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|Terminé| Comme frère et soeur [Jude A. Hawkins]

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MessageDim 19 Oct - 14:21

Je rentre de nouveau dans le Bloc, après une journée très longue où j’ai constatée beaucoup de changement depuis la veille, à moins que je perde la mémoire et je ne me souviens plus de notre parcourt d’hier. Après tout c’est pas moi qui fait totalement les plans, je suis juste là pour protéger mon cher Coureur. Je me demande bien comment on s’en sortirait si les rôles sont inversés. Je pense qu’on aurait beaucoup de mal, enfin surtout moi… Mon sourire tranche mon visage alors qu’on se dirige tous vers la Salle des plans. Et comme à mon habitude je fais tourner un crayon entre mes doigts pendant que mon Coureur se débrouille avec son plan, me posant quelques questions de temps à autres pour savoir quand il a des doutes, alors que je lui réponds d’un air absent, espérant bientôt pouvoir prendre une douche.

Après avoir fini notre plan, on se dirige vers le réfectoire, où je prends un peu de pommes de terre et de mouton. Le repos du guerrier ! Enfin ! La fatigue se faisant sentir dans toutes les parcelles de mon pauvre petit corps. Pendant que je descends mon dixième vers d’eau, j’aperçois une masse de boucles brunes sortir de la pièce, si c’est la personne que je pense, ça me rends triste de ne le voir que maintenant… Je le verrai après, parole de…. De… de Clare ? Enfin bref, j’irais le voir, sinon je vais me maudire pour ça.

Après avoir pris une bonne douche froide, je me dirige vers le dortoir, car pour une fois, j’ai pas envie de dormir dehors. En entrant dans la pièce, je trouve directement ce que je cherche, ou plutôt qui je cherche. Je m’approche à pas de loup jusqu’à la masse de boucles et je me jette dessus, les bras autour de son cou.

« Juuuuuuuude ! »

Je rapproche mes lèvres de sa joue et y colle un baiser assez bruyant. Je glisse ma main dans la sienne et je plonge mon regard rieur dans le sien avant de lui lancer :

« T’as passé une bonne journée ? Ça fait longtemps qu’on ne s’est pas vu ! »

Jude… comment le décrire ? C’est l’un de mes seuls amis, et c’est mon premier réel ami en fait. C’est un beau Medjack, adorable et c’est tout simplement mon meilleur ami, voir plus. Ce serait même comme un grand frère mais seulement avec moi. Il est juste génial, un peu bizarre par moment mais dans ce foutu Labyrinthe, qui ne le devient pas ?

«  Si tu me raconte tout en détails, je te raconte ma journée dans le Labyrinthe ! »

Mon éternel sourire au visage, mes jambes dénudées (car je porte un short à mi-cuisse) sont posées en travers des siennes et ma main toujours dans la sienne, on peut porter à confusion quant à notre relation, mais qu’importe !


Dernière édition par Clare Brett le Mer 26 Nov - 22:44, édité 1 fois
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MessageDim 19 Oct - 20:51



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ft. Clare & Jude


Assis devant les enceintes du labyrinthe, la tête penchée en arrière afin de mieux admirer la grandeur de ses murs, j’ouvre grand les yeux et j’observe. Une heure que j’observe l’ouverture titanesque se dressant devant moi, par laquelle je ne sais quelle équipe de coureurs est entrée un peu plus tôt. Rien à faire à l’infirmerie, aucune urgence, aucun malade, aucun blessé. Aucune victime de la transformation pour me divertir avec ses cris déchirants. Aucun touché par l’insupportable piqure d’un de ces monstrueux griffeurs. Après une matinée aussi vide que celle d’aujourd’hui, je suis venu trouver occupation aux portes du labyrinthe insoluble.  Il n’y a qu’en laissant divaguer mon imagination au travers de ses couloirs que je peux espérer ne pas mourir d’ennui ou ne pas laisser Aiden, double diaboliquement dépressif, prendre le dessus. Un frisson de dégoût me parcourt l’échine à la mention de cet être fictif.

Je tourne mon regard vers le soleil couchant et décide de mettre un terme à mes rêveries et mes fantasmes concernant ce que l’on pouvait rencontrer dans le labyrinthe. Je savais pourtant pertinemment que seule la nuit apportait une touche de piquant et d’aventure au sein des murs de cette gigantesque énigme et que le jour, il ne fallait pas beaucoup espérer la présence de l’une de ces atrocités faites de chaire pourrie et de métal rouillé. Clare me le répète pourtant assez : rien d’excitant dans le labyrinthe. Pourtant, j’espère toujours un rapport concernant un changement quelconque qui viendrait nourrir plus encore mon imagination de simple Medjack.

La mention du nom de la petite trappeuse me fit penser alors que cela faisait un moment que n’avait pas eu lieu l’une de nos distrayantes conversations nocturnes. Je l’aime bien Clare. Petite blocarde têtue comme une mule, attachante au point de la considérer comme une petite sœur. Souriante et pleine d’humour, elle est l’une des rares personnes réceptives à mes blagues incomprises et certainement la seule à ne pas me traiter de « cervelle de plonk » à chaque perche que je lui tends. C’est également l’unique blocarde privilégiant de mon affection, même après une tentative foireuse de séduction à deux sous.
Je me relevai et mes pieds me traînèrent naturellement vers le réfectoire. C’est souvent là qu’elle se rend après ses expéditions, histoire de descendre toute la réserve d’eau du Bloc. Il fut donc décidé que j’attendrai son retour là-bas.

De nature impatiente, toujours en quête de quelconque distraction, demeurer à ne rien faire dans une pièce vide était au-dessus de mes capacités. J’espérais apercevoir une âme passer le seuil de la porte du réfectoire désert, plonger dans un silence de mort. Étant donné l’absence d’âme qui vive, il m’aurait été possible de faire le con et de m’adonner à un striptease solitaire sur l’une des longues tables de la pièce. Cette idée m’arracha un rire mais je finis par la balayer de mon esprit. Épuisé par mon oisiveté, je partis en direction du dortoir. Je fus trop distrait pour remarquer l’arrivée de la jeune fille dans la pièce.

•••

Alors que je m’adonnais à l’activité fortement passionnante qu’était la contemplation de mon reflet dans la glace, situé au-dessus du lit d’un blocard dont j’avais oublié le nom,  une masse de cheveux sombre comme la nuit vint m’obstruer la vue. De longs bras maigrichons vinrent presque m’étouffer et un cri de joie, «Juuuuuuuude ! », transperça le peu d’ouïe qui me restait de mes longues journées passées à écouter la douce symphonie de plaintes que les blocards subissant la transformation produisaient.  En découvrant l’identité de mon agresseur, un rictus s’étira sur mon visage ; Clare, excitée comme une puce, se tenait à mon cou, les yeux brillants d’une gaieté intense. Elle me planta une bise bruyante sur la joue droite et me prit les mains avant  de me lancer, souriante comme jamais :

« T’as passé une bonne journée ? Ça fait longtemps qu’on ne s’est pas vu ! »

Son visage radieux combiné à l’ambiance joyeuse qui planait dans la pièce me donna envie de la prendre dans mes bras et de l’étreindre comme les gamins ici étreignent leur oreiller leur servant de peluche. Je laissai alors aller mon visage se perdre dans l’abondante chevelure de jais et serrai le sien contre mon torse.

« Si c’est pas ma tocarde préférée ! Ça fait tellement longtemps !  T’aurais dû te blesser ou tomber malade pour que je puisse te voir à l’infirmerie. »

Je l’observai ensuite de haut en bas, comme pour imprimer dans ma mémoire défaillante l’image de la jeune trappeuse. Ce qui me vint à l’esprit en premier fut qu’elle était toujours aussi blanche comme un cul, et que ses journées passées dans le labyrinthe ne semblaient pas lui apporter une once de bronzage. La deuxième remarque que je me fis fut sur sa tenue révélatrice, particulièrement apprécié par les gens de mon espèce, qui laissait entrevoir une bonne partie de ses belles jambes. Enfin, la dernière pensée traversant mon cerveau fut qu’il fallait éviter de reluquer ainsi celle que je considérais comme ma petite sœur.  

- «  Si tu me racontes tout en détails, je te raconte ma journée dans le Labyrinthe ! dit-elle, me sortant de mes divagations.
- Aujourd’hui ma journée fut certainement l’une de mes plus passionnantes passées au bloc. Sincèrement, tu rates de ces trucs en allant te perdre dans ce foutu labyrinthe ! » lui répondis-je sur le ton de la légèreté.

Je m’éclaircis la voix et commença un récit inventé de toutes pièces, en mimant chacun des faits racontés.

- « J’étais tranquille, à l’infirmerie, à essayer d’attirer l’attention de l’une des superbes Medjacks de ma section quand un mec, couvert entièrement de sang – je déconne pas, c’est limite si j’arrivais à apercevoir son visage – rampe difficilement vers moi en bavant comme un porc et en poussant grognements de bête à moitié morte. Il murmure alors « les griffeurs… les griffeurs… ils sont là… » avant de rendre son dernier souffle à mes pieds. Puis je sors pour voir ce qui se passe et dehors, c’est le cauchemar ! Une horde de bêtes monstrueuses a envahi le bloc ! Tous les tocards courent dans tout le bloc, en criant comme des attardés ! »

Je marque une pause pour observer sa réaction.

- « Et toute cette histoire n’est que là pour t’expliquer à quel point ma journée fut barbante à mourir et que j’ai bien cru suffoquer sous l’ennui tant je n’avais rien à faire. Je compte donc sur toi pour me raconter à quel point la tienne a été passionnante et excitante, coincée entre les murs du labyrinthe. »

Je pris son visage entre mes deux mains et le rapprocha du mien, en plongeant mon regard, implorant, dans les grands yeux gris de la jeune fille.

- « Ne s’attardons pas sur la journée la plus inutile de ma vie. Raconte-moi la tienne plutôt, tu sais comme j’aime écouter les histoires du labyrinthe. »

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MessageLun 20 Oct - 22:57

Alors qu’il me raconte une histoire inventée de toute pièce, j’arque un sourcil tout en fronçant de dédain mon petit nez. Je frotte mes deux pieds pour les réchauffer au moins un peu, au milieu de ce froid ambiant. Il fait enfin une pause dans son récit d’abruti et il m’observe quelques secondes avant de rajouter :


- « Et toute cette histoire n’est que là pour t’expliquer à quel point ma journée fut barbante à mourir et que j’ai bien cru suffoquer sous l’ennui tant je n’avais rien à faire. Je compte donc sur toi pour me raconter à quel point la tienne a été passionnante et excitante, coincée entre les murs du labyrinthe. »


Il pose ses mains sur mes joues et plante son habituel regard implorant dans le mien. C’est toujours comme ça quand je dois lui parler du Labyrinthe. Il me supplie de lui raconter ma fantastique journée et je pousse un petit soupir. Je mords le bout de son nez et je me recule vers mon sac, j’en sors un t-shirt bien trop grand pour moi (qui appartient au type me faisant face !) et je l’enfile, cachant ainsi ma poitrine sous une couche de tissus suffisante. Pourquoi les débardeurs féminin font si décolleté avec moi ? !

«  Je vais être gentille et je vais d’abord t’expliquer ma journée ! Je suis partie ce matin et j’ai courut tooooouuuute la journée, un couteau à la main, la rage d’être enfermée dans une telle prison me secouant tout les membres. Je poussais des jurons sur tout le monde et je déprimais à l’idée d’être si seule ! Je haïssais tout le monde et je pense toujours être la plus belle ! »

Je le regarde quelques secondes avant de lui tirer la langue et de lui lancer mon regard le plus malicieux.

