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Au bord du ruisseau (Lucas, Kalis)

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MessageMar 17 Fév - 15:11

Pour la première fois depuis mon arrivée, je me sentais parfaitement calme; l'esprit complètement vidé de toutes ces révélations, toute pression et nervosité ôtées de moi. Il m'avait fallu beaucoup de temps pour réfléchir à tout ça et au final je me suis dis que ça ne servait à rien de se replier sur soi même et de ne rien faire en attendant le temps passer dans l'espérance de sortir un jour de ce cauchemar. S'il y avait une solution, c'est ensemble que l'on pourrait la trouver. mais l'esprit de solidarité n'était pas vraiment mon point fort. J'avais l'habitude de tout faire moi même et d'imposer mes lois sans demander l'avis des autres. Néanmoins ici j'avais l'impression que ça ne marchait pas comme ça et j'allais devoir m'y faire si je voulais éviter de me faire des ennemis.

Tandis que je traversais les bois à la recherche d'un endroit tranquille pour me poser loin de toute l'agitation, j'aperçus entre deux arbres un petit ruisseau avec une cascade, dont l'eau claire était éclairée par la lumière du jour. M'approchant je m'assis en tailleurs près du bord. le reflet du soleil se reflétait dans mes yeux et les rendaient encore plus clairs qu'ils ne l'étaient déjà. L'eau était si transparente qu'on pourrait croire qu'il n'y en ai pas. J'aperçus un poisson qui passait par là. Quand il vu la présence d'un humain à al surface, il s'arrêta. Alors, tout bêtement je souris. Je me rendis compte que j'avais besoin de parler à quelqu'un. Quelqu'un qui me comprenne, quelqu'un sur qui je pouvais compter. Je soupirais. Après tout, je n'avais pas à me sentir seul, d'autres gens étaient là pour moi et ici, on se partageait tous la même merde. je secouai la tête. Il fallait que je me ressaisisse !  Ce n'était pas dans mes habitudes de me laisser aller comme ça et de ressentir le besoin de parler à quelqu'un !  J'avais l'impression d'avoir toujours tout fait tout seul alors ça n'était surement pas aujourd'hui que j'allais changer ça. Le poisson semblait m'observer. je lisais dans ses yeux de la tranquillité. Lui, avait de la chance, il ne se doutait de rien, en sécurité dans son habitat naturel. En y repensant, malgré le nombre de gens qui pouvaient m'aider à l'intérieur du bloc, je me sentait pas en sécurité ici. En fixant le poisson, je pensa que j'aimerais bien être un poisson moi aussi. En sécurité, et inoffensif.

-Salut le poissonDis je dans un demi-sourire,j'espère que ca va. Si tu demandes, moi je vais parfaitement bien. -Je marquai une pause-Enfin moyen. Tu vois, j'ai l'impression de ne pas être à ma place ici. Trop de gens, trop de mystères, trop de visages inconnus. Je me sens un peu seul...J'aimerais me souvenir de ma vie d'avant, savoir qui je suis, pourquoi je suis là et qui m'y a envoyé.

Je faisais de nouveau une pause laissant au poisson le temps de faire un tour complet de l'étang et de revenir finalement à sa place. Puis je poursuivis.

-Ca doit être tellement bien d'être un poisson, non ? T'as pas à te soucier du monde autour de toi, t'as aucun problèmes, rien t'es pénard dans ton petit étang.

Je me tus quelques instants et haussai les épaules.

-Enfin tu dois bien te faire chier quand même. Mais bon t'es heureux au moins. Tu t'en fiches du temps qui passe, tu t'en fiche du jour..De la nuit...

Je m'apprêtais à continuer mais le poisson décrivit un tour sur lui même et s'éloigna loin de moi, derrière des roseaux. Un profond désespoir m'envahit. Maintenant, même les poissons me trouvait ennuyant.

-Merci du vent petit poisson. Oui moi aussi je t'aime, je sais que je pouvais compter sur toi.Dis je d'un ton las.

