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Aux quartiers des risques- ft Niels Welligton

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MessageSam 17 Fév - 15:46


 
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Ce rayon de soleil me caressait le visage. Il me faisait oublier qu'il était la cause de tout ce merdier. Il dansait avec les couleurs de mes draps, pour remonter le long de ma nuque et venir me susurrer au creux de mon oreille en un halo faible "Pardon...". Si une excuse suffisait. Il en faudrait plus pour que le monde pardonne.

Je me retournais et couvrais ma tête de mon draps tel un enfant rétiçant à sortir des attrayantes couvertures. La chaleur réconfortante de la douceur du matelas avait une telle emprise sur moi que le sommeil ramenait déjà ses valises pour y prendre part à son tour. Me sortir de ma torpeur actuelle fut si dur. J'étais las de ce monde désertique et des gens qui le peuplaient, las de cette vie semée d'embûches, conçue spécialement pour crever d'un virus dont le seul remède que j'avais à ma disposition était de rejoindre comme, certains de mes camarades cette vie de débauche et de plaisir que seuls les désespérés vivent, pour profiter des derniers instants miteux de leur piètre existence.

La débauche. Etait-elle destinée à mes actions ? Par mes erreurs était-elle ma punition ? Je me levais avec le même entrain qu'on a pour aller au bûcher et recouvrais la jeune fille du draps miteux pour ne pas qu'elle se réveille de la morsure glacial de la brise -quoique fraîche- du petit matin. Étais-je maladroit de ne pas m'être rappelé de son prénom ?
Si elle non plus, nous étions quitte. Les temps ne sont pas favorables aux souvenirs, nous ne sommes que de vulgaires pions face à la réalité mordante. Qu'est-ce qu'un nom parmis les corps ? Ils tomberont tous de toute manière.

Je titubais maladroitement, j'avais bu hier soir. Il n'y avait donc pas d'eau dans ce taudis ? Certainement pas, de toute façon l'endroit n'était pas pour se faire une petite beauté. On trouvait toute sorte de gens ici; des dames, des marchands, des malfrats, des charlatans, des idiots, beaucoup d'abrutis également. C'était un endroit sale, pas entretenue, un lieu de survivant ou d'infecté -de toute façon qui ne l'était pas-, une bonne dose de mensonges dans l'air et un soupçon de traîtrise pour assaisonner le tout. Ici, on n'hésite pas à poignarder les âmes faibles, ça non, mais je ne me mêlais pas à ce genre de foule. J'en ai rien à faire de ce monde et des conneries qui le peuplent.

Je m'appuyais à la vieille table de fer rouillé pour faire quelques pas, mon bras me lançait. La blessure faisait ressortir de grandes veines violettes, semblables à une araignée géante, pompant mon sang de son emprise romanesque. Mes affaires traînaient non loin dans la poussière du sol, si bien que je les pris en hâte, évitant de trop m'attarder dans cet cabane à moisissures. Pendant que j'enfilais mes vêtements, un bruit de dispute vint s'ajouter au vacarme du marché extérieur. Celui-ci attira alors mon attention et j'entrouvais avec grande précaution les derniers morceaux de tissus que constituaient le rideau.

Un gaillard assez éméché s'en prenait à un autre du même gabarit. Quel importance ? J'aggripais ma veste en jean et tirais le rideau qui servait de porte avant de sortir.

-Tu t'en vas ? dit la fille dans un grognement indistinct.

-Oui, dis-je pour seule réponse avant d'enfiler ma veste.

L'air frais. Etait-il vraiment si frais ? Quelque chose n'allait pas dans l'air. Etait-ce le virus ? Les bruits des hommes prenant partie à la bagarre en pariant sur l'un ou en pariant sur l'autre interrompèrent le fil ordonné de mes pensées. Je décidais par je ne sais quelle folie de m'approcher du cercle. Le monde affluait pour voir ses deux hommes se battrent et certain semblait en tirer profit.

-20 sur le petit brun, cria un bougre au nez manquant.

J'allais partir mais un homme me poussa sans ménagement dans la petite foule.

-On s'excuse quand on marche sur mes bottes.

-Ecoute, mec, j'en ai que faire, fais ton business de merde...
répondis-je dans le plus grand des calmes.

-Donc maintenant la petite dame elle va s'excuser et elle va faire plus attention okay ?


-Je cherche pas de problème...

Le gars m'attrapa par l'épaule et avant qu'il n'eut fait un seul geste, la situation avait dégénérée. L'homme saignait du nez, et mon poing pendait à celui-ci. Il m'en donna une. Je lui rendis avec encore plus de violence. Je voulais le frapper, avec toute la violence de mon être et de mon âme, je voulais par dessus toutes choses, lui faire du mal. La foule avait formé un second cercle autour de nous. Le gaillard se releva et m'assena un coup dans la mâchoire. Je reculais de quelques pas pour venir heurter un blondinet derrière moi.

-Un coup de main serait pas de refus, dis-je avant de cracher du sang.


 
 

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MessageDim 18 Fév - 23:04

Niels
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Les quartiers obscurs. Voilà où se trouvait actuellement Niels. Il était à seulement quelques mètres d’un point de passage de contrôle entre deux zones, mais il n’était pas prêt. Pourtant, un jour il faudrait bien qu’il le traverse s’il espérait aller chercher son grand frère là où les personnes en équipements haut en technologie l’avaient emmené. Cependant, il n’était pas prêt. Il ne voulait pas avoir à vivre cette rejection. Obtenir la nouvelle le terrorisait. La plupart désiraient savoir s’ils étaient immunes ou pas, mais pas Niels. Après cela, il se disait que sa vie serait fichue et le jeune homme n’était psychologiquement pas prêt pour se dire qu’il ne l’était pas, alors jusqu’ici il avait évité les points de contrôle ce qui était un pur miracle. Il avait néanmoins conscience qu’un jour où l’autre le verdict arriverait et qu’il y serait confronté au moment où il serait le moins prêt. Comment pouvait-il l’être ? Son seul espoir était de survivre pour pouvoir retrouver son frère. Niels errait plutôt d’ordinaire dans la forêt à l’abri de toute civilisation, mais avec les éruptions solaires qui avaient tout dévasté, il ne tenait jamais dès longtemps sans retourner ailleurs afin de récupérer quelques vivres. C’était pour cette raison qu’il était maintenant là, parmi cette foule de gens encore plus sales que lui. Il avait pris le soin de nouer un grand foulard autour de sa bouche pour ne pas attraper la maladie. Il y avait bien trop d’infectés ici, trop à son goût même et cela suffisait à le rendre psychologiquement malade. Ces petites escapades pour vivre étaient du pur suicide, il le savait, mais avait-il vraiment le choix ? Pas vraiment non.

Il cherchait désespérément des stands de marché où l’on vendrait de la nourriture, surtout des boites de conserve. Il ne prenait que de ça, le reste était bien trop risqué. Le blondinet avançait à grand pas et tentait de se frayer un chemin parmi tous ces gens. Il avançait à petits pas très rapides toujours la tête baissée. Des bruits finirent par attirer son attention. Cela ressemblait à des éclats de voix : une bagarre pensa t-il aussitôt. Oui, des bagarres, il n’y avait plus que ça entre les gens de cette planète. Voilà à quoi en était réduite l’humanité : à s’entre-tuer pour avoir le plus de vivres possibles pour réussir à voir le jour encore une ou deux fois. Mais Niels avait eu faux, enfin presque. Ce n’était pas une bagarre, mais deux et entre deux groupes différents. Il fallait partir d’ici et vite. Les embrouilles de ce genre n’avaient jamais été son truc, mais bien celui de son grand frère. Lui restait toujours en retrait, il ne savait pas vraiment se battre même s’il avait un peu appris à force d’errer encore et encore. Il revoyait son grand frère lui apprendre quelques petits coups quand ils étaient plus jeunes, cela remontait à bien longtemps, à une autre époque même.

Niels fit un pas vers l’arrière pour fuir comme un lâche, mais son soulagement ne fut que de courte durée. Il avait eu la maladresse de se heurter contre quelqu’un et ce quelqu’un n’était autre qu’un des mecs qui était dans une bagarre. Super, pensa t-il. Mais ce n’était pas tout ! Le gars voulait de l’aide ! Que fallait-il faire ? Le blondinet le regardait d’un air totalement paniqué et ses yeux clairs dévièrent vers la personne d’en face. Elle n’avait franchement pas l’air commode, mais que pouvait-il donc faire ? Lui ferait-on la peau s’il fuyait ? Puis il entendit la voix de son frère dans sa tête, celle de ses souvenirs « Allez Niels, fais pas l’idiot putain, fonce un peu ! » Cette voix, il était si tenté de l’écouter, elle revenait tellement de plus en plus ces derniers temps, car il était totalement perdu et seul. Elle semblait l’hypnotiser et il n’était pas si aisé que ça pour lui de s’en détacher. Non, il s’y accrochait comme si c’était de l’or. Il avait l’impression que son frère le regardait à cet instant, alors abandonnant sa réflexion habituelle, il fonça sur le mec en face pour faire quelque chose de totalement lamentable. Lui donner un coup-de-poing au visage, mais le blondinet était ridicule. Il avait visé à côté de son nez d’une manière « douce ». Quel idiot. Il était fichu.

 
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MessageLun 19 Fév - 12:18


 
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De tous les gars qu'on pouvait trouver à la ronde, parmis truands, voleurs et bandits, j'avais hérité du seul type sans aptitude spécial au combat. Le petit avait juste l'air paumé dans ce monde de brute, à moins que ce soit de la frayeur qu'il émanait, en tout cas, ce gars là ne suintait pas la confiance en soit. Son poing s'était arrêté à quelques centimètres de sa cible initiale, au moins il avait eu le courage de passer à l'action. Sans ménagement, je poussais le blondinet loin de mon adversaire. J'avais eu tord de me remettre à quelqu'un d'autre, j'avais oublier la seule règle qui me maintenait encore en vie ; compter seulement sur soit-même, jamais demander de l'aide. Etait-ce une règle me maintenant en vie ou une règle pour finalement protéger les autres ? A l'évidence, le deuxième cas s'imposait radicalement dans cette situation.

Le bougre devant moi m'avait fait perdre mon temps. C'était un crime qu'il fallait punir. Le temps. Il est le fil de tout être. Le cours de chaque chose. On en manque et on en a que trop peu. Qui es-tu pour m'enlever mon temps ? Mes yeux luisaient de la couleur de la vengeance et de la colère, scintillaient d'une rage incandescente, brulaient du feu éternel qu'est la violence. Eux d'un bleu si calme d'habitude, tel une mer paisible, parfois tourmentée mais sans désastre, étaient devenus la tempête qu'on craignait. Déchaînée de ses eaux, elle engloutissait avec une gourmandise vorace les malheureux êtres qui jadis arboraient la fierté dans leurs regards. Effrontés de la nature punis par cette même entité.

La violence dans l'âme et dans le coeur, je portais à mon adversaire un coup sec et précis, jointures crispées, au milieu de son visage. Il recula mais je ne lui laissais pas un seul moment de répis. Je me jettais sur lui et continuais à abattre mes cartes tel un joueur averti. Mes attaques étaient imparables, le gaillard, rendu aveugle par son propre sang, s'affaissa lâchement dans la poussière du sable. J'avais envie de lui donner le coup de grâce mais ça aurait été de s'abaisser à cette ordure, qui elle n'aurait pas hésité.

