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Symphonie des sens ! [Terminé]

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MessageJeu 11 Déc - 22:06

Symphonie des sens.



Il se fait tard, le couvre-feu approche, les coureurs sont de retour depuis des heures. Il n'y a aucun blessé ce soir, voilà la première bonne nouvelle en ce jour. Le calme semble s'installer au bloc, quel soulagement, jusque quand cela durerait ? Je suis fatiguée ,  tout est plus long a présent, je n'ai même plus de temps pour moi. Je veux me reposer, un instant ... Ici ?

Non , cette infirmerie me donne le vertige. J'y passe tellement de temps, j'y vois bien trop de douleurs, à croire qu'il n'y a que cela ici. Mon sourire se ternit un peu, pourquoi ces changements radicaux ? J'entends encore ces hurlements déchirants, ils m'évoquent bien souvent la mort. Elle flotte au-dessus de nos têtes, telle l'épée de Damoclès. J'imagine parfois, Jonas, empoignant le manche de notre triste sort. On entre dans une nouvelle air, elle ne me plait pas du tout. Comment peut-on concevoir ces dires ?

Je soupire, il me reste encore quelques bocaux à ranger, quelques linges à étendre. Je me demande pourquoi je suis encore là. Pourquoi personne n'est présent également ...

Je jette un oeil sur la porte d'entrer, puis l'étagère sur ma droite. Cette fois, je suis sûre que plus aucun blessé ne viendra. Je n'ai pas l'heure, mais je sais qu'il est trop tard pour une apparition. Avec le temps, j'ai appris , je sais que la lueur du soleil s'arrête sur la fin de cette fameuse étagère lorsque les derniers blocards reviennent. Pour les manquants, il est trop tard, je lève les yeux. Est-ce une forme de prière ? Espérons que cela ait aidé les derniers à franchir les portes se refermant.

Voilà, l'ordre est de retour, tout semble propre, autant que nous le pouvons. Il est vrai qu'avec quelques produits, nous éviterions certaines infections. Les plantes qui poussent au bloc n'ont rien de miraculeuse et nous ne sommes pas vraiment médecin. Cela dit, nous sommes plutôt débrouillard, un sourire se figea sur mes lèvres, quel parcours.

Je retirais ma blouse, la faisant glisser de mes épaules, pour que celle-ci s'échoue sur mes mains. La caresse du tissu me fit frissonner, l'air était encore doux pourtant.

Je me dirige ensuite vers la sortie, ou pourrais-je passé mes derniers instants ce soir ? Je ne voulais pas d'un lieu forcement vide. Je voulais cela dit, du calme, de la sérénité. Sans vraiment réfléchir, je me dirigeais vers les douches. Cet endroit n'avait rien de particulier.

Je m'approche de l'une d'elle, ouvris l'un des robinets légèrement, l'eau tombait en cascade. Je m'assois un peu plus loin, observant celle-ci, écoutant le clapotis de l'eau.


Pendant ce temps dans ma tête.

Douce mélodie qui s'éveille en moi, je savoure cet instant,
les yeux clos.
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MessageSam 13 Déc - 22:40


 

  Une petite touche de surprise..
 



Indemne. Aujourd'hui j'avais eu la peur de ma vie. J'avais été à deux doigts de mettre fait piquer par un Griffeur ! J'étais trempé de sueur de la tête aux pieds. Je ne sentais que la fatigue à ce moment-là me dominer. Mes membres me faisaient mal partout. Bien sûr, j'étais habitué à courir toute la journée, mais particulièrement ce soir j'en avais encore la chair de poule.

Je revoyais encore les images. Elles me traversaient encore l'esprit. Un vrai cauchemar.. Dieu merci, personne n'avait été blessé! Nous nous étions enfui avant, de justesse. Je venais juste de manger et j'étais rassasié! J'avais sommeil et je n'avais qu'une seule envie. Celle de dormir. Mais tout d'abord je devais aller prendre une douche afin de me décrasser un peu !

Je me glissai un chemin dans l'obscurité pour aller rejoindre les douches. Il était déjà tard, le couvre-feu approchait, tout le monde avait à présent fini et j'étais le seul. Tout régnait dans un grand calme. J'entrai et m'entreprit de me déshabiller. J'enlevai mon tee-shirt et regardai mon reflet dans le miroir. Rien, juste une petite blessure. L'infirmerie devait être fermée à cette heure là. Tant pis, me dis-je intérieurement, j'irais plus tard, ou bien ça guérira tout seul. Alors que je m'apprêtais à rentrer dans une des douches, j'entendis un bruit dans le fond. N'étais-je pas tout seul ? Apparemment non et je ne m'en étais pas aperçu.

- Il y a quelqu'un ?, me demandais-je tout bas plus pour moi-même.

Je n'obtins aucune réponse. Bizarre, était-ce moi qui devenait fou ? Après tout cela ne serait pas impossible... Décidément curieux, je me dirigeai vers le fond.
Ce que je vis alors me soulagea. C'était juste une fille. À force de passer ma vie dans ce maudit labyrinthe je devenais paranoïaque. Elle était penchée sur un des lavabo et laissait couler l'eau. Elle n'avait pas réagi à mon entrée.

Elle avait de longs cheveux blonds tel de l'or. Si ma mémoire était bonne, elle était arrivée il y a deux mois. Je n'avais pas été là car j'étais occupé à parcourir le labyrinthe avec les autres, mais je me demandai comment j'avais pu oublier, car je m'aperçus qu'elle ne m'était pas trop familière.

Il fallait que je fasse quelque chose. Je n'allais pas rester là planté comme un idiot à moitié nu. Pourtant, je ne fis rien. Je continuai à la regarder. Elle semblait triste, ou blasée, ou encore fatiguée. Allais-t-elle finir par me remarquer ?

Pour une raison que j'ignorais, je n'étais plus si fatigué que cela et je n'avais pas envie d'aller à la douche tout de suite. Je voulais en savoir plus sur cette fille. Le fait de ne pas réellement connaître tout le monde ici me dérangeait. Nous étions tous emprisonnés ici et s'il fallait que l'on reste ici pour l'éternité, autant connaître tout le monde.

Tout à coup elle se retourna et mon cœur fit un bond dans ma poitrine. C'était ce que je voulais, mais j'étais surpris. Je m'attendais à ce qu'elle reste encore longtemps ici , penchée à fermer les yeux. À présent elle me dévisageait. Je voulus parler, mais aucun son ne sortit de ma bouche. Elle était tout simplement magnifique. Encore plus jolie de face. J'avais l'impression de me retrouver nez à nez avec un ... ange. Son teint était si pâle, ses yeux étaient d'un bleu encore plus éclatant que les miens et son visage reflétait la pure douceur. Rien ne se passait. Lui avais-je fait peur ? Encore tout chamboulé, je pris alors mon courage à deux mains.

- Salut. Je...

Cela fut tout ce que j'arrivai à sortir à ce moment-là. J'attendis sa réponse.



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Dernière édition par Isaac Welligton le Sam 20 Déc - 19:55, édité 3 fois
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MessageDim 14 Déc - 20:33

Vague de gestes vague.



La chanson résonnée dans ma tête, je n'étais plus seule, je le savais. Quelqu'un avait brisé le silence dans lequel je m'étais mise. Il avait demandé s'il y avait quelqu'un, c'était le cas, mais je ne pouvais répondre. De plus cette chanson, je voulais en connaitre la fin, il fallait qu'il se taise. S'il continuait à parler, je ne me souviendrais plus de ses paroles, du rythme.

Je crois que je l'aime bien, c'est pour ça que j'insiste autant pour la finir. Peut-être, avais-je sans le savoir un morceau de mon passé, cette mélodie. Il avançait, je le sentais tout proche, comme un sixième sens. Il se planta derrière moi, je crois qu'à ce moment-là, cela en était fini de ma chanson. Il me scrutait, sans broncher ...

Mes yeux s'ouvrir alors, je me tournais pour le regarder, Hm. Mes sourcils se relevèrent, que voulait il ? Il semblait embarrassé, que je le surprenne à me regarder, il n'était pas très discret. La situation était gênante, qu'avais-je ? Peut être une goutte de sans sur le nez ? C'était impossible, il était étrange ...

