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A little help for a better world. [Björn ft. Isaline]

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MessageDim 3 Juil - 14:47





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Les gémissements, les interrogations et les pleurs. Voilà ce qui pouvait résumer la situation à l'infirmerie. Cela faisait seulement quelques minutes que j'avais décidé de me lever et d'aider. Les medjacks semblaient débordées et j'occupais à présent un lit pour rien, mais il était encore trop tôt pour moi pour retourner dans le labyrinthe. J'avais envie de faire quelque chose, il n'était pas question de rester là à ne rien faire alors qu'une paire de mains ne serait pas de trop. Personne ne m'avait expliqué ce qu'il fallait faire, mais pourtant mon instinct parlait à ma place. Je savais que j'allais trouver les bons gestes, je le sentais. Je pris le débardeur propre que l'on avait soigneusement déposé sur la chaise à côté de mon lit et l'enfilais avec lenteur. La plaie qui avait été plutôt très profonde me fit légèrement grimacer. On avait dû la recoudre et ça je m'en souvenais très bien, mais à présent elle était presque cicatrisée. Cela me rassurait, mais on m'avait dit d'être tout de même prudent. D'une démarche encore un peu maladroite mais certaine, je me dirigeais vers un visage familier, c'était l’infirmière qui s'était occupée de moi tout au long de mon séjour ici, c'était Isaline, la maton. Elle tombait bien et c'était à elle que je pouvais demander ce que je m'apprêtais à dire. Mon visage restait comme toujours assez mystérieux, assez neutre, mais j'étais bien déterminé.

- Je voudrais vous aider.

Conscient que cela ne suffirait probablement pas, je ne m'arrêtais pas là.

- Je sais que personne ne m'a montré ce que vous faites ici, mais j'ai la certitude que je peux vous être utile. J'apprends très vite et je suis sûr que vous ne le regretterez pas.

Tout était dit. Björn toujours aussi direct, ça ne changeait pas.



Flashback



Une grande ouverture vers le ventre. Le monstre ne m'avait pas loupé. J'avais aussitôt été projeté vers l'arrière pour me retrouver sur le sol. Deux garçons s'étaient rués vers moi pour voir ce qu'il en était. Pour une raison totalement inconnue le monstre avait déguerpi. Pourquoi ? Je ne le saurais jamais, mais en attendant, j'avais un petit ennui. C'était mauvais rien qu'à voir la tête des deux garçons. Ils me traînèrent du mieux qu'ils le pouvaient vers la sortie. Fort heureusement nous n'étions pas très loin. Le chemin fut assez long et mes forces diminuaient tandis que la douleur se faisait insupportable si bien que la tête me tourna violemment. Je luttais pour continuer de marcher le plus possible. Nous finîmes par atteindre l'infirmerie et à ce même moment-là, toute ma lutte s'évapora. Je n'en pouvais plus, mes jambes ne voulaient plus me soutenir un minimum. Je me sentais glisser très rapidement vers l'obscurité. Bam. Que du noir. Mes yeux se fermèrent et ma tête tomba sur l'épaule de la personne qui me soutenait pour marcher.

* * *


Je finis par ouvrir les yeux. Je n'étais plus au même endroit étrangement. Je me retrouvais allongé sur un lit. D'accord, j'étais à l'infirmerie. Allais-je mourir ? Je tentais de me redresser mais quelqu'un m'en empêchait, soit disant j'étais encore trop faible pour faire ce genre de chose. Sans doute qu'elle avait raison car ma tête tournait et j'eus vite fait de reposer ma tête sur l'oreiller. Je sentais ce qui n'allait pas. Mon ventre. Je gémis.

- Que s'est-il passé ?, demandais-je alors d'une voix faible.

J'avais chaud,et j'avais l'impression que la sueur dégoulinait sur mon front. Je n'avais heureusement qu'une fine couverture sur moi. Curieux de savoir ce que je m'étais vraiment fait, Je la soulevais très difficilement et m'aperçus que je n'étais qu'en pantalon. On m'avait débarrassé de mon équipement de trappeur qui n'avait pas pu me protéger du danger. Mes yeux se dirigèrent automatiquement sur ma hanche droite. Il y avait seulement un morceau de tissu qui recouvrait la plaie. Depuis combien de temps étais-je ici ? Le sang encore dessus et l'absence de bandages me disaient que j'avais seulement perdu connaissance cinq petites minutes. On allait donc s'occuper de moi. À quel point l'entaille était-elle profonde ? Les souvenirs me revenaient et j'en avais alors ma petite idée. J'avais terriblement chaud, mais je me sentais en même temps pâlir. Qu'allait-on faire de moi ?



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MessageLun 4 Juil - 21:20

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Nous étions légèrement débordés à l’infirmerie. Cependant, ce n’était pas la première fois. Tous les medjacks présents au bloc, ce qui était assez peu, étaient revenus pour travailler. Nous avions l’habitude de gérer ce genre de situation ainsi on pouvait donc voir chacun s’affairer de toute part du bâtiment. Je faisais de même sans non plus m’affoler. C’était souvent comme cela que les erreurs arrivaient. Il n’en fallait pas ici. Nous n’avions pas le choix après tout. Je retournais donc chercher ce qu’il me fallait pour recoudre quelqu’un. Quasiment rien, juste une légère blessure mais il fallait tout de même le faire. Pourtant, au moment là, une des personnes que j’avais soigné auparavant, Björn à ce que j’avais compris se mit face à moi. Je  soupirais doucement n’ayant pas le temps de le gérer lui aussi, en plus des autres. J’ignorais ce qu’il voulait mais cela devait sans doute pouvoir attendre. Ainsi, je fis un pas sur le côté pour rentrer dans la réserve. J’en ressortis quelques minutes plus tard avec du matériel plein les mains. Je le fixais doucement, l’écoutant avant de perdre une nouvelle fois de précieuses minutes.

-  Je voudrais vous aider. Je sais que personne ne m'a montré ce que vous faites ici, mais j'ai la certitude que je peux vous être utile. J'apprends très vite et je suis sûr que vous ne le regretterez pas.

Il avait l’air déterminé par ces belles paroles. D’accord c’était bien gentil mais je ne pouvais pas me permettre de surveiller sans arrêt quelqu’un qui s’improvisait medjack. Nous n’avions pas le temps, encore une fois. Tout partait toujours du même point. Ainsi, je le regardais et lui répondis en même temps qu’avançant vers le chevet du blessé. Je ne savais pas s’il me suivait pour m’entendre et au pire, peu importe. Alors, je lui répondis sans le regarder, souriant à mon autre patient, commençant à appliquer les soins qu’il avait besoin.

- Ne te vexe surtout pas mais ce n’est pas aujourd’hui que j’aurai le temps de t’expliquer, même rapidement. On est légèrement débordés et …

Je ne terminais pas ma phrase venant de faire grimacer le pauvre malheureux que je soignais. Erreur d’inattention. Cela ne m’arrivait jamais. Ainsi, je me concentrais sur lui en lâchant d’une douce voix un : « désolé ».

Flashback

La journée était calme. Personne n’était encore rentré du labyrinthe ce qui voulait dire que le plus gros de la journée n’était pas passé. Je pris la température d’un milicien avant de m’éloigner à grand pas. Sa fièvre était passée. Je m’installais ainsi le dos contre l’encadrement de la porte, tapant frénétiquement mes doigts contre la surface dure. Stressée ? Un peu. Comme tous les jours. On ne s’y habituait jamais. C’est à ce moment là que je vis plusieurs silhouettes se diriger vers l’infirmerie, je me dégageais de l’entrée et en effet, peu de temps après, un blessé était là. Piégé par le labyrinthe, encore une fois. Ses yeux se fermèrent et il perdit connaissance contre l’un de ses camarades. Rapidement, je réagis et le fit installer sur un lit proche de l’entrée. Je demandais aux accompagnateurs du blessé de lui retirer son T-shirt tout en leur demandant ce qu’il avait. J’analysais la situation en vue de leurs paroles et fit une légère vérification de ce qu’ils disaient. Véridique, ce n’était pas beau à voir. Ils prirent congé tandis que je m’apprêtais à partir récupérer ce dont j’avais besoin. En attendant, je déposais une fine couverture sur lui ainsi qu’un simple morceau de tissu sur sa hanche droite, lieu de sa blessure. Puis, lorsque ce fut fait, je disposais ce qu’il me fallait sur le chevet de son lit, il se réveilla. Perdu. Plus qu’un peu. Les questions trottaient dans sa tête cela se voyait. Sachant donc qu’il allait chercher à se redresser afin de savoir ce qui se passait, je disposais mes mains afin qu’il ne puisse plus bouger mais que cela ne le gêne ni lui, ni moi dans mes gestes.

