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« Cress, écoutes-moi. »

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MessageMer 8 Avr - 21:32

   




   
Tu es ma mémoire, la seule trace de mon existence.

   
Regardes les étoiles, regardes comme elles brillent pour toi.


   
C
ombien étaient-elles ? Faisaient-elles toutes parties d’une seule et même famille ? Se parlaient-elles ? Et là-haut, étaient-elles heureuses ?

Toutes ces questions avaient finis par me donner le tournis. Je gardais les yeux rivés sur ces points lumineux, ils dansaient et chantaient. Leur mère la lune les regardait d’un œil bienveillant et je mis à les jalouser. Je les enviais d’avoir encore de l’amour à recevoir en ces temps. Sous ces multiples êtres je me sentais devenir aussi petite qu’un grain de poussière, j’étais à la limite de l’inexistence. A cette idée je perdis pied et m’écroulai dans le sable. Le cœur serré face à cette immensité bleue je voulus crier cette injustice que l’on m’avait faite. Mais au lieu de ça je me mis à lui parler car elle était toujours à mes côtés, dans tous les moments elle m’aidait à me sentir mieux et à m’éviter de commettre l’irréparable.

« … Cress, est-ce que je t’ai déjà raconté la fois où j’ai passé ma première nuit blanche ? Je crois que non. Cette nuit était sûrement la plus belle de toute. A ce moment je me trouvais dans le parc de la ville où nous vivions avec toute ma famille. Comme aujourd’hui j’étais allongée sur le sol, les yeux vers les étoiles. Mais ce jour-là j’étais entourée de mes frères et sœurs. Je crois que j’avais treize ans, Adrian devait en avoir vingt et un et Liam en avait huit. Il y avait aussi mes grandes sœurs, Juliet et Sophia avec leurs cheveux blonds ondulés et leurs yeux noisette, elles étaient vraiment belles. Je les admirais, pour moi elles étaient de magnifiques princesses attendant leur prince charmant. Mes deux autres frères, Jonah et Krys étaient eux-aussi présents, ils étaient jumeaux mais on parvenait à les différencier grâce aux tâches de rousseurs de Jonah. Et enfin il y avait Alexander, l’un des plus âgés, toujours en train d’embêter Liam ou moi. Tout ça pour dire que cette nuit-là la maison ne comptait que nos parents, ils ignoraient que nous nous étions enfuis. Nous étions tous allongés dans les herbes humides du parc, les cheveux en bataille, les pieds nus et pour certains encore en pyjama. C’est à ce moment que chacun d’entre nous commença à dire son hypothèse concernant ces petites choses brillantes dans le ciel. Comme toujours Jonah et Krys partageaient le même avis, ils pensaient qu’il s’agissait de vaisseaux spatiaux traversant l’univers à toute vitesse. Pour Liam c’était seulement des ampoules accrochées aux nuages. Alexander disait que c’était de grosses boules de gaz très chaudes, je n’y ai jamais cru et l’ai toujours trouvé bête en vérité. Juliet pensait que ces points lumineux représentaient des milliers de lucioles et Sophia quant elle était persuadé que c’était des gens vivant sur une autre planète qui nous espionnaient de leurs yeux brillants. Je savais bien qu’elle disait cela pour nous faire peur et c’était réussit car Liam partit se cacher près d’Alexander. Puis vint le tour d’Adrian, j’aimais beaucoup mon grand-frère car il avait le don de captiver tout le monde par ses paroles. Lorsque sa bouche s’ouvrait, il parvenait à nous transporter tous les huit dans un autre monde, un monde magique où seul le bonheur existe. Adrian avait prit le petit Liam sur ses genoux et nous regardait un à un avec ses yeux verts. Il nous raconta alors que toutes ces étoiles étaient en réalité une immense famille. Que cette famille était composée de nos ancêtres et des ancêtres de nos ancêtres. Qu’ils veillaient toujours sur nous et nous protégeaient de tous les maux. Il dit aussi qu’en regardant ce ciel étoilé on ne devait cesser de se rappeler que le plus important dans une vie est l’amour. Pour lui notre rôle était de respecter cette famille vivant là-haut et que comme eux on devait rester unis pour toujours.
Il nous avait promit que l’on parviendrait à tenir ce rôle. Pourquoi a-t-il menti ? »

C’est seulement lorsqu’un nuage vint cacher la lune que je me rendis compte que tout cela était terminé.

   
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MessageJeu 9 Avr - 13:15

   




   
Tu es ma mémoire, la seule trace de mon existence.