" Salut. Je... " Oh , il s'exprimait enfin, ce n'était pas clair, ni même complet. Cependant, c'était plutôt rassurant, de l'entendre. Il finirait surement par m'expliquer, pourquoi il a mis autant de temps avant de se manifester.

Il n'avait pas parlé pendant un long moment et pourtant je n'avais pas pris la peine de l'observer. Je déposais une main sur ma bouche, je cachais mes lèvres. Puis reporta cette même main sur mon coeur, je lui montrais ensuite la paume de ma main !

J'étais ici depuis deux mois, mais avais bon nombre de fois discuté avec les blocards, je savais me faire comprendre. Si ce n'était pas le cas du premier coup, j'avais toujours un mime de secours. Je ne désespérais pas, d'ailleurs, je lui adressais un sourire amical au jeune homme. Prenant cette fois la peine de le détailler :

Il offrait sans le vouloir un doux spectacle, il était grand, fin, de larges épaules. Un sourire charmeur, même si le jeune homme en lui-même, ne semblait pas très sûr de lui. Peut-être que je me trompais, en tout cas, il avait ce petit côté réservé. Les traits de son visage étaient fins, même si sa mâchoire elle était " carré " ! Cela n'enlevait rien à son charme, au contraire, je le trouvais même très bien.

Je ne m'attardais pas très longtemps sur son physique, remarquant une petite entaille au-dessous de sa clavicule. J'affichais alors un visage de mécontentement, pointant du doigt l'entaille. On ne devait pas plaisanter avec ce genre de choses ici, toutes blessures doit être analysés. Son visage ne me disait, jusque là rien, mais à présent je me souvenais. Il était déjà venu sous la tente des infirmiers, c'était un coureur.
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MessageLun 15 Déc - 22:56


   

    Premiers gestes
 



 J'avais l'air idiot à bégayer comme ça. Les mots étaient aussi clairs que du cristal dans mon esprit, mais ils avaient tout simplement glissé dans ma bouche lorsque je m'étais exprimé. Quelques secondes après, alors que je m'attendais à voir ses lèvres remuer, elle m'adressait des signes avec ses bras. La jeune fille mit tout d'abord sa main sur sa bouche, pour ensuite la poser sur son cœur et tendit sa paume vers moi. Je laissai la surprise me parcourir, tout en faisant mon possible pour ne pas la trahir au travers de mes expressions. Je n'avais pas très bien saisi le sens, mais le sourire amical qu'elle m'adressa rendait maintenant le message beaucoup plus clair. Une chaleur agréable me parcourut à cet instant là. Elle semblait sortir d'un rêve. Je me demandais bien ce qu'elle faisait ici penchée sur ce lavabo, si concentrée. Hormis son sourire, je ne parvenais pas à lire dans son regard. Elle gardait ce côté mystérieux qui me plaisait. La plupart des gens ne sont pas très bon comédiens, la vérité peut toujours se vérifier dans leurs yeux. Cette petite lueur, celle qui fait toute la différence reste en général bien discrète pour ne pas se faire repérer, mais il faut savoir qu'elle ne demeure pas inexistante. Elle se mit à me regarder vite fait. Pour la deuxième fois, assez gêné, je me rendis compte que j'étais en fait torse nu. Tout à coup son expression changea. De la détresse. Que se passait -il? Je priai une nouvelle fois pour ne pas me mettre à rougir. Elle désigna alors du doigt ma blessure.

- Hey je suis Isaac, répondis-je en finissant enfin ma phrase.

Je m'essayai en ce cas à tenter un signe. Je ne connaissais pas vraiment le sens, mais je posai la main sur mon cœur et tendit ma main vers elle. Un geste amical comme le sien, mai elle semblait inquiète. Je la rassurai.

- Oh non je pense que ce n'est rien, avouais-je tout en regardant vite fait ma blessure de plus près comme pour vérifier de nouveau. L'infirmerie doit être fermée à présent, j'irais demain.

Me connaissais-t-elle ? Elle devait sûrement se douter que je faisais partie des coureurs. Je lui adressai un sourire timide en retour. J'aurais voulu sourire avec confiance! C'était raté. Les souvenirs se mirent à se bousculer les uns après les autres dans ma tête, y compris celui où je me souvenais d'elle, mais cela restait vague. Le jour où elle était arrivée. Le soir en revenant, certains m'avaient annoncé la nouvelle comme tous les mois. Une jeune fille à la chevelure dorée et muette. À présent elle se tenait devant moi. J'imaginais que cela ne devait pas toujours être une tâche aisée pour elle de communiquer, mais elle dégageait une certaine fraîcheur d'esprit, cela se remarquait rien qu'à travers son visage. J'avais envie d'en savoir plus sur elle, pour une raison que j'ignorais, je voulais la connaître.
Un courant d'air entrai dans la pièce, ce qui me fit légèrement frissonner de la tête aux pieds. J'éprouvai alors une petite pointe de douleur, telle une lame de feu se posant sur ma peau. Je grimaçai. Le froid se faisait ressentir et pénétrait plus particulièrement dans mon entaille. Je ne m'en étais pas vraiment rendu compte jusqu'à présent.. Je ne faisais que revoir l'instant absurde. Je courrai et j'avais avec une maladresse inattendue, trébuché dans la terre humide et boueuse, pour après coup atterrir dans une flaque d'eau.
Encore tout essoufflé et le cœur battant très fort, je m'étais relevé le plus vite possible pour continuer ma course. J'avais ignoré la partie où une grosse pierre m'avait heurté et traversé mes vêtements. Je n'étais pas vraiment fier, car j'aurais pu me montrer un peu plus prudent !

- Tu vas bien ?, tu semblais ..., -hésitais-je à lui demander- quand je suis arrivé. Je suis désolé, je t'ai peut-être effrayée. Tu t'appelles comment?

J'avais l'impression que ma voix résonnait plutôt fort dans toute cette pièce si calme. Je posais ces questions, mais je me demandais comment elle allait pouvoir me répondre. Mon malaise dû se lire sur mon visage.
Cette attitude non-confiance ne me ressemblais pas. Je m'étais habitué depuis des mois aux dangers du labyrinthe, mais jamais je ne m'étais retrouvé confronté à une situation totalement différente. D'ordinaire, les filles étaient plutôt du genre direct avec moi. À force c'était devenu lassant car, j'avais un peu de mal avec elles et leur égocentrisme qui recherchaient trop l'attention. Ce n'était pas du tout mon style, celles-là avaient tendance un jour ou l'autre à m'agacer. J'avais appris à les gérer. J'aimais bien rentrer dans leur jeu, c'était drôle, en y ajoutant un peu d'humour évidemment. Ce n'était pas par méchanceté, c'était juste dans ma nature par les blagues et l'ironie. Mais là, aucun de ces réflexes ne me venaient, je n'en avais pas envie. Bien au contraire.


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Dernière édition par Isaac Welligton le Jeu 18 Déc - 19:03, édité 1 fois
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MessageMar 16 Déc - 13:47

Le reflet des émois.





J'avais en face de moi quelqu'un de touchant, celui-ci m'adressa un signe. Le même que je venais de faire, c'était une douche attention. Isaac, c'est ainsi qu'il se nommait. A présent j'en étais sûre, il était venu pour des soins. Il ne m'avait très certainement pas vu ce jour-là. Je suis d'un naturel discret, on ne m'entend jamais c'est un fait, ce constat me faisait rire intérieurement. Je n'avais plus aucun problème avec mon mutisme, je le vivais bien, même si les premiers jours avaient été un peu oppressant à cause de cela.

Il me rassurait concernant cette blessure, mais mon rôle de medjacks prenait le dessus. Je me tournais vers le lavabo, glissant mes doigts sous le filet d'eau. Le vent soufflait, à présent, les autres étaient surement assoupies. Je ne voulais pas rentrer de suite, il fallait que je m'occupe de sa blessure. Nous avions une excuse pour ne pas être dans les dortoirs, par contre ... que faisions nous ici ? Les soins se passent rarement en dehors de l'infirmerie.

Je me plaçais face à lui, il continuait de parler :

- Tu vas bien ?, tu semblais ... Quand je suis arrivée. Je suis désolée, je t'ai peut-être effrayée. Tu t'appelles comment ?


Le silence pris place entre nous, de mes doigts humides, je tapotais la blessure. Il fallait nettoyer cela, je retournais parfois au lavabo nettoyant mes doigts, puis les reportants sur la blessure. Il me fallait un pansement ... malheureusement je n'avais rien sur moi.