-  Que s'est-il passé ?

Je lui souris doucement avec cet éternel regard chaleureux qui faisait que l’on se sentait un peu moins à l’étroit à l’infirmerie.

- Tu as perdu connaissance quelques instants à cause d’une escapade dans notre cher labyrinthe. Je pense que tu as deviné mais tu es à l’infirmerie. Donc, je vais te soigner et tu n’hésites pas à me dire si je te fais plus mal qu’autre chose, d’accord ?

Attendant sa réponse, j’essuyais d’un seul geste son front plein de sueur avec un bout de tissu puis releva la couverture afin de revoir sa blessure. On avait déjà vu bien pire ici !

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MessageMar 5 Juil - 20:21





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Je regardais la jeune medjack attentivement. Elle ne dit rien pendant que je parlais et lorsque j'eus finis, elle réfléchit pendant quelques secondes avant de se mettre à marcher. Je la suivis aussitôt. Son visage n'avait pas eu l'air convaincu et ses paroles le confirmèrent. Je n'étais pas surpris de sa réaction, je ne m'attendais absolument pas à ce qu'elle me dise oui comme cela, je n'étais ni naïf, ni stupide, tout simplement réaliste, mais aussi déterminé. Personne n'avait le temps de me montrer quoi faire car elles étaient très occupées. Contrairement à ce qu'elle aurait pu attendre, je me contentais de hocher la tête et je regardais attentivement les gestes qu'elle faisait auprès du blessé. Pourquoi tout cela m'avait-il l'air si familier mais à la fois lointain ? Étrange… je ne comprenais pas, mais je me sentais à l'aise dans cet endroit, tout aussi à l'aise qu'en zone d’entraînement.

- Je comprends tout à fait. Mais je peux me débrouiller tout seul, finis-je.

Je posais alors ma main sur la sienne pendant quelques secondes. Mon regard se planta dans le sien. Je ne souriais toujours pas. Tout doucement, je lui pris sans brutalité le tissu qu'elle tenait. Je m'approchais du blessé qu'elle avait commencé à soigner et je répétais le geste qu'elle avait fait. Il fallait aussi panser la plaie et je remarquais qu'il y avait des bandages sur la petite table.

- Isaline, commençais en la regardant dans les yeux et en posant ma main sur son épaule.

J'ignorais si tous mes gestes la mettais mal à l'aise, mais c'était dans ma nature quand je voulais persuader quelqu'un.

- Vous êtes débordées et il y a plein de blessés. Laisse moi faire mes preuves s'il te plaît, continuais-je tout en commençant à désinfecter la plaie avec un coton et du produit.

Mes gestes étaient délicats car je faisais bien attention et ils étaient aussi à la fois précis et efficaces. Je n'avais jamais fait ça ici, mais aller savoir pourquoi, mon instinct était bon. La plaie n'était pas très profonde.

- Et puis si tu veux me renvoyer, n'hésites pas, je le prendrais pas mal
, poursuivis-je tout en m'asseyant sur le tabouret pour me mettre pile à côté du bras du blessé.

Je déroulais un peu les bandages et coupais avec un ciseau ce qu'il me fallait. Je commençais à le mettre comme il le fallait à son bras.

- Et puis, repris-je de nouveau toujours aussi dynamiquement, une petite aide de plus n'est pas de trop, n'est-ce pas ?

Je me retournais vers elle et cette fois-ci, un petit sourire se dessina sur mon visage.


* * *


Oui, que c'était-il passé ? J'avais l'impression que j'étais en train de suffoquer. Je sentais ma respiration s'accélérer au fil des secondes et la douleur était en train de m'empêcher de réfléchir. Il fallait que je me calme. Je me concentrais donc le plus possible sur la voix de la jeune fille. Elle était douce et agréable à entendre. J'étais en effet à l'infirmerie après m'être blessé dans le labyrinthe. Quel mauvais trappeur j'avais fait. Un air de tristesse et de déception s'afficha soudainement sur mon visage. Elle allait s'occuper de moi et je devais lui dire si elle me faisait mal ou pas. Je hochais la tête avec un petit sourire crispé. Je n'étais pas du genre à chipoter, mais après tout dépendait de ce qu'elle allait faire pour une plaie aussi profonde. Je sentis quelque chose de frais sur mon front et pendant l'espace d'un moment je me détendis légèrement. J'avais tellement chaud, si bien que je me demandais si c'était normal.

- Tu t’appelles comment ?, demandais-je doucement.

Je fermais les yeux pendant quelques secondes et puis je les rouvris. J'avais vraiment du mal à me concentrer, la douleur me rentrait absolument partout. Je fis de mon mieux pour essayer d'oublier et je la laissais alors commencer ce qu'elle avait à faire pour me soigner.



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MessageVen 8 Juil - 17:18

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C’est ainsi qu’en silence, je ne tardais pas à continuer mes soins. Je me doutais qu’il ne lâcherait pas aussi facilement. En effet, la détermination qui m’était apparu à la vision de ses yeux était toujours présente. Partirait-elle au bout d’un moment ? Rien n’était moins sûr. Ainsi, tandis que je m’y attendais, il reprenait la parole. Alors, monsieur pouvait se débrouiller tout seul ? Plausible. Sauf que s’il faisait une erreur, cela retombait sur moi et je ne…Björn posa sa main sur la mienne. Je m’interrompis immédiatement et me retournais pour lui faire face, légèrement rouge, n’étant pas habituée à ce genre de geste. Pourtant, je ne fis rien pour le cacher car premièrement cela serait encore moins discret, deuxièmement je m’en fichais tellement c’était infime, et troisièmement cela pouvait passer comme le fait que j’avais trop chaud avec tout ce monde.  Il planta son regard dans le mien puis me prit le tissu des mains sans aucun geste brusque. Pour terminer, il se détourna et malgré une légère protestation de ma part, il s’approcha du blessé et commença à répéter chaque geste que j’avais, auparavant effectué. Il continua ensuite de le soigner tout en reprenant la parole. Je le regardais faire bien attentivement. A ce moment là, il était précis, efficace et loin d’être brusque. Je commençais à flancher en le regardant faire mais reprit rapidement mes esprits. Bon d’accord, j’hésitais. S’il ne savait faire que cela ? Je n’en savais rien au fond. Et puis…il y avait tellement de choses qui rentraient en compte. Je regardais autour de nous. L’infirmerie. Bondée. Une aide n’était pas de trop. Réel. Il avait arrêté, après avoir terminé, se retournant vers moi en souriant légèrement. Je me pinçais alors l’intérieur de la joue et regardais le garçon qui était couché derrière lui.

- Ok, tu as réussi à le soigner absolument correctement. Avec les gestes qu’il fallait. Cependant, tu dois comprendre que je ne peux pas te laisser faire comme ça avec tout le monde. Parce que si une erreur arrive sur l’un des blessés et bien premièrement, je m’en voudrai, deuxièmement, cela retombera forcément sur moi puisque je te l’aurai autorisé au préalable. Généralement, ce sont des choses que l’on n’accepte pas. Surtout ici, Björn.

Je soupirais doucement en le regardant. Comprendrait-il ou insisterait-il ? Et s’il le fait, accepterais-je ? Malheureusement pour moi, je pense que oui. J’ai beau savoir que je ne devrai pas mais en proportion avec le nombre de blessé nous ne pourront pas tout soigner avec le nombre que nous étions. C’était impossible. Avec une personne de plus, c’était envisageable. Quelle décision était la pire alors ?