Les gars autour de moi récupéraient leur fric, le spectacle étaient terminer, rideaux. Cette petite attraction avait dû renflouer les caisses de plusieurs passants. Un petit buisiness plutôt rentable pour certains. On me regardait. J'étais un monstre c'est ça ? Quand on arrive à se défendre on est souvent considéré comme tel.

-Vous voulez un autographe ?
hurlais-je à la foule, la rage faisant trembler ma voix.

Le petit peuple se dispersa, il parti comme il était venu. A cet instant, je regrettais de ne pas avoir achevé l'homme. Cette violence soudaine n'était explicable que par le seul fait que la braise rongeait mon corps et mon esprit. Mon être. Le blondinet était resté là. Etait-il encore choqué par les évènements ?

-Toi là-bas ! lui criais-je sans une pointe de reconnaissance dans la voix, tu vas te faire bouffer.

C'était mes paroles, ai-je pu dire nombre de folie, mais ces mots là sont les miens. Ce gars là n'avait rien à faire ici.

-C'est pas un monde pour toi ici, tu t'es perdu ou quoi ?


Mes mots devaient être durs, mais ils étaient réalistes. Le garçon allait se faire manger par de plus gros prédateurs et personne ne débarquerait pour le sauver. J'en avais vu des gamins du genre, à errer sans but et quand le moment venait, ils se faisaient dévorer par les dents aiguisées de la vie. Déchiqueter par les crocs acérés des gens de l'ombre. On était dans le quartier obscur, et ce gars ci n'avait franchement pas l'air de s'en rendre compte. De toute évidence, il n'avait pas pesé les risques d'un tel endroit.

-Rentre chez toi, petit.

Mes derniers furent l'effet d'un coup de batte, je pense dans les deux camps. Plus personne n'avait de chez soit, et les seuls chanceux qui avaient encore de la famille devaient déjà être à l'heure qu'il est, rongé par cette foutue maladie. Qui maintenant avait encore des parents en vie, une famille soudée à toute épreuve ? Il était certains que la mienne avait été éliminée dès le premier round. J'étais seul moi aussi. Je n'avais pas de "chez moi". J'errais comme ce type et j'étais capable de lui donner des leçons ? La colère bien connue de mon esprit s'installa de nouveau en moi.

Je me retournais et donnais un coup magistral dans le mur. ce n'était pas la première fois que je faisais cette petite comédie de pacotille. Quand vais-je donc cesser de m'apitoyer sur mon sort ?

-Putain... dis-je en grommelant

De l'air. J'avais besoin d'air. D'une brise vivifiante dans cette chaleur pesante. D'un soupçon d'air et de légèreté dans cet atmosphère de béton. Quand allons-nous être enfin libre ? Libre de nous-même ? Je suis un être emprisonné par son propre esprit. Une personne qui ne sera jamais libre et qui est condamnée à l'être pour toujours. De quel énergumène avais-je l'air ? Je devais faire peur à voir. Je n'osais croiser le regard du jeune homme. Etait-ce lui ou moi le plus vulnérable ? Je ne suis qu'une infime poussière par rapport à l'immensité de ce monde. Qui trompais-je ? Qui prétendais-je être ?

-Qu'est-ce qu'il te faut ?
demandais-je au garçon sans quitter le sable des yeux.

Je ne comprenais pas. Me sentais-je coupable de pas lui avoir laissé sa chance ? Pourquoi lui proposais-je mon aide ? Il allait me retarder plus qu'autre chose. Mais me retarder à quoi ? Quand j'étais arrivé dans ce quartier, j'avais déjà en tête que j'étais la pire des erreurs. Débauche. J'étais déjà destiné à me laisser crever vulgairement parmis d'autres lâches, des rats attendant le moment propice pour agoniser de plus belle. Tandis que d'autres se terrer dans l'ombre, je ne voulais que remonter dans la lumière, combattre ce foutu virus.

Justement la question était là, ce jeune homme voudrait-il cotoyer un infecté ?

 
 



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MessageLun 19 Fév - 16:47

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Le blondinet grimaça de douleur au moment où son poignet atterri dans la figure du gars. Il avait affreusement mal visé et en plus de ça, il ne savait pas frapper sans se faire plus mal qu’à sa victime. Pathétique. Il fut poussé bien brusquement par le gars qui lui avait demandé de l‘aide. Visiblement, il regrettait d’être tombé sur une personne qui n’était pas du tout adroite et expérimentée. Niels allait devoir apprendre, c’était clair. Mais qui pouvait bien lui enseigner ? Tout le monde était malade et il passait son temps à les fuir. Lui était encore bien dans sa peau, il n’avait aucun symptôme et il les redoutait. Oui, c’était un miracle que le blond n’avait pas encore attrapé la Braise et il se chopait toujours à espérer qu’il soit un immune, chose que tout le monde haïssait encore plus que la Braise. Si on le savait, il était mort, mais s’il était infecté, il mourrait aussi alors à quoi bon ? Peut-être ne voulait-il pas l’admettre et qu’au fond il le savait qu’il ne pouvait pas être touché. De l’autre côté, il ne voulait pas se faire de faux espoirs, alors il se rendait compte que le plus tôt serait le mieux pour passer une barrière de contrôle. Était ce grâce au fait qu’il évitait avec brio les endroits peuplés ou était-ce pour une autre raison que Niels ne se sentait pas encore souffrant ?

La bagarre n’allait pas s’arrêter là non. D'un, il avait eu la chance d’échapper à un coup en retour, car l’homme en face de lui n’avait franchement pas l’air sympathique, tout ses traits ne semblaient même pas humain. Il aurait pu l’écrabouiller en deux secondes, qu’est ce qu’il lui avait pris de s’interférer et d’écouter la voix de son frère ? Et là, qu’attendait-il pour dégager ?! Pourquoi ne parvenait-il pas à quitter des yeux cette querelle sanglante ? Il restait planté là, comme un pur idiot ! Cet endroit n’était pas pour lui, il regrettait d’être ici. Il y avait des villes encore plus accessibles que cette sorte de marché noir. Ça grouillait d’infectés et il avait juste une seule envie : prendre ses jambes à son cou et se barrer de là ! L’homme se mit alors à le frapper, ses coups violents n’avaient rien à voir avec le sien qui était comparable à celui d’une petite fille de dix ans. Il était doué, il esquivait avec brio en plus d’attaquer tel un lion. Pourquoi avait-il eu besoin d’aide ? Ce type-là savait visiblement très bien s’en sortir tout seul et Niels ressentit une pointe d’envie. Lui aussi devait apprendre et coûte que coûte sinon il ne survivrait jamais. Le monde devenait dingue et encore plus vu que la maladie continuait de se répandre à une vitesse éclair. Le sale type finit par tomber au sol, crachant son propre sang en s’étouffant presque. L’autre allait-il le tuer ? Plus rien n’étonnerait Niels, il avait déjà vu des gens en tuer d’autre. Ce fut à ce moment-là qu’il se rendit compte qu’il ne comprenait pas comment il avait fait pour être encore en vie jusqu’à maintenant ? Il avait toujours couru quand des fondus l’attaquaient, il avait au moins ces avantages-là : rapide, agile et discret.


Le verdict sonna et il fut surpris de voir que l’homme n’acheva pas l’autre. Cependant, la rage était bien palpable, des gens s’étaient précipités tels des voraces afin de faire les poches à l’homme à terre. Niels continuait de le regarder. Il restait chez lui une trace d’humanité sinon il n’aurait pas hésité à lui fendre le crâne dès que l’occasion s’était présentée. Il s’adressait à la foule, leur faisant comprendre qu’il n’y avait rien d’intéressant à voir et de dégager. Niels était toujours planté là et l’homme l’interpella. Il releva ses yeux gris vers lui. Il était sans doute le suivant, il n’avait pas réussi à le défendre alors il allait sans doute lui péter la gueule. Le blond fit un petit pas en arrière puis l’homme lui demanda s’il était perdu. Il avait raison sur toute la ligne. Ce quartier n’était pas pour lui et il n’avait franchement pas évalué les risques. Perdu, oui, il l’était et il ne savait même plus où aller pour trouver des vieilles boites de conserve. Mais ce qui suivit lui serra le cœur. Rentrer chez lui.. Le faisait-il exprès ? Il sentait cette boule dans sa gorge se nouer, elle était désagréable. Il n’avait plus de chez lui ! Comme tout le monde d’ailleurs ! Ses parents étaient morts à cause de cette putain de maladie et son frère avait été emmené par ces salopards de « justiciers » !

- J’en ai pas. Comme toi, répondit-il alors d’une voix sèche.

Oui, ça faisait même longtemps que le "chez lui" n’existait plus ! Pour qui se prenait donc cet homme à remuer le couteau dans la plaie?! Cela plaisait ou quoi ?! Tout n’était que cruauté. Niels sursauta alors quand l’homme en face de lui cogna avec violence son poing dans le mur. Pourquoi ? Maintenant, il avait mal et jurait. La surprise le gagna d’autant plus quand ce même homme lui demanda ce qu’il lui fallait. Voulait-il l’aider ? Il en avait tout l’air maintenant. Le blond rangea sa surprise de côté, il le fallait coûte que coûte, ici, c’était une occasion en or et s’il avait voulu lui faire du mal, il l’aurait fait plutôt qu’à ce mur de pierres.


- Des conserves.

Comme tout le monde de censé évidemment, mais il savait aussi que les gens venir pour le Bliss ici, cette drogue qui ralentissait la maladie. Elle valait une fortune et seuls ceux qui avaient de quoi payer pouvait s’en acheter ou bien, ils s’amusaient à voler. Niels n’avait pas d’argent, alors il volait. Il courait et grimpait très rapidement et les vendeurs ne parvenaient jamais à le rattraper.

- Et apprendre à me battre.

Oui, c’était aussi ça qu’il lui fallait, mais il n’avait prévu à aucun moment de le laisser l’échapper à haute voix. Pourquoi avait-il dit ça ? Ce type n’allait jamais perdre son temps avec lui en jouant au professeur, il ne fallait pas rêver non plus, il n’était plus dans le monde des gentils. Ca faisait même longtemps que le monde avait changé. Son instinct de soigneur prenait le dessus en voyant le poing de l'homme face à lui. Il avait toujours dans son sac à dos de quoi se soigner.


- Tu me laisses voir ton poing ?


 
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MessageMar 20 Fév - 12:35


 
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Des conserves. Je n’étais pas étonné. Le monde crève de faim en plus de mourir de la braise. Sur ce coup là, je n’étais pas sûr d’être d’une si grande aide. Moi même j’avais faim, mais c’était surtout parce que j’économisais les denrées, rares et précieuses. J’allais lui expliquer que je ne pouvais rien faire à propos de ça quand le jeune homme demanda à apprendre à se battre. Je n’avais pas franchement une tête de professeur et sa demande me perturba. Étais-je de nouveau près à pouvoir tisser un lien avec une personne ? Tant de temps à se terrer dans le silence et dans l’ombre à cacher ce que je suis réellement. Tant de temps à prétendre être une personne autre que je suis. Je dévisageais le jeune homme. Qui disait amitié ? Je lui enseignais deux ou trois bases pour ne pas qu’il crève maintenant puis je m’arrangeais pour qu’il s’éloigne du quartier obscur.

Malgré cette rencontre nouvelle, je me battais déjà intérieurement pour décider si d’un oui ou d’un non ce gars là allait vivre. Une brise fraîche caressa mon visage dans cet intense moment de réflexion. Soudain, la cause même de toute cette agitation interne interrompa le fil conducteur de mes pensées torturées.