Je désignais alors le ciel, qui était à présent étoilé, puis de mon autre main, dessinais un demi-cercle partant de gauche à droite, de la même forme qu'un arc-en-ciel. Je ne pouvais rien faire de plus, je n'avais pas mon matériel et il était bien trop tard pour courir à l'infirmerie. Les miliciens n'était pas des tendres en ces temps-là. Nous étions un peu des rebelles ce soir, défiant la loi du bloc involontairement. C'était à la fois, nouveau, effrayant, amusant. Je n'avais jusque là, jamais transgressé les règles. Je ne me rappelais même plus a quoi ressemblait le Gnouf !

Il continuait de me regarder : Oh, ces questions ... J'avais été prise dans un tourbillon de souvenirs, pensés , oubliant complètement la réalité. Sa blessure, les gestes de premiers " soins ", je n'avais pas pour habitude de discuter avec les blocards lorsque je faisais des soins. C'était impossible, user de ses gestes pour parler, en travaillant.

J'avais un sourire aux lèvres, je posais une main sur son coeur. Ensuite, de mes doigts, je " pinçais " le vide, de chaque côté de mes lèvres. Etirant alors ce vide, vers le haut, décidément tout ça était bien compliqué. J'étais hésitante pour la suite de la discussion.

Je ne savais pas vraiment comment m'y prendre. J'aurais pu prendre sa main et écrire avec ses doigts dans l'air. Seulement, je ne le connaissais pas bien, ça semblait gênant. Je le saisis par la main, nous plaçant face à ce que l'on aurait pu prendre pour un miroir. Je soufflais soudain de l'air chaud sur celui-ci, créant de la buée. Il ne me restait ensuite qu'à tracer les lettres de mon prénom.

Leah, le mystère était résolu. La buée ne resta pas longtemps, effaçant progressivement les lettres. Il était toujours derrière moi, je crois que, la situation était aussi gênante que celle que j'avais imaginée juste avant. Mes yeux se baladaient, observant son reflet, puis le mien. Mon coeur commençait à battre plus fort, je baissais alors la tête, mes joues semblaient de feu. J'aurais voulu, me faire plus petite encore, me faufiler près de la fenêtre. Fuir cette situation embarrassante, je n'étais plus si à l'aise que cela.
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MessageMar 16 Déc - 21:11


   
Être humain c'est ressentir

   


  Coupant mes pensées, je m'aperçus qu'elle s'était dirigée vers le lavabo où elle y fit couler un filet d'eau. Derrière, je pouvais entendre le vent souffler de plus en plus fort. Alors qu'elle commençai à poser ses mains sur ma peau, je frissonnai, l'eau était tout simplement froide. Elle fit plusieurs allées retour entre l'eau et moi. Je compris à cet instant qu'elle devait sans doute travailler à l'infirmerie. C'était même plus qu'une supposition, mais une certitude. C'était comme si son instinct devant chaque blessure, lui demandait de la soigner, un peu comme les coureur qui se retrouvent dans le labyrinthe et qui ne pensent qu'à une seule et unique chose : Courir.
La scène devait sembler étrange pour quelqu'un qui nous aurait vus. Elle était si gentille. Nous écoutions pendant ce temps le silence.

À un moment alors qu'elle recommençait à poser ses doigts, je fis sans le vouloir un léger mouvement en arrière. Je fis de mon mieux pour étouffer un gémissement et je serrai les dents. Peut-être fallait-il  faire quelque chose pour la soigner ? Quel idiot j'avais fait ! Tellement obsédé par les cartes, par le repas et aller dormir, l'excitement m'avait bien fait sous-estimer l'ampleur. Je me maudissais moi-même. Inconscience me définissait à merveille. Mais à présent il était bien trop tard pour aller à l'infirmerie et visiblement il n'y avait rien ici pour couvrir la plaie. Il n'était pas très envisageable de se faire prendre par les miliciens sur le chemin de l'infirmerie à cause de ma stupidité ! Pour mon cas, je m'en fichais de me faire surprendre, mais je ne voulais pas lui attirer d'ennui à elle, car ce n'était pas juste. D'un côté, c'était amusant de se trouver à un endroit non approprié. À l'origine, me souvenais-je, j'étais venu pour prendre une douche.

Elle recula et me montra le ciel. Elle traça dans l'air une forme. Cela ressemblait à un cercle de lune. Non, elle allait bien et n'avait fait que rêver. Je continuai de la regarder et je lui souris. J'avais compris son message. Enfin je l'espérais, mais j'en étais certain.

Elle semblait un peu prise de cours entre me soigner et nettoyer la plaie. Je ne m'étais pas rendu compte du nombre de mes questions en une seule phrase. Elle ne pouvait pas faire les deux-même temps. Je m'excusai à travers mon regard par le biais de mes yeux désolés et gênés.
Elle me sourit de nouveau et fit un pas vers moi. Nos deux corps se trouvaient alors très proche et elle posa sa main droite sur mon cœur. Il dut redoubler en battements et de ses deux mains elle étendit l'air en faisant des gestes vers le haut. Comme un grand sourire flottant.

Durant un bref instant, elle réfléchit. Je sentis alors une hésitation naître en elle. Peut-être n'osait-elle pas faire des gestes qu'elle aurait estimés inapproprié et familier un peu trop proche. Personnellement, je ne voyais pas ses gestes comme trop osés, j'aimais bien sa façon de communiquer. C'était.. Humain ? Oui c'était le mot. C'était tout simplement humain. Je passais ma journée à me vider d'émotions pour ne pas sentir la peur m'envahir, le côté émotionnel et humain qu'elle me donnait me soulageait. Il me faisait prendre conscience qu'autour de nous le monde continuait d'exister et pouvait être bon. Le monde ne pouvait pas être rempli que d'horreurs. Nous ne pouvions pas passer notre vie à se noyer dans le désespoir et ne plus rien ressentir. Ressentir est ce qui nous rend humain. Que ce soit la douleur ou le bien-être.

Décidée, elle me prit la main et m'emmena un peu plus loin. Nous nous retrouvions face à un mur assez transparent, admirant nos reflets. Elle souffla sur ce dernier pour créer de la buée. J'avais saisi ce qu'elle allait faire. Je souris intérieurement. Cette fille était remplie de créativité. Je l'admirais. Elle n'avait certes pas les moyens pour ''parler'', mais elle parlait en utilisant ce qui l'entourait. Elle traça quatre lettres, qui s'effacèrent très vite les uns après les autres, mais j'eus le temps de les lire. L-E-A-H.

Leah. « Leah », répétais-je dans ma tête. Cela sonnait tel un son doux et agréable dans ma tête. Il le définissait bien et je pouvais la retrouver à travers ces quatre petites lettres. Parfois, lorsque l'on regarde une personne et que l'on apprend son prénom, il nous arrive de penser que cela ne correspond pas à la personne pour une raison que l'on ignore. Mais ici, ce n'était pas le cas.

Je croisais son regard. Elle exprimait une expression que me fis un peu peur. Elle était très embarrassée. Se semblait-elle ridicule ? En tout cas à mes yeux elle ne l'était pas.
Décidant de ne pas la laisser comme cela, je décidai de la remettre en confiance. Je me plaçai face à elle et me mis à la regarder dans les yeux, puis à mon tour je soufflai sur le mur et y écrivit un mot. Le premier qui me venait à l'esprit.

J'y traçai un H, puis un E, un U, un R , un E, ainsi qu'un U sur lequel je ralentis un peu, pour ensuite y faire une croix. Je lui prit les mains pour les mettre dans les miennes. C'était pour moi un signe de réconfort et de reconnaissance. Cela m'était venu comme cela, sans me poser de questions. Peut-être que dans le passé, dans ma vie d'avant, j'étais beaucoup du genre à faire cela à une personne en particulier. J'essayai de me souvenir, mais je me heurtai à un terrible mur. Le ''BOUM'' résonnai fortement. C'était comme si on m'empêchait d'y pénétrer, je ne supportais pas. En revanche, la sensation, ce geste, m'avait été comme soufflé. Un souvenir, une partie de moi d'avant qui s'agitait devant mon nez, sans m'en donner toutes les informations. Je détestais cette sensation. Je me concentrai alors sur elle. Elle ne me connaissait pas, je ne la connaissais pas, mais je sentais déjà le lien qui se créait entre nous. J'avais très envie d'aller m'aventurer dehors, d'aller me promener avec elle, je m'en fichais de me faire prendre.

