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[Flashback] Un simple pari ft. Shyla Owey [Terminé]

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MessageLun 19 Fév - 20:42


 
Un simple pari
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ft. Shyla Owey

 




Ce gars était persuadé que même pour tout l’or du monde, je ne descendrais pas. Ne joue pas avec moi Shyla Owey, car je vais gagner à ce petit jeu. Je fis un petit sourire en coin qui lui fit perdre le sien. Une petite tape dans le dos plus tard et mon partenaire retrouva ses pensées.

-Allez, je risque rien, dis-je en riant de plus belle.

On était là, à rire comme deux idiots, au beau milieu de nulle part devant une bouche de métro désaffectée. On entendait le bruit sinistre du vent s'engouffrant dans le tunnel sombre et humide et tout ce qu’on trouvait de beau à faire c’était de rester là comme deux pauvres imbéciles, à se bourrer la gueule sous le soleil brûlant. La chaleur était plus que présente, on suffoquait. Etait-ce à cause de cette soit-disante chaleur ou à cause du souffle chaud et enivrant que causait les bières jonchants le sol que nous manquons d’air ? Ce qui était certain, c’était la preuve irrévocable de notre ébriété.

Je lançais une énième bière à mon compagnon qu’il rattrapa sans mal. On était jeune. On était heureux. Deux jeunes abrutis à se foutre du monde et de ses malheurs. Quel malheur ? Ensembles, on était certains d’être intouchable. Les deux increvables de Chicago. Les grands maîtres de la mort. Qui ? La faucheuse ? Cette personne encapuchonnée ? Mais qui était-elle face à ses garçons ? Eux qui disaient avoir tout vu, tout vécu. La Mort ? Qu’elle vienne les défier, eux, les invincibles. On verra qui rira au nez de l’autre.

Shyla, Shyla je ne l’aurais quitté pour rien au monde. J’étais l’effronté, il était l’avisé, j’étais impulsif, il était réfléchi. Deux contraires pourtant si proches, deux entités totalement différentes, néanmoins si liées. On nous aurait cru frère, même si la ressemblance n’était pas frappante. Un cousin peut-être ? Qu’importe ce que les gens voient de nous, nous étions inséparables et rien ni personne n’aurait pu affirmer le contraire. Je le considérais comme la chair de ma chair, l’âme de mon âme, mon esprit tout entier était lié à cet homme. Toute une vie dans les mains d’un frêle garçon.

-Moi je rentre ! lui lançais-je, la malice dans le regard.

Il s’était assis à quelques mètres de moi, sur une pierre anguleuse et inconfortable. Je vins le rejoindre d’un pas vif, soulevant sable et épine à mon passage. Avait-il peur ? J’ingurgitais un peu du breuvage caramel et lui riais au nez. L'effronté faisait surface pour une nouvelle fois.

-Allez Shyla, tu veux qu’on s’amuse un peu ? C’est bien l’aventure dont tu voulais non ?

J’étais bête. Un idiot se pavanant, faisant le pitre et criant à qui voulait l’entendre qu’il était roi du monde. Shyla avait l’air réticent. L’immense cavité sombre ne devait pas lui inspirer grande confiance, néanmoins, c’était lui qui m’avait lancé le défi. Je savais ce qu’il redoutait. Non, ce n’était ni l’obscurité ni l’odeur putride des lieux, mais bien ceux qui en avaient pris possession. Des fondus. Les infectés. Les reculés. Ils ne sortaient pas de jour. Se terraient dans des recoins sombres et crasseux comme les souterrains. N’était-ce donc pas un habitat idéal que les nombreux couloirs du métro de Chicago ?

C’était de la pure folie. Avec une chance de réussite infime. Sans récompense pour le gagnant. Juste sa vie à mettre en jeu. Un jeu si excitant, et attrayant pour un jeune homme ayant soif d’aventures et de gloire. Imaginez-vous le mérite; deux rescapés d’une attaque d’infectés, qu’ils sont courageux ! Qu’ils sont braves ! Je jetais la bouteille vide à mes pieds, l’ajoutant à la petite pile déjà existante.

-Bon tu te décides ? Parce que moi je me lance ! lui affirmais-je, déterminé.

Et je me dirigeais l'allure brave vers une mort certaine. Cette décision allait-elle sceller mon destin ? D'un pas déterminé, je m'avançais donc vers ce tombeau certain. Arrivé à quelques mètres de celui-ci, le râle ténébreux des catacombes ébourrifa légèrement mes cheveux. Je jetais un coup d'oeil vers Shyla, la bouche entrouverte.

-Bouh, fis-je avant de lui lancer un clin d'oeil complice et d'enjamber la barrière de l'échafaudage.


 
 



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MessageMar 20 Fév - 17:33




Un simple pari
Morgan Colins ft. Shyla Owey



Il faisait chaud. Très chaud. Et pourtant, je tremblais. Le ciel azur était dépourvu de nuage, et les rayons du Soleil me brulaient gentiment le dos. C’était pourtant une journée comme les autres. Presque. Avais-je bu ? Oui. Un peu trop. Et mon acolyte, mon meilleur ami, mon frère, mon sang, oui, Morgan se tenait debout, face à moi, sa silhouette se découpant sur un tunnel obscur. Une bouche de métro désaffectée qui s’enfonçait loin sous les entrailles de la Terre.  La Terre. Détruite par la Braise. Et nous étions là, seuls survivants dans un Chicago en ruine.

Mais avec un peu d’alcool, le monde parait moins sombre, oh oui, il parait beaucoup plus beau. Et un pari stupide n’en parait que plus sensé. Je me levai d’un bond, et lançai d’un air moqueur à celui qui me faisait face :

-J’y vais si tu y vas.

Il était capable d’y aller. Il était comme ça. Impulsif. Courageux. Aurais-je aimé lui ressembler ? Peut-être. Je dévisageai mon ami qui, d’une tape dans le dos, tenta de m’assurer qu’il ne risquait rien. Oui, Morgan Collins, tu ne risques rien, je le sais. Il est invincible. Nous sommes invincibles.

Le jeune homme me lança une énième bière et je le remerciai d’un hochement de tête. Le bar avait assez de réserves pour nous fournir, et encore, on serait mort avant d’avoir finis. Mort. Ce mot qui sonnait si étrangement dans ma tête. Je l’avais tant côtoyée, et pourtant elle m’était si étrangère.

Morgan s’approcha de moi, je ne bougeai pas. Je n’ai pas peur de mourir, moi. Je ne mourrai pas, pas si il est avec moi. Il me taquina, rieur:

-Allez Shyla, tu veux qu’on s’amuse un peu ? C’est bien l’aventure dont tu voulais non ?

Oh que oui, je voulais m’amuser. Je vidai d’une traite ma bouteille, effaçant tout doute de mon esprit. Le gout amère de la boisson me fit froncer les sourcils, et je vis mon ami se détourner, avançant droit vers la gueule béante, vers se tombeau présumé dont on comptait bien ressortir. Je te suis, Morgan, je te suis.

