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[TERMINE ]The game of secrets : You win or you die. [Niels ft. Alexandra ]

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MessageSam 10 Mar - 17:52

Niels
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Alexandra
The game of secrets  : You win or you die.
Depuis qu’il était en zone saine, le jeune homme avait à la fois l’esprit plus tranquille, mais aussi beaucoup plus agité, ce qui n’était pas spécialement logique. D’un côté, il n’avait plus à constamment s’inquiéter d’être contaminé par la terrible maladie pour deux bonnes raisons : de un, il était en zone saine et de deux, le plus important de tous, il avait découvert qu’il était immune. Cadeau du ciel ? Malédiction ? Certains le voyait au moins comme l’une des deux propositions. Les jaloux disaient que les immunes ne méritaient pas de ne pas crever aussi douloureux qu'eux, et les optimistes au contraire s’accrochaient à un espoir de leur part, celui de trouver un remède. Tout cela n’était que foutaise pour le blondinet qui avançait dans les rues en ce petit matin toujours aussi chaud. Le WICKED cherchait-il réellement un remède ? Il en doutait fort, il avait entendu tellement de choses sur eux, dont leurs fameuses expériences de labyrinthe dont il ne s’était toujours pas remis. Il avait appris cette information effrayante grâce à la nouvelle organisation qu’il venait d’intégrer et il se rendait compte que son frère n’était qu’une marionnette pour ces types qui se disaient médecins avec de bonnes intentions. Il ne voyait pas en quoi torturer des adolescents était une bonne chose. Ces êtres abominables devaient être au contraire stoppés. Pour Niels, aucun n’avait un bon fond, il avait abandonné cette idée depuis bien longtemps. Il avait beaucoup d’idées pour aller sauver son grand frère, mais toutes paraissaient aussi bornées que lui. Cela aurait plu à Isaac, il en était certain et il savait qu’il aurait attendu avec impatience le jour où le blondinet prendrait enfin les choses en main comme un homme. Il ne voulait plus fuir ce qu’il envisageait de faire, il n’avait plus d’autre choix. La confiance du jeune homme avait été renforcée quand il avait vraiment réalisé que la Braise ne pourrait JAMAIS ronger son corps. Il avait cette chance de vivre, alors il ne fallait pas la gâcher en étant égoïste et laisser le seul être qui comptait pour lui aux mains de ces monstres. Était-il encore en vie d'ailleurs ? Se pouvait-il qu’un jour, il réussisse à pénétrer le WICKED avec brio, mais faire par la suite une macabre découverte ? Non.. Le destin ne pouvait pas être aussi cruel n’est-ce-pas ? Si. Il avait vu tellement de gens crever sous ses yeux alors s’il y avait bien quelque chose de sûre, c’était que toutes les croyances ridicules qu’ils avaient eu autrefois n’existaient plus. Grand Isaac aurait-il laissé mourir tant d’innocents dans d’atroces souffrances ? Non, alors pour Niels, tout était clair, il n’avait jamais existé et n’était qu’une pure invention, tout comme cette idée de « remède » à laquelle les gens remplis d’espoir s’accrochaient. C’était une manière de torturer l’humanité encore plus avant de pouvoir les achever d'avantage. Et s’ils finissaient par en trouver un ? Admettons que ça arrive, qui seraient les premiers à le tester ? Eux ? Pauvre petite population ? Non même pas en rêve, ce serait bien sur l’élite, eux, alors à quoi bon espérer pour les autres ? C’était une pure perte de temps.

Niels avait sur son dos son sac bien fidèle qui l’avait suivi depuis le début de son périple. Il traînait dans des rues qui restaient assez discrètes afin d’aller dénicher quelque part quelques vivres qu’il pourrait voler au lieu d’acheter. Le petit blond avait un avantage. Il était léger, rapide, discret et malin alors quand un marchand se rendait compte qu'il lui manquait quelque chose, Niels était déjà partit à quelques mètres d’ici se cacher à l’autre bout de la rue où sur un toit pas très stable en attendant que quelqu’un d'autre soit accusé où que le marchand se lasse de ne pas le trouver. À force, c’était même devenu un petit jeu pour lui. Combien de temps allait-il mettre cette fois-ci ? Ferait-il mieux que la dernière fois ou bien un peu moins bien parce qu’il n’était pas en forme ce jour-ci ? C’était donc dans cet esprit-là que Niels se dirigeait tranquillement vers les stands. Ils étaient quand même beaucoup moins crasseux que dans d’autres zones où il avait pu aller.. Il se souvenait du marché noir du Bliss où il était tombé en pleine bagarre.. il n’avait pas été à sa place là-bas. Un homme lui en avait même fait la remarque et la phrase « Rentre chez toi petit » lui revenait parfois en tête dans ses heures mélancoliques. Le « chez lui » n’existait plus depuis bien longtemps malheureusement, mais récemment, il avait trouvé en le Bras Droit une organisation soudée. Ils avaient tous en commun cette haine acharnée contre le WICKED et cela faisait du bien d’avoir enfin quelque chose en commun avec des êtres humains.

Mais au fur et à mesure qu’il avançait dans les rues qu’il connaissait maintenant assez bien, Niels sentait que quelque chose de pas normal était en train de se passer. Les gens - pourtant plus sereins comparés aux zones sombres et crasseuses - semblaient vouloir lui dire quelque chose avec leur regard méfiant. Que se passait-il donc ? Il continuait d’avancer, trop curieux pour faire demi-tour et il comprit assez rapidement. Des personnes en combinaison - dont il ne reconnaissait que trop bien le logo : le WICKED - étaient présentes.

- Et merde..

Son visage pâle devint de marbre tandis qu’il réfléchissait à toute vitesse de ce qu’il allait faire. Prendre le chemin inverse ? Avancer comme si de rien n’était ? Come on Niels ! , pensa t-il pour se faire réagir. Il fallait se bouger avant que l’un d’entre eux ne l’aperçoive lui qui était si visible avec sa chevelure platine. Trop tard. Une l’avait remarqué et s’il faisait demi-tour maintenant il se trahirait lui-même comme l’idiot qu’il était trop souvent d’ailleurs. Il y avait foule et ils semblaient assez débordés, alors peut-être qu’il allait pouvoir passer entre les mailles du filet. À cet instant-là, il analysait chaque personne en combinaison avec concentration. Il devait de toute évidence en approcher une, ou bien en piéger une afin de s’infiltrer. Peut-être même qu’il pouvait en tuer une, récupérer sa combinaison, la mettre et se faire passer pour l’un d’entre eux.. C’était aussi une option, mais le Bras Droit lui avait bien dit que tout ceux qui avaient essayé n’avaient pas tenus une demi-heure avant de se faire repérer. Non, lui était bien plus malin que ça et il s’inspirait du caractère manipulateur et stratège de son frère chaque jour. Ça, c’était un trait utile qu’il fallait apprendre à manier avec la plus grande des douceurs. Les personnes du WICKED avançaient à chaque fois, tels des robots. Ils testaient les gens un à un comme si c’était la chose la plus banale du monde tandis qu’il sentait son cœur battre toujours plus fort dans sa poitrine. La sensation devenait désagréable et il se mordit la lèvre inférieure assez forte pour tenter de se calmer et de contrôler l'angoisse qui lui rongeait l'estomac. Le sang tapait contre ses tempes ce qui le fit grimacer. Il ne fallait pas qu'il merde. Pour arranger la chose, sa respiration s'emballait au fil des secondes et il prit le soin de bien vérifier que sa veste était bien fermée afin de cacher son arme ainsi que son couteau de combat attachés à sa ceinture. Allaient-ils l’emporter s’il était immune ? Pourquoi ne l’avaient-ils pas fait au point de contrôle ? N’était-il pas assez intéressant ? Le gardait-il pour plus tard ? Tant de questions sans réponses et ces monstres qui se rapprochaient de plus en plus de l’endroit où il était avec leur appareil de test. La boule dans sa gorge commençait à se former et ses efforts pour respirer se faisaient plus douloureux à chaque fois. Son fichu asthme ne le laisserait jamais en paix. Avait-il sa recharge qu’il n’utilisait qu’en cas d’extrême urgence en raison de leur rareté extrême ? Oui. Mais pour le moment ça restait supportable, il n’était pas au sol en train d’agoniser, il pouvait contrôler ça alors inutile de gâcher une prise. Il se mit contre un mur et ferma les yeux l’espace de quelques secondes afin de s’auto-rassurer. Tout allait bien aller oui.. il le fallait.  
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Dernière édition par Niels Welligton le Lun 19 Mar - 0:45, édité 1 fois
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MessageDim 11 Mar - 1:50

The game of secrets: You win or you die.ft. Niels Welligton

Se suivent et se ressemblent. La constatation, logique et désespérante, m'était apparue alors que j'inscrivais un énième code sur l'ordinateur pour qu'une de nos nouvelles créatures puisse bientôt arpenter les couloirs du labyrinthe. Rien de bien exaltant. Des jours et des jours s'étaient égrainés avec cette monotonie propre au calme avant la tempête et c'est bien cela qui réveillait cette inquiétude sourde de voir une catastrophe se produire. Cependant, ce ne serait pas pour aujourd'hui.

A la place, c'était virée dans la zone saine pour effectuer un petit test de routine à un paquet d'individus triés sur le volet - comprenez les privilégiés qui se trouveraient là par hasard - et qui se verraient expulsés manu militari si le résultat n'était pas au beau fixe. Il y avait bien des choses avec lesquelles je n'étais pas d'accord au sein du WICKED, mais les règles de vie dans la zone saine étaient les seules que j'approuvais totalement. Tout le monde n'avait pas la chance d'y séjourner, ni même l'opportunité de s'offrir le prix du séjour. A vrai dire, beaucoup auraient évoqué l'injustice de la situation, l'auraient décriée et en aurait fait un nouveau cheval de bataille pour dénoncer les agissements du WICKED. Peut-être avaient-ils raison... Je n'étais pas de leur avis. Cette zone était un des derniers sanctuaires où l'espèce humaine avait encore une infime chance de survivre en dehors d'une immunité qui projetterait une nouvelle génération dans un monde infesté. Alors bien sûr que j'étais prête à admettre que ce n'était sans doute qu'un simple retardement de l'inévitable, seulement je n'étais pas encore prête à reconnaître que les risques que je fasse partie de cette disparition prématurée étaient réels.

La tactique de l'autruche ma chérie, encore...

Dans nos combinaisons blanches, la chaleur était encore plus étouffante qu'à l'accoutumée. Cela relevait presque du ridicule sachant que nous aurions pu croiser ses personnes dans la rue en sortant du centre. Pourtant le poids des vêtements de protection sur nos épaules nous donnait cette impression illusoire d'être en sécurité. Et eux, avaient-ils conscience qu'ils ne l'étaient pas ?

Autour de nous, les gens se pressaient en des files désordonnées tandis que les gardes armés du WICKED tentaient d'y mettre vaguement de l'ordre. Les appareils de test bipaient çà et là, annonçant des nouvelles visiblement concluantes puisque aucun des individus n'avait encore été isolé sagement tel un immune et, élément fiable, aucun cri ni pleur ne déchirait l'ambiance déjà pesante pour indiquer un infecté. Ces réactions ne servaient pourtant à rien si ce n'est rendre l'expulsion plus douloureuse et théâtrale. Nous avions tous appris à nous en prémunir, à ignorer leurs affects. Enfin, "ils" avaient appris : mes collègues géraient parfaitement cette mise à distance, moi je ne faisais que la feindre en serrant les dents.

Machinalement, les bras se tendaient pour que nous puissions procéder au contrôle. Les appareils mettaient un long moment pour effectuer les analyses et je commençai à m'en agacer à force de voir la masse noircir de minute en minute. A ce rythme, la tension déjà palpable dégénèrerait bientôt et les coups de coudes discrets se transformeraient en panique piétinante. Les bas-fonds de la zone étaient les plus à même d'offrir ce type de démonstration, je doutais néanmoins que les personnes plus civilisées ne soient pas capables de la même bêtise si on les y poussait. Aucun être humain n'était assez fiable pour qu'on puisse espérer de lui plus que ce qu'on demanderait à un animal piégé...

Une goutte de sang en plus, on l'insère d'une main sûre dans le compartiment et on patiente. Le schéma se répétait et ma lassitude allait croissante. Je soupirai et levai les yeux en attendant : les visages se confondaient, tous si communs et banals... Tous sauf un. Une crinière d'un blond platine dénotait au sein de cette ruche terne et sans saveur. Mes yeux noisette étaient restés figés sur sa silhouette haute et son malaise était perceptible malgré les mètres qui nous séparaient.

Le son strident de l'appareil me sortit de ma rêverie, encore un négatif.

- C'est bon, vous pouvez y aller ! confirmai-je à la femme qui m'interrogeait du regard en pinçant ses lèvres maquillés dans une moue inquiète.

Déjà un autre s'approchait près à se soumettre à l'analyse, je le dépassai sans même un mot pour aller vers ce jeune homme qui visiblement faisait tout pour ne pas trépigner sur place. Mes sourcils se froncèrent. Que se passait-il donc ? Se pouvait-il qu'il se sache infecté ? Lorsque j'arrivais à sa hauteur, un espace s'était déjà formé dans mon sillage comme si ma seule présence était de mauvais augure. La peur avait cette capacité à s'imprimer dans l'esprit de tout un chacun avec une facilité déconcertante dès lors que l'instinct de survie entrait en jeu et l'avènement de la Braise avait su réactiver nos plus comportements les plus primaires.

Sans cérémonie, je lui tendis ma main gantée dans un geste sans appel pour obtenir le prélèvement qui dissiperait mes doutes ou les confirmerait. Fuyant son regard, je ne faisais que fixer son bras qui mettait tant de temps à se lever : ma patience était mise à trop rude épreuve chaque jour sans que je ne commence à en gaspiller les dernières miettes dans des actions à intérêt restreint, sans compter qu'il était hors de question de me laisser attendrir. C'est alors que je l'entendis, ce stridor si particulier et reconnaissable entre mille.

- Tu es asthmatique ? n'avais-je pu m'empêcher de lâcher en guise d'introduction, sans dissimuler la surprise dans ma voix.

Définitivement, mes compétences en matière de sociabilité étaient fichtrement limitées. Je le dévisageai à présent, parcourant de mes pupilles chacun de ses traits avec une insistance suspecte tant ce bruit avait réveillé en moi des souvenirs que je m'efforçai de repousser profondément dans ma mémoire.


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MessageDim 11 Mar - 14:20

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Un. Deux. Trois. Un. Deux. Trois.. Encore et encore. Voilà les nombres que se répétait le jeune homme dans sa tête en s’efforçant de se les dire intérieurement avec de plus en plus de lenteur. Cette technique l’aidait à calmer son souffle bien trop rapide ainsi que les battements de son cœur trop nerveux. Tout allait ensemble et quand il parvenait à contrôler un, il ne lui fallait pas longtemps pour contrôler l’autre. Il valait mieux utiliser ce genre de méthode plutôt que devenir accro à sa ventoline, n'est-ce-pas ? Combien de prises lui restait-il de toute manière ? Sa plus grande angoisse était de ne plus en trouver dans les sombres marchés où de finir par mourir le souffle coupé parce qu’elle était vide. Ce serait franchement bien ironique de crever comme ça alors que l’humanité entière mourrait à cause une maladie hautement contagieuse qui leur bouffait le cerveau telle des infâmes petits vers. Il n’était pas loin d’arriver à un résultat satisfaisant, mais ses espoirs furent coupés par une présence qui le força à rouvrir les yeux. Une WICKED. Un monstre devant lui. Elle était jeune, sans doute son âge, un peu plus vieille peut-être et ça le répugnait encore plus. Il avait envie de lui cracher au visage et de lui dire ses quatre vérités, mais pour une fois son maudit asthme s’avérait utile, il l’aidait à se la fermer. Il voyait bien sur son visage qu’elle était méfiante. C’était le regard de cette femme qu’il avait croisé quelques instants auparavant, c’était elle qui l’avait repéré et c’était à cause d’elle qu’il n’avait pas pu faire demi-tour. Pourquoi l’avait-elle aussi bien repéré d’ailleurs ? Il avait capté un certain ennui et une certaine habitude dans son geste trop robotique. Ces gens-là avaient ils au moins une conscience ? Celle-là semblait agacée et l’agacement était bon, il devait l’exploiter d’une manière ou d’une autre, mais il avait pour l’instant un problème plus important auquel il devait faire face. Elle devait sans doute penser qu’il était infecté à cause du fait qu’il était resté en retrait totalement paniqué. Pas très malin aurait-on pensé. Mais il n’était pas infecté, non, il était tout le contraire. Qu'est-ce qui était le plus dangereux ?

Elle lui avait tendu sa main afin qu’elle puisse le tester lui aussi. Ses yeux se fixaient sur l’aiguille qu’il n’aimait pas, il ne les avaient jamais aimé d’ailleurs. Il avait certes l’habitude de les utiliser sur les autres vu qu’il avait pas mal de compétences dans le domaine, mais sur lui ? Hors de question. Il avait sans doute été traumatisé petit par un médecin ou un autre, cela restait flou, et de ce qu’il se souvenait, il était né avec cette peur-là. Il attendait donc le fameux pic, ne pouvant pas courir, c’était trop tard, il improviserait après au pire, mais son regard orageux se releva vers elle. C’était bien la dernière question à laquelle il s’attendait. Elle avait deviné et ne paraissait pas interpréter ça comme de la peur, mais comme un phénomène médicalement gênant indépendant de sa volonté : son asthme.

- Oui, s’empressa t-il de répondre.

Il déglutit comme il le pouvait et faisait au mieux pour ignorer la sensation d’oppression dans sa poitrine renforcé par le regard de la jeune femme. Il avait l’habitude non ? Et si elle le testait et qu’elle le découvrait ? Comment allait-il prendre la fuite s’il ne pouvait même pas respirer normalement ? Il était un homme perdu à coup sûr..

- Tant de personnes à tester.., fit-il lentement entre deux souffles irréguliers en dirigeant son regard vers la grande place bondée. Vous n’êtes pas beaucoup..

Pourquoi ne pouvait-il pas cela fermer un peu ? Il avait besoin d’économiser son souffle, mais non ! C’était plus fort que lui, il devait toujours parler, se mêler de choses qui ne le regardaient pas et surtout, il écoutait son instinct qui lui disait de jouer de la sorte. Il ignorait ce qu'il lui arrivait ces derniers temps, mais ce n'était pas le Niels timide et réservé qui ne voulait pas se mêler au business d'autrui. Non, ça, c'était plutôt quand il était dans une énorme bagarre et qu'il ne pouvait pas se défendre. Ici, quand il utilisait la malice, il était différent, plus confiant, plus rentre-dedans ce qui était une chose qu'il attendait depuis longtemps.

- Mon bras vous attend, je crois.

« Mon bras vous attend » ? Voulait-il sa propre mort maintenant ? À quoi jouait-il ? Il était terrorisé à l’idée d’être testé à nouveau et pourtant, il était en train de s’offrir comme sur un plateau en or ! Qu'est-ce qui ne tournait pas rond chez lui ? Sans doute parce qu’au fond de lui, il avait encore l’espoir de pouvoir lui échapper après en courant plus vite qu’elle. Oui, c’était sans doute ça. Instinct suicidaire à la noix.  Il ne put s’empêcher de poser son autre main sur sa gorge, comme s’il désirait ardemment la calmer, ou bien s’étrangler pour lui crier « Ça suffit maintenant, laisse moi en paix, laisse moi respirer ! » Alors, oui, il attendait et il observait la fille. Elle était seule dans ce secteur, les autres étaient tous pas loin les uns des autres, comme si elle était à part, qu’elle prenait plaisir à faire sa petite aventure en solitaire. Pourquoi ? Ne se plaisait-elle pas avec les autres ? Avait-elle moins de contact avec ? Cela pouvait être intéressant et il sentait qu’il ne devait pas la lâcher, il devait trouver un moyen tout comme un autre de la suivre si elle ne voulait pas sa mort.
 
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MessageDim 11 Mar - 19:14

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L'art et la manière d'aborder un parfait inconnu en une étape. Cela pourrait être un bon titre de bouquin de développement personnel. A une époque, il y en avait quelques uns dans la bibliothèque de la maison de ma tante et mon oncle à la Nouvelle-Orléans. Tante Stacey disait que ça lui permettait d'avoir une vie plus épanouissante quand elle n'osait pas prétendre qu'ils lui permettaient de "retrouver son moi intérieur". Le nombre de fois où j'ai pu pouffer de rire alors que ma mère me jetait un regard tout aussi amusé était innombrable, seul Roman levait les yeux au ciel avec cette moue qui signifiait "pitié faites qu'elles grandissent" ce qui avait pour seul résultat d'intensifier nos rires complices. Ma mère n'avait pas réellement la posture qu'on peut attendre d'une femme qui a élevé presque seule ses deux enfants, elle était très proche de nous et si certains la pensaient laxistes, elle avait plutôt voulu nous apprendre très tôt à savoir prendre nos responsabilités. C'est sans doute cela qui nous avait permis de vivre aussi longtemps... Rectification, qui m'avait permis de vivre aussi longtemps.

J'aurais dû lire un de ces bouquins idiots, peut-être que je saurais comment ne pas simplement être moi.

Sa confirmation ne suffit pas à cacher son angoisse. Une déglutition forte plus tard, il était déjà en train de me parler de la masse de monde qui se pressait sur la place. Compacte, elle grossissait à vue d’œil et les murmures se faisaient de plus en plus insistants. Notre vitesse d'exécution ne correspondait pas à la rapidité à laquelle affluait les passants à contrôler, il allait falloir qu'on nous envoie des renforts ou qu'on aille à l'essentiel. Ce jeune homme le faisait très bien lui avec sa remarque pleine de bon sens, mais qui réveillait en moi la méfiance.

- Tu t'inquiètes beaucoup pour nous... fis-je sur un ton amusé qui ne faisait que dissimuler mes interrogations.

Qu'espérait-il ? Échapper au contrôle et si oui quelles étaient ses raisons ? Un début d'atteinte par le virus Braise, une immunité à dissimuler ou se sentait-il simplement suffisamment mal avec son asthme qui visiblement était en train de dégénérer sans qu'il ne doive rester plus longuement dans une foule oppressante ? Mes réflexions allaient bon train tandis que mon regard ne lâchait pas le sien. Il devait avoir l'âge de Roman. Correction, il avait à peu près l'âge que mon frère aurait eu s'il était encore en vie...

Alors que je ne l'espérais plus, il me tendit son bras. Un peu décontenancée, les va-et-vient trahissaient mon hésitation. A quoi jouait-il avec sa réplique qui puait la  provocation à des kilomètres ? Un mec bizarre, c'était juste un mec bizarre qui risquait peut-être de me contaminer si je n'accélérai pas le pas. Peut-être qu'il était juste en train de devenir cinglé après tout. Et puis zut ! J'attrapai son bras d'une poigne ferme pour l'empêcher de se raviser et m'apprêtai à piquer quand je le vis porter sa main à sa gorge.

Et merde...

- Suis-moi.

Sans le lâcher, je positionnai ma prise sur son biceps et l'entrainai derrière moi jusqu'en périphérie de la foule tout en me répétant que j'étais réellement trop bête et trop impulsive. Maintenant que je m'en rendais compte - mais n'est-ce pas le propre de l'impulsivité, percuter qu'on avait agi comme une imbécile seulement une fois qu'on l'avait fait -, il était trop tard pour faire marche arrière. Pourquoi fallait-il qu'un type me rappelle mon frère aujourd'hui ? Finalement, j'en venais presque à regretter l'inertie de ces derniers jours...

Une fois arrivés en bordure de la foule, je l'entraînai vers un de nos fourgons aux larges portes grandes ouvertes. Le logo du WICKED en tapissait fièrement les côtés, rappelant à quiconque l'aurait oublié grâce à qui cette zone saine existait et grâce à qui elle perdurait. Sa simple vue suffisait à poser les conditions et calmer les ardeurs, mais ce n'était pas le but recherché actuellement. Quelques caisses de matériel avaient été déchargées autour, je lui indiquai du menton l'une de celles qui étaient closes.

