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La Chasse aux Sorcières (Intrigue n°1 - Terminée)

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MessageDim 1 Juin - 22:15

Une aube écarlate se lève sur le Bloc, amenant avec elle le sang de tous les adolescents qui sont tombés en ces lieux. Ils sont les vestiges du Labyrinthe, les pierres de ses murs. Ils se sont battus à la sueur de leurs fronts pour créer un ordre, un semblant de société. Et tout cela devrait être remis en cause par un satané voleur ?! Il n’en est pas question ! Lorsque Jonas s’éveille, la seule obsession qui le motive reste celle de mettre un terme à toute cette mascarade. D’y mettre un terme et de s’assurer que cela ne se reproduira plus. Cela fait plusieurs jours que des plaintes parviennent à ses oreilles. De la nourriture dérobée par-ci, de l’équipement par-là. Dans un premier temps, il a préféré les ignorer. Après tout, il avait bien plus urgent à traiter et ces vols de gamins de dix ans n’avaient que peu d’intérêt à ses yeux. Puis il y a eu l’agression. Là, l’affaire commençait à devenir sérieuse. La Milice s’en chargerait, donc il était inutile de s’en soucier. Enfin, il y a eu le mot des Créateurs. Un mot qui l’a mis dans une colère noire. Furieux des conséquences que les actes d’un gamin pourraient avoir sur eux tous, Jonas s’est juré d’employer tous les moyens nécessaires pour mettre la main sur ce voleur. Il compte bien lui faire payer son impudence et son arrogance. Pour l’heure, le jeune homme a convoqué ses mâtons et leur a ordonné de rassembler tous les Blocards près de la boite. Une petite mise au point s’impose.

Jonas a horreur de se mêler aux autres Blocards. Il passe la plupart de son temps dans son bureau improvisé. Nul ne sait ce qu’il y fait vraiment, mais des rumeurs affirment qu’il s’adonne sans arrêt à de multiples recherches sur les Créateurs de cet Enfer. Toutefois, il ne peut se défaire de son rôle de leader. Aussi, c’est d’un pas déterminé qu’il s’avance vers le centre du Bloc. Tous ses camarades sont déjà présents. Certains l’observent avec crainte, d’autres avec agacement. Le jeune homme n’est pas très aimé par ses pairs. Mais cela, il s’en fiche. Il ne les aime pas non plus, de toute façon. Des Blocards s’écartent pour le laisser passer. Jonas ne leur accorde même pas un regard. Une fois proche de la boîte, il monte dessus. Il n’a même pas besoin de réclamer le silence que celui-ci s’impose de lui-même.


« Mes chers amis
, s’écrie-t-il après s’être éclairci la voix, l’heure est grave. Chacun sait que la vie au Bloc est contraignante et difficile. Nous luttons constamment pour notre survie, pour ne pas sombrer dans une vague de désespoir. Nous n’avons pas le droit de faillir. Pourtant, alors qu’une solidarité optimale devrait être exigée de chacun de nous, un individu s’est mis en tête de bouleverser l’ordre établi, de bouleverser notre société. Chaque jour, il nous vole, il nous tronçonne une partie de nos vivres. Il s’en prend même à ses propres camarades ! Nous ne pouvons tolérer cela ! Regardez ce qu’il nous oblige à faire ! Nous nous soupçonnons, nous nous mettons en danger. Certains sont bien placés pour le savoir ». Jonas lance un regard appuyé à Clarke Turner avant de poursuivre : « Nous ne pouvons tolérer cela ! Les Créateurs ont décidé de nous réduire nos provisions car eux-aussi ne peuvent admettre une telle abomination. Nous sommes indépendants, c’est à nous de mettre un terme à cette gangrène qui nous met tous en danger ! Ce voleur doit être traqué, arrêté… ». Jonas prend une pause, puis conclut d’un air féroce : « Et puni ! ». La chasse aux sorcières est ouverte.

Citation :
HRJ: Le mâton en chef a convoqué les blocards sur la place centrale afin de leur annoncer une triste nouvelle: un voleur se cache parmi les blocards. Il n'y a pas de lignes minimum ou maximum à atteindre. RP d'intrigue libre à tous les blocards.
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MessageDim 1 Juin - 22:56



A cause des conneries d'un sale petit égoïste qui ne pense qu'à sa propre personne, elle a bien failli perdre sa jambe. Et elle n'est pas prête de l'oublier. Elle va lui faire payer, qui que soit le voleur.
A la fin du discours de Jonas, elle s'avance d'un pas bien décidé en poussant tout le monde sur son chemin. Jamais elle n'avait encore pris la parole devant autant de monde, mais dans le cas présent, elle se fout royalement de ce qu'on pensera d'elle. Elle s'avance en titubant sur l'herbe fraîche du Bloc pour se mettre devant toute la foule.

-On ne se rend compte de l'importance de quelque chose seulement lorsqu'on est sur le point de la perdre, et ça, je l'ai compris il y a quelques jours quand j'ai failli perdre ma jambe pour ta stupide connerie ! Hurle t-elle en ne s'adressant à personne en particulier. Je ne suis pas prête d'oublier ce que tu m'as fait. Et je te ferais payer ton geste. Crois-moi espèce de lâche tu vas regretter d'avoir voler cette nourriture. Si je te trouve, je vais te faire avaler tous les aliments du garde-manger jusqu'à ce que tu t'étouffes avec ton vomi.

Elle marque une pause, suite à la douleur dans sa jambe gauche et manque de s'effondrer. C'est limite si elle a la force de se tenir debout. Elle s'appuie sur le rebord de la boîte.

-Je ne suis sans aucun doute, pas la meilleure placée pour vous faire la morale. Mais jamais, jamais je n'aurais fait quelque chose d'aussi lamentable. On nous donne tout ce dont on a besoin, même si ce n'est pas dans les meilleures conditions. Mais voler... C'est dégueulasse non seulement pour ceux qui s'occupent de la nourriture mais aussi pour les personnes qui sont accusées à tord alors qu'elles n'ont rien fait. Assume tes actes, ainsi que les conséquences qui vont avec. À cause de toi, j'ai failli perdre la seule chose à laquelle j'arrive encore à m'accrocher. Je te déteste.

Elle s'arrête pour de bon cette fois, rongée par son désir de vengeance. Pour une fois elle aura dit ce qu'elle avait à dire devant tout le monde. Et pour une fois on l'a écoutée. Elle se tourne dans la direction du Chef en lui adressant un petit signe pour lui dire qu'elle a terminé de parler. Elle toise chaque personne présente pour chercher un quelconque tic, une anomalie. Le coupable est là, devant elle. Et elle le déteste plus que tout.

Son regard se pose sur son mâton, Bryce. Elle le fusille du regard. Si elle n'était pas aussi fatiguée, elle lui aurait bien sauter dessus et arracher la gorge. C'est aussi à cause de lui si elle est dans cet état. C'est lui qui a aidé à construire ce piège. Un goût de bile remplit la bouche de la blonde. Décidément, les gens ici se s'arrêteront jamais de la dégoûter.  


Dernière édition par Clarke Turner le Mer 4 Juin - 16:18, édité 1 fois
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MessageDim 1 Juin - 23:57



On était tous rassemblés là en attendant le Seigneur Jonas. Enfoiré. Je ne l'aime pas. Comment avoir confiance en quelqu'un qu'on ne voit jamais. Je ne sais pas vous mais moi ca fait 10 minutes que j'attends monsieur, là. Pénible. On se fait attendre, ben voyons, il se fait désirer. Surement pour mettre la foule encore plus en colère. Bravo, un point en plus pour la dictature. Tiens en parlant du loup, il s'avance. Tout le monde se tait. Mais putain, les gars quoi. Comment on peut se faire manipuler par un mec pareil ? J'ai envie de lui gerber à la gueule. C'est de sa faute si on en est arrivés là. Avec ses règles à la con et ses putains de matons qui font "régner" l'ordre.  Dicature. Faut une révolution, je vous dis ! Et voilà, il parle. Et blablabla. Pendant tout son discours, je tente de fermer ma gueule. Quand on est moi, ce n'est pas la chose la plus facile vous savez. Allez, ferme ta gueule, mec. Il parle, il parle. Il est complètement taré. J'ai bien conscience d'avoir été agressé et que c'est mal et tout ça mais sérieusement, faut garder les pieds sur terre ! Il veut punir la personne qui a fait ça. Non mais si il pense que le mec va se manifester en apprenant qu'il va se faire couper la tête: il espère lui ! Je m'apprête à prendre la parole, trop tard. Clarke s'élance en claudiquant. La pauvre, elle a failli perdre sa jambe. Et elle parle aussi. Elle s'emballe. Putain. Les gens sont tous fous ici. Mais complètement ! C'est quoi leur problème ? Ils veulent plus de morts qu'il n'y en a ou quoi ? La meuf, elle veut étouffer le voleur dans son vomi: elle aussi elle espère. Avant qu'un autre abruti ne fasse encore scandale, je m'élance à mon tour. Je marche direction le dictateur. Je pousse les autres Blocards pour qu'ils me laissent passer. Je dis quand même pardon à ceux qui opposent une certaine résistance. C'est le moment de me faire des potes. Je sens qu'on va m'enfermer, mais j'en ai rien à foutre.  Rien, c'est tous des cons. Je suis à côté de Jonas, je ne lui adresse pas un seul regard. Par contre la foule, je ne peux pas l'éviter. Oh putain, ils sont beaucoup.  Tant pis. Qu'est ce que j'ai a perdre de toute façon ? Je me racle la gorge et m'exprime d'une voix claire :

"HUM HUM." Je marque une pause. Putain, ils me dévisagent tous. "Bon, les gars. Je pense qu'il va falloir calmer nos nerfs, là. Je sais, et je comprends que certains peuvent avoir la haine" Je regarde Clarke et lui lance un sourire compatissant. Je reprends et je regarde Jonas droit dans les yeux : "Mais ca ne sert à rien de lancer des menaces et de nous monter les uns contre les autres ! On fonce droit dans le mur ! Regardez ce qu'on a fait. On a envoyé Ellen au gnouff sans aucun procès ! La pauvre, elle a même pas eu le droit de se défendre ! Et vous trouvez ça normal ?!" Je reprends mon souffle et je regarde l'assemblée : "Je ne dis pas que voler c'est normal. Mais si la personne a fait ça c'est qu'elle veut exprimer un mal-être ! "Ca y est, je me faisait à faire de la psychologie. On aura tout vu ! "Et puis, qui a sa faim rassasiée après les repas ? Sérieusement ? On ne manque de rien ? Ce n'est pas vrai ! Ceux qui nous imposent les règles : Jonas et les matons, sont trop stricts ! On n'a pas assez à bouffer et pourtant la réserve est remplie ! Au lieu de vouloir accuser les gens à tout va, faudrait se poser la vraie question : est-ce que ce système est le bon ? Est-ce que nous sommes vraiment solidaire entre-nous comme Jonas veut nous le faire penser ? Je ne vais pas arriver à changer votre façon de penser en un claquement de doigts, mais clairement les gars, putain ! Réveillez-vous ! Vous aimeriez avoir été à la place d'Ellen dans le Gnouff ou avoir failli perdre votre jambe comme Clarke ? Non et moi non plus. Mettre des pièges pour ça… On se croirait être des animaux à la place des humains ! Faut un peu penser avec son cerveau et pas avec ses muscles " dis-je en direction de Jonas. Je le regarde avec une lueur de défi, je le déteste et je pense qu'il le sens assez bien.