A présent, je me mis à sourire bêtement. J'avais l'impression de devenir fou, je me mettais à parler à un poisson. Je dégaina un couteau emprunter à un blocard de ma ceinture et m'approcha d'un arbre près du ruisseau. Hésitant quelques instants, je pris le manche dans ma main droite et me mis à graver un mot dans l'écorce. Le désespoir et la tristesse me rongeaient soudain. Les lettres que je gravaient me désignaient, montraient que j'étais bien là et que malgré les épreuves, je ne cesserais jamais d'être présent. Au début, je n'appuyais pas fort de peur que cela soit interdit mais je me mis à forcer sur la lame. Serrant les dents pour m'éviter d'éclater en sanglots face à la situation dans laquelle je me trouvais, je continuais de me défouler sur l'écorce de l'arbre en y inscrivant la seule chose dont je me rappelais complètement depuis mon arrivée ici; mon prénom: "Kalis".
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MessageJeu 19 Fév - 19:27



Ha... La douceur du vent matinal, le chant du coq qu'on a envie de déglinguer, le soleil qui te brûle impunément les paupières en te hurlant à sa manière « réveil toi, réveil toi ! ». J’accédais à leurs demandes silencieuses. Poussant un petit couinement, je m'étire comme un chat. Assez dormis pour aujourd'hui, la marmotte n'en sera pas une aujourd'hui. C'est dommage. J'ai carrément l'impression d'être passé dans une machine à lavé, puis dans le sèche linge. Je me lève, saute sous la douche pour me laver convenablement, et me débarrasser des impuretés amassé ces derniers jours, et ressort aussi propre qu'un sous neuf... Enfin... Un sous briqué correctement peut être ? J'enfile un sweet-shirt ainsi qu'un pantalon. Avant de sortir pour mon habituel course à pied du matin. Le tout parvient à me mettre de bonne humeur, et à me rendre carrément stone pour le reste de la journée. Mes pas s'enchaînent. Et je finis par arriver plus vite que d'habitude au bois. J'aime la fraîcheur qui se dégage de cet endroit. Je m'arrête un instant pour continuer en marchant. Si je m'arrête totalement, je ne me remettrais jamais en route. C'est alors que je surprend un spectacle assez étrange. Un jeune qui parle à des poissons, puis qui se met à graver quelque chose sur le bois d'un arbre comme un forcené, y'a mieux comme première rencontre j'ai envie de dire. Je toussote doucement, avant de lui offrir mon plus beau sourire.

« Tu sais que la légende dis que si tu embrasse un poisson, il deviendra une sirène ? Bon après c'est une légende, mais si tu te sent seul, au lieu de lui parler, roule lui donc un patin ! Enfin... Je pense pas qu'il ait retenu grand chose de votre entrevue, le poisson à une mémoire de quelques minutes tout au plus, mon pauvre. »

Je hausse les épaules, geste typiquement Lucatien, geste qui n'a aucun sens particulier... Mais c'est un tic, c'était comme si de ce simple geste, je pouvais chasser toute la peur que m'inspire les autres, comme si, ainsi, ils ne sont plus une menace. Mais je me méfie quand même, j'ai peur, et cette peur me tortille l'estomac. Je m'avance, et regarde le tronc un instant.

« Kalis... Kalis, c'est pas courant comme nom. Mais j'aime bien. Moi c'est Lucas. »

Je le fixe en souriant.

« T'sais t'es pas le seul à te sentir paumé, mais on est tous passé par là, pète ta petite crise, pleurs et vide toi, ça ira mieux après. Du moins c'est ce qu'on m'a dit... Va savoir si c'est vrai. »

Je m'assis finalement devant le ruisseau, une fois bien installé je met mes doigts dans l'eau, c'est froid, ça picote, mais ça fait du bien, c'est vivifiant. Je souris doucement, j'aimerais bien plonger ma tête là dedans pour clarifier mes idées. A la place, j'en prend dans ma main, et la verse doucement sur ma nuque. Je pousse un petit soupir d'aise, oui, ça fait du bien. Les gouttelettes me font frissonner, mais le contact avec ma peau bien trop brûlante me fait du bien.

« Chui pas le seul à trouver cet endroit apaisant... C'est rassurant, finalement je suis pas si bizarre que ça. Kalis... tu me trouves sans doute bizarre, comme tout le monde. Mais faut pas écouter les autres. Faut pas faire le mouton mon p'tit. »

Je focalise à nouveau mon regard sur l'étendue d'eau.