-Tu me laisses voir ton poing ?

Je fis un petit sourire en coin. On avait affaire à un docteur par-dessus le marché ? Ce n’était définitivement pas un endroit pour lui. Balayant sa remarque d’un coup, je répondis :

-C’est rien, on s’en fait tous les jours et c’est pas ça qui blesse...

Cette coupure ? Ce n’était que néant face au monstre naissant, prenant place sur le long de son bras. En avait-il vu ? Le jeune homme ne devait pas avoir vu beaucoup d’infectés pour vouloir soigner quelque chose d’aussi bénin. Quotidien. Sans prévenir, je tombais à terre, essoufflé, comme assommé. Pas maintenant. Ma vue se broullait déjà. Je ne voyais plus le blondinet que par un drap noir et flou qui me voilait les yeux. J’essayais de chasser le brouillard en frottant vivement mes yeux. Je battais des bras. La brume épaisse et obscure m’engloutissait. Je devenais une fois de plus la victime impuissante de mes hallucinations. Sous l’emprise de la pénombre, j’étouffais, je suffoquais, j’essayais en vain de me défaire de ses doigts crochus qui me lacéraient la peau. Je battais des bras, comme pour tenter de sortir de la noyade mais je sombrais inévitablement vers le fond. L’air manquait. je me débattais comme un fou mais les mains avides de ma chair me tiraient vers les abysses de mon esprit. Torture était le synonyme de ma situation. Les yeux ouverts, je ne voyais rien, c’est en criant que je ne produisais aucuns sons et tout autour de moi n’était que fumée. Une fumée intouchable, mais au souffle épais et chaud.

Je tombais, durement sur le sable. Pendant une fraction de seconde je revins péniblement à la réalité, à quelques mètres le blondinet que j’avais dû repousser non sans violence. Les monstres revenaient pour moi, ils n’en avaient pas terminé. Des larmes brûlantes s’écoulaient de mes yeux, épaisses et désagréables, comme un nuisible à chasser. Les larmes persistaient. Elles s’écoulaient inlassablement sur mes joues en feu. je brûlais, intérieurement et extérieurement; Je rampais pour échapper aux flammes qui me rattrapaient inévitablement, me léchant le corps, lappant les restes de mon sang. Le sang. L’odeur était omniprésente. dans ma bouche, sur ma langue, sur mes lèvres, partout sur ma peau. Sur chaque infime parcelle de peau.

Je courais dans le vide, inconscient si je vivais un de mes rêves ou si c’était la pure réalité. J'avançais à taton dans l’obscurité, trébuchant à plusieurs reprises. Je fuyais. Je fuyais quelque chose, quelqu’un. Je frappais dans le vide, espérant toucher ma cible. On me poussa. Je n’arrivais toujours pas à distinguer nettement mon agresseur mais il me semblait que ses attaques étaient totalement aléatoire. Malgré la douleur lancinante qui traversait mon bras, j’essayais tant bien que mal de me focaliser le plus possible sur mon adversaire. C’était comme attraper de la fumée avec ses doigts, j’étais désorienté et mes sens n’étaient pas tous fonctionnels. Je titubais, frappais sans toucher ma cible, à l’aveugle.

Un cri déchira le silence. L’avais-je touché ? Tel un chasseur avisé, je me reculais, faisais silence pour mieux entendre ma proie. Du chassé j’étais devenu le chasseur, le fauve qu’on craint. Une bête à abattre. Le brouillard se dissipait peu à peu. Je retrouvais de ma vision et lentement, tous mes sens. Je restais à terre, incapable de me relever, j’étais touché.

J’heurtais le sol de plein fouet. Ma tête atterrit durement sur le sable, soulevant alors une vague de poussière qui se dissipa bien vite. J’ouvrais avec précaution mes paupières. Celles-ci furent envahie par une vive lumière. Je clignais plusieurs fois des yeux avant de retrouver pleinement ma vue. Le regard du blondinet me glaça le sang. Qu’avais-je donc fait pour que le jeune homme me regarde ainsi ?



 
 

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MessageJeu 22 Fév - 22:12

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La dernière phrase avait été stupide, le blondinet le savait. Qu’était-ce donc aujourd’hui un poing endommagé face à ce qu’il se passait avec la maladie ? Rien du tout. C’était simplement une égratignure et encore plus pour ce genre de type qui avait l’air aussi solide qu’un bloc de pierre. Allait-il pouvoir l’aider ? Et pourquoi Niels lui avait lui aussi proposé son aide ? Était-ce un prétexte pour parler un peu plus avec lui ? Ils se fuyaient tous les uns les autres pour éviter d’être contaminés, mais en même temps, un contact, ne serait-ce qu’une parole était un pas de retour vers l’humanité, chose qui manquait au jeune homme. Il n’avait pas loupé son espèce de petit sourire à la fois amusé ou moqueur. La situation semblait être, en effet, surréaliste. Pourquoi prendrait-il le risque de le soigner au prix de sa propre vie ? On ne pouvait franchement pas faire plus stupide. Alors oui, ce n’était rien du tout à côté de ce qui allait se passer dans quelques secondes. Alors que Niels s’apprêtait à ouvrir la bouche pour répondre et puis écouter s’il était d’accord pour sa requête de combat, l’homme tomba à terre brusquement, le souffle court. Il semblait avoir avalé une énorme poche d’air qui s’enfonçait dans sa gorge afin de venir l’étouffer avec peine. Ses bras commençaient à battre dans l’air, comme si l’homme s’était soudainement retrouvé sous l’eau. Oui, le blond connaissait cette sensation à cause de ses cauchemars où il se noyait. L’eau qui emplissait ses poumons faisait que sa vue se brouillait, sa gorge le brûlait et surtout, l’impossibilité d’avoir le moindre air le rendait complètement dingue. Alors ses bras bougeaient de toutes ses forces, comme si ce geste anodin allait l’aider à remonter à la surface. Vivre, voilà ce qu’il devait se dire. Remonter. Respirer. Vivre. Encore et encore, mais il savait que ce cri s’affaiblissait au fur et à mesure que l’eau montait et l’engloutissait jusqu’à en devenir plus qu’un écho lointain. L’homme était en plein combat contre lui-même ou contre une personne invisible, quelqu’un qui semblait en tous les cas le hanter, lui faire du mal. Niels s’était alors prit un coup dans l’estomac, il avait été repoussé. Que lui voulait-il ? Était-ce donc son inconscient qui disait à l’homme qu’il était dangereux ? Non, impossible, Niels ne lui ferait aucun mal, alors tout cela n’avait aucune logique. Il était possédé par cette force plus puissante que lui.

Les morceaux du puzzle s’assemblaient petit à petit. Cela ne pouvait pas être une coïncidence. Cet homme n’était plus normal, il faisait un pas vers la fin de son humanité et du début de sa monstruosité. Le cœur du blond se serra à la vue de cet homme qui endurait devant lui le martyr. Il voyait ses larmes couler su ses joues, il entendait son souffle trop saccadé pour être normal. Il se débattait, luttait contre ses démons. Voilà ce qu’était donc devenu le monde. La maladie rongeait le cerveau des gens sans même prévenir. Et si ça lui arrivait à lui dans quelques minutes ? Était-il lui aussi prêt à subir cette horreur ? Non. Plutôt mourir sereinement et rapidement. Maintenant, il n’y avait presque plus de mort douce et paisible, cela serait le plus beau cadeau de tout les temps.

- Combats la putain.


La voix grave du jeune homme avait crié tandis qu’il était maintenant un peu plus loin. Il avait peur et l’adrénaline lui avait fait gueuler ça, comme s’il devait le dire avant qu’il ne se jette à sa gorge. Il devait partir. Mais qu’attendait-il encore une fois ? Il était paralysé et son dos était maintenant contre un mur, ses jambes tremblaient et ses yeux ne pouvaient pas le quitter. Cet homme était dangereux. Cet homme était infecté. Cet homme pouvait le tuer. Le supplice semblait durer bien trop longtemps, les gens autour d’eux le regardaient et se mettaient à courir. Oui, eux fuyaient devant ça, ils avaient compris. Puis l’homme semblait alors retrouver le chemin de la surface de l’océan. Il avait réussi à se faire attraper par un quelconque sauveur imaginaire qui l’avait ramené au bord, qui l’avait allongé et qui avait appuyé fortement sur sa poitrine pour lui faire cracher toute l’eau qui s’était bloquée dans ses poumons. Il était de retour, mais pour combien de temps ? Les yeux gris clair et innocent du blond le fixait avait un regard dont il n’avait même pas conscience. Son regard était noir à cause de la terreur qui coulait dans ses veines et qui avait glacé son sang. Ses ongles s’étaient enfoncés dans la pierre du mur comme s’il voulait s’y accrocher et supplier son agresseur de ne pas lui faire de mal et de lui laisser la vie sauve. C’était un petit peu ce qui se passait en ce moment même. Niels s’interrogeait et ses yeux passaient le corps de l'homme au rayon laser afin de savoir ce que serait son prochain mouvement et en combien de secondes.

- Me fais pas de mal.

Ce fut tout ce qui sortit de la bouche de Niels. Il avait voulu soutenir le timbre de sa voix, mais manque de bol, sa voix avait trembloté. C’était la première fois qu’il voyait une personne perdre la tête aussi rapidement depuis le drame de ses parents. Il ferma les yeux une fraction de secondes pour chasser l’humidité de ses yeux clairs. Le passé refaisait surface et ce n’était jamais bon. Mais qu’en était-il du présent maintenant ? Pourrait-il lui offrir un futur ?

 
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MessageDim 11 Mar - 0:55


 
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-Me fait pas de mal.

Je ne savais lequel de nous deux étaient le plus terrifié. De telle crise était de plus en plus fréquente. Des tremblements incontrôlés, une respiration saccadée, une foule effrayée. Je me mis à rire. Un petit rire entremêlé de petits sanglots discrets. Un ricanement face à la plus grande escroquerie que le monde m’avait apporté. Ne m’avait-on pas dit que cette vie sordide allait être merveilleuse ? Ce n’était pas un rire dément. Plus un rire moqueur, je m’étais juste fait avoir, comme le dernier des bleus. Je tremblais. Ce n’était pas à cause de la brise presque inexistante. C'était un froid sans nom. Ce vent qui vous glace le sang. Qui vous laisse des frissons dans la nuque. J’avais froid. Etait-ce l’atmosphère qui me rendait comme tel ? Je m’étouffais entre deux ricanements et relevais la tête en direction du blondinet.

-Bienvenue en enfer ... dis-je en relevant ma manche, laissant apparaître l’affreuse cicatrice noircie.

Ricanements. Je restais à terre, abattu comme une bête sauvage. Cette bête malade, ce chien enragé cherchant réconfort et non les pierres qu’on lui jette. Les veines de mon avant-bras semblaient encore plus ressortie, noires et violacées. Le virus faisait ravage dans mon esprit mais également sur mon corps. Je n’en étais pas au stade de m’arracher les membres comme certains compatriotes dévastés, la braise rongeait toute mon humanité dans un premier temps. Tremblements. Comment pouvais-je me calmer ? Je roulais des yeux par intermittence, comme pour signifier l’agacement de cette vie sans attache, sans but. Une vie que l’on nous donne seulement pour combler un vide, nous ne sommes que des pions au sein d’une immense farce. Moi qui croyais être le cavalier...