«  Judie, tu me connais, c’est une journée normal à l’ombre des murs, avec aucunes onces de lumière pour me faire bronzer. J’ai couru en m’arrêtant seulement pour boire et grignoter. Mais tu vas pas me croire ! Dans toute cette monotonie, j’ai remarquée que les murs ont beaucoup changés depuis hier ! Mais le moins croyable, c’est que j’ai vu un Griffeur ! Un vrai de vrai ! Il m’est passé à quelques centimètres ! J’ai cru à ma mort ! Mais il est repartie à un autre tournant et je ne pouvais pas le suivre, il était trop rapide… »

Je lui montre une marque de brûlure sur ma cuisse en soupirant.

«  Il balance de l’huile chaude, cet enflure ! »

Un ricanement sort de mes lèvres et je viens me blottir contre Jude. « J’ai eu si peur Jude… si peur… ». Je m’écarte de lui et je lui montre mon épaule.

« Je me suis coupé à l’épaule la semaine dernière, encore une liane trop sauvage. Et je me suis explosée un genou à cause d’un piège oublié dans le Laby. Et ça (en montrant mes cotes marquées d’une cicatrice rougeâtre), c’est une pierre qui est venu prendre place. Je crois qu’elle m’aimait bien. C’est une petite Medjack qui m’a aidé pour le genou et le tout petit caillou… »

Je m’approche de mon plus grand ami et je glisse mes doigts dans sa chevelure, enfin, dans la masse de boucles que j’aime tant. Je sais pas, j’crois que je suis une fille tactile. Je glisse mon nez dans son cou, et je lui mords l’oreille. Je sais pas quel est vraiment notre relation. Je me sens comme sa meilleure amie, sa sœur mais aussi à la fois (ce qui est bizarre), je me sens comme sa … petite amie ?

« Tu crois que tu prendrais encore plus soin de moi si je venais, piquée, te voir à l’infirmerie ? Ou tu m’écouterais hurler, comme tu fais avec tout le monde ? »

Je laisse une petite pose pour l’écouter et une fois qu’il a fini, j’enroule un de mes doigts dans l’une de ses boucles en le regardant avec beaucoup de douceur.

« Aiden va bien ? Il est revenu depuis la dernière fois ? »

Un petit sourire triste au visage, je pose ma tête sur son épaule. On est pas beaucoup à penser qu’Aiden existe vraiment. Moi j’y croit, aussi étrange que cela puisse paraitre.
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MessageMer 22 Oct - 14:40



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Le haut point de nos conversations était, à mes yeux, le moment où la petite trappeuse me racontait son récit passionnant concernant le labyrinthe. C’est le moment que j’attendais, trépignant d’impatience ; tous mes sens se mettaient en éveil et je n’avais d’yeux que pour Clare qui allait nourrir mes fantasmes concernant ce qui se trouvait derrière les hauts murs de pierres et de lierres. Dans ces instants-là, une bulle invisible vient constamment se former autour de notre duo. Elle nous enferme dans notre petit monde à nous et nous protège de tout parasite extérieur ; il n’y avait plus qu’elle et moi et toute mon attention était portée sur la jeune fille aux cheveux d’ébène.

Je libère son visage de mon emprise et attends fiévreusement que les premiers mots s’échappent de ses fines lèvres rosées. Tandis que je la regarde, excité comme un enfant à qui on s’apprêtait à offrir le plus beau des présents, Clare pousse un long soupir et s’approche dangereusement de moi. Un air de malice sur son visage, elle me mord le bout du nez. Elle a toujours été comme ça, ma petite sœur ; toujours ce besoin constant de toucher d’une façon ou d’une autre la personne se trouvant en face d’elle. Si cela pouvait en déranger certains, je trouvais, personnellement, cette manie loin d’être déplaisante. Quel homme se plaindrait de sa proximité avec une belle jeune femme ? Aucun, à moins qu’il ne soit gay. Je n’étais pas concerné par cette minorité de la population et, sensible aux charmes féminins, je ne doutais pas un instant que, si je ne l’avais pas considéré comme l’un membre de ma famille – famille plutôt restreinte – je lui aurais certainement sauté dessus.

La trappeuse vint interrompre mes songes de faible mâle. Frissonnante, elle enfila un pull qui m’était familier, sans que je ne puisse dire pourquoi, et gâcha ainsi la belle vue que j’avais sur son décolleté un peu plus tôt. Une envie de le déchirer me prit soudain mais, pour une fois – peut-être pour la première fois dans toute ma petite vie de blocard – je fis preuve de retenue et me contentai d’une simple remarque :

- « Mais Claaaaare, qu’est-ce que tu fais ? T’es en train de me gâcher la vue en enfilant ce pull hideux, t’es au courant ? Qu’est-ce que vous avez les filles du bloc à constamment vouloir dissimuler vos charmes dont nous, hommes malheureux, avons besoin pour ensoleiller notre journée ? »

Je fis mine d’être outré devant un tel gâchis puis lui décocha un sourire narquois. Je reportai alors de nouveau mon attention sur ce qu’elle s’apprêtait à me narrer. Elle commença son récit sur une note d’humour un peu noir qu’elle interrompu en me tirant la langue devant mon regard amusé. Au plus elle avançait, au plus je sentais l’impatience envenimer mon esprit. Je guettais presque désespérément le moment où, enfin, elle allait me parler d’événements, de mésaventure s’étant produites à l’intérieur des entrailles de l’énigme du bloc. Et enfin, alors que je battais nerveusement de la jambe tant je bouillonnais à l’intérieur, elle satisfit - plus que je ne l’aurais jamais espéré - ma curiosité presque malsaine. Elle le prononça, le mot que depuis des semaines je voulais entendre sortir de sa bouche, sans que cela ne sonne faux. Ce mot qui hantait mes nuits et mes rêves les plus secrets : « Griffeur ». Ces quelques lettres sonnèrent comme une mélodie, une douce chanson venue caresser mon tympan. Le besoin d’en savoir plus devint alors ma seule préoccupation et pour peu, j’aurais interrompu le discours de la jeune trappeuse afin de lui poser les questions qui me brûlaient aux lèvres.

Elle exhiba ses diverses blessures, dont l’une attira particulièrement mon attention. Causé par l’huile de l’une de ces immondes bestioles, elle constituait la plaie parfaite à étudier. Jamais encore je n’avais eu la chance d’observer un mal causé par cette substance grasse et brûlante qu’envoyaient parfois ces monstres. Malheureusement, elle semblait déjà cicatrisée et je doutais fortement pouvoir en tirer quoi que ce soit.

Clare, effrayée par les souvenirs que faisait resurgir son récit, vint se blottir contre moi. Elle semblait pouvoir trouver réconfort ; ce devait bien être la seule personne.  Je n’avais jamais réussi à réellement consoler ou rassurer une quelqu’un au bloc. D’abord, il était extrêmement rare qu’on sente le besoin de se confier à moi. Ensuite, mon manque de compassion et d’humanité devait certainement jouer sur mes aptitudes déplorables à remonter le moral. Enfin, je riais généralement au nez des malheureux ou affichais un masque de totale indifférence avant de leur tourner le dos, peu intéressé. Avec la jolie trappeuse, c’était différent : il suffisait juste de la serrer contre moi puis de la faire rire en sortant l’une ou l’autre blague pourrie.

- « T’es un peu pas douée comme ça, qu’est-ce que t’as fait au karma pour t’attirer autant d’ennuis ?  lui demandai-je en riant à demi devant la maladresse de la jeune fille, Et comment se fait-il que je n’ai pas eu l’honneur de pouvoir tripatouiller dans ta chaire en plus de te voir pisser le sang ?, continuai-je, Sérieux, j’aurais même pu voir une nouvelle sorte de blessure de griffeur en plus de te voir à moitié nue…. »

Elle finit de me raconter les nombreuses péripéties de sa semaine et redevint la jeune fille extrêmement tactile qu’elle était. Elle caressa mes cheveux, boucles rebelles et négligées qu’elle disait tant aimer, puis vint se glisser au creux de mon cou avant de me mordiller le lobe d’oreille. Surpris, je sursautai avant d’éclater de rire et de la serrer contre moi et en faire de même pour lui rendre la pareille. Esprit faible et pervers, j’aurais sans aucun doute, si je ne l’avais pas considéré comme ma sœur, été plus loin. En soi, me trouvant dans un rêve et non la réalité, j’aurais sans doute pu aller plus loin. Néanmoins, une voix me criait de ne pas le faire.

- « Tu crois que tu prendrais encore plus soin de moi si je venais, piquée, te voir à l’infirmerie ? Ou tu m’écouterais hurler, comme tu fais avec tout le monde ?  demanda-t-elle, pensive.
- Si j’avais été quelqu’un de normal et sain d’esprit, je t’aurais répondu que j’aurais pris soin de toi comme jamais… Sauf que je ne suis pas le mec le plus ordinaire et, mis à part que je suis totalement génial, il m’arrive d’avoir quelques tendances légèrement inquiétantes lorsqu’il s’agit de soigner quelqu’un. Donc il est très probable que, malgré des efforts surhumains, je ne puisse m’empêcher de t’écouter hurler à la mort en étudiant chacune de tes réactions. C’est plus fort que moi je pense.»

Elle joua avec l’une de mes boucles qui pendait sur les côtés de mon visage. Lorsqu’elle replongea son regard dans le mien, celui-ci avait changé. Je pensais d’abord l’avoir vexé et m’apprêtais à sortir une vanne de plonk pour me rattraper et changer de sujet mais j’appris vite que je me trompais totalement. Ses yeux avaient une lueur de douceur. Cette lueur que je voyais toujours allumée au fond de ses iris lorsqu’elle s’apprêtait à aborder un sujet délicat.

- « Aiden va bien ? Il est revenu depuis la dernière fois ? »

Je grimaçai de dégoût en entendant le nom de ce funeste personnage. Aiden devait être la seule personne que je haïssais d’une véritable haine, une haine sans fin. Les quelques individus ayant le malheur de le connaître me répétaient sans cesse de manière blessante qu’Aiden et moi ne formions qu’un. Je ne pouvais pas y croire ; Aiden était un être détestable, colérique et violent. Ce ne pouvait pas être moi.

- «  Je ne l’ai pas vu cette semaine. Je sais pas. Je ne m’en porterais pas plus mal s’il n’allait pas bien. Qu’il crève, c’est tout, cela rendrait service à tout le monde je pense. Crois-moi, c’est qu’un p’tit tocard qui mérite de crever affamé au gnouf et torturé par ces brutes de la milice. T’as pas envie de le connaître et je te souhaite franchement de ne jamais le rencontrer. »

Je marquai une pause durant laquelle, dans ma tête, je tuais trois fois ce monstre en lui hurlant une avalanche d’obscènes insultes. Je sentais une rage monter et me brûler la gorge. Aiden était bien le seul à pouvoir me mettre hors de moi. Il fallait que je me calme, que je reste calme, que je ne pète pas un câble devant ma petite sœur. Il fallait parler d’autre chose ; il fallait que je pense à autre chose. Il ne fallait pas le laisser me provoquer et prendre le dessus, il fallait que j’efface Aiden de mon esprit. Un seul autre sujet allait me le permettre.

