davantage dans ses soucis de maîtrise de lui. De plus, les souvenirs de la brunette ne l’aidaient pas, le confortant dans son idée qu’une relation amoureuse ne pouvait que nuire à son esprit déjà trop dérangé. Il ne supportait pas le fait qu’il puisse avoir besoin de quelqu’un pour vivre…

Il avait pensé que la solitude l’aiderait. Une fois de plus, il se trompait. Si les premiers temps lui avaient permis de faire le point sur ses émotions, le manque n’avait pas tardé à se faire cruellement ressentir. Il se sentait coupable d’avoir tout mis en œuvre pour éviter Isaac alors qu’il savait au fond de lui qu’il l’aimait trop pour le laisser. Il avait donc lutté, mais il n’en pouvait plus. Pour la première fois depuis des mois, Ethan sortait de la forêt pour se diriger vers le centre d’entrainement, là où il ne s’était plus rendu depuis une éternité. Plus que jamais, il évitait le regard des autres, baissant la tête et marchant rapidement. Il savait bien que son état physique avait empiré, presque autant que sa situation morale. Les cernes sous ses yeux ne s’en allaient plus, ses cheveux n’étaient plus coiffés depuis il ne savait combien de temps, ses yeux étaient rouges d’avoir pleuré. Son humeur était massacrante et sa principale particularité l’avait pour le moment quitté ; sa moquerie. Alors qu’avant il était capable de trouver un minimum d’amusement dans toutes les situations, désormais, il baignait dans la morosité. Il s’étonnait d’ailleurs d’être encore en vie, si l’on tenait compte de ses capacités physiques affaiblies de par une blessure pas totalement soignée. La morsure qu’il avait subie à la cuisse avait été traitée dans l’immédiat, mais il n’avait ensuite plus voulu se rendre à l’infirmerie pour des vérifications. Autant dire que l’infection ne tarderait pas à pointer le bout de son nez s’il ne se réveillait pas.

Une fois arrivé à destination, le trappeur ne mit pas bien longtemps à apercevoir la raison de sa venue ; parmi les quelques blocards s’entrainant, un seul se détachait du lot ; Isaac. Il courait, le regard fixé sur un point invisible. Sans se soucier de couper la route à qui que ce soit, le brun marcha jusqu’au jeune homme avant de se placer juste dans sa trajectoire, le poussant à s’arrêter face à lui.

« Salut. »

Malgré son état, il était encore capable de se rendre compte du ridicule de ses paroles. Il ne fit d’ailleurs rien pour corriger cette foireuse entrée en matière, se contentant de fixer les traits du coureur. S’il ne lui restait pas un semblant de raison, il se serait précipité vers lui, refusant catégoriquement de le quitter à nouveau. Sauf que, même s’il en avait envie, il ne pouvait tout simplement pas revenir comme une fleur. Pas sûr que la réaction d’Isaac soit celle souhaitée… En attendant, il le regardait, tentant vainement de masquer toute la tristesse qui l’habitait à l’idée de ne pas pouvoir lui tomber dans les bras.


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MessageLun 20 Juin - 18:23


 

 The last chapter is back.
 