" J'ai peut-être perdu des neurones avec ce coup sur la tête mais j'en veux pas à la personne qui m'a fait ça. Non. Traités comme nous sommes traités, je comprends parfaitement son geste.  Maintenant, si vous voulez vous tuer l'un après l'autre, faites, mais ca fera plus de bouffe pour les autres. "

Je sais pas si ma dernière phrase avait un intérêt quelconque mais comment vouliez-vous que je termine ? Je regarde Jonas, la foule est calme et je lui dit : "J'ai terminé mon discours, Chef". Je le salue en faisant une révérence dont Louis XIV serait surement très fier et je me prépare à retourner dans la foule.
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MessageLun 2 Juin - 22:52


Toute cette histoire de vol de bouffe me donne mal à la tête. Tout ce monde qui s'accuse les uns les autres, Clarke qui me regarde avec des airs noirs depuis qu'elle est elle-même tombée dans le piège, c'est pas comme si je l'avais poussée non plus, hein. Madoxx qui va faire un discours remplit de hargne envers moi et les autres mâtons. Il me tape royalement sur les nerfs, lui. Va bien falloir que j'aille une belle petite discussion avec lui, d'ailleurs. Mais le meilleur, c'est quand même le Chef qui daigne se pointer pour la première fois depuis on ne sait combien de temps. Vous voulez savoir la vérité? C'est lui que je soupçonne plus que quiconque. Lui, qui reste dans sa baraque sans arrêts, lui qui s'exclut du reste du monde. Ça ne m'étonnerait même pas s'il volait de la bouffe pour se faire une réserve dans son "bureau". J'étais contre les mesures de restrictions de nourriture, ce n'est pas en les épuisant que le gars qui vole la bouffe va arrêter, car lui ne crèvera pas de faim, justement. Bon, c'était rare que je faisais ça, mais je me devais de prendre la parole. Je bougeai donc mon postérieur de feignasse et monta sur la scène. Les gens furent quelque peu surpris de me voir devant eux, mais bon. Il fallait bien faire ce qu'il fallait faire.

«Les gars, vous êtes sérieux? Premièrement Clarke, ce n'est pas de ma faute si tu es tombée dans le piège de toi-même. Tu te dois d'être vigileante autant dans le Bloc que dans le labyrinthe. Et non, tes petits yeux plissés de fureur ne me font pas peur, juste comme ça.» Oula, je devrais peut-être me calmer. C'était un peu trop rude, ça... Oh et puis merde, je suis sur une si belle lançée. «Ensuite, je vais vous le dire franchement, j'étais contre les mesures de privation de nourriture. Pourquoi? Tout simplement car le gars qui vole la bouffe crèvera pas de faim, lui.» J'avais terriblement envie de lancer des accusasions contre le Chef, mais bon, ça me servirait à quoi? Me faire envoyer dans le gnouff à mon tour? Ça me tentait pas trop, non. «Bref, tout ça pour dire que j'espère sincèrement que le voleur de bouffe se dénoncera bientôt, car si nous te trouvons de nous même, les sanctions seront d'autant plus sévères.» J'adressai un petit regarde reprocheur au Chef, avant de descendre de scène, et retourner faire le piquet dans la foule.
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MessageMar 3 Juin - 20:07

Putain, une réunion matinale et puis quoi encore? On se tiendra tous par la main en chantant des chansons pour faire tomber la pluie? On fera copain copain en dansant sous la lune? Des guirlandes pour célébrer le fait que le Mâton en Chef sort enfin de sa caverne? J’ai presque l’impression qu’on veut rire de nous. Qu’est-ce que je fou là! Non seulement je venais tout juste de terminer une ronde de nuit avec Ash, mais en plus j’avais passé l’après-midi à surveiller assidûment les cuisines. En temps de crise comme aujourd’hui, les horaires de la milice était complètement bouleversé; il y avait plus de ronde et on avait besoin de beaucoup plus d’effectif sur le terrain. Résultat, on pouvait se retrouver à faire deux, même trois rondes de suite sans sommeil. Je ne me plains pas, mais j’ai certainement autre chose à faire qu’être ici, demande du mâton en chef ou pas. Je n’avais qu’une seule envie, me terrer dans un trou et dormir au moins 24 heures, sinon plus. J’avais définitivement autre chose à faire que de rester ici, sous le soleil plombant matinal à écouter des dégénérés complètement déboussolés déblatérer sur pourquoi les vols avaient eu un effet plus négatif sur eux que sur un autre.

J’arbore mon plus beau sourire en coin sarcastique. Je me tiens dans la foule, les bras croisés, le dos contre un arbre. Je suis entouré des autres miliciens avec qui j’ai partagé ma ronde de nuit. Je lance un regard complice à Ash et nous échangeons un sourire. Si ce n’était pas du manque de sommeil cette situation pourrait presque m’amuser. Je suis certainement la seule personne au bloc complètement indifférente face à toute cette situation. Les vols ne me dérange pas plus que ça, l’agression de Madoxx un peu plus, parce que mon boulot c’est quand même de veiller à la sécurité de la population du bloc. Et voir tout le monde sur les crans comme ça, les discours de tous et chacun qui ne veulent pas dire grande chose et tout le monde qui veut absolument ajouter son grain de sel… Je ne peux m’empêcher de trouver cela marrant tellement c’est ridicule.

Ridiculement long surtout. Ça fait quoi? Des heures que nous sommes ici? Des heures des perdus qui n’aident pas du tout à résoudre le problème. Je soupire profondément, m’attirant les regards furieux d’un groupe de sarcleur non-loin. Je ne peux pas croire qu’un soupire peut les déranger autant. On a bien le droit de respirer ici non? Putain. Tout le monde prend la parole tour à tour, le Maton en chef, Madoxx, Clarke, Bryce et j’en passe…

Je me balance d’une jambe à l’autre, de plus en plus héritée et de plus en plus impatiente. Normalement, je resterais en silence dans mon indifférence. Je m’allumerais probablement une clope et je ferais semblant de porter attention à tous les ressentiments des gens qui se sentent victime de la situation. La fatigue me rend plus fragile, la fatigue me rend encore plus instable que normalement. La fatigue rend mon seuil de tolérance encore plus bas que d’habitude. Le tabac n’aidera en rien à la colère qui commence à bouillir dans mes veines et qui me pousse à vouloir dire à tous ma façon de penser une fois pour toute. Je ne prends même pas la peine de me rendre sur la scène improvisé devant la foule, je reste dos à mon arbre et laisse ma voix forte briser le silence : « Vous allez vous la fermer putain!? Non, mais vous vous voyez aller à vous blâmez les uns les autres et à tous vouloir vous taper sur la gueule? Premièrement c'est mon boulot de taper sur des gueules! Et puis, vous croyez que c’est ça le moyen efficace de trouver le coupable? Vous plaindre de tous les maux du monde et chialer sur votre triste sort qui est certainement pire que celui des autres? Non, mais vous gêné pas hein; si ça se trouve le coupable n’est certainement pas parmi nous en train de se marrer de voir la situation autant dégénérer! » Les têtes ses tournent vers moi et je sens tous les regards me transpercer. Certains sont complètement médusés et silencieux et d’autres échanges quelques commentaires en chuchotant. J’allume une clope et commence à marcher parmi la foule, poursuivant mon discours improvisé qui a pour but de secoué la foule. Alors que mon ton était bouillant quelques secondes plus tôt, il est désormais des plus sarcastiques. « Et puis tant qu’à y être, allons tous aux trous parce que nous sommes tous des suspects hein! C’est ça, allons tous crever sous le soleil au trou et manquer de nourriture. Suspectons tous les matons, le maton en chef et les milices, parce qu’après tout ils ont accès à tous les lieux du bloc! Les cuistots et les sarcleurs qui ont un accès au garde-manger! Suspectons Bryce qui faisait un piège pour attirer notre attentioin! Suspectons Madoxx qui s’est évidemment assommé lui-même pour donner l’illusion qu’il est innocent! Clarke qui est volontairement tombée dans le piège pour nous faire croire qu’elle est innocente aussi! Ellen, parce qu’elle a peut-être un complice qui a commis des vols pendant qu’elle était au trou ou encore parce qu’elle est peut-être capable de se téléporter? Non, mais tant qu’à y être hein! » Je prends une bouffée de cigarette et continue d’avancer vers l’avant de la foule. « Suspectons moi aussi pourquoi pas n’est-ce pas! Après tout, j’ai une grande gueule et j’ai raison alors je suis surement coupable hein! »

La foule est maintenant complètement silencieuse et immobile. Je jubile de les voir ainsi. J’échappe d’ailleurs un rire victorieux. On doit me prendre pour une cinglée, on m’a toujours prit pour une cinglée de toute façon, mais au moins le message est claire. «C'était la grande Eleanor Evans! Merci, je suis disponible pour des représentations tout les jours. N'hésitez par à contacter mon agent surtout pour les fêtes d'enfants.. Alors maintenant, on le règle ce putain de problème de merde! Y’en a qui aimerait bien pouvoir aller dormir tranquille. »

J’écrase ma cigarette au sol et regagne ma place en grognant de mécontentement. Peut-importe qui est le coupable, je le trouverai et il en aura pour son argent.
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MessageMer 4 Juin - 15:45



La situation dégénère, la preuve, tout le monde est rassemblé sur la place, au centre du bloc. Toi, tu te contentes d'avancer sans trop regarder les autres, de toute façon, tu te moques bien de ce qu'ils affichent comme attitude ni même ce qu'ils ressentent en l'instant. Toi, t'avances, les mains dans les poches, à travers tous ces tocards. T'es blasé, tu l'as toujours été, de toute façon, t'es coincé ici depuis plus de dix mois... tu sais qu'il n'y aucune issue. Tu t'évertues tous les jours à courir dans le labyrinthe et à griffonner des plans dans le but de trouver une solution mais t'as compris depuis bien longtemps que c'était du temps perdu, rien d'autre. Tu ne poursuis même pas ton job de coureur pour l'issue que ça apporte mais pour la liberté que ça te donne. T'en as ras-la-casquette de te réveiller tous les matins auprès des mêmes personnes, de voir débarquer chaque fois des nouveaux et de voir, depuis onze mois, toujours les mêmes expressions sur la tronche de ceux qui débarquent. On est tous paumé, t'as rien d'autre à dire. Mais alors que t'écoutes le mâton en chef prendre la parole, tu sens une tension palpable gronder dans la foule. Tout le monde s'énerve, la première à l'ouvrir est Clarke, l'accidentée... l'imbécile de trapeuse qui a réussi à se faire prendre dans son propre piège ! Bonjour la nana futée, tu esquisses un sourire en coin. De toute évidence, ce ne sont pas tes affaires, mais lorsque les autres tocards commencent à prendre la parole, tu sens ton estomac se serrer. Ouais, la réalité te rattrape et te gifle en pleine gueule : les Créateurs réduisent l'apport de nourriture pour tous vous punir. Y a un traître dans la meute et à cause de son égoïsme évident, peu-à-peu, vos réserves de nourriture diminuent. Face à cette réalité des faits, tu sens un sentiment nouveau s'emparer de tes muscles. Il se crispe ! La nourriture a toujours été un problème pour toi, mais à présent, tu sens que ça prend des proportions plus grandes, énormes même. Et si tu n'avais plus de quoi bouffer de main ? Bordel, tu secoues ton visage en plantant ton regard sur tes pieds. T'as les mains qui tremblent... pas maintenant Ulysse, pas maintenant mais tu sens que ça te démange. T'as b'soin d'l'ouvrir ! Et c'est rare... toi qui reste généralement dans ton coin sans jamais rien dire, toi qui jauges tout le monde de haut et à qui personne ne parle. Le solitaire, l'antisocial de la bande. Le mec bougon et renfermé, tu ressens le besoin d'hurler, de crier... pire encore, tu ressens l'envie de parler. « Eh merde ! Arrêtez ça tout de suite. » Tu lèves les yeux vers le reste du groupe, t'es aussi surpris qu'eux d'entendre le son rauque de ta voix. « On parle d'une denrée essentielle là ! Merde à la fin... On est tous coincé ici depuis des mois, on cherche désespérément à s'en sortir. Et y a un tocard qui n'trouve rien de mieux à faire qu'à nous planter des bâtons dans les roues ? » Tu pousses un long soupire en passant une main dans tes cheveux. « Franchement, t'es pas sérieux mec. » Tu ne t'adresses à personne en particulier, sinon à celui qui, tu l'espères, se reconnaîtra dans tes propos. « J'suis contre l'idée qu'on t'punisses trop sévèrement si t'acceptes d'arrêter tes conneries tout de suite. Il en va de la survie du groupe là ! On a déjà souffert d'assez de perte comme ça sans avoir à s'entretuer... » Tu baisses à nouveau les yeux en soupirant, encore... et puis, tout à coup, t'as un éclair de génie. « J'vais peut-être parler pour ne rien dire mais qui vous dit qu'il s'agit bien de l'un d'entre nous... Les vols ont toujours eu lieu en pleine nuit, non ? Et avec tous ces scaralames qui s'baladent. » Mais une fois prononcée, ta supposition te paraissait complètement stupide ! Finalement, t'aurais mieux fait de te taire...
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MessageMer 4 Juin - 17:20