Ce dernier se retourna une ultime fois dans ma direction, dans une énième tentative de provocation. Qui marchait trop bien. Je bondis de la pierre sur laquelle j’étais installé, et avançai à petite foulé vers le tunnel. J’enjambais les échafaudages qui faisaient offices de barrières aux Fondus, et rejoignis Morgan. Nos pas résonnaient dans le silence des souterrains, tandis que nous nous enfoncions de plus en plus dans ce piège mortel…


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MessageJeu 22 Fév - 0:25


 
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C’était sombre. Je regardais une dernière fois l’entrée du tunnel illuminée par le soleil éclatant, la silhouette de mon ami se dessinant à l’orée de celle-ci. Il s’était finalement décidé à me rejoindre, partenaire dans la mort. On descendait pas à pas les marches visqueuses menant vers les souterrains, moi en éclaireur. La dernière marche donnait sur de longs souterrains à l’odeur du sang et de la moisissure.

-Merde, dis-je en descendant l'énième marche.

Les couloirs étaient inondés par les eaux souillées des égouts, si bien que l’on pataugeait dans une mare visqueuse et nauséabonde atteignant tout au plus les mollets. La mélasse plein les chaussures, j’avançais en me frayant un chemin parmis des débris de métal et des cadavres de rats, recouvrant mon nez avec le haut de mon t-shirt, l’air étant irrespirable. Je jetais un coup d’oeil en direction de mon compagnon qui n’affichait pas un air très serein. Je ne savais que penser, je voulais juste en découvrir plus, allez au bout de cette folle aventure. La clarté du soleil se faisait de plus en plus rare et on sombrait peu à peu dans l’obscurité totale, rendant l’ascension encore plus ardue. J’avançais à taton, lorsque une petite flamme apparut à ma droite. Shyla avait actionné son briquet, laissant apparaître une petite lumière réconfortante dans ces sombres tunnels. Je le remerciais d’un hochement de tête, refusant de produire le moindre son. L’atmosphère devenait de plus en plus pesante et chaque bruit nous faisait sursauter.

L’inévitable se produisit. Je trébucha et m’étalais de tout mon long dans les eaux croupis. Je me relevais dans la seconde dans un tonnerre de crachats et de toussotements frénétiques.

-Qu’est-ce que … murmurais-je.

J’avais buté dans une masse informe et noir, comme disloquée, flottant à quelques centimètres de nos corps figés. Une forte odeur de pourri s’en émanait et les rats en avait pris possession. Shyla jurait derrière moi sans que je puisse entendre réellement ses paroles, inaudibles par le clapotis de l’eau, se répercutant en écho dans les souterrains. Chassant les rats de leur habitat précaire, je me penchais légèrement pour identifier l’espèce de monticule. Toute trace d’effronterie et de malice avait disparu de nos visages, seul l’effroi se faisait ressentir dans nos regards. Shyla tendit la main comme pour me mettre en garde mais je me baissais déjà pour inspecter de plus près la cause de ma chute. On appréhendait tous les deux de découvrir autre chose que de simples débris, mais la curiosité l’emportait sur les mises en gardes alarmantes de notre raison. Prenant une grande inspiration, je lâchais le col de mon t-shirt pour couvrir ma main de ma manche. Avec grande précaution, je retournais la chose qui s'apparentait le plus à un animal pour découvrir avec horreur que mes soupçons étaient fondés.

-Putain... dis-je en me couvrant la bouche.

L’odeur était infecte. A vomir. La personne -ou plutôt ce qu’il en restait- se décomposait littéralement dans les restes de rats, enveloppée dans un tas de vêtements sales et humides. La première chose qui m’avait frappé était les orifices béants à la place des yeux du mort. Deux cavités géantes laissant place à des espèces de filaments noirâtres, recouvrant l’intégralité du visage creusé du cadavre. Du sang caillé parsemait toutes les parties du son corps, bien qu’il soit plus ou moins recouvert par des lambeaux de tissus. Ne voulant pas profaner plus cette tombe improvisée, je me reculais et rejoignais mon ami en quelques pas. Il arborait une expression indéfinissable, il semblait à la fois sous le choc et terrifié. J’avais besoin de prendre l’air, la présence de ce corps à quelques mètres de nous me mettait mal à l’aise. Je commençais à paniquer, et à perdre tous mes moyens. Je ne savais que faire face à la situation, je pensais à fuir mais mes jambes refusaient de suivre le mouvement. Je regardais la scène, impuissant.

Soudain, ce que nous redoutions le plus arriva. Un vacarme assourdissant se fit ressentir dans le silence terrifiant des tunnels. Semblable à des pas, le bruit résonna dans le souterrain, glaçant notre sang d’une peur sans nom. Je me retournais dans tous les sens mais Shyla était introuvable. La boule dans la gorge, j’avançais péniblement pour retrouver la lumière du jour, synonyme de sortie.

-Shyla ?
murmurais-je penaud.

A mon grand soulagement, le jeune homme sorti de la pénombre et hocha la tête comme pour me signaler de sa présence. Je le pris par le bras. Je ne voulais pas le perdre. Les pas se faisaient de plus en plus proches et ma peur, grandissante. J’avais abandonné depuis bien longtemps mes airs braves et fiers et adopté une attitude de pure survie. Mes sens étaient plus qu’en alerte, au moindre bruit je sursautais, mes nerfs étaient à fleur-de-peau. La peur était palpable, si présente qu’elle nous étouffait.

-Faut partir merde, dis-je, paniqué.

Il était rare que je perde aussi subitement mon sang-froid. Shyla était très certainement le maître du self-contrôle, mais je cédais rarement à la peur, un sentiment que je répugnais dans toutes ces formes. Néanmoins, l’endroit était propice à la panique, les environs puaient la mort et la maladie. Assuré que nous ne devions pas être les premiers à s’être aventuré dans ce trou à rats, je refusais catégoriquement de finir comme la rencontre de tout à l’heure, me noyant dans mon propre sang, bouffé par des rats ou des infectés, la chair à vif. Quelle fin … L’odeur putride des lieux me donnait la nausée et une seule question s’imposait dans mon esprit; où était donc la sortie ?

Je me mis à courir dans ce labyrinthe interminable, agrippant fermement le bras de Shyla, par peur de le perdre une fois de plus. L’inespéré arriva enfin, telle une bénédiction, au tournant d’un couloir, une infime clarté nous parvint du bout du tunnel. Ligne droite. En de grandes enjambés, nous nous retrouvâmes à la moitié du chemin, essoufflés d’avoir couru dans tant de mélasse. Hélas, nous n'étions pas au bout de notre peine. Une silhouette sombre se découpa dans lumière du jour, à l’orée du tunnel. Une silhouette courbée, comme brisée, qui s’avançait en boitant. Une forme se traînant sur elle-même, comme rampant, tellement elle était courbée. Elle balançait ses bras d’une façon irréaliste, disloquée. La femme s’arrêta. Elle était illuminée par un rayon de soleil. Ses nerfs ressortaient, noirs, il lui manquait un oeil et l’autre était injecté de sang. Sa peau était putride, elle se décollait de son corps pour dévoiler sa chair ensanglantée. Ses cheveux étaient hirsutes aux parties où ils avaient persisté, presque l’intégralité de son crâne était apparent, craquelé et sanglant.