-Je ne suis que le fou.


Je relevais la tête et dévisageais la seule personne qui n’avait  pas eu la bonté d’esprit de fuir à mille de moi. Il était là, dans la lumière éclatante du jour, l’air intimidé. Qui ne le fut pas ? Une larme égarée, voulant fuir tout autant que moi ce corps misérable, s’échappa en cet instant d’indécision de mes yeux. Moment de faiblesse de leurs parts. Ces perles salées roulaient lentement sur ma peau sèche, laissant de long sillons sur leur passage. Regardez la tristesse d’un homme déjà mort. De la tristesse ? De l’impuissance face à ce monde cruel.

-C’est un monde de merde, affirmais-je, en fixant les yeux cristallins du blondinet.

Je m’appuyais sur le sol pour me mettre à genoux, la tête enfouie dans mes mains. Cachez ce monstre. Hideuse créature. Le sable me picotait les yeux, la chaleur faisait brûler mon dos et ma tête explosait. Pourquoi un Homme devrait-il endurer autant de souffrance ? Je me relevais d’une façon des plus pitoyables, boitant, l’allure peu fier. Je m'étirais comme après une mauvaise nuit de sommeil, clignais des yeux plusieurs fois sous la lumière aveuglante. Je luttais contre les démons qui voulaient de nouveaux m’attirer dans leur piège sournois. J’avais été faible. Je m’étais fait avoir d’une façon stupide. J’avais relâcher ma garde pendant une fraction de seconde et l’ombre m’avait attrapée. M’avait tiré de ses doigts crochus de la réalité dont je m’accrochais comme je le pouvais, malgré les horreurs que je pouvais rencontrer.

-Tu veux marcher un peu ?
demandais-je sans regarder mon interlocuteur, j’ai besoin de me dégourdir les jambes.

Une excuse pour fuir cette place pullulant de personnes avides de sang et bagarres. Un spectacle peu attrayant pourtant. Ma colère était débordante, je savais qu’elle pouvait exploser à tout instant, la solution la plus sûre était donc de faire profil bas. De fuir la situation. Pourquoi avais-je proposé à cet homme de me suivre ? J’avais juste besoin d’un peu de compagnie. il y a bien longtemps que je n’ai pas eu une conversation humaine. Un dialogue sain. J’abaissais la manche de ma veste pour cacher la plaie noire, sentant le regard insistant du jeune homme blond posé dessus. Cela n'empêcha pas qu’un petit sourire se dessina sur le coin de ma lèvre.

-Je suis déjà mort Docteur ? dis-je en ricanant, je ne suis qu’un homme, seuls les héros peuvent se relever après de telle merde.

Je marchais en traînant des pieds, les yeux dans le vague. Je suis condamné, poursuivie par la faucheuse, avais-je mérité cette vie ? Le hasard est une punition. J’avais voulu être un héro, être le cavalier, le roi.

Echec gamin.  

J’avais tout pour moi et il fallait que je mette le bordel à ma petite vie. Je m’étais foutu dans ce merdier tout seul. Regardant les rues sableuses aux bâtiments délabrées, dévisageant les passants patibulaires, j'avançais dans les rues sombres, tournais en rond, cherchais un but. Soudain je stoppais net devant cet inconnu qui avait passé la matinée avec moi.

-Morgan Collins, je te comprends si tu ne me serres pas la main.


 
 

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MessageDim 11 Mar - 14:20

Niels
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Non, ne me fais pas de mal avait supplié le blondinet. Du mal, il en voyait partout et à cet instant-là, ce qu’il voyait le terrifiait. Cet homme se roulant par terre était tout simplement rongé par ses démons. Le monde n’était que mensonge et folie. Ils étaient tous condamnés de toute manière.. Le jeune homme se mordit les lèvres et avait fait un autre pas vers l’arrière. Ses jambes s’étaient enfin décidées à bouger un petit peu. Cette terreur l’avait paralysé et cette fois-ci, il n’avait pas senti son souffle devenir incontrôlable comme dans ses moments de panique les plus habituels, mais au contraire, tout s’était arrêté. Le rire de l’homme résonna à ses oreilles comme un douloureux souvenir du passé. Les ongles du blond se plantèrent dans ses propres mains afin de se contrôler. Penser à ça était trop difficile. Ces rires de folie, oui, il en avait déjà entendu et cela n’annonçait jamais rien de bon. Il le voyait déjà se relever et se jeter sur lui afin de le dévorer tout cru. Il refoula ses larmes en passant sa manche sur ses yeux d’un geste rageux. Le présent ne cessait jamais de lui faire replonger dans les eaux sombres de son passé. Il était là, l’homme blond devant lui qui lui ressemblait comme deux gouttes d’eau.


* * *

"Non ! ", cria Niels.

Le petit gamin se mit alors à crier tandis que l’adulte s’avançait vers lui avec détermination. Il l’avait saisi par le col pour le plaquer contre le mur.

"Non non non ! S’il te plaît !"

L'impact de son dos qui avait cogné contre la plateforme dure, lui avait coupé le souffle. Il étouffait et bientôt ses poumons le faisaient déjà souffrir à cause des doigts de l'homme qui l'emprisonnait trop fort. Quelques secondes après, ce fut l’air qui se coinça en lui et qui le fit tousser. Maudit asthme qui pointait le bout de son nez. Il était prisonnier, condamné, petit enfant de quinze ans qu’il était. Les doigts de l’homme s’étaient resserrés sur la gorge du petit qui ne pouvait même plus toucher le sol avec ses pieds. Il voyait flou et continuait pourtant de battre des pieds dans l’espoir d’échapper à cet homme aimant devenu complètement fou.

"Me fais pas de mal. Papa…"

Sa voix chevrotante et faible suppliait tandis que les larmes coulaient à flots sur la main du fondu qui avait perdu la tête.

"Me fais pas de mal", répéta t-il une seconde fois.

* * *

Toute l’horreur du flash qui venait de refaire surface dans sa tête venait de le briser. On aurait dit qu’il venait de revivre le moment, comme si tout à coup, il avait eu cet âge-là de nouveau. Ses mains tremblaient et il les attrapa ensembles afin de les cacher. Les nouvelles paroles de l‘homme infecté résonnèrent à ses oreilles et firent parfaitement écho. Ce qu’il venait de revoir. Oui.. l’enfer… surtout quand la suite du flash revenait sans cesse le hanter dans ses cauchemars. Sa manche se releva alors pour dévoiler une marque noire bien connue, et bien redoutée, celle de la condamnation. Aucun retour en arrière n’était possible pour lui et il sentit le dégoût le prendre. Il avala sa salive avec difficulté tandis qu’il sentait un haut-le-cœur venir. Ses yeux se fermèrent l’espace de deux secondes afin de se contrôler. Non. Il n’allait pas être malade ici. Non, il allait se contrôler, respirer et se reprendre comme un grand, mais les ricanements infernales du brun ne l’aidaient franchement pas. On aurait dit un jingle que l’on repassait encore et encore et même si l’on se mettait les mains sur les oreilles, il était impossible d’y échapper. « Tais-toi ! » avait-il envie d’hurler. « Tais-toi putain tais toi !!! » Fou, voilà ce qu’il était et il semblait lui aussi s’en rendre compte vu que ce mot apparaissait dans ses paroles, mais Niels notait qu’il avait placé le déterminant « le » devant. Visualisait-il un plateau d’échec ? Le fou ? Le fou de l’échiquier ? Une sorte de marionnette ? Oui, c’était sans doute ça et il n’avait pas tort.. ils l’étaient tous autant les uns que les autres.

Puis quand l’homme le regarda enfin dans les yeux tout bascula pour le blondinet. En plus de voir la folie, autre chose venait d’apparaître : le malheur. Cette tristesse lui brisait le cœur et ce fut à cet instant-là qu’il comprenait qu’il n’y avait pas que la rage dans le corps de cet homme, mais aussi ce terrible espoir de s’accrocher encore et encore, ne serait-ce qu’une dernière fois à quelque chose d’humain. Les yeux du garçon le piquaient, comme si tout son corps était en train de lui crier de le sauver, mais que sa raison s’y opposait fermement pour la simple et bonne raison qu’il ne pouvait plus rien faire.. La larme qui roula sur la joue de l’infecté lui prouvait alors que le monde était injuste.. oui un monde de merde comme il venait de si bien le dire..

Impuissant. Voilà comment se sentait Niels à cet instant. Il aurait voulu le prendre dans ses bras, mais quelque chose l’arrêtait : cette maudite peur qui faisait de lui un être perdant son humanité. Il était maintenant au sol, plus triste que fou à présent comme s’il semblait se rendre compte de tout ce qui s’était passé. Voyait-il sa vie défiler ? Il se relevait avec difficulté et en le voyant basculer, les jambes de Niels se dirigèrent vers l’avant pour s’accroupir près de lui. Pourquoi réagissait-il comme ça ? Pourquoi l’humidité dans ses yeux ne disparaissait-elle pas ? Pourquoi son ventre était-il noué et pourquoi au grand Grand Isaac, avait-il une boule de coincée dans la gorge ? Puis, il lui parla de nouveau pour lui poser une question si.. anodine, comme si tout ce qu’il s’était passé avant était d’une normalité banale.. Pourtant, ils savaient aussi bien que l’autre que cela ne l’était pas..

Marcher ? Désirait-il le suivre à ses risques et périls ? Puis il repensa aux secondes d’avant, cet air totalement brisé et suppliant de cet homme qui venait de le toucher au plus profond de son cœur. Oui, il voulait pouvoir au moins lui donner un peu de joie, ou du réconfort, c’était tout ce qu’il pouvait faire de toute manière. Niels se releva pour s’éloigner de cette place où les regards devenaient de plus en plus malsains. Il fit quelques pas vers l’avant assez lentement pour voir si l’homme le suivait et il surprit un espèce de sourire étrange sur son visage. Ce n’était pas le genre de sourire heureux, mais plutôt celui rempli d’ironie. Ses paroles le confirmèrent et se faire appeler « docteur » lui fit étrange. Il n’avait pas eu la chance de l’être officiellement avec un diplôme à proprement parler, mais qu’est ce que ce genre de chose signifiait désormais ? Rien du tout. Ce n’était qu’un morceau de papier qui avait brûlé avec toutes les terres. L’homme touchait un vrai point.. il n'y avait que les héros qui pouvaient se relever. Il leur fallait mille balles pour mourir, alors que dans la vraie vie.. une seule suffisait.


- Monde de merde.. tu l’as dit toi-même, dit alors le british qui n’avait pas parlé depuis tout à l’heure.

Comment pouvait-il répondre à sa question qui n’en était même pas une ? Oui, il était évident qu’il allait mourir, et sans doute dans d’atroces souffrances. Le genre de scène qui s’était déroulée devant ses yeux n’était sans doute qu’un début de l’enfer qui l’attendait.. Et si ça lui arrivait un jour ? Ne préférait-il pas plutôt mourir dès maintenant à l’aide d’une balle dans la tête ? Mais qui était assez courageux pour toucher la détente soit même ? Lui ne le serait pas et si cet homme ne l’avait toujours pas fait, il en doutait qu’il le ferait.. Niels n'avançait pas très rapidement et l’homme se présenta alors enfin, signe qu’il était éphémèrement redevenu « normal »aurait pu t-on dire. Il n’allait en effet pas lui serrer la main, il était déjà beaucoup et stupidement exposé à lui, alors il gardait ses distances.