Tout ce que je voulais était de prolonger ces instants humains, où l'on se sent enfin vivre comme chaque être présent sur ce monde le mérite. Le destin ne devrait pas nous être dicté, mais plutôt nous qui dicterions le nôtre. Ce soir, c'était ce qui semblait arrivé, déjà par l'infraction des lois. Mes yeux allèrent se poser sur le mur où nous avions écrit nos lettres. Elles étaient désormais effacées, mais le sentiment lui au contraire, était toujours ancré. Je l'invitai à admirer ce que nous pouvions voir à travers la porte restée entrouverte. Le ciel noir étincelait d'étoiles, le vent se mêlait à la nature, il provoquait le frisson chez les feuilles des arbres et les grillons chantaient.


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Dernière édition par Isaac Welligton le Jeu 18 Déc - 19:03, édité 1 fois
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MessageMer 17 Déc - 20:56

Le plus heureux des malheurs.



Heureux

C'est ce que nous étions ce soir-là, en parfaite communion. Rien n'aurais pu perturber ce moment. Nous étions ainsi, face à la profondeur de cette nuit. Tout était paisible, trop paisible, mes yeux se mirent à cligner frénétiquement. Je ne voulais pas dormir, c'était tellement beau. J'étais en si bonne compagnie, cela me changeait des jours passés ici.

Les temps étaient plus durs et pourtant, nous avions là un moment si unique !!!

Je portais une main sur mon front comme-ci un vertige me prenait. Cela ne servirait a rien de lutter, cette sensation, elle gâchait l'instant. Je ne pourrais continuer à apprécier une fois endormie. Et puis, je ne voudrais pas qu'il pense que je le trouve ennuyeux au point de dormir subitement. Au contraire, nous n'avions pas besoin de mots pour se comprendre. C'était si rare, partager ce silence dans lequel je vis, sans pour autant que celui-là même ne soit pesant. Je levais les yeux vers lui, mon sourire était bien moins éclatant ! Je glissais une main le long de ma joue, gagnant mon oreille, puis enfouis la deuxième en dessous de celle-ci. Je baissais alors les yeux, je savais qu'il comprenait. Je pris mon courage a deux mains et me soulevais, sur la pointe des pieds. Comme une enfant je déposais alors un baiser sur sa joue, je reculais tout en le saluant timidement d'une main. Pour ensuite, disparaitre dans le froid. Je tirais ma révérence, fuyant toutes émotions. J'aurais voulu qu'il me retienne, revenir en arrière, pourtant je faisais de grands pas. Tout cela n'avait aucun sens, j'allais contre mes envies. Nous aurions pu, nous cacher jusqu'au matin ?

Je crois que je perdais la raison, je jetais un oeil en arrière. Espérait-il que je fasse demi tour ? Je ne voyais plus rien, je distinguais une lueur au loin, rien de plus. Je continuais mon chemin, je ne pouvais m'empêcher de revasser. Analysant chacun de mes souvenirs , je me repassais le son de sa voix, visualisant ses gestes, ses sourires, son visage. Je me surprenais même à revoir la texture de sa peau sous mes doigts. Je me sentais idiote, est-ce que tous les idiots sont heureux ainsi ? S'ils le sont, alors plus jamais je ne m'instruirais.
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MessageVen 19 Déc - 19:23


 
Heureuse douleur

 


Nous nous regardâmes en silence, les yeux dans les yeux. Nous savourions ce silence qui régnait entre nous. Nous semblions tout deux plongés dans un rêve où nous seuls pouvions nous comprendre. Le moment était si parfait. Je ne pouvais regarder qu'elle et je n'avais d'yeux que pour elle. Il m'était impossible de regarder ailleurs. Je me noyais dans son regard et elle était plongée dans le mien. J'aurais voulu que cela ne s'arrête jamais, mais tout à coup elle posa sa main droite sur son front. Geste de fatigue. Mes impressions se confirmaient, car elle colla ses deux mains contre son oreille et fermai les yeux. Le sommeil là gagnait aussi vite que le soleil se couche durant les soirs d'hiver et je le voyais à travers son expression qui avait changé. Son sourire reflétait une certaine mélancolie.

Elle s'avança vers moi et me déposa un baiser sur la joue. Il était plein de tendresse. Puis à reculons, elle se rapprocha à grands pas de la porte et elle m'adressa un petit signe de la main. À cet instant là, ce fut comme si un trésor m'échappait entre les doigts. Je dus lutter intérieurement pour ne pas bouger, courir vers elle et lui prendre la main pour l'attirer à moi !J'en brûlais d'envie! Je ne savais pas comment faire pour me retenir, mais je savais que je le devais. Je crus que mes pieds allaient décoller du sol avec un élan sauvage, que j'allais crier son prénom et que j'allais la serrer dans mes bras. Mon dieu c'était trop dur! J'allais succomber! Mes poings avaient fini par se serrer par pur réflexe. Cette chaleur était si intense.

Elle partait. J'avais encore l'espoir qu'elle allait se retourner, revenir et rester avec moi. La vérité était que je ne voulais pas qu'elle s'en aille. Ce ne pouvait pas être déjà la fin. Tout était si paisible que s'en étais trop beau. Pourquoi le merveilleux devait-il toujours avoir une fin ? N'était-ce pas pour cela que l'on admire les courts instants ? Car ils sont uniques et précieux ? Le monde semble injuste. Il est comme désireux de nous noyer dans le malheur et de nous apporter le bonheur pour quelques instants seulement, comme s'il voulait nous punir et nous narguer de notre pauvre existence. Il semblait vouloir nous dire '' le bonheur c'est cela le bonheur, c'est parfait. Mais ton bonheur est déjà parti.'' Trop vite, tout cela allait trop vite.

Elle s'apprêtait déjà à franchir la porte. Plus elle allait au loin, pllus mon cœur se déchirait. C'était une drôle de sensation. Puis enfin elle disparut dans le noir de la nuit comme par magie. Un nœud se créa au fond de ma gorge. Étais-je en train de rêver ? Allais-je me réveiller d'une minute à l'autre pour me rendre compte que tout était cela n'était qu'en réalité une illusion? C'était désagréable. Je ressentais encore la brûlure sur ma joue. Elle me picotait de partout et cela me procurait une sensation de bien être qui se diffusait dans tout mon corps. Comment aurais-je pu l'inventer ? C'était bel et bien réel. Allais-je la revoir ? Je ne lui avais même pas demandé et elle ne me l'avait pas fait comprendre. C'était un mystère qui planait au-dessus de la pièce.

Je serrai les dents. La douleur était si intense. Elle n'était plus ici. Chacun de ses gestes, chaque partie de son corps et la sensation que je ressentais lorsqu'elle me touchait se mirent à défiler en flash dans ma tête.. Je ne pouvais pas quitter cette porte des yeux ! Elle s'était tenue ici quelques secondes auparavant ! Elle avait raison il fallait que l'on dorme, car il était bien tard et demain j'allais devoir courir. Avec une lenteur incroyable, j'entrepris de pousser la porte et je retirai le reste de mes vêtements pour me glisser dans la douche. Je les laissais tomber sur le sol, totalement inconscient et perdu. Tandis que les premières gouttes d'eau s'abattaient sur moi, je plongeai dans un état où tout n'était que pure folie. La raison me dépassait. Ses gestes gracieux aux allures de princesse, ses prunelles aussi brillantes que le saphir, ses doigts qui m'avaient touché, la couleur de ses petites joues rosies, je vivais dans un rêve éveillé. Elle était partie. C'était comme si elle vivait dans mon passé à présent, mais déjà les souvenirs se bousculaient dans mon esprit.

Mes paupières se fermaient et je laissai couler le flot d'eau sur mon visage. Je voulais dormir. J'étais fatigué et j'attendais maintenant ce moment avec impatience car j'avais la certitude que je pourrais la retrouver dans mes rêves. Je revivais chaque minute, chaque seconde qu'elle avait passée auprès de moi. Leah. Elle s'appelait Leah et j'étais prêt à tout pour revivre cet instant divin. Je souriais à présent. Un cadeau subitement tombé du ciel. Voilà ce qui m'avait été offert ce soir. Leah.