« Hm... Dur dur de pêcher une baleine là d'dans, les poissons d'ici doivent pas trop être nourrissant à mon avis, c'est peut être pour ça qu'on en pêche pas trop. »

Il faudrait que je revienne. Un de ces quatre... Pour en chopper un. Sait on jamais. Les gens qui nous avaient envoyés ici planquaient peut être des indices dans les poissons. Ce serait débile... Mais marrant. En fait je tournais carrément en rond. Ou alors... C'était le problème contraire, je tournais pas rond en fait !
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MessageVen 20 Fév - 20:02

Je savais que je n'étais pas seul. J'entendais des pas qui se rapprochaient. Sans doute ceux d'un blocard. Je ne pensais pas que d'autres personnes pouvaient être réveillé en même temps que moi. Je n'avais pas vraiment envie d'avoir de la compagnie. Je restais donc avec mes envies de tout faire moi même et de ne pas laisser aux autres le plaisir de dicter ma vie. Je continuais de m'acharner sur le couteau quand soudain, j'entendis un toussotement devant moi. Je levai les yeux.

« Tu sais que la légende dis que si tu embrasse un poisson, il deviendra une sirène ? Bon après c'est une légende, mais si tu te sent seul, au lieu de lui parler, roule lui donc un patin ! Enfin... Je pense pas qu'il ait retenu grand chose de votre entrevue, le poisson à une mémoire de quelques minutes tout au plus, mon pauvre. »

J'abaissai la main qui tenait le couteau et regardai un arbre non loin de moi.
Je lui souris pour faire bonne impression. Inutile de commencer à se faire des ennemis dès mes premiers jours. je me levai. Il posa son regard sur le mot que j'avais gravé sur l'écorce

« Kalis... Kalis, c'est pas courant comme nom. Mais j'aime bien. Moi c'est Lucas. »

Je lui souris et lui tendis ma main pour qu'il la serre. Je fixai de nouveau mes yeux clairs sur lui et le dévisageai comme dans l'espérance de découvrir le moindre de ses secrets à travers les traits de son visage. J'avais cette mauvaise habitude de toujours me méfier du premier inconnu qui venait m'adresser la parole et il m'arrivait souvent de le suivre des heures entières pour vérifier qu'il ne s'agisse pas d'une quelconque menace.

-Enchanté. Merci, moi aussi j'aime bien Lucas.


« T'sais t'es pas le seul à te sentir paumé, mais on est tous passé par là, pète ta petite crise, pleurs et vide toi, ça ira mieux après. Du moins c'est ce qu'on m'a dit... Va savoir si c'est vrai. »


Je souris un peu. Il a donc vu clair. Il a remarqué mon mal être. je soupire légèrement. Il n'est pas dans mes habitudes de pleurer, la plupart du temps je préfère rester fort même si souvent en ce moment j'en meure d'envie. Mais il est hors de question que je pleure devant un inconnu. Je suppose que tout le monde veut savoir qui nous a envoyés ici et qui nous a volés notre vie en nous enfermant dans un labyrinthe sans issue...Ou pas ? Je le suis du regard quand il va s'asseoir devant le ruisseau et s'asperger la nuque d'eau. Je finis par le rejoindre et je me met en tailleur près de lui, fixant l'eau claire du regard qui dors encore à ses heures matinales.

« Chui pas le seul à trouver cet endroit apaisant... C'est rassurant, finalement je suis pas si bizarre que ça. Kalis... tu me trouves sans doute bizarre, comme tout le monde. Mais faut pas écouter les autres. Faut pas faire le mouton mon p'tit. »

Je souris. Non bien sûr que non je le trouve pas bizarre. Moi aussi je trouve cet endroit apaisant. Je pense à cet instant précis qu'il allait sans doute m'arriver de venir souvent au ruisseau. Et non bien sûr que non je ne jouais jamais le mouton. Voilà pourquoi je préférais rester dans l'ombre et tout faire de ma propre initiative en ne laissant pas les autres prendre le dessus. Puis j'en sais rien. Je focalise de nouveau mon regard sur Lucas. Je soupire. Il m'inspire confiance.

-Tu es là depuis combien de temps ? Tu es un coureur ? Comment tu étais quand tu es arrivé ?

Je m'interrompis et détournai le regard. Nouveau soupir. Je me rendis compte que je posais trop de questions. Ca pouvait paraître suspect et trop indiscret.

-Désolé je sais que je suis indiscret. Mais j'ai toujours l'habitude de vouloir toujours mieux connaître la personne avant de lui prêter ma confiance ou de paraître sympathique à son égard. J'en sais rien...Comme une manière de me méfier. On sait jamais sur qui on tombe.