Un cri rauque, surhumain, semblable à un râle s’échappa de la gorge du fondu. Je n’osais bouger, blème. Mon corps refusait catégoriquement d’effectuer le moindre mouvement. A l’inverse de l’infecté.


Qui se mit à courir vers nous.


 
 



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MessageVen 23 Fév - 14:22




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On avait marché plusieurs minutes dans le noir. Un peu trop, même. Je n’avais pas prêté attention aux différents chemins qu’on prenait, aux croisements que nous passions ; j’avançai aveuglément, plongé dans mes pensées. Qu’est-ce qui nous avait pris de venir ici, je me le demandais bien…

Morgan jura, se qui me fit relever la tête. Je plissai les yeux, mais, impossible de voir autre chose qu’une grosse forme noir qui devait être la silhouette de mon acolyte. Je m’approchai un peu. Et compris vite l’origine du problème. Mes pieds s’étaient enfoncés dans plusieurs centimètres de vases, le liquide s’infiltrant jusque dans mes chaussettes. Je ne sais pas si vous avez déjà vécu ce genre de situations, mais, putain, qu’est-ce que c’est horrible. Les chaussettes humides. Mon Grand Isaac, j’en mourrais.

Mais vous savez ce qu’il y avait de plus horrible que mes chaussettes détrempé ? Le cadavre disloqué sur lequel trébucha Morgan. La forme était méconnaissable, mais l’odeur, je l’avais senti trop de fois pour ne pas la reconnaitre. La pourriture s’infiltrant dans le corps, les rats qui s’approche timidement pour rapidement se jeter sur les restes des défunts… Oui, je connais. Et j’en eu un haut le cœur, qui failli me faire vomir sur mon ami, qui se relevai. J’imaginai sans peine le dégout sur son visage ; oui, le dégout de se que la Braise à fait de notre monde, le dégout de ce genre de mort. Je me reculai doucement dans l’ombre ; m’éloigner du cadavre me ferai le plus grand bien.

-Shyla ? Appela tout à coup une voix enfantine, presque effrayée.

Je m’avançai doucement. Je suis là, je suis là, ne t’inquiète pas. Et puis le jeune homme fit quelque chose qui me surprit. Littéralement. Lorsqu’il me prit mon bras, je sursautais presque, étonné de la poigne presque tremblotante du garçon. Avait-il peur ? Le courageux Morgan aurait-il peur de me perdre ? Peut-être. Je me raccrochai un peu plus à lui. Quand soudain des bruits de pas retentirent au loin, résonnant dans l’immensité des souterrains. Mon cœur s’accéléra, ce que je redoutais arrivai. Un Fondu arrivait. Un putain d’infecté. Il fallait bouger. Maintenant.

On s’élança dans l’obscurité, nous engouffrant toujours plus loin dans se détale de tunnels. Sans trouver la sorti. Et puis, je senti le sol s’incliner doucement, nous ramenant vers la surface. Je ralenti le pas, soulagé. Au loin, on pouvait apercevoir une faible lumière, qui n’était autre que la sortie. Mais Morgan ne sembla pas soulagé. Loin de là. Sa main se crispa sur mon bras, sa respiration était saccadée. Je relevai les yeux. Un Fondu. Qui se rua sur nous.

Fuir. Je devais fuir. Je me retournai vivement vers mon compagnon, l’idiot qui avait accepté ce défi. Je ne devais pas le perdre. Pas si près de la sortie. On survivrait ensemble, ou pas du tout. Sauf que Morgan était tout sauf là. Je ne voyais nulle part. Absolument nulle part. Bien sûr, il ne devait pas être loin. Pourtant je ne le voyais pas. Et je continuai à espérer qu’il ne m’ait pas abandonné. Comme un idiot. Car le salaud n’était nulle part.

Et perdu dans mes pensées, je ne vis pas le Fondu se jeter sur moi. L’horrible bête, échevelée, à veines noires ressortant à travers sa peau sale, me fit tomber à la renverse. Je senti pendant un bref instant son souffle chaud, répugnant, à quelques centimètre à peine de mon visage.

Je reculai en vitesse, rampant sur le sol. Paniqué. Terrorisé. Aucun mot n’aurait pus décrire mon état. La chose me regardait avec son unique œil, grand ouvert, injecté de sang. Un œil inhumain. Je senti les larmes me monter aux yeux, j’avais peur, mon cœur battait la chamade. Mais il ne se passa rien. La bête resta immobile, à un mètre de mon corps étalé sur le sol poussiéreux. A un putain de mètre de moi. Et pourtant, le Fondu m’oublia, le Fondu oublia sa proie. Le Fondu s’élança de plus belle. Ma vie allait s’achever.

Et la bête bondit, m’ignorant comme un vulgaire obstacle.


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Dernière édition par Shyla Owey le Jeu 5 Avr - 23:08, édité 3 fois
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MessageLun 5 Mar - 19:18


 
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Elle se jeta sur moi. Avec une rage sans pareil. L’infectée avait contourné mon ami pour se ruer sur moi. J’avais eu la mauvaise idée de m’être relevé après une mauvaise chute qui m’avait fait perdre de vue Shyla. A peine relevé, l’immondice se jeta sauvagement sur moi, ses ongles tranchant agrippés fermement dans ma chair. Dans un cri de douleur, la femme resserra son emprise autour de mon cou, tout en poussant des grognements et des râles rauques. Du sang d’une couleur noirâtre s’écoulait de sa bouche pour terminer en gouttelette sur mon visage. Un liquide brûlant et visqueux recouvrait à présent l'intégralité de mes joues. Je sentais le souffle saccadé du fondu tout près de mon oreille, me donnant ainsi des frissons dans le dos. Je ne pouvais plus agir correctement, je me débattais sans réfléchir et battais des bras dans tous les sens. J’essayais en vain de me libérer d’une emprise surhumaine et toute puissante. Une emprise dont l’on ne pouvait échapper par aucun moyen. J’étais terrifié par la force avec laquelle le fondu me retenait. Ses ongles étaient profondément enfoncé dans ma nuque, mais la douleur que j’éprouvais à l‘instant n'était rien comparé à celle qui allait arriver.

La pauvre malheureuse hurla d’un cri rauque et terrifiant, s'agrippa de toutes ses forces de démentes à mon col et avec son autre main, elle planta ses griffes pointues dans la chair de mon épaule. Impuissant, je laissais faire mon exécutrice. Je regardais la triste scène du point de vue d’un témoin, d’un spectateur et non de la victime. La douleur était telle que ma vue se brouillait peu à peu, mon esprit criant de me débattre. Par une prise de conscience soudaine, je parvins à lui faire lâcher prise le temps de rouler sur le côté.

On avait vu la sortie quelques secondes auparavant, l’enfer allait se terminer sous peu. Je plonger dans l’eau croupit sans regarder une seconde de plus derrière moi. J’essayais tant bien que mal de me tapir dans les eaux souillées, tout au moins le temps de retrouver Shyla. J’avais perdu de vue le pauvre idiot quelques temps avant que l'infectée n’apparaisse. Je n’osais jetais un coup d’oeil derrière moi par peur qu’elle ne surgisse, le regard vide, le visage ensanglanté.