- Assieds-toi.

Ok, là j'étais trop directive...

- Tu devrais écarter les jambes, dis-je en réalisant à quel point je devais être bizarre. Penche-toi en avant en mettant les coudes sur tes genoux, ça ouvrira ta cage thoracique et tu respireras mieux.

Je tentai un sourire du bout des lèvres pour paraître un peu moins intimidante et je m'appuyai sans m'asseoir sur deux caisses en face de lui. Cette situation était inédite mais personne ne viendrait me demander des comptes sur mon activité, ils n'oseraient pas et surtout tous mes collègues étaient bien trop occupés ailleurs, comme l'avait justement fait remarqué l'intéressé.

- Ça va mieux ? lui demandai-je après quelques minutes de silence.

Ce jeune m'intriguait. Mon doigt jouait distraitement avec la molette de l'appareil, hésitant à le tester immédiatement ou à attendre encore un instant qu'il reprenne ses esprits. Je flirtais avec le danger, j'en avais bien conscience, et j'aimais cela.

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MessageDim 11 Mar - 20:18

Niels
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Il n’avait pas pu s’empêcher de poser cette main sur sa gorge afin de tenter de se calmer. Il se rappelait de la première vraie crise qu’il avait eu petit. Cela était arrivé à l’école lors d’un cours de sport trop intensif, il devait alors être âgé de quatre ou cinq ans. Il avait ignoré ce qu’il lui était arrivé, mais c’était comme si tout s’était coupé dans sa poitrine. Il s’était même demandé s’il n’allait pas en mourir avant qu’on ne vienne à lui pour tenter de le calmer, en vain. Les pompiers étaient arrivés, il avait été embarqué et la chose qui l’avait marqué était les couloirs de l’hôpital de Londres qui défilaient à vive allure tandis qu’on lui avait mis un masque sur le visage pour l’aider à mieux respirer. Sa mère était là, près de lui, elle lui avait tenu la main, comme toujours, quand il avait besoin d’elle. « Ça va allez Niels, je suis là » . Sa voix était si rassurante et aujourd’hui elle n’existait que dans sa tête. Il n’avait plus sa maman pour lui dire de s’accrocher.

Ses yeux gris se perdaient un peu trop, comme quand il était prêt à défaillir et la réflexion de la jeune femme lui avait paru pleine d’ironie, comme si elle reprenait le même ton qu’il avait pris précédemment. Du pur testage de limites. Parfois, Niels se brûlait quand il jouait trop avec le feu, mais ici, il avait l’impression que la température était parfaite, comme si on l’avait pré-réglé avant afin qu’il puisse s’adapter plus aisément. Il ne put s’empêcher de lâcher un léger rire au moment où la surprise apparut clairement sur le visage de son interlocutrice ce qui eut pour effet de lui faire encore plus de mal. Et c’était à cet instant-là qu’elle avait réagi. Elle avait abaissé son appareil pour le saisir assez fermement. Était-il dans les ennuis ? Qu’allait-elle faire avec lui ? Sujet suspicieux ? Ou bien personne en détresse ? La seconde option était préférable, il allait pouvoir réveiller l’être humain en elle, en espérant qu’il en restait un car avec les monstres du WICKED ce n’était pas gagné. Il fallait leur parler technique et c’était bien ce qu’il comptait faire dès qu’il en aurait l’occasion, dès qu’il serait capable de respirer une gorgée d’oxygène sans se brûler intérieurement.

Niels emboîta le pas, n’ayant guère le choix et se demandait si on les observait. Allaient-ils tous se ramener pour l’encercler et lui faire avouer ses secrets les plus profonds ? Allait-on lui faire ce qu’ils avaient fait à son grand frère ? Assez !, pensa t-il. Concentre-toi et assieds toi. Oui s’asseoir, il en avait bien besoin et la jeune femme prenait le contrôle de la situation. Ressentait-il de la peur ? À son ordre oui. S’asseoir pour quoi ? Pour être testé avec plus d’options ? Ou pour tout simplement l’aider avec sa crise ? Quand elle lui demanda d’écarter ses jambes, d’une manière aussi directe, le jeune homme releva la tête vers elle pour planter ses yeux argentés dans les siens. Ces yeux-là étaient remplis de surprise et d’incompréhension. Que diable désirait-elle faire avec lui, avec son corps ? Mais il se sentit bien stupide lorsqu’elle continua en lui conseillant de mettre ses coudes sur ses genoux afin d’aider sa cage thoracique à se libérer. Oui, c’était une bonne idée ça et il s’exécuta sans chercher à savoir pourquoi elle faisait ça. Depuis quand le verbe « aider » faisait partie du vocabulaire d’un WICKED ? Il n’avait pas intérêt à le raconter à qui que ce soit, on lui rirait au nez. Lui ? Aidé par un WICKED ? Sérieusement, c’était à en vomir de dégoût.

Il laissa le rythme de son cœur se caler au silence apaisant et par conséquent sa respiration suivre. Il lui fallu au moins quatre-cinq bonnes minutes pour ne plus avoir ce feu dans ses poumons et il pouvait avaler plus facilement, avec moins de peine. Oui, il était mieux cette fois-ci, il avait retrouvé son équilibre, il avait réussi et il hocha alors la tête à la question de la femme. Et maintenant qu’il s’était remis ? Allait-elle lui caresser la joue et déposer un baiser sur son front comme sa mère avait eu pour habitude de faire ? No way. Parfois, il se laissait trop entraîné dans ses souvenirs qui lui semblaient si.. présents en lui. Il parvenait à ressentir le réconfort rien qu’en visualisant sa mère le faire. Cette image s’en irait-elle un jour ? L’oublierait-il ? Tout comme sa voix ? Son visage ? Ou encore son étreinte et ses caresses ? Auparavant, il aurait pu dire « oui, quand je serais devenu un Fondu » , mais désormais, il n’avait plus d’excuses, alors c’était mieux comme ça, il pouvait se dire que non, il n’oublierait pas.

- Ça va mieux, merci.

Merci ? Merci à un monstre de WICKED ? Oui, il fallait bien se montrer poli s’il désirait la brosser dans le sens du poil et avec ses yeux envoûtants, son accent anglais et son air d’ange, cela n’était pas si difficile que ça. Il ne souriait cependant pas, il ne fallait pas en faire trop. Il fallait trouver un juste-milieu, comme Isaac avait pour habitude de faire quand il désirait obtenir ardemment ce qu’il voulait. Berner les gens avec douceur, mais avec fermeté à la fois. Mais était-il son frère ? Non, il était différent alors il faisait comme il le sentait tout en s'inspirant. Il expira une autre fois, libéré de son enfer et releva de nouveau les yeux vers elle.

- Maintenant que vous m’avez aidé, je peux peut-être vous proposer mon aide avec tout ces gens. Deux mains de plus ne seraient pas de trop.

Après, c’était juste son avis, mais il fallait bien qu’elle reste dans son champ de vision non ? Parce que oui, il avait décidé que c’était elle qu’il lui fallait pour son plan et pas un des autres trop.. carrés. Sérieusement, un autre l’aurait-il emmené là pour l’aider à le calmer ? Il voyait une tout autre scène se dérouler devant ses yeux pour la simple et bonne raison qu’il en avait vu des scènes où la pitié n’existait plus. Ces cris, ces pleurs et ces supplications théâtrales à n'en plus finir qui lui avaient fait tant de mal ! Ces femmes qui désiraient ne pas laisser leur enfant de l’autre côté de la barrière parce qu’il était infecté, ou encore des hommes désirant frapper ces monstres avec toute la force qui lui restait parce que leur femme enceinte était condamnée. Alors le monstre sur lequel il serait tombé aujourd’hui lui aurait empoigné le bras, planté l’aiguille afin d’avoir le résultat avant de lui offrir toute forme d’aide ou pas. Cette fille-là avait agi autrement et il n’était pas certain que ce soit exactement le bon protocole. Après tout, il aurait pu la berner afin de pouvoir mieux dégainer son couteau et la planter. Easy game. Serait-elle de cet avis-là ? Voudrait-elle encore une fois faire une légère entorse au protocole pour dire bonjour à la facilité ?
 
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MessageDim 11 Mar - 23:49

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Le silence avait cette faculté à apaiser tous les maux. Peu nombreux étaient ceux qui en connaissaient les vertus, au lieu de cela il le brisait, le malmenait, tentait de le faire taire dans des paroles inutiles. Pourtant, il était un refuge. Le genre d'espace invisible et impalpable qui permettait un recul nécessaire lorsque les évènements nous échappaient aussi facilement que les grains de sable se déversaient inexorablement dans un sablier. C'était exactement ce qu'il nous fallait, du calme pour lui et de la réflexion pour moi.

Sa respiration retrouvait une amplitude raisonnable pendant que les minutes défilaient. Moi, je ne parvenais pas à quitter sa silhouette du regard. Pas forcément très grand, une attitude banale et un visage commun... Enfin pas tout à fait : ses grands yeux d'un gris pâle dénotaient dans cet ensemble, tout comme ses cheveux d'un platine qu'on aurait dit artificiel. Il paraissait si vulnérable... Au fond, il n'était qu'un jeune paumé, pas réellement différent de tous ceux qu'on pouvait trouver au dehors ou même dans le labyrinthe. Et moi j'avais encore grillé une occasion d'éviter de sortir du rang. L'ironie de la situation me sauta aux yeux : ne plus jamais me plaindre lorsque ma vie serait un long fleuve tranquille deviendrait dès à présent mon nouveau mantra !

Bientôt, il hocha la tête. Cette pause lui avait fait du bien. Ses lèvres avaient repris une couleur décente, loin de la pâleur due au manque d'oxygène qu'elles arboraient peu avant. Même si la vulnérabilité ne l'avait pas totalement déserté, il était désormais plus aisé de ne pas songer à Roman. Ou peut-être n'est-ce qu'un leurre que je m'imposais pour reprendre les choses en main, pour éviter de mettre en danger ma seule chance de garder une apparence d'employée du WICKED dévouée. Un cheval de Troie avait besoin d'un parfait camouflage pour réussir à mettre en place sa stratégie, chaque erreur pourrait coûter cher. En payer le prix n'était pas envisageable, ni pour moi et encore moins pour eux... Pas alors qu'ils se battaient comme des lions pour survivre. Ils étaient ma priorité  maintenant que Roman n'était plus. Je lui devais de lutter pour autre chose que pour moi-même - même s'il aurait trouvé cela vraiment stupide -, et leur cause me semblait être une juste cause.

Cependant, comme souvent, je m'égarai. Je ramassais les chatons dans les poubelles et je les biberonnais avec douceur. Et le pire, c'est que je m'en voulais pour ça...

Un remerciement plus tard, je me redressai en lui servant un léger sourire tandis qu'il braquait sur moi ses prunelles argentés si particulières. Son accent sonnait comme une mélodie, il n'était pas américain. Aucune surprise là dedans, de nombreuses familles avaient tenté de fuir leur pays quand le virus s'était propagé, sans compter celles qui avaient été sélectionnées pour être emmenées de force par le WICKED et subir nos expérimentations. Personne n'avait échappé à la Braise, quelle que soit l'épilogue de leur fuite. Certains fuyaient encore...

C'était peut-être une tentative de ce genre qu'était en train de me servir cet anonyme en me proposant son aide. Son naturel suffisait à attiser mes soupçons : quand on jouait soi-même avec le feu, on en arrivait vite à s'interroger dès qu'un autre paraissait trop sympathique pour être honnête.

- Tu as des connaissances médicales ? l'interrogeai-je sans détour.

Je me redressai, quittant mon immobilité pour le toiser de haut. La simple impression de reprendre la main m'aidait à me sentir plus à l'aise. Plus dérangeant, je prenais ses paroles pour une nouvelle énigme que j'allai devoir décoder et j'adorais les défis...

- Écoute, je pense que tu es assez intelligent pour voir qu'on est débordés avec toute la foule et que tu serais pas de trop pour enclencher cette machine pendant que je ferai les prélèvements.

Un mouvement de plus, je me retrouvai accroupie devant lui. Sûre de moi et de ma provocation, je posai la main sur le bras du jeune homme tout en plantant mon regard dans le sien.

- Toutefois, va falloir faire ça avant, dis-je en soulevant mon appareil dans son champ de vision. Toujours partant pour un coup de main ?

C'était osé mais je comptais bien déceler le moindre battement de cil, le moindre soupir qui viendrait à me signifier où il voulait en venir. Car il y avait une différence entre constater notre incompétence et proposer d'y remédier... Suspicieuse, bien sûr que je l'étais à cet instant précis. Par contre, la crédulité n'avait jamais fait partie de mes défauts et je préférais m'assurer qu'il ne me jouait pas un sale tour plutôt que de m'en rendre compte une fois que je serai le dindon de la farce.


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MessageLun 12 Mar - 0:54

Niels
&
Alexandra
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Quel intense soulagement de pouvoir respirer à nouveau ! Il avait à chaque fois cette impression de pur bonheur comme si plus rien ne comptait dans la vie à part le fait qu’il était bel et bien en vie. Il se sentait revivre à ce moment et un verre d’eau aurait été parfait, mais il ne fallait pas trop en demander. Il n’osait pas ouvrir son sac à dos devant elle, car il avait bien trop de matériel dont une personne normale n’était pas censée avoir. Le nombre de matériels médicaux qu’il avait justement volé était impressionnant. Ici, il n’avait que la base tout de même, car il avait laissé le reste au QG. Il était certain qu’il avait meilleure mine, car il distinguait une espèce de soulagement - était-ce vraiment du soulagement ou se faisait-il des idées ? - sur le visage de la jeune femme. Il était déjà assez pâle de nature, alors forcément quand il n’allait pas bien, tout était pire. Le jeune homme regardait à présent l’endroit dans lequel elle l’avait amené. Il était sûr qu’il serait le seul de la foule à voir ces caisses qui contenaient, il ne savait trop quoi, des armes sans doute ou du matériel très précieux. Mais pourquoi se balader avec pour de simples tests alors ? Il se posait trop de questions comme toujours et la jeune femme semblait avoir retrouvé toutes ses idées, car pendant le long silence, elle s’était sans doute égarée dans ses pensées, comme n’importe quel être humain. Alors ce fut sans chercher midi à quatorze heures qu’elle lui demanda s’il avait des connaissances en matière médicale. Enfin ils y étaient !, pensa. t-il. Ce fut à ce moment-là que le blond s’autorisa vraiment à sourire. Cette esquisse malicieuse et à la fois fière était assez rare. Oui, il en avait et c’était bien grâce à ça qu’il allait pouvoir avoir ses chances en ce temps de crise.

- Bien sûr. J’ai tout appris dans un cabinet médical et je n’ai pas eu l’occasion de tout oublier, au contraire.

Oui, il avait même pu s’améliorer avec toute cette misère malheureusement. C’était pour lui un bonus bien utile, car cela lui permettait aussi de se soigner tout seul. Autrefois, il avait appris les bonnes bases. Il était très jeune, encore au lycée, mais ce stage avait été bien plus qu’un stage. Il avait pu manipuler et apprendre telle une vraie formation. Il avait eu une réelle chance qui n’était pas donnée à tout le monde et il avait évidemment multiplié les cours de sciences, de physique et de biologie. Le regard qu’elle lui adressait ne le gênait pas à ce moment-là, lui aussi la regardait bien dans les yeux tandis qu’il lui affirmait s’y connaître. Allait-elle lui demander des preuves en lui posant des questions sur des bases ? Si oui, il était prêt, ce n’était pas ça qui lui faisait peur. Mais le ferait-elle ? Voulait-elle être sûre au risque de perdre quelques minutes sans doute précieuses ou se laisserait-elle envoûter par sa vérité ? Elle semblait réfléchir, mais son verdict arriva très vite. Le début de la phrase sonnait bien, il sentait son cœur s’emballer un petit peu jusqu’à la fin qui lui plu aussi. Elle acceptait. C’était un bon premier pas oui. Il avançait lentement, mais sûrement.

Elle s’accroupit alors et il remarquait qu’il avait toujours les jambes écartées. Il les regarda, les referma et la regarda de nouveau tandis qu’il pressentait ce qui allait se passer ensuite. Était-ce une coïncidence qu’elle soit pile à la hauteur de son bras ? Non. Qu’allait-elle tester ? Tout ? Juste une partie parce qu’il n’avait pas l’air bien fou ? Il sentait dans le ton de sa voix qu’il ne parvenait pas à décrire qu’elle le testait oui, elle était curieuse et excitée à l’idée de pouvoir enfin faire ce qu’elle aurait dû faire depuis le début. Un truc dont elle n’avait pas le droit d’oublier, surtout si elle allait le laisser les aider. Il savait pertinnement qu’elle ne l’observait pas en détail pour rien, elle attendait quelque chose de sa part, un geste qui le trahirait, voir une mimique. Il resta normal, il ne se mordillait pas les lèvres, ne soupira pas et la regardait tout simplement avec naturel. Il avait appris que fixer pendant trop de seconde une personne était un signe de nervosité. Quand les gens mentaient, contrairement aux idées reçues, ils avaient tellement envie de savoir si la personne les croyait qu’ils ne quittaient pas leur interlocuteur des yeux, grossière erreur. C’était justement quand un regard déviait légèrement comme au quotidien que la personne n’avait rien à ne reprocher, alors ce fut exactement ce qu’il fit avant de reporter son regard sur elle en hochant simplement la tête Au diable, il improviserait après. Il n’avait pas le droit de tout faire merder maintenant, autant continuer jusqu’au bout, car ça pouvait très bien se passer, il y avait peu de chances, mais des chances quand même, alors il s’accrochait à ça.

Cependant, il ferma les yeux à la vue de l’aiguille de l’appareil, car il n’était pas à l’aise avec ça près de sa peau. Il n’aimait pas la voir, ni la sentir ni rien du tout alors il savait que ce geste était aussi normal. Il avait déjà piqué de nombreuses personnes et c’était la chose qui revenait le plus souvent. Cette réaction était naturelle et il prouvait aussi ici sans le vouloir qu’il l’était. Maintenant, il n’avait plus qu’à attendre le verdict de l’appareil et le verdict le plus important : celui de la jeune femme qui jusqu’à présent lui avait donné son aide. Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine, il ne pouvait pas s’en empêcher. Nervosité de l’aiguille mêlée à l’anxiété du résultat qui passait simplement pour sa peur naturelle de ces petites machines. Il attendait le moment où il y aurait le résultat, il était pressé, - qu’ils en finissent à la fin ! - et à la fois non, car cela pouvait jouer à la faveur de ses plans tout comme cela pouvait.. les détruire.
 
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MessageLun 12 Mar - 9:07

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Trop simple. Voilà la première pensée qui m'était apparue lorsque, après mon petit manège, j'avais observé le visage du jeune homme. La moitié des personnes qui se tenaient sur la place, à attendre leur tour, montraient des signes caractéristiques d'anxiété. Tantôt ils tentaient de fuir les regards insistants de mes collègues, tantôt ils les dévisageaient clairement. Aucun d'entre eux ne paraissait serein ou ne faisait preuve de naturel, chacun de leurs gestes se trouvaient dans une retenue précieuse, et cela était bien normal. Dans pareilles conditions, quand un filet se refermait sur nous, nous étions programmés pour nous protéger : d'abord venait l'angoisse, puis les postures défensives,... Là où l'inquiétude rongeait ses traits lorsque j'avais croisé son regard dans la foule, je devinai désormais une nonchalance qui sonnait faux.

Sa crise d'asthme pouvait être une partie de la réponse mais j'avais bien du mal à croire que ce changement de comportement se résumait à cela. Sa répartie avait disparu au profit de quoi ? Une attitude tout à fait banale ? Je devenais pire qu'un vieil enquêteur en proie à des théories conspirationnistes, certains scénaristes hollywoodiens auraient été fiers de mon imagination à l'heure actuelle. Pitoyable Alex, vraiment...

Mon doigt jouait distraitement avec la molette de sélection des tests. Infecté ou sain... Contaminable ou immune... Bien qu'il hocha la tête, son approbation n'était pas nécessaire. Qu'il le veuille ou non, j'aurais eu mon prélèvement et il m'avait déjà démontré qu'il avait bien assez de plomb dans la cervelle pour ne pas avoir de vain espoir d'y échapper. Sa résignation n'avait rien d'une collaboration, il ne faisait que ce que j'attendais de lui et je ne savais pas l'interpréter. Un jour, j'allai devoir apprendre à arrêter de réfléchir et simplement appliquer les règles sans me poser de questions.

Autour de nous, le temps paraissait s'être suspendu. L'agitation ne nous touchait pas, elle n'était qu'une vague ritournelle qui se déroulait à nos côtés sans jamais nous atteindre. Jusqu'au moment où ma seringue le toucherait. Si je découvrais qu'il était contaminé, je me mordrai les doigts pour mon incompétence et le danger dans lequel je m'étais fourrée. Et s'il était immune... Je contemplai un instant les fourgons. Si nous étions venus avec tant de moyens, c'était parce que nous espérions en trouver un.

- Ça ira vite, lui annonçai-je.

Les paupières closes, son apparente sérénité l'avait déserté. Envolé le jeune plein d'ardeur, face à la seringue il redevenait un enfant. Il voulait se montrer tellement fort et pourtant il pâlissait pour une simple piqure : cela avait quelque chose de touchant et il me vola un sourire franc que jamais il n'apercevrait. D'un geste sûr, répété des centaines de fois sûrement, je remontai sa manche et glissai une compresse pré-imbibée de désinfectant sur sa peau claire. Ses frissons sous mes doigts me donnaient encore davantage cette impression de fragilité. Je me mordis la lèvre inférieure lorsque tâtant les veines, je m'apprêtai à piquer.

- Tu as du salbutamol ? lui demandai-je alors pour détourner son attention, technique vieille comme le monde et toujours aussi efficace. Je piquai en poursuivant : De la ventoline je veux dire, tu as de quoi stopper une crise si ça se reproduit ?

Le sang commençait à remplir la seringue, doucement, lentement, millilitres après millilitres... Liquide rougeâtre qui obsédait tous les chercheurs depuis que l'épidémie s'était répandue au-delà de toutes les prévisions les plus alarmistes. Quand la quantité dépassa la cinquième graduation, ma prise se fit moins ferme et je décidai sur un coup de tête que cela était bien suffisant.

- C'est bon, tu peux ouvrir les yeux ! lui lançai-je quand la fine aiguille se retira de sa chair pour rejoindre un petit container pour les déchets biologiques attaché à la ceinture de ma combinaison.

Mécaniquement, le protocole s'enclencha. Aucune empathie là dedans, juste des étapes à suivre sans le moindre affect. La seringue fut vidée dans un tube à essai avec précaution et je l'insérai dans l'appareil. J'allai appuyer pour lancer l'analyse quand je décidai de piper les dés. Mon doigt passa sur la molette et je sélectionnai le test rapide. Sain ou infecté. Je n'en saurai pas davantage et, étrangement, cela fit ralentir les battements de mon cœur dont je n'avais pas remarqué la cadence infernale jusqu'à présent. Ce n'était pourtant pas mon test, ni même celui d'une personne que j'aurais connue. Il n'était qu'un anonyme de plus, ce qui rendait ce désir de l'aider encore plus déstabilisant. Si je commençai à me mettre en péril pour des étrangers, j'étais foutue. Pourtant, j'enclenchai l'analyse d'un simple appui vif. Le bouton céda sous la pression et les vibrations de l'objet se propagèrent dans ma paume.

J'avais précipité les choses comme si je pensais avoir peur de reculer. Sauter pour éviter de renoncer à l'aider. Sans doute n'était-il pas immune mais je n'avais pas envie de le découvrir, pas si je pouvais lui éviter de finir comme tous ceux qui étaient déjà piégés. L'incertitude était un sacré poison mais parfois il valait mieux que la vérité alors, quand le bip se fit entendre après une bonne minute où seule l'expression "en cours" me narguait, la sentence m'apparut comme le plus doux des murmures.

- Ok, on dirait que tu vas pouvoir me filer un coup de main ! lui annonçai-je. On va continuer à tester les autres avec ce programme, ça nous donnera juste leur état global et pas d'analyse détaillée mais, comme tu l'as justement fait remarqué, on est débordé alors ça accélérera le rythme !