- « J’aime pas trop parler de lui… Changeons de sujet ! Il y a un truc que je voulais savoir. Qui t’a soigné de ta brûlure de griffeur ? Et le medjack qui s’est occupé de toi, il a récolté des échantillons de ton sang ou d’huile ? »


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MessageJeu 23 Oct - 22:32

Apparemment ça n’avait pas plus à mon meilleur ami si masculin, que je cache ma « si jolie » poitrine sous son ancien pull. Je lui tire la langue quand il émet sa protestation, et je lui réponds aussi malicieuse qu’à mon habitude :

"Peut-être que j’aime pas cacher ma poitrine aussi, qui sait. Mais si tu ne le remarques pas, il fait super froid ! Donc à moins que t’ai une couverture à prêter à ta chère petite sœur, je ne retirerai pas ce pull si doux, qui m’est tellement important. Ah et au fait, ce pull t’appartenait, tocard … »

Pendant que je me blottie contre lui, il en profite pour se moquer gentiment de moi, comme on a l’habitude de faire l’un avec l’autre. Lui me taquine avec ce qui m’arrive et avec des petits mots. Moi je suis un peu plus garce, j’agis sensuellement, je le drague et je pousse mes moqueries jusqu’à ce que ça devienne un peu sexuel. Sans aller plus loin. Malheureusement ?

- « T’es un peu pas douée comme ça, qu’est-ce que t’as fait au karma pour t’attirer autant d’ennuis ?  lui demandai-je en riant à demi devant la maladresse de la jeune fille, Et comment se fait-il que je n’ai pas eu l’honneur de pouvoir tripatouiller dans ta chaire en plus de te voir pisser le sang ?, continuai-je, Sérieux, j’aurais même pu voir une nouvelle sorte de blessure de griffeur en plus de te voir à moitié nue…. »

J’hausse les épaules, avant de continuer mon récit. Une fois qu’il me dit que son esprit de Medjack malade mental, fou et psychopathe prendrais le dessus pour finalement m’écouter plus crier plutôt que de s’occuper de moi. Un sourire un peu triste apparaît sur mes lèvres avant de lui dire, taquineuse :

« C’est comme ça que je t’aime, n’est-ce pas ? »


Je me recroqueville un peu plus sur moi-même quand il commence à se tendre en parlant d’Aiden, voulant qu’il crève ce tocard. Je pose mes mains sur ses joues en lui caressant les pommettes du bout des pouces, essayant de le détendre en souriant faiblement.

Au fond, ça me vexe un peu qu’il ne veuille pas en parler d’Aiden. Je suis le genre de fille, à croire réellement que ce sont deux personnes différentes. Et je ne dis ça pas que pour lui faire plaisir, j’y crois, c’est tout. Mais je trouve ça énervant qu’il ne m’en parle jamais, alors que moi je lui parle de tout, sans exceptions.

Il me dit ne pas vouloir en parler et je me mords la lèvre du bas en reculant, comme quoi je suis quand même vexée. Il me demande soudain qui c’est occupée de moi pour l’huile de griffeur, et s’il avait récupéré des échantillons d’huile et de mon sang. J’hausse rapidement les sourcils avant de dire pensive :

« Tu sais très bien que je préfère garder tout mon sang à l’intérieur de mon corps. Puis tu connais mon amour inconditionné pour les aiguilles. Quant à l’huile, c’est arrivée ce matin, j’ai vite fait épongée avec un vieux t-shirt en lambeaux, que j’ai laissé dans le Laby, et je suis repartie comme une fleur. Fin de l’histoire. Pour mon genou et mes cotes, c’est Lyra, la petite Medjack qui s’est occupée de moi. Le reste c’est moi toute seule. Comme quoi je ne suis pas si nulle. »

Je bondis sur mes pieds et je le pointe du doigt, assez énervée.
« Puis si tu pense que quand je vais à l’infirmerie je fais « au fait, vous pouvez récupérer de mon sang et de l’huile de griffeur ? C’est pour un Medjack, mon idiot de frère », je crois que tu ne considère pas le fait que moins j’y suis à l’infirmerie, mieux je me porte ! »

Quand je remarque que je venais de hurler, je me laisse tomber à côté de Jude en lui prenant la main, croisant nos doigts. Je me sens comme coupable de lui crier dessus, et je me mords la lèvre, passant mes jambes au dessus des sienne.

« D… Désolée de mettre énervée, je n’aurais pas dû… »


Un calme gênant s’installe entre nous deux, pendant lequel je voyage dans mes pensées. Jusqu’à ce que mes pensées se figent à la revue du griffeur. Des frissons me parcourent le corps, plusieurs à la suite, alors que des larmes coulent sur mes joues. Ma lèvre tremble et je lâche la main de Jude, cachant mes mains dans mes manches et les collant à ma bouche.

J’en oublie où je suis, avec qui et pourquoi. Je suis… terrorisée, mais je reste à ma place, ne m’approchant pas de Jude, me souvenant qu’il est là. Je déteste être comme ça, je me sens trop faible pour le Labyrinthe.

« Je me sens trop faible pour survivre. » M’échappe dans un murmure perdu.
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MessageDim 26 Oct - 23:56



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Sa tête est posée contre mon cœur et mes bras l’enroulent et forment une barrière autour de ma petite sœur. Je la sens se crisper petit à petit et, même si je ne vois pas son visage, je visualise parfaitement Clare se mordre les lèvres, comme elle fait toujours quand quelque chose ne va pas. Elle me repousse et se recule ; l’expression qu’elle arbore ne cache pas ce qu’elle ressent et dépeint à quel point elle semble vexée. Pourquoi est-elle vexée ? Je ne sais pas très bien. Tout ce que je sais c’est que je dois encore avoir merdé quelque part ; le seul problème c’est que je ne sais pas où. C’est peut-être la seule chose qui m’énerve : c’est que je ne sais jamais ce que je fais de mal. Il semblerait qu’on m’ait enlevé l’aptitude d’évaluer si ce que je faisais était bien ou mal : je n’arrive jamais à le savoir et n’arriverai certainement jamais. Habituellement, cela m’importe peu ; je n’en ai pas grand-chose à faire de ce que les autres pensent de ce que je fais et si cela les affecte. Il y a juste elle. Il y a juste avec elle que ça m’importe. Je n’aime pas la vexer quand mon intention n’était pas de blaguer. Je hais quand elle se renferme tout d’un coup alors que je n’ai lâché aucune vanne blessante.

Je l’écoute parler, en essayant de percevoir dans ses paroles ce qui avait bien pu la toucher ainsi. Son ton un peu pensif me fait d’abord espérer que je me trompe et que je ne l’ai pas froissé. Cependant, ce maigre espoir est vite balayé lorsqu’elle se lève, en bondissant comme une furie et en me pointant d’un doigt tremblant de rage. Trop choquée pour dire quoi que ce soit, je la regarde déverser une colère inattendue en la regardant bouche bée, les yeux ronds comme des ballons. Une question se répète en boucle dans ma tête : « Qu’est-ce que j’ai fait ? Qu’est-ce que j’ai fait ? Qu’est-ce que j’ai fait ?... ». La réponse me frappe en pleine face : j’ai encore dit tout haut des choses qu’il faut éviter de dire tout haut. Je pensais qu’elle avait pourtant l’habitude de ma trop grande honnêteté et de mes remarques déplacées. Il semblerait cependant qu’il y ait des sujets qui fâchent. Je tentai de me justifier, de me dire à moi-même que ce n’était rien et que cela faisait un point partout : elle avait abordé Aiden, sujet sensible, j’avais abordé un autre sujet sensible. Nous étions à égalité. Je pense. Il n’y avait donc pas de raison qu’elle se fâche ainsi.

Elle se calma tout d’un coup et se laissa tomber près de moi avant de reprendre ma main, honteuse. Elle mord à nouveau ses lèvres et je m’en voulu un instant de m’être dit qu’elle n’avait pas le droit de s’énerver ainsi. Bien sûr qu’elle en avait le droit : j’étais con et déplorable comme grand frère. Je ne sais pas quoi faire et je n’ose rien dire ; alors je lui sers simplement un peu plus la main.

- « D… Désolée de mettre énervée, je n’aurais pas dû… » me dit-elle la voix tremblante.

Un silence pesant s’installe. J’ai envie de le briser, de lui dire quelque chose, de lui demander pardon d’être aussi débile. Mais ça ne sort pas, ça reste coincé au fond de ma gorge. Je n’ai encore jamais demandé pardon à quelqu’un ; je n’en ai jamais trouvé l’utilité. Mon manque d’entraînement aux excuses se faisait en ce moment beaucoup trop ressentir à mon goût. Quelle épreuve difficile, quelle chose difficile que de dire « désolé d’être complètement nul et attardé ».

Le corps frêle de la trappeuse est tout d’un coup parcouru de petits spasmes. J’entends sa respiration devenir irrégulière, comme si elle retenait quelque chose. Des larmes. Trop fière pour se montrer dans un tel état, elle me lâche à nouveau la main et cache son visage dans ses petites mains. Encore une fois, je ne sais pas quoi faire. Je ne sais pas comment consoler les gens. Je n’ai jamais eu à faire ça. Mon cœur se pince : c’est la première fois que je vois ma jolie Clare dans un tel état. Elle qui est si forte d’esprit, c’est la première fois que je la vois ainsi céder à ses émotions.

- « Je me sens trop faible pour survivre. » murmure-t-elle tout d’un coup entre deux sanglots.

Je m’approche d’elle et la prends contre moi. Je la serre fort, comme si c’était la dernière fois que je pouvais la prendre ainsi. Je la serre fort, comme si je ne pouvais lui transmettre qu’ainsi à quel point je tiens à elle. Je lui caresse les cheveux en tentant de l’apaiser et de mettre fin à ses pleurs et soubresauts. Je pose ma tête sur le dessus de son crâne et reste ainsi pendant quelques minutes, le temps que ses hoquets se calment.

- « Qu’est-ce que tu racontes comme conneries, Clare ? » finis-je par lâcher.

Je l’écarte légèrement de moi et pose un affectueux baiser sur son front avant de prendre son visage entre mes mains et caresser ses pommettes roses en tentant de sécher ses larmes du bout de mes doigts. Je plonge mon regard dans ses yeux humides et lui dit d’un air convaincu :

- « T’es dingue de dire ça. T’es la blocarde la moins faible que je connaisse. Tu es une fille forte et courageuse, et pour ça je t’admire. Qui de nous deux à les couilles de, tous les jours, s’aventurer dans cet abominable labyrinthe ? Pas moi. Ce qui est un peu triste en tant que mec. C’est toi qui as ces couilles-là. C’est tout simplement impressionnant. Tu es impressionnante Clare et si tu penses être quelqu’un de faible, c’est qu’il doit te manquer l’un ou l’autre neurone là-dedans. », conclus-je en lui tapotant la tempe.

Je continuai, plus sérieux que jamais. C’était très certainement la première fois que je me le montrais autant.

- « Mais qu’est-ce qui te prend de penser ça tout d’un coup ? Dis-moi, je déteste te voir dans cet état, qu’est-ce qui te rend comme ça ? Qu’est-ce qui te fait penser que tu es faible ? »



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MessageMar 28 Oct - 17:16

Comme frère et soeur


Jude & Clare





Quand je lui avais hurlée dessus, je l’avais vu devenir bouche bée et les yeux énorme. Puis il est devenu bougon, ça aussi je l’ai vu. Je vois presque tout chez Jude, c’est pas pour rien qu’on est si proche. Mais le truc, c’est que je sais comment il réagit, ce que ses expressions du visages veulent dire, et inversement, je ne peux rien lui cacher mais il est de même pour lui.

Et quand je me suis excusée, je le remarque toujours aussi culpabilisant. Ce qui me rend d’autant plus honteuse. Mais qu’est-ce que j’ai fais ?! J’aime pas qu’il se sente coupable par ma faute !