- Niels Welligton.

Pourquoi n’était-il pas parti ? Pourquoi sentait-il qu’il avait ce besoin inexplicable de combler la solitude de ce condamné à mort ? Justement, parce qu’il était condamné à mourir non ? Il regardait autour de lui et se rendait enfin compte ce que cette place cachait réellement et il regarda l’homme dans les yeux avec détermination comme si l'idée venait de tomber du ciel.

- Du Bliss. Il te faut du Bliss.

Niels avait déjà entendu parler de cette drogue et dans un marché aussi noir qu’ici, il était persuadé qu’il y en aurait.

- Je suis loin d’être riche et tu ne l’es probablement pas non plus, tu n’as aucune chance avec l’argent. Mais je peux quand même t’aider.

Un petit sourire s’installa sur les lèvres du jeune homme. Oui, cela pouvait fonctionner s’ils étaient tous les deux. Niels avait besoin d’un élément de distraction tandis que l’élément d’action reposait sur ses épaules. S’être senti aussi impuissant face à sa misère lui donnait soudainement des ailes d’adrénaline.

- Je suis léger, rapide, agile et malin dans ce domaine. Je vole très facilement.

Niels ne prenait même plus la peine d’acheter les choses, il les volait et cela était devenu son petit jeu favori. À chaque fois qu’il réussissait son coup, il était déjà bien loin quand il entendait le marchand gueuler qu’on lui avait volé quelque chose.

- Je peux te voler du Bliss si tu m’aides à distraire le marchand. D’habitude je le fais moi-même, mais à deux, ça sera encore plus facile. Et après ça, si on réussi, tu m’apprends à me battre. Entendu ?

Niels semblait avoir retrouvé son assurance, ce qui était une bonne chose, mais il espérait que l’homme n’allait pas se mettre à l’étrangler d’une seconde à l’autre. Il n’était pas prêt à revivre ça.. pas encore non..


 
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MessageDim 18 Mar - 19:50


 
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-Du Bliss. Il te faut du Bliss.

J’eus envie d’éclater de rire. Avait-il la moindre idée de ce qu’il avançait ? Nous étions tout deux fauchés, pourquoi diable avait-il prononcé ces mots ? Si c’était une plaisanterie, cette dernière était de très mauvais goût. Ca me donnait envie de vomir rien que d’y penser. Des mots prononcés sans y réfléchir vraiment. Des paroles en l’air. J’étais maintenant en colère. Une rage sans nom s’installait au plus profond de mon coeur, une petite tache noire qui brûlait d’une flamme continue. J’étais perdu, à un point de non-retour, me sauver relevait de l’impossible. Malgré tout, l’idée de se faire dévorer les restes de ma carcasse par les rats m'écoeurait.

-Je peux te voler du Bliss si tu m’aides à distraire le marchand. D’habitude je le fais moi même, mais à deux, ça sera encore plus facile. Et après ça, si on réussi, tu m’apprends à me batte. Entendu ? dit-il, interrompant le fil de mes pensées.

-Et tu comptes t’y prendre comment ? Ces gars là ne rigole pas, ce n’est pas comme ces vulgaires marchands ou imbéciles d'escroc.


Dubitatif, j’hésitais entre l’amusement devant l'imbécillité de cette idée ou l’impuissance face à des faits plus imposant que moi. Si le monde était jonché par cadavres et infectés, c’est que le Bliss ne se vendait pas à la chaîne. Je mis à trembler. Connaissant la suite de l’histoire, je fermais les yeux et inspirais une grande bouffée d'air. Calme-toi. Je rouvrais les yeux et relevais ma tête en direction de la tête blonde.

-Deal.

Ma situation allait se détériorer encore et encore si je ne réagissais pas. Le plus simple aurait été de me tirer une balle dans la tête, me libérer de ce virus qui s’était agrippé à moi et qui ne voulait plus me laisser partir en paix. Le monde affluait de nouveau autour de nous, marchands, malfrats, vendeurs, arnaqueurs dans les petites rues sales du marché noir. Certains dans les recoins sombres et reculés, à l’abris des regards, s’échangeaient l’or des fondus. Cette drogue prisée par les âmes perdues, des infectés rampant ne serait-ce que pour récupérer une seule poussière de ce précieux trophée. Les échanges se faisaient devant nos yeux, les bougres qui recevaient leur bien filaient à l’anglaise juste après cet échange douteux, baladant furtivement leurs yeux de toute part, espionnant les têtes qui pourraient avoir la stupide envie de venir dérober leur acquisition.

-Tous les jours vers midi, un gars se pose dans le coin là-bas
,affirmais-je, en accompagnant mes paroles de mes gestes, il est toujours accompagné d’un autre type, je m’occupe de lui et tu t’occupes de voler la sacoche de l’autre, compris ?

Lui apprendre à se battre ? En contrepartie, sa requête était si banale. Réalisable. Apprendre à se battre. C’était si naturel pour moi. Un reflex. Quelque chose faisant partie de mon quotidien depuis de nombreuses années. Cette violence avait besoin de se libérer.


-Bats-toi ! hurla l’homme que j’avais en guise de père, bats-toi salaud !

Je fermais les yeux, ne voulant pas croiser les yeux de Maman. J’entendais juste ses sanglots lointain. J’étais plaqué contre le mur, Père avait agrippé mon col avec rage, enfonçant ses ongles noirs dans ma peau, sa respiration bruyante à quelques centimètres de mon visage, son souffle répugnant empestant l’alcool. J’avais du mal à respirer, je sanglotais de façon incontrôlable. Il me jeta à terre sans ménagement.

-Tu vas pleurer comme une fillette ?

Enchaînant les coups, je suffoquais, il frappait sans relâche dans mon dos, n’ayant que faire de la douleur que j’éprouvais. Je me recroquevillais sur moi même, serrant les deux, les larmes coulant abondamment sur mes joues. Les sanglots de Maman devenait de plus en plus pesant, tels les coups de Père. C’était de la haine que j’éprouvais. Je me laissais faire, passif. Il faisait pleurer Maman. Mon estomac se nouait. Je serais les poings, j’avais envie de laisser parler ma rage, d’hurler de toutes mes forces, de faire du mal à l’homme qui menacer notre existence.

-Allez frappe moi ! m’époumonais-je, les traits de mon visage se déformant sous la colère, plus fort !

Sous le regard surpris de cet homme, je l’attrapais au cou et roulais par terre avec lui. Ce moment de relâche lui valut un coup bien placé dans le nez. Son sang immaculait mes mains, mais le monstre riait malgré mes coups.

-C’est tout ce que t’as dans le ventre ? demanda l’homme, moqueur.

Il se mit à rire, un rire dément, fou, glaçant le sang.
[b">Je jetais un coup au cadran de ma montre. Midi. Les deux hommes se pointaient à l’endroit dit. Sans prendre le temps de concerter le jeune homme, je contournais les caisses qui bordaient leur point de rencontre et m’accroupissais dans le sable. Je ne faisais pas dans la dentelle, l’action allait se dérouler dans le quart de tour, il fallait agir vite avant que les premiers rapaces arrivent et que les échanges se déroulent. Je ne faisais pas dans la dentelle et on avait pas l’occasion de réfléchir. Je lançais un regard à Niels et hochais la tête en guise de signe. Maintenant. Je sautais par dessus notre cachette improvisée et me dirigeais d’un pas déterminé vers le grand gaillard qui faisait office de garde du corps au trafiquant de Bliss.

Sans qu’il ne m'eût vu venir, je l’empoignais à la gorge. C’était à toi de jouer, gamin.


 
 

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Dernière édition par Morgan Collins le Mer 18 Avr - 16:10, édité 9 fois
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MessageMar 20 Mar - 19:35

Niels
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Du bliss. Oui voilà ce qu’il fallait à cet homme, Niels en était certain, mais rien qu’à son visage qui venait littéralement de changer, il eut peur pour sa peau. Il semblait avoir déclenché une sorte de colère en lui et il ne comprenait pas pourquoi. Le blond ne blaguait pas, pourquoi l’aurait-il fait ? Puis il comprit un peu mieux. Il avait peur qu'il lui fasse une plaisanterie et l‘espoir était pire que tout. Il eut un pincement au cœur et s’en voulu, mais il ne démordait et s’accrochait à sa position initiale. La pression dans l’air venait d’augmenter considérablement et ce n’était pas pour le rassurer. L’infecté devant lui dégageait cette sorte de rage qu’il pouvait sentir alors que le grand brun n’avait pas encore sortit un mot.

- Tu apprends à me battre et tu me montres où je peux trouver autre chose que de la drogue ici, c’est-à-dire de quoi manger. Et comment je compte m’y prendre ?, demanda le blond soulagé qu’il se mette enfin à parler. À la méthode Niels bien sûr.

Le jeune homme fit alors un petit sourire malicieux qui voulait lui montrer qu’il ne mentait pas. Il ne comptait pas l’abandonner sans lui avoir volé du Bliss. Il était un homme de parole contrairement à ce que pouvait penser Morgan. Niels savait qu’il marquait un point en disant que ces types-là n’étaient pas de simples marchands, c’était plus difficile que ça. Il croisa les bras sur son torse en le laissant réfléchir. L’hésitation était perspectible et il pouvait totalement comprendre. Pourquoi lui ferait-il confiance après tout ? Il le connaissait à peine et il s’était montré bien pitoyable en combat. Mais jusque-là, Niels avait toujours réussi à échapper à ça en volant. Il réussissait toujours à partir avant que ça ne dégénère. Les instants de silence passèrent et lorsque la voix grave du fondu retentit pour lui confirmer qu’il marchait dans son plan, il décroisa ses bras.

- Super.

Il écouta alors attentivement les informations que le brun lui donna et il les trouva très utiles. Il était en train d’analyser le schéma dans sa tête. Deux types. Dont un qui avait la marchandise.. sur lui et non pas sur des stands. Ce n’était en effet pas de vulgaires marchands qui déposaient leur bien sur des simples stands, cela aurait été trop beau. Non, ici, il volerait directement la chose sur le gars, alors dans sa tête les scénarios fusaient. La violence n’était pas spécialement nécessaire, il fallait être plus malin que ça. Tandis qu’ils marchaient, l’heure arriva assez vite. Ils étaient derrière un mur, tout près du feu fatidique. En réalité ils avaient été juste côté de l’endroit où les trafiquants allaient arriver ce qui avait laissé peu de temps à Niels d’établir son plan. Il avait plusieurs techniques que déjà Morgan lui disait qu’il allait s’occuper de l’autre.

- Mais..