Je me relevai et lui tendis la main pour l'aider à en faire de même. Puis je désignai du menton une combinaison posée sur un tas de sur-vêtements de rechange.

- Tu enfiles ça, on sait jamais sur quoi on peut tomber, commentai-je, avant d'enchaîner directement. Tu as déjà fait ça alors ? Tu parlais d'un cabinet, tes parents sont médecins ?

Maintenant qu'on avait écarté la possibilité qu'il pète un plomb à tout moment et qu'il se jette sur moi pour me croquer, je pouvais enfin considérer que je pouvais laisser tomber le stress d'être contaminée. Pour le reste, ça n'avait plus aucune importance et peut-être allai-je enfin pouvoir apprendre à connaître quelqu'un d'autre que mes fichus ordinateurs... On pouvait rêver, non ?

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MessageLun 12 Mar - 14:31

Niels
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Niels avait franchement l’air d’un gosse à ce moment-là et il n’en était pas spécialement fier. Son état contrastait un peu trop avec la vague de confiance et de sérénité faussée qu’il avait eu à l’instant. Elle mettrait sans doute ça sur le compte du soulagement au sujet de sa crise, mais il ferait attention à l’avenir de ne pas enchaîner contraste après contraste. Niels apprenait en même temps, et apprendre sur le terrain était la meilleure des choses pour progresser. La théorie n’était qu’une base qui était là pour guider, rien de plus, le reste, ça venait avec de l’entraînement. Si seulement il pouvait être doté du pouvoir qui lui permettait de lire dans les pensées.. ce serait bien mieux.. Tout serait plus aisé, mais ce n’était pas le cas, ce genre d’abilité n’existait pas et n’existerait sans doute jamais. Le cerveau était un bien trop grand mystère pour les scientifiques qui peinaient déjà à trouver un remède pour une maladie délirante.

Il avait fermé les yeux, mais il devait prendre sur lui pour ne pas les rouvrir, car il devinait les doigts de la jeune femme jouer avec les molettes de l’appareil. Maintenant, il commençait à comprendre comment cela fonctionnait. La machine pouvait faire un bilan complet tout comme elle pouvait ne pas le faire en se concentrant par exemple que sur l’immunité ou que sur l’infection.. c’était du 50-50 ou un truc du genre. Alors il priait intérieurement pour que ses doigts s’arrêtent sur la bonne roue et que son envie du moment lui soit favorable.. Tout pouvait basculer en une demi-seconde rien qu’avec une envie soudaine. Qu’attendait-elle pour le piquer ? Plus elle jouait avec et plus il sentait son cœur s’emballer et la sensation était bien désagréable. Le narguait-elle telle une vicieuse ? Il sentait une boule se former dans son estomac cette fois-ci, comme s’il sentait une nausée qui montait. Il devait se déstresser, mais il ne pouvait tout simplement pas alors il gardait ses yeux fermés, c’était plus facile, elle ne pouvait pas voir ses émotions.

Que préférait-il être à cet instant-là ? Infecté ou immune ? Dans tous les cas, deux scénarios affreux l’attendaient sans aucune négociation possible, mais il ne se laisserait pas prendre aussi facilement. Et une fois-là bas ? S'il réussissait ? Il aurait d’autres tests non ? Il allait falloir qu’il travaille sur comment manipuler encore plus les gens, même s’il devait avoir recours à de la violence. Il pourrait toujours les modifier lui-même grâce à « l’aide » de la personne qu’il aurait forcée. Il avait vu trop de films. Que croyait-il ? Qu’il allait dégainer son pistolet et le pointer sur la personne qui lui ferait les tests pour qu’elle change toutes les données qu’il y avait dans l’ordinateur ? Pourquoi pas ? Cela semblait si irréaliste.. mais pour le moment il n’avait que ça en tête. Le « ça ira vite » le fit rire ironiquement dans sa tête, mais il se garda bien de le montrer. Il sentit alors ses doigts tièdes remonter sa manche et effleurer sa peau. Il sentit des frissons le parcourir de la tête aux pieds et lorsque l’aiguille se planta enfin dans sa veine, le blondinet s’autorisa un soupir afin de se détendre du mieux qu’il le pouvait et de gérer sa douleur. Il était en plus bien mal à l’aise avec l’idée de voir son propre sang. Encore heureux que celui des autres ne lui faisait ni chaud ni froid. Niels comptait les secondes dans sa tête. Décidément, il n’aimait vraiment pas cette douleur et le stress lui donnait toujours ce genre de mini-vertige qui se finissait toujours une fois l’aiguille retirée. Afin de faire passer les longues secondes, elle lui posa une question, qui était simplement pour lui changer les idées. Lui aussi faisait toujours ça quand il soignait les gens, il était même le plus doué à ça avec sa voix douce et grave.

- Mhm mhm pas vraiment. Oui.. et non.. il doit m’en rester qu’un fond.. en cas "d’urgence urgence" je suppose.

C’était une jolie manière de dire qu’il était bien dans la merde, sans pour autant le formuler aussi impoliment. Il soupira de nouveau quand il sentait la chose bien profonde. Il savait que dans quelques secondes, ce serait bon. Il avait toujours les yeux fermés quand il sentit peu à peu la douleur s’évaporer. L’aiguille était bien moins profonde maintenant et la jeune femme lui apprit qu’il pouvait ouvrir les yeux. C’était l’heure du verdict. Ou du moins, du stress géant avant le verdict. Il sentait son ventre se tendre, comme si son corps avait l’envie incroyable de rejeter d’une minute à l’autre le petit déjeuner qu’il avait prit ce matin. Ses yeux s’étaient alors posés sur l’appareil en question. Il regardait pour savoir comment il fallait faire, chose qui pouvait passer pour de la curiosité et de l’intelligence vu qu’il serait censé le faire après si .. tout allait bien. Puis son cœur manqua un battement, mais son visage resta impénétrable. C’était en fait maintenant qu’elle décidait avec quel mode elle allait procéder. Tout se passa super vite, bien trop vite même si bien qu’il se rendit compte qu’il lui faudrait être très rapide. Quel mode avait-elle choisi au moment où son oreille avait capté le petit  « clic »? Ses yeux passaient de l’appareil à la jeune femme pour une fraction de seconde. Cela semblait.. bizarre, comme si elle avait conscience qu’elle commettait une « erreur » mais qu’elle faisait tout pour s’auto-convaincre que ce n’en était pas une. Il était comme ça lui aussi et il parvenait même à imaginer l’exact feeling qu’il avait quand ça arrivait. C’était désagréable, pas rassurant et stressant alors qu’il savait pertinemment que lui et lui seul ne pouvait savoir qu’il avait fait un faux pas. Le chargement était long, bien trop long, Niels avait cessé de compter les secondes dans sa tête pour la simple et bonne raison qu’il en avait perdu le compte au moment où il s’était rendu compte qu’il avait répété trois fois le chiffre vingt-deux. Après ça, son esprit s’était bloqué à « infini » jusqu’à l’instant tant redouté où le "bip" se fit entendre. Il n’osait pas relever la tête, pas maintenant. Ses yeux clairs étaient rivés sur la machine. Son cœur ne pouvait pas battre encore plus rapidement, ce n’était pas humainement possible !

Puis elle parla. Son ton était serein et il sentait à mille kilomètres le soulagement, mais ses paroles firent peur à Niels. Comment ça lui filer un coup de main ? Dans les labyrinthes ? Prisonnier ?! Mais non ! Mais quel imbécile ! Lui filer un coup de main pour les tests ! Elle avait eu le verdict et elle avait choisi le mode qui ne pouvait pas lui porter préjudice. Il n’était pas infecté, un point c’était tout. Il n’était rien d’autre, pas plus, pas moins, pas infecté, voilà et il n’allait pas capturer des gens comme lui. Le test allait être en mode rapide. Niels redescendit sa manche en hochant la tête, évacuant son énorme stress à l'intérieur et non à l’extérieur, il ne pouvait pas se le permettre. À la place, il était sérieux et jeta un coup d’œil autour de lui quand elle regagna son attention après l’avoir aidé à descendre. Elle lui désignait une combinaison. Alors ça.. ! S’il s’y était attendu !

Le soulagement de la jeune femme était encore plus perceptible que le sien à son goût, car elle parlait avec beaucoup moins de froideur. S’intéressait-elle à lui maintenant ? À ce qu’il faisait ? Ca en avait tout l’air, en tous les cas d’une manière moins distante que quelques minutes auparavant. En voyant les caisses, cela lui faisait prendre conscience qu’il lui faudrait régler son problème de ventoline, mais il n’en était certainement pas là. Son frère était plus important que ce "détail". Le jeune homme enfila alors la combinaison qui était à sa taille, elle le mettait même assez en valeur, mais il se demandait comment ils faisaient pour ne pas crever de chaud toute la journée en dessous. Il remonta la fermeture avec lenteur, prit le soin de bien mettre les manches et passa sa main dans ses cheveux blonds avant de répondre à la question. Maintenant qu’il avait la chance de pouvoir passer du temps avec elle, il allait faire en sorte de briller petit à petit.

- Mes parents n’étaient pas médecins.


Le «n’étaient » lui fit un pincement au cœur. Le jeune homme allait à partir de maintenant s’inventer une famille, ou du moins l’inexistence de son frère. Oui, maintenant, il était fils unique.Il n’allait pas le dire, car il se doutait bien que l’appareil en plus de tester était habilité à leur donner son nom, son prénom, son âge, sa taille son lieu de naissance et tout le tralala sur ce petit écran. Alors, il allait vite passer à autre chose et répondre à sa question sans passer par d’autres chemins trop dangereux. Il lui fallait effacer le visage de sa mère dans sa tête et celui de son père qui.. hantait maintenant ses cauchemars après ce qui s’était passé, il y avait maintenant cinq ans.

- J’ai eu la chance de passer mes soirées et mes week-ends dans un cabinet médical pour un stage qui en vérité s’est transformé très rapidement en formation. J’ai appris toutes les bases pratiques d’infirmier et quelques gestes très simples en matière de chirurgie.

Bien sûr, cette dernière branche à laquelle il faisait référence, il n’avait pas eu le temps de tout apprendre avec son mentor, mais maintenant qu’il était au Bras Droit, il avait rencontré quelques personnes dont des médecins et il avait adoré échanger avec eux, alors il continuait encore et encore d’apprendre. Il adorait ça. Et elle ? Comment en était-elle arrivé du côté des monstres ? La question, il la réservait pour plus tard, bien évidemment formulée autrement. Il ne devait pas paraître trop curieux dès le début, ce serait bien trop suspicieux.

- J’ai aussi la théorie évidemment. Le nombre de manuels et de fiches que je me suis bouffé.

Il laissa un petit rire amusé lui échapper en pensant à ça et son regard se dirigea vers l’appareil de la jeune femme.

- Il m’en faut aussi un n’est-ce-pas si je peux pouvoir aider ? Ca a l'air simple. On pique, on choisit le mode et puis voilà. Mais les autres ? Tu ne dois pas les prévenir ?


Simple vérification, mais les "ça a l'air simple" et "puis voilà" signifiaient aussi « je suis prêt à y aller ». Il espérait que l’aventure ne s’arrêterait pas ici. Après tout, si elle s’amusait à lui poser des questions afin de tester ses connaissances où si une situation terrible décidait miraculeusement de tomber sur eux qui le forcerait à user de ses compétences, elle devinerait et prendrait conscience que le petit blondinet pouvait être.. utile. Parce que oui, « utile » était bien le mot. On s’en fichait s’il était « gentil » « agréable » ou encore « sympathique ». S’il était inutile, il n’avait.. aucune valeur.   
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MessageLun 12 Mar - 20:31

The game of secrets: You win or you die.ft. Niels Welligton

Les montagnes-russes avaient toujours fait partie de mes manèges favoris. Les montées et les descentes qui s'enchaînaient étaient autant de façon de vivre le grand frisson que les mécaniques fantomatiques des maisons hantées de déclencher les peurs les plus primaires. Flirter avec les règles pour défier l'autorité avait quelque chose de tentant pour beaucoup de jeunes. Simplement, ce n'était pas moi. Enfin, mes anciens amis - ceux que je n'avais pas vus depuis que les éruptions solaires avaient fait de notre monde un enfer et qui devaient pour la plupart être six pieds sous terre à l'heure actuelle ou en train de hurler dans un hôtel de Fondus s'ils n'avaient pas eu de chance - n'auraient pas été d'accord. Pour eux, j'étais typiquement l'une de ces personnes qui cherchent à tester les limites. Au lieu de cela, je faisais seulement sauter les interdits pour pouvoir vivre ma vie comme je l'entendais. Les conventions n'étaient que des dictats, mais j'imaginais que ce genre d'opinions me plaçait directement dans la catégorie des réactionnaires...

J'aurais pourtant donné tout ce que j'avais pour apprendre à ne plus me laisser embarquer dans des ascenseurs émotionnels tel que celui qui venait d'ouvrir enfin ses portes pour me laisser redescendre à des préoccupations plus légères. J'étais incorrigible. Et c'était mon talent ! C'est ce que je prétextais toujours devant ma mère quand elle me regardait, les mains sur les hanches dans une posture qui voulait se donner un air d'adulte responsable. A son souvenir, mes pupilles se perdirent dans le vague et ma respiration se suspendit. Lui aussi avait perdu sa mère, enfin ses parents. Le passé ne faisaient plus qu'évoquer les morts.

- Je suis désolée, me contentai-je de lui dire.

Mes paroles ne répondaient pas aux siennes, pas du moins dans les standards habituels d'une conversation. Néanmoins, depuis plusieurs années, nous avions tous abandonnés les discussions banales. Effet pervers de vivre sur une terre où chaque jour pouvait être notre dernier. Un simple mot risquait de révéler une blessure non refermée, un vide laissé par un être cher et, ce qui était le plus triste, c'est que c'était devenu commun.

- C'est une chance cette formation... Surtout avant un aller simple pour l'apocalypse !

Moi cynique ? Jamais ou si peu. Je plaisantais ou peut-être pas tant que cela en réalité si on en croyait l'état général du pays.

- Ne répète à personne que je t'ai dit ça, on risquerait de me dire que je suis réaliste ! Mais le WICKED est heureusement là pour éviter que ça ne dégénère, finis-je en faisant taire mon petit rire afin de retrouver la place sérieuse qui devait être la mienne et prouver une fois de plus ma fidélité à l'effroyable entreprise.

Durant tout ce temps, j'avais détourné les yeux alors qu'il enfilait la combinaison. Bien sûr, il glissait celle-ci au-dessus de ses vêtements : il n'y aurait pas eu la moindre chance de se rincer l’œil au passage - et de toute manière, j'avais l'impression qu'il n'y aurait pas eu de tablettes de chocolat à admirer -, mais c'était un réflexe. J'aurais bien tenté de chasser la gêne à l'aide d'une autre boutade prouvant ma nullité sociale, il avait toutefois été bien assez rapide et s'approchait de moi en désignant l'appareil que je tenais encore entre mes mains. Alors comme ça il pensait que j'allai le laisser seul faire notre boulot et lui confier un de ses bijoux de technologie sans en savoir plus ? Il était bien positif celui-là... Soit il me pensait niaise, soit c'est lui qui l'était ! A voir...

- Minute papillon ! lui dis-je en levant ma main en signe de temps de mort. Je ne vais pas te laisser faire mumuse avec cet appareil sans que tu m'en dises plus.

Comprenait-il où je voulais en venir ? Sans aucun doute, preuve offerte qu'il avait même déjà songé au fait que mes collègues seraient bientôt au courant de sa participation.

- Alors, nom, prénom, âge et profession ? dis-je sur un ton presque autoritaire que trahissaient de fines rides au coin de mes paupières. D'accord, on oublie le dernier point : cela n'a plus grand sens pour personne aujourd'hui. Mais je tiens au reste !

Je le toisai en attendant sa réponse. Vraisemblablement, mon interrogation avait l'air beaucoup moins évidente pour lui qu'il n'y paraissait : si seulement il savait... Niels Welligton, 19 ans. Les données s'étaient affichées sur l'écran avant qu'une seconde pression ne les efface au profit du résultat. Tout cela n'était qu'un test de plus. Au fond, je n'étais pas différente de mes employeurs : impossible d'être tout à fait naturelle, je ressentais constamment le besoin d'évaluer à quel point je pouvais m'appuyer sur les autres pour, au final, en arriver toujours à la même conclusion. J'étais bien mieux seule.

Voyant qu'il mettait un peu de temps, je décidai d'ajouter un brin de pression étant donné la tâche qui nous attendait et qui, à tout moment, pouvait devenir bien plus qu'anxiogène.

- Et peux-tu me résumer les étapes d'une prise de sang ? Je te montrerai pour l'appareil mais j'aimerais être sûre que tu connais les règles d'hygiène médicale de base. Faudrait pas qu'on déclenche une épidémie pour une aiguille contaminée...

Pour la première fois depuis qu'il avait cessé d'être vulnérable, j'avais planté mon regard dans le sien avec insistance. Si ma sympathie avait été nette jusqu'à présent, il devait comprendre qu'on ne jouait pas. Des vies dépendaient de ce que nous allions faire et, s'il m'aidait, il deviendrait aussi responsable que moi de l'existence de ces gens. Or, accorder ma confiance n'avait jamais été mon fort. Donc bien que nous manquions cruellement de personnel médical, le droit à l'erreur n'était pas permis. C'était une question de vie ou de mort.

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MessageMar 13 Mar - 0:40

Niels
&
Alexandra
The game of secrets  : You win or you die.
"Tu" ? Sérieusement ? Venait-il de la tutoyer sans pression alors qu’il l’avait vouvoyé quelques instants auparavant ? Il espérait qu’elle ne remarquerait pas que la formule avait changé. Après tout, cela avait été spontané, et spontanéité pouvait être synonyme d’invisibilité non ? Il n’en était lui-même pas convaincu. La jeune femme disait qu’elle était désolée. Cette phrase, il l’avait tellement entendu si bien qu’elle lui paraissait malheureusement banale. Comment attacher de l’importance à des mots censés être rares et précieux si on les utilisait à tout bout de champ ? Niels faisait partie de ces gens qui pensaient que plus on répétait quelque chose, plus le mot perdait de son sens. Il ne répondit rien en retour, se contentant d’acquiescer légèrement la tête pour savoir qu’il avait bien reçu la phrase. Puis elle avait enchaîné la conversation sur une note assez surprenante, celle de l’ironie et ça, il ne s’y attendait pas de la part d’un WICKED. Il avait écarquillé les yeux face à sa phrase cynique. Il se retint de lui dire qu’il ne savait pas que les "sauveurs du monde" pouvaient faire dans le cynisme, mais les mots le démangeaient.

- C’est sûr. Right time je suppose.

Mais une chose était certaine, ce qu’ils ne connaissaient pas les habits légers. Cette combinaison lui donnait chaud en plus du jean qu’il portait si bien qu’il avait envie de mettre à poil en dessous, mais il doutait que les collègues de la jeune femme apprécient qu’il ne porte presque rien en dessous. Elle disait qu’il ne devait le répéter à personne et il s’autorisa un léger sourire amusé. Une WICKED qui enfreignait des règles ? Décidément, c’était de plus en plus intéressant ce qu’il avait trouvé là ! Le début de sa phrase était drôle, en revanche la deuxième était pour elle bien rattrapée, et pour lui totalement désespérante voir écœurante. Mais oui, bien sûr. Heureusement que le monde avait pour guise de gouvernants des monstres qui ne pensaient qu’à leur poire en prenant plaisir à torturer des adolescents. Ça lui donnait envie d’applaudir tiens ! Oui ! Que d’héroïsme en eux, heureusement qu’ils étaient là !

- C’est sûr. Je ne dirais rien.

Ne rien dire serait revenu à ne pas montrer qu’il était d’accord et, or, il ne voulait pas qu’elle pense qu’il n’était pas d’accord. Le WICKED était quelque chose de bien, car sinon, pourquoi voudrait-il les aider ? Incroyable. Niels n’avait pas du tout remarqué que la jeune femme ne l’avait pas regardé se changer et ses belles petites pensées concernant l’appareil furent interrompues. Évidemment, il aurait dû s’en douter, elle n’allait pas lui en laisser un, mais comment voulait-elle gagner en rapidité dans ce cas ? Ce ne seraient pas deux mains en plus alors, mais encore une fois il avait mal interprété. Non, la demoiselle faisait encore sa curieuse et commençait à lui demander qui il était vraiment en faisant au passage tomber la profession ce qui l’arrangeait, car bon, « apprenti scientifique au Bras Droit » ne l’arrangeait pas des masses non plus. Et puis n’avait-elle pas eu son nom et prénom en l’analysant tout à l’heure ? Si sans doute, et tout ceci n’était qu’un test supplémentaire. Ce n’était pas un scoop, le WICKED adorait les tests, ils vivaient pour ça, ils y prenaient plaisir ces espèces de petits vicieux, alors de son ton posé, il répondit machinalement la vérité pour une fois.

- Niels Welligton, né le 22 septembre 2141, ce qui ferait donc de moi..

Il se mit à laisser un blanc exprès pour faire semblant de réfléchir et avec un sourire, il reprit :

- Dix neuf ans. Enchanté.

Lui aussi la toisait les bras croisés qu’il décroisa aussitôt pour toucher et secouer sa combinaison de manière à se faire de l’air en dessous au niveau de son cou et de son torse.

- Il fait chaud là-dessous, comment vous faites ?

Etait-elle en sous-vêtements en dessous ? Porquoi pensait-il à ce genre de détail ? Si elle l'était, il était sûr qu'elle devait pas être trop mal, mais le point n'était pas là. La jeune femme semblait attendre autre chose de lui que ses hormones de mec parfois un peu trop vifs. Il sentait une espèce de nouvelle pression, comme si elle attendait qu’il lui réponde du tac au tac comme dans les émissions d’autrefois à la télévision où le meilleur candidat était celui qui appuyait sur un buzzer pour réponde à vive allure tout ce qu’il savait, mais Niels n’était pas comme ça, il était un jeune homme posé.

- Et bien.. je pourrais vous montrer non ? Sur vous ?


Mais il savait qu’elle dirait non, elle aurait trop peur qu’il la dupe, et que ça finisse en pure violence. Il s’était empressé de reprendre le vouvoiement, comprenant qu’elle ne rigolait pas du tout avec les informations.

- Tout d’abord, il faut bien nettoyer le matériel et changer tout ce qui doit l’être, sinon utile de continuer dans de telles conditions.. En guise de matériel, il faut des tubes, un corps de pompe à usage unique qui va permettre d’insérer l’aiguille et le tube sans se piquer. À noter que l’aiguille doit être adaptée au corps de la pompe. Par conséquent, le calibre sera choisi en fonction de l’apparence de la veine. Il faut aussi un garrot décontaminé et aussi de taille adaptée. Il faut bien veiller à se désinfecter les mains puis porter des gants.

Pendant qu’il lui expliquait, le jeune homme la regardait, puis parfois, il regardait ailleurs naturellement avant d'établir un nouveau contact visuel avec elle. Plus il parlait et plus c’était naturel pour lui. Il se sentait un peu plus à l’aise, car il était dans son domaine, il connaissait les choses, pas comme tout à l’heure où il ignorait ce qui allait lui arriver. Il ne parlait ni trop lentement, ni trop vite, sa voix grave était posée comme il le fallait.

- Concernant les lieux de ponction, ce sont les veines de l’avant-bras qui sont utilisées en priorité. Pour les membres inférieurs, ce sera uniquement sur des veines superficielles et bien sûr, on ne prend qu’en deuxième intention les veines du pli du coude. Par contre, ne jamais au grand jamais piquer dans une zone inflammatoire, un hématone, une zone sale ou infectée. Pareil, on ne pique pas sur une éruption cutanée ou dans un bras perfusé. Le triangle de sécurité et d’ergonomie doit être respecté, ce qui signifie que le matériel est égal au mot propre, le patient, puis tout ce qui est sale va à la poubelle. Pour les étapes, on place le garrot à 10-12 centimètres du point de ponction et on vérifier la présence d’un pouls artériel en contrebas sinon, c’est le risque de thrombose. On repère la veine, on vérifie sa vasodilatation pour plus de facilité, le patient serre le poing, on met le bras en déclive, on tapote la veine, on effectue un lavage avec un alcool. Pour pratiquer cette antisepsie de la peau, on procède ensuite toujours en partant du bas pour aller vers le haut car cela favorise l’afflux du sang.