-Shyla ? murmurais-je.

Pas de réponses. Où donc était-il passé ? Le fondu avait surgit de nul part sur moi, et je n’avais pas eu le temps de voir où Shyla avait pu décamper.

-Shyla ? répétais-je sans grande conviction.

Ne m’abandonne pas salaud, tu m’aimes trop pour me faire ça. Je butais dans une pierre enfouie sous les eaux sales. Juron. Qu’est-ce qu’une emmerdeuse pareil faisait-elle dans le coin ? En ce moment même ? Et où était passé cette fondue ? Se cachait-elle sous les eaux elle aussi ? J’avais du mal à respirer. J’avais mal. Je perdais du sang. Ma tête tournait. Shyla. Shyla. Shyla.

-Shyla ? murmurais-je penaud.

Miracle. Je voyais la lumière. De nouveau cette lumière bienfaisante. La sortie. Shyla. La fin de cet enfer. Shyla. La vie. Shyla.



Shyla.


Bien que mon corps tout entier refusait catégoriquement de retourner dans ce trou à rats, je ne pouvais pas l’abandonner. Je me tournais alors vers les ténèbres, souffle coupé. Elle était de retour. Elle ne réfléchissait pas bien longtemps avant de me sauter dessus. Cette fois-ci avec une haine et une rage sans comparaison à ma dernière mésaventure. Elle se jeta sur moi telle une bête sauvage, un chien enragé. Elle enfonça ses dents pointues dans la chair de mon avant-bras, m’arrachant un cri de douleur qui se répercuta dans tout le dédale. L’infectée continuait à déchiqueter la chair, sans se soucier de quoique ce soit autour d’elle. L’odeur écoeurante du sang s’émanait de mon bras, libérant copieusement le liquide rouge et visqueux de ma chair meurtrie. Horreur.

Maman. Nombre de femmes m’ont aimé. Mais n’est-ce pas la seule que j’ai pu aimer en retour ? Maman. Pourquoi pensais-je donc à toi en ce moment ? Dans cet endroit glauque et sale ? Toi qui était si belle et pure. Qui émanait la bonté, la joie et le bonheur ? J’ai besoin de toi. Je meurs. J’ai mal. Aide moi. J’ai mal. L'image si pure de Maman me vint alors aux yeux. Je ne pouvais me détacher de cette vision si pure et réconfortante. Courant sur la plage avec moi. Je veux voir la mer. L’océan. Maman me disait que l’on pouvait se noyer dans mes yeux, voguer à travers mon esprit, voyager dans ces flots bleus. Je me rappelle du sable chaud sous mes pieds, les vagues les enterrant peu à peu sous une monticule de grains dorés. N’était-ce pas agréable ? L’insouciance. L’insouciance du monde et des gens qui nous entourent. Une vie paisible. Est-ce ainsi la mort ? Est-elle plus agréable que cette vie sordide et misérable. Maman. Je veux juste te revoir.

Un cri s’échappa des lèvres de la femme. Shyla. Le garçon se tenait devant moi. Il avait dû frapper l’infectée pour me permettre de fuir. Mais les forces s’échappait de mon corps et je restais impuissant face à mon sauveur. Sans un mot, il me passa mon bras autour de son épaule et me souleva avec une force dont je ne lui connaissais pas. Cours. Vite Shyla. Sors nous de ce merdier. Il courait en direction de la lumière. La sortie. La sortie. On s’y rapprochait si rapidement. La lumière m'aveugla les yeux. On était sauvé. Juste avant que je ne me rende compte de la réalité glacial.

La lumière provenait des fars d'une voiture.


 
 



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MessageMar 6 Mar - 18:14




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La Fondue m'avait esquivé pour se jeter sur Morgan. Je m'éloignais dans un réflexe de terreur, rampant dans l'eau croupit qui tapissait le sol. Et alors que je posai ma main au sol, je senti une chose mol gigoter en dessous. Avec un cri de surprise, je l'enlevai, puis m'immobilisais un instant pour vérifier que la Fondue ne m'avait pas entendu. Et c'est à ce moment là que je m'en rendit compte.

C'est à ce moment là que je me rendis compte du vacarme que faisait la Fondue, aux prises avec mon Momo. Elle ne pouvait pas, elle n'avait pas le droit! Je me serai bien jeter dans la bataille si ma raison n'avait pas repris le dessus sur l'alcool. Je cherchai une idée dans l'obscurité. Une idée. Vite. Je trouvai toujours la solution... Mais là, rien. Quand soudain je perçu un léger reflet sur un objet tout proche.

Je me jetai dessus, et compris vite sa nature; une grosse barre en métal longue d'un bon mètre et de près de cinq centimètres de diamètres. Je ne pus m'empêcher de sourire malgré la situation; j'étais heureux: j'avais trouver ma solution. J'empoignai fermement ma nouvelle arme, me relevai et couru vers la créature qui dominait désormais mon ami.

Mon ami. En train de se faire littéralement bouffer par la Fondue.

-Morgan ! m'époumonais-je, la terreur m'envahissant.

Je brandit mon sabre improvisé, et, à la manière d'un joueur de baseball renvoyant une balle, je fit valdinguer la tête de mon ennemie avec un coup bien senti. Le temps de reprendre mes esprit et je me jetai sur Morgan, étalé un peu plus loin dans l'eau. Je l'empoignai fermement, ignorant la Fondue que j'espérais hors d'état de nuire, et avançai droit vers la lumière salvatrice; la sortie. Enfin, c'était ce que nous espérions. Et, aveuglés par notre frayeur, nous n'avions pas prêté attention à la vrai nature de la chose.

Le phare d'une voiture resté allumé.

-Oh putain, murmurai-je, sentant Morgan peser de plus en plus lourd sur mon épaule.Putain!

Putain. On était mal barré. Et mon pote à moitié crevé qui glissai à mes pieds. Et son sang qui maculait mes avants bras. Et le bruit d'une course saccadée qui retentissais. Et la mort.

La voiture. Je ramassai Morgan de plus belle, le trainant plus que je ne le portai. Je l'entendis grogner, mais je n'y prêtai pas attention; désormais, la seule chose qui m'importai était notre survie, et je resterai concentré la-dessus jusqu'à avoir sauver le jeune homme. Oui, je le sauverai. Il survivrait. Nous survivrons. On arriva enfin près de la voiture.

C'était un joli modèle, et m'y connaissant un peu, j'en déduis facilement que c'était de très ancienne voiture que les collectionneurs gardaient en sureté pour les conserver le mieux possible. Nous avions donc une chance. Une chance que le véhicule fonctionne encore. J'ouvris la portière, poussa mon acolyte vers le fond et m'installai au volant. Shyla, respire. Et prie pour qu'elle démarre.