Elle ricane à voix basse. Un rire niais et totalement vide de sens. Quelle jolie bande de cons. Ils sont le premiers à gueuler pour dire de se taire aux personnes qui prennent la parole et ils se permettent de les blâmer. C'est pitoyable. Madoxx s'avance. Le pauvre quand même, il s'est fait assommé par le voleur par surprise. Il n'a même pas eu le temps de riposter qu'il était déjà dans vapes. Un léger sourire sarcastique s'affiche sur le visage de la blonde. Si le voleur est un véritable salaud, il est quand même doué pour la discrétion. Toute cette histoire doit bien le faire marrer de son côté. Il doit se sentir... qui sait, fier de lui. Madoxx s'enflamme, ça y est. Soit disant, monsieur n'en veut pas au voleur de l'avoir assommé. Elle pouffe de rire en entendant la dernière remarque de celui-ci, les bras croisés devant toute la foule. Si il veut être un pigeon comme les trois quarts de cet endroit c'est comme il veut. En tout cas, si elle avait été à sa place, si ce bouffon l'avait assommée : oh elle lui ferait payer.

Puis arrive son maton, la tête haute. Alors lui, il a faux sur toute la ligne. Si le Bloc était un endroit où on foutait des pièges, ça se saurait. Hors ce n'est pas le cas. Elle le fixe méchamment, en se demandant quand est-ce qu'il va daigné ferme sa grande gueule. Une fois son discours terminé, Clarke riposte :

-Oh, oh calme-toi. Premièrement comme tu dis, le Bloc est censé être l'endroit où on est en sécurité, où je suis en sécurité. C'est quoi ce délire de foutre des pièges dans le réfectoire, tu ne vas pas bien toi ou quoi ? Et arrête d'essayer de me faire la morale sur le point de la vigilance. Tes petits conseils j'en ai strictement rien à foutre.

À ses mots, elle attrape une clope et la positionne entre ses lèvres. L'allumant avec son petit briquet défoncé, qui n'a presque plus de gaz. Voilà le tour de la fille aux cheveux blancs. Elle c'est pareil, elle demande à tout le monde de la fermer alors qu'elle ouvre aussi sa gueule soit dit en passant. Tellement lamentable. Quoi que le milieu de son coup gueule est plus intelligent que tous les autres réunis. Mais la petite touche d'humour à la fin en trop.

La blonde s'adosse à l'arbre ancré derrière elle. La foule reste immobile, silencieuse. C'est flippant de voir tous ces pions devant elle. Au tour de l'anorexique. Il ne doit pas être très content que les Créateurs réduisent l'apport de nourriture. Le pauvre, il fait peine à voir avec sa peau sur les os. Et voilà qu'il dit de la grosse merde. Le voleur serait un scaralame. Idiot.

Au moins une chose est sûre, les quelques qui osent parler ne sont pas des cas désespérés. Ils ne sont pas des moutons, n'attendent pas que les choses se passent. Ils agissent. Et même si elle n'aime personne ici, il y a sans aucun doute des gens qui méritent d'être tirés de ce trou pourri. C'est évident que c'est les personnes qui osent agir qui sortiront en premier de cet enfer. Si elles ne meurent pas avant.


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MessageMer 4 Juin - 21:56

J’observe d’un air neutre les Blocards intervenir à tour de rôle. Puis, je lâche un soupir. Toute cette histoire m’ennuie, si bien que je finis par ne plus écouter les diatribes de mes camarades. C’est dire du peu d’intérêt que je porte à toute cette affaire. Y a un voleur ? Un vilain petit monsieur qui s’amuse à dérober ce qui n’est pas à lui ? C’est embêtant. Mais je m’en contre-fiche. D’ailleurs, il se peut que ça ait des retombées bénéfiques. Peut-être que ça donnera un bon coup de pied au cul à tous ces Coureurs qui font leur petite balade de santé au cœur du Labyrinthe. Ces derniers semblent avoir véritablement oublié leur objectif principal : nous trouver une sortie. Nous autres, on bosse sans arrêt pour le bien du Bloc et de ses habitants. L’infirmerie ne désemplit jamais. Des blessés, il en arrive parfois par demi-douzaine. Mais on les soigne car c’est notre job. Alors pourquoi les Coureurs ne font-ils par leur travail, eux-aussi ? Oh, ils courent. On doit se contenter de ça. Ça m’exaspère. Tout le monde sait se servir de ses jambes, bon sang ! Cette histoire de vols leur fera peut-être prendre conscience qu’il devient vital de quitter cet endroit infernal. Un petit mal pour un grand bien, j’estime que ça s’vaut. Lorsque je reviens à la réalité du débat, je constate que les Blocards sont toujours en train de parler. Qu’ont-ils à tous vouloir rajouter leur grain de sel ? Quel perte de temps… L’une se met à nous faire la morale, deux autres élèvent la voix pour montrer à tous les autres qu’ils existent… Oui, oui, on vous a vu, alors maintenant chut. Au final, on se croirait à un numéro de cirque où chacun désire recevoir le plus de lauriers. Pathétique. Pour ma part, je ne dis rien.

Mon regard survole la foule et se pose sur Maddox. J’ai beau ne rien avoir écouté de ce qu’il a raconté, je dois avouer qu’il a quand même pris cher ces derniers jours. Il faisait nuit. J’étais sur le point de fermer les portes de l’Infirmerie, quand tout à coup, deux Miliciennes ont surgi dans la nuit noire. Elles portaient un jeune homme qui semblait évanoui. Intrigué, j’ai ordonné à ce qu’il soit allongé sur une couchette. On l’avait retrouvé étendu sur le sol de la cuisine. Pourquoi ? Ce fut la première question qui me vint à l’esprit. Puis j’ai réalisé que je m’en foutais. Fallait juste que je m’occupe de lui, point. Par ailleurs, le cuistot ne montrait aucuns symptômes de traumatisme crânien. Rien de bien méchant, en somme. Une fois qu’il fut réveillé, il nous expliqua ce qui lui était arrivé. Quelqu’un l’avait assommé. Une enquête fut ouverte et toute cette histoire commença. Les suspicions furent nombreuses. Trop nombreuses. Pauvre Ellen qui a failli être lynchée pour rien. Non, cette histoire est allée bien trop loin. Beaucoup trop loin. Les gens sont tarés.

Au départ, j’ai cherché moi-aussi à comprendre. Il fallait que Jonas soit au courant de ce qui se tramait sous son empire. Je l’en ai averti dès que possible. Puis, je m’en suis peu à peu désintéressé. C’était à la Milice de retrouver le coupable et basta. Chacun son job. J’avais bien assez de chats à fouetter avec tous ces idiots qui viennent me voir à l’infirmerie pour un petit rhume ou une piqûre de moustique. Il faut songer aux vrais problèmes. Et voilà que je me retrouve en pleine discussion absolument passionnante sur le comment du pourquoi. On va arrêter le voleur, on va lui trancher la tête et bla bla bla. Pourtant, je reste silencieux. En tant que maton, je me dois d’approuver ce que mon supérieur déclare. J’tiens à mon poste.
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MessageJeu 5 Juin - 13:22