Une fois mon murmure sortit, il se rapproche et me prend dans ses bras, me faisant sursauter par la même occasion. Vulnérabilité : au moins 10. Réflexe : -4. Quoique, peut-être qu’en sursautant je lui en ai collée une. Après tout, je sais pas vraiment ce que je fais. Pour pas changer de mon habitude…

Il me serre fort, si fort qu’il pourrait presque me casser les épaules, ou n’importe quel os de mon pauvre petit corps si frêle. Peut-être que c’est pour me montrer tout son amour, mais si je peux garder tout mes os, je préfère. Je continue de sangloter, toujours secouée par des soubresauts incontrôlables. Ma main s’agrippe au col de son t-shirt, effleurant sa peau à chacune de ses respirations, plus régulière que la mienne. Je sens un frisson le parcourir la première fois que mes doigts ‘pourtant tiède) touche sa peau.

- « Qu’est-ce que tu racontes comme conneries, Clare ? »

Hein ?
Il me recule en regardant toujours dans mes yeux, jusqu’à ce qu’il dépose affectueusement un baiser sur mon front. Je cligne frénétiquement mes cils, faisant tomber encore quelques larmes sur mes joues roses. Il pose ses deux grandes mains de chaque côté de mon visage et efface les larmes qui coule encore avec ses pouces.

- « T’es dingue de dire ça. T’es la blocarde la moins faible que je connaisse. Tu es une fille forte et courageuse, et pour ça je t’admire. Qui de nous deux à les couilles de, tous les jours, s’aventurer dans cet abominable labyrinthe ? Pas moi. Ce qui est un peu triste en tant que mec. C’est toi qui as ces couilles-là. C’est tout simplement impressionnant. Tu es impressionnante Clare et si tu penses être quelqu’un de faible, c’est qu’il doit te manquer l’un ou l’autre neurone là-dedans. » Dit-il convaincu, en me tapotant la tempe, me retirant un ricanement.

« T’es allé voir si j’avais les testicules dont tu me parles ? »

A la seconde qui suit ma réponse, il prend un air sérieux que je n’ai jamais vu sur son visage, et il en profite pour me demander ce qui me prends de penser ça, qu’est-ce qui me rends comme ça, car il aime pas me voir comme ça, mais aussi ce qui me fait penser que je suis faible. Trop de questions !

En un instant, je me retrouve assise sur son abdomen, le forçant à être couché, tout en le maintenant par les poignets contre le sol. Tout le monde dormait déjà autour de nous. Je fronce les sourcils en approchant mon visage du sien, nos respirations se mêlant. Je bouge un peu mécaniquement quand même !

« Tu ne semble pas comprendre Jude. Je me mets en panique quand un Griffeur me passe à quelques décimètres, qu’est-ce que ça va être si je me retrouve encercler? Je mourrais sur place ! Je suis trop faible pour faire partie de l’élite du Bloc ! »

Je m’étonne moi-même, je n’ai jamais doutée de moi. Jamais doutée de mes choix. Je m’appuie sur mes mains, de chaque côté de sa tête bouclés. Et j’essaye de me relever. Sans succès, je reste assise sur l’abdomen de Jude, appuyée sur mes mains.



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MessageMer 29 Oct - 14:37



Like brother and sister
ft. Clare & Jude


Elle m’observe de ses yeux sombres comme la nuit, l’air à la fois confuse et perdue. Elle semblait profondément perturbée : était-ce mon trop-plein de questions qui la mettait dans cet état ? C’était possible, il est vrai que je les avais débité à une vitesse folle, sans même prendre la peine de respirer. Je l’avais englouti sous mes interrogations multiples et ne lui avait pas laissé le temps de réfléchir entre chacune d’entre elles.

Une autre option justifiant son expression désemparée fut peut-être mon visage qui avait pris des traits beaucoup trop sérieux. Je le savais, cet air ne m’allait pas et ne faisait pas naturel ; je n’avais pas l’habitude de me montrer ainsi et arborais généralement une expression de moquerie nonchalante. Je faillis éclater de rire tout seul en imaginant mes deux épais sourcils se rejoindre en un « v » peu flatteur, des plis se former sur mon front concentré et mes lèvres se rejoindre en une moue solennelle. Non, décidément cela ne m’allait vraiment pas et je devais très certainement avoir l’air ridicule. Je fus d’ailleurs étonné que Clare ne fasse aucune remarque sarcastique là-dessus. L’occasion se présentait, pourtant : une occasion en or de se foutre royalement de moi comme elle aime tant le faire.

Clare me répondit d’abord par le silence et ne dit rien sur mon air pathétique. Je profitai du fait qu’elle n’ait rien souligné pour redonner à mon visage une expression correcte à l’imbécile que j’étais. La petite trappeuse, lorsque j’eus fini mon cinéma, me poussa brusquement ; mon dos percuta violemment le matelas dur et inconfortable du lit sur lequel nous nous trouvions. Avant que je ne puisse protester, la jolie brune prit place sur mon abdomen. C’eût été si inattendu et ma respiration se coupa un court instant. Il me fallut quelques secondes pour m’habituer à ce nouveau poids et redonner à mon souffle un rythme régulier. Je fus sous l’emprise de la jeune fille : elle me tient de toutes ses forces mes deux poignets et me bloqua tous mouvements possibles. Elle se pencha lentement et approcha son visage à quelque centimètre du mien. Je pus sentir son souffle chaud se percuter contre mes pommettes et son parfum sucré, mélangé à une odeur de terre et de plantes enivra mes narines. Elle est si près de moi, ma petite sœur, que l’on croirait qu’elle fut prête à m’embrasser. Je souris en m’imaginant la tête des autres tocards s’ils nous voyaient ainsi. « C’est juste ma petite sœur », leur répétai-je chaque fois que les questions fusaient à propos de ma relation avec la trappeuse. Qui me croirait encore s’ils nous voyaient ainsi ?

- « Tu ne sembles pas comprendre Jude., murmura-t-elle finalement, Je me mets en panique quand un Griffeur me passe à quelques décimètres, qu’est-ce que ça va être si je me retrouve encerclée? Je mourrais sur place ! Je suis trop faible pour faire partie de l’élite du Bloc ! »

C’était la première fois que je la voyais aussi peu sûre d’elle ma petite Clare. Je ne pensais pas qu’elle avait ainsi une aussi basse estime d’elle-même. Je m’étais trompé : ma petite sœur manquait cruellement de confiance en elle. Tout le contraire de moi qui en possédait beaucoup trop, tant que l’on me verrait presque transpirer d’un orgueil excessif !
La jolie brune lâcha son emprise et libéra mes deux poignets. Elle tenta de se relever mais ses forces semblaient l’avoir quitté et elle demeura assise sur mon ventre. Je profitai de cet instant de faiblesse pour retourner la situation : ce fut à mon tour de la pousser en arrière. Elle fut obligée de se coucher sur le dos et de goûter à son tour au matelas incommode du dortoir. Je me plaçai à quatre pattes au-dessus d’elle et pris, comme elle avant, appuie sur ses fins poignets. Il me sembla que si j’appuyai plus fort, ceux-ci pouvaient se briser à tout moment tant ils semblaient fragiles.

- « N’essaie pas de prendre le dessus comme ça, c’est moi le mâle fort dans cette pièce, lui soufflais-je sur le ton de la plaisanterie, Et non, désolé, je ne comprends pas. Je n’ai jamais croisé un griffeur de ma vie bien que je rêve d’en croiser un ! Si un jour j’en vois un, je pourrais alors venir te voir et te dire « eh ! Clare ! J’ai compris maintenant, c’est vrai qu’ils sont flippants ! ». En attendant jeune fille, tu vas arrêter de te plaindre de la chance que tu as de parcourir ce labyrinthe et assumer ton choix de faire partir de « l’élite » de ce bloc. »

Je marquai une pause et pris alors peu à peu conscience de la position ambigüe  dans laquelle nous nous trouvions ; elle ne pouvait qu’être mal interprétée. Cette pensée m’arracha un rire franc que je ne pus contenir.

- « Si quelqu’un nous voit comme ça, dis-je entre deux rires, tu lui diras bien que c’est toi qui as commencé à me chauffer, sachant pourtant bien le faible homme que je suis. »

Je me relevai et repris une position correcte, assis en tailleur sur le lit face à ma trappeuse qui m’amusait par les expressions multiples qui se dépeignèrent les unes à la suite de l’autre sur son beau visage blanc. Lorsqu’elle me fit face à nouveau, j’esquissai un petit sourire dédaigneux et lui dit sur le ton de la légèreté :

- « Sérieux, rien avoir avec les griffeurs, j’aimerais savoir un truc. Tu te comportes comme ça avec tous les gars du bloc ?  Si c’est le cas tu dois les avoir tous attroupés près de ton lit, suppliant « Clare, Clare, prends-moi, s’il te plaît » »

L’avais-je vexé par mes propos déplacés ? Je ne le savais pas et étais trop occupé à mimer grossièrement, en pouffant de rire, les tocards se jetant à ses pieds. Une pensée me vint soudain à l’esprit : si je ne l’avais pas considéré comme ma sœur, en aurais-je fait partie de ces blocards grotesques cherchant désespérément son attention?




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MessageDim 2 Nov - 22:27

Comme frère et soeur


Judie et Clare





Alors que je suis au-dessus de Jude, complètement déconcertée par cette soudaine baisse de confiance en soi, il en profite pour me faire basculer en arrière sur le matelas que Jude disait être inconfortable mais ça va, je suis plus habituée au branches, racines et le sol. Il se met à quatre pattes au-dessus de moi, me bloquant faiblement les poignets. Il a peur de me les casser ou quoi ? Enfin bref, qu’importe ! Je me racle discrètement la gorge en le regardant dans le blanc des yeux. Notre position est TRES bizarre et pourrait mener à confusion…

- « N’essaie pas de prendre le dessus comme ça, c’est moi le mâle fort dans cette pièce, me souffla-t-il en plaisantant, Et non, désolé, je ne comprends pas. Je n’ai jamais croisé un griffeur de ma vie bien que je rêve d’en croiser un ! Si un jour j’en vois un, je pourrais alors venir te voir et te dire « eh ! Clare ! J’ai compris maintenant, c’est vrai qu’ils sont flippants ! ». En attendant jeune fille, tu vas arrêter de te plaindre de la chance que tu as de parcourir ce labyrinthe et assumer ton choix de faire partir de « l’élite » de ce bloc. »

Il se met à rire comme un dément et je ne comprends pas tout de suite, avant de me rendre compte à quel point notre position est…. Sexuel. Les autres tocards pourraient se poser des questions quant à notre relation extrêmement ambigüe. Il rajoute aussi que si quelqu’un nous voit, je devrais dire que c’est moi qui l’ai charmer sachant le pauvre homme pervers et faible qu’il est, sa remarque me retirant un rire aussi franc que le sien, quelques minutes avant.

Il se redresse pour s’asseoir en tailleur face à moi, allongée, en short, les cheveux détachés et le nez froncé de dédain. Je pose mes pieds sur ses cuisses en lui tirant la langue, je fais glisser mon pied vers ses hanches, le glissant sous son t-shirt. Je me mords la lèvre, mais je ne suis pas vexée, c’est … différent… Je fronce les sourcils avant de me relever, ramenant mes genoux contre ma poitrine et posant ma tête sur ceux-ci.

- « Sérieux, rien avoir avec les griffeurs, j’aimerais savoir un truc. Tu te comportes comme ça avec tous les gars du bloc ?  Si c’est le cas tu dois les avoir tous attroupés près de ton lit, suppliant « Clare, Clare, prends-moi, s’il te plaît » Mime-t-il en pouffant. Quel idiot…

Je me re-mords la lèvre en réfléchissant si je lui dis la vérité. Ce sentiment qui vit en moi, c’est… ah oui, de l’amour, vu que je considère Jude comme mon frère, c’est normal que je l’aime !