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MessageJeu 15 Mar - 14:43


 
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J’entrouvais légèrement mes paupières. J’étais affalé sur une surface dure, l’odeur environnante titillait mes narines. Un mélange écoeurant d’essence et de sang. J'étais dans une position particulièrement inconfortable, comme plié en deux, recroquevillé sur moi même. Ma tête avait heurté violemment le sol, si bien qu’un hématome ensanglanté s’était formé sur mon front. Je sentais le liquide poisseux emmêlé dans  mes cheveux, collant mes sourcils et brouillant ma vue. Je clignais doucement des yeux, essuyant d’un revers de ma manche le sang restant sur mes cils. J’essayais de me mettre à genoux, mais le peu de place qu’offrait mon espace réduit m'empêchait tout mouvement. Mes membres étaient endoloris et une douleur continue, comme une explosion soudaine oppressait mes pensées. Ma tête semblait si lourde, mes paupières également. L’envie de sombrer m’était venue plusieurs fois à l’esprit mais je refusais catégoriquement de refermer mes yeux une nouvelle fois. Résiste.

-Shyla ?... murmurais-je.

Je sentais mes forces me quitter petit à petit et j’essayais vainement de lutter contre une emprise bien plus forte que moi. C’était un combat à force inégal, aucune victoire ne semblait être envisageable. Un hurlement enfouie au plus profond de mon âme semblait frapper les parois de mon corps pour s’échapper, s’envoler, s’éloigner de toute la terreur du monde. De toute la souffrance que j’endurais.

Ma tête bourdonnait. Un bruit sourd résonnait dans mes oreilles. Un bruit de moteur. Une pétarade assourdissante faisant trembler l’espace dans lequel je me trouvais. Je réussis à dégager mon bras de ce trou à rat et m’appuyais sur une surface molle pour me mettre à genoux. Le sol vibrait sous mes mains et la voiture tanguait dans tous les sens. Je me jetais sur la banquette arrière et regardais à travers la vitre. Deux fondus nous couraient après. Leur rapidité semblait s’être décuplé, si bien qu’ils rattrapaient avec une vitesse surhumaine la fragile embarcation.

-Putain fonce ! hurlais-je à mon acolyte qui s’était retourné vers moi pour vérifier mon état.

La situation était plus que catastrophique. Je pensais qu’il ne pouvait rien arriver de pire jusqu’à ce que l’infecté saute sur le capot arrière de la bagnole. Un filet de bave s’écoulait de sa bouche putréfiée pour venir se déposer sur la vitre sale. Le bougre s’accrochait si fort à la voiture qu’il la faisait pencher sur le côté.

-Vire le
! s'époumona Shyla.

-T’es marrant putain …

Le plus inquiétant à mes yeux était que la voiture semblait ralentir de plus en plus. Le moteur pétaradait et la voiture sautait à chaque petit obstacle. Si cette petite mascarade continuait ainsi, notre embarcation précaire allait s’effondrer sous peu. Le fondu continuait de s'agrippait à la voiture, griffant et frappant la vitre pour mieux s’accrocher. Ignorant ma douleur, je me mis à chercher à taton tout chose qui pourrait servir d’arme. La pression commençait à monter. Je respirais de façon saccadé, de petites gouttes de sueur faisant leur apparition sur mon front. J’entendais le souffle bruyant du fondu à travers la paroi fine de l’automobile, pressant alors de plus belle moindre de mes mouvements. La voiture quant à elle, semblait être au bout de sa vie. J’entendais Shyla pester derrière moi, nous allions manquer d’essence.

Nous n’étions hélas pas au bout de nos peines. L’infecté frappait sans relâche les portières, tel le sauvage qu’il était devenu. Blanc comme un linge, je restais figé face à cet homme qui n’avait plus une once d’humanité. Le pauvre fou hurlait de toutes ses forces, faisant ressortir les veines noires sur les traits de son visage. Ses dents étaient aussi pourries que sa raison et ses yeux étaient injectés de sang.

La voiture calla. Le fondu me fixa, hurla, et asséna un coup dans la vitre. Qui se brisa.

 
 



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MessageSam 17 Mar - 12:29




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#ffffff]]J'avais jeté Morgan dans le voiture, attrapé les clefs qui, bien heureusement, étaient restées sur le contact, et avais lancé le moteur. Une première fois. Puis une deuxième. Et une troisième. Sans aucun résultat. Impossible. Notre unique salut, la lumière je veux dire, n'était qu'une illusion. Et ma seule idée se révélait irréalisable. Putain, non! J'envoyais un coup de pied dans le volant, la rage prenant peu à peu place dans mon corps, remplaçant la peur.

-Putain de merdre, bagnole de merde, démarre! M'écriai-je.

Et comme par miracle, elle démarra; le doux vrombissement du moteur retenti, et je me surpris à sourire. Diverses petites lumières s'allumèrent par la suite, éclairant ainsi le tableau de bord. Shyla, c'est parti. Aujourd'hui, tu es le sauveur.

Et j'écrasai la pédale d'accélération: la voiture démarra.

Et je roulai, depuis relativement longtemps. L'obscurité oppressante était presque totale, et je n'avais pas aperçu un seul Fondu, ni même entendu une marche saccadé, son que je ne connaissais que trop bien. Je tournai la tête vers Morgan, affalé sur le siège passager. Un filet de sang coulait depuis une ouverture récente...

-Désolé Momo, murmurais-je, tentant de détendre l'atmosphère de la voiture.

Je parlais souvent seul. Étais-je fou? Je ne crois pas. Mais, vous savez, il y a plus bruyant qu'un gamin qui braille. Plus bruyant que des hurlements de Fondus. Plus bruyant qu'une explosion. Oui, il y a plus bruyant: le silence. Il est assourdissant; ça, je m'en suis rendu compte quand Chicago s'est vidé de ses habitants. Les fuyards ou tout simplement les cadavres. Enfin bref, plus personne; le silence.

J'avais alors commencé à parler seul. Pour me rassurer. Peut-être que c'était un peu con, quand j'y repense. Mais ça m'aidait à tenir le coup. Et là, ça m'aidait à tenir le coup face au corps de Morgan, lacéré par les griffes d'un Fondu. Mais Morgan était fort, il ne serait pas infecté.

-Tu vas survivre, Momo, hein?

Le jeune homme se réveilla.
[/justify]

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MessageMar 20 Mar - 18:13


 
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Je tombais vulgairement sur le plancher dur et froid qu’offrait notre acquisition récente. Sans prendre le temps de me relever, je repoussais sans ménagement mon agresseur. En pleine action, je tatonnais la moquette du sol, sans quitter des yeux le fondu. Mon coeur battait la chamade tandis que Shyla se démenait vainement à faire repartir le capricieux engin. Nos chances étaient maigres, plus de vrombissement assourdissant du moteur pour combler le silence oppressant, seuls les cris acharnés et rauques des malades, tentant de détruire notre mince abris, retentissaient dans la pénombre. Soudain, comme pour répondre à mes plus ardues prières, j’effleurais du bout des doigts ce qui semblait s'apparenter à une de fer. Dans ma précipitation maladroite, je fis un mouvement brusque, instigateur des événements suivants. La barre roula, échappant à mon emprise. Devenue hors de portée,la sournoise avait fuit sous la banquette. Tandis que tous les jurons du monde me venaient à l'esprit, je tenais le bras pour attraper cette arme narquoise mais cette dernière était hors d'atteinte. Me narguant, elle semblait s'éloigner plus je gagnais du terrain, donnant l'impression de chercher à fuir mon contact pressant.