Et le blondinet continuait. Il maîtrisait ça sur le bout des doigts, c’était une chose qu’il avait appris il y avait tellement longtemps, c’était même la première chose qu’on leur enseignait, alors en lui posant cela, elle lui avait vraiment fait un cadeau !

- On va de l’extérieur vers l’intérieur, faire un côté, puis l’autre et terminer par le milieu, super important, super technique. Bien sûr, on repasse jamais à un même endroit. Enfin, on pique franchement la veine en orientant le biseau de l’aiguille vers le haut à environ 45° dans le sens du retour veineux. Il faut bien maintenir le corps de pompe et là, le tube se remplit immédiatement, magie ! Pour le retirer, il faut bien maintenir l’aiguille en place.

Il continua de lui donner les derniers détails techniques dont le fait de retourner doucement le tube deux fois non trois fois, sans l’agiter. Quand il eut fini, le blondinet la regardait à la fois d’un air sérieux, et à la fois avec une légère esquisse. La prochaine fois, avant de lui poser des questions, elle réfléchirait sans doute, car vu le nombre de détails qu’il avait donné, il avait perdu pas mal de temps, mais il était clair et précis.

- Je suis prêt ?

Oh oui, prêt, il l’était, mais il n’allait pas l’affirmer vu que c’était bel et bien elle qui allait ou pas décider de lui passer un appareil pour commencer la petite aventure. Niels Welligton, apprenti scientifique au Bras Droit revêtait aujourd’hui une combinaison du WICKED, du jamais vu !  
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MessageMar 13 Mar - 9:24

The game of secrets: You win or you die.ft. Niels Welligton

Après m'avoir juré fidélité quant à mes petits écarts de conduite, les langues semblaient doucement se délier et l'ambiance s'allégeait progressivement. Sa réserve était toujours bel et bien présente, avec cette attitude de retrait qui ressemblait à s'y méprendre à ma propre zone de sécurité : celle dans laquelle je n'invitais jamais personne de peur qu'il puisse un jour me causer du tort. Mieux valait être seule que mal accompagnée disait le proverbe, je lui donnais raison sans la moindre hésitation.

Lui eut ce moment de battement caractéristique des personnes méfiantes aussi, lorsque vînt l'heure de décliner son identité. Mon petit stratagème n'aurait fonctionné qu'avec un idiot et, comme je m'en doutais déjà, il ne faisait pas partie de cette catégorie. La sueur perlait sur son front et je compris bientôt à sa remarque que ce que j'avais interprété tel une manifestation de stress n'était ni plus ni moins qu'une pure réaction biologique à la chaleur ! Fichtre, n'avait-il jamais traversé la terre brûlée celui-là pour être si sensible ?

- On se la joue tenue légère... Ce n'est pas pour rien que j'avais détourné les yeux, à moins que tu voulais justement que je regarde pour t'encourager... ajoutai-je avec un haussement de sourcils entendu et rieur.

Le sarcasme maintenant. Alex ressaisis-toi et arrête de jouer avec la nourriture. Bon ok, il ne pouvait plus devenir un encas pour le WICKED aujourd'hui grâce à ma petite manipulation - et peut-être même avait-elle été inutile -, mais tout de même je lui devais de ne pas être aussi mordante.

- Relax, je plaisante ! Respire un bon coup, cela m'étonnerait que tu sois arrivé là en tombant du ciel vu ton accent à couper au couteau alors souviens-toi de la chaleur de la terre brûlée et dis-toi qu'au moins ici tu ne risques pas les conditions climatiques désastreuses qui vont avec la chaleur !

Relativiser permettait de faire accepter de nombreuses choses aux gens, comme toute l'ineptie de cette zone saine. On relativisait le prix de séjour en se disant que les financements servaient une juste cause, qu'ils permettraient d'appuyer la recherche et paieraient prochainement la fabrication en masse d'un vaccin. Tout était dans la manière de présenter les choses. Du marketing basique, tel que celui qui permettait autrefois aux publicitaires de vous faire croire que vous aviez absolument besoin de ce fameux nouvel épilateur révolutionnaire ou que vous ne pourriez plus continuer à vivre sans avoir goûter à la saveur de cette célèbre pâte à tartiner qui réduisait des forêts à néant. Tout n'était qu'une question de présentation, d'enrobage, et plus le mensonge était gros, plus le papier cadeau se devait d'être clinquant pour attirer l’œil. Les meilleurs mensonges étaient ceux qu'on disait tout haut.

Perdue dans mes pensées, je tressautai lorsqu'il me proposa de jouer les cobayes.

- Je ne suis pas un cobaye ! répondis-je un peu trop vivement avant de tempérer : Je ne te filerai aucune aiguille tant que je ne serai pas sûre que tu saches distinguer la partie biseauté de celle à brancher sur la seringue...

Ni d'une ni de deux, il commença son exposé avec calme et méthode. Parfaitement à l'aise, il gagnait en fluidité à chaque étape de son discours, galvanisé par mon silence approbateur et son assurance qui ne faisait que croître au fil des minutes. Je n'en avais pas demandé tant. Les détails me prouvaient qu'il avait une maîtrise de la théorie, j'attendais de voir si la pratique serait aussi impeccable.

- Hé bien... lâchai-je enfin quand il marqua enfin une pause, Si cela avait été un examen, tu aurais écopé d'un A+ !

Je lui souris, franchement cette fois. Il avait gagné mon estime en se montrant ainsi sûr de lui et plein de bon sens. Oh bien sûr, il y avait eu quelques maladresses, son triangle de sécurité mal formulé plaçait notre patient dans la poubelle - ce qui n'avait d'ailleurs pas manqué de m'arracher un petit soupir rieur - et quelques questions d'habitude que nous donnaient nos formations d'origine, les variables existaient.

- Une aiguille inclinée à quarante-cinq degrés sera douloureuse et aura plus de mal à s'introduire dans la veine, si tu piques entre quinze et trente le résultat sera meilleur, lui fis-je remarquer même si cela ne représentait pas une faute. Si certains n'ont pas un bon afflux lorsque tu insères l'aiguille, remonte-la légèrement. Et tu jettes toujours tout directement dans le container à déchets biologiques attachés à la ceinture de ta combinaison avant de te rééquiper pour le suivant, c'est clair ?

Quand il eut acquiescé, je poursuivis.

- Tu as de quoi te laver les mains, des produits hydroalcooliques et des gants juste là, dis-je en désignant du menton un plan de travail sur lequel trônait notre matériel de désinfection. Va faire ça et je te confie un joujou préréglé.

Pendant qu'il se préparait, j'attrapai au vol l'une des autres employés engagées dans la mission du jour. Se dirigeant vers les stocks de tubes de prélèvement, elle se chargeait du ravitaillement de tous les autres membres de notre escouade. Sans perdre Niels des yeux, je l'interpelai :

- Mary, dis aux autres de passer sur le mode d'analyse minimale sinon on ne parviendra pas à contenir l'amas de la foule. D'ailleurs, M. Welligton va nous apporter son aide. Je viens de le tester il est ok et ses connaissances médicales nous dépanneront vu l'afflux.

La trentenaire le toisa derrière ses verres épais qui créait une illusion de loupe lorsqu'on la regardait. Elle n'approuvait pas mes directives, de toute manière elle n'approuvait jamais rien qui viennent d'un Créateur et avait beaucoup de mal à gérer le fait d'être une simple infirmière. Qu'on lui refuse les responsabilités alors qu'on les confiait à des "gamins" - selon ses propres termes - lui étaient très difficile à entendre et c'est exactement pour cette raison qu'elle se mit à pinailler.

- Alex, tu es sûre que c'est une bonne idée. Ce n'est même pas un employé du WICKED. On ne sait pas ce qu'il pourr...

Impossible d'admettre qu'elle n'avait pas un peu raison, cependant j'étais bien décidée à ne pas faire marche arrière. Les bruits de l'impatience couvraient doucement les murmures inquiets, nous n'avions plus le temps de débattre, sans compter que je ne lui avais pas demandé son avis : c'était un ordre. Je décidai donc, au lieu d'écouter plus avant ses arguments, de la couper sans autre forme de procès.

- Non, ne rétorque pas ! Nous avons une foule sur le point d'imploser alors si je dis que ce jeune homme est à l'essai, il est à l'essai. Et fais ce que je t'ai dit pour les analyses, préviens les autres.

Les lèvres de l'infirmière s'agitèrent à nouveau, pourtant aucun son ne les franchit. Elle savait que j'étais ce qui se rapprochait le plus d'un supérieur hiérarchique sur le terrain puisque aucun autre employé présent ne disposait d'autant d'accréditations que mon statut de Créatrice ne m'en octroyait. Ses doigts se crispèrent autour de la seringue qu'elle tenait en main, tout en retenant l'expression d'une moue désapprobatrice qui m'aurait à coup sûr agacée d'autant plus. Une déglutition et elle tourna les talons en direction d'une des camionnettes. Veni, vedi, vici.

Si seulement.

Tout restait maintenant à prouver. Je pivotai vers Niels et lui claquai l'appareil entre les mains avant de lui donner les dernières consignes en grippant une sacoche de matériel de prélèvement à la ceinture de sa combinaison :

- Tu restes à moins d'un mètre de moi, tu testes, tu m'appelles au moindre doute et surtout tu ne me déçois pas, lui intimai-je tandis que je me replongeai à l'avant de la foule dans l'espérance vaine qu'une nouvelle file vienne s'y créer dans l'ordre et la bonne humeur. Et une dernière chose... Si tu tombes sur un infecté, tu ne paniques pas, tu ne lui dis rien et tu fais signe à un des gars armé en combinaison qui entoure la foule, c'est clair ?

Jamais auparavant je n'avais évoqué le risque qu'il puisse être confronté à un infecté et cette perspective aurait douché la volonté des plus téméraires. Or, j'avais besoin d'être certaine qu'il ne ferait pas faux bond dans un moment critique ou ne déclencherai une émeute pour avoir été pris de panique à l'idée d'une contamination imminente. Je m'humectai les lèvres avant d'ajouter en détachant bien chaque mot :

- Tu es toujours sûr de vouloir nous aider ?

Si j'avais remis mon masque impassible d'employée modèle, sérieuse, appliquée et sûre d'elle, je bouillais intérieurement. A trop vouloir me domestiquer, le WICKED m'avait rendu plus sauvage. L'habit ne faisait pas le moine et parfois les mots m'échappaient comme autant de lames assassines. Aiguisées, elles rêvaient de trouver la parfaite cible pour mettre un terme à toute cette mascarade. Elle s'étendait pourtant sous nos yeux impuissants. Toutes les personnes ici présentes n'étaient que des pions sur un vaste échiquier. Leurs visages, leurs souvenirs, leurs pensées et même leur vie ne leur appartenaient plus depuis qu'elles avaient franchi le portique de contrôle de la zone saine. Le choix qu'elles avaient fait en acceptant ce pacte avec le diable n'aurait guère de conséquence pour beaucoup d'entre elles, une parenthèse avant la fin était tout ce que le WICKED avait à leur offrir pour l'instant. Jusqu'à ce qu'on trouve un vaccin.

La culpabilité me rongea presque immédiatement, tant et si bien que j'eus la sensation de perdre contact avec la réalité pendant un court instant. Un vaccin contre le virus VC321xb47 était une pure utopie, un Eldorado inatteignable. Pire, un mirage qu'on projetait à des milliers de vies en proie au désespoir. Une simple lueur suffisait à les maintenir sous contrôle parce qu'ils pensaient avoir une chance de s'en sortir. C'était la raison pour laquelle je n'avais pas consulté les résultats de mon test. C'est pour cette raison que je n'avais pas fait le test d'immunité à ce jeune homme qui se tenait en face de moi. Parce que si nous savions alors la flamme pourrait s'éteindre et mon âme se perdre, or je n'avais pas le droit d'abandonner. Ils ne le savaient pas et ne le sauraient sans doute jamais, mais ils avaient une alliée par-delà les hauts murs du labyrinthe ou plutôt en-dessous de ceux-ci. Si une autre personne m'avait entretenue d'un tel projet, je l'aurais accusée de perdre l'esprit et j'aurais eu raison : mon entreprise était vouée à l'échec mais mieux valait viser la lune même si on ne finissait que par atteindre les étoiles.

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MessageMar 13 Mar - 14:29

Niels
&
Alexandra
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Il ne put s’empêcher de laisser un petit rire amusé lui échapper quand elle lui apprit qu’ils se la jouaient tenue légère en dessous. Il avait donc eu raison quand il l’avait imaginé en sous-vêtements en dessous. Allait-il faire pareil vu qu’elle semblait lui offrir la possibilité ? Honnêtement, il était tenté, mais si quelque chose tournait mal et qu’il avait besoin de courir, sa tenue à lui était plus adaptée que la combinaison qui ne lui était pas familière. En tous les cas, cette jeune femme semblait avoir un certain humour que les autres WICKED n’avaient pas l’air d’avoir vu leur tête de coincés. Ça faisait tellement longtemps qu’il n’avait pas eu à faire réellement à des gens de son âge, ça, c’était tellement une autre époque. Au lycée, il avait toujours été le gars assez solitaire, rêveur, et dans ses bouquins. Le mec mystérieux à qui on n'osait pas vraiment parler, mais que l’on aimait bien regarder de loin et chuchoter des choses bizarres auxquelles il ne prêtait même pas attention. Le lycée était aux mains des gens populaires qui aimaient bien de montrer et se faire entendre. Là-bas, il n’avait été que le « petit frère d’Isaac » , si bien qu'il s'était toujours demandé si quelqu’un avait déjà fait l’effort de retenir son prénom ou pas ? Tous ces imbéciles n’étaient sans doute plus là. Enterrés ou bien ils s’étaient jetés dans la Tamise avant d'avoir eu le temps de dire « Braise ». Parfois, Londres lui manquait, mais il n’avait pas envie d’y retourner, car c’était ici pour lui que tout avait commencé et il n’aurait jamais la force d’y retourner. Voir tout ici détruit était déjà difficile, alors les endroits qu’il connaissait depuis tout petit.. no way.

Elle lui rappelait alors de se relaxer et de respirer, chose qu’on lui avait souvent dit d’ailleurs après ses crises à l’époque où il avait avec cette crainte d’en faire d’autres au moment où il s’y attendait le moins. Maintenant, il avait un peu plus l’habitude et il avait aussi la certitude de savoir gérer une personne en crise. Il l’avait déjà fait et ça l’avait aidé à se rassurer de son côté. La jeune femme avait raison quand elle disait que vu son accent bien prononcé, il n’était pas venu du Saint-Esprit. Il en avait fait du chemin jusqu’ici. À l’époque, les aéroports et les bateaux n’étaient pas encore fermés à toutes les frontières comme c’était le cas depuis maintenant bien longtemps. Tous les pays s’enterraient dans leur merde sans ne jamais avoir le moindre contact avec les autres à cause de cette peur que ce soit pire chez le voisin. Une vraie phase d’isolationnisme mondiale. Il avait donc pu partir avec son frère, mais le vol n’avait pas été direct ce qui ne rendait l'aventure encore plus effrayante. Le blondinet avait dû se rendre dans l’ouest de Londres, dans le Devon, afin de prendre un bateau où il avait tout simplement vécu l’enfer pendant sept heures de tempête dans la mer afin d’atterrir dans la ville de Caen en France et de prendre un avion pour New York. Il s'était juré de ne plus reprendre un bâteau de sa vie tellement il avait été malade. Ils s’étaient donc ensuite embarqués pour environ seize heures de vol qui avaient comptés deux escales en France où ils avaient alors eu l’horreur de découvrir que le pays des mangeurs de fromage était dans le même état d’alarme qu’eux. Le Niels de l'époque avait été exaspéré d’avoir dû passer par Lyon, pour enfin atterrir à Paris, qui était bien plus proche de Caen que de Lyon.

« Un espèce de triangle pour rien ! Ils sont mal connectés ! Y a que Paris qui compte ou quoi ? », avait-il râlé.
« Tais-toi, c’est que le début alors commence pas à te plaindre » avait rétorqué son grand frère agacé et lui aussi exténué.

Il était revenu à ses pensées aussi rapidement qu’elles étaient venues tandis que la jeune femme avait rétorqué comme il l’avait pressentit qu’elle n’était pas un cobaye. Elle ne lui avait toujours pas dit son prénom et nom comme elle l’avait exigé de lui, alors le jour où elle le laisserait la toucher, ce jour-là était loin d’être arrivé ! Cependant, à la fin de toutes ses explications remplies de détails, elle lui annonçait qu’il aurait probablement mérité un A+ , chose qu’il avait toujours eu en sciences et en biologie. Son sourire était réconfortant cette fois-ci et il appréciait qu’elle ne se méprenne pas et qu’elle reconnaisse qu’il avait bien géré. Elle lui conseilla néanmoins d’incliner plutôt l’aiguille quelques degrés en moins et il sourit.


- En théorie, c’est quarante-cinq degrés. Mais en pratique, je suis d’accord que ça diffère.

Il hocha la tête à l’information suivante concernant l’afflux de sang et sur le fait de tout jeter après.

- C’est entendu.

Elle lui montra alors qu’il avait de quoi se laver les mains et qu’il avait des gants avant de lui annoncer qu’il allait se voir confier l’appareil. Pourquoi ressentait-il une légère excitation à cette annonce ? C’était horrible de passer de l’autre côté afin de devenir comme eux, mais il comprit très rapidement que l’excitation était due au fait qu’il était en train d’accéder à la première petite étape de son plan et ça.. ça le réjouissait énormément. Non, jamais il ne serait content de se balader aux côtés d’un des monstres avec ce genre de choses dans les mains. Il se dirigea vers le matériel qu’elle lui avait désigné et se mit du produit sur les mains avant de se mettre des gants. Ce qui suivit alors, lui fit louper un battement dans sa poitrine. C’était l’heure d’un autre approuvement vu que la jeune femme venait d’annoncer officiellement qui il était et ce qu’il allait faire. Il sentit alors le regard glaçant de la femme plus âgé sur lui. Il savait pertinemment ce qu’elle pensait, mais il resta sérieux, comme s’il n’en avait qu’à faire de son regard. Sa première interlocutrice était celle qui commandait, ça s’entendait dans son ton et se remarquait dans sa manière d’être avec l’autre qui n’avait pas l’air d’aimer ça. Il comprenait, qui aimait recevoir des ordres d’une personne moins âgée que soit ? Personne, car c’était horrible pour la fierté. Au moins, la trentenaire avait raison quand elle avançait qu’ils ne savaient pas ce qu’il pouvait mijoter, mais la brunette nia la chose et confirma qu’il était bel et bien de la partie ce qui le soulageait et le satisfaisait à la fois. Les analyses allaient être faites de manière plus rapide afin que personne ne s’échappe entre les mailles d’un filet déjà bien solide. Elle fit alors un demi-tour sur elle-même pour lui donner directement l’appareil qu’il eut aussitôt tandis qu’elle lui donnait les dernières consignes à respecter. Elle s’était ensuite légèrement penchée afin d’attacher une chose à sa ceinture Pendant la première seconde, il n’avait pas compris pourquoi elle s’était mise à le toucher un peu au niveau des hanches, mais il avait vite saisi. Le moindre contact physique lui provoquait des choses étranges dans son corps, car il avait passé tellement de temps à éviter le moindre touché en se tenant toujours à un mètre d’une personne. Cela avait changé depuis qu’il savait qu’il était un immune, et ça datait de pas très longtemps, alors forcément, il n’était plus du tout habitué. Encore ici, il n’avait pas sursauté, il s’était retenu de justesse.

Elle ne voulait pas qu’il la déçoive et il se disait qu’il avait besoin de savoir comment elle s’appelait. Si jamais quelque chose tournait mal, il devait au moins savoir son identité, mais sa pensée fut distraite par quelque chose de bien plus important : l’éventuelle possibilité de tomber sur un infecté. Encore une fois, quelques temps avant il aurait bondi de crainte, mais ce qui se passait actuellement dans son cerveau se demandait bien plus ce "qu’ils en feraient" plutôt que  "qu’est ce qui va m’arriver" . Mais elle ne devait pas le savoir, il devait se montrer nerveux. Il mordillait légèrement sa lèvre et expira pour relâcher toute la pression.

- J’ai des protections. C’est juste une prise de sang, ça va aller. N‘est-ce-pas ?

Il se parlait à soi-même pour se convaincre alors qu’il était déjà convaincu, mais cela faisait parti de son jeu. Il jeta un coup d’œil à dehors, comme s’il réfléchissait et replanta ses yeux clairs dans les siens.

- Oui. J’ai des compétences, je vais pas me les garder. Allons-y, finit-il déterminé. Si je m'avère bien utile, aurais-je le droit de savoir qui vous êtes ?

Qui ne tente rien n'a rien non ? Niels serra un peu plus son appareil dans ses mains et fit un pas vers ce qui les attendait : une foule un peu trop indisciplinée qu’on cherchait justement à calmer. Cette fois-ci, ils allaient pouvoir commencer sans doute sous certains regards des autres WICKED en se demandant qui il était, car s’il n’était pas passé inaperçu dans la foule avec sa chevelure platine, ce ne serait certainement pas en WICKED qu’il le serait.
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MessageMer 14 Mar - 0:45

The game of secrets: You win or you die.ft. Niels Welligton

L'eau qui dort, s'en méfier... Au fur et à mesure que le temps s'écoulait au contact de Niels, cette vieille maxime me revenait à l'esprit sans réellement que je ne sache pourquoi. Il avait contesté, pas vraiment de la façon dont je l'interprétais mais je sentais que sous ses airs de chiot inoffensif se cachait un caractère bien plus trempé. Personne n'avait osé modérer mes propos depuis bien longtemps, depuis que j'étais devenue celle qui passait sa journée dans une salle de contrôle à programmer des monstres qui bientôt iraient tuer des adolescents. Ce genre de travail ne vous permettait pas de vous faire d'amis, du moins pas en dehors du cercle très fermé des autres Créateurs. Nous avions en commun bien des choses : notre inventivité, notre intelligence, notre vivacité d'esprit et notre adaptabilité. Le WICKED comptait là-dessus pour nous rapprocher et ils avaient raison. Même si une espèce de compétitivité pouvait parfois naître, elle n'était que là pour nous pousser à nous surpasser. L’œuvre que nous poursuivions tous devait nous amenés à rester souder. J'étais un maillon sacrément rouillé dans cette chaîne d'argent...

L'image du dernier monstre que j'avais codé le matin même s'imprima devant mon regard, remplaçant les visages de la foule qui déjà se réunissait vers nous dans l'espoir d'un contrôle plus rapide. Est-ce que d'autres Créateurs oseraient la lâcher pendant mon absence ? Un frisson parcourut mon échine sous le tissu rêche et plastique de la combinaison blanche. Si j'avais dû en donner une définition, je l'aurais rangé comme synonyme de la Faucheuse. Elle apporterait la mort et c'est ce qu'on attendait de moi, que je permette aux plus endurants de survivre car ils étaient ceux qui pourraient nous offrir une chance de créer un vaccin. Un vaccin pour que jamais plus je n'aie à demander à une personne de mon âge si elle craignait d'approcher d'autres êtres humains. Alors oui, cela m'avait fait du bien qu'il n'accepte pas tout à fait mes commentaires.

Parce que ça rendait ce moment moins hideux qu'il ne l'était en réalité.

Une impression d'être juste cette nana de vingt-et-un ans et non cette Créatrice du WICKED qui tuait des personnes qui auraient pu être mes amis... Certains l'avaient été d'une certaine façon quand on les avait testés avant qu'on les envoie dans le labyrinthe, mais une fois encore ce n'était pas le lieu ou le moment de penser à cela.