   
Lorsque le sable engouffrera tes poumons et que ton cœur s'enflammera, tu pourras dire que c'est la fin.


   
Q
uelle heure était-il ? Quel jour étions-nous ? Quel âge avais-je ? Est-ce que Noël était déjà passé ?
Il faisait chaud, quoi que ce mot n’était pas assez fort pour désigner l’intensité du climat qui régnait ce jour-ci. Malheureusement il n’y avait aucun nuage à l’horizon, aucune zone d’ombre, aucun endroit où le soleil ne parviendrait pas à nous déchirer la peau. Qu’est-ce que je ne donnerai pas pour une journée de pluie ? Mais je savais que ce n’était que des espoirs enfantins, je me trouvais en plein désert et à part des tempêtes de sable rien ne se produisait. C’était le calme plat.

Des milliers de dunes se dessinaient au loin, n’en finirais-je donc jamais ? Combien de jours avais-je passés ici à marcher ? A penser ? A désirer la mort ? Au bout d’une semaine j’ai cessé de les compter.

Chaque grain de sable que mes chaussures soulevaient me semblait devenir de plus en plus lourd. J’étais épuisée. Mon capuchon de fortune ne me protégeait pas énormément des rayons mordant du soleil. Je l’avais créé avec mon gilet alors que j’étais au bord du malaise. Pourquoi m’avaient-ils abandonné ici ? Ils auraient au moins pus m’envoyer dans une forêt ou un endroit moins hostile qu’était déjà le désert. Je soupirai.

Au fil des jours j’ai arrêté d’escalader ces immenses dunes, cela me fatiguait plus qu’autre chose alors j’ai commencé à les contourner. Le chemin devenait plus long mais moins éreintant. C’était vraiment dur. Je sentais mon ventre tenter de dévorer ses organes voisins, mes lèvres gercées ne faisaient que saigner envahissant ma bouche d’un goût métallique. Mon visage était brûlé tout comme mes épaules et mes bras. Une torture. Tout ça parce que je n’avais pas trouvé les mots pour exprimer ma situation. Pourquoi n’avaient-ils donc pas tenté de me comprendre ?
Puis le soleil commença à pencher sur les dunes. Les nuits se faisaient fraîches en ce moment et c’était seulement au petit matin que je parvenais à obtenir un peu d’eau en recueillant la rosée déposé sur une bâche que j’avais trouvé dans un camps abandonné.

Je continuais donc de marcher et c’est au tournant d’une énième dune que je les vis. Deux pieds dépassant d’un tas de sable. Sans m’en rendre compte j’avais accéléré le pas jusqu’à me laisser tomber à genoux près de la petite colline de sable. Un corps se trouvait visiblement en-dessous. Je me mis aussitôt à retirer la couche de sable recouvrant ce corps, mes mouvements ne cessaient de devenir de plus en plus rapides. Etais-je donc si naïve de croire qu’il pourrait être encore en vie ? Puis mes doigts atteignirent quelque chose de lisse et froid. Lorsque j’eus totalement retiré le sable je me rendis compte que j’avais touché le dos de cette personne, de cette femme. Je la retournai donc afin de voir son visage, elle était belle. Peut être avait-elle la trentaine ? Ses longs cheveux noirs et frisés encadraient son visage mat aux traits attendrissants. Ses paupières étaient pourtant ouvertes, elle me fixait de ses yeux bleus. Et alors je sursautai lorsque je remarquais qu’elle était nue. Que lui était donc arrivé ? Mes yeux s’attardèrent sur une énorme tâche brunâtre dessinée au niveau de son poumon gauche. Elle s’était faite attaquée au vu du couteau planté dans sa cage thoracique et la morsure creusant son épaule indiquait qu’un fondu était lui aussi passé par-là. Je refermais ses paupières dans l’espoir que son âme puisse reposer en paix. Ma main se mit alors à caresser ses boucles noires et mon esprit divagua. Je tentais alors qu’elle était son histoire. La plus plausible que j’eus imaginé fut celle où elle se serait faite mordre par un fondu et que par la suite son groupe l’aurait tué pour éviter toute contamination. Mais pourquoi était-elle nue ? Quelqu’un aurait peut-être décidé de voler ses vêtements. Etrangement je chassais la plupart des idées me venant à l’esprit, sûrement trop affreuses pour que je ne parvienne à l’admettre.