Je me relevait, donnant un uppercut dans la mâchoire de l’infecté sans le vouloir. Profitant de ce gain de temps involontaire, j’attrapais un pan de banquette délabrée pour faire office de protection précaire. Je disposais précipitamment mon bouclier de substitution devant la vitre, bouchant alors le trou fissuré par la même  occasion. Après avoir consolidé cette mince fortification, je me j'étais de nouveau à terre, en quête de mon arme improvisée. La peur semblait s'être dissipé, une atmosphère oppressante et stressante ayant pris place. Survivre. Je n'avais que ce mot en tête, une musique qui se répétait en boucle, avec pour seul refrain les battements continue de mon coeur.

- Et un peu d'aide ?!, hurlais-je à l'attention de mon compagnon.

Je tentais une nouvelle fois de récupérer la barre, mais je me résignais bien vite, la vicieuse reclus. Je pestais, un grognement sourd s'échappant de mes lèvres, la douleur d'un bras meurtris ressurgissant au mauvais moment. Je n'avais ni le temps d'avoir mal, ni le temps de m’apitoyer sur mon sort. Il fallait juste se défendre contre nos assaillants, le temps n'était pas au lamentation, nous devions gagner cette bataille.

L’enjeu était de taille. Nos têtes étaient mises à prix.
 
 

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MessageSam 24 Mar - 13:40




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L'engin ne démarrerait pas. Je le savais. Plus aucune réponse de la part du moteur quand je tentai de le relancer; un silence absolue. Et pourtant je me démenai, car le véhicule était notre dernière chance. Et pendant ce temps, Morgan, réveillé, se démenait avec les Fondus qui fondaient sur nous (notez la blague)...

Trop concentré sur le véhicule, je ne fis pas attention à mon acolyte qui me demandait, qui me hurlait de l'aider. Mais ne t'inquiète pas Momo, j'avais la solution.

Je tendis le bras le plus loin possible pour tenter d'attraper mon arme que j'avais pensé à mettre dans la voiture; ma barre de fer. Je voyais mon ami se débattre avec un morceau de banquette, sans vraiment comprendre.  Les Fondus étaient là, ils tapaient sur les vitres de la voiture avec leurs poings ensanglantés. Mais la voiture leur résistait bien...

Mais il n'y avait plus de barre de fer. Elle avait glissé au fond de la voiture et je ne pouvais pas l'attraper. Ma respiration s’accélérait, mes pensées n'avaient plus trop de sens. Tout allait trop vite. Je sentais mon cœur battre en tambour contre ma poitrine, prêt à exploser, le front perlé de sueur par le stresse de ma mort prochaine. Respire, Shyla, ça va allez, respire...

Ma tête bourdonnait, je ne voulais pas mourir... Je ne voulais pas mourir...

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MessageLun 26 Mar - 12:25


 
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Je m'efforçais de canaliser toutes mes forces au maintien de notre vulgaire protection. Hurlant de rage face à notre bêtise aberrante, j’employais toute la puissance que je pouvais donner à la contre-attaque de nos assaillants. Mâchoire crispée, je serrais les dents.

-Sors nous de ce pétrin !, hurlais-je à Shyla qui semblait absent.

Je me relevais de la banquette et attrapais Shyla par l'épaule.

-C'est pas le moment de me lâcher merde.

Je le poussais à l’arrière et prenais sa place. Il fallait agir rapidement. Ouvrant les boîtes à gants en une vitesse fulgurante, je voulais avec précaution l'intégralité de leur contenu, n’épargnant pas le moindre recoin et angles. Commençant à perdre espoir tandis que j'inspectais la poche arrière de mon siège. Soudain, le contact familier d'un objet métallique redonna vigueur à mes gestes. Attrapant les munitions dans un cliquetis de métal entrechoqué, je jetais un coup d'oeil à ce cadeau des cieux. Une des balles était brisée, répandant sa poudre comme une semence sur mes mains. Un simple regard entre mon acolyte et moi-même suffit.

Lui lançant mes trouvailles ainsi que mon briquet, je n'avais plus qu'à prier. Mon silence troublé par les coups acharnés des hommes bestiaux, râles de mise. Agglutinés contre la vitre de notre déplacement de fortune, ils nous fixaient de leurs yeux -certains même sans cette appendice- dotés d'un rouge sanglant, la peau craquelée, osseuse. Attendant leur repas.
 
 

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MessageLun 2 Avr - 10:05




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J'étais en train de lâcher prise. Totalement. Le monde qui m'entourait me paraissait désormais irréel, Morgan lui-même s'apparentant plus à un rêve qu'à la réalité. On allait mourir, c'était finis. Les Fondus nous sauteraient dessus et nous dévorerais. Ou, dans le meilleur des cas, ils nous transformerons en leurs semblables et nous nous mettrions nous aussi à manger des humains à toutes les sauces.

Quand mon acolyte me saisit par les épaules, et, le regard menaçant, tenta de me faire reprendre contact avec le monde réel. Je papillonnais des yeux, fronçais les sourcils, pour enfin me rendre compte que le jeune homme m'avait poussé à l'arrière du véhicule. L'adrénaline lui donnait l'énergie de survivre, il fouillait les boites à gants dans l'espoir de trouver une arme anti-zombie ou quelque chose comme ça... Et il se tourna vers moi, l'espoir illuminant soudain son regard. Il tenait quelque chose dans la main. Un petit objets aux reflets métalliques, brisé net. Une balle. De la poudre.

Morgan, j'allai te sauver.

J'arrachai la moquette arrière de la voiture tandis que le jeune barbue me passai la poudre, et, saisissant à pleine main mon petit pique à glace, je perçai un trou dans le bas de caisse du véhicule. Un liquide épais et puant jailli; j'avais visé juste. Je n'avais plus qu'à recueillir le carburant dans un petit récipient improvisé, verser juste à côté les quelques grammes de poudre, et j'avais désormais une bombe incendiaire, certes, petite, mais mortelle pour deux ou trois Fondus tout de même. Il ne restait plus qu'à l'allumer.

Je lançai un regard appuyé à mon compagnon, lui faisant comprendre que c'était notre ultime chance:

-Momo, tout va se jouer maintenant, fis-je, plus pour moi-même que pour lui.

Je m'approchai d'une vitre arrière en partie brisée, et, dans un mouvement brusque, j'enflammais l'essence et jetai dans la gueule du premier zombi venu l'arme improvisé. Je me jetai au sol de la voiture, sentant l'essence coller à mes vêtements déjà humides et boueux. L'explosion suivie presque immédiatement. Un bruit assourdissant, une lumière aveuglante et une chaleur étouffante.

Boum.