*****

Je voyais la douleur à travers ses traits. Il souffrait. Cela me peinait. Ainsi, dès qu’un hochement de tête de sa part fut perceptible, je m’éloignais légèrement me laver les mains puis mettre des gants. Rapidement. J’entendis sa question. Je lui répondis aussitôt en souriant et lui demandais la pareille. Généralement cela changeait un peu le fil de pensée des blessés de faire la discussion c’est pour cela que chacun le faisait. Pas pour moi. C’était plutôt pour comprendre ce qui s’était passé mais avant tout la personne. Savoir qui elle était. Puis, j’avouerai être parfois, un peu trop bavarde.

Tout d’abord, il fallait nettoyer la plaie. Puis, grâce à du sérum physiologique, je m’évertuais à ma tâche. Je repris la parole.  

- Ne t’étonne pas si tu recommences à saigner, même si cela s’était arrêté. C’est tout à fait normal. Si tu préfères, je suis en train de te retirer toutes les saletés que tu as accumulé pour arriver jusqu’ici. C’est ce qui faisait l’hémostase, arrêtait le saignement.

Il devait sûrement me prendre pour une folle à commenter tout ce que je faisais. Cependant, j’en avais toujours pris l’habitude. Cela permettait peut être de ne pas l’inquiéter. Comprendre. Savoir ce qu’il se passait. J’essayais d’être la plus douce possible, comme toujours. Précise. Efficace. Sans le moindre doute ni la moindre hésitation. Je savais ce que j’avais à faire. Même avant d’être ici, je suis sûre que je savais déjà. C’était en moi. Presque depuis toujours.
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MessageMar 12 Juil - 14:57





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J'avais remarqué quelques gênes de la part de la jeune fille face à moi, mais j'étais passé au dessus. Je voulais vraiment aider et je savais que j'allais la persuader. J'étais toujours très fort à cela sans même le vouloir parfois, c'était en moi. Parfois, les gens au bloc me prenaient pour un étranger, j'avais souvent une manière de raisonner qui n'était pas la leur, mais qu'avais-je en plus ou bien qu'avais-je en moins ? Je n'en savais rien, mais une chose était certaine pour eux, c'était que je ne venais pas ''d'ici » à cause de mon petit accent que les personnes notaient à chaque fois. Mais qu'était donc le « ici » ? Qu'est ce que ça signifiait exactement ? Aucune idée. Isaline avait continué de me regarder et je voyais qu'elle hésitait. Quand je me retournai vers elle, je sentis même l’interrogation dans sa voix. Elle pesait le pour et le contre. Oui j'avais réussi comme elle le disait mais ce n'était qu'une personne parmi je ne savais combien de présente ici, ce n'était pas suffisant. Comment lui expliquer que je le sentais ? Comment ? Je ne la connaissais pas alors j'avais aucune idée de comment elle pouvait réagir à ce genre de confidence. Sa dernière phrase sonna un peu catégorique, surtout lorsqu'elle prononça mon prénom. Enfin, c'était ce qu'elle voulait me faire ressentir mais je me contentais de sourire de nouveau. Je pris un linge et le posai sur le front du blessé. Je me levais ensuite et je fis signe à Isaline de me suivre. Je me dirigeais vers le lit d'à côté. Je me mis à examiner ce qu'avait la personne et je remarquais que c'était son bras. Une medjack était à côté de lui et elle préparait tout ce qu'il fallait pour recoudre. En effet ça se voyait que le malheureux s'était sans doute enfoncé une lame dans le bras. Je saluais la madjack d'une manière très polie. Je n'avais pas forcément usé d'un grand sourire charmeur comme tout les autres hommes l'auraient fait, non, je m'étais contenté de la saluer.  

- Je voudrais montrer à Isaline de quoi je suis capable, commençais-je d'une voix si posée que s'en était inquiétant lorsqu’on n'y était pas habitué. Vous permettez ?

La jeune fille me regarda avec des yeux très surpris, mais comme si elle était hypnotisée, elle secoua la tête et se leva pour me laisser la place. Je lavai mes mains dans la première bassine d'eau fait pour. Je me retournais vers Isaline quelques secondes pour m’assurer qu'elle ne partait pas. Je m'assis près du blessé. J'allais commencer ce que la jeune demoiselle s'apprêtait à faire. J'avais de la chance, c'était un cas différent, j'allais pouvoir faire encore des preuves. La plaie était désinfectée. Je pris la seringue dans mes mains ainsi que le produit.

- Je te promets que ça ne va durer que quelques secondes, lui fis-je très doucement en voyant ses yeux pas très rassurés.

Avec douceur et précision j'insérais la seringue dans la chair de la personne. J'ignorais comme je faisais mais j'avais remarqué que mon instinct m'avait commandé de pencher la seringue d'une manière et pas d'une autre. Je savais à quel point c'était pas plaisant vu que j'avais été à sa place quelques jours auparavant. Le produit n'était pas aussi puissant que je l'avais imaginé où que j'avais cru qu'il serait. Pourquoi ? Encore une fois aucune idée. Je pris un fil et une aiguille et je commençais à recoudre la plaie. Quelques minutes passèrent et quand j'eus fini je posais les ciseaux et me retournai vers Isaline. Je ne parlais pas, je me contentais de la regarder avec un air d’interrogation sur mon visage et à la fois de fierté. J'étais fier, j'avais pu lui prouver et j'espérais vraiment qu'elle n'allait pas me recaler. Cela n'aurait aucun sens à ce stade-là.


* * *


La jeune blonde se nommait Isaline. C'était un joli prénom qui allait très bien à l'image qu'elle donnait d'elle. Il était doux.

- Björn, chuchotais-je quand elle me demanda la même chose.

Je souris. Au début de on arrivée ici, presque tout les blocards prononciation mon prénom d'une manière différente, comme si l'assemblage des syllabes ne leur était pas familier. Elle commença à nettoyer ma plaie et je gémis tout en serrant les dents, ça piquait affreusement. Elle me rassurait en disait de ne pas m'inquiéter si la plaie se rouvrait à nouveau. Je comprenais tout ce qu'elle disait, c'était très logique, moi même je savais tout cela. Je hochai la tête pour lui faire comprendre que je comprenais. Elle n'hésitait pas et savait ce qu'elle faisait. Ça ne devait pas être pour rien qu'elle était la maton des medjacks. Je la laissais nettoyer la plaie. C'était la première étape. Je regardais et me rendis encore compte qu'elle était profonde. Je levais de nouveau les yeux au plafond en espérant que tout cela serait bien que du passé.



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MessageMar 12 Juil - 21:03

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Il n’arrêtait pas de sourire. Peut être car il paraissait sûr de lui ? Il l’était sûrement. Cependant, mes doutes me hantaient. Il déposa doucement un linge sur le front du blessé puis me fit signe de le suivre vers un autre. Ce que je fis avec un air interrogateur sur le visage. Qu’allait-il encore me faire ? Il se dirigeait vers un autre patient. A ce que j’avais compris à son arrivé, il était cuistot et en vue de sa blessure sûrement maladroit. En effet, il s’était ouvert au niveau du bras. Une de mes collègues s’occupait déjà de lui...Enfin, allait le faire jusqu’à ce que Bjorn prenne la parole. Elle afficha un air de surprise avant de me regarder. Je venais de lever les yeux au ciel en entendant le garçon bien que je m’y attendais puis acquiesça d’un simple mouvement de tête ce qui lui permit de prendre congé. Puis, il s’approcha d’une bassine et s’y lava les mains. Bon d’accord, un point positif de ce côté ci. Il s’assit près du malheureux et je me reculais d’un pas en croisant les bras pour le laisser faire, observant chacun de ses gestes attentivement, les uns après les autres. Je sais que je perdais du temps à faire ceci mais peu importe. Je restais. Je lui laissais cette chance. L’autre, n’avait déjà pas l’air bien assuré auparavant mais l’était désormais encore moins. Je lui fis un sourire encourageant bien que je savais à l’avance que cela se passerait bien. Une intuition, sûrement. Ce fût bien le cas. Il inclina correctement la seringue puis se mit à recoudre la plaie. Absolument bien d’ailleurs. Même certains ici ne faisaient pas ce genre de choses aussi bien …quoi que, enfin, c’était à revoir. Lorsqu’il eut terminé, il se retourna vers moi. Je savais encore ce qu’il voulait. J’étais toujours en pleine réflexion, pleine de doutes mais ma réponse était déjà prête. Il m’interrogeait du regard mais je remarquais tout de même une pointe de fierté. Je lui souris en voyant cela. Il avait de quoi, après tout ! Je m’approchais tout en le regardant dans les yeux, touchant son torse de mon index.