Le poisson de tout à l'heure repassa devant moi. Je souriais. Je le reconnu grâce à la couleur de ses écailles et à sa forme. Mais dommage pour lui, à présent, j'avais une personne à qui parler maintenant.
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MessageDim 22 Fév - 14:55




Lorsque je prononçais son petit nom, il me tendit une main amicale. Je haussais un sourcil, j'avais pas l'habitude qu'on me réponde par... Ce genre de gestes, doux et sans animosité. J'attrapais cette main tendue, un petit sourire perché au coin des lèvres. Et la lui serrait. Doucement. Certaines poignées de main entre hommes étaient « qui serrerait le plus fort » mais moi j'étais pas dans ce genre de trip remplis de testostérone... C'était même clairement pas mon truc. Mais bon, je m'étais radoucis, le lion en cage qui avait tatoué 'emmerdeur' sur le front restait dans ma cage thoracique, mes côtes servant de barreaux, il s'était finalement endormit bien sagement, alors autant le laisser faire sa petite sieste et profiter de cet élan pacifiste qu'on m'offrais. Il poussa un petit et piteux soupir. Oui... Nous étions tous passés par là. Nous étions tous des pauvres petites bêtes laissés à l'abandon, souris, devenues jouets d'un chat très habile, et surtout très sadique. Il s'était installé à côté de moi. Je fixais l'eau, sans la voir. D'un regard doux, de mes sombres pupilles.

-Tu es là depuis combien de temps ? Tu es un coureur ? Comment tu étais quand tu es arrivé ? 

De nombreuses questions, mais j'ai, entre mes mains, toutes les cartes qui apportent les réponses. Je relève la tête, croise son regard. Avant qu'un sourire ne vienne folâtrer doucement sur mes lèvres pleines.

« Je suis ici depuis quelques mois déjà... Et je suis un chercheur, si je cours... C'est pour me détendre, pour chasser tous mes petits démons noirs. Quand je suis arrivé... Ha, j'ai eu de la chance, Esther, le mâton des coureurs m'a pris... En charge. Elle m'a tout expliqué, elle a été là pour moi. Et je lui en suis très reconnaissant. Mais au début, je me morfondais, avec les mêmes questions sans réponse. « qui j'étais » « quelqu'un m'attendais-t-il quelque part ? » « Y'avait-il réellement une sortie à ce labyrinthe » et « où sont les toilettes, bon sang ?! »  »

J'avais dessiné dans l'air des guillemets, j'avais remarqué que je parlais souvent par gestes, comme si... Tout cela prenait plus de sens, comme si ça devenait compréhensible. J'avais aussi des petites habitudes, des tocs. Je ne me sentais pas à l'aise le matin, si je me passais pas 3 fois à l'eau le visage. Ou alors je regardais deux fois derrière moi, avant de mettre mon œil dans l'objectif du microscope. Je ne marchais JAMAIS sur une fissure, au sol. C'était... Des tocs oui, bizarrerie sur patte que j'étais. Enfin... Je posais un instant ma main sur son épaule, avant de la laisser gentiment tomber.

-Désolé je sais que je suis indiscret. Mais j'ai toujours l'habitude de vouloir toujours mieux connaître la personne avant de lui prêter ma confiance ou de paraître sympathique à son égard. J'en sais rien...Comme une manière de me méfier. On sait jamais sur qui on tombe.

Je hochais doucement la tête, bien sûr que je comprenais totalement ce qu'il disait. Je me repliais sur moi même, comme j'en avais l'habitude de faire. En fait, c'était comme une bonne petite carapace. Bien protectrice, bien douillette. Les genoux remontés contre mon buste. Je m'humectais doucement les lèvres, avant de hausser les épaules, comme si tout ça faisait fuir mes soucis.

« Ouais je comprend très bien. Le mal est partout, il faut s'en protéger. Il y aura toujours des gens pour te faire du mal. J'ai les mêmes délires. Je ne me livre pas souvent, et je garde tout pour moi. Mais au final... ça me ronge, je suis gangrené, donc j'ai décidé que c'était pas la bonne solution, toi aussi, au moment venu, tu t'en rendra compte Kalis. Il faut se trouver quelqu'un, quelqu'un à qui on pourra tout dire, quelqu'un qui ne jugera jamais ce qu'on lui dit... Et ça, c'est vraiment rare. »

Oui... Tellement rare. Il y avait tellement de regards remplis d'animosité au bloc. Trop même. Le poisson était revenu à sa place, et je plaçais mon doigt dans l’eau, il s'en approcha, craintif, avant de finalement me mâchouiller à la manière des petits poissons la pulpe du doigt. Je tournais la tête vers Kalis, doucement.