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MessageLun 16 Avr - 1:36


 
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Les flammes nous léchaient le visage. Danser sur la moindre parcelle de notre peau, ses ombres imposantes semblant valser sur nos corps. Lapant les infimes recoins de nos traits affolés, les flammes redoublaient de vigueur et de force tandis qu'elles s'élevaient, dans toute la rage de leur ascension inévitable. Comme en enfer, les braises crépitaient en un bruissement infâme à en faire trembler des cités entières. On frissonnait et cela, non pas de froid. C'était la peur qui nous tenait à la gorge, cet étau qui se resserait à chaque instant, à chaque sursaut, à chaque hurlement bestial de ces affreuses créatures. Pris au piège pas cette force aux pouvoirs inégalables, elle nous maintenait de ses chaînes brûlantes, nous marquait au fer par la terreur qu'elle inspirait. J'étais figé et pourtant il fallait courir. Fuir. Un danger grandissant qui naissait malgré nos efforts à l’anéantir.

J’attrapais vivement le jeune homme en une force peu commune et le poussais en avant. On devait fuir. Et ce maintenant. Notre seule protection était tombée et tout était redevenu comme avant, deux hommes, un destin, une sortie, notre seule chance. On se croyait un passage dans la mélasse tandis que je m'agrippais fermement à Shyla par peur de le perdre ou de tomber dans les vappes. La douleur était telle que ma vue me jouait des tours, mon esprit également. Était-ce déjà la braise qui rongeait le plus profond de mon être ? Je ne pouvais m'empêcher d'y penser. Cette fatalité était clairement envisageable. Il était presque certain par la douleur que j'éprouvais, que je ne m’avérais pas être immune. D'un certain côté, les chances étaient infimes et inespérées. Soudain je lançais Shyla. Le pauvre bougre se retourna vers moi au rythme des hurlements lointains des bêtes.

-Laisse moi … je vais devenir comme eux, je suis foutu.. .

J’aurais voulu me tirer une balle plutôt que de devenir cette chose infâme et hideuse. Malheureusement je ne pouvais m'offrir ce luxe à l'heure actuelle. Des larmes perlaient sur mes joues, de rage ou de désespoir, je ne sais plus. Mais je perdais alors le contrôle, enfin si je puis dire. Je baissais les armes. Et je me montrais lâche. Je n'étais plus digne de mon ami.
 
 

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MessageMer 9 Mai - 9:07




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Collins, je croyais que tu me connaissais mieux que ça. Timide, je cogite plus que je n'agis. Mais je ne t'ai jamais laissé tombé, que ce soit face à ce fondu il y a quelques années, que j'avais éventré avec mon petit pique à glace ou face à un Morgan ivre qui ne tenait même plus debout. Alors ce n'est pas aujourd'hui que je te laisserai...

-Morgan! Je ne te laisse pas tout seul, tu viens avec moi d'accord? On va te soigner, on va te sauver, tout va bien se passer... Tu es fort, non? Tu me le répète tout le temps, qu'il ne faut jamais baisser les bras, et bien c'est le moment ou jamais!

Je criai, un peu trop fort à mon goût mais mes oreilles sifflaient depuis l'explosion et je n'étais plus sur de maitriser ma voix. J'avançai d'un pas fébrile vers mon ami, mon acolyte, celui sans qui le monde ne tournerait plus rond. Car que je ferais-je sans lui? Sans Momo, qui me sauvait depuis que nous étions gosses? Quand je me noyais dans les larmes il respirait pour nous deux, quand je n'étais plus capable d'avancer il vivait pour deux, il me soutenait certes plus que je ne l'avais jamais aidé mais l'un sans l'autre je doutais que nous soyons grand chose.

Je rectifie: sans lui, je ne serait pas grand chose. Alors vie pour moi Morgan, sinon je pourrai bien mourir moi aussi.

J'arrivai enfin à sa hauteur, et tendais une main vers lui, une main si souvent tendu qu'elle était devenue banale mais pourtant représentative de tant de choses. On avait été cons, j'avais été con, et putain, si tu voyais le regret. Je n'aurai jamais du te lancer ce pari débile. Un pari débile, qui risquait de nous coûter la vie...

-Putain Morgan, prends ma main et relève-toi comme tu le fais toujours... murmurai-je, une once de colère dans la voix.

Si tu voyais dans mes yeux tous ces regrets qui ne m'ont jamais échappés. Ces mots fous qui me torturent l'esprit depuis trop longtemps. D'ailleurs, je crois que tu le sais. Tu sais tout de moi après tout. Mais tu attends que je sois prêt, que j'aille mieux. J'aimerais te crier ô combien je suis désolé de m'être emporté toutes ces fois, de m'être défilé ces autres jours, ou juste de ne pas avoir assez profité du temps que la vie nous offrait.

Quoi que, nous avons bien profité.

Mais j'aimerais que ça ne se termine pas maintenant.

Alors relève-toi Morgan Collins, et montre au monde que tu es plus fort que tout.

S'il te plait...

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MessageMer 13 Juin - 10:24


 
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On était sorti. Sorti de cet enfer. Par je ne sais quel sortilège nous nous trouvions ainsi à l’entrée du tunnel, au point de départ. Il avait dû me porter la moitié du chemin tant ma posture était bancale. Je vacillais à chaque tournant, visage blême et transpirant et mon estomac se retournait à chaque pas. Le soleil nous aveugla lorsque nous franchîmes le pas de l’air libre. Nous avons dû marcher quelques mètres supplémentaires car je ne reconnaissais plus les lieux à présent. Shyla avait dû me traîner tant bien que mal pour trouver de l’aide. Cependant, nous nous étions arrêtés loin de la ville. J’étais installé sur une espèce de paillasse sale que le jeune homme avait dû trouver dans le désert aux alentours.

Les minutes semblaient longues, yeux mi-clos, je distinguais à peine mon compagnon. La douleur me prenait par moment et je braillais une complainte sourde à chaque mouvement brusque. Je respirais difficilement, bruyamment, tel un homme à l’agonie. Sauf que cette mort n’était en rien paisible. J’ai dû crier. J’ai crié. Je voyais par instant Shyla qui pleurait doucement. Une première. Owey avait toujours été ce gars sage, averti et cela faisait sa plus grande force. Il n’a jamais été faible car à mes yeux il est bien trop fort. Mais en ce moment-ci, il lâchait prise. Et je savais que j’allais lui causer sa perte s’il advenait que je reste dans les parages. Tu sais à quel point je t’aime. Et pourtant, en cet instant, mes paroles furent si dures. Froides, glaciales. Je les crachais tel un serpent vicieux. Bien sûr, j’étais parfaitement conscient que le jeune homme n’était pas idiot et qu’il comprendrait rapidement le petit manège.

Des râles. Des pleurs. Des cris. Beaucoup de cris. Des hurlements qui déchiraient l’air de Chicago tandis que la douleur lancinante me prenait. La plaie sanguinolente me faisait peur. car je savais tout ce qu’elle encourait. Je frissonnais, tremblais, convulsais par moment sous les yeux impuissants de mon ami. J’avais mal, si mal. Qu’est-ce que j’aurais donné pour y mettre fin.

-Tue … Tue-moi ...

Je suis déjà mort.

-Va-t-en ... articulais-je entre deux hurlements rauques.