Après avoir déposé un baiser sur le front de cette pauvre femme, je me remis à l’enterrer. Quand j’eus terminé la nuit était déjà tombée. La chaleur se faisait de moins en moins sentir à mon grand bonheur. Je repris ma route, enchaînant les dunes et repensant aux yeux de cette morte. Le regard rivé vers la lune, je me demandais toujours ce qui avait bien put lui arriver. Puis mon pied buta contre quelque chose, le second dérapa sur les grains de sable et je m’écroulai telle une masse sur une matière plus dure que le sable. Qu’était-ce donc ? Une odeur âcre et insupportable vint embaumer mes narines. Je couvris aussitôt ma bouche d’une main, retenant ainsi un haut-le-cœur.

Seuls les rayons de la lune éclairaient la scène mais tout restait clair. Tout s’était ancré dans ma mémoire, à jamais. Des tâches sombres apparaissaient sur le sable, toutes à proximité de corps étendus, tordus, pourris, morts. Ce n’était pas des fondus qui avaient fait cela, non c’était des gens biens conscients. Tous étaient morts par balles. C’était un carnage. Combien étaient-ils ? Peut-être une vingtaine, c’était un groupe tout entier. Ils tentaient seulement de survivre et on les tuait. Quel monstre avait pu faire ça ?

Comme si les personnes encore saines étaient toutes gentils, généreuse et prônaient l’entraide et le partage. J’avais simplement espéré mais tout ça m’avait ramené à la réalité des choses. A la cruauté de la vie.

Voilà ce que nous étions devenus. Nous, êtres humains, avions simplement suivis gentiment la déchéance du monde.


   
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MessageDim 12 Avr - 13:55

   




   
Tu es ma mémoire, la seule trace de mon existence.

   
La guérison ne t'est pas accordée. Tu l'as tué, tu l'as mérité.