La Chasse aux Sorcières


____

  Spectateur.
       Il y a ce rayon de soleil qui nous survole, d’autres suivent, des plus petits, ils forment un faisceau lumineux qui ne cesse de tournoyer. Qui ne cesse de nous surveiller. Ils dominent, et leur chaleur s’imprègnent de mes fibres, le visage découvert, j’absorbe aussi de leur force. Machinalement, je ferme les yeux, et en quelques secondes il suffit de comprendre que je ne suis pas plus puissant, que les paupières relevées suffiraient à me bousiller la rétine. Je soupire, mais je ne bouge pas. J’aspire à encore plus, à je ne sais quoi. Les habitudes se sont bousculées, accumulées, et se poursuivent sans pour autant réagirent de la même sorte. Chacun s’occupe, chacun subit, et tout le monde agit. Mais rien n’y fait, le semblant de vie qu’on mène, reste intact. Et je fais chaque jour ce que je ferais le lendemain. Cercle vicieux, tourbillon d’ennui, et quotidien désolant. Comme si j’avais plus connu. Qu’en mon fort intérieur, il existait autre chose. Qu’il avait existé quelque chose de beaucoup mieux. Mh, je souri.
Aucun doute.
        Et c’est ce qui me rassure dans ces instants. Ces moments où la chaine est interrompue, que la routine est quelque peu délaissée. C’est ce que l’on pourrait croire, et c’est ce que je décide de ne pas croire. Ce n’est qu’un caillou coincé dans l’engrenage, un engrenage qui poursuivra son mécanisme malgré le barrage. Lentement. Et présentement le maton en chef m’en démontre l’exemple.
       Je laisse finalement la lumière me dépasser, les paupières relevées, je porte un regard sur ce gars, face à nous. Les yeux plissés, la vision bleutée après le poids de cette lumière sur mes yeux fermés, je la remarque. Cette soif de rebondissement, d’action et de traque. Il nous regarde tous, nous survole tous, comme un prédateur amusé par l’excitation. Il est peut-être dangereux, il l’est peut-être devenu dans cet endroit. Penser au passé qu’appartient à chacun ici, au présent qui les a forgés ici, me donne soudainement plus chaud. Que sont-ils réellement ? Mon regard diverge sur Eleanor, et nous sourions. Elle aussi est amusée. Mais à vif. J’aimerais être énervé par le problème, mais je suis trop occupé à être agacé par ma situation. Eleanor est appuyée contre l’arbre, et je sens l’impatience qui monte en elle. Je fronce des sourcils pour lui faire comprendre son imprudence, et fini par sourire. J’ai envie qu’on l’entende. Et de par l’agitation, les regards qui fusent, d’autres se sont essayés, ont tentés de se faire écouter, d’être pris au sérieux par tous. Ils ont sans doute tous voulu se justifier. Non seulement nous sommes là, la milice, mais en plus chacun peut avoir son avis sur le coupable. Alors pour certains, c’est le moment de se montrer innocent. Se montrer, ça peut se révéler dangereux.  On ne peut pas entièrement cacher ses torts. La faille aussi minime soit-elle, reste une faille. Je les ai entendus, je les ai écoutés et j’ai enregistré. La nuit dernière, avec Eleanor, notre ronde a duré assez longtemps pour qu’au matin on recommence. Ce n’est pas la veille qui pose problème, c’est ce qu’il s’est passé plutôt. Et pourtant, je ne prends pas plus au sérieux ce vol que les chances d’échapper au Bloc. Qu’ils nous laissent crever de faim, ça réduirait notre excédent de population, et plus rien ni personne ne fera exister cet endroit. Mais je ne laisse pas le déroulement des choses m’abattre assez facilement, car il y a toujours un « parce-que » au « pourquoi ».
       « Vous allez vous la fermer putain ?! » Les paroles d’Eleanor sonnent vraies au milieu du vent, mais même si la vérité est sentie, il y a encore ce besoin de faire durer le mensonge. Qui se la fermerait ? Même ma mignonne continue de jacasser. Tout le monde prend plaisir à faire durer ce moment, car rares sont les occasions d’oublier la quotidienne.  Elle brûle une cigarette, telle une matrone elle s’avance. Les bras croisés, je la suis du regard, tout en esquissant un sourire. « ..Suspectons tous les matons, le maton en chef et les milices, parce qu’après tout ils ont accès à tous les lieux du bloc! » Je me raidis légèrement, je repense à tous ceux qui essayent de prouver leur innocence, et qui ont leur avis sur le problème, je n’avais pas particulièrement pensé que je pouvais être suspecté. Je balaye furtivement la foule, avec froideur et une certaine inconstance. Ont-ils ressentit ce que j’imagine à cet instant ? Pour qu’ils aient le besoin de se justifier. Méfiance, soupçons. Mais je n’y crois pas, et mes muscles se relâchent. Une sensation de soulagement s’empare de moi, et je me sens beaucoup, trop, soulagé. Je fixe Eleanor, je m’y efforce alors que je ne devrais pas. Je ne veux pas la perdre, et je vois son image se brouiller, ses cheveux se mêlent aux nuages, le vent les attrapent, puis rien n’est plus. Il y a encore cette odeur, la fumée de cette foutue clope qu’est partie avec Eleanor, elle est forte, mais a meilleure senteur. Je sens des picotements, mes pieds ils...la cage de fer ? Suis-je à nouveau parti pour le Bloc ? L’image devient moins floue, rien de tel, il fait clair, il fait chaud, et ce que je sais immédiatement c’est que rien n’a de limite. Le vent tape trois plus fort, comme le soleil qui m’éblouit, mais celui-ci m’accompagne, me donne confiance, me rend plus vrai. Je sens une force me retenir, ou est-ce moi qui retient cette force ? Mes sens s’agitent, je cherche un moyen de calmer cette excitation, je suis tellement agité. Je m’efforce d’y voir plus clair, et plus je force, plus je souffre. J’aperçois une main, la mienne, et une deuxième qui m’agrippe. Je la serre tellement fort, mon cœur se dérobe et j’ai le souffle court, je me sens vivre, ou je me sens mourir ? Je ne veux pas qu’elle me lâche, je ne veux pas la perdre. Elle crie, c’est presque inaudible, à mesure que les sons s’amplifient, sa voix elle aussi gagne finalement mes oreilles. « Arslan ! Arslan, je..je t’en supplie ! » Mon prénom. Je suis paniqué, je cale mes pieds contre le bout d’un rocher, l’endroit est gigantesque. Je l’entends essayer de se hisser, ses pieds raclent la paroi. Et je glisse mon autre main de sorte que je puisse plus facilement la remonter. Nous forçons tous les deux, elle lève les yeux, ils m’implorent et je les sens plonger dans les miens, puis je tire un grand coup. L’image s’obscurcit, mais je vois encore ses yeux, vert, tellement vert. Et la dernière sensation qui m’emplit tout l’esprit me fait un bien fou, je suis tellement soulagé.
       J’avale maladroitement ma salive que je manque de m’étouffer, je suis au Bloc. Eleanor passe à côté de moi, elle pousse un grognement, je la dévisage. Elle est là, et j’étais terrifié à l’idée de ne plus jamais la connaitre. Je suis là aussi, et pourtant il y a quelques secondes j’étais ailleurs. Un air différent, des sensations différentes, et une fille que je n’ai jamais vue. Je n’ai qu’une seule envie, c’est que cette comédie s’arrête et que je puisse laisser une trace de ce souvenir.
 
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MessageLun 9 Juin - 14:45

Ce matin, la vie semblait s’être arrêtée au bloc. Cet endroit si fourmillant de vie dès les premières lueurs de l’aube était désert. Et pour cause, puisque tous les blocards étaient réunis autour de la boîte. Eva était là aussi, curieuse de savoir ce qu’il pouvait bien se passer. Un homme se dressa devant la foule, et commença son discours. Grâce aux murmures de la foule, elle apprit qu’il s’agissait du maton en chef, Jonas. Se dressant sur la pointe des pieds, elle essaya de mieux voir celui qui semblait être le chef de cet endroit. Elle était curieuse de voir à quoi il pouvait bien ressembler. Curieuse aussi de savoir en quoi consistaient ses journées, lui qui ne sortait jamais.

Mais elle fut vite distraite par le contenu de son discours. Il y avait un voleur au bloc. Elle en avait vaguement entendu parler, elle qui venait tout juste d’arriver. Mais apparemment le problème prenait de l’ampleur. Suivant avec attention les différentes déclarations enflammées, elle essaya de reconstituer les informations. Le voleur sévissait dans le garde-manger, la nuit. Il avait déjà assommé une personne (Madoxx si elle avait bien entendu), heureusement sans conséquence grave. Ce qui était plus inquiétant par contre c’était l’état dans lequel la blonde dénommée Clarke (qu’elle avait entraperçue plusieurs fois) avait failli finir estropiée suite à l’installation d’un piège pour capturer le voleur. Le piège en soi était une bonne idée, mais une version plus soft ne serait pas de refus, puisque pour Eva même le voleur ne méritait pas un tel sort. S’il volait, il avait forcément une raison. Soit il supportait très mal le rationnement de nourriture, soit cela pouvait être lié à une pathologie. Traumatisme subi avec la peur de manquer, ou alors une sorte de cleptomanie. Même si cela paraissait peu probable, puisque il aurait diversifié ses vols dans ce cas.

Tandis que tout le monde prenait la parole tour-à-tour, que ce soit pour incendier le voleur, clamer son innocence, rejeter la faute sur quelqu’un, ou juste pousser un coup de gueule en public, Eva essaya d’établir un plan d’action. Elle aurait bien aimé leur demander à tous de se calmer, leur dire que s’exciter comme ça ne résoudrait rien, et suffirait juste à créer encore plus de problème (parce que si le manque de nourriture pouvait s’avérer gênant, ce qui était arrivé à Clarke ou à la pauvre fille qui avait été jetée au gnouf sans preuve était inadmissible). Mais que pouvait-elle leur dire ? Elle n’était que la petite nouvelle, qui n’avait aucun poids, et ne connaissait rien à la vie ici. Au moins on ne pourrait pas lui reprocher d’être le voleur. Quoique, les mouvements de foule peuvent donner des choses terrifiantes et totalement dénuées de sens.

Ce qu’il fallait, c’était réfléchir. La milice organisait des rondes la nuit. Mais est-ce que cela suffisait ? Peut-être pourrait-on augmenter les patrouilles en mettant les gens en petit groupe. La surveillance en serait accrue, et on pourrait éliminer comme suspect ceux qui seraient en exercice au moment des faits. Tout mouvement suspect serait également vite repéré, dans des petits groupes de deux ou trois. Sauf.. S’il n’y avait pas un, mais plusieurs voleurs. Ça pourrait expliquer le fait qu’il soit aussi dur à attraper, puisqu’il serait facile aux différentes personnes de se créer des alibis. La priorité était donc d’établir le nombre de voleur. Mais comment ? Peut-être en se penchant sur la quantité volée ? Ou en trouvant le mobile. S’ils étaient plusieurs, c’était sans doute pour un leitmotiv plus fort. Peut-être l’organisation d’une expédition secrète dans le labyrinthe ? Après tout, si quelqu’un décide de rester durant la nuit, il lui faudrait des provisions. Mais pourquoi ne pas avoir juste demandé au maton des coureurs alors ? Suivant la quantité, on pourrait déjà établir des hypothèses. Une faible quantité pourrait vouloir dire une seule personne, ou alors la volonté de ne prélever que des doses qui n’impacteraient pas trop la vie au bloc. En revanche, de grosses quantités voudraient dire une action qui n’allait pas tarder de la part du ou des voleurs, ou encore un groupe de personnes qui ne supportent juste pas la privation. Le mot des créateurs aidait, lui aussi. Ils semblaient vraiment mécontents, du coup, même si leur réaction était on-ne-peut-plus-stupide, puisque les blocards souffraient déjà du manque de nourriture, au moins on pouvait les éliminer de la liste des suspects. Puisque oui, ça aurait pu être une idée déjantée de leur part, pour tester une fois de plus la débrouillardise humaine.

« Mais qu’est-ce qui a été volé exactement ?.. » Murmura-t-elle, sans savoir si ses voisins l’avaient entendue.

Ne supportant pas de rester immobile, elle se glissa doucement au milieu de la foule, pour rejoindre la personne qui avait soigné celui qui s’était fait assommé. Elle avait une théorie à vérifier. Seulement, c’était le chef des medjacks, aussi elle se sentait un peu intimidée. Elle le regarda un moment, hésitante, puis se jeta à l’eau. Se plaçant à côté de lui en profitant les mouvements de la foule mal à l’aise, elle lui parla d’une voix douce et pas très forte, comme si elle ne souhaitait être entendue que par lui.

« Euh.. Excusez-moi.. C’est bien vous qui vous êtes occupé de Madoxx ? Est-ce que.. Vous pourriez me décrire le coup qu’il a reçu ? »

Eva s’empourpra brusquement. Il allait la prendre pour une cinglée, ou l’envoyer paître, c’était certain. Pour qui se prenait-elle aussi ? Une experte ? Elle caressa un instant la possibilité de s’enfuir en courant, mais résista. Non, même si c’était stupide, elle devait aller jusqu’au bout. Puisque pour l’instant les gens cherchaient juste à se taper dessus, elle pouvait bien essayer de faire avancer les choses. Elle transmettrait les informations recueillies à la milice, s’il y en avait bien sûr. Mais rien que la force, la taille et l’emplacement d’une blessure pouvait donner de précieuses informations sur le voleur. Cette fois, sa curiosité sans limite s’était emparée de cette affaire, et elle savait d’expérience qu’elle y songerait jour et nuit tant que le coupable ne serait pas démasqué.
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MessageLun 9 Juin - 15:28

Les discussions s’éternisent. Si ça ne tenait qu’à moi, il y a longtemps que j’aurais quitté cet endroit pénible pour retourner à l’Infirmerie. Les deux ou trois blessés qui s’y reposent ont certainement plus besoin de moi que tous ces tocards qui s’insurgent contre un fantôme. Et puis, de toute façon, ce débat est stérile. Non seulement le voleur ne va certainement pas se dénoncer, mais en plus, il se montrera plus méfiant à l’avenir, si bien qu’il est peu probable que nous mettions la main sur lui un jour. A moins qu’il ne soit idiot. Après tout, il faut bien l’être un minimum pour dérober de la nourriture alors que celle-ci est distribuée quotidiennement à parts égales. Et, franchement, contrairement à ce qu’un gars a soulevé tout à l’heure, on mange bien assez pour notre compte. Certes, on ne va pas devenir obèses, c’est clair, mais au moins, on se nourrit. On n’a pas besoin de tonnes de bouffes pour survivre. A un moment, faut arrêter les conneries et s’estimer heureux. Bref. Perdu dans mes pensées, je ne vois pas la jeune fille arriver. Aussi, lorsqu’elle me murmure presque à l’oreille, il ne m’en faut peu pour que je réagisse au quart de tour. J’ai horreur d’être surpris comme ça. C’est déstabilisant. D’un geste, je me tourne vivement vers elle, avec la ferme intention de l’envoyer balader, mais je me stoppe dans mon élan et hausse les sourcils. C’est qui, celle-là ? Je ne l’avais encore jamais vue dans les parages. Nouvelle ? Ça se pourrait. Je ne vais plus trop les accueillir, ces temps-ci, donc j’ai très bien pu passer à côté de celle-ci. J’essaie de me remémorer son visage, mais avec tous les Blocards que je vois défiler, il est difficile de se souvenir de tout le monde. Rousse, un peu timide… Nan, j’vois pas.