- Tu as mon autorisation bien que je sois tout de même encore un peu réticente. Je te fais confiance mais attention, au moindre geste raté, tu le regretteras amèrement. Alors, tu as tout intérêt à faire aussi bien que ce que tu viens de me montrer, compris ? Je te surveille.


Ok. J’y étais peut être allé un peu fort. Pourtant, j’avais parlé doucement, sans aucune trace de méchanceté ni de menaces. Enfin si, mais elles ne seraient évidemment pas mises à exécution. Je n’étais pas du tout comme cela. Il fallait juste qu’il fasse au mieux. J’étais même toujours en train de sourire alors je le fis plus discret, rapidement, mais cela ne dura pas. Oui, quelque chose de moins marqué. Pour me rattraper, je me repris rapidement et lui sourit chaleureusement.


- Alors … bonne chance ? Et appelle moi si tu as une question ou un problème surtout, de toute façon, je ne suis pas bien loin !


Cela me ressemblait déjà beaucoup plus. Quelque chose de plus gentil et de moins …brutal. Je préférais terminer de cette façon.

*****

Bjorn. Un nom étranger qui sonnait pourtant bien. C’était certain qu’il avait des origines comme quelques autres ici. Je me doutais que beaucoup avait du mal à dire ces cinq lettres mais je ne dis mot, n’essayant même pas de reproduire le son. Continuons. Désinfecter. Je pris une compresse stérile et en vue de la plaie, assez large, arrosait carrément avec l’antiseptique. En effet, les soins se modifiaient en vue de la taille et de l’importance de la blessure. Je continuais de commenter mes faits et  gestes, le regardant de temps en temps, voir s’il souffrait ou s’il disait mot. Je lui souris à chaque fois.

Puis, je commençais la troisième et avant dernière étape : arrêter le saignement. Ainsi, je comprimais sur la blessure grâce à, toujours, une compresse stérilisée. Fort. Et normalement longtemps. Pendant ce temps, je le regardais ne sachant où poser mes yeux. C’était un regard se voulant rassurant. Enfin, du moins, j’espérais qu’il le soit. Il fallait juste attendre sans lâcher prise, enfin de mon côté.


- C’est rare que tu viennes à l’infirmerie n’est ce pas ?

En effet, je ne l’avais vu que rarement. Pas que je ne fasse pas attention aux personnes autour de moi. Au contraire, je les regardais souvent. Par simple curiosité ou alors car ils étaient tous digne d’intérêt ? Je choisis la deuxième bien que la première me correspondait aussi. Cependant, je privilégiais le fait que chacun a besoin d’un minimum d’attention ici, que ce soit simplement par un regard ou bien par un sourire. Même si la personne ne me le rendait pas, je m’en fichais. Ce n’était pas ce que je recherchais. Loin de là. Juste un geste, un message, une façon de faire. La mienne. On ne me changerait pas. Attendant sa réponse, je repris.

- Tu es ici depuis longtemps pour avoir le droit d’entrer dans le labyrinthe ou bien je suis totalement à côté de la plaque depuis le début ?

Je ne défis pas mes mains. J’avais l’habitude par rapport à certains qui desserraient malencontreusement au bout de quelques secondes. On s’améliorait avec le temps. Et avec tout celui que j’avais accumulé depuis mon arrivée, je n’avais cessé de progresser. Sans arrêt. Et je suis même sûre que c’est encore le cas maintenant. On n’en finit pas. Jamais. On commence en bas pour finir en haut sans jamais voir la ligne d’arrivée. C’était ainsi qu’on fonctionnait. Enfin, je le croyais.    


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MessageMar 12 Juil - 21:58





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Je souriais légèrement avec fierté, mais j'évitais de trop le montrer, ce n'était pas le but de passer pour un espèce de vantard. Je voulais juste faire mes preuves et mon petit sourire suffisait. Je savais déjà qu'elle allait être sa réponse, j'avais eu le pressentiment dès que j'avais vu son air d'hésitation. Mais quand elle se rapprocha de moi cette fois-ci, son visage se voulu un peu plus froid et distant, comme moi d'ordinaire sauf qu'avec Isaline, ça ne collait pas trop au genre de personne qu'elle était. Son doigt se posa sur mon torse comme si elle cherchait à avoir de l'autorité pour bien ancrer les choses dans ma tête. C'était amusant car je devais faire plus de deux têtes de plus qu'elle. Néanmoins, elle avait raison. Ce n'était pas un jeu et je devais faire très attention à mes gestes. J'avais même intérêt comme elle le disait. Je retrouvais mon sérieux impeccable même si à l'intérieur j'avais encore envie de sourire. Je hochais la tête calmement, mais mon esprit fonctionnait tout simplement à mille à l'heure. Tant d'émotions me parcouraient, j'allais pouvoir aider à sauver des personnes ici et ça me faisait tout étrange. Le sentiment n'était pas négatif mais il m'emportait ici et ailleurs si bien que je répondis tout naturellement :

- Ja, inga problem !

Je posais alors ma main sur son épaule pour lui faire comprendre qu'elle pouvait avoir confiance en moi. Je me rendis compte des mots que j'avais dit et je fronçais les sourcils. Quand ça m'arrivait, j'en étais très perturbé.

- Aucun problème, répétais-je un peu plus bas.

Son air s'était entre temps radoucit comme si elle était revenue. Elle me souhaitait bonne chance et je ne devais pas hésiter à la demander si j'avais une question. C'était plutôt contradictoire.

- Merci Isaline, dis-je sincèrement.

Je lui souris et je me mis alors au travail. Premier jour. Je me dirigeais vers un autre blessé. Isaline me regardait de loin je pouvais le sentir. C'était un peu stressant, mais de l'autre côté, énormément rassurant. Si jamais je faisais quelque chose qu'il ne fallait pas sans le savoir, je ne resterais pas dans l'ignorance.

On pouvait alors dire que mon premier jour pouvait enfin commencer avec toutes les surprises qui m'attendait.

Spoiler:
 

* * *


Elle acquiesça lorsque je lui dit mon prénom. Elle continuait de me soigner et s'attaquait maintenant à une autre étape. Après avoir nettoyé, elle désinfectait plus en profondeur. Elle posais ensuite sa main dessus plus fort pour faire en sorte que le sang ne coule plus. Certains détestaient le sang et étaient très mal à l'idée d'en voir couler, mais ce n'était pas le cas avec moi, enfin oui et non. Celui des autres ne me faisaient rien car allez savoir pourquoi, j'en avais l'habitude, mais le mien c'était une autre histoire, dan le passé. Maintenant au bloc, j'étais une autre personne sur ce genre de détail. Plus rien ne me faisait peur. Je fermais les yeux pour faire en sorte d'oublier ce moment une seconde. Je me sentais faible, mais la jeune fille me posa une question pile au bon moment. Ma venue ici était-elle rare ?

- Oui, en effet, répondis-je en parlant cette fois-ci un peu plus fort que mes chuchotements précédents comme si je tentais de retrouver mon énergie. C'est la première fois, finis-je de nouveau en chuchotement car la fatigue reprenait tellement vite le dessus.

Je souris. Isaline était comme les autres et leur manière de relâcher les sons sur certaines syllabes des phrases contrairement à moi qui les appuyait sans cesse. Décidément, le jour où je m'y ferais sera un grand jour. En tous les cas, j'aimais l'écouter parler, c'était même craquant chez elle. Elle me parlait du labyrinthe et de moi. En effet j'étais là depuis longtemps.

- Je suis trappeur, je… suis arrivé il y a.. six mois, fis-je un peu plus lentement car j'étais plus en train de me concentrer sur ma blessure que sur autre chose.

Ses mains serraient forts sur ma plaie, je savais que c'était ce qu'il fallait, mais ce n'était pas agréable du tout. Mes muscles se contractaient et j'avais bien du mal à me détendre.