« Et toi, tu es ici depuis combien de temps ? Je vis un peu reclus ici, je me mêle pas de trop, alors je ne suis pas à la page concernant les arrivés de nouveaux compagnons d'infortune. »


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MessageLun 2 Mar - 17:25

Quand je lui tendis ma main, il sembla étonné. Je souriais au coin des lèvres. Il me rendis une poignée de main douce et chaleureuse. Je devinai qu'il n'était pas de ces personnes à s'amuser à écraser la main d'autrui. Il fixai de nouveau l'eau, sans la voir. Puis quand il releva les yeux, mon regard croisa le sien. Il souriais à son tour.

« Je suis ici depuis quelques mois déjà... Et je suis un chercheur, si je cours... C'est pour me détendre, pour chasser tous mes petits démons noirs. Quand je suis arrivé... Ha, j'ai eu de la chance, Esther, le mâton des coureurs m'a pris... En charge. Elle m'a tout expliqué, elle a été là pour moi. Et je lui en suis très reconnaissant. Mais au début, je me morfondais, avec les mêmes questions sans réponse. « qui j'étais » « quelqu'un m'attendais-t-il quelque part ? » « Y'avait-il réellement une sortie à ce labyrinthe » et « où sont les toilettes, bon sang ?! »  »

J'éclatais de rire. Les questions que les blocards s'étaient posées à son arrivées semblaient semblables aux miennes. Au final, les premiers de jours de chacun s'étaient tous ressemblés, les mêmes questions, la même anxiété. Ici, le meilleur moyen d'avancer était la solidarité. On était tous dans la même galère et le bon comme le mauvais on se le partage. Mais je restais sur mes décisions. Ne pas se faire contrôler par les autres.

« Ouais je comprend très bien. Le mal est partout, il faut s'en protéger. Il y aura toujours des gens pour te faire du mal. J'ai les mêmes délires. Je ne me livre pas souvent, et je garde tout pour moi. Mais au final... ça me ronge, je suis gangrené, donc j'ai décidé que c'était pas la bonne solution, toi aussi, au moment venu, tu t'en rendra compte Kalis. Il faut se trouver quelqu'un, quelqu'un à qui on pourra tout dire, quelqu'un qui ne jugera jamais ce qu'on lui dit... Et ça, c'est vraiment rare. »

Lucas était un peu comme moi au final. Solitaire et distant. Je le voyais dans ses paroles et dans ses manières d'agir. Il se recroqueville sur lui même, les genoux contre son buste. Comme une carapace pour se protéger de tous les dangers. J'avais l'impression que c'était comme ça ici. On arrivait dans le Bloc, et on se mettait souvent à déterminer qu'elles pouvaient être les personnes pouvant représenter un danger ou justement une personne de confiance. Il tournai sa tête vers moi tout doucement.

« Et toi, tu es ici depuis combien de temps ? Je vis un peu reclus ici, je me mêle pas de trop, alors je ne suis pas à la page concernant les arrivés de nouveaux compagnons d'infortune. »

Je posai à mon tour mon regard sur l'eau calme et silencieuse. Tout ce silence me détendit un peu. Cette conversation au près du ruisseau aussi. Je l'observai.

-Je suis ici depuis trois mois. Mais je n'ai pas rencontré beaucoup de gens depuis mon arrivée. A part toi et Isaac, je préfère rester dans l'Ombre...Et puis je n'ai pas l'habitude de laisser les autres dicter ma vie. Et ici j'ai l'impression qu'il y a pas mal de règles...Alors pour l'instant, vaut mieux pas que je me mêle trop à la foule si tu vois ce que je veux dire. Mais peut être qu'il est temps que je fasse connaissance avec tout le monde...Enfin tu peux peut être me conseiller ? Y a t -il des personnes à éviter et d'autres à qui je peux faire confiance ?
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MessageLun 6 Avr - 10:02