Je m’avance à quatre pattes, posant mes mains sur ses cuisses, et collant mon nez au sien, nos souffle se mêlant et forçant Judie à loucher si il veut me regarder dans les yeux. Voyons Jude, tu connais mon petit jeu à la fin !
Tout en le regardant, je pose ma main sur sa mâchoire, lui soulevant à peine le menton.

« Voyons Judiiie, quel serait ta réaction si j’avais tous ces hommes aux pieds de mon lit, me suppliant de faire l’amour avec eux, car on mourra tous bientôt ! »

Je me rassois de nouveau en tailleur en lui tenant les mains, croisant nos doigts. Plus je regarde Jude, plus j’ai envie de faire quelque chose, mais je n’arrive pas à définir quoi, mon regard se posant toujours sur les lèvres de mon frère. Je pousse un soupir en secouant la tête, chassant la mauvaise idée.

« Je suis tactile avec tout le monde, mais je ne suis aguicheuse qu’avec toi et quelques autres gars. Puis je suis pas la plus jolie du Bloc, alors ils ne sont pas intéressés par moi et mon corps de Trappeuse, mais par les jolies Medjacks qui te plaisent aussi, ou les Milliciennes comme Juliet »

Mais au fond ça me va d’être la petite maladroite qu’on ne remarque pas, celle dont on se moque, celle qui se blesse avec n’importe quoi, celle qui n’est pas bronzée, qui n’est pas la plus jolie, qui est considérée comme bizarre car j’ai une petite corde autour de mon poignet droit.



Dernière édition par Clare Brett le Mar 11 Nov - 22:39, édité 1 fois
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MessageDim 9 Nov - 18:26



Like brother and sister
ft. Clare & Jude


Ce sont ces moments-là que j’apprécie le plus au sein du bloc ; ces moments que je passe avec ma petite sœur, ma petite trappeuse. Il n’y avait qu’avec elle que je pouvais avoir des conversations aussi légères. Il n’y avait qu’avec elle que je pouvais rire franchement, sans que la cause de mon hilarité ne soit le pathétique tableau de chair laminé et de sang coulant à flot ou encore sa manière de pester sur ma personne. Avec elle, je pouvais rire de choses si… réelles ! Clare en elle-même me semblait réelle, parfois trop pour qu’elle puisse figurer dans une telle illusion qu’étaient le bloc et son labyrinthe. Ce sont nos conversations, nos plaisanteries, nos sarcasmes qui me font souvent douter de ma théorie : la jolie trappeuse devant moi, n’était-elle qu’un songe ? Étais-je réellement coincé dans un rêve comme je le pensais ? Ces questions sans réponses, bizarrement, me frustraient profondément. Je chassai rapidement ces interrogations pénibles et inutiles de mon esprit ; interrogations qui, je le savais, ne tarderaient pas à ressurgir un jour ou l’autre.

Le contact glacé des mains de la petite brune sur mes cuisses et le bout de son nez contre le mien me tira de mes divagations, accablantes réflexions qui avaient si soudainement occupé mes pensées. J’avais été tellement absorbé par celles-ci que je n’avais même pas vu la jolie Clare s’approcher doucement de moi ; si près de moi, trop proche de moi ! Mes yeux louchèrent naturellement afin de pouvoir observer le visage de ma petite sœur. Je dus me retenir de ne pas éclater de rire une nouvelle fois tant ma vision déformait le beau visage de la blocarde. Sa main qui souleva mon menton m’aida également à me contenir. Elle me dit alors, d’une voix chantante :

- « Voyons Judiiie, quel serait ta réaction si j’avais tous ces hommes aux pieds de mon lit, me suppliant de faire l’amour avec eux, car on mourra tous bientôt ! »

Quelle serait donc ma réaction ? Honnêtement, j’y avais déjà réfléchi à la question. Plusieurs fois. J’étais proche de Clare et n’avais pu ne pas remarquer la manière dont certains la regardaient, sa façon de se comporter avec les hommes en général. Et les femmes. Ce dernier point n’avait d’ailleurs pas manqué de me faire douter quant à son orientation sexuelle. Il s’avéra vite qu’elle préférait le sexe fort au beau sexe.
Ma réaction, je ne pouvais que la prédire, sans jamais affirmer que cette dernière serait celle que j’adopterais si la situation se produisait. Je la lui révélai, un sourire de malice aux lèvres :

- « Cela dépend… des tocards qui te tournent autour. Si j’estime qu’ils valent quelque chose et qu’ils n’ont pas du plonk à la place de la cervelle, je les laisserai faire si ça te plaît. Par contre, si ce sont de gros attardé au physique aussi avantageux qu’une bouse de l’une des vaches des sarcleurs, tu peux être sûre que je ne les laisserai pas faire. »

Je marquai une pause durant laquelle je réfléchis un instant puis enchaînai :

- « Par contre si tu me laisses sur le côté parce que tu te dédies corps et âme à l’un de ces tocards, je pique une crise de jalousie. Mais cela n’arrivera jamais, je le sais, continuai-je, parce que personne ne pourra me détrôner, je sais très bien que je suis ton préféré. Ce qui est normal puisque je suis absolument génial. »

La petite trappeuse reprit place en face de moi, jambes croisées, ses doigts blancs et fins, ses doigts froids comme un soir d’hiver, se mêlant aux miens, brûlants. Un silence s’installe entre nous deux, silence durant lequel je vois son regard se perdre dans quelques rêveries. Je la vois m’observer, jongler entre mes yeux et mes lèvres. C’est étrange, mais je ne dis rien ; cela ne doit être que l’une de ces singulières habitudes que je ne comprends pas.
Clare laisse un soupir s’échapper et secoue frénétiquement sa tête, comme pour faire sortir ainsi quelques noires pensées. C’est elle qui brisa le silence :

- « Je suis tactile avec tout le monde, mais je ne suis aguicheuse qu’avec toi et quelques autres gars. Puis je suis pas la plus jolie du Bloc, alors ils ne sont pas intéressés par moi et mon corps de Trappeuse, mais par les jolies Medjacks qui te plaisent aussi, ou les Milliciennes comme Juliet »

Son manque total de confiance en son physique me sidérait toujours. Certes, il y avait plus jolies qu’elle. Mais elle était encore si jeune ! Il faut laisser du temps à la beauté pour s’épanouir complètement. Elle ne semblait cependant pas comprendre cela.

- « Certes, mais peu de gens arrivent à la cheville de certaines medjacks. Ou de Juliet. Bien qu’elle soit un peu trop violente à mon goût. Mais tu sais, tu n’es pas vilaine non plus. Très loin même. Puis tes talents évidents d’aguicheuse ne peuvent qu’attirer une masse d’hommes en chaleur. Pas d’inquiétude de ce côté-là. »

Je m’approchai lentement de la jolie trappeuse et glissai un bras autour de ses épaules. Mon visage se tint à quelques centimètres à peine du sien et, d’un air complice, je lui soufflai :

- « Mais dis-moi, tu m’intéresses… qui sont donc les heureux élus, à part moi, qui profitent de tes talents de tentatrice ? »

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MessageMar 11 Nov - 22:44

Comme frère et soeur


Judie et Clare





Juste après ma question à l’allure aguicheuse, il semble réfléchir intensément à ma question avant de me lâcher, simplet comme tout :

- « Cela dépend… des tocards qui te tournent autour. Si j’estime qu’ils valent quelque chose et qu’ils n’ont pas du plonk à la place de la cervelle, je les laisserai faire si ça te plaît. Par contre, si ce sont de gros attardé au physique aussi avantageux qu’une bouse de l’une des vaches des sarcleurs, tu peux être sûre que je ne les laisserai pas faire. »

Un soupir désinvolte s’échappe de mes lèvres, c’est pas la réponse que je désirais au fond. Bizarrement, ça aurait pu me réjouir qu’il me dise ça, ça aurait fait glousser n’importe quelle fille saine d’esprit, mais moi, je sais pas, c’est comme si ça ne me suffit pas. Je me mords rapidement la lèvre du bas, laissant une petite trace rouge sur ma lèvre rose pendant qu’il fait une courte pause. Il rajoute ensuite que si je l’oublie pour un mec il me fera une crise de jalousie. Ah ! Enfin ce que je voulais ! Attends, quoi ? C’est ça que je veux ? Qu’il soit jaloux ?

Il finit par rajouter que personne ne pourra le détrôner car c’est mon préféré. S’il savait à quel point il a raison sur toute la ligne…

Après mon aveu sur le fait que peux de gens on une préférence pour les Medjacks et les Miliciennes plutôt que ma personne, il me lâche :

- « Certes, mais peu de gens arrivent à la cheville de certaines medjacks. Ou de Juliet. Bien qu’elle soit un peu trop violente à mon goût. Mais tu sais, tu n’es pas vilaine non plus. Très loin même. Puis tes talents évidents d’aguicheuse ne peuvent qu’attirer une masse d’hommes en chaleur. Pas d’inquiétude de ce côté-là. »

Les hommes en chaleurs ne sont pas ma préférence Jude… D’un coup, il s’approche lentement de moi, passe un bras autour de mes épaules et approchant sont visage du mien. Si je pouvais lire dans tes pensées Jude, qu’est-ce que j’y verrai ? J’aimerais tellement savoir ! Je sens ses doigts me brûler l’épaule mais je ne dis rien attendant sa phrase, attendant un geste, un signe, pour me dire que je ne suis pas folle et que je ne rêve pas.

- « Mais dis-moi, tu m’intéresses… qui sont donc les heureux élus, à part moi, qui profitent de tes talents de tentatrice ? »
«H-hein ? » Balbutai-je

Mes yeux se plongent dans ceux de mon « frère » pendant que tout mon  visage tourne au rouge vif, ma gorge et mes lèvres s’assèchent et mes cils battent tellement vite que des larmes me viennent aux yeux.

« Tu veux pas que je te parle de ma vie sexuelle et amoureuse, complètement inexistantes soit, tant qu’on y est ? »

Après une pause durant laquelle mes yeux fuient le regard du bouclés me faisant face, je reprends un peu plus gênée que d’habitude. Mais d’où vient c’te gêne ?!

« J’aguiche Daryl, un peu Will et Aaron, fortement Lyra et Hailee (mon rire coupe ma phrase) et totalement : Jonas, Milo, Oerst, Scott, Jim… »

Après une minuscule entrecoupée de mon rire face au visage de Jude, où on entendait seulement les ronflements des autres tocards et du frôlement de mon pieds sur le sol de bois, je relève un peu la tête et je demande :

« On a des Scott et des Jim au Bloc ? »

Je soupir d’une façon peu désinvolte et je me rapproche (faisant grincer les lattes du parquet) de Jude, m’asseyant entre ses jambes, dos à lui et la tête sur son épaule. Avec toute mon habituelle douceur, je glisse ma main dans la sienne et je murmure distraitement :

« Tu trouve pas ça bizarre que mes mains soient toujours froides, et les tiennes brûlantes. Comme si elles s’équilibraient ? »

J’écarquille les yeux quand je me rends compte que je l’ai dit tout haut, et qu’il m’avait entendu. Je me mords la joue, relève la tête vers lui et dépose une douce bise sur sa joue. Puis je rajoute, totalement franche et non moqueuse pour une fois :

« Et tu as raison, tu es le seul qui compte plus que tout pour moi. Je t’aime ! »

Un sourire narquois étire mes lèvres pendant que je rêvasse, l’envie d’éclater de rire me prends, mais seul un ricanement sort. Je me tourne plus franchement vers le bouclés et je lui chuchote, la plus moqueuse possible :

« Oh, et ne sois plus jamais sérieux, j’ai crû que t’étais devenue le pire des tocards au service de Jonas, du plonk plein la tête. Et les sourcils en V ne te vont tellement pas ! »



Dernière édition par Clare Brett le Dim 16 Nov - 22:23, édité 1 fois
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MessageDim 16 Nov - 19:10



Like brother and sister
ft. Clare & Jude


Je ne la comprends pas toujours, ma petite sœur. C’est pourtant la personne au sein du bloc que je connais le mieux, celle qui me semblait n’avoir plus aucun secret pour moi. Je pensais la cerner ; la cerner de manière totale et complète. Cependant, au plus je lui parlais, au plus elle se confiait à moi, au moins j’en savais. Ma blocarde préférée demeurait malgré moi un mystère. Quelles pensées se cachaient derrière ces yeux joueurs, son sourire parfois charmeur et d’autres fois moqueur ? À quoi pense-t-elle lorsqu’elle se mord nerveusement la lèvre inférieure, lorsqu’elle ramène contre sa poitrine ses jambes effilées ?
Clare, jolie trappeuse, c’était un secret. C’était le jour et la nuit. Imprévisible, il m’arrivait souvent de m’étonner de sa réaction face à différentes situations. Tangente, il lui arrivait tantôt de transpirer abondamment de confiance et tantôt, perdre toute foi en elle. Un instant elle était exubérante, tentatrice, sûre d’elle ; la seconde d’après elle se renfermait sur elle-même, devenait timide et revenait à un état de petite fille, hésitante petite enfant.