   
E
tais-je morte ? Je l’aurai cru s’il n’y avait pas eu cette affreuse douleur me tenaillant le ventre. Et oui, la douleur nous rappelle que l’on vit encore. Combien de jours n’avais-je rien avalé ? Je saisis ma gourde et l’ouvris au-dessus des mes lèvres déchirées. Rien ne tomba. Je n’avais plus rien à me mettre sous la dent. J’étais donc destinée à mourir de faim ? A sentir mon corps se détruire lui-même ? A me dessécher lentement ? Et tout ça juste parce que j’ai perdu quelqu’un, que j’étais encore en deuil ?! Sous la rage mon pied frappa dans une bosse et un nuage de sable apparut. Je poussai un cri aussi fort que je le pus, jusqu’à m’en déchirer les entrailles et à bout de souffle je m’écrasais sur le sol brûlant. J’aurais voulus pleurer mais mon corps ne contenait plus une goutte d’eau. Vaincue, je m’étendis sur le sable et me mis à observer les rayons du soleil me brûlant les yeux. Qu’est-ce que cela pouvait faire si je devenais aveugle ? A ce stade rien ne serait pire que ce que je ressentais. Un sentiment indescriptible alliant colère, haine, rage, désespoir et désillusion. Ce sentiment qui me paraissait tout de même familier. Je fermais donc mes paupières à la recherche de ce souvenir lointain, brouillé par le temps.
Ma langue était horriblement sèche, elle ne voulut pas se décoller de mon palais mais finit par lâcher prise. Dans un dernier effort j’allais lui raconter ce bout de ma vie.
« Ce sera sûrement le dernier souvenir que je puisse te confier, je suis à bout Cress… C’est terminé. Je la sens venir, elle est proche mais avant qu’elle ne m’emmène je veux te raconter ce qu’il s’est passé avant mon expulsion dans ce désert.
Tout à commencé à la mort d’Ethan. Dès qu’il a disparut tout s’est écroulé. Sa disparition est comparable à la disparition du soleil. Sans lui on ne vit plus, sans lui je ne vis plus. J’espérais m’en sortir le mieux possible à ce moment, je me disais que je devais être forte et que j’aurais sûrement été confrontée à cette situation un jour ou l’autre. La perte d’un être cher est un passage obligatoire dans la vie de chacun. Seulement tout a été différent avec lui, en le perdant je me suis perdue. A l’instant même où ses yeux se sont refermés, où j’ai compris qu’il n’était plus, quelque chose s’est déplacé en moi. C’était douloureux. J’avais mal, je n’avais jamais eu aussi mal de ma vie. La terrible faim que je ressens aujourd’hui n’est qu’une douce caresse comparée à cette blessure.
Les autorités ont conseillé à mes parents de m’emmener voir un psychologue afin de voir si je n’étais pas trop affectée. Dès le lendemain j’ai eu ma première consultation. Pendant plusieurs heures elle ne cessait de dire les mêmes choses en boucle, pensait-elle parvenir à me faire penser de la même façon qu’eux ? Je n’étais pas comme eux, j’avais encore des sentiments et je ne me réjouissais pas de la mort  d’un adolescent juste parce qu’il était malade.
J’ai suivis ce genre de rendez-vous durant un mois, à la cinquième consultation j’ai craqué. Elle disait que je n’y étais pour rien, qu’il devait mourir et que j’avais agis pour le bien du monde en débarrassant le monde de ce type… Type… Elle l’a traitée d’ordure, de vermine, de virus et bien d’autres encore. De quel droit pouvait-elle dire ça ? Comment pouvait-elle le juger sans le connaître ? Alors j’ai attrapé un stylo, je lui ai fais regretter ses paroles. Ainsi elle ne pourrait plus dire des choses si terribles. Deux jours plus tard un agent de sécurité s’est rendu chez nous, informant mes parents que la psychologue avait les cordes vocales déchirées et qu’elle se trouvait toujours dans le coma.
Me pensant totalement dérangée ils m’ont enfermé dans la chambre d’ami. Je n’avais plus le droit de partager la même chambre que mes sœurs et je ne pouvais plus sortir jouer avec Liam. C’était terminé, j’étais un monstre à leurs yeux. On dit souvent qu’il y a toujours un membre de la famille virant dans l’ombre. C’était moi. J’étais le vilain petit canard Edelstein.
Combien de temps avais-je tenu enfermée entre ces quatre murs ? C’était ma prison de soie ou plutôt de verre étant donné le mur recouvert de miroirs. Ce mur que je détestais tant. Je faisais toujours tout pour éviter de croiser son regard car il me montrait qui j’étais. Il me montrait la personne que je devenais au fil des jours. Les joues creusées, les traits tirés et les cernes plus sombres que la nuit. Je faisais peur à voir avec mes cheveux emmêlés de toutes parts.
Et puis il y a eu cette nuit. Celle de mon anniversaire. L’une des pires que j’ai vécu et en même temps la plus agréable. Plus le temps passait et plus mes sauts d’humeurs devenaient fréquents. Cette fois-ci ce n’était pas un simple saut d’humeur, j’étais comme possédée. Je ne crois pas aux superstitions mais j’ai commencé à craindre le noir depuis cette nuit-là. J’ai dis son nom, Ethan, encore et encore, de plus en plus fort. J’ai crié ce prénom qui me déchirait toute entière. Je me suis mise à tout casser, tout détruire. J’ai d’abord renversé un vase, puis un deuxième, s’il n’y avait pas eu cette lueur de folie dans mon regard aurait pu croire que je n’avais pas fais exprès. Après ça j’ai attrapé un verre d’eau et l’ai envoyé se briser sur le mur, la lampe de chevet a traversé la fenêtre réveillant tout le quartier. J’ai renversé le bureau, balancé la chaise contre la porte, déchiré tous les livres me tombant sous la main, retiré le matelas, poignardé l’oreiller avec une paire de ciseaux. Et c’est à ce moment que je l’ai entendu. Ce petit garçon que j’aimais tant, nous étions séparés par un mur mais je l’entendais distinctement comme s’il ne se trouvait qu’à quelques centimètres de moi. Il pleurait. Pourquoi ? M’avait-il entendu ? Lui avais-je fais peur ? Je me suis donc approché de ce mur et j’ai soufflé son prénom contre la paroi afin de le rassurer. Liam, Liam, Liam… Il ne reçut jamais mes appels, ils ne faisaient que rebondir sur cette façade. Puis je me vis à travers le miroir contre lequel j’étais plaquée. Le visage couvert de larmes et de tâches rougeâtres. Je n’étais qu’un monstre. Je ne voulais pas être cette chose que j’étais ! Non, je ne voulais pas. Alors une fois de plus j’ai crié, aussi fort que je pus. Mes poings se sont écrasés sur cette paroi invincible. Ils ont frappés jusqu’à ce que des fissures apparaissent, jusqu’à qu’ils soient  totalement ensanglantés. Jusqu’à la fin.
Le lendemain je me retrouvais attachée dans une remorque en direction de l’enfer. »

Je posai mon bras en travers de mon visage, recouvrant ainsi mes paupières closes. Un sourire aux lèvres et une larme perlant sur la joue. Je ne la sentis plus, non elle n’était définitivement plus là, cette douleur me rappelant que j’étais toujours vivante. Elle avait disparu soudainement. J’étais morte.


   
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