Mais trop tard ! Il avait opté pour la technique la plus déclinée, provoquer une bagarre. Morgan n’était pas comme lui et ne réfléchissait pas alors il allait devoir improviser. Le brun ne lui avait même pas laissé le temps de discuter de divers techniques, non, il y allait avec celle-ci directement. Bordel ! Il se mit à réfléchir à toute vitesse, sentant la panique monter en lui. Niels fit en sorte de sortir après lui, mais de se faufiler derrière le gars qui ne venait pas d’être attaqué. L’effet de surprise. Voilà ce qu’il avait, c’était tout. Quelques secondes tout au plus. Sa sacoche était attachée autour de sa taille, système bien pratique. Morgan avait détourné l’attention du gars et l’homme que Niels devait voler semblait être stupéfiait par ce qui venait de se passer. Attention détournée aussi. Il pouvait le faire. Il s’accroupit et lentement retira le crochet de la sacoche dans son dos. Bien évidemment, il faisait en sorte de continuer à la tirer afin qu’il ne sente pas de suite le vide de son bien. « Un.. deux.. » , compta Niels avant de lâcher le côté gauche avec douceur. La sacoche allait se trouver pendant quelques fractions de secondes à pendre en l’air du côté droit avant que sa main droite ne la tire vers lui. C’est ce qu’il fit et pile au moment où le tout atterrit dans sa main, le mec s’en rendit compte. Courir. Il ne lui restait plus que ça. Niels prit alors les jambes à son cou, sans jeter un coup d’oeil au brun qui se débrouillerait pour le rattraper. Il avait plusieurs secondes d’avances sur lui et il fonça tout droit avant de faire exprès de prendre plusieurs fois à gauche, puis à droite avant d’aller dans un des lieux de refuges qu’il avait répéré lors de son aller ici. Une sorte de ruelle sombre où il pouvait aisément escalader le mur afin de finir de l’autre côté. Il releva un pied, puis un autre en s’agrippant de toutes ses forces. Le trafiquant allait-il le rattraper ? Ou Morgan le trouverait-il ?

 
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MessageMar 20 Mar - 19:35

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MessageSam 24 Mar - 3:04


 
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Une personne réfléchit dîtes-vous ? Vous ne parlez sûrement pas de Morgan Collins dans ce cas. Il eut été calme, réfléchi et pensif, malmené par les choix et décisions. Se décidant rarement, préférant que les problèmes se règlent sans son aide, les laissant à son grand désespoir, s'envenimer. Il était tiraillé entre s’imposer ou faire profil bas, trop longtemps rabaissé par son père. Déchiré entre l’immensité de sa faiblesse et les tourments monde, le jeune brun préférait s’éloigner, abandonner lâchement. Son comportement changea radicalement le jour où son géniteur eût porté atteinte à la prunelle de ses yeux. Il se mettait souvent à haïr sa propre personne, se reprochant sa violence et sa colère continue? N'était-il pas préférable de vivre désintéressé plutôt que d’imposer cette rage folle aux pauvres misérables qui seraient victimes par un quelconque malheur, de son courroux ?

J’assénais des coups secs, brusques, d’une violence démesurée. Poings serrés, jointures crispés, je portais puissances à chacunes de mes attaques. Je mis mon adversaire à terre avec une facilité déconcertante. Maintenant une emprise constante autour du cou de ce dernier, resserrant l’étau sous ses débattements maladroits. Le faible homme convulsait, ses globes oculaires exorbités, de petits vaisseaux sanguins constellant ses derniers. Dans une parfaite situation d’impuissance, l’homme n’avait plus qu’à prier pour sa vie.

Je devais tuer Père, c’était là, à ma portée, une occasion alléchante. Je secouais brusquement ma tête, chassant les idées noires par la même occasion. La Braise continuait son ascension inévitable au sein de mon être, avançant chaque jour de son but ultime. Ces hallucinations fréquentes ne cessaient de survenir aux moments les moins opportuns. Me déséquilibrant, je lâchais ma proie une fraction de secondes décisives. Assez de temps pour retourner la situation à l’avantage du trafiquant.

Les rôles s’inversèrent, prenant le dessus sur moi, le gaillard m’empoigna par le col pour m’envoyer au sol. Dans le tumulte de la bagarre, je vis au loin, entre deux coups portés sur au niveau de l’arête de mon nez, le blondinet s’affairer à sa besogne, le marchand distrait par notre altercation soudaine. Étirant mon tee-shirt de ses mains osseuses, l’homme griffait, crachait dans une cacophonie ignoble. Il m’emprisonna à la base de ma nuque de ses jambes, cherchant à m’étrangler. Encerclé, j’agrippais mes ongles à la chair du pauvre type, tentant de me défaire de ces liens.

Par une chance inespérée, je me détachais de son emprise au même instant où Niels s'enfuit, laissant le trafiquant béha. Je me relevais en poussant du pied le marchand et entamais sa folle course. Je suivais de près le blondinet qui s’effuyait, sacoche en main. Il fuyait, pensant sûrement que le bruit de mes pas furent ceux du dépouillé.
Le gamin escalada le muret. Je le rattrapais rapidement et agrippais son pied alors qu’il enjambait les briques délabrées.

-Pas si vite toi.

Le blondinet tomba de son pied d’estale, vraisemblablement soulagé que je ne sois pas un des trafiquants. Il avait la sacoche. Je tendis la main pour la récupérer, sous le regard perçant du jeune Welligton.

 
 

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MessageSam 24 Mar - 14:38

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MessageSam 24 Mar - 18:20

Niels
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Courir. Encore courir, voilà ce qu’il devait faire sans prendre la peine de regarder derrière lui. Cela ne ferait que le ralentir, et il y aurait toujours un moyen de retrouver son nouveau compagnon juste après. Mais à cet instant-là, tout ce qui importait à Niels, c’était de semer ce trafiquant. S’il réussissait, il allait une nouvelle fois pouvoir être très fier de lui, car tout le monde ne volait pas du Bliss sans se faire choper. Il avait vu la scène de bagarre qui avait prit place pendant que lui s’était occupé de récupérer la sacoche. Avait-il fait quelque chose de mal en abandonnant Morgan aux mains d’un grand gaillard qui avait réussi à le foutre au sol ? Intervenir n’aurait pas été efficace et cela ne l’aurait absolument pas aidé. Non, il l’avait vu se battre avec l’autre mec tout à l’heure, il pouvait s’en sortir, il n’était pas faible.

Alors oui, quand il avait entendu des pas le poursuivre, Niels s’était mis en tête que c’était le marchand qui venait pour lui faire la misère. L’adrénaline avait réussi à le faire arriver jusque-là, mais rien qu’en grimpant le mur, il sentait ses poumons le serrer un peu. L’effort ne lui faisait pas de bien, mais il n’avait pas le choix. Ça allait passer, comme la plupart des fois, car il ne pouvait pas se permettre d’utiliser sa ventoline à chaque fois qu’il volait quelque chose. À ce régime, il était fichu d’avance. La chance ne semblait pas lui sourire, car son cœur fit un bon et un petit cri de surprise sorti de sa bouche quand une main s’agrippa à sa chaussure. « Et merde! » pensa t-il en s’arrêtant à donner un violent coup de pied quand la voix familière retentit dans la ruelle. Le Fondu. Niels se fit glisser sur le sol et regarda Morgan, soulagé.

- Bordel ! J’ai cru que c’étaient eux !!! T’es dingue !

Oh oui dingue, le brun l’était totalement. Niels s’approcha de l’infecté et le regarda dans les yeux. Il devait s'énerver, c'était ogligé, mais il le ferait en chuchotant. Crier pourrait les faire repérer.

- Ma parole, mais t’es complètement cinglé d’avoir agi sans qu’on parle un peu plus stratégie avant  ! Tu as eu de la chance qu’on y arrive ! Putain refais plus jamais ça ! , fit-il en murmurant, agacé. Qu’est-ce que tu aurais fait si..

Mais il n’y eu pas de « si ». Déjà, des pas arrivaient vers leur planque et un « je l’ai ai vu entrer par là ! » retentissait. Le cœur du blond s’arrêta dans sa poitrine et il regardait tout autour de lui. Il n’y avait qu’une issue. L’escalade.

- Grimpe. Vite !!!

Sans attendre de réponse, il balança la sacoche à Morgan. Le cœur battant, tandis que l’on pouvait dores et déjà apercevoir les ombres de deux hommes larges, Niels attendait avec impatience de pouvoir monter d’avantage après le brun. Les « boum boum » des pas prouvaient que le danger était imminent. «  Ils sont là ! J’entends du bruit ! Faut pas les laisser pas partir nom d’un chien ! » Niels passa alors une jambe sur le mur tandis que quelques pierres semblaient s’effondrer à cause du nombre de passages d’un seul coup mais un homme venait de surgir et d’attraper son autre jambe ce qui fit crier le blond. Les mains complètement tremblantes, il tentait d’atteindre sa lame dans sa botte en se penchant du mieux qu’il le pouvait tandis que l’homme tirait toujours plus sur sa jambe. Cette maudite lame ! Pourquoi l’avait-il mise dans sa botte droite ?! Elle n’était jamais dans la bonne ! La bonne jambe était de l’autre côté.. du côté de l’infecté. Qu’allait-il faire ? Le laisser à son propre sort ?

- Mon couteau ! Dans ma botte ! Vite ! Vite ! Mon couteau !

Niels avait déjà son idée de riposte, mais pour cela, il ne lui restait plus qu'un espoir : que Morgan lui donne son couteau.

 
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MessageDim 1 Avr - 23:36


 
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Des pas. Le claquement sec des bottes boueuses de nos dépouillés qui résonnait dans le décor ensablé comme une sentence irrévocable. On entendait les Clac pressant, les frottements des semelles abîmées sur les gravillons, les bruissements hâtifs des talons glissant au sol. Les deux sentinelles avançaient, leurs ombres imposantes se faisant de plus en plus proche. Les deux tâches noires se mouvaient dans la luminosité aveuglante du soleil au zénith. Aucune possibilité de fuite n’était envisageable. Un sale quart d’heure à droite, un obstacle à notre gauche. Optant pour la deuxième option, le jeune homme me lança le sac tandis que j'escaladais les briques ensablées. M’écorchant les mains dans ma hâte, je me hissais avec adresse sur le mur, balançant notre butin derrière celui-ci. Le blond semblant me suivre, je sautais par-dessus ce pan délabré. Un nuage de poussière s’éleva de la terre à mon atterrissage. Me relevant bien vite, j'agrippais la sacoche et me préparait à piquer un sprint. Le destin ne sembla pas de cet avis. Joueur, ce dernier nous ajouta une complication nouvelle à ce petit numéro. Semblant juger notre aventure trop banale, ce n’est sans une pointe de malice qu’il fit retourner la situation à leur avantage. Les brutes épaisses nous ayant rattrapées, elles prenaient le dessus sur Niels, le tirant vers le mauvais côté. Le mur semblait ne tenir qu’à un fil sous le poids des deux hommes, des particules de poussières s’échappant de la roche sous pression. Le coeur battant la chamade, le blond me lança un regard de détresse. Il me criait de lui donner son couteau, le sournois se trouvant du mauvais côté de ses assaillants. Dans des mouvements vains, il essayait sans succès d’atteindre l’objet pointu, mais il ne réussissait qu’à l’effleurer du bout des doigts.

La lame hors de portée, la seule chance d’échappatoire semblait être mon aide. La traîtresse dans la mauvaise botte, j’étais censé la lui donner, et vite. Il devait se défendre mais, les mains tremblantes, il luttait pour ne pas retomber du côté des agresseurs. Agresseurs. C’était les hommes que nous avions volé et on les qualifiait d’adversaires, d’assaillants. D’ennemis. Que le monde est bien bas et les esprits bien loin de la réalité. C’est une autre époque, un autre temps. Où l’hypocrisie est de mise et l’arrogance pilier de l’humanité, si amenuisée qu’elle soit. Je ne suis que le fruit de la lâcheté et de l’égoïsme. Comme pour honorer ce titre si présomptueux, je serrais l'anse du sac dans mon poing crispé, dans l’intention de détourner mon regard du jeune garçon. En possession d’un trésor plus cher qu’une simple vie, qu’est-ce qui m'empêchait donc de tourner le dos à cette situation ? Des gens périssent chaque jour sans que l’on n’y accorde plus d’attention. On les oublie comme ils sont venus, on les efface lorsqu’ils partent. Ma lâcheté prenant le dessus, sous les yeux suppliants du blond, je tournais le dos. J’entendais juste les rires gras des marchands derrières le mur, le jeune homme quant à lui jurait. Je n’avais qu’une chose à faire, qu’un simple geste.