Il y a certains moments, dans une vie, ou on se sent en confiance, avec un autre être humain, d'autres... Au contraire, où on a l'impression de pas appartenir à la même espèce, pour mon cas... A cet instant précis... J'avais l'impression d'être tombé sur quelqu'un comprenant mes troubles. Comprenant mes dilemmes intérieurs. Quelqu'un qui se posait les mêmes questions. Il était peut être plus mûre, réfléchis que moi... Mais pour ma part, j’estimais ne pas être un parfait exemple d'équilibre psychologique... De ce fait... Il valait peut être mieux ne pas être tout à fait comme moi. Du moins... Je ne le souhaitais à personne en particulier. Mon regard pétillait alors d'un plaisir rare. La conversation était vive, intéressante... Mais en plus je me complaisait dans cette ambiance plaisante, loin du regard hautain et cruel de certains de mes camarades. Oui... Nous étions tous des gosses, des ados... Et tout le monde savait que les gosses entre eux étaient bien plus dures que les adultes, entre eux. Parce que les jeunes, eux, ne possédaient pas ce filtre qui empêchait de dire tout ce qui passait par leur caboche... Non... Ils étaient capables de vous dire vos quatre vérités, et sans faire une pause pour respirer, oui m'sieur. Il était aussi dans les mœurs de nos pairs, de choisir certains, comme martyrs, afin de ne pas être martyrisés eux mêmes. C'était toujours comme ça, y'avait les idiots, ceux qui se posaient pas de questions, ceux qui frappaient parce que ils ne voulaient pas faire autrement, et y'avait les personnes plus... Profondes, ceux qui attaquaient afin de masquer leurs failles. Moi ? Moi je m'en foutais, moi j'étais ni l'agneau ni le loup... J'étais celui qui par un temps passait pour une pauvre petite chose, alors qu'il cachait ses crocs derrière un masque de chaire.
J'avais réussi à détendre l'atmosphère... J'avais réussi à faire en sorte qu'il aille un peu mieux. Cela suffisait à redorer ma médaille ? Il semblait que non... Non bien sûr... J'avais fais trop de mauvaises actions bien avant ça.Vous me pensez étreint par la culpabilité ? Hé bien je le cachais bien, derrière ce masque, derrière cet humour. Mais en réalité je me retrouvais bouffé jusqu'à la moelle.

-Je suis ici depuis trois mois. Mais je n'ai pas rencontré beaucoup de gens depuis mon arrivée. A part toi et Isaac, je préfère rester dans l'Ombre...Et puis je n'ai pas l'habitude de laisser les autres dicter ma vie. Et ici j'ai l'impression qu'il y a pas mal de règles...Alors pour l'instant, vaut mieux pas que je me mêle trop à la foule si tu vois ce que je veux dire. Mais peut être qu'il est temps que je fasse connaissance avec tout le monde...Enfin tu peux peut être me conseiller ? Y a t -il des personnes à éviter et d'autres à qui je peux faire confiance ?


Dure question qu'était celle là. Je me posais un instant. Sans rien dire. Réfléchissant, avant de hausser élégamment les épaules. Moi, beaucoup ne pouvaient pas me carrer, mais c'était moi. J'étais un être étrange... Je toussotais avant de lui répondre d'une voix doucereusement neutre. C'était toujours ainsi.

« Chacun a son point de vu, et ses affinités Kalis... Je ne pense pas que je puisse t'aiguiller là dessus. Une personne que moi je trouve insupportable pourra très bien, à tes yeux, être une personne digne d'intérêt... Tu ne pense pas ? Chacun est différent. Ce qui explique pourquoi il est dur de vivre dans le bloc, mais que c'est aussi quelque chose d'incroyablement enrichissant. Quelque chose qui vaut, malgré le malheur, le détour. Après, ce n'est que l'avis d'un fou. Mais honnêtement... Qui n'est pas fou ici bas ? »

Et d'après moi... C'était une bonne chose. C'était quelque chose d'essentiel... Les personnes rationnelles, bien dans leur peau, elles ne peuvent pas comprendre. Elles ne peuvent pas imaginer surmonter ce trouble... Il faut être un brin cinglé pour que ça marche. Et ça, c'était l’expérience qui me l'avais soufflé.
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MessageLun 20 Avr - 14:40

Il ne me répondit pas tout de suite. Il pris le temps de réfléchir et pendant ce temps là, je l'observai. Tentant de savoir à quoi il pensait, qui il était, quel était son passé et quel pourrait être son avenir... Puis il parla.