« Oui, c’est bien moi, affirmé-je avec méfiance. Le coup qu’on lui a porté se situe à l’arrière du crâne. Il n’y avait pas de dommages particulièrement sévères, pas de traumatisme crânien ni ce genre de choses, donc je pense qu’on a dû l’assommer avec une sorte de poêle. Une casserole, à la limite. Pas trop lourd, mais juste assez pour faire s’évanouir quelqu’un. Le voleur devait en avoir à portée de main dans la cuisine. Pourquoi ? »

Les gens curieux ne sont pas forcément ceux que j’apprécie le plus. Pourquoi poser tant de questions ? Mais celle-ci me semble différente. Déjà, elle est devenue rouge pivoine lorsqu’elle s’est adressée à moi, donc je ne me voyais pas être agressif avec elle. Par contre, si elle continue à mettre son nez un peu partout, j’en connais quelques-uns qui risquent de ne pas apprécier. Ah, mais oui, je me souviens d’elle maintenant ! Elle vient d’arriver au Bloc. J’ai eu quelques échos. Apparemment, elle poserait des tonnes de questions, quitte à en devenir légèrement agaçante. Sur le Bloc, sur le Labyrinthe, sur les règles. Bon, okay, personne ne peut vraiment l’en blâmer. Et tant que ces questions ne me sont pas adressées, moi, je m’en moque.

« Si tu t’y connais en médecine, c’est chez les Medjacks que tu aurais dû venir, ironisé-je avec un sourire. On a bien besoin de gens compétents. La plupart ne sont pas très doués ». Mes collègues passent leur temps à me fausser compagnie. Aussi, je rigole, mais ça garde son trait de vérité. A un moment, il faudra que je réagisse. Quitte à trancher des têtes s'il le faut.
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MessageLun 9 Juin - 21:32

Eva se mordilla la lèvre. C’était officiel, ses questions n’étaient pas accueillies à bras ouverts, vu la tête que faisait le medjack. Forcément, il devait avoir d’autres choses en tête, entre toute cette histoire, ou encore son travail. Enfin ça elle supposait que voir des gens en sale état à longueur de journée ça devait forcément marquer et rester dans un coin de la tête. Même si c’était pour la bonne cause. Surtout si c’était pour la bonne cause. Lui adressant une petite moue désolée pour parer à ses haussements de sourcils, elle attendit de voir s’il allait lui répondre. Laissant son regard dérivé sur l’assemblée, elle tendit une oreille distraite aux déclarations publiques qui continuaient de pleuvoir. Encore des menaces. Elle était assez étonnée que le maton en chef n’ait rien dit devant tous ces gens qui se dressaient à leur tour, semblant faire fi de son autorité, voir le défiant ouvertement pour certains. Du coup ça ressemblait plus à un concours d’enchères sur la place publique. Comme quoi l’autorité au bloc, bien que régit par la milice n’était pas parfaitement écoutée.

Elle fixa brusquement ses yeux aigue-marine sur le brun, presque surpris qu’il prenne la parole. Devant le flot d’informations précises qu’il lui offrait, elle se concentra pour tout retenir. Il avait donc été frappé à l’arrière du crâne à l’aide du poêle. Aucune préméditation, le voleur avait donc dû se faire surprendre dans la cuisine. Il l’avait sans doute entendu arriver, s’était caché, et l’avait eu par surprise. Par derrière, ce n’était pas la meilleure méthode pour assommer quelqu’un, mais ça restait le plus pratique pour ne pas se faire repérer. En connaissant les personnes qui étaient avec la victime, ça faisaient des suspects potentiels en moins. Mais qu’est-ce qu’ils étaient nombreux au bloc.. Pensive, elle abattit le bras devant elle, mimant le geste, tout en prenant gare à ne pas toucher les personnes alentours. Le dénommé Madoxx, il était quand même grand. Cette histoire de poêle venait tout compliquer. On aurait pu facilement éliminer des personnes suivant leur taille, mais là ça risquait d’être très compliqué d’en déduire quelque chose. Sans prendre garde à la question du medjack, elle le questionna, toujours sur le même ton, pensive, sans se demander si elle ne risquait pas de l’ennuyer à force.

« Est-ce qu’une femme aurait assez de force ? »

Bon okay, elle était nulle comme détective. Elle en avait pleinement conscience, mais ne supportait pas de ne rien faire. Autant agir alors, même si c’était pour brasser de l’air. Eliminer les gens un par un, en se basant sur de petits détails était un vrai travail de fourmi. « C’est trop long.. » grommela-t-elle pour elle-même en se mordant la lèvre. Il fallait un autre angle d’attaque. Les patrouilles ne marchaient pas, les pièges non plus. Que faire alors ? Continuer de creuser les petits détails. Augmenter les rondes. Peut-être fabriquer une sorte d’alarme pour le garde-manger ? En tendant des fils très fins en travers, avec des objets métalliques qui serviraient d’avertisseur sonore ? Il faudrait les installer et les enlever toutes les nuits, pour que personne ne soit au courant. Elle pourrait glisser l’idée à un trappeur. Sauf qu’elle ne savait pas à qui faire confiance. Et surtout qu’ils avaient déjà dû y penser. Qu’est-ce qu’elle pouvait être naïve..

La pique du brun la fit sortir de ses pensées, et elle rougit de nouveau en se rendant compte qu’il se moquait d’elle. C’était son droit, d’autant plus qu’il lui avait transmis des informations quand même. Qu’elle n’était pas fichue d’utiliser, certes. Elle lui sourit en retour, acceptant avec grâce cette petite pique. « Oh non, je n’aurais pas les épaules pour faire ça ». Et c’était bien vrai. De voir la souffrance des autres, ça la remuait complètement de l’intérieur. Elle était bien trop empathique pour ce genre de travail. Mais elle admirait –et ne s’en cachait pas les medjacks. Elle fut d’ailleurs bien surprise lorsqu’il ajouta d’un ton un peu amer qu’ils manquaient de gens compétents. Elle fronça les sourcils. Comment des gens pouvaient s’engager dans une tâche de cette ampleur, et ne pas s’investir à fond ? Elle comprenait qu’il puisse en être aussi dégoûté. Ne sachant trop quoi répondre, elle compatit intérieurement, en se retenant de sortir une banalité inutile. Impulsivement, sa main se tendit comme pour lui effleurer le bras. Mais elle s’arrêta nette, semblant réaliser ce qu’elle était entrain de faire, et cacha son bras derrière son dos pour cacher son embarras. Heureusement les voix se firent plus fortes près de la boîte, et elle espéra que cela lui serve de diversion. Ça avait l'air bien tendu d'ailleurs.


Dernière édition par Eva Dotskins le Mar 10 Juin - 17:54, édité 1 fois
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MessageLun 9 Juin - 22:39


Tu vois quand tu fermes les yeux et que tu désires un truc très fort. Et
bah Dieu c’est le mec qui en a rien à foutre.

LA CHASSE AUX SORCIÈRES

Merde et gueule. J'crois bien que ce sont les mots les plus prononcés depuis tout à l'heure. Eh les mecs, sérieux, peace, mes oreilles vont bientôt gémir. Bon, scientifiquement parlant, mes oreilles sont dans l'incapacité de gémir, mais j'le jure, si on oublie la science et toutes ses règles à mourir d'ennuis, mes oreilles gémiraient en choeur. Un voleur. Voilà ce qui agite tout le monde depuis ce matin. Tous les blocards, je crois, ce sont rassemblés pour tout d'abord écouter le discours du chef blocard, le papa ours si j'ai bien compris, un certain Jonathan... ou peut-être Jonas... Mouais. On s'en fout, j'veux dire, j'm'en fous. Je suis ici depuis une semaine et quelques jours, et ce mec sort pour la première fois de son bureau, où je ne sais pas ce qu'il trafique, et j'ai l'impression que le voir est rarissime. J'comprends pas comment il est arrivé à la tête du bloc. À quoi ça sert, un mec qui daigne pointer le bout de son nez deux fois par an. Pfff... Il avance vers l'estrade, n'accorde évidemment aucun regards aux autres blocards, et parle d'un ton froid. Crétin. J'observe les personnes qui m'entourent. Beaucoup de personnes semblent penser comme moi, du moins c'est ce que laisse penser leurs regards venimeux. Depuis mon arrivée, je suis confronté tous les jours à la haine, le désespoir, et la tristesse. Je peux comprendre. On est tous enfermés dans un labyrinthe sans issus, pour l'instant, sûrement crée par des psychopathes machiavéliques qui doivent bien rire à nous observer, en supposant qu'ils peuvent nous observer. Pas cool. BREF. Une fois le discours de papa ours achevé, plusieurs blocards prennent chacun leur tour la parole. Pour gueuler, évidemment. Insultes, blablabla, menaces, blablabla, haine, blablabla, de nouveau insultes, etc... C'est pénible. Et je m'ennuie beaucoup. Je ne me sens pas concerné par ce vol. Normal j'ai envie de dire, je n'ai rien volé. Pourtant je suis toujours là, à écouter les autres se plaindre comme des gosses de trois ans, je suis là à les écouter se battre verbalement entre eux. Et ça m'agace profondément. Je n'aime pas ce genre de situations, où personne ne rit, personne ne sourit, c'est juste la merde, le chaos quoi. Je me balance d'un pied à l'autre, et entre dans ma bulle. Coupée du bloc, de toutes ses engueulades inutiles, je pense. Je pense à mon arrivée, je pense au labyrinthe, je pense à mon passé. Passé dont je n'ai aucune traces dans ma mémoire. Qui suis-je ?  Thalia Steinberg, seize ans, chevelure blonde, yeux bleus, drôle de caractère. Voilà à quoi ce résume ma personne. Parfois le soir je pleure, j'oublie mon sourire, et laisse simplement mes larmes couler. Parfois sans raisons, parfois avec raisons. Je fais demi-tour, je ne veux plus rester ici, je ne veux plus entendre toutes ses accusations sans queues ni tête, je veux juste être seule, au calme. Je percute alors un poteau, je soupire, moi et ma chance à deux balles, j'te jure. Je relève la tête. Je soupire à nouveau, évidemment. Ce n'était pas un poteau, mais bel et bien un être humain. Le soleil m'empêche de distinguer correctement le visage de l'individu face à moi, mais je lâche tout de même d'un ton gêné, et amical, comme à mon habitude, j'suis pas quelqu'un d'agressif de toute façon : " Pardon, j'avais la tête ailleurs...  J'ai cru que tu étais un poteau. Tu es.. ferme. " J'aimerais parfois avoir des remarques qui en jettent, j'veux dire le genre de paroles que personne n'oubliera, des trucs qui ont la classe quoi, le contraire de ça.
(c) Bloody Storm