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MessageMer 13 Juil - 21:06

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Il posa sa main sur mon épaule tandis que des mots sortirent de sa bouche dans une langue que je ne connaissais apparemment pas. C’est pourquoi il se reprit rapidement et je compris ainsi qu’il avait bien saisi chacun des mots que j’avais auparavant prononcés. Une fois que je finissais de lui dire qu’il pouvait m’appeler, il me remercia. Sincèrement, je crois. Je lui fis donc un sourire à la hauteur de ses paroles avant que nous nous séparèrent, chacun de son côté.

Je le surveillais sans arrêt. Jetant des coups d’œil plus que nécessaire. J’avais à la fois terriblement peur qu’il fasse une énorme ânerie mais aussi une sorte de « confiance » avec le fait qu’il pouvait se gérer tout seul. Je préférais tout de même en être certaine. L’infirmerie était toujours bondée et nous enchainions notre ballet incessant de va et vient entre la réserve et la pièce principale allant d’une personne à une autre. Sans jamais s’arrêter. Tout le monde s’activait. Bjorn aussi. Il faisait quelques erreurs mais rien de bien méchant. Cependant, il réussissait pas mal de choses aussi. Tout d’abord, il était efficace et rapide. Heureusement d’ailleurs !

Je passais une première fois derrière lui pour nettoyer quelques compresses utilisées et d’autres objets sales qu’il avait laissé trainer. Sûrement une erreur due au fait qu’il fallait aller vite. Pas trop quand même.  D’un autre côté, il avait admirablement bien recousu (encore) une sarcleuse. Je venais de vérifier et les points étaient réussis. Lorsqu’il eut moins de monde, je me permis de vérifier un bandage qu’il venait d’effectuer et le serra un peu plus. Il fallait que cela tienne un minimum la blessure en place n’est ce pas ? Pour les peu de fois que je le corrigeais, je m’évertuais à le faire discrètement, pour qu’il ne remarque pas mon passage après le sien. Je le faisais rapidement lorsqu’il ne regardait. D’ailleurs, je souriais après son passage devant le lit d’un jeune blocard qui souffrait d’une fièvre affreuse. Soignée comme je l’aurai fais. Il s’y connaissait, apparemment. Je connaissais cette impression pour l’avoir eu auparavant. Comme si c’était déjà ancré en moi, que je savais, par une intuition venue d’autre part, ce que je devais faire et surtout comment je devais le faire. C’était exactement ça pour lui, j’en étais presque sûre.

Une fois que j’eus terminé et qu’il n’y avait quasiment plus personne à s’occuper je le rejoignis. Il était sur une blessure un peu près similaire à la sienne. Cependant, elle était largement plus mince mais aussi beaucoup moins profonde. Bjorn était en train de compresser afin que le sang ne coule plus. Après avoir nettoyé mes mains et enfilé des gants, je posais doucement mes mains sur les siennes, appuyant un peu plus fort. En effet, si ce n’était pas le cas, cela ne servait strictement rien. Pendant ce temps là, je relevais la tête et lui souris, comme à mon habitude en le regardant dans les yeux.

- Si tu n’appuies pas assez fort, ça ne sera pas extrêmement efficace, maintenant c’est mieux je pense !

Je laissais mes mains ainsi ne voulant pas qu’il lâche la pression exercée sur la blessure. J’espérais juste ne pas trop m’imposer.

*****

Il confirmait tout ce que je disais tandis que je continuais d’appuyer. Encore un peu de temps et cela serait bon, je pourrais lâcher. Je ne ressentais rien pourtant. Ainsi, mon patient venait là pour la première fois et était trappeur. De toute façon, vu sa carrure, cela aurait été un métier que j’aurai supposé pour lui.

- Je me disais bien que je ne t’avais encore jamais vu ici, alors, bienvenue ! souriais-je bêtement. Ok, Isaline, c’était  complètement stupide ce que je disais à cet instant précis. Mais bon, j’étais maladroite même au niveau des paroles. On n’y pouvait rien. Je continuais donc de parler comme si de rien n’était. Cela fait longtemps que tu es au bloc alors ? Pour faire ce métier je suppose, il faut une certaine forme de courage aussi, beaucoup ne tenterait même pas de s’y introduire, ayant trop peur de ce qu’il y a derrière.

Je terminais mes paroles me demandant si je n’en disais pas trop comme à chaque fois. Tant pis après tout ! Je soulevais mes mains après de longues minutes et sourit voyant que la blessure s’était arrêté de saigner. Je pris donc de quoi faire de nombreux points pour pouvoir lui faire un bandage par la suite.

- Je pense par contre que ton premier passage ici restera gravé un minimum sur ta peau !

C’était le cas. Mais pour beaucoup d’autres aussi. Certains avec des cicatrices, d’autres avec des bleus, et enfin des personnes partaient avec des points. Il ne serait d’ailleurs pas le dernier.

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MessageMer 13 Juil - 22:33





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J'étais à présent tout seul face à ce que je devais faire et la plupart des nouveaux auraient flippé, mais pas moi. Ils se serraient demandés ce qu'ils devaient faire, mais moi, je ne me posais pas la question. Je voyais les blessés, j'examinais et puis je faisais, point. Je faisais en sorte de traiter par ordre d'urgence évidemment. C'était sans doute la partie la plus difficile. Nous étions tous différents, nous pensions tous d'une manière complexe et résultats nos visions n'étaient peut-être pas les mêmes pour certains cas.

Je sentis au tout début Isaline m'observer. Bizarrement ça ne me rassurait pas, mais ça ne me stressait pas non plus, bref j'y étais quasiment neutre, car de toute façon je savais que je donnais le meilleur de moi. Si quelque chose était mauvais elle ne ne contenterait pas de m'observer de loin, mais irait directement me voir. J'avais commencé par soigner une trappeuse. Elle me connaissait et visiblement elle s'était demandé ce que je faisais ici à soigner les gens. Je lu avais expliqué que c'était une longue histoire et que je ne voulais pas la fatiguer pour le moment. La jeune femme souffrait d'une morsure à la cheville. C'était un serpent d'après ce que son dossier me disait et elle me le confirma. Par ailleurs, ça se voyait et ce n'était pas joli à voir. J'avais un peu douté soudainement sur ce qu'il fallait que je fasse pour ce genre de cas. Mon cœur avait commencé à battre un peu plus fort, mais la solution s'était écrite dans ma tête très rapidement. Le venin avait déjà été enlevé et fort heureusement, il me restait donc plus qu'à désinfecter le tout et faire un bandage. Je m'étais rendu dans une autre pièce pour aller chercher le produit exprès. Je n'avais pas mis longtemps à trouver car tout était rangé dans l'ordre alphabétique. J'avais donc réussi à m'occuper de ma première blessée tout seul.

Par la suite, j'étais allé voir une sarcleuse qui s'était coupé à peu près au même endroit que moi. Cependant, la plaie n'était pas aussi profonde et contrairement à la mienne elle n'avait pas besoin de points de suture, la nature allait tout simplement faire sa magie. Par contre il fallait que j'éponge bien pour bien désinfecter. Je pris le tissu pour et commençais à poser mes mains doucement dessus. Je savais que c'était douloureux et j’essayais de ne pas lui faire mal, sauf que la maton revint derrière moi et posa ses mains sur les miennes. Il fallait que j'appuie plus fort si je voulais que ce soit efficace.

- D'accord, fis-je pour lui montrer que j'avais bien compris.

Je fis comme elle le dit et en effet c'était mieux pour sa blessure. Je sentais ses cheveux chatouiller mon cou et elle était si proche de moi que je pouvais même sentir l'odeur agréable de ses cheveux. Je fus déconcentré l'espace de quelques secondes et mon visage laissa un beau sourire se dessiner tandis que je m'étais retourné vers elle.


* * *


La jeune medjack me souhaitait la bienvenue et un petit rire sortit automatiquement. Je le regrettais car un gémissement rauque suivi. La bienvenue. Quelle ironie amusante. Cette fille était vraiment à la fois étrange et amusante. Elle enchaîna sur le fait qu'être trappeur ou bien coureur était très courageux. C'était sûr, mais je ne l'étais pas tout à fait en voyant tout ce que les medjacks faisaient ici.