Son silence pendant ma petite altercation avec Mary m'avait confirmé qu'il savait quand la boucler, une qualité à n'en pas douter. Puis après qu'il fut équipé, l'engrenage s'était lancé dans sa course folle. Le léger tressautement à mon contact quand j'avais attaché le container me faisait penser qu'il vivait seul ou du moins qu'il n'avait pas l'habitude d'être si proche physiquement de quelqu'un. Un point commun, songeai-je mélancoliquement en me rappelant soudain que je ne pouvais pas me permettre de sympathiser avec qui que ce soit en dehors des employés du WICKED. Simple règle de sûreté, pour éviter que mes relations ne puissent porter préjudice à la mission que je m'étais fixée : moins on avait de liens à l'extérieur, plus on leur était dévoué. La théorie était belle, je l'utilisais à mon avantage.

A l'évocation de la possibilité qu'un infecté puisse se trouver dans l'amas noir qui s'étendait devant nous, son expression vira. Dans un tic nerveux, ses dents jouèrent avec sa lèvre et son corps sembla se crisper. La combinaison ne dissimulait pas tout, il devait avoir peur. Du moins, je croyais en reconnaître les signes, moi qui m'évertuais à la provoquer chez les blocards - comme ils s'étaient nommés - jour après jour pour mieux observer les activations de la zone mortelle. Le contraste qu'avait engendré ma question était saisissant : son ton tantôt suintant l'assurance était subitement devenu hésitant, si différent de sa précédente détermination que j'en vins à m'interroger. Avait-il uniquement proposé son aide sur un coup de tête pour me rendre la pareille sans réfléchir aux possibles conséquences ? Était-ce simplement l'instinct de survie qui reprenait le dessus ?

- On ne sait jamais ce qu'il peut se produire lors des tests de routine, avouai-je dans un soupir las avant d'ajouter : Je comprendrai si tu veux faire marche arrière, tu n'es qu'un civil.

Son regard erra sur la foule. Je connaissais ce doute sordide, aider au risque de mourir. Personne n'aurait dû avoir à faire un tel choix. En silence, je le contemplai pendant qu'il observait tous ces inconnus. Mon cœur se serra et je ressentis plus que jamais à quel point toutes nos actions pour eux, pour moi, pour nous, étaient vaines. Mes mains se serrèrent autour du second appareil que j'avais attrapé sur les caisses, cette futilité me donnait le vertige et j'avais besoin de me raccrocher à un élément tangible. Pourtant, malgré le risque, il finit par prendre ce ton solennel de celui qui est résigné mais qui choisit en pleine conscience l'option la moins engageante. Sans le savoir, il gagnait peu à peu ma sympathie. Et peut-être dans mon cas, cela était-il pire de risquer lui trouver des qualités plutôt que de finir infectée par la Braise...

- Très bien, lui répondis-je sobrement, avant que sa seconde réplique ne m'arrache un petit haussement de sourcils surpris.

Il fallait croire que j'avais perdu tout sens de la politesse au contact du WICKED.

- Alexandra Moore, mais appelle-moi Alex si tu veux pas mourir plus vite que si tu avais chopé la Braise !

Mon intonation se vouait rieuse. Ce qu'il ignorait, c'est que j'étais on ne peut plus sérieuse. Si on m'avait interrogée, je n'aurais pas su dire d'où me venait exactement ce surnom, je savais juste que j'y étais tellement habituée que m'appeler par mon prénom complet revenait à évoquer une parfaite inconnue. Il ne me correspondait tout simplement pas : trop sage, trop réservé, sa connotation se voulait douce et pacifique. Tout mon contraire en somme.

Ma mère l'avait utilisé avant de mourir. Alexandra, ne fais pas ça. C'était ses derniers mots. D'autres parents utilisent le prénom complet de leur enfant lorsqu'une dispute éclate ou qu'ils veulent les réprimander. Ma mère, non. Jamais. Alors quand elle m'avait dit ça entre deux râles bestiaux, j'avais compris qu'elle n'était plus là. Elle n'était qu'une enveloppe vide et, la seconde d'après, elle n'était plus rien qu'un cadavre inanimé sur le sol de ce qui avait été la cuisine de mon enfance. J'avais eu l'impression de sentir encore l'odeur des cookies qu'elle préparait lorsqu'on avait enduit la maison d'essence avant qu'une allumette ne vienne l'enflammer.

- Fais le boulot correctement et ça se passera bien, terminai-je à moitié perdue dans mes pensées. Je secouai la tête et, dans une inspiration visant à extirper ses images sanglantes de mon esprit, je lui adressai une dernière parole avant que les affaires ne reprennent : Et merci pour ton aide.

Pitoyable, j'étais pitoyable. Le masque se posa à nouveau sur mon visage. Le trouble s'était vu, j'en étais certaine mais imbécilement j'espérais qu'il n'éveillerait pas de quelconques interrogations. Quand bien même, je les balaierai d'un revers de manche : le passé n'avait plus d'importance, ne restait que l'avenir. Un avenir bien incertain dans ce monde en déperdition.

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MessageMer 14 Mar - 12:53

Niels
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Le blondinet était resté sur son point de vue en expliquant que la théorie et la pratique pouvait différer. Non pas parce qu’il ne voulait pas admettre qu’il avait eu faux et qu’elle avait eu raison, mais parce qu’il savait que c’était un fait pur et juste. Contrairement à ce qu’aurait pu faire Isaac, Niels l’avait dit avec naturel et d’un ton posé. Son frère lui se serait avancé d’un pas, l’aurait fixé dans les yeux pour l'intimider, puis aurait prit une voix assez froide pour exprimer ce qu’il avait à dire. Les gens étaient impressionnés, mais quand il le faisait sur lui, Niels se souvenait souvent lever les yeux au ciel exaspéré comme si cela ne l’atteignait pas. Et succès, cela remettait son frère à sa place dans le plus grand des calmes. Il avait d’ailleurs été très silencieux lorsque l’autre femme était arrivée pour tenter de faire sa loi, et le fait qu’il ne s’en soit pas mêlé semblait plaire ou du moins convenir à la jeune femme qui était maintenant en train de l’analyser de nouveau. Allait-elle croire à sa peur ? Ou allait-elle comprendre qu’il n’avait justement pas peur pour lui, mais pour les autres ? Il relativisa en se disant que de toute manière, c’était de la peur. Mais d’après ses paroles oui, elle le croyait et lui proposait même de faire marche arrière, chose qu’il ne ferait évidemment pas. Il avait fait mine de réfléchir alors que sa décision était toute prise. Il avait mis de la détermination dans sa voix qui l’avait un peu surprise. Sans doute s’attendait-elle à ce qu’il retire sa combinaison et qu’il lui sorte que ce n’était pas pour lui et qu’il avait changé d’avis.

Par la suite, il fut très étonné que la jeune femme se présente. Certes, il lui avait demandé, mais il lui avait fait comprendre qu’il savait qu’elle ne lui dirait qu’après qu’il ait fait ses preuves. Lui qui pensait qu’une information aussi secrète dans sa tête comme celle-ci le resterait, il eut tort, mais ce ne fut pas pour lui déplaire. Elle s’appelait donc Alexandra, mais elle lui demandait de la nommer Alex. Plaisantait-elle ? Désirait-elle qu’elle soit si familier avec elle ? Cela n’allait guère avec le vouvoiement qu’il employait depuis tout à l’heure. Si elle lui disait, c’était qu’il y avait bien une raison, mais il semblait y avoir un grand sens derrière tout ça, car elle semblait beaucoup plus douce que tout à l’heure, il commençait à se perdre. Un coup, elle l’était et quelques secondes après elle redevenait autoritaire, telle une WICKED au final. Elle semblait avoir deux personnalités, une plus naturelle et une à laquelle elle tentait de s’accrocher. Il soupira intérieurement en pensant à tout ça, il délirait complètement. Elle était une WICKED, un point c’était tout, un WICKED ne pouvait pas être un être humain attentionné, il avait appris qu’un WIKCED avait toujours quelque chose de malsain et d’horrible derrière la tête. Lui était dingue, car tenter de s’infiltrer dedans était une grande aventure et il n’était pas certain de ressortir vivant ou pire, lui-même.

Mais le blond avait esquissé un sourire à sa remarque qui se voulait assez plaisenteuse. Il devait après tout, car être utile était la priorité, mais sympathique était un petit bonus. Il se souvenait quand même que les femmes et même les gens en général appréciaient que l’on sourie un minimum à ce qu’ils disaient pour détendre l’atmosphère. De l’autre côté, ça le dégoûtait de faire ça avec un WICKED. Ils avaient déjà assez d'opportunités à être distrait, alors pourquoi les gens comme lui devaient encore plus y contribuer ? Non, ils ne le devaient certainement pas, mais là, il était obligé. Montrer sa haine était la chose à ne pas faire, non, il devait les admirer. Pas trop non plus, car cela semblerait suspect, mais avoir du respect pour eux, oui, cela semblait être un juste équilibre.

Il était maintenant temps de faire commencer les affaires et s’il faisait le boulot correctement tout se passerait bien. Niels espérait encore mieux que ça, il voulait faire ses preuves et pour le moment il semblait bien parti. Le calcul était simple pour lui : Temps de crise = désespoir et désespoir = besoin de personnes en plus pour un total de Niels personne simple + connaissances médicales = le paquet parfait de l’espoir.

Voilà maintenant qu’elle le remerciait pour son aide et il hocha la tête pour montrer qu’il avait bien reçu l’information. Il avait voulu répondre, mais en l’analysant, il avait l’impression que tout n’allait vraiment pas bien chez elle. Encore cette histoire de deux Alex différentes. La dure était de retour, et cette dure-là avait été déstabilisée par la Alex moins dure. Pourquoi ? Niels lui emboîta le pas, en possession de son appareil dans les bras et il allait bien faire attention à rester à moins d’un mètre d’elle comme elle l’avait dit. Le jeune homme analysait déjà la foule et vit un gros groupe qui était un peu plus loin que les autres WICKED débordés.

- Ce groupe là-bas. On y va et on en fait deux files.

De cette manière, il pourrait sagement rester à côté d’elle tandis qu’ils doubleraient la vitesse, mais il se rendit compte que ses paroles sonnaient comme un ordre, alors que c’était juste sa manière de raisonner à haute voix afin de s’organiser. Il eut donc le besoin de se justifier.

- C’était juste une réflexion de ma part, dans ma tête, enfin tu vois. T’en penses quoi, on fait ça ? Je pense que ça sert à rien d’aller créer d’autre files dans une file déjà à peu près faite, ça sera encore plus le bazar.

Les gens semblaient avoir capté qu’il y avait deux nouveaux WICKED sur le terrain prêts à les tester, et Niels parvenait à attraper des regards anxieux, comme le sien tout à l’heure. Cela lui faisait de la peine et très étrange d’être de l’autre côté.. Il avait l’impression d’avoir atteint le summen de la monstruosité. Mais cela fait un beau prix s’il y arrivait, alors il s’y accrochait.
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MessageJeu 15 Mar - 0:11

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La fuite. Nombreux étaient ceux qui la considéraient comme une possibilité non négligeable, parfois même lorsque les circonstances leur offraient tout un panel d'autres solutions bien moins couardes. Si je haïssais la lâcheté, le tremblement qui me secouait intérieurement me comprimait la poitrine dans un étau insupportable dont je rêvais de me libérer. Tourner talons en prétextant un matériel à aller récupérer serait si aisé, une minute seule rien de plus ne pourrait me combler. Je n'aurais même pas à me justifier : il n'était personne, encore moins qu'un subordonné. J'étais abominable, cruelle presque pendant que mes pensées s'emmêlaient.

Les reproches fusaient. Ma dernière réplique revenait en boucle tandis que j'avançai à travers la foule en emportant dans mon sillage le jeune homme discret et les souvenirs douloureux qu'il avait réveillés malgré lui. Je refusais que le masque ne se fissure, pas maintenant que je n'étais plus la seule à dépendre de ma survie, pas alors que mes désirs personnels étaient relégués au second plan. A vrai dire, ils avaient été balayés depuis le jour où le sang de ma mère avait éclaboussé mon pantalon beige. Les gouttes avaient formé des traînées indélébiles que tous les détachants du monde n'auraient su effacer. Elles s'étaient ancrées dans mon âme, avaient envahi mon existence. Ma vie s'était ensuite résumée à veiller sur Roman puis sur eux, sur tous ses oubliés qu'on privait de leur liberté au profit de ce qui devenait de plus en plus un mirage.

Si j'avais cru un jour que l'objectif avait du sens mais que seules les méthodes étaient discutables, j'en venais à douter qu'il puisse réellement exister un remède et, quand bien même ce serait le cas, pourrions-nous y arriver à temps... Toutes ces personnes qui se tenaient là seraient peut-être mortes quand nous toucherions au but, je serai peut-être morte. L'espérance de vie était devenue si relativement avec la Braise dans les parages. Dans de tels instants, il m'arrivait de m'égarer : je gâchais peut-être le peu de temps qu'il me restait avant que le virus ne me rattrape, ne s'empare de moi et ne m'envoie dans la tombe. J'aurais pu... Quoi au final ? Plus rien n'avait de sens.

Les projections étaient inutiles. Seule cette journée comptait. Les prochaines seraient des bonus, comme l'avaient été chacune d'elles depuis ces cinq dernières années.

Quand la voix de Niels s'éleva dans mon dos, je me figeai sur place. Ici et maintenant, c'est tout ce qu'il me restait. C'est tout ce qu'il restait à ces gens. C'est tout ce qu'il lui restait aussi à lui. En avait-il conscience ?

Mon immobilité soudaine l'avait interpelé. Bientôt une seconde parole vînt tempérer la première et son autorité déplacée. Mes poings s'étaient serrés, pas tant parce qu'il avait dépassé les bornes que parce que je me sentais hantée. Et, comme si cela n'était pas suffisant, mes envolées de dévoilement d'identité lui avait donné des ailes que mes pensées m'avaient donné envie de lui couper... Me tutoyer était parmi les dernières des choses à faire, la dernière après me donner des ordres. La dernière après tenter d'être sympathique avec moi. Du moins, c'est ce que je tentai de me répéter. Je n'étais pas une bonne personne, pas de celles qui peuvent se lier à quelqu'un et cette familiarité qu'il développait ne m'apparaissaient soudain plus que comme un danger, un danger immodéré qu'il me fallait éradiquer.

- Alors ne réfléchis plus à voix haute, lui assénai-je sur un ton glacial en pivotant face à lui. Si tu ne l'as pas encore compris, c'est moi qui réfléchis ici et eux qui exécutent, annonçai-je en désignant du regard mes collègues qui continuaient les tests un peu plus loin. Ton aide est la bienvenue, mais ne crois pas qu'elle est indispensable ou te donne un quelconque droit.

Je venais d'être abjecte, je l'assumais. Je n'étais pas là pour le materner, je n'étais pas là pour l'aider... Mes précédentes actions n'avaient été qu'une fichue suite d'erreurs de jugement que je devais à tout prix rectifier. Alors pourquoi n'en avais-je aucune envie ? L'égoïsme était la pire des saloperies... J'aurais tellement aimé avoir le droit d'en faire preuve, juste encore un peu avoir le droit d'être juste Alex et pas Alex la Créatrice. Le froid entre nous était palpable, je déglutis et essayai de mettre le coup de grâce à tous mes espoirs insensés de normalité.

- Nous allons vers ce groupe et nous les testerons à la chaîne, c'est tout ce qui compte.

Le repousser était la seule option acceptable. Repousser tout ce qu'il pouvait représenter. Repousser le risque de me montrer faible. Odieuse était sûrement la définition de mon comportement. Pourtant, je ne m'excusai pas avant de tourner talons pour me diriger vers la masse d'inconnus qui attendait le verdict. Je n'ajoutai rien non plus quand je me mis en place en annonçant que nous voulions deux files ordonnées et aucune esclandre. Je me tus en serrant les dents pendant que je fichai mon aiguille dans le bras de ces braves gens riches qui payaient une organisation douteuse pour une sécurité illusoire. Je rongeai ma colère sourde pendant que je pensais à ce qui m'avait amenée à être là. A être ce que j'étais.

Finalement, je me résumais peut-être bel et bien à la fille paumée que le WICKED avait cru trouver. La seule différence avec leur diagnostic, c'est que j'étais une fille paumée avec des secrets.

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MessageJeu 15 Mar - 1:17

Niels
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Pour qui venait-il de se prendre ? Si c’était sa mère qui l’aurait entendu parler comme ça, il se serait sans doute pris une bonne gifle bien méritée. Il reconnaissait qu’il avait bien laissé trop parler ses pensées et il avait également laissé une part de son caractère bizarre se développer. Cela ne ressemblait pas trop à l’ancien Niels, mais le nouveau qui gagnait en confiance semblait plus.. sauvage et plus incontrôlable.. Il n’avait clairement pas l’habitude et il avait l’impression de faire face à une sorte de crise d’adolescence qui venait assez tardivement. Il avait bien compris que la jeune femme était ce qui se rapprochait de la boss, non ? Elle avait donné un ordre à une femme plus âgée qu’elle sans aucun soucis, alors il ne voyait pas pourquoi ce serait différent avec lui. Elle s’était donc tournée pour le regarder et après un long silence de glace, elle planta ses yeux remplis de colère dans les siens. Il allait vraiment avoir des ennuis, il le savait. « Et merde » pensa t-il. Il avait mis en colère une femme et ce n’était jamais bon signe quand elles mettaient du temps à s’exprimer. Cela signifiait que les mots allaient être encore plus tranchants et lorsque ces derniers sortirent de sa bouche, il découvrit qu’il avait eu raison, même totalement raison.

Non, il ne pouvait pas réfléchir à haute voix avec elle. Oui, il avait l’habitude de parler avec les gens qu’il soignait, oui, il avait aussi pour habitude de leur expliquer tout ce qu’il faisait au moment même où il réalisait la chose, mais non, il ne devait pas faire ça avec la WICKED qui ici révélait bien son statut de monstre. Au final, il avait eu tort en délirant avec une douce Alexandra et une dure. Il n’y avait plus que la dure et la douce avait été le fruit de son imagination qui elle avait ce besoin étrange d’attention et de tendresse. Il ne baissa pas les yeux, mais il la laissa tout de même finir avant de déclarer un :

- Bien, c’est clair.

Aussi clair que du cristal même. La voix du jeune homme avait basculé dans ses intonations les plus graves et les plus sérieuses. Cette intonation ne laissait pas ses émotions transparaître, tout comme son visage soudainement masqué. C’était plus aisé comme ça. Il pouvait penser à l’intérieur de lui-même tout en prenant sur lui afin que l’extérieur soit intact tel une poupée de porcelaine qui se fissurait de l’intérieur, mais qui de l’extérieur était parfaite. Mais existait-il un moment où la poupée aurait bien trop de fissures internes au point qu’elle éclaterait de l’extérieur pour se réduire en morceaux ? Pouvait-on retarder le processus en mettant de la colle ? Pas vraiment.. l'inévitable finissait toujours par arriver. Lui, n’avait aucun droit et elle était en train de casser son espoir en lui disant que son aide n’était pas indispensable. Il voulait être utile non ? Depuis quand indispensable était synonyme d’utile ? Tout n’était pas perdu donc, et il était hors de question de la laisser le démonter aussi rapidement et aisément. Après tout, c’était sans doute encore un de ces tests à la noix et complètement tordus. Cela n’aurait servi à rien de la contredire, elle était bien au-dessus de lui de toute façon et il ne fallait pas tout faire capoter juste à cause de la colère qu’il avait en lui. Il était plus fort que ça, plus malin que ça pour ne pas faire éclater cette rage devant elle. Son frère aurait eu encore plus de mal que lui, Isaac était un être ingérable et incontrôlable, mais lui ne l’était pas. Il avait ce talent de prendre sur lui dans les situations d’urgence.

Elle lui donna alors la consigne suivante, celle d’aller vers le groupe qu’il lui avait dit. Au moins, cela signifiait que son idée n’était pas mauvaise, mais il se garda bien de lui faire remarquer. Il la regarda parfois du coin de l’oeil, mais pas souvent histoire de ne pas attirer son attention, mais il avait tout simplement envie de lui faire bouffer son appareil ! Elle avait soudainement ce petit look de sale petite prétentieuse insupportable, mais de l’autre côté, il repensait au fait qu’elle l’ai aidé. Pourquoi avait-elle fait ça ? Il était certain qu’elle regrettait, car il n’était rien du tout, pas indispensable comme elle l’avait dit ! Non, peut-être qu’au final, il était condamné à être comme au lycée : le mec étrange qu’on ne cherchait pas à approcher, qu’on laissait tout seul dans son coin et qu’on était incapable de retenir le prénom. Pff.

- Ok, c'est parti, finit-il du même ton distant et sérieux.

Puis le jeune homme mit son attention sur les gens plutôt que sur elle, il valait mieux !  Il se concentrait sur les personnes qui allaient pouvoir lui changer les idées. Ce n’était pas pour rien qu’il aimait ce qu’il avait appris. Être en contact avec les autres l’apaisait et quand un premier bras d’une personne se tendit, le jeune homme releva les yeux vers elle.

- Bonjour. Juste besoin d'un prélèvement, un petit pic et c’est tout.

La voix du blond avait perdu d’un seul coup toute froideur. Elle venait de se transformer en un son grave, doux et lent mais professionnel sans être un espèce d’iceberg. La femme devant lui hocha la tête, elle avait peur du résultat cela se voyait et il le sentait. Tout en parlant, il avait posé ses mains sur sa manche droite pour la remonter sans brutalité. Blablater sans trop blablater non plus - un rythme à la Niels dirait-il - lui permettait de trouver son bon rythme efficace.

- Vous pouvez fermer les yeux si vous préférez, ça ne va pas prendre longtemps.

Niels avait beau parler, mais il faisait les choses tout en même temps, il savait s’organiser, car il avait toujours eu sa propre organisation, alors pendant qu’il avait continué de la rassurer, il avait aussi sorti la fiole qu’il avait besoin et l’avait bien positionné. Il prépara son bras pour désinfecter l’endroit où il allait piquer et finit par planter lentement l’aiguille dans son bras en actionnant pour la première fois la manette de l’appareil. À cet instant-là, le blondinet lui expliquait que c'était déjà bientôt fini. Il ne pouvait pas ne pas parler. Cela lui faisait aussi tellement étrange d’être de ce côté et cela faisait au moins la dixième fois qu’il se le disait. Il préleva alors son sang et quand la fiole fut remplie, l’appareil se mit en marche pour l’analyse pendant environ trente secondes. Le "en cours" était en train de le narguer et lorsque l’écran afficha l’identité de la personne, il sut que le résultat arriverait ensuite. Il eut raison. Puis, ce fut un négatif qui arriva. Elle n’était pas infectée.

- Vous êtes OK madame
, dit-il avec un léger sourire doux. Suivant, annonça-il car il n'y avait aucun temps à perdre.
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MessageJeu 15 Mar - 3:38

The game of secrets: You win or you die.ft. Niels Welligton

L'aiguille perforait la peau. Les relents persistants de l'alcool médical me brûlait la gorge et me piquait les yeux. Je refusais de croire que cela pouvait être autre chose qui faisait naître cette sensation d'humidité sous mes paupières : elles qui battaient silencieusement sans qu'aucun soupçon d'humanité ne s'en échappe. Les gouttes cristallines se tarissaient dans le silence méthodique de l'enchaînement de mes mouvements. Ils écartaient d'un revers toutes les pensées parasites que je me refusais à ressasser. Cela serait inutile, une nouvelle perte de temps et d'énergie. Les dés étaient jetés depuis longtemps et je me refusais à jouer avec des vies à mon propre profit.

Dans ma paume, le bras eut un geste de recul. La seringue s'était fichée plus profondément que je ne l'aurais voulu et la veine avait éclaté. La boursoufflure sous la peau mate de cette femme montrait déjà les signes d'un hématome qui virerait au violacé dès demain matin. Elle ne pipa pas mot à mon indélicatesse, trop angoissée d'abord puis soulagée d'être saine lorsque je la graciai d'un simple accord afin qu'elle quitte la zone de test. Suivant. Le manège recommençait, ritournelle incessante.