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MessageDim 15 Juin - 13:40

Lula n'en avait rien à faire de toute cette histoire. Personne ne lui avait rien volé à elle. Enfin, il y avait bien eu la disparition de ce bout de fromage qu'elle avait gardé pour Charlie, mais elle soupçonnait plutôt l'intéressé de l'avoir mangé en avance. Qui sait? Mais ce qui l'embêtait, c'était effectivement ces vols récalcitrants, faisant monter le ton de beaucoup d'entre eux et causant même quelques accidents. Si Lula pouvait aider, elle le ferait sans hésiter, bien qu'elle ne s'investisse jamais dans ce genre d'activités d'ordinaire. Mais cette fois, elle n'en pouvait plus. Le voleur allait trop loin, et si ça continuait tout le bloc devrait se serrer la ceinture au niveau des repas. ce que la jeune fille ne supporterait bien évidemment pas. En tant que coureuse et jeune fille survoltée, elle avait besoin de manger. Déjà que la nourriture n'était pas excellente - à croire que les cuistots n'étaient là que par incompétence dans les autres domaines et non pour leurs réelles compétences culinaires - si en plus elle venait à manquer....ce serait le pompom! tandis que certains blocards bombardaient les mâtons de question, tous situés sur l'estrade et entourant leur supérieur comme des moutons, ceux-ci répondaient aux interrogations par des répliques froides et parfois glaciales. D'un côté, Lula les comprenait. Ce doit être chiant de diriger des abrutis comme eux, de leur dire constamment quoi faire et de se faire remettre en question à cause de ces vols...et de l'attaque. Parce que oui, le voleur avait également blessé quelqu'un. Un certain maddy. Ou oddox. Enfin bref, un mec avait été blessé, peu importe son nom. Après tout, s'il avait réussi à se faire avoir par cette poule mouillée - qui qu'elle soit - par surprise, c'était qu'il ne devait vraiment pas être doué. Mais alors vraiment pas. Lula dévisagea alors les mâtons en question. Et si c'était l'un d'entre eux, qui avait fait le coup? Après tout, le mâton en chef ne sortait pas souvent et sa position n'était pourtant jamais contestée et toujours écoutée. Et si l'un des mâtons voulait prendre sa place?

Lula passa en revue les dirigeants du bloc. A l'extrémité se tenait la jeune Coré, la plus jeune de tous et pourtant un mâton à part entière. Elle qui avait su gravir les échelons rapidement et arriver ainsi au statut de mâton des sarcleurs, impossible qu'elle soit derrière toutes ces manigances. Coré avait beau être haut placé, son ambition si ambition il y avait avait dû être bien contentée par ce privilège. Venait ensuite à ses côtés Bryce, chef des coureurs. Mais avec sa période de dépression et le piège qu'il avait tendu, impossible de le soupçonner plus longtemps. Le mâton des medjacks se tenait à la droite de Jonas, répondant ironiquement mais patiemment aux interrogations de ses semblables. Milo. Milo ferait un parfait bon coupable, non? Mais là encore, son irritation non dissimulée et son désintérêt pour...et bien en fait tout, l'excluaient de tout soupçon. A la gauche de jonas, se tenait fièrement une rouquine que tous connaissaient bien pour être une des premières arrivantes au Bloc. Mâton de la milice, Juliet était plus que soupçonnable. Hargneuse, ambitieuse, intrépide, mauvaise langue, sang chaud...que fallait-il de plus pour ne pas l'accuser de traîtrise? Mais malgré tout, et bien que Lula aurait voulu très fort qu'elle soit la coupable, histoire de lui rendre la monnaie de sa pièce pour toutes ces fois passées au gnouf, elle se devait de l'innocenter. Car si la rousse était une vraie vipère, elle n'était pas la plus fine stratège non plus, et ne cachait pas ses actes et méfaits. Elle avait déjà eu vent d'une bagarre entre la coureuse Clarke et la chef de la milice, qui avait conduit cette dernière derrière ses propres barreaux. Non. Trop impulsive pour manigancer quoi que ce soit, mais elle demeurait pourtant une vraie peste. A ses côtés, Zephyr trônait sagement en contemplant la foule, comme un parfait petit soldat qui comptait ses troupes. Pour établir un plan et prendre la place qui lui revient de droit, encore faudrait-il le vouloir. Et Zephyr n'avait pas l'air d'y penser. Même pas un peu. En fait, Lula se demandait même comment il en était arrivé à devenir mâton des trappeurs. Surtout que Lula le soupçonnait d'avoir donné un coup de main à Bryce pour le piège donc... Restait enfin le mâton des Cuistots. Mais à voir sa dégaine et son air rêveur, un brin je m'en foutiste, là encore impossible de le penser en train d'élaborer un stratagème. Soupirant, Lula ne savait plus quoi penser. S'il n'y avait pas de rébellion en préparation, cela voulait dire qu'un voleur sévissait de son plein gré au bloc. Mais si c'était bien le cas, dans quel but faisait-il cela? N'avait-il pas assez à manger? Mais les bouffis et gros mangeurs n'étaient pas non plus soupçonnables, car si le mec blessé - Laddox peut-être? Ou bien était-ce Moddux? - n'était pas très doué, il l'était quand même assez pour maîtriser une bedaine sur patte. Du moins, elle l'espérait pour lui. Et c'est sur ces pensées qu'elle se mit à fixer l'horizon, vide de toute expression.
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MessageDim 15 Juin - 15:27

Coré arriva à l'esplanade après avoir fini de mettre au frais les provisions du jour. Elle se devait d'y aller. En effet, c'était son supérieur, Jonas, le mâton en chef, qui l'avait convoquée. En tant que mâton des Sarcleurs, c'était à elle de reléguer les informations à ses camarades. Elle préférait que ceux-ci finissent leur travail car chaque aliment était vital pour le bloc.

« Mes chers amis, l’heure est grave. Chacun sait que la vie au Bloc est contraignante et difficile. Nous luttons constamment pour notre survie, pour ne pas sombrer dans une vague de désespoir. Nous n’avons pas le droit de faillir. Pourtant, alors qu’une solidarité optimale devrait être exigée de chacun de nous, un individu s’est mis en tête de bouleverser l’ordre établi, de bouleverser notre société. Chaque jour, il nous vole, il nous tronçonne une partie de nos vivres. Il s’en prend même à ses propres camarades ! »

* Alors comme ça, on s'amuse à voler les provisions que moi et mes collègues ramassons hum ? J'aimerais bien savoir quand ont eu lieu ces vols. Étant donné que j'ai moi-même planifié les emplois du temps de mes Sarcleurs, je pourrai savoir qui a commis une faute et ne l'a pas bien refermé... * pensa Coré en serrant les poings et les dents, son regard faisant éclater sa fureur. Après le discours de son chef, elle lui agrippa le bras et lui parla d'une voix basse.

- Est-ce que tu sais quand ces délits se sont-ils produits ? Je suis désolée, je ne sais pas comment cela a pu arriver. Après chaque journée, je vérifie moi-même que le garde-manger soit bien fermé. J'ai donc besoin de savoir quels jours et à quelle heure les vols ont été commis. Comme tu le sais, je garde un œil sur tous mes Sarcleurs et je pourrais donc facilement les interroger sur si la porte a été bien fermée. Je pourrai même tendre un piège à notre voleur si tu me le permets. En tous cas, je n'ai pas eu de blessés anormaux ces derniers temps et je vérifie les stocks chaque soir et chaque matin. Je n'ai rien vu de changé mais quelqu'un qui a les clés ou, qui les a subtilisées, aurait pu les falsifier. Je ne peux malheureusement pas retenir chaque nombre. Quoiqu'il en soit, je te promets que tu peux avoir confiance en moi et tu sais que je suis très consciencieuse lorsqu'il s'agit de mon travail. Tu me connais, jamais je n'aurais pu faire une chose pareille, moi qui est très méticuleuse.

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MessageMar 17 Juin - 16:48

Les bourdonnements incessants de mes camarades ne parviennent désormais plus jusqu’à moi. C’est comme si mon cerveau filtrait de lui-même les informations qui me sont utiles et celles qui ne me le sont pas. De toute évidence, les débats houleux font partie de la seconde catégorie, ce qui n’est pas sans m’en déplaire. Discussion devenue inintéressante, alors pourquoi m’en soucier ? Fin, m’a-t-elle déjà intéressé depuis qu’elle est lancée ? J’esquisse un sourire moqueur à cette idée. Mon attention s’est plutôt portée sur quelqu’un d’autre. Sur quelqu’un d’assez étrange, d’ailleurs. Cette fille. La voilà qui gesticule dans tous les sens comme une possédée. Je l’observe d’un air intrigué, sans oser rire de toute cette mascarade. Bizarrement, je n’ai pas très envie de me moquer d’elle ou de lui envoyer de nouveaux piques. Elle a quelque chose de différent, sans pour autant que je ne sache de quoi il s’agit. Bah, elle est juste bizarre. Rien de plus. Elle me rappelle un peu Alycia, ça doit être pour ça. Le même petit regard étincelant. Tant qu’elle ne me casse pas les pieds trop longtemps, ça m’ira. En attendant, elle sera toujours plus passionnante que toutes ces autres personnes qui m’entourent. De pas beaucoup, mais tout de même. Lorsqu’elle me demande si une fille aurait pu faire le coup, je fronce de nouveau les sourcils. Dans ma tête, le voleur a toujours été un mec. Car pour assommer un grand gaillard, faut avoir un peu de force dans les bras.

Mais après tout, pourquoi pas ?


« Je n’y avais pas songé, mais c’est possible, effectivement, lui dis-je en réfléchissant. Bon, par contre, ça peut pas être une fille du genre Coré, t’vois ? Là, c’est même pas la peine. Vu que Mad est assez grand, faut pas que la fille soit trop petite, sinon elle n’arrive pas à … ».

Un mouvement m’interrompt dans mon élan. Une jeune fille, qui semble avoir la tête dans les nuages, me fonce dessus. Je m’apprête à l’envoyer chier, quand je remarque qu’il s’agit de la nouvelle. Je ravale ma colère. Ces Bleus se croient tout permis, c’est dingue ça. Ils sont là depuis à peine quelques semaines, n’ont pas vécu toutes les horreurs qu’on a traversées ces derniers mois, et ça fait déjà du grabuge. Soupir. Quand j’étais à leur place, je devais être à peu près pareil, j’pense. Fin, j’étais tout de même moins maladroit.