Combattre pour combattre ou combattre pour oublier ? Les bruits des épées résonnaient à mes oreilles comme dans un champ de bataille où des hommes s'affrontaient violemment. Je lâchai la mienne et elle tomba sur le sol brutalement. Je m'assis sur un tronc d'arbre et mes yeux se penchèrent vers ma main. Le sang dégoulinait lentement sur ma peau. Je m'étais coupé. Je replongeais mon regard vers les autres qui tentaient d'être toujours et encore plus meilleurs. Une petite esquisse d'amusement se dessina sur mon visage. Il y avait eu un temps où j'avais été moi-même comme cela voir pire. Maintenant, c'était différent. Je les regardais et leur montrais même des gestes qui pouvaient les aider à s'améliorer. Je déchirais en deux le grand mouchoir en tissu que j'avais dans ma poche et je commençais à le nouer autour de ma main avec lenteur. Je m'en fichais. C'était comme si j'y prenais plaisir, et puis après tout, si une chose pareille était arrivée, cela voulait dire que je l'avais sûrement mérité non ? Je fis un deuxième nœud d'une manière assez brutale et je ne grimaçais pas, je ne sentais rien, j'étais complètement indifférent. Mon attention se reporta sur les nouveaux. Il n'y avait presque que des nouvelles têtes, toutes les anciennes avaient disparu. Je me souvenais avoir écrit leurs noms sur le mur, ce fameux mur où nous finirions par être un jour tous réunis. À chaque fois, j'avais sus qu'il fallait que je franchisse un obstacle pour tourner la page et m'aider à voir dans le futur, mais parfois cela n'avait pas toujours été facile. À présent, j’essayais d'en tourner une nouvelle, chose pas aisée. Pendant des jours, j'avais cherché des réponses, en vain. J'avais compris que ça allait encore plus me torturer, et j'avais donc arrêté, enfin, arrêter est un bien grand mot. La solitude. Il n'y avait plus personne pour me serrer dans ses bras quand je me réveillais en hurlant à cause de mes cauchemars. J'avais l'impression d'être seul au monde, mais pourtant, il me restait encore quelques amis comme Kalis ou encore Isaline, mais ce n'était pas pareil, c'était différent. Alors oui, je voulais oublier et tourner la page d'un autre chapitre. Je l'avais déjà fait auparavant. Tout le monde pouvait se souvenir d'un en particulier. Les gens pouvaient encore sans doute revoir l'expression qui s’affichait sur mon visage à chaque fois que l'on faisait mention de son prénom. Le chapitre s'appelait Leah. Jolie jeune fille dont j'étais tombé amoureux. La page du livre s'était envolée lorsqu'une autre avait soudainement apparu par surprise. Mais maintenant, c'était cette dernière que je désirais tant tourner aussi. Je soupirais et me contentais aujourd’hui de hocher la tête lorsqu'on me faisait des signes. Je souriais légèrement par la même occasion quand on me demandait si le geste était bon. J'ignorais s'il y avait encore des entraîneurs, mais parfois quand je n'avais pas la force de faire autre chose, je préférais me rendre utile. J'avais l'impression de servir à quelque chose et de me sentir apprécié.

Parfois, ça marchait. Un petit sourire était une petite victoire pour la route vers la sociabilisation. Oui, je désirais tant retrouver une vie normale et sans peine et j'avais comme l'impression que malgré la difficulté, je pouvais peut-être y arriver. Me rendre fou me rendait complètement malade. Je rencontrais un autre moi qui n'était pas moi et il n'y avait aucun sens en cela. Je me penchais et repris l'épée que j'avais laissé tomber dans mes mains. Mes doigts passèrent doucement sur la lame tout en évitant les extrémités. J'y voyais des gouttes de sang. Le mien. Toute cette souffrance était-elle réellement nécessaire ? Non. Je ne la sentais pas, la douleur physique n'était pas mon problème. La souffrance morale était une tout autre affaire. Je soupirais de nouveau et regardais attentivement les combattants devant moi. Certains étaient bien plus rapides que d'autres, mais une petite quantité plus adroits et intelligents. Peut-être qu'il me fallait intervenir, mais pourtant, je ne bougeais pas quand je vis tout le monde se figer et se reculer pour laisser passer la personne qui venait d’apparaître au beau milieu de la zone comme ça presque comme par magie au moment où mon regard s'était un peu perdu dans la petite foule et les mouvements des lames. Je n'en croyais pas mes yeux et mon cœur s'arrêta presque. Tout au fond de moi, il y avait de la joie, mais dans tout le reste de mon corps demeurait quelque chose de bien plus glacial. De la haine oui. C'était lui. Le dernier chapitre que j’essayais de tourner. Ses cheveux ébouriffés et sa démarche très faible le rendaient presque méconnaissable que mes yeux se figèrent complètement. Je ne parvenais même pas à bouger pour me lever lorsque celui-ci s'avança directement vers moi pour me saluer très simplement. Comment osait-il ? Que croyait-il ? Je mis quelques longues secondes à remonter mon regard pour pouvoir le regarder dans les yeux. Oui, il était bel et bien là. Ethan.

Tout le monde semblait être paralysé, comme moi. Tous attendaient une réaction de ma part, mais rien ne sortit, absolument rien. Juste mon regard planté dans le sien. J'avais tant répété ce moment au tout début dans ma tête, mais j'avais fini par l'abandonner si bien que j'avais presque tout oublié. Une chose était certaine, quelque chose de planté tout au fond me chuchotait de me lever et de tendre mes bras vers lui, mais la réalité me hurlait de tout faire, mais pas ça. La situation était effrayante, incroyable et presque.. hilarante au sens du terme que j'avais décidé d'en faire. Oui, hilarante et un petit rire malsain sortit de ma gorge. Je n'avais pas lâché le regard, je n'étais pas ce genre d'homme. C'était même plus facile que je ne l'avais jamais imaginé. Pourquoi ? Parce que la haine avait tout simplement pris le dessus.