Jurons. Je balançais au pied du mur le sac avant d’empoigner ma propre arme accrochée à ma ceinture. En deux temps trois mouvements, j’escaladais avec agilité, en une répétition lassante. Lâche, peut-être, mais je ne pouvais laisser ce jeune homme aux mains des brigands. Que m’arrivait-il ? D’habitude désintéressé, je balayais l’humanité comme la Braise s’emparait de mon esprit et de mon corps. Manche en main, je profitais de mon effet de surprise pour planter la lame étincelante dans la main de l’agresseur qui maintenait la jambe de Niels. La pointe s’enfonçant dans la chair de la victime, celui-ci, les traits déformés par la douleur et la surprise, lâcha subitement sa prise. Je poussais alors prestement le jeune Welligton qui tombait mollement sur la terre sableuse.

N’accordant pas plus de mon temps à ces marchands de pacotilles,    vulgaires humains auxquels on avait accordé le titre d’homme, je sautais de mon podium. Quelle était cette haine qui faisait rage dans mon coeur ? Pourquoi s’en prendre à de simples êtres essayant de gagner tout bonnement leur vie. Atterrissant au sol, une main à terre, je me relevais tout en époussetant mes vêtements. On entendait déjà les mouvements hâtifs des hommes s'affairant à escalader le simple mur. Je m'apprêtais à prendre le sac au tissus abîmé mais quelle ne fut pas ma surprise lorsque le contenant ne se trouver plus à l’endroit où je l’avais laissé. Je me retournais alors rapidement pour voir le sac se balançant au bout du bras du blond, tenant ce dernier par l’anse. Il semblait un peu sonné à cause de la chute qu’il avait fait dû à ma précipitation. Attrapant la récompense et le remercient d’un petit hochement de la tête, j’essuyais par la même occasion le liquide rougeâtre et visqueux qui constellait la lame tranchante de mon arme.

-On ferait mieux de s’arracher.

 
 

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MessageLun 2 Avr - 18:55

Niels
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Morgan
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Le sang cognait aux tempes du jeune homme qui tendait de nouveau la main dans cet espoir si vain d’attraper sa lame. Pourquoi ne l’avait-il pas chopé avant ? Les fractions de secondes passaient tandis qu’il venait de crier au fondu de lui passer son couteau. Un… deux… trois… Mais qu’attendait-il bordel ?! Cela ne pouvait pas être compliqué de la lui donner ! C’était lui qui devrait avoir peur de le toucher, pas l’inverse ! Il commençait à se sentir tirer vers l’avant à cause des gars qui exerçaient cette force sur lui. On aurait dit que Morgan ne réagissait pas, pesant le pour et le contre et Niels se rendit compte qu’il aurait dû passer le premier avec le trésor. Qu’est-ce qu’il lui avait pris de donner la sacoche au brun ? Il pouvait à tout moment s’enfuir avec et ne pas respecter leur deal. Du moment qu’il avait son bliss, tout fonctionnerait pour lui. Les personnes n’avaient plus de conscience, chose que Niels avait un mal fou à comprendre. Trop naïf oui. La prochaine fois ne se passerait pas comme ça. Heureusement qu’il apprenait de ses erreurs.

- Putain !!! Donne-moi mon fichu couteau !!!, insista-t-il avec un accent british encore plus prononcé quand il jurait au moment où il se sentait perdre le contrôle sur le mur.

Il allait tomber la tête la première d’une minute à l’autre à cause d’un Ragnard qui était trop stupide pour vouloir lui donner son arme. S’il s’en sortait, il lui promettait de lui faire payer d’une manière ou d’une autre. Enfin, une réaction arriva. Une éternité semblait s’être écoulée et ce fut des jurons qui s’échappèrent de sa bouche. Ok. Il était un poids inutile et l’aider avait été un sacré dilemme. Il venait donc de prendre une décision et ce ne fut pas celle que le jeune Welligton avait envisagée. Morgan ne lui donnait pas son bien, à la place, il venait de se mettre à escalader le mur, chose qui le fit paniquer. Il pouvait sentir la chose bouger. À deux en même temps, la muraille était faible et menaçait de s’effondrer d’une seconde à l’autre. Quel imbécile. C’était bien pour cette raison qu’il lui avait demandé son arme. Encore une fois le brun ne réfléchissait pas comme il le fallait. Le planter dans la main du mec d’une manière suffisante - pas trop forte histoire que la lame ne traverse pas plus que la main du méchant - avait été son idée, mais ce geste-là arriva de la part de Morgan. L’homme se mit à hurler de douleur, le sang gicla au visage de Niels qui se mit à crier de peine quelques fractions de secondes après. Sa cuisse ! Ah ! Alors qu’il allait tomber vers l’avant, il fut soudainement tiré vers l’arrière avant d’atterrir lamentablement sur le sol. Le côté de sa tête cogna le sol sablé et le choc lui fit fermer les yeux aussitôt. Impact puissant. Douleur violente. Il ne savait pas combien de temps s’écoula avant d’entendre la voix grave du Fondu. Partir. Trop tôt. La douleur était bel et bien là, et elle tambourinait dans tout son crâne. Ses doigts se refermèrent autour du peu de sable qu’il y avait sur le sol afin de s’aider à se relever. Il poussa un long gémissement de douleur en bougeant sa jambe. Il n’avait pas rêvé alors. La lame l’avait touché. Il devait se relever pour se mettre à l’abri afin de bander l’entaille. Il fit l’effort d’ouvrir les yeux et les images dansaient devant lui. Il se força, s’agrippa au mur pour retrouver son équilibre tandis que ses jambes faisaient le boulot. Il porta sa main à l’endroit où il sentait un liquide désagréablement chaud couler. Du sang. Son sang. Il ne supportait pas. Pas le sien. Le blondinet, dans son aveuglement se rattrapa à l’épaule du brun.

Partir.
Fuir.
Survivre.


Ses pas commençaient à s’accélérer pour semer encore plus de distance avec les autres. Le mur avait-il cédé ?  Allaient-ils avoir assez de souplesse pour l’escalader ? Bien sûr, c’était un jeu d’enfant, mais ils avaient une légère longueur d’avance. Il savait où il devait aller après.

- À droite.

À droite se cachait justement un genre de raccourci qui menait à un souterrain. Encore quelques pas et ils y étaient. Si les agresseurs les rattraperaient, ils aviseraient. Heureusement qu'il avait fait du réparage avant pour établir plein de scénarios possibles. Tandis qu’il marchait, des gouttes de sang dégoulinaient sur le sol.

- Putain.

Cela allait les trahir ! Toujours en marchant en direction du souterrain, Niels commençait déjà à fouiller dans son sac pour sortir un vieux tissu du type chiffon abandonné. Il s’empressait de le serrer autour de sa cuisse en serrant les dents. Il ne l‘avait pas loupé.

- Ici. Les marches.

Ils étaient en train de s’aventurer dans une espèce d’entrée sous terre qui s'étalait en longueur tel un grand couloir qui ressemblait à des égoûts. Il y avait un peu plus de fraicheur et surtout, chose importante, l’endroit était sombre et surtout.. désert. Pour combien de temps encore ? Tapis dans les ténèbres, les agresseurs iraient courir tout droit, pensant qu’ils avaient pris la fuite loin devant alors qu’en réalité, Niels s’était réfugié derrière une statue de pierre un peu planquée sur le côté. Il brûlait d’envie d’incendier Morgan. Il le ferait, mais après la tempête. Hors de question de se faire repérer, car il ne savait pas de la boucler.

- Viens derrière, murmura Niels. Te fais pas répéter, donc la ferme.

Niels préférait toujours se cacher dans des endroits intelligents. Morgan qui avait pris lamentablement les commandes pour l'attaque, n'avait pas intérêt à les reprendre là maintenant. Le ton ferme du blondinet désirait lui faire comprendre. Certes, il était important de fuir, mais à un moment donné, il finissait toujours par s’épuiser, alors il avait développé d’autres ruses. Sans plus attendre, il avait posé ses bandages à ses pieds et commença alors à retirer sa ceinture dans le but de se mettre moitié nu. Il descendait son pantalon au niveau de ses cuisses et regarda la plaie. Il n’avait pas le temps de l’examiner alors il se contenterait de la bander. Il avait fait totalement abstraction à Morgan à côté de lui et enroulait le tissu blanc avec rapidité, révélant un savoir-faire. Il avait l’habitude. Tout autant que de baisser son pantalon dans des endroits étranges apparemment.

Lancement de dés. :
 

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MessageLun 16 Avr - 1:38


 
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Je brulais. Malgré la fraîcheur environnante des souterrains. C’était une colère brute qui consumait mon être tout entier, un feu ardent qui se nourrissait de cette dernière phrase. Une phrase que les idiots ne comprendraient pas. Néanmoins, je me torturais l’esprit pour un oui ou pour un non, décelant sous les airs innocents de ses mots une nuée de reproches près à éclater. De nos jours, l’on pense que ce n’est pas le temps des excuses, cependant, le temps des remontrances était également révolu. Assez, assez de ces sermons venimeux qui nous rongent le coeur, assez que l’on me dicte ma conduite pour ce que j’ai fait ou ce que j’aurais du faire. On est des Hommes et l’erreur est notre meilleure amie. Une simple phrase qui animait cette rage interne. Par de simples mots ma haine se manifestait sur mes traits durs, mâchoire crispée et poings serrés. Me reprochait-on d’avoir aidé un homme ? Bien sûr, la décision n’avait pas été simple, les chances étaient de mon côté et j’aurais pu fuir. Le garçon devrait plutôt être reconnaissant de ce sauvetage in extremis.

Et puis le silence. Ponctué des quelques jurons de Niels. Cette tête blonde qui pestait dans son coin pendant que je vaquais à mes réflexions stupides. J’agis. Instinctif, sans réfléchir. Guidé par l'instinct, vieil ami fidel. J’avais réchappé aux conditions les plus épineuses, survécu à la soumission de brute plus forte. On ne se bat pas avec de simples mots. On utilise ses poings pour se frayer un chemin vers un endroit meilleur en écrasant les minables sur la route. Il faut imposer ses règles et jouer aux dominants sous peine de finir dans l’assiette. Nous sommes défaits. La civilisation s’éteint. Peut-on encore prétendre au titre d’humain ? Au sein de cette hostile au décor plus rougeâtre que le sang lui-même. Et les morts qui rongent le sol à la racine, pourrissant la terre par le trou dans leur crâne, puni pour un crime à peine imaginable : la perte de leur esprit. Spectacle anodin pour des âmes perdus, à la recherche d’un être tout aussi égaré que soit.