« Chacun a son point de vu, et ses affinités Kalis... Je ne pense pas que je puisse t'aiguiller là dessus. Une personne que moi je trouve insupportable pourra très bien, à tes yeux, être une personne digne d'intérêt... Tu ne pense pas ? Chacun est différent. Ce qui explique pourquoi il est dur de vivre dans le bloc, mais que c'est aussi quelque chose d'incroyablement enrichissant. Quelque chose qui vaut, malgré le malheur, le détour. Après, ce n'est que l'avis d'un fou. Mais honnêtement... Qui n'est pas fou ici bas ? »


Je me rendis compte que ma question était stupide. J'hochai la tête,néanmoins, sans répondre. Puis je soupirai. Une idée soudaine me vint. Elle était stupide mais bon, après tout au point ou on en était...J'avais bien envie de m'amuser un peu. Je regardai Lucas, le dévisageant de mes yeux clairs. On avait l'air de deux enfants sages au bord de l'eau à rester là ainsi à discuter tranquillement sans rien faire d'autre. J'avais bien envie que ça bouge !

-Dis, tu trouves pas qu'il fait chaud aujourd'hui ?

Un sourire apparut au coin de mes lèvres. J'avais déjà ma sale idée derrière la tête. Oh il n'allais sans doute pas apprécier, ou peut être bien au contraire. J'en savais rien mais quelque soit sa réponse, j'allais le faire. Après tout, il ne fallait pas broyer que du noir ici...Il restait encore un peu de Lumière et je le sentais. Et je savais qu'au fond de lui, Lucas la percevait aussi.
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MessageVen 22 Mai - 20:49


Un sourire mutin sur les lèvres de quelqu'un, ça n'augurait jamais rien de bon... Jamais... D'ailleurs, quand je le faisais, c'était généralement mauvais signe. Alors quand c'était les autres qui le faisaient... Alors là, ça puait l'ennui, et à très grande distance. Je pouvais le sentir jusque là. Une petite réplique comme quoi il faisait chaud aujourd'hui. Ho non... Il n'oserait pas ?!
Je me sentis alors voler... le temps d'un clignement d'yeux, avant de me retrouver tête la première dans la flotte. J'en sortais, battant des bras comme un clébard. Avant de laisser ma tête émerger hors de l'eau. Reprenant doucement, mais sûrement mon souffle. Les lunettes de traviole, les cheveux mouillés dans le visage, et mon haut devenant transparent, c'était la fête. Je soulevais les bras, puis renonçais à mi chemin, les relaissant tomber paresseusement.

« Nan mais tu te crois drôle ? »

J'avais l'air d'un pauvre chien en train de couiner, à en écouter ma voix plaintive. C'était vraiment le summum de la virilité. Je m'approchais du ponton, y posant gracieusement la moitié de mon corps, tel un cachalot échoué, ou alors un éléphant de mer ? J'enroulais mes longs doigts bien trop osseux à mon goût autour de ses chevilles, tendis qu'un sourire aussi narquois que le sien tordait mon visage.

« Aller... Viens voir papa mon petit, tu as raison. Il fait chaud. »

Je tirais violemment sur sa cheville, l'attirant à moi... Merde... S'il me tombais dessus c'était foutus ! Quel idiot ! Soudain, une ombre, ou plutôt l'ombre d'un corps ? Le dit corps s'écrasa à moitié sur moi, me replongeant dans l'eau dans un foutoir purement jouissif. Je finis par sortir la tête de l'eau, trempé, encore. Avant de cracher en sa direction l'eau que j'avais dans la bouche.

« La méchanceté est toujours punie Kalis, bienv'nue au Bloc, sale gosse. »

Un petit rire m'échappa. Ça faisait longtemps que le vieux démon du passé nommé innocence n'avait pas frappé. Rien n'était fait innocemment ici... Rien. Tout le monde profitait d'untel, ou d'untel, rendant des services dans le but d'avoir autre chose, il était rassurant de faire les choses... Pour rien... C'était en quelque sorte rafraîchissant. Depuis quand étais-je si tourmenté pour penser ainsi ? Depuis quand étais-je si sombre ? Depuis bien trop longtemps... Tout à fait. L'enfant était partit, il avait laissé place à une créature beaucoup plus sombre et hideuse. Cette créature qui avait du s’avilir pour survivre... J'eus un sourire moqueur à l'égard de ce type que j'étais devenu, avant de penser très fort un « t'es plus drôle Lucas... », Ouep j'étais même triste à pleurer, après tout, c'est toujours les clowns les êtres qui en ont le plus gros sur la patate. Je finis par lui balancer de l'eau avec mes mains.

« Hé ouais, fallait pas embêter Lucas, tu vas l'regretter mon mignon. »


Des menaces en l'air, sans rien derrière, juste pour rire encore un peu. C'était si bon.
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MessageSam 23 Mai - 21:45

Tandis que je me tordais de rire, j'atteris soudainement dans l'eau. Lucas m'avait attrapé la cheville et m'avait attiré à lui. Il me sembla que je tombai sur lui et en moins de deux, je me retrouvai la tête sous l'eau avant de remonter à la surface.