« Ferme ? répété-je d’un ton acide. C’est… original. Alors comme ça, on voulait s’échapper en douce ? » Je ponctue ma remarque d’un petit sourire : « Je sais bien que c’est chiant comme la pluie, mais je ne pense pas qu’on doive s’en aller pour le moment. Tant que Jonas n’est pas parti, on reste. Compris, la Bleue ? Et puis, ça te rendrait encore plus suspecte. Déjà qu’ils sont prêts à s’écorcher sur la place publique, alors évitons de mettre de l’huile sur le feu, d’accord ? »

Si on pouvait partir, ça fait un bail que j’aurai foutu le camp. Je jette un coup d’œil en direction de Jonas. Apparemment, Coré est en train de lui tenir la grappe. Je suis trop loin pour entendre sa réponse. Quelque chose me dit qu’elle est en train de l'agacer, vu comment elle s’anime quand elle parle. Nouveau soupir. Cette fille est sympathique, mais je n’ai jamais vraiment compris pourquoi elle était devenue mâton. C’est un rôle de leader ça, pas le rôle d’une fillette. Trop de responsabilités, à son âge, c’est pas bon. Déjà qu’on a tous perdu notre jeunesse, alors si on pouvait éviter d’endommager le peu d’espoir enfantin qu’il nous reste dans le Bloc…
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MessageMar 17 Juin - 19:05

Perdue dans ses pensées, Eva réfléchissait, tout en suivant d'une oreille distraite ce qui se racontait à grands cris sur la place publique. Elle était comme ça notre petite (grande) rousse, toujours le cerveau qui tournait à plein régime, sauf quand elle lâchait volontairement la bride. A cet instant, elle se demandait si le voleur -ou la voleuse ?- faisait partie de ceux qui prenaient la parole pour exprimer leur opinion, ou de ceux qui restaient silencieux en écoutant tout ce raffut. Si c'était elle la voleuse, elle aurait sans doute fait profil bas. Mais bon elle n'avait jamais volé, et ne savait donc pas si elle était ou non une bonne référence (ou mauvaise selon les points de vue). Tout dépendait encore une fois du caractère de ce mystérieux personnage.

Elle avait demandé si le coupable pouvait être une fille, et fut surprise une nouvelle fois de voir qu'il lui répondait. Elle le trouvait calme et un peu distant, comme si ce qui se passait ne l'atteignait pas. Un peu mystérieux et mélancolique aussi. Comme s'il avait vu et vécu des choses trop dures pour son âge, et qu'il avait dû faire avec. Elle se surprit à le détailler avec curiosité, tandis qu'il parlait. Elle entraperçut ses yeux bleus océans derrière quelques mèches de cheveux brunes, avant qu'il ne s'interrompe brutalement. Une jeune fille venait de lui rentrer dedans, et son commentaire était si incongru qu'il fit éclater de rire Eva. Un rire frais et léger, qui ne dura pas lorsqu'elle vit l'expression sur le visage du medjack, qui n'avait pas l'air d'apprécier l'adjectif. Ça lui donna la diversion suffisante pur se recentrer, et se répéter ce qu'il venait de lui dire. Une fille aurait pu faire le coup. En ayant la force suffisante bien sûr. Zut, ça n'éliminait pas grand monde. Enfin, c'était toujours ça de pris.

Et voilà que la blonde se faisait passer un gentil savon, sur le fait qu'on ne quittait pas l'esplanade jusqu'à ce que le maton en chef ne s'en aille. Ce qui paraissait assez logique, puisque ça aurait été un manque évident de respect. Mais contrairement à ceux qui s'amusaient à cracher directement en face du dénommé Jonas, cela semblait accidentel pour la jeune fille, nouvelle elle aussi. Elles étaient arrivées à peu près en même temps, à quelques jours de décalage. Tant mieux, elle n'était pas restée 'la bleue' longtemps mouahahah. Parce que sérieusement, c'était un peu lourd de devoir répéter sans cesse qu'elle s'appelait Eva (oui elle était têtue).
Elle adressa un sourire amical un peu compatissant à la nouvelle venue, comme pour appuyer silencieusement ce que venait de dire le brun. Elle pressentait qu'une intervention orale de sa part serait malvenue, même si le discours, quoique très légèrement moralisateur n'était ni sarcastique, ni piquant. Ça lui tira un nouveau sourire, en repensant à ce qu'elle avait entendu dire sur le chef des medjacks -dont elle ne se souvenait plus le nom-, réputé pour ne pas y aller de main morte dans ses remarques. Peut-être s'était-il radoucit ? Ou alors il ne se comportait pas pareil à l'infirmerie et ailleurs.

Surprenant le soupir du garçon à ses côtés, elle se retourna par réflexe vers l'endroit qui menait à la Boîte. Suivant son regard, elle aperçut une minimoys toute mignonne entrain de chuchoter à l'oreille du maton en chef. Euh qu'est-ce que cette gamine faisait là ? Un rapide calcul lui fit hausser les sourcils de surprise. Si tous les matons étaient présents, alors elle devait en faire partie. Ce qui expliquait sans doute pourquoi elle se permettait autant de familiarité. Comment un petit bout de chou pareil pouvait-il endosser tant de responsabilités ? Elle prenait le temps de vivre aussi ? Elle secoua la tête, un peu dépassée, faisant virevolter quelques mèches rousses.

Après un instant de calme où ils étaient restés sans rien dire, un bref souvenir lui revint. Comme observé à travers un écran, et elle se douta que ce n'était pas réel, mais plus une sorte de souvenir de film ou autre. Elle sourit en y songeant, se disant que ça aurait pu être une bonne idée en d'autres circonstances. C'était une intrigue, où,  pour démasquer le voleur, l'enquêteur avait réuni tout le monde dans la même pièce (ça partait plutôt bien vu les circonstances), et il leur avait ensuite simplement annoncé que le coupable était ici, et qu'il savait qui c'était. Bien évidement, toutes les personnes innocentes s'étaient retournées pour regarder leurs voisins d'un air suspicieux, sauf le coupable. Elle se demandait si ça pouvait marcher dans la réalité. Mais ne comptait pas se tourner en ridicule en allant proclamer qu'elle savait qui était le coupable sur l'esplanade. Bien décidée à faire passer le temps puisqu'ils étaient bloqués ici, elle reprit la conversation sur un ton normal, comme s'il ne s'était rien passé.

"Salut, c'était moi la bleue jusqu'à ce que t'arrives, alors je compatis !"Elle lui offrit un grand sourire, puis elle prit une pause un instant, en se demandant si elle pouvait leur soumettre ses théories pour attraper le voleur. Elle allait passer pour une folle. Trop tard, encore une fois sa bouche s'était ouverte avant qu'elle ne réfléchisse aux conséquences, tout obnubilée qu'elle était par ses réflexions. Les paroles coulèrent naturellement de sa bouche, à mesure que les idées jaillissaient dans son esprit. Puisqu'on est bloqués ici.. Vous croyez qu'on peut lire les sentiments de quelqu'un grâce aux expression de son visage ? Qu'est-ce qui serait plus efficace, de l'encre invisible sur la poignée du garde-manger, ou de tendre des fils devant avec des avertisseurs sonores ?"

Ça y est, elle était repartie dans ses délires détectiverestes (d'après elle, ça sonnait bien).Il n'empêche qu'elle ne trouvait pas de solutions satisfaisantes, et qu'elle n'avait rien d'autres à faire que réfléchir. Elle se souvenait avoir lu qu'on pouvait décrypter les émotions grâce aux micro-expressions du visage, et avait hâte de tester ça. Même si ce n'était pas réalisable à grande échelle, peut-être surprendrait-on un regard de culpabilité dans la foule. Scrutant les personnes alentours, elle ne découvrit rien de nouveau. Sa question n'avait d'ailleurs aucun intérêt, elle se parlait juste une fois de plus à voix haute. Quoique tout commentaire constructif était le bienvenue. Par contre elle réfléchissait plus sérieusement aux deux options évoquées, qui consistaient à tendre un piège au voleur mais sans risquer de faire de nouveaux blessés. Pour l'encre invisible, rien de plus simple, du jus de citron ou du vinaigre ferait l'affaire. Une fois chauffée, l'encre serait alors révélée. Le seul problème était qu'il fallait vérifier les mains de chaque personne après un vol. Et que, le jus de citron et le vinaigre, et bien ça collait. Le voleur ne devait donc pas avoir le temps de se laver les mains non plus. Le mieux serait de trouver une encre ineffaçable, qui se révélerait au toucher instantanément. Il fallait une réaction chimique, induite par le contact de la peau, ou de tissus. Elle avait beau se creuser la tête, elle ne trouvait pas le produit idéal. Le coup des fils était plus pratique, sur le principe simple d'une alarme, mais il nécessitait une installation minutieuse, et le risque de devoir démonter et remonter tous les soirs pour que le voleur ne s'en aperçoive pas la journée. Bref, un vrai casse-tête.
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MessageMar 24 Juin - 14:30

Assise en tailleur en plein milieu de la foule, Ellen écoutait sans grande conviction le mâton en chef. Jonas … A dire vrai, elle n’avait pas vraiment d’avis le concernant. Il ne sortait que rarement de son bureau, et ne le faisait que pour annoncer les mauvaises nouvelles. Un oiseau de malheurs, en quelques sortes. Pourtant, cela ne faisait pas de lui un ennemi naturel aux yeux de la coureuse. Juste un mec qui se prenait un peu trop au sérieux. Un soupire las échappa à la jeune femme, à l’écoute de son discours. Abomination, gangrène, punition. Ce n’était pas un peu fort, ça ? Franchement, Ellen ne voulait pas donner raison au voleur, ni même lui accorder le moindre soutien, mais tout de même, ce n’était pas avec ces méthodes qu’on l’obligerait à se dénoncer. Au mieux, il arrêterait, au pire, il serait encore plus prudent.

Ellen s’étira, blasée et fatiguée par toutes ces conneries. C’était au tour de Clarke maintenant, d’ouvrir sa grande gueule. Elle avait toutes les raisons d’être en colère, Ellen le ne niait pas. Pour un coureur, se blesser à la jambe était la pire chose qui pouvait arriver. Mais se faire blesser alors qu’elle n’était même pas dans le labyrinthe, là c’était carrément fou. Presque comique en fait. Bien sûr, la blonde s’emporta. Fallait s’y attendre. Menacer, c’était sa façon de parler. Douze mois qu’elle la connaissait, cette folle, et avec le temps, Ellen s’y était fait. Par contre, tout comme les propos de Jonas, ça ne risquait pas de faire sortir le voleur de son mutisme. Bande de tarés irréfléchis. Un sourire apparu l’espace d’une seconde sur le visage de la jeune femme avant de disparaître aussitôt lorsque quelqu’un la bouscula. Ellen releva la tête vers Madoxx. Tiens, lui aussi voulait dire quelque chose ? Logique, après tout, il avait prit un sacré coup sur la tronche. Mais contrairement à ce à quoi Ellen s’attendait, il tenta de calmer les choses. Enfin quelqu’un de sensé ! Une personne qui ne veut pas de guerre intra-bloc, qui tente d’adoucir les gens, qui la prend en pitié... Pardon ?! Comment ça, la pauvre Ellen ? Elle pinça ses lèvres, gênée, avant de baisser la tête et de passer sa main sur sa nuque. La jeune femme ne voulait pas de la pitié des gens et cette situation était vraiment gênante. Elle fixa l’herbe un instant, avant de relever la tête. Quelques regards s’étaient tournés vers elle à l’évocation de son nom, regards qu’elle ignora obstinément, ses yeux rivés sur Madoxx. S’ils s’attendaient à un discours de sa part, ils se foutaient le doigt dans l’œil. La coureuse n’avait rien à dire et rien à prouver. Après tout, son innocence avait été établie lors de son séjour au gnouf. Séjour qui, malgré son air indifférent, l’avait marqué et durant lequel elle avait développé une haine certaine pour ces incapables de miliciens.  Enfin, elle était sortie et libre maintenant, alors pas la peine de balancer des coups à tout va.