- Il faut surtout être taré
, murmurais-je.

C'était la vérité et je ne faisais que la lui dire. Certes, il y avait beaucoup de monstres, mais eux medjacks, étaient constamment confrontés à leur courage aussi car ils avaient entre leurs mains des vies. Il y avait des personnes ici qui idéalisaient dans leurs idées les coureurs et les trappeurs. Ils se sentaient admirés et adoraient ça. Ça leur montait à la tête, souhaitait être le centre de l'attention et pourrissaient l'existence des vrais courageux en se cachant derrière un ego surdimensionné. Tout en parlant, le visage d'Isaline changea à la fin comme si elle regrettait ses paroles. Était-elle toujours aussi bavarde ?

Personnellement ça ne me dérangeait pas et j'aimais sa franchise. Il n'y avait pas plus franc que moi comme personne et malheureusement pas mal avait parfois du mal avec ça, alors, je me rendis compte que je n'étais pas spécialement le seul.Elle retira doucement ses mains de ma plaie et elle eut l'air contente. Je regardais et je m'aperçus que ça ne saignait plus. Tant mieux. Elle allait pouvoir me faire un bandage et je pourrais tranquillement me rendormir. Néanmoins, ma petite joie fut trop vite brisée et cela du se voir sur mon visage et mes traits plus tendus quand je m'aperçus que non. Elle sortit une seringue, des aiguilles et etc. Ses paroles allaient avec et elle blaguait tout en ne blaguant pas. C'était typique des gens qui soignaient ça. Ils ne se rendaient pas compte à quel point ça pouvait être déstabilisant pour certains. Je ne dis rien et me tentais de fixer les objets en silence et essayant de me détendre. Je tentais de dessiner un petit sourire sur mon visage, mais c'était raté.



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MessageMar 19 Juil - 19:33

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Nous continuons d’appuyer lorsque je retirais légèrement la pression de mes deux mains afin de vérifier qu’il avait bien compris. Même s’il me le confirmait déjà par la parole. Une fois que je me rendis compte que c’était bien le cas, je retirais complètement mes mains et relevais la tête vers lui. Nous étions assez proches, il est vrai et je m’en rendais seulement compte. Je rougis peu habituée face à cette proximité. Rarissime. Je lui souris à mon tour et me reculais en marmonnant un désolé. Je me mis en arrière de quelques pas seulement pour observer qu’il ne lâchait pas avant de poser près de lui ce qu’il avait déjà ramené de la réserve.

- Reste encore appuyé un peu, que tu sois vraiment sûr que la plaie ne saignera plus du tout, compris ?

Je ne lui laissais pas le temps de répondre que je m’approchais du blessé pour lui parler un peu. Histoire de le rassurer légèrement. Comme je l’avais fais auparavant avec lui. Je ne restais pas plus longtemps que cela avant de repartir en sens inverse. Quelques autres blessures infimes à faire et nous aurions sûrement terminé. Sûrement puisqu’on n’est jamais à l’abri qu’une autre arrive à cause d’un imprévu, sur le moment. C’était une routine que l’on prenait au fur et à mesure des journées passées à l’infirmerie. Et là, j’en avais fais un bon paquet c’était certain. Qu’elles soient chargées ou alors complètement désertes. Intenses ou reposantes. Chacune était différente de la précédente. Jamais je n’en avais vu deux se dérouler de la même façon et bien heureusement d’ailleurs ! Les journées au bloc seraient tellement plus ennuyeuses si cela se déroulait ainsi. Je repensais à mes premières journées ici, au bloc, puis les autres premières fois. Les premiers jours à l’infirmerie, les premiers amis, le premier moment de déprime, tout comme les premiers moments de joie. Chaque moment se transformait de différentes façons dans nos esprits. Que cela soit en bon ou en mauvais. Ils avaient tous une place à l’intérieur de nous. Ils nous forgeaient tous à notre façon, comme nous le sommes désormais de nos jours. Et on évoluera. Encore et encore. Selon nos choix. Nos rencontres. Et les aléas. Chacun changera et se dira toujours qu’il sera bientôt différent. On constatera à nouveau les changements qu’ils soient au niveau du physique ou au niveau du caractère. On se change, on s’arrange. On se dessine, j’imagine.

En attendant, je repartais vers les autres blessés. L’un après l’autre, forcément. Ce n’était pas grave de toute façon. Rien ne pressait mais j’activais. Comme toujours. C’était une allure que j’avais désormais l’habitude de prendre en ces lieux. Tout y pressait. La lenteur n’y avait, effectivement pas sa place. Cela, tout le monde s’en doutait. On apprenait à faire plus rapide. Plus précis. Plus efficace. Encore et encore. Sans erreurs. Il n’en faut pas.

*****

Sourire raté. Tout comme mon essai de détente. Peu importe. Chacun ses erreurs. Infimes. Oubliées très bientôt. Il fallait recoudre.

- Ta plaie est trop large pour qu’elle se ferme seule et cela permettra de limiter tous les risques d’infection. Cela serait bête de revenir pour ça, je trouve.

Je lui fis un sourire rassurant bien que je savais que cela ne servirait pas à grand-chose et commençait donc mon travail. De manière à lui faire le moins de mal possible.

- C’est possible qu’il faille aussi être taré. Vous l’êtes encore plus en y retournant après maintes et maintes blessures. Je suppose qu’au fond, on l’est un peu tous pour rester tranquillement ici, enfermé entre quatre murs. C’est plus possible d’être totalement normal et sain après cela.

Je terminais rapidement tout en disant cela de façon légère. Comme une sorte de plaisanterie. Mais, je le pensais. Nous étions tous fous. La plupart pétait d’ailleurs des plombs. D’autres en mourraient. Certains sombraient. Et les derniers luttaient. Que personne ne me dise qu’il est absolument normal. Impossible de nos jours. Incompréhensible en fait. Je ne saisis pas. Tout cela a pris trop d’ampleur. Et cela ne fera qu’empirer.
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MessageMer 20 Juil - 1:20





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La jeune medjack s'était retournée vers moi, nous étions très proches et elle me sourit à son tour. Nous ne dîmes rien pendant quelques secondes et elle reprit très vite la main en me conseillant de bien rester appuyé. Je hochais la tête pour faire signe que j'avais compris. Par la suite la journée s'était déroulée assez bien pour ce que l'on pourrait appeler mon premier jour. Je savais qu'Isaline me surveillait du coin de l'oeil pour voir si je faisais des erreurs. Le soir était vite arrivé et je m'assurais que les blessés étaient bien en train de dormir. Pour une raison que j'ignorais je n'avais pas envie de quitter de suite l'infirmerie, je savais que je n'allais pas trouver le sommeil si aisément. Je décidais alors d'aller me poser dehors près d'un genre de balconnet et d'admirer le ciel. Je repensais à toute cette journée spéciale. Allais-je continuer ? Oui, même si la maton ne m'avait pas encore fait de bilan total de la journée je le voulais et je me sentais mieux. Pourquoi ? Car je me sentais moins coupable. J'étais plus utile aux gens. Je n'avais pas trouvé de solutions en trappeur alors je n'avais rien à leur offrir, alors qu'ici j'avais toute mon attention et tous mes soins à leur donner pour les guérir. Allais-je reprendre mes activités de trappeur une fois réellement rétabli ? J'en étais franchement pas certain. D'un autre côté je savais que je ne voulais pas abandonner tout mon savoir en combat que j'avais appris en trappeur. Il fallait que je le garde ou au moins que je le transmette à d'autres pour éviter qu'ils finissent tous à l'infirmerie. Alors oui, quelques idées se mettaient doucement en place dans ma tête. J'inspirais l'air frais tout en relâchant tranquillement les épaules. Étais-je vraiment le seul à roder ici la nuit dans l'infirmerie ? Je n'en avais aucune idée, mais peut-être que j'allais le découvrir. Une soudaine envie de me mettre à chanter me pris et je commençais à fredonner une petite mélodie enfantine. D'où la connaissais-je ? Encore une fois je ne savais pas mais pourtant je l'avais toujours connu par cœur.

- Blinka lilla stjärna där, hur jag undrar var du är! Fjärran lockar du min syn likt en diamant i skyn. Blinka lilla stjärna där, hur jag undrar var du är!...