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MessageDim 21 Déc - 18:32

Synonyme




Le jour se lève, j'en fais de même, le soleil n'est pas vraiment présent, il est trop tôt. Ce Jonas nous épuisent, j'espère que tout cela ne sera pas vain, qu'un jour tout sera rétablie.

Je ne suis pas ici depuis longtemps, mais je comprends déjà que les prochains jours seront durs. Cependant, je reste forte et souriante, parce que malgré tout, parfois il arrive de bonne chose en ce monde. La preuve que tout espoir n'est pas perdu, je l'ai eu hier.

Je ne suis pas très éveillée, mais ce n'est rien, j'avance là où le travail m'appelle. J'enfile ma blouse, vérifie le contenue de mon Kit, me voilà prête. Les blocards d'hier viennent un à un, visite de routine, contrôle des blessures en guérison. Je suis des yeux le parcours du soleil, le déroulement de la journée. Vite qu'elle s'achève, je n'espère que ça, je suis impatiente ...

Aujourd'hui mes gestes sont moins précis, je me précipite. STOP !

Je secoue ma tête, je ne dois pas faire cela, concentration, on reprend. Je ne dois pas être égoïste, la vie des autres dépends de mes gestes. J'ai bien failli me laisser gagner par mes émotions. Je respire, je reprends mes mouvements calmement. Je continue de lever les yeux vers cette étagère. Pourquoi le soleil ne se précipite pas sur celle-ci ? Pourquoi ne finit-il pas sa course plus vite ? Il est seulement l'heure de la pause, j'en profite pour sortir un peu. Je dois respirer, je suis soucieuse, ... Ou est-il ? J'espère que tout se passe bien pour lui.

Je souhaite le revoir, mais surement pas ici ... pas sur l'un de ces lits ! En deux mois, j'ai vu tellement de personnes partir ici. Des personnes que je n'avais même pas eu le temps de connaitre. Certains m'avaient glissé leur nom dans un dernier souffle.

On m'apportait une boisson, je jetais un oeil sur les portes de l'enfer. Sirotant le liquide, j'analysais les bruits entourant. J'essayais de percevoir sa voix. Il n'y avait rien, rien de plus que la vie des blocards. Les sarcleurs, les Milliciens, les Cuisiniers, les Chercheurs , les Bâtisseurs. Pas une seule trace des deux autres catégories, juste nos souvenirs ...

Mon bol est vide, la journée continue, mon teint s'illumine. Je suis en forme de nouveau, plus sereine. Je zieute toujours cette étagère, mais je travaille correctement. Je travaille tellement bien, que le temps file, les patients défilent et finalement je me retrouve seule. J'ai l'impression de revivre la même journée qu'hier, je voudrais que ce soit le cas. Je refais les mêmes gestes, je prends soin de ranger, nettoyer, je veux que ce soit parfait encore une fois . Soigneusement, je dépose ma blouse sur un lit, puis rejoins les douches. La pièce est vide, j'avance vers le miroir, glisse une main dans mes cheveux. Je me recoiffe, essayant de me satisfaire de mon image. Je fais les cent pas, attendant qu'il vienne. J'attendrais toute la nuit s'il le fallait, je reviendrais, ne laissons pas ces moments

s'envoler.
 

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MessageLun 22 Déc - 18:25


 

  Cauchemar, panique, espoir
 



C'était déjà le soir. J'avais passé une journée infecte dans le labyrinthe. Pourtant, elle avait plutôt bien commencée, car nous avions réussi à explorer plutôt pas mal d'endroits, même plus que nous l'avions prévu, mais nous avions failli perdre l'un des nôtres en cours de route. Revenant encore de la sortie, je soufflais afin de reprendre ma respiration tout en chassant tous ces moments de ma tête. Encore haletant, je faillis m'écrouler par terre. Presque aussitôt, nous nous rendions dans la salle des cartes pour mettre en commun ce que nous avions retenu, comme tous les soirs. Nous dessinions toujours la même chose, des traits et encore des traits pour représenter les murs. Ces murs qui n'en finissaient pas de bouger. Ce matin, j'avais pensé à elle. Ce midi à la pause, j'avais de nouveau pensé à elle. Et maintenant, je pensais encore à elle. Pensais-t-elle à moi ? Je voulais la revoir. Tout en crayonnant sur mon papier, j'aurais voulu la représenter, elle. Tracer de longs traits en cascade pour ses cheveux, insister sur ses yeux, effacer un peu pour sa peau si clair...

« Isaac ! », m'exclamais-je. C'était bien le dernier moment pour rêvasser, je me déconcentrais. J'étais égoïste en me laissant entraîner par le flux de mes sentiments. Ces cartes étaient de la plus haute importance et je ne pouvais pas me permettre d'y laisser passer le moindre détail de la journée. Après avoir épuisé sur mon parchemin tous les détails qui me passait par l'esprit, je me hâtai de retourner à l'endroit où je dormais. Je devais avoir une de ses sales têtes du gars trop crevé. J'allais piquer un petit somme vite fait dans l'espoir de chasser cette fatigue pour obtenir la forme. « Juste une petite vingtaine de minutes, » me dis-je. « Et après.., » souris-je intérieurement. J'ignorais d'où ce sourire me venait car, je n'avais même pas de rendez-vous. Elle était partie. « Oui mais elle t'a embrassé sur la joue », répliqua une autre voix dans ma tête.

« Cela veut sans doute dire quelque chose.. ''Un au revoir ?'' ou un ''à bientôt'' ou encore un ''à demain'', ou alors.. finis-je plus lentement un ''adieu'' ? » J'étais un peu perdu. Non pas adieu, cela ne sonnait pas juste du tout. J'étais curieux et j'en aurais bien le cœur net. Mais d'un côté, je ne voulais pas être déçu, ni blessé. Si elle n'était pas là ? Cela voudrait dire qu'elle m'avait déjà effacé ? Et si elle ne pensait pas à moi de son côté ? Cela en faisant bien une quantité de ''et mais si'', désespérais-je. M'étais-je fait des idées ? J'avais peur de savoir. Je fermais les yeux sans même m'en rendre compte.

                                                                    ***
J'étais là, assis, fixant le ciel. Je n'avais pas envie de bouger, ni même de manger. Pourquoi ? En tous les cas, je n'avais pas faim. J'étais certain que si j'avalais la moindre bouchée, cela passerait aussitôt mal. Je fermai les yeux, pour aussitôt les rouvrir. J'avais peur. Je frissonnais. Pourtant, il fallait que je mange, je devais reprendre des forces pour être efficace après. Une araignée courait devant moi. Je l'ignorais. Mais elle devenait plus grande, plus grosse, plus velue. Je pouvais voir ses pattes doubler et même tripler ! Une araignée géante ! Je ne pouvais pas crier, le son restait coincé au fond de ma gorge. Qu'allait-elle me faire ? Ce n'était pas tout. Derrière elle, apparut un monstre. C'était un énorme griffeur avec ses longues piques à l'aspect féroce. Il s'approchait vers moi. Un deuxième apparut, puis un troisième ! J'étais cerné, prisonnier, je ne pouvais pas m'enfuir. Il ne me restait qu'un seul passage. Derrière moi. Quelqu'un allait-il me venir en aide ? J'allais mourir. Réunissant les peu de force qu'il me restait dans les jambes, je me retournai, je bondis et je m'enfuis tel un éclair tombé d'en haut. Je courais, courais et courais encore et encore sans m'arrêter. Ils me rattrapaient. J'entendais les pas de course derrière moi. Ils allaient me dépasser.
J'accélérai. Je gagnais en distance, j'allais pouvoir les semer! Tout à coup, crac ! Quelque chose m'avait saisi dans le dos. Je me débattis tout en cognant partout pour m'échapper. Puis, ce que je vis me glaçai le corps. Ce que je voyais à présent était impossible. Jamais je n'avais vu de choses pareil de ma vie. J'hurlai à m'en déchirer les cordes vocales.