A mes côtes, la voix de Niels remplissait l'espace. Obsédante. Il faisait preuve d'une aisance déconcertante à plonger dans la bienveillance et cela me mettait hors de moi. Sa voix, grave et patiente, devait apaiser les inconnus que nous examinions autant qu'elle alimentait ma culpabilité. J'aurais tout donné pour qu'il la boucle, pour qu'il respecte la distance que j'imposais et ne fasse pas tout pour me rappeler que je devais rester l'odieux personnage autoritaire et insensible. Les sentiments n'avaient pas leur place, ni au WICKED, ni dans ce nouveau monde que le virus Braise avait façonné.

Tous ces gens mourraient : de la Braise ou d'une autre maladie pour laquelle ils ne pourraient pas se procurer le traitement. Dans un réflexe, mon regard dériva vers Niels. Il avait suggéré ne plus posséder une quantité suffisante de salbutamol qu'en prévision d'une urgence vitale. Comment faisait-il pour continuer à vivre avec une épée de Damoclès au-dessus du crâne ?

Non Alex, cela ne te regarde pas. Ce n'est pas Roman. Ce n'est pas un Blocard. C'est juste une distraction qui te remue bien trop pour que tout ce cirque ne finisse pas par te porter préjudice, me répétai-je inlassablement pour me convaincre du bien fondé de ma décision de faire céder les barrières.

Peut-être avions-nous chacun examiné une vingtaine de personnes, clairsemant le groupe que nous avions rejoint au point que notre mission touchait à sa fin après une heure d'un froid silencieux entre nous, quand Andrew apparut dans mon champ de vision. Sa démarche était toujours aussi pataude, reflétant la flegme du rat de laboratoire qu'il était et qui ne daignait sortir le nez de son trou que si une mission officielle lui était assignée à l'extérieur. Je ne lui avais jamais posé la question - ni n'avait jeté un oeil dans son dossier, comme cela était mon habitude lorsqu'une information sur une connaissance ou un collègue venait à me manquer -, mais il devait avoir mon âge. Un peu plus âgé de deux ou trois ans peut-être... Ce n'était pas un Créateur, lui n'avait écopé que d'un poste de technicien de laboratoire : ce qui lui allait comme un gant.

Bientôt, il arriva à ma hauteur. Je congédiai mon dernier sujet de contrôle d'un "Négatif, vous pouvez circuler" aussitôt que l'appareil émit son bip et le laissai s'approcher avant d'inviter un homme à la large carrure à patienter avant de procéder à l'analyse. Andrew fit encore un pas, seuls une vingtaine de centimètres séparaient nos corps enveloppés dans notre combinaison blanche. Cette soudaine proximité me mit mal à l'aise, je fronçai les sourcils avant de saisir aux mouvements d'aller-retour de ses pupilles qu'il cherchait à jauger mon apprenti à l'essai. Les ragots avaient dû aller bon train dans le groupe de mes collègues vu sa mine circonspecte, il ne dit pourtant rien : lui savait quand se taire et je l'appréciai pour cela, d'une certaine manière.

- La gamine là-bas nous a dit qu'elle avait été contrôlée immune au point de contrôle à l'entrée de la ville, j'ai fait le test et elle dit la vérité, finit-il par me dire en indiquant d'un petit hochement de tête une direction dans laquelle j'aperçus une petite brunette qui transpirait la nervosité.

- Elle est seule ? lui demandai-je en adoptant une voix basse.

- Elle dit qu'elle n'a plus de famille.

Ma respiration faillit se suspendre, je la forçai à reprendre son rythme sans ciller. Il n'avait pas besoin d'argumenter plus longtemps. Les consignes de la journée étaient claires : nous avions besoin de sujets immunisés pour les prochains envois dans le labyrinthe et si cette gosse de treize ou quatorze printemps s'était dénoncée elle-même, je ne pouvais plus rien. Je me servirai d'elle, comme toujours les alibis étaient ma spécialité.

- Prends un garde et suivez les instructions, lui répondis-je à voix basse en jetant un coup d’œil vers Niels. Tu sais quoi faire, je viendrai la voir au centre quand nous en aurons terminé ici.

Il n'était pas nécessaire qu'il puisse percevoir le sujet de notre conversation. Après tout, il ne faisait pas partie de notre groupe et l'idée que des données sensibles soient révélées ne pourrait que me nuire. Andrew s'était encore rapproché de moi, cette proximité n'avait pas l'air de lui déplaire. J'en avais la nausée. Satisfait, il acquiesça avant de regagner sa trouvaille qu'il conduisit à l'écart sans plus tarder, un garde armé sur ses talons.

Quelques minutes plus tard, seul le bruit du moteur d'une des camionnettes aurait pu dénoncer la mascarade qui venait d'avoir lieu. Je l'ignorai ostensiblement, me concentrant sur la prise de sang que j'effectuais pour ne pas ressentir ce pincement au cœur et cette fichue sensation d'échec qui coulait dans mes veines et m'empoisonnait l'esprit.

La foule diminuait peu à peu et bientôt je décidai que les quelques sujets qui restaient devraient se contenter d'une analyse par mes collègues. Aucun infecté n'avait été détecté ce jour-là et, vu la masse que nous avions traité, j'avais envie d'y voir un petit miracle. Inconsciemment, un sourire s'imprima dans mes traits : adoucissant leur expression pensive et bien trop sérieuse pour une jeune femme dans la vingtaine. La dernière aiguille que j'avais utilisée rejoignit le container à ma ceinture, j'en scellai le couvercle d'un geste.

- Merci aux dernières personnes de la file de se diriger vers nos collègues, intimai-je au reste de ma file et à celle que traitait Niels par la même occasion. J'ajoutai à son attention : Je n'ai plus de matériel de prélèvement et je ne peux pas te laisser seul le temps d'aller en récupérer.

Mon regard s'était porté sur l'appareil qu'il avait en main, propriété du WICKED.

- Les autres termineront, lui confirmai-je avant de terminer sur un ordre dont le ton s'était voulu plus apaisé que lors de notre précédent échange :On doit se parler.

Je m'éloignai déjà quand il m'emboîta le pas. Une fois à l'écart, dans l'ombre des camionnettes, je m'assis sur une caisse et entrepris de dégrafer la combinaison. Mes bras nus s'en extrayèrent, je repoussai la toile blanche jusqu'à ma taille où je la nouais, dévoilant un fin débardeur noir et une peau où se mêlaient des symboles et dessins tracés à l'encre noire. Devant son silence, je ne pus m'empêcher de piailler :

- Tu ne croyais tout de même pas que j'étais nue là-dessous rassure-moi ?

Ton rieur, je traquai néanmoins le moindre fard qu'il aurait piqué. Fière de ma boutade et de ce qu'elle pouvait déclencher comme réaction. Néanmoins, je me ressaisis aussi vite que j'avais dérapé.

- Tu en as pensé quoi ?

Air circonspect, il devait se demander où je voulais en venir.

- De tout ce que tu as fait avec nous aujourd'hui, qu'en as-tu pensé ? précisai-je en plantant mes prunelles noisette dans l'argent des siennes.

Question orientée, délibérément. Une fois de plus, je me mentais à moi-même : j'avais prétexté qu'il était à l'essai, je devais bien l'interroger quant à son ressenti dans ce cas. C'était mon travail. Une excuse, un leurre perfide pour m'éviter de m'avouer que je n'avais pas envie de simplement le congédier...

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MessageJeu 15 Mar - 16:20

Niels
&
Alexandra
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Niels avait trouvé son bon rythme et être au contact de ces gens lui faisait tellement du bien. Pendant si longtemps il s’en était privé, terrorisé d’approcher n’importe qui de peur d’avoir la terrible maladie. Maintenant, il était libéré de cet immense fardeau, alors forcément, il avait l’impression de revivre. Il était toujours le plus doux possible, car lui aussi était un vrai bébé lorsque il était face à une aiguille plantée en lui. Il comprenait la peur et se refusait d’être la personne insensible qui s’en amusait même. Il avait toujours haï ces médecins qui se fichaient de lui à chaque fois qu’il se tendait et qu’il gémissait comme une fillette. Chacun avait bien le droit d’avoir peur et d’avoir mal non ?! Tout le monde ne ressentait pas la douleur de la même manière et le blondinet gardait parfois de mauvais souvenirs de ses visites de l’ancien temps. Alors il s’était toujours promis que lorsqu’il parviendrait à devenir ce qu’il voulait être, il le ferait dans la douceur et le respect le plus total. Il ne se rendait pas compte que son comportement agaçait la jeune femme qu’il ne regardait même plus, il était trop absorbé par ce qu’il faisait et n’avait pas besoin d’un reproche. Il faisait bien son travail en toute efficacité, alors il ne voyait pas pourquoi on irait lui chercher des noises pour sa façon d’être.

Il vit cependant à un moment le regard de la brune sur lui, il se disait qu’elle le surveillait, un point, c’était tout. Non, il ne faisait pas de bêtises et oui, il était sur le bon programme. Il avait examiné vingt-deux personnes pour le moment, Niels avait compté sans trop savoir pourquoi, mais à chaque fois, il était soulagé de voir le « sain » s’afficher. Il avait la sensation de soulagement dans son ventre à chaque fois. Il avait testé un enfant d’à peu près huit ans qui lui aussi était sain.

- C’est bien, tu as été courageux p’tit gars, finit Niels avec un sourire léger.

Bien plus que lui ne l’aurait été, mais il se retint de le sortir, car Alexandra était à côté et il était certain qu’elle écoutait la moindre de ses paroles tel un radar prêt à intervenir à la moindre faute, au moindre faux-pas. Bientôt, un homme arriva et il ne manqua pas de le regarder aussitôt. Comment devait-il se comporter ? Il était en pleine analyse et on l’observait. C’était cette fois-ci deux paires d’yeux au lieu d’une. Il se contenta d’agir comme il l’avait fait jusque-là, avec aisance, mais bientôt le discours de l’homme arriva à ses oreilles. Les mots « gamine » et « immune » avaient suffi à déclencher un énorme « bip bip attention » dans sa tête. Une gamine.. une immune.. oh non.. son sang se glaça dans son corps et il sentit une boule désagréable dans sa gorge se former. Ils allaient l’emmener. c’était fini pour elle. Il aurait pu être cette personne.. il pouvait encore l’être s'ils décidaient de le tester avec le mode complet. La chaleur de la combinaison devenait pire et de nouvelles gouttes de sueur perlaient à son front à cause de ce brasier oppressant. Une immune.. Mais il y avait quelque chose qui le chiffonnait. La gamine leur avait « dit » . À aucun moment elle n’avait gardé ça pour elle ? Pourquoi !? Mais pourquoi ?! Il ravala sa salive, et haïssait ce qu’il ressentait. Il avait énormément de peine pour elle. Il ne pouvait pas la sauver, impuissance de nouveau. La conversation semblait se faire un peu plus secrète, Alexandra avait baissé la voix et il sentit son regard qu’il avait ignoré, toujours à faire ce qu’on lui demandait un point c’était tout. Il avait eu plus de mal à parler aux gens, ses phrases étaient un peu plus les mêmes, car son oreille se concentrait sur la conversation qui allait maintenant se terminer ailleurs, loin de lui, mais il savait comment cela finirait. Ils l’emmèneraient et la feraient sans doute souffrir comme les autres.. comme son frère.

Bientôt, ce fut le vrouvroum du camion que l’on entendit. Niels avait pu apercevoir au loin la silhouette et en effet, ce n’était qu’une pauvre gamine qui allait regrettait pour le reste de sa courte existence d’avoir dit.. la vérité. La vérité était aujourd’hui un poison, tandis que les mensonges étaient la seule arme de survie possible. Pourquoi avait-elle fait ça.. ? N’avaient-ils pas eu pitié, ne serait-ce qu’une seconde d’elle ? Depuis quand les parents apprenaient à leur enfant que la vérité était la voie de la sagesse ?! Foutaises ! Le jeune homme prenait sur lui et sentit une autre sensation dans son corps : la culpabilité. S’il s’était lui dénoncé, peut-être qu’ils auraient abandonné la gamine en ne l’emmenant pas. Son coeur était aussi noué, comme si l’on avait posé quelque chose tout autour afin de l’emprisonner. Alors qu’il était en train de tester cette fois-ci un adolescent, Alexandra se tourna vers lui après avoir demandé aux deux queues de rejoindre les autres. Il fut surpris, mais elle ne tarda pas à lui expliquer pourquoi, chose qui semblait évidente au final. Il ne pouvait pas rester seul ici, elle ne lui faisait absolument.. pas confiance. Il fit donc signe aux autres de circuler après avoir lu le « sain » s’afficher pour sa dernière personne. Les quatre derniers mots de la brune le glacèrent de l’intérieur et accéléra le battement de son coeur. Ces quatre mots-là étaient dans l’ancienne vie pas du tout bon signe et de nos jours, c’était pire. Avait-elle capté sa culpabilité ? Désirait-elle l’envoyer loin d’ici ? Le trouvait-elle maintenant inutile en plus de ne pas être indispensable ? Avait-il mal fait quelque chose ? Pourquoi au grand merlin elle désirait lui « parler » ? Le verbe « devoir » résonnait comme une affreuse sentence à ses oreilles. Il hocha la tête sans discuter et emboîta le pas. Inutile de se faire du mal en s’empressant de demander « pourquoi » il savait pertinemment que cela ne fonctionnerait pas. Il avait mal au ventre à cause de la culpabilité, du dégoût, et maintenant de l’angoisse.

Ils arrivèrent de nouveau aux camionnettes où elle s’installa alors afin de retirer sa combinaison sous les yeux surpris du blondinet qui avait retenu qu’ils aimaient « se la jouer légère » . Qu’allait-elle faire ? Voulait-elle vraiment « parler » avec lui ? Déjà, tous ses sens étaient en marche pendant ces quelques secondes où elle prenait le soin de la défaire, et il fut d’autant plus étonné quand il découvrit un débardeur noir. Ses yeux descendirent une fraction de seconde vers sa poitrine pour remonter vers les endroits qui révélaient des tatouages à l’encre noire fine. Il aurait bien voulu en avoir aussi, mais sa maudite angoisse des aiguilles lui en avait toujours empêché. Il avait encore bien plus chaud tout à coup et il était certain que ses joues avaient pris une teinte plus rosie que d'ordinaire. Il se maudissait, mais tout comme les contacts physiques, le blondinet n’avait plus l’habitude. Quand elle lui parla enfin d’une voix totalement railleuse et moqueuse, il releva ses prunelles argentées vers elle. Elle s’était bien foutu de sa gueule en lui faisant croire ça. Pourquoi d’ailleurs ? Pour l’exciter ? Dans quel but ? Dans le but de le voir perdre ses moyens ? Ce type-là de distraction ne comptait absolument pas !

- Hm..


Mais elle lui avait coupé les mots. Il ne savait pas quoi répondre à ça. Oui, il avait cru. Et oui, il avait été con. Mais qu’y pouvait-il à part d’être né homme ? Il fronça alors les sourcils quand elle lui demandait ce qu’il en avait pensé. De quoi ? Les explications suivirent et le sujet bascula de nouveau vers les choses sérieuses. D’accord. Il venait de comprendre le stratagème et cette femme était un poison. Le déstabiliser pour ensuite lui poser une question aussi importante était bâtard. Il ne trouvait pas d’autre mot que ça pour qualifier son geste. Il évacua alors tout la pression de la gêne qu’il avait ressentit en expirant afin de se concentrer de nouveau. Mieux valait reprendre ses esprits plutôt que de déraper, chose qu’elle attendait.


- Tout d'abord, je pense que c’est une chose positive que nous ne sommes pas tombés sur des personnes infectées, cela signifie que Denver est pour le moment une zone saine avec des risques diminués par rapport à d’autres villes.


Mais il y avait cette histoire d’immune.. cette histoire à laquelle il ne pouvait pas faire abstraction s’il voulait faire bonne impression.

- Et puis, apparemment on a pas eu trop de mal à trouver une personne immunisée. Le bilan est encore plus satisfaisant pour un espoir de fabriquer un remède.

Foutaises. Oui foutaises ! La petite aurait vraiment dû se la fermer, car un remède n’existait pas et n’existerait jamais, ou du moins pas comme ça.

-  Toutes les personnes ont fini par être maîtrisées sans déclencher d’émeute, aussi un bon point. Ils auront d’avantage confiance en le WICKED , alors ça peut renforcer la coopération.

Mais lui n’aurait jamais confiance au WICKED, ces espèces de monstres qui n’avaient aucun scrupule à embarquer une gamine.

- C’est dont ce que nous avons besoin. De la coopération afin d’obtenir ce dont nous avons besoin coûte que coûte.

Le jeune homme regardait les yeux de la jeune femme qui était toujours et encore en train de le tester. Avait-il réussi cette phrase-là ?
CODAGE PAR AMIANTE

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We'd stared into the face of Death, and Death blinked first. You'd think that would make us feel brave and invincible. It didn't.”
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MessageVen 16 Mar - 2:29

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J'avais toujours trouvé cela grisant l'emprise que nous pouvions avoir sur une personne. Un simple geste, une attitude ou une parole suffisait à provoquer l'euphorie, à donner confiance, à déstabiliser ou à briser. Une palette d'éventualités si vaste qu'exercer ce pouvoir sur quiconque s'assimilait à de l'art, un art complexe mais qui procurait cette sensation si douce de contrôle que rien n'égalait. Maîtriser, c'était se mettre en sécurité, s'affranchir des risques : mieux valait être le prédateur que la proie.

Niels venait d'en faire les frais. Une petite mise en scène avait suffi à déclencher ses instincts primitifs : impossible de manquer sur ses joues cette étincelle prête à s'enflammer ou ses yeux qui avaient glissé sur mes formes féminines... Entre agréable et pitoyable, mon cœur balançait. Pourtant, je m'interdisais de réfléchir avec mes sentiments, il était impératif que je garde les idées claires vu les réelles circonstances qui nous amenaient à ce face-à-face. L'impression de n'être qu'une barque à la dérive sur une mer agitée me saisissait pourtant. Sans doute était-ce cela de comprendre soudain qu'on avait été privé de l'insouciance de la jeunesse... Un goût amer et une mélancolie étrange en étaient les symptômes irrépressibles, le désir ardent de tout envoyer balader sur un coup tête en était le final que je me refusais à atteindre. Mes émotions devaient se taire, c'était vital. Si les boucler à double tour et jeter la clef dans les abysses de l'Enfer avait été possible, je l'aurais fait. Ainsi, je n'aurais plus eu à songer que ma vie était encore composée d'une multitude de possibilités que j'occultai volontairement.

Alors, comme une parenthèse éphémère, je savourai son expression gênée pendant qu'il contemplait ostensiblement mes tatouages. J'avais toujours eu du succès auprès des mecs, même lorsque je n'étais encore qu'en première année au lycée. La Braise n'avait pas encore bousillé ma famille et mon caractère de feu constituait un défi de taille pour n'importe quel mec populaire qui voulait m'afficher sur son tableau de chasse. Si j'avais été de bien des fêtes, appréciant autant la solitude des écrans d'ordinateur que la décadence du mardi gras à la Nouvelle-Orléans, je n'avais pas succombé aux charmes artificiels des coquilles vides qu'étaient alors les danseurs de pacotille qui s'y trémoussaient. Il y avait bien eu quelqu'un, mais aujourd'hui qui savait où il pouvait être... Sans compter que je m'en moquai car là n'était pas la question.

Quelques secondes à peine plus tard, les yeux de Niels se relevèrent pour croiser les miens. Ma réplique le coupa, tentative de lui éviter de s'enfoncer encore davantage dans le malaise qu'il créait par son embarras à peine voilé : tentative aussi de reprendre la main sur cette situation qui à nouveau tendait dangereusement vers une chute des limites nécessaires à ma survie. Son air déconfit me fit sourire, un beau sourire en coin amusé et aussi lumineux que les petits éclats pétillants qui scintillaient dans mon regard.

Tout cela était bien plus que je ne pouvais le tolérer. La question avait remplacé l'innocence en sonnant le glas, la récréation était finie et cela valait mieux. Pour tout le monde.

Un soupir plus tard, son air confus avait été remplacé par une résignation sérieuse. Elle avait emporté avec elle son charme pour n'en faire plus qu'un animal coincé dos au mur. Si je m'étais attendue à bien des choses, l'évocation de l'immune me glaça. Visiblement, il avait tout entendu ou du moins une grande partie de la conversation mais ce qui m'interpella fut son assurance lorsqu'il décréta que cela était une véritable chance d'être parvenu à mettre la main sur elle. Pourquoi évoquait-il cette mise en évidence telle une victoire ? Que savait-il exactement ?

Le remède. Bien sûr. Cependant, cela sonnait faux pour une raison que je ne m'expliquais pas. Silencieuse, je le laissai poursuivre. Ses paroles étaient autant d'indications quant à sa personnalité et, ce qu'on pouvait dire, c'est qu'il était pour le moins pragmatique. Personne n'aurait eu une telle réponse, personne ne se serait contenté de m'exposer les faits d'une telle façon sauf s'il voulait me prouver quelque chose. La méfiance me dévorait, peut-être étais-je trop suspicieuse seulement je ne pouvais pas me permettre la moindre erreur de jugement.

Il me parlait de favoriser la confiance dans le WICKED, il faisait mine de se soucier de ce que la population pensait de nous. Son expression angoissée lorsque je l'avais repéré dans la foule me revînt en mémoire : certes, l'étouffement qu'il ressentait avait pu suffire à provoquer chez lui cette crispation qui trahissait une envie de fuir, mais je ne pouvais pas m'empêcher de penser que cela contrastait trop avec les paroles toutes faites qu'il me servait. Une vraie litanie presque trop belle pour être vraie. Une litanie dont la seule fausse note était de sonner trop juste pour être honnête.

Ce que "nous" avions besoin. Qui était-il au juste ? Un mec qui espérait pouvoir se faire une place parmi "nous" justement ? Un agent du WICKED envoyé pour me tester sur le terrain ? L'angoisse commençait à m'enserrer la poitrine. Soit il avait gagné une assurance comme on remporte le gros lot à la loterie, soudainement et sans aucune raison apparente, soit il avait très bien caché son jeu et me menait en bateau depuis le début.

- S'ils ont tous eu un test parfait, toi tu n'as pas besoin d'un examen auditif on dirait, assénai-je, amère.

Mon ombre déclinait sur le sol, s'étendait jusqu'à toucher sa silhouette qui me surplombait. Comprenait-il où je voulais en venir ?

- Cette immune est une aubaine, tu as raison, tout comme sur la situation de la zone saine, débutai-je pour faire retomber la pression pour mieux le piéger ensuite : Mais dis-moi, tu laisses souvent traîner tes oreilles où il ne faut pas ?

Ma main passa dans ma crinière auburn. La sueur rendait les racines humides et je rêvais désormais d'une douche tiède, peut-être aurait-elle la chance de noyer aussi tous les doutes atroces qu'un banal élan d'humanité avait suffi à déclencher. Cependant, ce n'était pas pour tout de suite. D'abord, je devais tirer tout cela au clair et la meilleure défense était l'attaque. Le pousser dans ses retranchements, observer et en tirer les conclusions qui s'imposaient. Les Blocards subissaient cette logique tous les jours, je leur faisais subir parce que c'est ce qu'on m'avait appris et la culpabilité me hantait. Rien ne me retînt pourtant d'utiliser précisément la même méthode avec ce jeune homme sur lequel je projetai des angoisses sans fondement. Finalement, c'était moi l'animal pris au piège.

- Je ne veux pas de rapport, terminai-je en me levant pour me mettre à sa hauteur.

Même s'il me dépassait de presque une tête, je ne me démontai pas. J'approchai lentement, jusqu'à ce que la proximité soit intimidante. Je n'étais pas bien épaisse, ni même entraînée, mais j'avais remarqué le recul et le malaise que déclenchait chez lui le contact. Je n'allai néanmoins pas jusque là, élan de générosité imbécile. Comment allait-il réagir alors que j'étais plantée devant lui ? Avait-il quelque chose à trahir ou me faisais-je des idées ? Bientôt, je saurais.