« Hé ouais, fallait pas embêter Lucas, tu vas l'regretter mon mignon. »

-J'vais le regretter de rien du tout mon coco! Figure toi que je sais respirer sous l'eau !

Je ris un bon coup puis sauta sur lui et l'enfonça de nouveau, tête dans l'eau avant de le laisser remonter à l'air libre. Sincèrement, je ne sais pas ce qu'il m'avait pris de faire ça. J'avais eu un élan nostalgique, ce qui m'avait poussé à redevenir un enfant en poussant Lucas dans la rivière. D'un côté, c'était pour rigoler et puis il faisait chaud et on avait bien besoin de s'amuser un peu. Un instant, me retrouvant dans l'eau fraîche me permis d'oublier tous mes problèmes. De mettre le labyrinthe, les griffeurs et tout le reste dans un coin de ma tête et de ne plus y penser pendant ce qu'il me sembla être une éternité. Puis, jugeant que la baignade avait été assez longue, je remonta sur la berge et me contempla de la tête au pied. En plus d'être trempé, j'avais fais trempette habillé!
C'était plus fort que moi. J'éclatai de rire.


-J'crois que j'aurais jamais du te pousser, maintenant je suis trempé. en plus de ça, il est fort possible que je retourne dans le labyrinthe aujourd'hui.

Le voyant toujours dans l'eau, je lui tendis une main pour l'aider à se hisser à son tour sur la berge.
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MessageMer 1 Juil - 9:14


Il riait à gorge déployé, et... Je n'osais pas trop l'avouer, mais moi aussi je m'amusais bien. J'avais laissé mes problèmes d'adulte de côté pour faire revenir, le temps d'un infime instant mon moi enfantin, celui qui s'amusait de tout et de rien, celui qui ne complotait pas pour survivre, celui qui vivait simplement, et qui n'était pas plus malheureux... Un gamin heureux, un gamin qui profitait des bonnes choses que la vie avait à offrir. Cet état... Il m'avait quitté à mon arrivé du bloc, mais manifestement, pas pour toujours. Ce que je n'avais pas prévu en lui choppant la jambe... C'est qu'il me tomberait dessus. Je me retrouvais dans la flotte avec un poids mort sur le dos... Enjoy ! C'était gai. Mais je n'étais pas dans l'état d'esprit où tout me fâchait. J'étais calme, détendu, souriant. Un éclat de rire libéra un instant ma carcasse de l'étonnante noirceur qui s'y était amassé.

-J'vais le regretter de rien du tout mon coco! Figure toi que je sais respirer sous l'eau !

Un nouvel éclat de rire accompagné d'un petit mot taquin.

- Tu crois que j'ai peur ? C'est pour ça que tu parles aux poissons Kalis ? Tu es une petite sirène ? Mais où est ton prince charmant et... Pourquoi tu es aussi bavard qu'une pie, je croyais que les sirènes perdaient leur voix pour avoir des gambettes... On m'aurait mentis ?!

Il s'appuya sur mes épaules pour me faire couler, j'eus juste le temps de retenir ma respiration pour me laisser entouré par cette eau. Elle semblait si claire comme ça... Je me sentais calme, apaisé. Je remontais à la surface, secouant ma tête, ma crinière épaisse lançant des petites gouttes de ci de là, j'espérais secrètement que quelques gouttes iraient dans la tronche de mon cher acolyte. Juste pour le taquiner.

-J'crois que j'aurais jamais du te pousser, maintenant je suis trempé. en plus de ça, il est fort possible que je retourne dans le labyrinthe aujourd'hui.

Il me tendis la main pour me remonter, je la saisit sans une hésitation, moi qui ne faisais confiance à quasiment personne, je lui avais pris la main, je lui avais fait confiance. J'arquais un sourcil sceptique, avant de lui montrer ma crinière qui commençait déjà à sécher et à s'épaissir.

- Chacun son truc, je vais avoir une tête de caniche le reste de la journée. Et sait-on jamais... Tu feras peut être fuir les griffeurs ! Peut être qu'ils ont peur de l'eau, ou des poissons, je te préviens... Cette histoire de petite sirène va te suivre mon gars ! Compte sur moi !
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Au bord du ruisseau (Lucas, Kalis)

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