                                                                    * * *

Je sursautai. Je me redressais dans un bond virulent en poussant un cri. Je regardais partout autour de moi, j'étais en panique. Quelques blocards se retournèrent vers moi en me dévisageant. J'étais essoufflé, je ne parvenais pas à reprendre ma respiration ! Un cauchemar.. J'avais fait un cauchemar. Cela avait semblé si réel, j'en avais encore des sueurs froides ! Mon dieu, je ne parvenais pas à m'arrêter de trembler. Les images me revenaient sans cesse et encore sans cesse. Tout à coup, je revins à la raison. Mon cœur fit un bond dans ma poitrine. Leah! Oh mon dieu Leah! Je voulais la revoir absolument ! Je jetai un coup d’œil par la fenêtre. Oh bon sang! La nuit était depuis déjà très longtemps tombée, ce qui expliquait pourquoi j'avais à peu près tous les blocards de tourné vers moi. J'avais du m'assoupir au moins pendant plus de deux heures ! La tristesse me gagnait. Il était trop tard. Beaucoup trop tard pour pouvoir partir en douce et aller jeter un coup d’œil pour voir s'il y avait quelqu'un au même endroit que hier. Je tapais du pied par terre. Je me maudissais de mettre endormi si longtemps.  J'espérais de toutes mes forces qu'elle comprendrait. Je le lui dirais. Je n'avais plus peur. Je voulais savoir. À présent, je le savais. Plus jamais je ne m'endormirai avant d'avoir pu la voir, elle.


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MessageSam 27 Déc - 16:47

Le coup de minuit.




Les heures tournèrent, je devais me faire une raison. Je secouais la tête, quelle idiote je faisais, je me jetais un dernier coup d'oeil. Comment ai-je pu penser une seconde qu'il viendrait ? Après tout, je ne suis qu'une blocarde de plus ici bas, qui plus est muette. Pourquoi perdrait-il son temps à parler avec un mur, avec moi. Certainement avait-il déjà rencontré d'autres plus intéressante.

Si seulement j'avais, un calepin, ou même une voix. Je n'avais rien de tout cela ici, j'espérais que la boite me remonte cela un jour. En attendant, je devais regagner mon campement au plus vite, il était vraiment tard. Mes jambes étaient faibles, j'avançais difficilement, je devais être discrète par cette heure. La lune était bien haute dans le ciel, il n'y avait aucun nuage, l'air était doux. Je me demandais, combien de temps j'avais bien pu attendre. Je pressais le pas, il fallait à tout prix que je reprenne des forces pour demain. Une fois le chemin fait, je tombais lourdement sur mon couchage, réveillant au passage une voisine de couchage. Celle-ci poussa un léger grognement, puis le silence inonda les lieux ...

était-ce parce que je m'étais endormie, ou parce que ma voisine avait reprit le cours de sa nuit ? Je dormais, même le crépitement du feu n'était plus audible.

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* POUF *

Quelque chose s'écrasa sur mon visage encore endormie. Je me réveillais dans un sursaut, de quoi avais-je rêver ? Autour de moi se tenait un groupe de filles hilares. L'une d'elle avait ce qui semblait être un oreiller en main. Tout s'expliquait au fur et à mesure que je reprenais mes esprits : " La prochaine fois, tu fais moins de bruit , sinon ma vengeance sera terrible et tu dormiras au fond du Gnouf ! " Lança elle menaçante, pendant que ses copines approuvaient d'un hochement de tête. Ensembles, elles quittèrent le dortoir, se moquant de mon air surpris. Je portais une main à mon visage, je détestais ce genre de réveil ! Je m'assois un instant sur mon lit, frottant mes joues. Mes yeux clignèrent plusieurs fois, puis, je me levais. Je retournais aux douches, cette fois, pour ma toilette. Il y avait une file devant les douches. Peut-être devrais-je revenir ce soir ? La belle excuse pour l'attendre de nouveau. Je détournais alors les talons, rejoignant le repère des Medjacks.

Aujourd'hui, je décidais, de faire un brin de lessive. Je passais auprès de mes collègues une bassine en main. Indiquant a chacun d'y déposer les vêtements sales. Ils déposèrent leur blouse, ou leur tee-shirt, voir même les deux. Il n'y avait pas de travail ce matin et d'ici que les coureurs, trappeurs rentrent, tout serait sec. Je me dirigeais ensuite vers le cours d'eau et commencer à frotter les tissus. Il y avait pas mal de linge, une personne m'accompagnait donc pour tout laver rapidement. Nous avions une bonne organisation :

Je frottais, avec mon accompagnatrice , pendant que deux autres ramenaient au fur et à mesure le linge humide. Il était alors, réceptionné par un Blocard qui se chargeait de l'étendre. Tout cela, pendant qu'un autres se chargeait de restituer chaque linge sec à son propriétaire. Pendant ce temps les medjacks restants, faisaient un brin de nettoyage dans la cabane des soigneurs. Le travail n'était pas de tout repos, ... mais il fallait bien qu'on s'y colle un jour. Je ne voulais pas rester sale, hors de question.

La pause d'aujourd'hui , était certainement la plus attendue de cette semaine. Quelle idée j'avais eu , cela était nécessaire, mais épuisant. Chaque vêtement propre et une infection contracté en moins. C'est ainsi que je voyais les choses, je profitais de ce petit moment, pour plonger dans la rivière mes propres tenues sales. C'est bien beau de laver les affaires des autres, mais les miennes aussi avaient besoin d'un bon nettoyage.

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La journée s'achevait enfin, les coureurs, trappeurs étaient de retour. Hélas, notre boulot reprenait, j'aurais vraiment voulue finir sur une note joyeuse. Une jeune fille était revenue dans un piteux état. C'était plutôt étrange, n'est-il pas censé n'y avoir aucun danger pendant la journée ? Ces coureurs, trappeurs, de vrai inconscient ! Je m'occupais d'elle, comme à mon habitude, avec une infinie douceur. Un sourire sur le visage, je me voulais rassurante.

Elle allait certainement passer la nuit ici, avec un Medjacks de garde. Bien heureusement, je n'étais pas celle qui resterait. Comment aurais-je fais pour appeler des secours s'il y avait eu un problème durant la nuit ? Nous ne pouvions prendre ce risque.Je quittais donc la cabane des soigneurs, adressant un signe amical a notre désigné.C'était un bon Medjack, la jeune fille avait de la chance d'être en de si bonne main.

Une nouvelle fois, je me dirigeais vers les douches, l'espoir ne me quittait plus. Cependant, je n'allais pas faire comme hier, attendre indéfiniment, regardant le reflet de ma bêtise. Cette fois, j'allais profiter du calme pour prendre une douche. L'eau était vraiment fraiche, mais, pas plus que celle de la rivière ce matin. On ne pouvait pas vraiment s'attarder sous l'eau ici, a moins de vouloir finir frigorifié ! Ce changement de température, je trouvais cela atroce. Bien vite, je mis un terme au supplice, m'enroulant dans une serviette de bain. L'air était bien plus froid que précédement, je me précipitais donc à enfiler mes vêtements fraîchements laver de la journée. J'étais prête, je me tournais inquiète vers la porte. Est-ce que cette fois, j'allais le voir ? Je pris une inspiration, je mordillais ma lèvre inférieure, ...

tu es stupide ! Pensais-je,
avant de me diriger vers la sortie, bien décidée a partir.
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MessageDim 28 Déc - 19:43


 

  Un rêve qui redevient
       
      réalité ?  
 



J'avais enfin fini cette journée. La fermeture de ces portes était ma délivrance -bien sûr si j'en sortais vivant-. J'étais en pleine forme. Je ne ressentais pas la fatigue autant que les autres jours. J'avais espoir. Espoir de la revoir. C'était cela qui me rendait comme ça, tout aussi excité. Ce soir, j'avais un bon pressentiment. Enfin, j'espérais, car hier je n'étais pas venu. S'en serait-elle rendu compte ? Au fond de moi, j'espérais qu'elle m'avait attendu, car cela signifiait qu'elle avait voulu me revoir, tout comme je souhaitais la revoir elle aussi de tout mon cœur. Je n'arrêtais pas de me demander comme cela allait se passer si je la retrouvait. J'avais envie de lui dire que j'avais beaucoup pensé à elle, que j'étais si heureux d'être là avec elle.