On pousse et on hurle pour mieux frapper et tuer. Tuer. Simple mot qui en dit long sur notre avenir. Que le Seigneur est pitié de cette pauvre terre. Qu’il nous accorde la bénédiction de ne jamais avoir affaire à cette dame encapuchonnée, à la faux aussi tranchante que son râle maudit. Une froide réalité aussi glaciale que les cadavres qui hantes ces terre. Alors, dans ces lieux où seule force est notre alliée, on agit. Car en quelques instants, quelques secondes de réflexion, la vie peut nous être retirée. J’anticipais sur ses mots en me fixant sur l’atmosphère pesante qui régnait. Je sentais déjà ses reproches fusant dans l’air qui renforceraient mes convictions. Il était d’une évidence certaine que le jeune homme avait à en apprendre. Quand bien même je lui aurais légué ce foutu couteau, savait-il comment s’en servir ? Se battre ? Niels m’avait montré clairement quelques heures plus tôt qu’il ne possédait en rien cette capacité. Il n’avait pas l’allure d’un homme d’action, pas la carrure ni les épaules taillées pour. Un étudiant, sûrement premier de sa promotion qui comme nous tous avait vécu une enfance comme les autres. Un fils à papa comblé qui avait vu sa vie basculée du jour au lendemain, seulement certains étaient préparés plus que d’autres. C’était la survie ou rien maintenant.

Cette bonne étoile qui veillait sur lui par je ne sais quelle miracle. Une chance inespérée que n’importe qui rêverait de s’en emparer. Aussi précieuse que le trésor contenu dans ce sac miteux. Cet or que seuls les plus courageux avaient obtenu au cours de cette folle quête. Aurais-je pu réussir par mes propres moyens ? Pouvais-je réellement me vanter de l'achèvement de cette péripétie ? Prétendre à tous les mérites ? Dire qu’une si simple phrase avait soulevé à la fois tant de rage et de questions à mon être. Et pourtant je me terrais dans ce silence qu’il m’avait imposé, me murrant dans cette prétendue sécurité. Il me laissait ruminer dans mon coin, à délirer tandis que ce virus prenait que plus d’emprise sur moi, réglant ainsi la question de ma paranoïa. La réplique cinglante au bout de la langue, je me préparais déjà à lui dire mes profondes pensées mais ce dernier m’en empêcha. Coupé dans ma lancée, je dévisageais le garçon d’un oeil interrogateur tandis que celui-ci prenait le temps de se déshabiller. Comme si que ce n’était pas suffisant, il trouvait un moyen pour se donner en spectacle. Un strip-tease improvisé, c’est le pompon pensais-je pensant que le soleil avait du lui griller la cervelle à lui aussi. La blessure apparue peu à peu tandis qu’il baissait son bas en plein milieu du couloir. Peut-être un coup de couteau un peu profond ?

-Allez Doc’, c’est pas le moment de t’apitoyer sur ta petite tête de blond, c’est pas la dernière que t’auras. Peut-être qu’avec un peu de chance t’en auras une aussi belle que celle-ci, lui dis-je en mettant mon bras meurtri en évidence.

Les deux brutes loin derrière après cette courte fuite, je venais déposer le sac à mes pieds, le protégeant en restant campé sur ma position. Niels évaluait les dégâts de mon approche peu délicate tandis que je faisais craquer les jointures de mes doigts. Agacé par le comportement du jeune homme qui examinait sa ridicule plaie, je vins le pousser un peu rudement.

-Qu’est que t’aurais bien pû faire avec ta lame... sifflais-je entre mes dents avant de reprendre, faut qu’on détale de là. Au moins s’éloigner des trafiquants et de la place, éviter les gens au maximum. Dépêche toi de te rhabiller, tu survivras.

Je prenais quelques pas d’avance, faisant les cents pas dans le couloir froid, parcourant la roche prise par la moisissures et les dégâts de la nature, des fentes et fissures parcourant cette dernière. Je m’impatientais. Pour de si bénigne coupure je n’en faisais pas des tonnes, à le voir s’exécuter on aurait dit qu’il avait perdu la moitié de sa jambe. Il voulait que je lui donne son couteau ? Qu’il le prenne. Je vins subtiliser son arme de sa chaussure et empoignais vivement sa main avant de la refermer sur cette dernière.

-Tu le voulais ? Tu l’as. Maintenant tu me montres ce que t’as dans le ventre. Début de l'entraînement, gamin. lui lançais-je avant d’écarter les bras, comme pour accueillir l’homme.


 
 

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Dernière édition par Morgan Collins le Mer 18 Avr - 16:12, édité 1 fois
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MessageMer 18 Avr - 11:32

Niels
&
Morgan
Aux quartiers des risques.
La fraîcheur des souterrains avait franchement quelque chose d’apaisant par rapport à la chaleur qui brûlait dehors. Cela permettait aussi au blondinet de reprendre son souffle d’une meilleure manière afin d’éviter de tomber dans une crise d’asthme. Il était même plutôt surpris d’avoir tenu avec toute cette adrénaline. Bien sûr, il sentait la sensation horrible et familière de sa poitrine qui se serrait et une autre course serait fatale. Cependant, le blond avait arrêté tous ses mouvements quand il avait entendu les agresseurs arriver dans le souterrain qui lui rappelait tellement des égoûts ou encore une grande chambre dans laquelle on aurait pu abriter un serpent géant. Allaient-ils les trouver ? Avoir l’intelligence de s’arrêter, réfléchir et regarder derrière la statue ? Morgan allait-il faire tout foirer en faisant du bruit ? Une météorite pouvait-elle s’écraser en plein sur leur cachette pour la révéler au grand jour ? Non. Comme Niels l’avait prévu et espéré de tout son cœur, les hommes filèrent tout droit sans se poser la moindre question. Encore des imbéciles qui filaient tout droit dans le panneau, chose qui réjouissait particulièrement le jeune homme. Il avait encore réussi son coup, mais une chose était certaine, se balader dans le coin par la suite serait une sale idée, car il n’y avait pas plus reconnaissable que lui avec ses cheveux bien trop blonds.

Il avait ensuite baissé son pantalon, afin de voir son entaille qui demandait d’être bandée en attendant de la soigner. Sauf que Morgan lui fit une remarque franchement pas agréable en lui faisant clairement comprendre qu’il chipotait et qu’il n’avait pas besoin de la bander. Il en aurait d’autre. Niels se tourna vers lui en lui fusillant du regard.

- Je sais bien mieux que toi ce qu’une plaie comme celle-là peut faire alors la ferme et laisse moi faire
, répliqua t-il.

Quand le blond était énervé, il avait tendance à être comme ça. L’adrénaline le faisait beaucoup réagir aussi, et il ne rigolait pas là-dessus. Il n’avait aucune envie de la laisser comme ça. En plus de sentir ses poumons lui faire mal, il n’avait pas le moindre désir de laisser son  sang couler, ce qui l’affaiblirait encore plus. Il connaissait son corps, il savait comment lui-même fonctionnait, alors ce n’était sûrement pas un mec qui agissait sur son instinct qui allait lui faire sa petite morale bien qu’il fasse une tête de plus que lui. Ici, ils étaient à l'abri. Niels n’était pas prétentieux, mais à un moment où il voulait se faire entendre et comprendre, il avait appris à réagir et à se défendre. Il n’en était plus au stade du lycée, traumatisé et s’exprimant avec des signes aléatoirement. Il était plus fort que ça à sa manière, et jamais il n’aurait eu l’audace de répliquer aussi rapidement et avec confiance dans sa vieille époque de lycéen. Son regard s’était néanmoins baissé sur son bras que l’homme lui tendait. Une belle plaie qui sonnait bientôt la fin de son existence et il éprouva aussitôt de la tristesse pour lui. Ce n'était pas juste.. Une blessure obscure de fondu. Il n’était pas surpris que la peau devienne aussi noire vu qu’elle entraînait l’être humain dans ses eaux les plus sombres et faisaient ressortir les démons les plus noirs. Peut-être qu’un jour lui aussi serait comme ça s’il n’avait pas de chance.. Il ne savait pas s’il ne pouvait pas être contaminé, cela restait le mystère qu’il brûlait d’envie de savoir, mais qu’il s’était toujours interdit. Il savait aussi qu’il ne pourrait plus l’éviter bien longtemps, ce n’était sans doute qu’une question de jours à présent. Il fallait qu’il trouve un moyen ou un autre de se rendre dans la zone du Graal pour ensuite atteindre son but : le WICKED. Pour cela, il allait avoir besoin de ruse, car il savait bien qu’il fallait payer énormément d’argent pour entrer dans la zone saine… argent qu’il n’avait évidemment pas… La ruse.. voilà ce dont il aurait besoin et le jeune homme était loin de deviner ce qui le ferait réellement entrer dedans. Bien plus tragique, mais bien plus simple aussi pour lui au final, un mal pour un bien, mais ça, il ne le savait pas encore.

Il finit par mettre un nœud final à son bandage qui tiendrait encore un petit peu avant qu’il puisse avoir le temps de faire plus. Il remonta donc son pantalon et boucla sa ceinture avant de se retourner vers le fondu qui n’avait pas eu l’air d’apprécier cette scène. Il faisait des chichis pour rien, dans des moments de survie, être pudique n’existait plus. Il l’avait alors un peu poussé alors qu’il rangeait ses bandages dans son sac. Il le trouvait ridicule et lui demandait ce qu’il aurait bien pu faire avec sa lame. Il fallait aussi partir d’ici. Il scrutait un peu le fond du couloir et bougea de la statue avant de planter son regard clair dans le sien qui était plutôt très foncé.

- Je lui aurais planté dans sa main, main qui était pile devant mon nez. J’aurais bien dosé pour éviter de me la planter dans la jambe, maitriser la force, chose que tu sais apparemment pas faire. Je suis mauvais en corps-à-corps, tu l’as remarqué, c’est ça que j’ai besoin d’apprendre vu que toi, tu as l'air de te débrouiller à la perfection d'après ce que j'ai vu maintenant à plusieurs reprises.

Le brun sortit de la cachette aussi en lui donnant sa lame un peu subitement en lui rétorquant que maintenant qu’il l’avait voulu, il l’avait. Il était de nouveau maître de sa lame. Il l’avait senti se retirer de sa chaussure. Morgan lui avait-il redonné après ? Il ne parvenait plus à se souvenir, mais si cela avait été le cas, il était bien logique qu’elle soit de retour ici.

- C’est pas le maniement de la lame que j’ai besoin d’apprendre, je sais faire. Et je vais pas m’entraîner avec ça sur toi, trop risqué et si je te plante avec, ma lame sera recouverte de ton sang..

Super moyen pour s’infecter lui-même quoi. Il la rangea aussitôt, lui faisant bien comprendre que cette action n’était pas envisageable. Il ne tenait pas à se donner le virus aussi stupidement, bien qu’il avait conscience que se tenir en face de lui à cet instant présent était aussi un beau risque. Il continua alors à marcher dans ce bon couloir frais avant de virer vers la droite pour en sortir. Ils se trouvaient maintenant dans une vieille ruelle abandonnée, loin des stands.

- Maintenant, on peut apprendre. C’est bien comme endroit. Tu veux commencer par quoi ? J’aimerais bien apprendre les coups-de-poing et coups de pied, avoua le blond en se rappelant que c’était déjà la bonne base à apprendre.


Il y avait fort longtemps, son grand frère avait tenté de lui apprendre, mais le tout avait été très rapide et pas très satisfaisant. Il espérait faire mieux ici, maintenant qu’il était un peu plus âgé et qu’il était aussi bien guidé par l’esprit de survie.  

 
CODAGE PAR AMIANTE

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We'd stared into the face of Death, and Death blinked first. You'd think that would make us feel brave and invincible. It didn't.”
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Aux quartiers des risques- ft Niels Welligton

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