Je ne tenais pas forcément à connaître toutes les significations derrières ses changements soudains et paradoxaux. Cela avait son charme de ne pas savoir. Aussi, étais-je trop paresseux pour découvrir ce qu’il se cachait derrière son rire gêné qui se transformait en un ricanement ironique, son air charmeur qui prenait d’une minute à l’autre des teintes de gêne. C’était à la fois ridicule, drôle, mignon et je ne pus m’empêcher de la trouver absolument adorable lorsque je la vis paniquer face à mes questions indiscrètes. Je souris et me retins de me payer sa tête lorsqu’elle laissa échapper son petit « Hein ? », un air profondément perturbé se dépeignant sur son beau visage blanc. Elle plongea son regard sombre comme la nuit dans le mien ; elle semblait tant chamboulée par mes interrogations que j’eus l’impression que les larmes allaient lui couler sous l’effet de la pression. Son esprit incertain n’était que trop visible ; je la vis déglutir difficilement et je pouvais presque l’entendre chercher une réponse qui conviendrait. Le tableau était hilarant et prompt aux remarques moqueuses mais je ne dis ni ne fis rien tant j’étais curieux de connaître sa réponse.

- « Tu veux pas que je te parle de ma vie sexuelle et amoureuse, complètement inexistantes soit, tant qu’on y est ? » me dit-elle sur un ton qui se voulait plaisantin, mais dont les trémolos dans la voix trahissaient le doute et son incertitude quant à quoi elle devait me répondre.
- « Vas-y, je t’en prie. Je suis tout ouïe. Tu peux même l’inventer, tant qu’elle est intéressante, ça me va ! »

Après avoir lâché ces quelques paroles, elle détourna rapidement son regard et le planta quelque part dans le vide. Quelque part où elle était sûre de ne pas devoir me faire face. Pendant qu’elle ruminait dans son coin, je me laissai aller à mon hilarité et ris en silence. C’était trop beau que d’avoir réussi à tourmenter ainsi la jolie trappeuse et je me félicitai de cette amusante prouesse. C’en était presque jouissif de la voir dans un tel état d’agitation et si je n’avais pas voulu profiter un peu plus de ce délicieux spectacle, j’aurais certainement lancé le nombre incroyable de moqueries qui me montaient à l’esprit et ne demandaient qu’à être lâchées.

- « J’aguiche Daryl, un peu Will et Aaron, fortement Lyra et Hailee, reprit-elle finalement en gloussant, et totalement : Jonas, Milo, Oerst, Scott, Jim… »

Dans ma tête défilèrent les têtes des blocards qu’elle énumérait à la chaîne. Ayant une mémoire visuelle plutôt pauvre et une capacité à retenir les prénoms tout aussi lamentable, il me fallut un moment avant de me rappeler qui était qui. Daryl, coureur pas très futé, bien bâti, qui possédait un visage d’une beauté typique et ennuyante et qui, étrangement, plaisait particulièrement à la gent féminine du bloc. Will me revint facilement ; ce dernier m’importunait au plus haut point et il m’était difficile de l’oublier. Pourquoi s’éprendre d’un tel tocard ne sachant même pas quoi faire de ses membres beaucoup trop longs ? Lyra, Hailee, Jonas et Milo me revinrent sans aucune difficulté également. Aaron et Oerst demeurèrent flous et les deux derniers prénoms me laissèrent dans la plus grande perplexité.

- « On a des Scott et des Jim au Bloc ? », lança Clare tandis que je tentais désespérément de mettre un visage sur ces deux noms inconnus.
- « Aucune idée, fis-je pensif, j’suis tellement limité niveau noms, je ne saurais pas te dire. Mais s’il y en a vraiment un qui s’appelle Jim au bloc, je le plains. Vraiment. Quel nom pourri Jim, quand même ! J’pensais que t’avais de meilleurs goûts Clare. Ne te tape jamais un mec qui s’appelle Jim, par pitié, c’est hideux ! Comment tu veux crier son nom au lit sans vomir ? »

Alors que je m’étonnais toujours du mauvais goût quant au choix du prénom « Jim » pour ses amants imaginaires, Clare vint se blottir contre moi, la tête confortablement posée sur mon épaule. C’était devenu tellement naturel entre nous deux, de se rapprocher ainsi, que je ne m’en rendis pas compte tout de suite et que, naturellement, tout à fait inconsciemment, j’entourais de mes longs bras ma petite sœur, frêle adolescente. La jolie blocarde glissa tendrement ses mains, froides comme un soir d’hiver, petites mains aux doigts gelées, dans les miennes, grandes et imposantes, toujours brûlantes d’une chaleur irréelle. Clare souffla alors doucement :

- « Tu trouves pas ça bizarre que mes mains soient toujours froides, et les tiennes brûlantes. Comme si elles s’équilibraient ?
- C’est parce que tu as une mauvaise circulation sanguine au niveau des jointures et moi, j’en ai une meilleure », répondis-je spontanément, laissant mon côté medjack ressortir librement.

Je réfléchis à la réponse banale à souhait que je venais de sortir. Jamais encore je n’avais sorti en présence de Clare, en présence de la blocarde avec qui j’avais l’habitude de plaisanter à chaque phrase, une chose aussi simple, sérieuse et logique.

- « Avoue que j’ai eu l’air hyper intelligent là ! m’écriai-je soudain, fier de moi, et puis, ajoutais-je en prenant un ton qui se voulait ironiquement enjôleur, mes mains sont toujours brûlantes parce que moi… je suis chaud… comme la braise ! »

Elle ne parut pas entendre cette dernière remarque à l’humour plus que douteux ; elle semblait trop préoccupée par je ne sais quel dessein qui semblait, une fois de plus, la tourmenter. Elle semblait ailleurs, dans sa bulle à elle, pendant quelques secondes et ne fit pas attention à la réplique de séduction la plus pitoyable que j’aie pu sortir depuis mon arrivée au bloc. Cela me surprit ; je venais de lui glisser sur un plateau d’argent une belle occasion de se moquer de ma pauvre personne. J’attendis une quelconque réaction mais elle se contenta de me déposer un doux baiser sur la joue qui me confirma qu’elle n’avait pas écouté. Soudain, elle lança le plus sérieux du monde :

- « Et tu as raison, tu es le seul qui compte plus que tout pour moi. Je t’aime ! »

Le ton solennel qu’elle employa pour prononcer ces trois derniers mots me perturba grandement et pendant un moment, hésitant, je ne sus quoi répondre. Où donc était passé sa voix emplie d’ironie, de moquerie et de sarcasme ? Son air railleur ? Quelle était cette atmosphère sérieuse qui s’était soudain installée ? Je grimaçai, mal à l’aise pour la première fois de ma courte existence au sein du bloc. Je voulus sortir quelque chose mais ne trouvai pas mes mots. Heureusement, ma jolie trappeuse mit fin à cette gêne insoutenable :

- « Oh, et ne sois plus jamais sérieux, j’ai cru que t’étais devenue le pire des tocards au service de Jonas, du plonk plein la tête. Et les sourcils en V ne te vont tellement pas ! » dit-elle en ricanant.

Je ris, soulagé. Clare était revenue à son état normal.

- « Promis, dis-je entre deux rires, t’façon c’est trop fatigant d’être sérieux. C’est pas pour moi ça, faut trop réfléchir. Et t’inquiète, je ne serais jamais « au service » de Jonas, c’est pas assez amusant à mon goût. C’est plus drôle d’être contre lui. Beaucoup plus distrayant puis la tête qu’il fait quand il s’énerve est magique ! Mais attends…, enchaînais-je en marquant un pause, quel rapport entre Jonas et le fait d’être sérieux… ? »

Je fronçai les sourcils puis secouai frénétiquement la tête avant de me pencher vers ma petite sœur et de lui glisser à l’oreille, sans attendre sa réponse à ma question précédente :

- « Toi non plus, le style sérieux ne te va pas, fis-je, un rictus moqueur s’étirant le long de mon visage, j’ai cru pendant deux secondes que tu me faisais une déclaration. T’avais un ton tellement déterminé dans ta voix quand tu m’as dit « Je t’aime », j’ai flippé pendant deux secondes »

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MessageDim 16 Nov - 22:28

Comme frère et soeur


Judie et Clare





A des moments j’ai l’impression de connaître Jude comme personne, de savoir mieux que personne son caractère et ses réactions mais à des moments j’ai l’impression de le connaître autant que je me connais moi-même. C'est-à-dire, peu. Des fois je pense que je suis lunatique et je crois que Jude s’en est rendu compte. Peut-être.

Mais en tout cas je vois très bien qu’au fur-et-à-mesure que j’énonce les noms des hommes plus ou moins mignons, Jude galère à trouver qui c’est. Je le vois vaguement hocher de la tête à quelques secondes d’intervalles. Après ma question, il me réponds par un franche :

- « Aucune idée, j’suis tellement limité niveau noms, je ne saurais pas te dire. Mais s’il y en a vraiment un qui s’appelle Jim au bloc, je le plains. Vraiment. Quel nom pourri Jim, quand même ! J’pensais que t’avais de meilleurs goûts Clare. Ne te tape jamais un mec qui s’appelle Jim, par pitié, c’est hideux ! Comment tu veux crier son nom au lit sans vomir ? »

Un ricanement narquois sort de mes lèvres alors que je pousse la tête du bouclé sur le côté, du bout des doigts. Mes doigts gelés comme jamais contre sa peau pourtant brulante.

« Comme si Jude c’est vachement mieux comme prénom (je fais semblant de vomir avec un doigt sur ma langue). Mais c’est vrai que je me vois plus me taper un type comme toi. Quoique… non, t’as raison, j’ai de meilleurs goûts. »

Mon rire semble éclater dans la salle endormie, puis je me contiens en me rapprochant de lui. Après ma remarque sur nos mains, il me sort que j’ai une moins bonne circulation sanguine que lui.

« Depuis quand t’es intelligent, tocard ? »

Je tourne la tête face à moi, écoutant à demi ce qu’il me dit. « Qu’il est chaud comme la braise », c’est ça mon chou et moi je suis une petite idiote de trappeuse ? Ah oui, je le suis.