Je me regardai dans le miroir. Je fis la moue, mais la blessure de l'avant-veille était presque guérie, bonne nouvelle. J'avais fini par passer à l'infirmerie, mais je ne l'avais pas croisée. M'étais-je trompé ? Était-elle alors une medjack ou pas comme je l'avais supposé ? Il faudrait que je lui demande. Avant de filer à la douche je devais régler quelques petites choses avec les coureurs et les cartes. Ce soir nous discutions un peu plus par rapport à cela. C'était bien beau de relever chaque jour ce que nous avions retenu, mais il fallait voir s'il y avait un rapport. Bien évidemment, nous ne trouvions rien. Rien du tout. Pourtant, j'étais certain qu'il devait y avoir une solution. Nous n'étions tout de même pas condamnés toute notre vie ici! Cela n'avait aucun sens pour eux!

Enfin, le moment tant attendu, je me dirigeai vers les douches. Je traversai tout le dehors au ralenti. Il faisait froid, mais je redoutais l'instant. Allait-elle y être ? Comment allais-je réagir si elle n'y était pas ? Je n'osai même pas imaginer. Il n'y avait aucune raison. Ma journée avait été positive du début jusqu'à la fin, il n'y avait pas de raison. De toute manière nous allions bien finir par nous recroiser de nouveau. Et si elle s'était trouvée un autre plus intéressant que moi ? Oh non...

Je pris une grande inspiration et balaya mon esprit de toutes mes peurs et angoisses. J'étais arrivé à la douche. Je posai ma main sur la poignée. Alors que je m'apprêtai à l'ouvrir et à entrer, un poids inverse tirait lui aussi sur la poignée. Je me retrouvai face à la personne. Elle avait des petits pieds. Je levai les yeux. Oh mon dieu c'était elle! Elle qui s'apprêtait à partir. Mon cœur fit un énorme bond dans ma poitrine. Je perdis la totalité mes moyens, que j'en fus incapable de bouger. Elle allait partir, sans m'attendre. Cela voulait dire qu'elle n'avait pas désiré me retrouver. Mon espèce de malaise du se lire sur mon visage. Mais quel idiot faisais-je. Je venais d'oublier le plus important. Hier je n'étais pas venu. Elle avait sans doute décidé de faire la même chose aujourd'hui. Peut-être. Je décidai donc de prendre les choses en mains. J'allais lui dire. Peut importe si elle était venue ou non hier, mais il fallait qu'elle le sache. Je voulais m'avancer, il faisait froid, mais je restai planté devant la porte comme un idiot. En vérité je ne voulais pas qu'elle franchisse cette porte pour une seconde fois. Mais je ne voulais pas rentrer ici non plus. Il était encore temps pour les gens de prendre leur douche, ce n'était donc pas trop pratique d'être tranquille!

- Hey Leah, salut ! , finis-je pas lui dire.

Je lui adressai un sourire qui se voulait très heureux. Je n'avais pas besoin de le feindre, mon visage s'illuminait automatiquement. Enfin je l'avais devant mes yeux. Ses cheveux étaient trempés, j'en conclu donc qu'elle avait fini sa douche. Ce n'était donc pas un rêve que j'avais fait. J'en avais la preuve maintenant ! Et oui, il est normal de douter des meilleurs moments. Savoir ou non s'ils se sont vraiment passés. En fin de compte, le découvrir semblait être autant une délivrance que lorsque l'on franchissait le mur le soir.

- Je suis content que ce soit toi ici, avouais-je en baissant légèrement la voix comme si j'étais effrayé qu'elle me trouve trop direct. Je.., bégayais-je. J'ai voulu t'attendre hier mais j'ai eu quelques problèmes de réveil on va dire...

« Quelques problèmes de réveil », ok Isaac, va te coucher !, me répliquais-je intérieurement. C'était tout ce que j'avais trouvé pour résumer la situation. Mon dieu. Si elle riait, cela ne me surprendrait même pas. Maladroit. Je voulais rajouter le "désolé", mais cela voudrait dire que j'étais certain qu'elle avait été la ce qui n'était peut-être pas le cas. J'allais finir par passer par le mec trop confiant qui sait que les filles vont passer leur temps à l'attendre. Pas question d'être comme cela. Elle n'avait pas l'air d'être du genre à aimer les garçons comme cela. Il n'était pas très très tard, souris-je intérieurement. Nous avions cette fois-ci du temps devant nous. J'avais envie de l'emmener ailleurs.



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MessageSam 3 Jan - 2:52

Souffle court.



Je déposais ma main sur la poignée et tira la porte vers moi. Je ne compris pas de suite, mais j'avais comme un élan de force surhumaine ? En effet, sans que je fasse le moindre effort sur cette porte, celle-ci basculait rapidement vers moi. Je regardais la porte, sceptique, puis releva les yeux. Isaac se tenait face à moi ! Il paraissait aussi surpris que moi mais, également aussi heureux. Nous étions ainsi, comme deux idiots, se regardant dans le blanc des yeux. Il restait silencieux, comme ci , les mots pouvaient nous tirer de ce rêve. Je ne bougeais pas, de peur que mes gestes troublent son image. Un petit temps s'écoula, le moment avait été immortalisé. Puis, il prononça mon nom. Hey Leah, salut !

Si cela allait ? évidemment, j'avais rêvée de ce moment tellement de fois. Et pourtant, tout était si différent de mes rêves. Je repensais a ces images, où je lui sautais au cou. Qu'attendais-je pour le faire ? La teinte de mes joues commençait certainement à changer de couleur à mesure que je repensais à mes songes. Je lui fis un signe de la main, timidement. Lâchant cette poignée, j'avançais un peu. J'étais censée quitter les douches, c'est du moins ce que j'étais sur le point de faire. En avais-je vraiment envie a présent ? C'était idiot, je ne pouvais pas faire demi tour.

Je suis content que ce soit toi ici ! Ces mots étaient un réconfort pour moi, je le regardais, buvant la suite comme un nectar des plus rares.  Je... !  J'hochais alors la tête, lui signifiant que j'écoutais. La suite fut des plus déconcertantes. Je ne comprennais pas vraiment, ce qu'il racontait. L'important c'est qu'il était ici, avec moi.

J'ai voulu t'attendre hier mais j'ai eu quelques problèmes de réveil on va dire... De quoi parlait-il ? Il voulait m'attendre ? Ou cela ? Pourquoi ? ... Est-ce que lui aussi ? Mes lèvres formèrent un cercle.

je passais une main maladroite dans mes cheveux. Je le regardais, un sourire grandissait sur mon visage. J'étais un peu, comme une enfant a qui l'on venait de promettre une sucrerie. J'hésitais un instant, puis ...

Je posais mes deux mains sur ses yeux. Je ne savais pas vraiment pourquoi j'avais fait cela, je devenais surement folle. Je ne pouvais parler et je perdais complètement le contrôle de mes gestes. Il fallait que j'agisse, que je donne un sens à ce geste. Que pouvais-je bien inventer ? Une surprise ? ... oui, bien sûr. On cache les yeux des autres, pour le suspens. Je regardais mes deux mains sur son visage, son nez ... J'avançais timidement mes lèvres des siennes. Son souffle si se mélangeant au mien pourtant, il y avait comme une barrière invisible. Je n'osais pas, je restais ainsi suspendu à son sourire. Incapable d'y poser le moindre baiser. Mon nez frôlait par moment le sien, le courage me manquait.