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MessageSam 16 Juil - 11:36



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C’était plus compliqué qu’il ne l’avait imaginé. Bien sûr, il s’était douté que revoir Isaac en face à face serait tout sauf simple. Mais le plan qu’il avait longuement préparé était censé l’aider à contenir ses émotions. Il aurait dû s’avancer tranquillement, lui déballer tout ce qu’il avait sur le cœur, supporter son regard triste puis s’éloigner, brisé mais soulagé de s’être livré. Cela aurait été douloureux, bien évidemment. Mais pas impossible. Alors, pourquoi donc la scène ne se déroulait-elle pas comme prévu ? Pourquoi s’était-il pointé avec pour seules paroles un « salut » ridicule ?

C’était tous ces gens. La population du centre d’entrainement le rendait nerveux et horriblement mal-à-l’aise. Plus que jamais à vrai dire. Il se sentait atrocement vulnérable au beau milieu de la foule et il avait cette sensation en horreur. Pourquoi donc le coureur ne voyait-il pas sa détresse et ne faisait pas en sorte de disperser cet attroupement ? Il le connaissait mieux que personne, alors pourquoi ne l’aidait-il pas ? La rancœur était-elle si grande ? Il en devenait de plus en plus difficile de contenir les larmes qu’il retenait depuis des semaines maintenant qu’il se trouvait en face de l’être qui avait été la cause de son bonheur aussi bien que de son malheur. A cette pensée, Ethan eut soudainement envie de tout lui dire, de lui expliquer qu’il était mentalement instable et que les choses n’allaient pas en s’arrangeant. Qu’il avait décidé de disparaitre du jour au lendemain pour le préserver du poids qu’il représentait. Qu’il regrettait et comprenait désormais qu’il aurait simplement dû lui avouer tout cela et partir ensuite, mais qu’il avait simplement eu peur de la perdre. Ce qui était on ne peut plus ridicule étant donné que c’était fait désormais. Il pouvait la voir dans le regard du bouclé ; la haine. Comme cette fois-là dans les douches. Cette soirée lors de laquelle Isaac avait voulu l’étrangler. Il se souvenait précisément de l’étincelle de rage qui avait pris possession de ses yeux et de la tristesse que le trappeur avait ensuite ressentie, en se rendant compte qu’il venait d’échapper à une mort qui aurait été provoquée par celui qu’il aimait. Plusieurs fois, le coureur s’était réveillé d’un sommeil agité et avait voulu déverser sa colère sur lui. Il l’avait alors apaisé du mieux possible en restant des heures et des heures dans ses bras, lui-même rassuré de se trouver avec lui. Ces pensées faillirent le faire définitivement pleurer mais il empêcha de justesse une larme de s’échapper de son œil. Pathétique.

Malgré son besoin de tout déballer sur les raisons de son silence-radio, Ethan n’en fit rien, se contentant de baisser les yeux pour fixer le sol. Il ne savait plus que faire entre laisser parler son cœur devant l’assemblée ou bien préserver sa fierté si durement acquise et sur le point de disparaitre. Finalement, il prit la décision du mélange.

« Eh les gars, ça vous dirait de retourner jouer aux gros bras, tranquillement ? demanda-t-il en s’adressant à toutes les personnes présentes autour d’eux. Je sais bien que vous êtes tous d’un naturel curieux ici, mais, croyez-moi, aller vous entrainer vous servira bien plus que d’observer deux mecs discuter. Vous pigez ? »

Bien qu’il s’efforça de ne rien laisser paraitre, il se surprit lui-même. Cela faisait une éternité qu’il n’avait pas déballé un tel flot de paroles sans interruption. A croire qu’il n’avait pas totalement perdu son cynisme légendaire. Cette simple constatation le rassura quelque-peu et, sans vérifier si les blocards appliquaient ou non son conseil –ordre ?–, il reporta son attention sur la seule personne qui comptait réellement.

« A en juger par ta tête, tu n’as pas l’air ravi de me voir… Ça peut se comprendre malheureusement… Enfin, est-ce que tu te sens prêt à me laisser un temps de paroles de quelques minutes, à l’abri des regards ? Après ça, je pourrais te laisser définitivement tranquille si c’est ce que tu souhaites. »

Aussi surprenant que cela puisse paraitre, parler lui permettait de gérer la tristesse et l’anxiété qui l’habitaient. Ainsi, en jouant au grand bavard, il parvenait à donner l’impression d’être presque maitre de lui-même. C’était déjà un grand pas en avant.