Après ma phrase que je finis par un « Je t’aime » tout à fait affectueux, il ne réponds pas, ne me disant pas que je suis la plus idiotes des tocardes, il doit être préoccupé par quelque chose, à sa tête on dirait qu’il… croit que… je suis amoureuse de lui ? Non, c’est pas possible ! C’est alors que je vois quelque chose de nouveau sur son visage. Il est mal à l’aise, donc j’en profite pour sortir ma phrase sur son soudain sérieux. Ce à quoi il répond, déjà plus détendu :

- « Promis, dit-il entre deux rires, t’façon c’est trop fatigant d’être sérieux. C’est pas pour moi ça, faut trop réfléchir. Et t’inquiète, je ne serais jamais « au service » de Jonas, c’est pas assez amusant à mon goût. C’est plus drôle d’être contre lui. Beaucoup plus distrayant puis la tête qu’il fait quand il s’énerve est magique ! Mais attends…,il marque une pause avant de reprendre, quel rapport entre Jonas et le fait d’être sérieux… ? »

Il fronce rapidement les sourcils avant de secouer la tête, comme moi quand quelque chose me tracasse, puis se rapproche de mon oreille pour souffler quelque chose. J’entrouvrais la bouche pour répondre, mais j’ai pas le temps. Les battements de mon cœur s’accélère rapidement, et je comprends pas pourquoi. C’est comme ça, on l’explique pas.

- « Toi non plus, le style sérieux ne te va pas, fit-il, un rictus moqueur s’étirant le long de son visage, j’ai cru pendant deux secondes que tu me faisais une déclaration. T’avais un ton tellement déterminé dans ta voix quand tu m’as dit « Je t’aime », j’ai flippé pendant deux secondes »

Une grimace prend place sur mes lèvres. Puis je réponds, un brin de froideur dans la voix :

« L’amour te fait peur mon grand ? Et tu sais que je ne t’aime que comme un frère. »

Je me mords longuement la lèvre en réfléchissant. Est-ce vrai au moins ? Est-ce que ce n’est qu’un frère pour moi ? Je serais tentée de dire oui, mais c’est comme si un cadenas s’y été accroché. J’avais envie d’hurler, de le secouer dans tout les sens. Qu’il réagisse, qu’il fasse quelque chose, mais qu’il ne me laisse pas paniquer de la sorte. Je ne sais même plus ce que je dis. Je ne sais même plus ce que je pense.

Soudain, ma voix sort de mes lèvres, douce et comme un murmure. Plus calme que ce que je ne pensais, je ne fais que répondre à la question.

« Il n’y en a aucun, je parle toujours de chose complétement différentes dans les mêmes phrases. Tu devrais être habituée à force. Je commence à m’énerver, tu devrais être habitué à faire craquer plus d’une fille, à ce que je change rapidement d’humeur quand je suis avec toi, alors qu’avec les autres je suis absolument toujours pareille, calme et toujours riante ! »

Je m’écarte de lui, le recouchant vivement sur sa couchette, et je pars sur la dernière couchette vide, à l’angle de la salle, où je m’assois toute recroquevillée sur moi-même. Mais qu’est-ce qui m’arrive ? Pourquoi je réagis comme ça ?!

Une fois les jambes étendues devant moi, je retire vivement mon pull que je jette dans l’angle qui n’est pas si loin, lui faisant faire un bruit sourd avant de tomber au sol, comme un corps sans vie. Putain c’est glauque ça.
Mes yeux s’embuent et une larme claire et silencieuse glisse le long de ma joue rose. Pourquoi je panique autant ? Qu’est-ce qu’il m’arrive ?

S’il s’approche de moi, je lui dirais de dégager, sans hésiter, sans pitié dans la voix, mais il ne m’écoutera sans doute pas, trop buté, voulant juste que je lui dis ce que j’ai, car il ne comprend pas ce qu’il a fait de mal. Si je pouvais réellement répondre à ça …

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MessageSam 22 Nov - 11:00



Like brother and sister
ft. Clare & Jude


Depuis le début de cette longue conversation, je trouvais que Clare, drôle de petite trappeuse, s’était comporté de la manière la plus étrange. Elle n’agissait pas comme à l’usuel, ma petite sœur ; toute la soirée durant, dans sa façon de faire, sa façon de parler, les mots qu’elle employait, les expressions qu’elle adoptait, elle m’avait semblé bien trop singulière. Devant moi, se tenait une nouvelle Clare, petite sœur que je ne connaissais que trop mal. Je n’y avais pourtant pas, jusque-là, prêté la moindre attention, à ces discrètes et anodines nouveautés. Ce genre de détails, futiles à mes yeux, me passait le plus souvent par-dessus la tête. Cependant, au fur et à mesure que les heures s’écoulaient, que l’aiguille des minutes continuait à une allure folle sa course et que la nuit couvrait le bloc de son ombre la plus noire, je ne pus qu’y faire plus attention. Ainsi, ces « détails futiles » prirent tout d’un coup une importance nouvelle. Dans ma tête de medjack fou défilaient ces questions dont la réponse demeurait toujours la même : Quand était-ce la dernière fois que je l’avais vu fuir ainsi mon regard, n’oser plonger ses beaux yeux sombres dans les miens ? Quand était-ce la dernière fois que je l’avais surprise à se mordre aussi nerveusement et autant sa lèvre inférieure qui, bientôt, se teindrait certainement de rouge sang. Quand était-ce la dernière fois que je l’avais vu ainsi changeante, lunatique adolescente, passant en un instant de la jeune fille moqueuse, jolie blocarde taquine à la trappeuse indécise, tocarde dont l’expression trahissait une forme d’angoisse inconnue ? Toujours, encore et encore, la même réponse persistait : Jamais.

Une fois de plus, l’expression de ma trappeuse préférée se transforma en une grimace nerveuse, mimique qui, à nouveau, dénonça un tourment qui semblait depuis tout à l’heure la ronger de l’intérieur. Peu à peu, le beau visage ivoire de la jeune fille se refroidit, se renferma et se durcit ; devant celui-ci se plaça un voile de mystère qui m’empêcha de déchiffrer ce à quoi la blocarde songeait. Néanmoins, malgré le secret qui planait autour de ses changements soudains d’humeur, il ne m’était pas difficile de prédire l’arrivée imminente d’une tempête, forte émotion qui n’allait pas tarder à ébranler l’adolescente.

- « L’amour te fait peur mon grand ?, répondit finalement Clare d’une voix presque sèche, après ces quelques secondes de silence pesant, Et tu sais que je ne t’aime que comme un frère. »

Sa première question me laissa perplexe… avais-je peur de l’amour ? Et d’abord, qu’était-ce l’amour ? Une fois sûrement avais-je dû y réfléchir, mais jamais ma réflexion ne s’était étendue, tant la niaiserie de ce sentiment me répugnait. À chaque mention de ce mot maudit, quelques frissons de dégoût me parcouraient l’échine de la manière la plus désagréable. Horrible passion qu’était l’amour ! Quelques blocards ici-bas avaient goûté à cette chose dégoulinante d’émotion et d’engagement bien trop sérieux qu’était l’amour. Bien souvent, cela avait mal fini et par ces quelques informations, je pus conclure que l’amour demeurait très certainement le sentiment le plus absurde qui soit. Ainsi fut faite la promesse que jamais je n’irais au-delà de relations charnelles, douces extases, relations sans lendemain.
L’amour, certainement, me faisait peur. Le sérieux de ce sentiment et les réactions qu’il produisait dans le comportement d’un individu était tout simplement effrayant. Ignoble. Ecœurant. Sa seule pensée me donnait envie de vomir ; de fuir le plus loin possible de sa flèche mortelle, grande manipulatrice des émotions. Cependant, ce n’était pas cela qui m’épouvantait le plus. Loin de là. Ce qui réellement me terrifiait était ma personnalité que je savais instable, incompatible avec un tel concept ; l’amour. Incapable de contrôler mes pulsions, je n’osais imaginer l’effet dévastateur que ce sentiment aurait sur moi et sur ma partenaire. Les relations éphémères, basées purement et simplement sur le désir, pour cette raison, me semblaient la meilleure des options.

- « Je ne sais pas si j’ai « peur » mais honnêtement, si ce bête sentiment pouvait éviter de m’atteindre, ça m’arrangerait pas mal., avouais-je, Franchement, tu m’as vu ? J’suis complètement taré, on est d’accord, non ? Tout le monde au bloc peut te le confirmer. T’imagine la pauvre fille qui se retrouverait en couple avec moi ? Non, sérieux, j’aurais un peu peur pour sa vie. Et sa santé mentale. »

Le visage de ma petite sœur s’assombrit doucement. Sa lèvre, sous la pression d’une morsure nerveuse, prit peu à peu une couleur mêlant le rose de sa bouche et le rouge de son sang. Petite trappeuse tourmentée, elle semblait en profond conflit avec elle-même. Jusqu’ici, je pus sentir une étrange rage lui monter lentement à la gorge et se bloquer quelque part dans son œsophage, refusant de sortir de sa prison. Légèrement inquiet par ce silence saturé de tension, j’attendais sa réponse, guettant la moindre réaction, le moindre signe d’une explosion prochaine.

- « Il n’y en a aucun, je parle toujours de choses complétement différentes dans les mêmes phrases., souffla-t-elle finalement, en répondant à la toute première question que je lui avais posée un peu plus tôt, Tu devrais être habituée à force., enchaîna-t-elle, sa voix partant en un crescendo inquiétant, Je commence à m’énerver, tu devrais être habitué à faire craquer plus d’une fille, à ce que je change rapidement d’humeur quand je suis avec toi, alors qu’avec les autres je suis absolument toujours pareille, calme et toujours riante ! »

La frêle blocarde, d’une force étonnamment grande pour sa faible constitution, me poussa brusquement sur le matelas, d’un mouvement de fureur et de frustration. Je n’eus pas le temps de protester, de lui rendre son geste violent ; elle disparut soudainement de mon champ de vision, comme une flèche, le visage rouge de colère. Il me fut inutile de lever la tête pour savoir où ma petite tocarde s’était réfugiée. Sans devoir la chercher du regard, sans me fatiguer à la distinguer dans la pénombre du dortoir, il m’était aisé de deviner que la jolie Clare s’était isolée quelque part dans un coin, ruminante, accablée, la tête enfouit dans ses genoux. C’est toujours ce qu’elle fait, ma petite lunatique, lorsqu’elle est froissée : elle s’écarte du monde et va trouver réconfort dans sa bulle invisible, dont personne ne possède la clé pour y entrer.

- « Clare ? appelai-je, me souciant peu du sommeil des quelques blocards présents dans la pièce, Claaa-aaaa-re ? »

Silence. Silence pesant. Silence complet. Silence de mort.

- « Claaaaaaaaaaaaaaaaaaaaare ?, essayai-je à nouveau, Clare, sale tocarde, réponds-moi ! Qu’est-ce que j’ai fait encore ? »

Une fois de plus, je n’eus pour réponse que le bourdonnement de la respiration lente et régulière de tocards endormis.

Je soupirais, longue plainte exaspérée, soupir d’incompréhension. Je ne comprenais pas, je ne comprenais plus. Qu’avais-je fait encore pour la mettre dans un état pareil ? Je réfléchis longuement à la question, à la moindre faute que j’avais pu commettre ; mais au plus je cogitais, au plus la réponse semblait s’échapper, glisser entre mes doigts. Elle devenait de plus en plus floue au fur et à mesure que mon pauvre cerveau s’agitait et, ne trouvant pas le mal que j’avais pu commettre, désespéré, j’abandonnai. Las, je me redressai de la couchette et cherchai dans le clair-obscur dans quel coin la rageuse blocarde avait pu se cacher. Heureusement, il ne me fallut pas longtemps avant que mon regard ne croise le noir de ses longs cheveux, retombant paresseusement dans le creux de son dos. Je l’observai quelques secondes, tentant de la déchiffrer de loin. Sans succès. Ma petite Clare demeura un éternel mystère.