Bon, bien sûr, c’était la théorie. Mais quand la grande godiche d’Eleanor prit la parole, juste après Bryce, la mâchoire d’Ellen se crispa. Elle l’énervait. Son air orgueilleux, son arrogance, elle était tellement grossière, tellement ridicule… La coureuse détourna le regard pour mieux se retenir de lui envoyer son poing dans la figure. Ce n’était pourtant pas l’envie qui lui manquait. La milicienne était pathétique, pire encore, inutile. Son discours n’apportait absolument rien à la conversation. Eleanor voulait se montrer, rappeler qu’elle était là, voilà tout. Maintenant, Ellen l’invitait cordialement à fermer sa grande gueule. Bien sûr, la situation n’allait pas en s’arrangeant. Après Eleanor, c’était au tour d’Ulysse de prendre la parole. Un anorexique qui parle de bouffe. Mais ce n’était pas tout ! Coré était en train de faire de la lèche au mâton-en-chef.  Ca commençait à faire trop pour la coureuse.

Balançant sa tête en arrière, elle fixa un instant le ciel, tentant de ne plus penser à toutes ces conneries. Diviser pour mieux régner, c’était un truc connu ! Et pourtant, tous ces moutons de blocards tombaient dans ce merdier la tête la première. Allons-y, entretuons-nous. Comme l’avait dit Madoxx, ça ferait plus de bouffe pour les survivants, et ça réglerait le problème. Non mais vraiment … Trop, c’était trop. Ellen en avait marre, et l’idée de se barrer lui effleura l’esprit. Est-ce que ça gênerait quelqu’un ? Qu’elle soit là ou non, la Terre continuerait de tourner, alors franchement, qu’est-ce qui l’empêchait de retourner pioncer ?

« … Tant que Jonas n’est pas parti, on reste. Compris, la Bleue ? Et puis, ça te rendrait encore plus suspecte. Déjà qu’ils sont prêts à s’écorcher sur la place publique, alors évitons de mettre de l’huile sur le feu, d’accord ? »

Basculant lentement la tête vers Milo, Ellen le fixa un instant. Mouais, partir n’était peut-être pas une superbe idée, même si tous les blocards savaient qu’elle était innocente. Manquer de respect au mâton-en-chef était clairement déconseillé. Pas moyen de retourner au gnouf pour une connerie pareil. Alors, au lieu de rester là à écouter ces imbéciles crier haut et fort leur mécontentement, la jeune femme s’étira et se leva pour rejoindre Kyte et les deux nouvelles. Elle n’avait aucune idée de comment elles pouvaient s’appeler, et franchement, elle n’en avait pas grand-chose à faire. En s’approchant, elle écouta la proposition de la rousse et, après un rapide signe de la tête à Milo pour le saluer et sans prendre la peine de se présenter aux bleues, se mêla à la conversation.

« Intéressant… Plus intelligent qu’un piège à la Bryce, c’est clair. Bon, j’vois mal ces incompétents de miliciens vérifier les mains de tous les blocards pour y découvrir du jus de citron, mais ton idée d’avertisseur sonore peut être drôle. »

Et elle ne disait pas ça uniquement pour voir la gueule que tireraient la plupart des blocards en se faisant réveiller en pleine nuit par une fanfare de casseroles. Non, vraiment, ça pouvait être une bonne idée, moins dangereuse qu’un piège à loup, et plus intelligente que de l’encre invisible. Parce que si le jus de citron marchait très bien sur une feuille, Ellen n’était pas sûre que le résultat soit le même sur la peau. Et de toute façon, il fallait l’exposer à la chaleur pour le révéler, et il était évident que personne ne voulait se faire brûler les mains pour une connerie pareille.

« Vous êtes des nouvelles trappeuses ? »

Ellen avait croisé les bras et observait méthodiquement les deux jeunes recrues. Elles n’avaient pas l’air trop mal, peut-être un peu frêles, pas vraiment la tête à affronter le labyrinthe ou même le bloc. Mais après tout, elles n’avaient pas le choix. Son regard se tourna ensuite vers Milo. Ca devait lui faire bizarre de la voir parler. Ce n'était pas vraiment le genre de la jeune femme, mais après tout, ce n'était pas non plus le genre du Medjack, et pourtant ...
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MessageMer 25 Juin - 13:51

C'est pour ça que Jonas ne sortait presque jamais de son bureau, c'est pour ça qu'il ne se mélangeait pas aux autres blocards. Les gens étaient bêtes et puérils. A croire qu'ils ne savaient pas penser, que réfléchir était trop leur demander. Non. Au lieu de ça, ils préféraient s'entre-accuser, pousser une gueulante et pointer du doigt le système. Jonas commençait déjà à sentir le mal de crâne qui pointait, comme toujours dès qu'il y avait assemblée ou une grande annonce à faire. Car pour les annonces mineures, il se débrouillait pour envoyer un mâton autre que lui. Souvent Milo d'ailleurs, bien qu'il ai parfois recours à Juliet. Parfois même Bryce quand il n'avait pas le choix. Pourtant, le jeune homme ne le portait pas dans son cœur, celui-ci s'opposant souvent aux propositions du chef. Quand au cuistot sans karma et à l'enfant sarcleuse....inutile de penser une seconde que ces deux-là seraient écoutés. Du moins, c'était son avis. Même chez les leaders, il y avait pour lui des grades. Et Milo était la personne en qui il avait le plus confiance, à qui il donnait le plus de droits, comme s'il était son second. Calme et exécutant, il ne le remettait jamais en question, et il aimait cette particularité chez lui. Un chef se doit de se faire respecter. Lançant un regard à celui-ci, il demeurait impassible, répondant de-ci de-là aux questions de la foule avec aisance et patience. S'il venait à lui arriver quelque chose, ce serait sans aucun doute Milo qui serait le plus apte à prendre sa suite. Bryce de son côté, était en train de répondre aux accusations d'une coureuse à son encontre. C'est alors qu'un jeune homme, celui qui avait reçu le fameux coup du voleur, prit la parole. Et affirma devant tous que le système de restriction alimentaire était erroné, mal mis en place, que cette règle ne devrait plus exister. Pauvre imbécile. Le voleur en question a dû te bousiller le peu de neurones qui devait te rester apparemment. Mais Jonas ne se serait pas senti obligé d'intervenir si Bryce n'avait pas pris le parti du jeune homme, le défiant ainsi aux yeux de tous.

C'était une chose qu'il n'approuve pas les règles votées au Conseil, mais la majorité l'emportait toujours. Et les mâtons devaient respecter cette majorité. Or Bryce ne faisait que le défier, encore et toujours. Relevant le menton, lui lançant un regard noir, une jeune milicienne poussa alors sa gueulante. Eleanor. Il avait déjà entendu parler d'elle à travers Juliet. C'était un peu son bras droit si l'on pouvait dire ça comme ça. Si Juliet était un des bras droit de Jonas, elle était trop imprévisible pour faire une bonne mâton en chef. En revanche, lorsqu'il s'agissait de faire respecter la loi, elle excellait à la tâche. Sa détermination et son tempérament de feu, bien qu'épuisant souvent son supérieur, était très utile à la communauté. Échangeant un regard, il s'avança alors un peu plus sur l'estrade, épiés de tous. « Le règlement est comme il est. Voté à la majorité par vos propres mâtons et devant être respectés par tous. » Sur ces mots, il lança un regard appuyé à Bryce. « Aussi la restriction des ressources reste en vigueur. Vous pensez souffrir, ne pas manger assez, mais vous constateriez réellement les dégâts si cette restriction n'était pas mise en place. Connaissez-vous la fréquence d'envoi de nourriture? Les règles de distribution et de partage? La quantité de nourriture perdue à cause de malades ou de blessés nouveaux? Si cette règle venait à être brisée, des réserves seraient faites, des personnes mangeraient plus que d'autre et le désordre règnerait parmi nous! Je me dois d'empêcher que cela arrive. » Faisant une pause, il constata l'effet de son annonce sur les visages hagards des blocards, certains murmurant entre eux, acquiesçant ses paroles. « Le partage est juste et équitable. Je rappelle que les règles sont faites pour le bien de tous. Et quiconque les transgresse se voit donc passible de représailles puisqu'il nuit à la santé et à l'ordre publique. C'est pourquoi e voleur sera arrêté et puni en conséquence. »

Tandis que certains réfléchissaient à ses dernières paroles, d'autres commençaient déjà à murmurer son nom, conquis par le discours. Mais alors que Jonas s'apprêtait à annoncer la personne en charge des fouilles et la dissolution de cette assemblée, un jeune homme brun prit la parole. Et à sa question, Jonas se demanda s'ils réfléchissaient tous comme ça. Comment de tels simplets pouvaient vivre parmi eux? Ou bien ses mots avaient-ils devancé ses pensées? Peu importe, mais il était bien entendu inconcevable que le voleur ne soit pas quelqu'un du bloc. Encore moins une créature. Relançant le débat, une petite rousse fraîchement arrivée enchaîna par des questions sur la blessure du cuistot, posées bien entendu à Milo. L'idée qu'un voleur sévisse parmi eux raviva la flamme de vengeance dans les yeux des gens et certains commencèrent à accuser les mâtons eux-mêmes d'avoir volé dans les provisions. Quels esprits futiles. Pourquoi briser la règle qu'ils avaient eux-mêmes instaurés? Mais Jonas ne put s'empêcher de penser à Bryce. Cela l'arrangerait bien si la place de mâton en chef était libérée, n'est-ce pas? Mais courir à de tels risques, sacrifier quelqu'un d'innocent pour porter le chapeau à sa place....non. Jonas ne pensait pas que le leader des coureurs soit assez vil et avide de pouvoir pour manigancer une telle chose. Écartant à contre cœur cette possibilité, il contempla une énième fois la foule s'entre-déchirer.

L'Homme avait décidément un réel penchant pour la guerre. Et comme si on voulait tester sa patience une fois de plus, la jeune Coré, dont l'adhésion chez les mâtons avait été soutenue par Juliet - pour ne pas dire que celle-ci l'avait saoulé avec ça - lui tirait maintenant le bras, chuchotant plusieurs questions en un flot de paroles qui l’assommait. Agacé, frustré d'être revenu à la case départ, déçu d'être soupçonné par ceux-là même qui l'avaient nommé à ce poste, Jonas ferma les yeux un instant, se massant les tempes. Et après un bref instant, alors que le brouhaha s'intensifiait, il cria: « ASSEZ !! » Les conversations se turent rapidement et tous les regards se braquèrent à nouveau sur sa personne. « Les recherches commencent dès à présent, tout le monde est suspecté. Si quelqu'un a le moindre indice sur l'auteur du vol ou si le coupable décidait de se dénoncer, adressez-vous à vos supérieurs, point barre. Coré, je veux un rapport détaillé des dernières consommations et disparitions du garde-manger, apporte-le demain matin dans mon bureau. Bryce, tu aideras Milo à inspecter chaque personne et à définir son bilan de santé. Juliet, prends deux personnes avec toi et menez l'enquête, chaque indice trouvé est un pas de plus qui est fait. Un bilan sera fait dans trois jours, même heure, même lieu qu'aujourd'hui. Sur ce, la séance est close. Retournez à vos postes. » Faisant volte-face, Jonas descendit de la petite estrade et traversa la foule en direction de son bureau dont il lui tardait de retrouver le calme. Faites que cette histoire se termine rapidement qu'il puisse être en paix.

Citation :
HRP: Vous pouvez répondre à la suite de ce message, mais il est impossible de s'adresser au M.E.C. Des indices vous seront dévoilés aléatoirement dans vos rp's à l'aide du voleur. Plus vous avez de rp's actifs, plus vous aurez de chance de voir le voleur apparaître dans votre rp. Bonne chance à tous! ♥
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