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MessageVen 22 Juil - 10:21



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La situation était tellement invraisemblable, j'avais l'impression que j'étais en train de rêver pour la énième fois sauf que la scène ne se déroulait vraiment pas de la même manière. Déjà nous n'étions pas seuls et j'étais même en train de demander ce à quoi il pensait maintenant. Il détestait avoir pleins de regards posés sur lui contrairement à moi et il y en avait actuellement plein. Il n'allait pas rester comme ça, j'en étais certain. En tant normal, j'aurais demandé à tout le monde de retourner à leurs activités, mais cette fois-ci il n'en était pas question. Je me contentais de les regarder comme pour leur faire savoir que le spectacle était sans doute ouvert à tous rien que pour embêter Ethan. Alors oui, je ne fis rien du tout, je ne parlais même pas, j'en avais franchement pas envie. Lui semblait encore avoir perdu la parole, il regardait ses pieds ne sachant pas quoi dire. Pas quoi dire ? Non, mais c'était une blague non ? Pourquoi il était parti sans prévenir ? Qu'avais-je fait pour mériter cela ? Pourquoi se cachait-il depuis des semaines ? Pourquoi il.. ! Tant de pourquoi faisaient tant de questions et tant de mots pour lui non ? Et bien ça m'en avait même pas l'air et ça m'énervait encore plus ! J'avais juste envie de le prendre par le col et de le frapper. Peut-être que c'était ce qu'il allait arriver d'ailleurs, c'était même très probable. Je voulais me contrôler comme j'avais un peu appris à le faire ces derniers temps pour me remettre de toute cette déception et puis de cette colère, mais le voir là maintenant me faisait perdre toute mes connaissances sur la chose. Bon sang !

Je sortis de mes réflexions très vite car il s’adressa d'une voix assez forte et très vite sûre d'elle aux blocards. Ils n'avaient pas à regarder et pouvaient retourner s'amuser tranquilles. Comment osait-il leur parler de cette manière-là alors qu'il n'avait même pas eu la décence de me parler à moi de sa ”fuite dans les bois” ! Il ne manquait pas de culot. Je lui en voulais et tout ce qu'il faisait semblait mauvais à mes yeux. Il reporta très vite son attention sur moi. Il en déduisait que je n'avais pas l'air heureux de le voir. Je faillais lâcher un ”sans blague” mais je n'avais toujours pas envie de parler. J'avais envie de voir ce que ça pouvait lui faire. Je voulais qu'il ressente pendant quelques instants ce que j'avais ressentis pendant des semaines ! Oui il n'avait pas voulu me parler, il ne me répondait pas dans la forêt et je ne l'avais pas trouvé. Qu'est-ce que ça faisait le silence hein ? Du mal ! Ce qu'il me demandait m'effarait, il voulait que l'on parle tout les deux mais il me laissait le choix. Mais si je n’acceptais pas, que se passerait-il ? Allait-il errer dans le bloc et allais-je tout le temps le croiser ? Franchement ça allait être pire, alors autant y passer maintenant. J'avais toute cette colère en moi, donc plein de choses à lui dire. Sans parler encore, je pris mon épée pour la remettre à ma ceinture et je me mis donc en marche. Je l'avais regardé pour lui faire signe de me suivre. Je savais où nous allions aller. J'allais rester ici dans la zone d’entraînement, mais je connaissais très bien un coin à l'abri des regards. Je voulais le faire souffrir jusqu'au bout et je le conduit près d'n grand arbre derrière la zone principale. Ici personne n'y allait à part.. moi et Ethan. Oui, c'était notre coin. Quelle ironie n'est-ce pas ? Je voulais lui montrer qu'un lieu n'était pas forcément pour toujours un symbole de bonheur. À présent, c'était du malheur et de la déception. J'étais en train de gâcher ça et il allait m'en vouloir, mais je m'en fichais complètement. J'avais mal de faire ça, mais la satisfaction de le blesser couvrait tout cela, alors c'était bon. Je m'adossais à l'arbre et je me contentais de le regarder. Mes bras se croisèrent sur ma poitrine et j'écoutais tranquillement le silence. Le silence que je haïssais. Le silence que j'avais tant entendu pendant des semaines. C'était à lui maintenant de subir le même sort.


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