Ma voix grave n'était plus qu'un doux murmure dans le silence qui m'entourait et je me mis à sourire. Je posais mes mains sur les rebords et continuais d'admirer tout en chantant. Il faisait frais mais pourtant je me mis à retirer mon tee-shirt. Je ne me sentais pas trop à l'aise avec autant de vêtements avec ce genre de température. Pourquoi donc ? J'avais toujours cette envie que tout se couvre et que je ressente la fraîcheur comme quelque chose de plus fort.

- När den sköna sol gått ner, strax du kommer fram och ler, bör… 


Je me tus. Je sentais soudainement une présence derrière moi. Depuis combien de temps la personne était-elle là ?


* * *


Oui c'était raté. Elle m'expliqua que la plaie était trop large et qu'il fallait arranger ça, mais j'avais juste eu à voir la profondeur que mon instinct l'avait deviné, c'était même évident. Elle me sourit de nouveau. Je voulais lui sourire mais je n'y arrivais tout simplement pas, j'étais tellement glacé de peur désormais. Je tentais de l'écouter quand elle me racontait que tout le monde était sans doute taré ici à cause de l'enfermement. J'étais d'accord avec elle, nous l'étions tous, mais certains l'étaient beaucoup plus que d'autres, et j'estimais que je faisais parti de la catégorie qui l'était le moins. D'accord, j'avais des trucs qui me revenaient en tête mais ça allait avec mon comportement pour la plupart du temps. J'avais déjà surpris en pleine nuit des blocards se réveiller en hurlant ou bien aller faire je sais pas quoi dehors à taper contre les murs. Il paraissait même que le maton des coureurs faisait malheureusement parti de ceux-là. La nuit je dormais et mon sommeil lourd m’empêchait de me réveiller à chaque fois que quelqu'un se levait. Beaucoup m'enviaient. Je ne répondis rien à Isaline, incapable. Elle se mit à recoudre et mes doigts allèrent agripper très fortement la couverture. Ses gestes étaient sûrement très bon elle s'y prenait bien avec la bonne technique, mais je me comportais tout simplement comme une fille.  

Un visage très familier mais à la fois inconnu me revint soudainement. Je me mis à gémir de douleur et fermais les yeux. Elle avait de longs cheveux blonds et avaient des yeux tout aussi gris bleutés que les miens. Elle se positionnait vers moi et plantait son regard dans le mien.  « Du är man nu, agera som en…! » * Je jurais que je sentais mes joues rougir face à cette remarque et que mon regard glacial se plantait de nouveau dans le sien comme pour la défier.

- Ja…

Le mot était sortit tout seul. Oui je devais agir en homme et arrêter de me comporter en fillette. Jusqu'ici j'avais totalement réussi, j'étais même l'un des plus courageux et des plus matures, mais il semblait que la voix me rappelait immédiatement à l'ordre ici tandis que mes mains s’agrippaient de plus en plus fort aux couvertures. Je me sentais à la fois dans la terrible et douloureuse réalité et à la fois avec elle, cette femme qui me ressemblait tellement.

- Ja…  jag vet... **

Les mots se perdaient car je gémissais en même temps. J'avais du mal à me détendre et je savais que j'avais encore plus mal. Je ne faisais qu'empirer ma situation. J'avais chaud et la sueur dégoulinait encore plus sur mon front. Les images continuèrent de surgir alors ce qui n'arrangeait pas la chose. La femme était toujours là, je voulais la rendre fière, mais je n'avais pas été à la hauteur. Oui, j'avais encore beaucoup de choses à apprendre pour devenir un homme, elle me l'avait fait comprendre. Je savais que je pouvais y arriver, et je savais que j'avais à présent réussi. Pourtant ces images me rendaient étrange. Je me mis à paniquer tandis que je sentais de nouveau l'aiguille dans ma chair. Qu'est ce que ça signifiait ? Pourquoi étais-je en train de voir cela ? Je ne savais même plus faire la différence entre la réalité et l'autre chose. Moi qui disait que je n'étais pas taré… était-ce la douleur qui me rendait comme cela ?

- Sluta..! Vänligen… s'il te plait *** , fis-je en gémissant de nouveau.

Mais à qui étais-je en train de le dire ? À la femme blonde de mon imagination ? À la jeune fille blonde devant moi en ce moment ? Ou bien aux deux ?

+ :
 



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MessageDim 7 Aoû - 18:33

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Tout redevenait enfin à la normale. La journée se terminait. Le soleil s’était couché. Une journée épuisante mais aussi à la fois bénéfique. Je terminais de bander un poignet avant de pouvoir enfin souffler un peu. Tout le monde ou presque dormait déjà. Je comprenais, ils étaient fatigués. La plupart des medjacks encore présents partirent après un dernier signe de temps ou une dernière phrase balancée avant de passer la porte. C’était mon tour de garde cette nuit. Comme souvent d’ailleurs. Cela ne me dérangeait pas plus que cela. Je partis me prendre un verre d’eau que je bus lentement, gorgée après gorgée savourant le goût du liquide. Cela pouvait paraître complètement absurde mais c’est dans les plaisirs les plus simples que l’on se retrouve. Je décidais par la suite de me diriger dehors malgré la fraîcheur de la nuit. Il avait tellement fait chaud aujourd’hui que croiser les bras contre ma poitrine suffirait. C’est ainsi que je m’avançais afin de me changer les idées. Je fus surprise en découvrant que quelqu’un était déjà là. Je n’en dis mot. Restant dans l’ombre. Écoutant ce qu’il se passait. Björn était seul. Il chantait dans une langue que je ne connaissais pas ce qui me rappelait fortement les mots qu’il avait prononcé quelques temps auparavant. Il avait des origines. C’était certain. Je m’adossais contre le mur sans bouger. Je préférais fermer les yeux et continuer de l’écouter. Je ne devrais pas rester là. Je ne devrais pas. Je ne devrais pas. Cette phrase se répétait en boucle dans ma tête sans que je m’en préoccupe plus que cela. Pourtant, j’avais bel et bien l’impression de déranger la vie privée de quelqu’un et en l’occurrence du jeune homme. Je laissais libre choix à mes paupières de se rouvrir avant de tourner la tête vers le ciel. Je frissonnais légèrement avant de sourire devant la vue. Cependant, celui-ci se retira rapidement lorsque le silence se fit complet. On n’entendait seulement le bruit de deux respirations distinctes. Il savait que j’étais là. Je soupirais doucement et me tournais vers lui d’un air désolé.

- Je ne voulais pas te déranger. De toute façon, j’allais y retourner. Fais comme si je n’étais pas venu d’accord ?

J’haussais les épaules dans un geste d’indifférence. Je ne voulais pas qu’il pense que je le suis absolument partout. Ce n’était pas le cas, juste le fruit du hasard. Je me redressais d’un simple mouvement afin de pouvoir repartir dans l’autre sens. Il devait se demander aussi pourquoi je ne rajoutais rien d’autres. Ou simplement pourquoi ces paroles. Peut être qu’un bilan de sa journée aurait été plus « normal » ? Pourtant, je me voyais mal le faire à ce moment là. Cela pouvait largement attendre d’ailleurs. Il n’y avait rien de bien pressant.

- Je voulais te remercier aussi avant. De nous avoir aidés aujourd’hui. Tu n’étais pas obligé et tu l’as fais. Je pense que l’on ne s’en serait pas sortis aussi vite et aussi bien sans toi…alors, merci.

Je lui souris puis détachais enfin mes cheveux en attachant l’élastique à mon poignet gauche. Je les remis correctement par la suite. Les remerciements que je venais d’effectuer me semblait juste tout à fait normal. Parce qu’il n’avait pas été obligé. Parce qu’il avait été volontaire. Parce qu’il avait aidé. Parce que j’étais ainsi à beaucoup remercier. C’était encore le cas à ce moment là. Même parfois pour des choses futiles. Ce n’était pas la raison là. C’était juste sincère. Des mots qui sonnaient justes et qui n’étaient pas distribués pour faire plaisir. Des mots qui avaient désormais le sens qu’ils étaient censés avoir.