- J'étais présente, je sais exactement et bien mieux que toi ce qu'il s'est passé pendant ce contrôle. Ce que je veux savoir ce n'est pas le blabla que je vais rédiger dans le compte-rendu en rentrant au centre. Ce que je veux réellement savoir c'est ce que toi, Niels Welligton, tu en as pensé. Qu'as-tu ressenti ?

Impossible pour lui de se défiler par une pirouette, j'avais été on ne peut plus explicite. Maintenant, seule l'observation me permettrait de définir si quelque chose clochait réellement avec ce garçon ou si mes années passées au WICKED m'avait juste dotée d'une suspicion pathologique.


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MessageVen 16 Mar - 14:04

Niels
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Savait-il au fond qu’il faisait du bla-bla depuis tout à l’heure ? Oui, il n’était pas stupide, il savait que lorsque la jeune femme lui avait demandé son avis, ce n’était pas vraiment le point de vue extérieur, mais bien ce que lui avait ressenti. Il avait esquivé la question de la meilleure manière qu’il avait pu. Cela fonctionnerait-il ? En tous les cas, son malaise avait fortement diverti la jeune femme d’une façon qui lui déplaisait. Elle se moquait de lui et de sa faiblesse d’homme. De toute manière, les femmes ne pouvaient pas vraiment comprendre ce qui se passait en eux à chaque fois. C’était trop compliqué et il reconnaissait qu’il n’avait pas vraiment une bonne maîtrise de ces choses-là. Après tout, il s’était longtemps coupé des gens alors ici tout ressurgissait face à une jeune femme aux courbes qui ne lui déplaisaient pas, il fallait bien l’avouer. Mais la question n’était pas là et aussitôt qu’il avait affiché sa mine sérieuse, et elle posé la question, la fête était donc finie. Mais se rendait-elle un peu compte du pouvoir qu’elle avait rien qu’en retirant sa combinaison ?

C’était dans ce genre de moments que le jeune homme voulait que ce genre d'émotions se taisent afin de le laisser mieux réfléchir. Les autres émotions, il commençait clairement à avoir l’habitude et la douceur avec les personnes étaient un exemple pour l’aider à stabiliser sa tristesse envers eux. Cela fonctionnait à merveille si bien qu’il parvenait à bien se sentir avec eux. Quand le moment fut arrivé d’exposer tout ce qu’il avait envie de dire, il avait capté des battements de sourcils en trop chez elle quand il avait évoqué l’immune. En avait-il trop dit ? De prime abord, il avait entendu la conversation des deux parlant à voix basse juste à côté de lui, et par la suite, c’était un scénario assez logique. Le mec était parti pour aller chercher la gamine et quelques instants après, le vrombissement du camion avait été entendu alors qu’il n’était même pas l’heure de partir. Alors forcément, il ne fallait pas non plus être un génie pour comprendre. Il y avait néanmoins quelque chose de fort utile pour le jeune homme, il avait autrefois appris le langage des lèvres ainsi que celui des signes. Il maîtrisait bien le premier contrairement au deuxième où il n’avait acquérit que de simples bases comme tout le monde aurait pu le faire. Mais pourquoi le dire à Alexandra ? Cela serait-il vu comme dangereux ou comme utile ? Non, il allait rester encore dans le mystère, il ne fallait pas non plus mettre la charrue avant les bœufs s’il ne voulait pas s’attirer des ennuis.

Le jeune homme se rendait aussi compte que grâce au Bras Droit, il avait eu des vrais informations, comme le labyrinthe, alors ici, il avait failli faire une gaffe. Le coup de l’immune était rattrapable de son point de vue purement scientifique. Elle lui fit alors comprendre en moins de dix secondes que cela l’ennuyait qu’il avait bien trop entendu en rétorquant qu’il n’avait pas besoin de test d’audition. Vu comment elle le disait, il laissa une esquisse discrète se former sur ses lèvres. Elle lui apprit qu’il avait raison. Ces mots doux lui faisaient un ding ding agréable aux oreilles, mais les laissaient-ils trainer aussi souvent ? Oui, bien plus qu’elle l’imaginait. Niels était quelqu’un de très discret, mais cela ne voulait pas dire qu’il n’avait aucune stratégie, bien au contraire. Ici, il allait jouer sur une sorte de petit hasard et de bonne déduction.

- J’avance probablement trop la chose en parlant de victoire pour cette immune je ne sais pas, mais en tous cas dans ma logique quand il y a une maladie qui dévaste les populations et qu’un léger pourcentage de la population dépasse cela d’une manière ou d’une autre qui nous est inconnu, ces personnes-là sont très utiles. Ca a toujours été comme ça d’ailleurs je n’invente rien. C’est en 2050 que les scientifiques russes ont trouvé un remède contre le sida, maladie qui aujourd’hui ne représente aucune menace vu qu’on sait parfaitement la soigner, mais les générations d’avant pourraient nous assurer, si elles étaient encore en vie évidemment, que cette maladie était sans espoir et sans aucun bon traitement. Comment ont -il fait alors ? Ils ont bien dû faire des tests sur je ne sais qui. Maladie est égale à vaccin et vaccin est égal à études du vaccin. C'est inévitable pour retrouver la stabilité.

Il se tut, le jeune homme avait fini d’expliquer sa manière de voir sur ce point-là qu’il savait juste que le WICKED tentait de trouver un vaccin grâce aux immunes, mais le type de tests qu’ils leur faisaient faire lui était « totalement inconnu ».

Juste après, elle posa sa main dans ses cheveux pas totalement secs - comme les siens d’ailleurs - à cause de la chaleur. Elle avait alors fait quelques pas vers lui et cela le rendait un peu nerveux, mais il le cacha avec son air sérieux et son masque qui ne voulait afficher aucune émotion. Il attendit la suite, et elle semblait avoir compris d’une manière ou d’une autre que la proximité était encore inhabituelle pour lui. Mais ce n’était pas un malheur qu’elle possède cette information, car cela écartait bien les pensées du type « il est immune ». Au contraire, s’il ne l’était pas, ce serait justement cette proximité qui signifierait qu’il avait peur pour sa peau. C’était donc une bonne chose qu’il ne se soit pas encore totalement réadapté. De l’autre côté, ça contrastait avec les gens qu’il testait, mais cela faisait parti de son travail d’apprenti médecin. Quand il se mettait dans cette peau-là, il n’était plus le Niels normal, alors oui, c’était différent. Il se forçait donc à la regarder afin de deviner ce qu’elle voulait et il le sut. Des explications. Pas un rapport. Des sentiments. Oui. Le mot « ressenti » et « toi » ne pouvaient pas être plus explicites. La situation était difficile dans sa tête. S’il se montrait comme ces WICKED trop sadiques alors qu’il n’en était pas encore un, cela pouvait réveiller les suspicions. Néanmoins, s’il se montrait très négatif, il révélait son identité de scientifique au Bras Droit. Alors la meilleure option était de la jouer 50-50.

La première chose qu’il aurait voulue aurait été de reculer ne serait-ce que d’un seul pas pour pouvoir respirer un minimum, mais ce n’était parce qu’elle voulait n’est-ce-pas ? Si elle s’était mise presque à sa hauteur, c’était pour faire ce que lui faisait : étudier les traits du visage. Le moindre battement de sourcils en trop et le moment où il se mordillerait la lèvre ou bien s’il soupirait trop fort. En moyenne, un individu normal clignait entre sept et huit fois de l’oeil, mas lorsque c’était plus, cela pouvait signifier qu’il mentait ou qu’il était mal à l’aise ou encore curieux. Quand il était plus jeune, Niels se souvenait des rares fois où il avait été confronté à de personnes terribles qui faisaient tout pour le mettre mal à l’aise et il avait toujours eut le besoin de se frotter les yeux car il avait senti quelque chose de désagréable se passer tel qu'un petit tremblotement dans ses yeux. Passer sa main derrière sa nuque l’aidait aussi à le stabiliser.Tous ces petits gestes trahissaient et il les avait identifiés afin de ne pas se trahir et surtout de découvrir un coupable. Il avait aussi pu cerner par un froncement de sourcil trop accentué chez elle que l’utilisation du « nous » ne lui avait pas plu, il n’avait fait semer que le trouble, alors il allait s’abstenir.

- Je pense, Alex, que ce que j’ai réalisé au sein de vous tous que c’était quelque chose d’essentiel à faire pour maintenir la stabilité dans Denver. J’ai bien aimé le contact indirect avec les personnes bien que le Niels normal ne soit pas encore bien habitué. Mais quand je deviens le Niels médecin, cela n'a plus d’importance dans ma tête et j'y arrive.

Il commençait par des vérités afin de se détendre et mieux mentir après s’il en avait besoin, ce qui était très probable. Il s’adressait à elle toujours avec cette voix calme et posée.

- Parler un petit peu à chacune de ces personnes est intéressant, même si je ne les reverrais sans doute jamais, mais c’est pour ça que j’ai toujours voulu devenir médecin. Parce que je voulais à ma manière casser ce froid entre le médecin et le patient. Je voulais plus que ça et ça m’aide à trouver un équilibre entre le fait d’avoir peur qu’un possible infecté s’approche de moi dans la vraie vie, et le fait que je puisse me retrouver face à un infecté quand je suis Niels le médecin. Pour moi, ce n'est pas pareil.

Il continuait à lui expliquer ce qu’il ressentait et il avait bien casé le fait qu’il n’était pas à l’aise avec une possible personne infectée quand il était juste lui-même.

- Dans la vraie vie, je suis obligé de les fuir, mais quand je suis l’autre Niels, je ne dois pas et encore aujourd’hui ça me la bien rappelé. Par conséquent, ça m’aide à évaluer plutôt que de fuir, à part dans les extrêmes situations où ce sont des fondus réellement atteints qui me poursuivent sans aucune humanité. Le stade est bien trop élevé. Faire ça tout à l’heure avec vous, m'a permis de me rappeler que le travail d’équipe était toujours possible dans ce monde. Il n’y a pas que les voyages en solitaire qui comptent. Ça ne pèse rien, ça n’a aucune incidence sur l’humanité, alors qu’avancer avec un but commun, c’est tout autre chose et c'est ça que j'ai aimé parce qu'on peut avoir l'espoir d'un remède.

Le blondinet avait pour le moment fini, il avait dit une part de vérité sauf la fin où c'était un gros mensonge pour lui. Il savait qu’elle allait analyser tout ce qu’il avait dit, mais parler semblait lui avoir fait du bien, il s’était détendu face à cette proximité qu’elle lui imposait.

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MessageSam 17 Mar - 3:09

The game of secrets: You win or you die.ft. Niels Welligton

Le moins qu'on puisse dire, c'est que Niels avait de la ressource. L'esquisse de sourire que j'avais perçu au coin de ses lèvres avait désormais totalement disparu pour laisser place à un visage tiré par des traits sérieux, les mêmes qu'il avait affichés plus tôt lorsqu'il avait détaillé consciencieusement le protocole demandé. Un raisonnement de plus fut étalé, un raisonnement erroné. Il était si loin de se douter que les tests dont il parlait n'avait aucune commune mesure avec ce que nous pratiquions au WICKED. Là où il s'agissait de simples essais cliniques classiques, randomisés contrôlés en double aveugle, dans le cas de cette découverte scientifique majeure, nous nous affranchissions de toutes les règles éthiques au WICKED et suivions une méthodologie précise mais sans fondement. Innovant, comme la Braise. Voilà la justification ultime que les responsables clamaient à qui voulaient l'entendre. Simpliste, cruel même, pourtant cela suffisait aux riches investisseurs qui continuaient sans cesse à financer nos folies, leur espoir.

Bien que sa mine fut en accord avec son discours, la neutralité de son expression restait suspecte. Moi qui avais cru le déstabiliser encore davantage par mon approche, je me retrouvai face à un discours tout à fait structuré et sans le moindre accroc. Cela ne faisait que me prouver qu'il possédait un parfait contrôle de lui-même : à la fois qualité et défaut, la crainte d'être face à une manipulation laissait pourtant place à un sentiment d'apaisement. Il s'exprimait avec tant de facilité qu'on devinait sans peine l'honnêteté qu'il mettait dans ses propos. L'aveu de sa dualité faisait écho à mon propre cisaillement interne, la coupure était si douloureuse que je comprenais sans mal ce qu'il tentait d'exprimer lorsqu'il évoquait l'humanité dont il parvenait à faire preuve quand ses compétences médicales étaient utiles. La peur aussi, je la saisissais, elle me broyait les entrailles à chaque contrôle et je la noyai en restant machinalement fixée sur mon objectif. Lui avait cela dans le sang, impossible de manquer sa bienveillance.

Les mots qu'ils avaient distillés au cours de notre mission me revenaient en mémoire et soudain l'énervement que j'avais ressenti en l'écoutant porter tant d'attention à ses inconnus prit sens : cela faisait bien longtemps - non, trop longtemps en réalité - que je n'avais plus assisté à une telle scène. S'intéresser à quelqu'un d'autre que soi-même était devenu pure hypocrisie, ne comptait que ce qu'on pouvait retirer de l'autre. Souvent, je m'étais imaginée que cela était le propre du WICKED avant de me souvenir de ce que mon frère et moi avions vécu après la mort de notre mère. Personne n'était plus innocent, même ce jeune homme que j'avais à peine rencontré en avait conscience... Pourtant, il arrivait à transgresser les barrières parce qu'il avait une vocation.

J'aurais aimé pouvoir en dire autant.

A vrai dire, j'avais imaginé devenir bien des choses quand j'étais plus petite. Je ne me souvenais pas avoir un jour avoir voulu être une princesse comme tant de fillettes arborant des paillettes à longueur de journée, ni même espérer plus tard changer le monde en devenant une éminente politicienne défendant les droits de l'Homme ou encore un héros du quotidien sous les traits d'une policière... Mes rêves se résumaient à une envie de grandir, sans savoir où cela me conduirait. Si on m'avait dit que c'était sous les traits d'une scientifique aux talents informatiques que je viendrai me présenter en sauveuse d'un monde en décadence, j'aurais sans doute expédié cette prévision avec un rire cristallin et une moquerie clairement affichée. Je n'étais pas cette personne. Qui étais-je d'ailleurs ?

Je n'avais pas cillé malgré les pensées qui se bousculaient dans mon esprit. Je l'écoutais dans un silence qui avait retrouvé une certaine douceur, mes traits devenant moins durs à chacune de ses paroles. Au fond, je l'enviais d'avoir cette possibilité de se raccrocher à quelque chose de tangible. Je n'avais pour moi qu'un but, peut-être louable, mais qui parfois me paraissait si lointain que je doutais d'avoir les épaules assez larges pour une telle mission, que je doutais même de survivre assez longtemps pour la mener à bien, que je craignais de "les" abandonner. Comme Roman.

En contemplant ses yeux clairs, une évidence m'apparut : il vivait pour faire ce qui lui plaisait et, plus encore, ce qui lui semblait juste envers les autres. J'entrouvris légèrement les lèvres pour inspirer lentement mais profondément une bouffée de l'air chaud qui faisait reluire nos fronts où perlaient quelques gouttelettes translucides. Je me perdais dans son discours, oubliant presque les doutes affreux qui m'avaient traversé l'esprit plus tôt. Si je le savais malin, il ne pouvait néanmoins pas tant contrefaire l'émotion dans sa voix. Cette sonorité qui se voulait posée mais dans laquelle on pouvait presque caresser la vulnérabilité à laquelle il se sentait exposé à chaque fois qu'il endossait le rôle pour lequel il était utile. Plus encore, la peur qui suintait ses mots posaient une douloureuse constatation : il était trop humain pour ne pas finir par souffrir.

Après m'avoir fait passer par toute une palette d'émotions, il venait de réveiller en moi la pire d'entre elles : la compassion. Ce zeste d'humanité me donnait le tournis, tant et si bien que ma poitrine se serra à l'évocation qu'une possible collaboration saine puissent encore exister entre survivants. J'aurais aimé que la même innocence face encore partie de mon quotidien plutôt que la méfiance. Cependant, il avait tort sur un point : les voyages en solitaire comptaient parce qu'ils étaient les seuls qui pouvaient avoir une chance de changer quoi que ce soit. Aucun groupe n'aurait jamais la chance de perturber les plans d'une organisation aussi puissante que le WICKED, tout simplement parce qu'ils seraient trop prévisibles et repérables. Mettez des personnes au courant de vos intentions, le secret n'en devient que plus exposé et le temps fera le reste, l'un lâchera une information cruciale et tout sera réduit à néant... Je n'étais peut-être qu'une goutte d'eau, mes actions ne faisaient peut-être que semer des miettes mais au moins elles avaient un impact concret. Même s'il était souvent minime. Du moins, jusqu'à présent.

- Je suis heureuse de l'entendre, récitai-je dans une habitude programmée que j'assortis d'un sourire net pour appuyer mes mots. Notre collaboration pour mener à bien ce projet de découvrir un remède est la dernière chance de l'humanité, il n'y a plus que cela qui compte.

Je relâchai la pression en faisant un pas en arrière avant de me diriger vers les caisses qui s'entassaient dans mon dos. Je déposai sur l'une d'elle l'appareil de test ainsi que les différents éléments qui alourdissaient ma ceinture, jetant notamment dans une poubelle destinées aux déchets biologiques le container des aiguilles et autres compresses désinfectants désormais contaminées. Cette prise de distance, loin de son regard scrutateur m'aidait à prendre du recul. Si j'étais presque certaine qu'il n'avait pas été envoyé par le WICKED dans une espèce de test malsain, il ne devait pas tant m'impressionner pour autant. C'est ce qui se produisait pourtant et ce que je m'apprêtai à faire était idiot. Très idiot.

- Comment payes-tu ton séjour dans la zone saine ? lui demandai-je sans me retourner.

Serrant les poings, je me donnais le courage de lui faire à nouveau face. Une seule solution s'imposait à moi, elle aurait des répercussions certaines. Toutefois, je préférai me répéter qu'elle était tout à fait justifié et servirait ma couverture grâce au dévouement qu'elle suggérait à l'égard du WICKED. Moins culpabilisant de songer que je ne faisais pas cela uniquement pour moi, parce qu'il m'avait touchée et rappelé tout ce dont la Braise m'avait privée : une vie où mes rêves d'enfants avaient encore une chance de se réaliser. Une existence sans monstre. Sans mensonge. Sans secret. Une existence aussi brute que les émotions qu'il avait exprimées et que j'étais condamnée à fuir.

- Tu as une véritable vocation Niels, expliquai-je finalement en faisant un pas vers lui. Mon ton était devenu plus calme, plus doux, plus patient. Ce que tu as fait aujourd'hui était plus que satisfaisant et tu pourrais changer de vie et changer la vie de bien des personnes, j'en suis certaine.

De la manipulation, ni plus ni moins. J'avais été formée par les plus grands, je ne faisais qu'appliquer leurs préceptes. Se servir des faiblesses des autres pour obtenir ce qu'on voulait d'eux était d'une logique si élémentaire qu'elle ne pouvait que trouver écho, d'autant plus quand nous jouions sur des sentiments aussi nobles que ceux qui habitaient apparemment ce jeune homme.

- Mais cela ne dépend que de toi. Voudrais-tu continuer à pouvoir aider d'autres personnes, être à nouveau le "Niels médecin" pour tous ces gens ? Leur apporter l'aide dont ils ont besoin ? Et plus encore, ta contribution à la sauvegarde de ce monde ?

Je déglutis, attendant sa réponse avec appréhension. Aucune des paroles qui sortiraient de ses lèvres fines ne seraient satisfaisantes, chacune me remplirait de colère : contre moi, contre lui, contre eux... Je n'étais pas une bonne personne, je venais de me le prouver.


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MessageSam 17 Mar - 14:51

Niels
&
Alexandra
The game of secrets  : You win or you die.
Le jeune homme était fier d’avoir réussi à expliquer son point de vue sur la recherche, même s’il n’était franchement pas certain des tests en question. Il ne s’avançait d’ailleurs pas à dessus, car cela révélerait des choses qu’il n’était pas censé savoir. Par la suite, lorsqu’il était passé à sa partie un peu plus émotive et véridique, il sut que la jeune femme le croyait. Ses traits s’étaient adoucis pour laisser place à une Alex qui l’écoutait sans pour le moment chercher à l’interrompre ou à casser ses propos. Cela lui faisait du bien de parler et d’être réellement écouté. Ça lui procurerait une espèce de chaleur dans l’estomac. À la fin, il vit une tout autre expression sur Alexandra, il avait du mal à identifier la chose, mais elle semblait être.. désolée pour lui ? Cela se pouvait-il qu’un WICKED ressente encore ce vieux sentiment ? Où voulait-elle mieux jouer avec ? Il allait quand même devoir être prudent et ne pas se laisser emporter par ses propres émotions, il devait rester concentré jusqu’au bout, mais il avait remarqué que lorsqu’il reprenait son air sérieux, l’ambiance devenait soudainement plus froide. Peut-être fallait-il qu’il commence un peu plus à garder son sourire plus longtemps ? Comment faisait Isaac quand il voulait quelque chose de quelqu’un ? Il jouait au masque de glace en maniant à la perfection une voix charismatique et glaciale, mais le blondinet se rendait compte que ça.. c’était la méthode qu’il employait le plus souvent avec des.. hommes. Mais alors ? Y avait-il un autre guide qui existait pour le spécimen étrange qu’étaient les femmes ? Oh que oui.. et il avait été stupide de ne pas y songer plus tôt. Si au début Isaac voulait impressionner, il le faisait avec cette espèce de rictus mi-amusé mi-coquin ou malin, appelez cela comme vous le désirez, alors oui, c’était un tout autre chemin.

Heureuse de l’entendre disait-elle. Son job était de garder cette « joie » dans la pièce le plus longtemps possible. Elle souriait, c’était bon signe et confirmait ses dires sur les biens faits de la collaboration qui était une dernière chance pour l’humanité. Le Niels qu’il jouait était d’accord avec ça, il hocha la tête avec son visage détendu. Cependant, le vrai Niels avait envie de lui rire au nez et de lui lancer qu’il allait falloir qu’elle cesse de se foutre de sa gueule car il n’existait aucune vraie collaboration pour l’humanité, mais CONTRE l’humanité, et ça, ce n’était pas pareil. Tous les gens qui portaient ces combinaisons avaient dit adieu, il y avait maintenant bien longtemps à leur part humaine par laisser place à la facette la plus noire, car oui, une facette noire, chaque être en possédait une. Soit elle était voyante, soit elle était bien enfouie, bien cachée jusqu’au jour où elle prenait le dessus de l’intérieur.. Elle grignotait le cerveau de l’être bon pour en faire un monstre.. un peu le même principe que la Braise au final.. Effrayant. Hallucinant.

Alexandra se libéra alors de ce qu’elle avait à sa ceinture et des appareils qui commençaient sans doute à faire lourd dans ses bras. Elle s’était retournée pendant un instant, sans doute pour réfléchir et lui poser une question à laquelle il ne s’attendait pas, en tous les cas, pas maintenant, pas dans cet ordre-là. Elle se retourna enfin, les poings serrés comme si lui faire de nouveau face était quelque chose de difficile. Pourquoi donc ? La destabilisait-il ? Si c’était le cas, c’était bon à savoir et peut-être qu’il devrait à se mettre à en jouer à la manière « Isaac » . Il comprenait qu’il fallait y répondre maintenant, car l’interrogation n’était pas finie, elle allait continuer juste après sa réponse, la jeune femme voulait tout savoir de lui. Alors oui, comment payait-il son séjour ici, car oui, il était « censé » le payer alors qu’il était un peu passé à travers.. les mailles du filet. Son entrée avait été très spéciale, il fallait l’avouer, elle s’était effectuée dans l’urgence. Pouvait-il dire qu’il était très riche grâce à un héritage ? Non, cela ne collait pas vu que les riches trouvaient toujours tout ce dont ils avaient besoin, or lui, n’avait même pas de nouvelle ventoline. Option numéro une = échec. Il pensa en un second temps à lui dire qu’il avait tout simplement récolté de l’argent au fil de ses péripéties, mais cela ne collait pas non plus. « Récolter » ressemblerait dans tous les cas plus à « voler », alors il jouait oublier. La troisième option était de lui dire qu’il s’était arrangé avec quelqu’un pour le faire passer, mais à part des membres du Bras Droit, il ne connaissait personne, alors dénoncer un nom n’était même pas une option joueuse. Alors il ne restait plus que la quatrième option, une méthode qu’il venait d’employer, il y avait quelques instants de cela : la vérité déguisée. Franchement, qui aurait cru que la vérité pouvait autant lui être utile, lui qui était toujours habitué à mentir ?