Mais l’altruiste revenait à la charge tandis qu’il me suppliait de ne pas partir. Qu’il me disait que je ne racontais que des conneries. Shyla, je ne te quitte que pour peu, et pardonne moi pour les atrocités que j’ai pu dire. Si liées, frères de sang, frères dans la mort, ma vie entière et pourtant en cet instant un poid. Il ne fallait pas qu’il sombre avec moi, pour rien au monde je ne lui aurais souhaité cette mésaventure. Il restait le fou. Shyla bien plus infecté que moi, la perte de la conscience de la raison qui le rattrape. On aurait bien pu continuer non ? Je me sentais bien trop humain, bien trop sensible et vulnérable tant ma douleur criait ma peine et ma rage. La rage de m’être fait prendre à mon propre jeu. Ma propre fourberie et mon dernier tour. Comme tous ces gens que j’avais arnaqué dans le temps avec une magie de pacotille, je me retrouvais à leurs places, ces idiots roulés.

Et rien ne se passe. Ni une éclipse, une explosion, pas de belle fin ni de feux d’artifices. J’avais imaginé ma mort autrement. Plus belle, à rire entre amis, à me bourrer une nouvelle fois la gueule comme tous les soirs. M’éteindre con et heureux en somme. Mais bien loin mon idée de crever comme un rat la gueule ouverte, dans la poussière du sable et la saleté des décombres, dans une ville morte. Catastrophique comme ma condition. Shyla avait sans doute essayé de me panser car je sentais une pression à l’endroit où ladite morsure faisait rage. Il était bien clair que j’étais infecté, à l’instar de cette jeune femme qui avait eu plus de chances que moi. Je lui en avais voulu de me voler Shyla en quelque sorte, mais c’était il y a bien longtemps, bien trop lointain dans mon esprit qui se faisait cotonneux.

Mais je savais bien que Shyla n’allait pas réagir correctement, tel que j’avais réagit. Méfiance. Comment le bougre pouvait-il bien se méfier de moi ? Son seul acolyte, précieux à une époque. Mais celle-ci semble également révolue. Morte comme moi, qui gît en plein jour, à découvert. Regardez-le, insouciant et con, voyez ce qu’il récolte. J’ai lâché des insultes contre le jeune homme, pour qu’il parte. Si ce dernier ne voulait se bouger, c’est bien ma carcasse qui allait le déloger de là. Je l’empoignais par le col et le rapprochait de mon visage luisant.

-Va-t-en. murmurais-je comme dernière phrase, implacable et froid.

Je t’aime, mon frère.

 
 



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MessageJeu 14 Juin - 8:40




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Mon compagnon semblait peu à peu reprendre vie, sa plaie que j'avais pansé avec un pan de sa chemise ne semblait pas dans un si mauvais état et pourtant je le voyais à son front plissé et ses yeux mis-clos qu'il souffrait. Mille et une émotions me passaient par la tête. Sa mort, sa vie, putain, chienne de vie, pourquoi nous, pourquoi lui? Je voulais vivre, vivre avec lui, pas seul, je l'avais trainé sur un bon kilomètre sous un soleil meurtrier, j'en avais vomis mes tripes, je ne tenais plus debout mais je l'avais veillé, je voulais le voir de mes yeux quand il me dirait merci, s'il le disait.

Je divaguai, mon front était trempé de sueur. Et Morgan semblait revenir dans le monde des vivants de plus en plus surement. Je souris un peu, c'est bon, il était sauvé. Mon frère vivrait. Il le méritait pour tout-ce qu'il avait fait pour moi.

Je me revis, quelques années auparavant, après un verre de trop il s'était effondré, et j'avais du m'occuper de lui toute la nuit. Et cette fois où il s'était planté une fourchette dans la main, je l'avais soigné et il s'en était sortit. Il s'en était toujours sortit, même si le médecin que j'improvisai n'était pas des plus compétents qui soient. Bref, ce jour ne fera pas exception, Morgan vivra, car c'est un survivant. Et les survivant comme lui ne meurent jamais avant les timides comme moi, ces héros qui ne figure qu'au second plan.

L'intéressé me regarda. En faite, il me regardait depuis un moment déjà mais je ne l'avais pas remarqué. Il entrouvrit sa bouche, sûrement pour me dire merci, je souris d'avance, satisfait.

-Tue-moi...

Je le dévisageai, son teint pâle et son regard vide plus effrayant que jamais.

-Vas-t'en.

Je le fixai sans comprendre. Je ne m'en irai pas, Collins, tu as toujours pus compté sur moi et ce n'est pas dans un moment aussi critique que je te lâcherai. Merde, j'ai réussi à sauver cette fille, Alex, alors pourquoi pas toi!

-Non.

Mon ami gémissait, il souffrait, il délirait sans aucun doute. Et pourtant lorsqu'il commença à m'insulter, je commençai à douter. Il se mourrait, il n'y avait aucun doute là-dessus. A chaque seconde qui passait, Braise s'emparait sans doute un petit peu plus de lui. Il me disait que si je ne fuyais pas il me tuerait. Vraiment? Morgan Collins, je préfère mourir de tes mains plutôt que seul dans un coin perdu de Chicago. Je préfère mourir que de te voir mourir. Vas-y, tue-moi, je suis faible, je suis incapable de faire de même pour toi.

-Imbécile, je ne pourrai jamais te tuer, et te laisser mourir reviendrai au même! M'écriais-je.

Les larmes commençaient à monter, un sanglot me secoua tandis que l'homme qui m'avait tant aidé, qui m'avait tendu la main un si grand nombre de fois, me criai de le tuer. Mais je suis faible, je ne te tuerai pas.

-Vas-t'en, répéta-t-il d'un voix rauque.

Je ne pouvais pas. Je l'aimais. Mais le voir dans cet état m'était insupportable. Je m'approchai de lui une dernière fois, les larmes roulaient sur mes joues à grand flot. Je le voyais dans ses yeux, mais il ne pouvait le dire. C'était la fin, il avait du perdre trop de sang, je ne sais pas. Il allait devenir l'un d'Eux. Je le pris dans mes bras, mon front frôlant le sien encore bouillant. Je l'étreignais une dernière fois, les larmes ne cessant pas de couler, et murmurais doucement un adieu.

-Je t'aime mon frère.

Ma voix s'éteignit, je me reculais, lui offrait un sourire, le dernier, un grand sourire vrai, car je repensai à tous ses souvenirs heureux qu'il m'avait donné. Et je quittai la paillasse décrépit, je l'abandonnais, j'espérai qu'il vivrait une belle vie de Fondu, ou une belle mort de survivant.

Je marchais droit, tête baissée, vers un ailleurs plus heureux, tandis que le Soleil se couchait au loin derrière les montagnes. Au bout de quelques pas je m'arrêtais sur une pierre plate, m'assis et contemplait ce spectacle, imaginant Morgan le regarder lui aussi, depuis la minuscule fenêtre de notre abris de fortune. Notre dernier couché de Soleil. En quelques seconde, l'astre disparu, l'obscurité envahit la plaine et les étoiles commencèrent à scintiller...

Morgan était mort, il était là-haut, il veillait sur moi. Des larmes roulèrent sur mes joues de plus belle.

Je vivrai pour nous, et je t'aimerais toujours.

___________________________________
Shyla Owey
I'm fucking epic. And I know that.
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