*****

Tandis que je commençais tout doucement à le recoudre, je vis ses mains s’agripper de façon brutale à la couverture. Sans rien avouer, je commençais à douter. Faisais-je mal à ce point là ? Ses yeux se fermèrent et il gémit de douleur. Je serrais les dents tout en continuant. De toute façon, il ne pouvait pas voir mon visage maintenant alors si pour une fois je ne souriais pas, ce n’était pas important. Il ne se détendait pas et commençait à parler dans une langue qui m’était inconnue. Je devinais tout simplement qu’il s’agissait de celle faisant partie de ses origines. Il n’était pas le seul à en avoir ici. J’ignorais donc chaque mot qu’il formulait. Je ne savais s’ils m’étaient adressés ou non. S’ils avaient un sens. S’ils évoquaient quelque chose ou non. Je ne savais strictement rien. Ses plaintes me faisaient mal à moi aussi. J’avais beau avoir l’habitude, je détestais toujours autant lorsque les gens autour de moi souffraient. C’est pour cela que j’aidais dès que je pouvais. Avec les gestes. Avec les mots. Je faisais. C’est au moment où il prononça ses derniers mots que je terminais ce que j’avais à faire. Je reposais le tout sur la table juste à côté de sa tête. Je remontais la couverture sur lui, essuyais la sueur qui coulait le long de son visage.

- C’est terminé. J’ai fini…tout est fini.


Je restais debout près de son lit puisque personne d’autres n’avait à cet instant précis besoin de mon aide. Je me permis de prendre ses deux mains avec les miennes pour défaire l’emprise qu’elles avaient et éviter qu’il ne se crispe encore plus qu’il ne l’était déjà. Je retirais chacun de ses doigts les uns après les autres puis les reposaient par la suite une fois qu’il s’arrêtait de serrer la couverture. Je repris un léger sourire et reculais de quelques pas afin de lui chercher un antidouleur ainsi qu’un verre d’eau. C’est une nouvelle fois que je déposais tout cela près de lui. Je pris une chaise et m’y posais tout doucement sans faire de mouvements brusques pour ne pas le perturber. Je m’occuperai d’un bandage plus tard. Le temps pour lui de se remettre de ses émotions de la journée. De ces mois. De s’en remettre tout simplement. Cela arriverait bien assez tôt. Je faisais des allers retours avec mes yeux entre lui et la porte d’entrée, au cas où il faudrait intervenir et voir si cela allait. Je n’en doutais pas cependant. Björn irait bien. Je m’en assurerai aussi longtemps qu’il le faudrait.
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MessageMar 9 Aoû - 12:54





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The man is here to help you !Björn ft. Isaline



Je savais qu'il y avait quelqu'un, je pouvais sentir sa présence et je me retournais doucement. La silhouette était adossée au mur, comme si elle était là pour m'écouter. Je vis quelques secondes après que c'était un visage familier. A vrai dire, c'était Isaline et la demoiselle semblait soudainement pas très à l'aise. Pensait-elle qu'elle me dérangeait ou pire qu'elle n'avait pas le droit d'être là ? En tous les cas c'était ce que j'étais en train de lire sur son visage. Ses mots le confirmèrent car elle m'avoua qu'elle ne voulait pas me déranger et qu'elle devrait partir. Je fronçais légèrement les sourcils et je m'avançais vers elle.

- Voyons Isaline, fis-je en retournant soudainement à la réalité. Tout va bien ne t'inquiètes pas, cet endroit est à tout le monde.

J'avais remarqué qu'elle avait haussé les épaules comme pour me dire que sa raison d'être ici n'était que du pur hasard et non pas pour autre chose. C'était vrai, elle m'avait beaucoup observé aujourd’hui ce qui était tout à fait normal et j'étais peut-être en train de deviner ce qu'elle était en train d'imaginer. Elle pensait sans doute que j'étais en train de me dire qu'elle était même encore en train de m'observer pour m'évaluer, mais l'idée ne m'était même pas venu jusqu’à ce que je le ressente chez elle. Elle se mit aussi à me remercier d'avoir été là et de les avoir aidé. Ce qu'elle me dit me fit légèrement rosir et mes yeux regardèrent soudainement mes pieds l'espace de quelques secondes avant que je relève les yeux pour lui dire que c'était tout à fait normal et qu'il n'y avait pas de quoi me remercier. Si j'avais fait ça, c'était parce que j'en avais vraiment eu envie et que je me sentais bien. J'avais hâte de pouvoir recommencer cela. Il fallait juste que je sois à la hauteur.

- Tu peux rester ici, ça me ferait même très plaisir si tu acceptais de te joindre à moi ici. C'est très calme ici, tu ne trouves pas. C'est agréable et le ciel est tellement beau.

Je l'invitais à venir à côté de moi avec un petit sourire. Ce soir tout semblait différent. Ma première journée en tant que medjack était comme en train de me redonner quelque chose qui m'avait été un petit peu retiré ces derniers temps, c'est à dire l'humanité. Oui, parfois et même très souvent je préférais être seul, mais aujourd’hui, je ressentais les choses plus différemment, plus.. profondément. Pourquoi ? Je ressentais la différence entre le premier jour ici et maintenant. Peut-être qu'elle le remarquait aussi.


* * *


Je venais de parler autrement, encore une fois. L’instinct l'avait emporté et la douleur était en train de me faire perdre pied avec la réalité. Ce n'était qu'un sale petit moment à passer et après tout irait mieux j'en étais certain, mais sur le moment j'étais juste en train de supplier que ça s'arrête. C'est ce qui se passa après quelques longues minutes ou secondes – à vrai dire je n'en savais rien mais c'était long - . La jeune fille me dit que tout était fini et en effet je ne sentais plus l'aiguille dans ma chair. Je fermais les yeux, comme pour chasser tout ce qui pouvait exprimer ma douleur. Je détestais montrer ma peine aux gens, pour moi il fallait toujours se montrer digne, mais là c'était un peu raté. Pas grave, je n'allais pas non plus en mourir. Je sentis ses mains se poser sur les miennes et je me laissais faire. J'appréciais même ce geste qui se voulait apaisant et rassurant. Ce geste était là pour me calmer et ça marchait peu à peu. Je me détendais un peu plus car tout mon corps crispé me rendait tellement plus mal. C'était ce qu'elle voulait me faire comprendre. Je sentais ma respiration se calmer légèrement et elle reposa mes mains avec douceur sur la couverture. Elle s'éloigna quelques instants et revint avec un verre d'eau. Elle me le tendit et je le pris en chuchotant un merci. Je tentais de me redresser mais je n'y arrivais pas alors je portais avec lenteur le verre à mes lèvres pour le boire. C'était un médicament, ça en avait le goût en tout cas, même si j'avais plus le goût du sang dans la bouche.

J'avais envie de dormir et je fermais les yeux. Je voulais replonger dans le sommeil pour échapper à la douleur. La dernière chose de la réalité que je vis fut la jeune femme assise sur une chaise à mes côtés. Le reste ne ne fut que du noir et des images étranges… des rêves…


˜ ˜ ˜

Oui des rêves.. mais je ne me rappelais que de certaines bribes. J'y avais vu le labyrinthe, mais j'y avais aussi vu des personnes sans visages. Perturbant… Mes yeux fixaient à présent quelque chose de blanc et je me rendis compte que j'étais réveillé car le plafond m'observait. Depuis combien de temps étais-je ici ? Je me sentais tellement désorienté et j'avais toujours chaud. Je portais ma main à mon front. J'avais un linge maintenant tiède sur la tête. Pourquoi avais-je si chaud ? Étais-ce du à mon rêve ? Je venais de courir dans le labyrinthe pour m'échapper.

- Ett monster *.., murmurais-je.

Oui j'en voyais un et mon cœur se mit à s'accélérer. Je voulais me rendormir de nouveau mais je savais que j'allais en revoir. Mais qu'est ce que cela changeait vu que j'en voyais un là maintenant.. des petites étoiles apparaissaient en même temps ce qui me donnait l'impression que le monstre était en train de se multiplier devant moi.

- Disparaît…

Les monstres sortirent leurs griffes et se transformèrent en humains. J'eus un mouvement de recul dans mon lit. La panique prenait le dessus.

Spoiler:
 


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