- Et bien mon arrivée ici s’est faite un peu en catastrophe aux bras d’un homme qui me tenait afin que je ne m’écroule pas. Je venais de me prendre une balle dans le ventre à la frontière de la zone saine, dans des tunnels et il m’a trouvé. Il m’a ramené là-bas. Nous avons passé le point de contrôle et comme aucun de nous deux n’étaient contaminés, ils nous ont laissé passer. Cet homme paie son séjour et il m’a fait passer pour me soigner vu que j’allais sans doute crever d’une hémorragie.

Il venait de dire que c’était un homme qui l’avait sauvé, et non une femme. Pourquoi ? Pour une raison de sécurité. Il faisait aussi passer l’homme pour un total inconnu qui l’avait sauvé. Un riche qui avait eu de la pitié pour lui, situation très simple au final et arrangeante. Il fallait appuyer ses propos avec ce qu’il disait. Isaac faisait toujours ça, quand il avait une preuve et cela faisait de lui une personne que l’on pouvait alors croire. Il posa alors ses doigts sur la fermeture de sa combinaison, et la descendit assez lentement. Isaac montrait ou expliquait toujours ses preuves avec lenteur, car il prenait un malin plaisir à faire durer le suspens, mais sans doute aussi parce qu’il voulait que la personne savoure la révélation. Un vrai sadique son frère. Un peu comme elle au final. Alors maintenant, c’était un peu à son tour. Avec lenteur, il retira le haut de sa combinaison et ne tarda pas à faire passer ses mains sous son tee-shirt. Le soulever suffisait juste non ? Qu’aurait fait Isaac ? La question ne se posait même pas, le blond l’aurait à-coup sûr retiré, comme la brunette en face de lui avait fait quelques instants auparavant. Alors dans sa tête, la décision était prise et il retira son tee-shirt léger pour révéler de bonnes épaules, un torse pâle, mais bien fait avec des abdominaux qui n’étaient pas en trop. Le seul truc d'anormal quand on le regardait ensuite de plus près était cette cicatrice encore assez fraîche dans le coin droit de son ventre. La balle. Cet accident si stupide. Elizabeth l’avait recousu et la plaie s’était au final bien refermée, mais il en garderait toujours la trace.

- Donc voilà comment je suis arrivé ici, finit-il d’une voix douce et grave.

Il releva ses prunelles grises vers elle avec la petite esquisse malicieuse. Il scrutait son visage, ses expressions et attendait ses mots. Qu’allait-elle faire ? Allait-elle s’amuser elle aussi ? Et puis, allait-elle le croire ?

Par la suite, la jeune femme lui annonçait qu’il avait une vocation et cela le fit sourire de nouveau. Il avait toujours son tee-shirt dans ses mains, jouant un peu avec comme il le faisait souvent avec une de ses bagues qu’il portait toujours aux doigts. Elle avançait qu’il pouvait changer la vie de divers personnes, et il aurait dû s’en satisfaire ou encore s'en sentir flatté, mais le fait que ce soit une WICKED qui lui dise sonnait vraiment.. WICKED. Il imaginait très bien ce qu’elle voulait dire en « changeant le monde ». On entendait toujours ça dans les discours afin d’hypnotiser les gens. C’était à la fois désespérant et à mourir de rire. C’était tellement hypocrite et elle aussi avait ce genre de discours tout bien fait ! Elle avait eu le cerveau lavé avec ça, c’était un fait. Cependant, il savait ce qu’elle attendait. Elle désirait l’atteindre psychologiquement. Si Elizabeth ou quelqu’un d’autre du Bras Droit lui avait sorti les mêmes paroles, le jeune homme aurait été vraiment flatté et ému, car il savait pertinemment de quelle cause ils parlaient, mais ici ? Non, même pas en rêve, alors il allait jouer la comédie. Il imaginait quelqu’un du Bras Droit lui dire la même chose et les émotions ne tardèrent pas à arriver en lui, tout comme sur son visage. Imaginer puis ressentir la chose était la clé. S’auto-persuader en gros.

- Merci.. c’est.. c’est pour ça que je veux faire ça. Aider les gens..

Il sourit alors légèrement ému avec des yeux un peu plus brillants tandis qu’il était vraiment en train de la sentir en lui. C’était magique. Il se rappelait de ses cours de théâtre autrefois, il était le meilleur. Quand les professeurs leur demandaient de s’asseoir tous en rond et de pleurer, le blondinet était toujours le premier. Il savait faire un vide dans son esprit pour se concentrer sur quelque chose de particulier et se laisser emporter par ça et rien d’autre. Mais ce n’était pas fini, parce que ce qu’il attendait le plus, arriva et il n’avait pas le droit à l’erreur. Voulait-il être « Niels le médecin » et « contribuer à sauver le monde » ? La réponse allait évidemment être oui, car c’était son but dès le début pour avoir une chance de retrouver son grand frère. Sauver le monde oui, il le voulait en détruisant le WICKED, mais il avait d’abord pris la décision d’aller sauver son frère. Ensuite, il détruirait le WICKED. Chaque chose en son temps, il fallait être patient et toute bonne chose finissait par arriver d’une manière ou d’une autre. Il remarqua qu’elle avait dégluti. Pourquoi ? La mettait-il mal à l’aise toujours sans son tee-shirt ? Il prit la décision de s’avancer d’un pas vers elle pour établir de nouveau une proximité avec laquelle elle avait pris plaisir à jouer toute à l’heure.

- Le « Niels médecin » me fait sentir humain. Avec lui, comme tu as dit, je peux aider les gens, et le mot « aider » aujourd’hui n’a plus qu’un seul sens : un remède.

Foutaises. Les aider était synonyme à enfermer tous ces monstres dans leur propre labyrinthe afin de leur faire payer ! Là, le monde pourrait enfin commencer à avancer !

- La sauvegarde du monde ne peut se faire sans personne, la magie n’existe pas. Il faut bien des gens pour s’y accrocher, et le réaliser coûte que coûte. Une terre dépeuplée ? Dire au revoir à l’humanité aussi aisément ? Ce serait franchement idiot, n’est-ce-pas ?

Les prunelles du jeune homme la regardaient fixement, mais toujours avec un clignement des yeux normal et son regard qui dérivait parfois normalement. Mentir était égal à ne pas fixer sans aucune interruption le regard de l’autre, car cela était aussi égal à une envie de vérifier que l’interlocuteur gobait tout ce qu’il disait.

- Et moi, je n'abandonne pas si aisément sur l’humanité.

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MessageDim 18 Mar - 2:07

The game of secrets: You win or you die.ft. Niels Welligton

Des histoires, j'en avais déjà entendues beaucoup. Les immunes que nous emportions nous en confiaient une multitude avant que la mémoire ne leur en soit enlevée, du moins quand on prenait le temps de les écouter. Nous étions peu à leur porter une réelle attention, il n'était que des sujets d'expérience et mieux valait ne pas leur accorder un autre intérêt que celui scientifique. Question d'impartialité et de prise de distance. Plus aisé de faire d'eux de simples cobayes si nous ne leur attribuions aucune humanité. Si je leur répondais très peu quand ils se confiaient afin que les autres Créateurs n'y voient aucune faiblesse, les souvenirs que certains m'avaient confiés leur survivaient à travers moi. Leur poids était lourd, mais c'était ma sentence pour tout ce que je ne parviendrai pas à leur éviter.

Alors oui, on m'en avait raconté des histoires : seulement le coup de la blessure par balle, on ne me l'avait jamais faite ! J'avais eu bien du mal à réprimer ma surprise et, à vrai dire, je ne l'avais pas réprimée. Mes yeux étaient devenus ronds comme des soucoupes à son annonce et, si je n'arrivais pas à le croire, je fus encore plus surprise lorsqu'il se délesta également du haut de sa combinaison avant se la jouer strip-tease improvisé ! Finalement, je m'étais un peu plantée sur les abdominaux, me pris-je à penser avec légèreté avant de me marteler que la récréation était finie et que je devais garder mon sérieux. Sa démonstration par "A + B" m'aurait presque coupé le sifflet si je n'avais pas eu l'habitude de voir de bien plus effroyables blessures que celle qu'il me désignait. Même de là où j'étais, je pouvais apercevoir les bords encore rougis de la plaie dont la cicatrice semblait fraîche. Cela corroborait son récit, il n'était pas dans la zone saine depuis longtemps.

Je n'ajoutai rien sur ce fait, il n'avait pas eu à penser à la taxe de séjour qui était demandée pour pouvoir rester dans cette illusoire havre de quiétude. Arguer directement sur ce sujet n'aurait pas un impact suffisant s'il venait à refuser mon offre puisqu'il n'avait pas conscience de la difficulté à entrer ici, ni même à y rester si on n'était pas utile ou avec un compte bien garni. Il faudrait que je me renouvelle, un défi supplémentaire.

S'il voulait se montrer à l'aise, ses gestes nerveux pendant qu'il triturait le tissu de son tee-shirt dans ses mains le trahissaient, cet état ne lui était pas habituel. Avait-il voulu entrer dans mon jeu ? Cela m'amusait intérieurement et je me demandai un instant s'il interprétait le fait que je garde mes distances comme un aveu de malaise alors qu'il n'en était rien. Certes, j'étais bien plus à l'aise derrière un ordinateur qu'avec des gens, toutefois je ne rechignais jamais à effectuer une tâche de laboratoire : un examen sur un sujet ou une analyse biologique me prenait toujours un peu plus de temps qu'aux autres, mais je m'en sortais avec brio. Des corps, j'en avais vu donc ce n'est pas en se déshabillant qu'il pourrait me voir rougir ou me déstabiliser. Bien tenté néanmoins...

Quand il s'approcha d'un pas, écourtant la distance qui nous séparait comme je l'avais fait auparavant, le doute ne fut plus permis. Voilà qu'il s'appropriait mes méthodes. J'aurais dû me méfier de cette capacité d'adaptation dont il faisait preuve, de cette intelligence vive qu'il affichait malgré toutes mes tentatives pour le pousser à faire une erreur, au lieu de cela j'en devenais intriguée. Alors, peut-être bien qu'il était naïf - beaucoup l'étaient ou se forçaient à l'être pour ne pas songer à nos manières de trouver un remède -, mais ses paroles laissaient transparaître des qualités qui plairaient indéniablement à mes employeurs. Et, même si je me refusais de l'avouer ainsi, moi aussi certaines d'entre elles me plaisaient et réveillaient en moi cette curiosité que je n'avais plus ressenti envers un autre être humain depuis des mois, si ce n'est des années.

Maintenant qu'il me fixait avec intensité, je me rendis compte que je regrettais mes questionnements. Au revoir et merci, c'est ce que j'aurais dû lui dire tout à l'heure. Le congédier avec un sourire et un air reconnaissant, ne pas lui permettre d'entrer dans ma vie, même si ce n'était que professionnel. Et ça l'était.

- L'humanité mérite une autre chance, dis-je avec conviction.

L'humanité mérite de brûler en Enfer. Ma véritable pensée était insondable tant mon jeu d'actrice était devenu parfait avec les années passées à répondre exactement ce qu'on attendait de moi. Le mensonge était une seconde nature et j'en étais fière parce qu'elle me permettait d'aider des gens moi aussi, pas comme lui l'entendait et c'est peut-être ce qui provoquait cette déception que je faisais taire d'un simple battement de cil.

L'humanité survivrait. Remède ou non, l'humanité continuerait son chemin grâce à une nouvelle génération, les immunes. Mon frère aurait dû en faire partie. Cependant, l'égoïsme avait pris le pas sur le bonheur de penser que notre espèce s'en sortirait et une poignée préférait sacrifier notre avenir pour un mirage, pour un espoir de survivre dans un monde où ils n'avaient pas leur place. Où je n'avais peut-être pas la mienne non plus, sauf que contrairement à eux je ne m'en formalisais pas. Du moins c'est ce que je me plaisais à songer en me répétant que, si venait l'infestation, un simple appui sur une gâchette m'éviterait de devenir un monstre, une Fondue.

Quelques secondes s'étaient écoulées sans un mot. Calmes et reposantes, elles nous avaient offert une parenthèse dans cet échange qui pourrait s'avérer lourd de conséquences pour lui. Je repoussai néanmoins le moment inévitable, encore et encore...

- Et elle a besoin de personne comme toi...

Je n'y arrivai pas. Mes yeux avaient brisé notre contemplation mutuelle et glissé sur sa cicatrice.

- Une balle... Ça prouve bien que rien ne va plus comme il faudrait.

Ma main s'avança tandis que mon corps se courbait pour que je puisse observer la blessure de plus près. Mes doigts se posèrent sur la peau autour, appuyèrent légèrement : elle était un peu boursoufflée sans être chaude ou dure, pas de signe d'inflammation ou d'infection quelconque. Bien que légèrement irréguliers, les bords de la cicatrice étaient bien refermés.

- Comment s'est arrivé ? Des survivants qui t'ont attaqué pour des vivres ? demandai-je avant de me rendre compte que je transposai inconsciemment mon propre vécu sur le sien. Je me ravisai et me redressai en stoppant le contact de nos chairs, j'ajoutai : Aucun organe interne touché, je me trompe ? Mais tu as dû perdre pas mal de sang vu la localisation.Tu as eu de la chance d'être tombé sur un médecin... A moins que cet homme t'ait emmené dans un dispensaire ?

Les questions finales n'étaient là que pour me forcer à me concentrer sur la proposition qui devait conclure naturellement cet échange. Même si je devais afficher un air résolument déterminé extérieurement, je me sentis si hypocrite quand les mots m'échappèrent que je me maudis. Chacune des décisions que j'avais prises depuis que j'avais croisé son regard dans la foule m'avait conduite à cet instant précis, je ne pouvais m'en prendre qu'à moi-même.

- Écoute, tu as fait un très bon travail aujourd'hui. Beaucoup ne savent pas conserver leur calme comme tu l'as fait en présence de possibles infectés.

Je commençai ainsi pour l'amadouer mais également pour me convaincre que ce que je m'apprêtai à faire servirait ma couverture de Créatrice modèle qui tentait de trouver de nouveaux personnels capables de nous amener des immunes, et pas seulement mes envies de fréquenter un tant soit peu la normalité loin des sadiques et autres scientifiques trop perdus dans leurs fioles pour voir ce que coûtait leurs expériences. Je continuai malgré ces pensées contraires, avec aisance et assurance :

- Et comme tu l'as constaté, on manque de personnel médical alors si tu est prêt à nous aider, présente-toi dans les prochains jours au complexe du WICKED. Je m'assurerai que tu puisses y avoir un entretien, du moins si cela t'intéresse ?

A nouveau, je ne savais pas quelle réponse j'espérais. Décidément, rien n'était satisfaisant dans cette journée ! Entre mon empathie qui avait choisi la chaleur des zones peu sûres que représentait Denver pour s'offrir une sortie non-désirée, cette immune qu'on avait embarquée et maintenant ce recrutement sauvage, j'avais l'impression d'avoir vécu bien trop d'émotions en si peu de temps. Mon unique rêve à l'heure actuelle était de retrouver la fraîcheur des souterrains de notre salle de contrôle, de m'installer dans la lueur bleutée de mes écrans, puis de me perdre dans des lignes et des lignes de code pour oublier que j'étais faillible : tenter d'oublier que parfois il serait bien plus facile d'être contaminée et mourir plutôt que de continuer à cheminer sur une corde raide...

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MessageDim 18 Mar - 13:15

Niels
&
Alexandra
The game of secrets  : You win or you die.
Il était surpris de l’audace avec laquelle il avait répondu. Et après ? Qu’allait-il se passer ? S’il avait réussi son test, il se voyait déjà entraîné par la jeune femme dans son berg, chose dans laquelle il n’était jamais allé, mais qu’il fallait se l’avouer lui donnait grande envie d’y mettre les pieds. Il imaginait ensuite débarquer là-bas avec une Alexandra qui ferait les présentations. Tout cela n’était-il pas trop excessif ? Pour lui, non, car il pensait vraiment que c’était comme ça que ça se passerait. Lorsqu’il lui avait parlé de sa blessure par balle, la jeune femme n’avait pas du tout tenté de cacher sa surprise, bien au contraire. Pour elle, cela devait être encore un mensonge bien trop gros pour être avalé, mais il disait vrai et lorsqu’il se déshabilla, tout se confirma. Il sentit dans l’air qu’une sorte de pression retomba. Déjà, là, elle était un peu plus ouverte aux suggestions, mais son strip-tease improvisé ne la déstabilisait pas comme lui l’avait été. Soit il n’était pas à son goût et il se surprit à penser qu’il n’aimait pas ça, soit elle avait bien capté qu’il était en train de l’imiter et qu’elle n’aimait pas ça non plus. Elle restait plantée là à l’observer ce qui le mettait un peu mal à l’aise. Chose qu’il tentait de cacher, mais ses mains avec son tee-shirt le trahissaient. Il avait pris sur lui pour faire un pas vers elle ce qui semblait réveiller quelque chose en elle : de la curiosité. Ses sourcils s’étaient légèrement froncés et son visage avait laissé transparaître cette émotion qu’il reconnaissait bien. Cela le fit sourire malicieusement tandis qu’elle confirmait ses dires. Oui, l’humanité méritait une autre chance. Oui, pensa t-il, mais sans le WICKED, mais elle, elle y croyait fermement, comme tout monstre. Il fixait ses yeux pour tenter de la lire, mais tout ce qu’il y voyait était ce poison de détermination. Pourtant, elle parvenait à éprouver de l’empathie en lui disant que le monde n'allait plus par le fait qu'il s’était pris une balle.

Comment cela lui était-il arrivé d’ailleurs ? La question d’Alexandra était bien légitime, mais il allait mentir pour cette fois-ci et affirmer ce qu’elle avançait. Elle lui avait offert son excuse comme sur un plateau en or. Dire que c’était des infectés serait suicidaire. Cela signifierait qu’il aurait été exposé de très près à eux et il n’avait rien attrapé. Son secret serait donc démasqué. Par la suite, s’il s’attendait à ce que ses yeux regardent son corps et sa plaie, il ne s’attendait pas spécialement à ce qu’elle se rapproche de lui pour aller toucher sa plaie. Ou peut-être que si ? En prenant la décision de faire ça, il avait peut-être eu l’envie bien masquée, bien enfouie en lui qu’il désirait que ses doigts l’effleure pour savourer le contact, mais il n’osait pas se l’avouer. Il avait envie de se gifler intérieurement. Il se faisait toucher par un monstre ! Comment parvenaient-ils à clamer haut et fort qu’ils désiraient sauver l’humanité alors qu’ils massacraient littéralement LE SEUL espoir, les immunes ?! Comment comptaient-ils y arriver s’ils les tuaient les uns après les autres dans leurs petites expériences à la noix ? Il avait soudainement envie de lui crier dessus, de la prendre par les épaules et de la plaquer contre un mur pour aller l’étrangler. À ses pensées-là, le jeune homme se crispa, et le timing fut par chance parfait, car elle avait choisi pile cet instant pour aller toucher sa plaie qui lui faisait encore un peu mal dès qu’on mettait les doigts dessus ce qui arrêta son coeur dans sa poitrine. Il serra les dents pour retenir un gémissement et grimaça. La douleur ne dura que l’espace de quelques secondes car déjà elle romptait le contact pour lui demander un peu plus d’informations sur le médecin.

- Aucun organe interne touché. Et c’est exactement ce qui s’est passé. Ils étaient trois survivants et l’un eux avait un flingue. L’homme m’a trouvé dans les tunnels et une fois que nous sommes passés, il m’a emmené dans sa maison.

La clé pour un bon mensonge était de faire simple, ne pas raconter une multitude de détails pour ne pas s’y perdre. Hors de question de raconter ce qu’il avait vu sur le chemin ou des petits éléments inutiles qui trahissaient en une seule seconde. De toute manière il avait été à deux dogts de perdre connaissance sur le chemin, alors forcément tout était trop flou.


- Et là-bas, il m’a soigné comme il le fallait.


Il aurait pu le faire seul vu qu’il connaissait toutes les gestes à faire, mais la douleur rendait la chose tellement impossible. Il n’aurait fait qu’empirer la chose.

- Soigner les gens et se soigner soit-même, c’est totalement différent..

Le ton d’Alexandra semblait mettre fin aux questions dignes d’un questionnaire de police. Elle le félicita alors pour son travail et son cœur commença à battre un peu plus fort dans sa poitrine tandis qu’il remettait son tee-shirt. Y étaient-ils ? Allait-elle le ramener ? L’heure était-elle enfin là ? Elle disait qu’il avait bien conservé son calme, chose qu’il était en train de faire intérieurement. Elle le brossait dans le sens du poil à ce moment-là. Y avait-il un but derrière ? Le reste suivit et il maudissait son cœur de s’arrêter pour ensuite reprendre bien trop vite ! Elle lui proposait alors de se présenter dans les prochains jours chez eux pour un entretien et cette nouvelle fit éclater toutes les multiples possibles et inimaginables dans sa tête. Il fallait qu’il respire et qu’il s’organise afin de ne pas tout lâcher. De prime abord, son grand espoir de parir aujourd’hui en Berg était mort et il sentit une pointe de déception en lui, mais plus sérieusement, à quoi s’attendait-il d’elle ? Dans quelques jours ? C’était bien trop flou et il allait lui demander quel jour et quelle heure, car la mention "dans quelques jours" ne lui plaisait pas, cela sonnait comme un faux rendez-vous et fausse promesse. Et puis qu’est ce qui disait qu’ils n’allaient pas le retester et découvrir son secret ?! Ils l’embarqueraient aussitôt de force dans leur manège pas clair et il aurait tout gagné en l’espace de quelques secondes. Il se serait directement jeté dans la gueule du loup. Il croisa les bras pour se maintenir un minimum et sourit. La chose était actuellement difficile en raison du stress, mais il s’efforçait à faire le vide dans son esprit, comme ses cours de théâtre autrefois.

- Cela m’intéresse grandement. Merci pour la proposition.

Il laissa le silence planer pendant quelques secondes avant de reprendre.

- Mais quand exactement ? Car j’imagine que vous allez repartir et je n’aurais aucun moyen pour vous contacter afin de clarifier des détails importants tels que le jour et l’heure.

Le jeune homme parlait de sa voix posée qui désirait avoir tout simplement plus d'infos et il gardait son petit sourire sympathique vu qu'il commençait à comprendre que c'était avantageux. Il espérait que les quelques jours ne se transformeraient pas en semaines ni en mois, cela serait mauvais signe.

- Comment cela se passe à l’entrée ? J’imagine que personne ne me connaît et je ne connais moi-même pas les lieux.

Par cette question, il cherchait évidemment à savoir ce qui se passait concernant les tests, car pour lui, il était évident qu’il serait testé, et ça, c’était le problème majeur.. Le jeune homme écoutait attentivement ses réponses qui lui étaient vitales, mais restait naturel avec un sourire curieux et détendu avant de faire son curieux face à une chose qu’elle venait de lui annoncer.

- Oh mais comment font les gardes pour gérer des centaines de tests par jours, car les gens doivent entrer comme dans un moulin non ? Impressionnant !

Niels mettait de la curiosité et de la fascination dans sa question pour masquer sa peur. Il espérait que la réponse ne ferait pas couler tout ses plans… Il avait envie d’entendre mot pour mot que le test ne serait dirigé que vers le mode « sain » et « infecté » comme eux avaient fait aujourd’hui. Sans ces deux mots-là, cette soudaine annonce qui le réjouissait tant tomberait à l’eau et il n’était psychologiquement.. pas prêt.

CODAGE PAR AMIANTE


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