Je finis par me résigner, j'éloignais mon visage, mordillant ma lèvre inférieure. Je reculais d'un pas, retirant au passage mes mains de ses yeux. Je les posais sur mes épaules , me désignant. J'étais là, toujours ...face à lui.  Je souriais, le coeur n'y était plus vraiment, tout était tellement plus simple dans ma tête. Une chose était sûre, cette fois, je ne fuirais pas.
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MessageSam 3 Jan - 15:57


 

 Cœurs battants et regards  
 



Elle était aussi surprise que moi. La jeune demoiselle que j'avais retrouvé en rêve, se tenait à présent face à moi également aussi incapable de bouger. Dans ma tête, j'avais imaginé tellement de fois ce que j'allais lui dire, ce que j'allais faire exactement. J'avais envie de la prendre dans mes bras et de lui souffler des mots doux, mais j'en étais tout simplement incapable. Sa présence m'intimidait. Ce n'était pas du tout négatif, au contraire, mais j'étais effrayé à l'idée de faire quelque chose de trop. Je ne voulais pas brusquer la situation. Elle m'adressa un petit geste de la main pour me saluer, les joues un petit peu rosies. L'on aurait dit un ange. Puis elle fit un pas en avant. Mon dieu, voulait-elle partir ? L'avant-veille avait-elle été juste une simple rencontre qui n'aurait pas de suite ? J'imaginais déjà le pire dans ma tête, je demeurais incapable de me décaler pour la laisser passer, la surprise me refusait de le faire, je n'y arriverais pas, ce n'était pas possible. Je ne voulais pas qu'elle parte. Pas déjà. Je venais juste de la retrouver. Il fallait que je fasse un truc. Cela ne pouvait pas être réel. Heureusement, j'avais trouvé quelque chose. J'étais heureux qu'elle soit ici avec moi et je le lui avais dit. Je lui expliquais pourquoi je n'avais pas été là, même si le sens de mes mots n'en avaient eu aucun. Elle n'avait pu bouger et semblait avoir changé d'avis. Elle n'allait plus partir. Pourquoi l'avait-elle voulu lorsqu'elle m'avait vu ? Ne partageait-elle donc pas le même sentiment que moi à son égard ? Ou bien avait-elle eu peur ? Non. Cependant, elle m'avait écouté et s'était passé une main dans ses cheveux dorés. Elle me sourit. Cela me fit chaud au cœur. Son visage s'était illuminé.

Tout à coup, elle marqua un instant d'hésitation puis s'avança vers moi. Tout doucement, elle s'approcha de moi et ses mains se posèrent avec la plus grande délicatesse sur mes yeux. Je ne voyais plus trop grand-chose, peut-être à part des jets de lumière par-ci par là. Je fermai les yeux. À vrai dire, à ce moment-précis, je ne pouvais penser qu'à ses mains sur mon visage. Combien de fois j'avais repensé à la sensation, imaginé l'instant où cela se reproduirait, la douceur de ses mains, la brûlure que je ressentais à chaque seconde... Que faisait-elle ? Cette question ne me venait que seulement après quelques instants. Je n'y avais pas pensé avant. Je ne pouvais pas voir ce qui se passait, mais une chose était sûre, c'est qu'elle se tenait tout près. Je pouvais sentir son souffle chaud près de mes lèvres. Je ne l'avais pas tout de suite réalisé, mais en la sentant si près, mon pouls se mit à faire des bonds, je devais être brûlant sous ses mains. J'attendais qu'il se passe quelque chose. Nos lèvres, si proches maintenant. Je ne bougeai pas, je la laissai faire. Ceci ressemblait à un de mes rêves... Mais il ne se passait toujours rien, le temps semblait s'être tout à coup stoppé, mais c'était magique. Aussi vite qu'il était venu, aussi vite qu'il partait, je ne sentais plus son souffle mélangé au mien.

Encore tout désorienté, je rouvris doucement les yeux. Elle était en face de moi, les bras sur ses épaules, très gênée et mal à l'aise. Avais-je simplement imaginé la scène, où s'était-elle bel et bien produite ? Je scrutai alors son expression. Non, je n'avais pas rêvé. Son simple regard me disait qu'elle n'avait sans doute pas osé. S'était-elle laissé emportée par la folie et au dernier moment réalisé que nous avions en fait les pieds posés sur la terre ferme ? C'était sans doute pour cette raison. Moi-même, dans un de mes songes, j'aurais à cette seconde plongé vers elle pour la coller à moi et l'embrasser jusqu'à en perdre le souffle. Bon sang, qu'est-ce que j'en avais envie ! Céder à cette tentation immédiatement et me laisser emporter dans un autre monde ! À la place, sans même m'en apercevoir, je fis quelques pas vers elle, pour lui prendre la main. De mon autre, je passai mes doigts le plus délicatement possible sur sa joue comme une caresse. Je frôlais alors sa peau. Les fourmillements étaient là, si agréable. Je voulais que l'on se rapproche, encore plus près que quelques secondes auparavant, mais pas ici, pas tout de suite. Avec un sourire léger, je posai la main sur ma bouche, puis sur mon cœur, pour l'envoyer à elle. Le premier geste qu'elle m'avait adressé lorsque nous nous étions vu. Je pouvais encore entendre les battements de ma poitrine. Puis, je nous désignai du doigt tous les deux chacun notre tour, elle, puis moi, pour ensuite lui montrer la porte.

- Leah, veux-tu aller avec moi dehors ? Je voudrais … te montrer quelque chose...

Allait-elle accepter, ou vouloir tout d'abord savoir où ? Je m'approchais encore plus d'elle et lui pris cette fois-ci les deux mains, sans bouger. Je voulais juste être délicat et lui transmettre le fait qu'elle pouvait avoir confiance en moi. J'avais décidé de ne pas lui dire l'endroit, je voulais lui garder un peu le mystère pour le moment.




 ©WhiteCloud
 


 

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MessageMar 6 Jan - 22:51

Départ d'un commencement.



Il s'avançait, il prenait ma main, caressait ma joue d'un geste délicieux. Mes yeux fuyaient son regard, j'avais surement très peur. Peur de m'attacher, d'un jour le perdre sur un des lits de l'infirmerie. Bon sang, qu'est-ce que ces pensées fichaient ici ? Je levais les yeux à lui, je regardais les traits de son visage, il était tellement heureux, si beau. Tout cela suffisait a ne plus penser à demain, au labyrinthe. Même si au fond, les craintes restaient, on ne pouvait plus rien y faire. Je me jurais alors, de faire mon possible si un jour il venait à être blessé. Je resterais près de lui, chacune de ses durs nuits sous la tente. Mon handicap me dispense des veilles, mais pour lui, je continuerais mon rôle de Medjack jusqu'à ce qu'il se relève. La main qu'il avait posée sur ma joue s'en allait. J'y posais alors la mienne, conservant, cette sensation si agréable. La chaleur qui émanait de ma peau, les doux frissons que j'avais ressenti.

Je fermais les yeux un instant savourant tout cela. Quand mes paupières se relevèrent, il était en train de me faire un signe. Mes dents se découvrirent sous mon sourire, il se souvenait, de nos premiers gestes. J'étais heureuse, que tout ceci est de l'importance pour lui, autant que pour moi. Je posais une main sur son coeur, celui-ci avait un rythme des plus rapides. Je crois, que le mien commençait à prendre les mêmes pas de danse. Petit a petit, remontait comme des horloges, nos battements étaient synchronisés. Isaac ne s'arrêtait pas de faire des gestes, agrémentant le tout d'une invitation.

- Leah, veux-tu aller avec moi dehors ? Je voudrais …
te montrer quelque chose...



Il saisit alors, ma deuxième main, j'hochais la tête timidement. Evidement que je voulais le suivre, je ne l'avais pas attendu deux jours, pour ne pas en profiter. Je me demandais ce qu'il avait prévue. J'hésitais un instant, je levais alors, les mains, les épaules. Remuant mes lèvres en quelque chose qui ressemblait aurait du ressembler a un " Ou cela " ... Je fis la moue, hm, je doute qu'il comprenne. Ce n'était pas très grave, je finirais par avoir mes réponses en chemin. Je n'étais pas au bloc depuis très longtemps. Deux mois, mais cela suffisait pour se repérer. Je connaissais forcement tous les lieux. Bien que, je ne m'étais pas arrêté, contempler la beauté de chacun.

Que voulait-il bien me montrer ? Je crois que j'étais aux anges, j'accrochais un bras à son coude. L'invitant à se tourner vers l'extérieur. Nous avions l'air de deux jeunes fiancés, en marche vers l'autel. Cette pensée amusante me laisser rêveuse, puis des questions se soulevèrent.

Est-ce que j'avais déjà vécue cela ? Non pas avec lui mais, un autre, c'était troublant. Je tournais la tête vers lui inquiète. Peut être avais-je déjà quelqu'un, en dehors du bloc. Quelqu'un a qui, je manquais certainement, dont je n'avais plus aucun souvenir ... J'avais l'impression, que nous faisions quelque chose de mal, pourtant, cela nous faisait tellement de bien. Je décidais simplement de ne plus faire attention à mes pensées, sensations, concernant ma vie avant le bloc. Me concentrant uniquement, sur Isaac, notre promenade. Je lui adressais, un dernier sourire avant de nicher ma tête contre son bras. J'étais prête à le suivre ou il le désirait, impatiente de voir, ce qu'il avait prévue.

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Symphonie des sens ! [Terminé]

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