Je m’approchai à pas de loup de ma trappeuse préférée, tentant toujours de connaître ce qui ainsi l’irritait. À la vue de mon pull jeté plus loin, tel le plus répugnant des déchets, j’eus la confirmation que la cause de ses préoccupations devait avoir un rapport avec moi, ce que j’avais dit ou ce que j’avais fait.

Une fois à sa hauteur, je m’accroupis devant mon anxieuse petite sœur. Quelques larmes brillantes perlaient le long de ses joues roses. Elle fronçait les sourcils et dans ses prunelles étincelait la couleur du tourment, comme si elle aussi tentait de comprendre pourquoi elle agissait ainsi. J’essuyai du bout de mon pouce une larme qui naissait au creux de son œil en tentant, tant bien que mal, de ne pas laisser mon regard se perdre dans le décolleté maintenant visible de la jeune fille. Garder mon sérieux et mes yeux loin de la poitrine rebondit de la pâle blocarde, mise en valeur par son débardeur épousant avec délice ses formes féminines, fut l’épreuve la plus dure que j’eus à endurer. Tentant de garder mon sérieux, je me distrayais en me concentrant sur le visage larmoyant de l’adolescente.

- « Clare, qu’est-ce qu’il y a ? Pourquoi tu pleures comme ça, pourquoi tu t’énerves ? C’est moi qui t’ai mise dans un état pareil ? Et réponds-moi s’il-te-plaît, ne joue pas la carte de la devinette, tu sais très bien que je suis pas assez perspicace pour comprendre juste comme ça ce qui ne va pas. »


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MessageDim 23 Nov - 0:38


Clare

ft. Jude

Comme frère et soeur
Tous mes sentiments me dévorent de l’intérieur. Je ne suis qu’une petite bombe à retardement prête à exploser aux moindres gestes, aux moindres mouvements. Sauf que j’ai plusieurs explosions avant celle qui ne me fera plus ressembler à moi-même. Mes jambes qui dépassent de mon lit, se balancent d’avant en arrière pendant que mes mains sont posées sur mes cuisses.

Les larmes glissent sur mes joues à chaque fois qu’il y a un bruit dans la pièce, j’ai envie de me boucher les oreilles et de crier si fort, que je me rendrais sourde moi-même, ne voulant plus rien entendre de la part de Jude. Mais au fond de moi je voulais encore l’entendre me parler, et je sais qu’il ne lâchera pas immédiatement l’affaire et l’idée de savoir qu’est-ce que j’ai.

J’entends Jude m’appeler dans le dortoir, puis m’appeler « sale tocarde » donc je ne réponds pas, toujours la mine boudeuse et triste. J’entends Jude soupirer sans vraiment comprendre, pendant quand les larmes glissent silencieusement sur mes joues.

Il s’approche à pas de loup puis s’accroupit devant moi, effaçant mes larmes du bout du pouce me laissant m’appuyer avec plein de douceur contre sa main. Je le vois jeter quelques coups d’œil « discrets » à mon décolleté.

- « Clare, qu’est-ce qu’il y a ? Pourquoi tu pleures comme ça, pourquoi tu t’énerves ? C’est moi qui t’ai mise dans un état pareil ? Et réponds-moi s’il-te-plaît, ne joue pas la carte de la devinette, tu sais très bien que je suis pas assez perspicace pour comprendre juste comme ça ce qui ne va pas. »

Je le regarde longuement en clignant sans interruption, la bouche entrouverte. Je prends la main du bouclés, l’éloigne de moi et la lâche, puis je le pousse d’un coup de pied dans le torse avec un grognement.

« Je ne pourrais pas te répondre, c’est le plus grand des bordels en moi. Maintenant j’aimerais que tu dégage, que tu me laisse seule »

Le « s’il te plaît » reste coincé dans ma gorge pendant que je reste le regard planté dans celui étonné de mon meilleur ami. Et c’est pile à ce moment là que ma culpabilité me ronge énormément. Je me jette dans les bras de Jude, les bras autour de son cou, par terre et moi je suis en larme.

« Désolée Juuude ! Je suis une idiote ! Je sais pas ce qu’il m’arrive ! Tu devrais pas me supporter quand je suis comme ça ! »

Ma tête toujours dans son coup, j’hoquète doucement. Je me relève doucement, assise entre la partie abdomen et la partie hanche. Je remonte à peine mon débardeur car on commence à voir la bordure de mon soutien-gorge, avec un léger ricanement, les joues toujours inondées de larmes.

Il semblait un peu tendu, un peu énervé par mon comportement, et c’est compréhensible car je suis exaspérante, surtout en sa compagnie. Et au fond, je crois que je suis aussi folle que lui, parce que j’ai un peu de voir ce « Aiden », pouvoir juger par moi-même, pouvoir me vider l’esprit et ne plus penser au Griffeur de ce matin.

Je me relève doucement et m’assois délicatement sur le matelas plutôt dur. En fait il avait raison cet idiot. Mais c’est bizarre, au fond de moi… je crois… je crois que…

« Je crois que je t’aime » Je l’avais chuchoté si bas que je doute qu’il l’ai entendu.


All I want, is your love.
(c) ystananas
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MessageDim 23 Nov - 13:07



Like brother and sister
ft. Clare & Jude


Dans le creux de ma paume reposait le fin visage de ma trappeuse préférée. Les larmes coulaient le long de ses joues et venaient se faufiler entre mes longs doigts brûlants. Elle ne sembla pas repousser cette main que je lui offrais et une lueur d’espoir naquit dans le fond de mon esprit : peut-être, finalement, n’étais-je pas la cause de ses maux ? Peut-être n’avais-je rien fait de mal, qu’il s’agissait là encore d’un de ses nombreux changements d’humeur et qu’elle ne m’en voulait pas ? Soulagé, je lui offris mon plus rare sourire ; un sourire teint de la couleur de la compassion, un rictus qui se voulait compréhensif. Une mimique qui murmurait : « Je te comprends, ne pleure plus » bien qu’en réalité, je ne comprenais absolument pas. Tout était flou dans mon esprit et je n’avais aucun moyen de savoir pourquoi des perles salées coulaient le long des pommettes rosées de ma petite sœur. Elle ne semblait pas prête cependant à répondre à mes nombreuses interrogations. Mais qu’importe si elle restait secrète ; le principal était que je n’étais pas la cause de son accablement.

Un geste soudain balaya en un instant tous mes espoirs ; sur toute la ligne je m’étais trompé : il s’agissait bien de moi, la cause de ses misères. Entre ses doigts glacials, elle prit ma main dans laquelle, un peu plus tôt, son visage s’appuyait, et me la rendit, refusant la chaleur que je pensais réconfortante de ma paume. Comme pour compléter son geste, la jolie blocarde fit valser son pied vers mon torse et me poussa loin d’elle, comme si soudain ma présence était devenue nocive pour son bien-être.

- « Je ne pourrais pas te répondre, c’est le plus grand des bordels en moi. Maintenant j’aimerais que tu dégages, que tu me laisses seule »

La froideur dans le ton de la jeune fille provoqua un désagréable frisson qui vint me picoter l’échine de la manière la plus déplaisante. Jamais ma petite sœur, tendre et joyeuse tocarde, ne m’avait parlé ainsi, aussi sèchement. Cela faisait beaucoup de secrets que je découvrais sur la personnalité de la belle blocarde, étrange et paradoxale adolescente. Beaucoup trop de nouveautés, de côtés caractériels inattendus. Combien de temps allais-je tenir face à ce nombre astronomique d’informations nouvelles concernant la trappeuse, avant que je ne laisse mon pauvre cerveau, quelque peu limité, explosé ? Si au moins ce côté de sa personnalité que je découvrais était moins déprimant, moins agaçant et entouré de mystère. Toutes ces questions qui tournaient autour de ma triste Clare, ces insupportables énigmes, commençaient à m’échauffer les nerfs. Je voulais la prendre, la secouer, l’obliger à cracher le morceau, à m’avouer pourquoi elle agissait ainsi, pourquoi ses émotions soudain prenaient le dessus, pourquoi elle changeait ainsi d’humeur, détail qui ne me rappelait que trop bien ma difficulté à contrôler mes pulsions et mes émotions excessives. L’envie était trop grande ; l’envie de la balancer de gauche à droite, d’avant en arrière pour qu’enfin elle parle. Je m’apprêtai à succomber à ce désir trop fort de l’ébranler, lorsqu’elle m’interrompu dans mon élan. Brusquement, de la façon la plus imprévisible qui soit, la jeune fille se laissa submerger par son chagrin et éclata en sanglots, en se jetant dans mes bras et en se tenant à mon cou avec une force rare, comme si elle avait peur de flancher et de s’écrouler à terre.

- « Désolée Juuude ! gémit-elle, Je suis une idiote ! Je sais pas ce qu’il m’arrive ! Tu devrais pas me supporter quand je suis comme ça ! »

Je ne sus comment réagir. Je ne sus quoi faire, ne sus quoi dire pour qu’elle arrête de pleurer. Pendant un moment qui me parût éternel, je restai là, immobile, planté comme un idiot, mon t-shirt trempé des larmes de ma petite sœur. La situation était des plus gênantes et le malaise que je ressentais commençait petit à petit à m’étouffer. Je cherchais désespérément comment la réconforter mais ne trouvais que faire, que lui murmurer pour lui rendre son sourire. Jamais n’ai-je été très doué avec les gens ; je n’ai jamais su comment apaiser leur tristesse, sécher leurs larmes. Tout ce que je savais faire, c’était les effrayer, les irriter, au point qu’aux yeux de beaucoup je me suis rendu insupportable. Hésitant, je passe mes bras autours ma sombre petite blocarde. Dans ses longs cheveux noir de jais, je passe une main indécise et lui caresse, d’un geste à la fois tendre et gêné, le haut de son crâne.
Après quelques longues réflexions, je finis par lui chuchoter :

- « Tu me supportes bien, il n’y a aucune raison que je ne puisse te supporter. C’est vrai que t’es une sale tocarde, mais ça fait partie de ton charme.

Elle laisse s’échapper d’entre ses deux lèvres vermeilles quelques hoquets puis se relève doucement. Mon regard ne put s’empêcher de s’attarder sur le haut de sa poitrine, révélée par le débardeur qui, durant ses pleurs, avait migré vers le bas, laissant ainsi s’échapper quelques bouts de tissu de son soutien-gorge. Elle rit, un rire léger, un rire nerveux. Les larmes ont cessé de couler, mais ses joues demeuraient toujours brillantes et humides. Elle me lança un regard empli d’une mélancolie jamais aperçue dans ses obscures prunelles ; un regard désolé, qui criait presque comme elle était désolée d’être ainsi.

La petite trappeuse, encore tremblante d’émotion, reprit place sur le lit, se posant sur le matelas dur et inconfortable qui recouvrait les lattes de bois. Elle se tut un instant. Silence pesant. Je la regarde, les traits sérieux, et attendis désespérément qu’elle se remette à rire ; au fond, j’espérais qu’elle m’avoue que toute cette scène n’était que l’une de ses mauvaises blagues, l’un de ses nombreux petits jeux pour me tester et m’énerver. J’attendis qu’elle se moque de moi, de mes réactions paniquées, de mon expression complètement perdue. J’attendis une chose qui jamais ne vint.

- « Je crois que je t’aime » chuchota-telle, murmure pianissimo que j’eus peine à entendre. Six petits mots qui parurent n’être qu’une illusion, un rêve.

Avais-je bien entendu ? Trop choqué pour me retenir, je lâchai spontanément, paniqué :

- « Attends, t’as dit quoi ??? »

Je me repris et secouai frénétiquement la tête, passant mes deux grandes mains dans ma tignasse, emmêlant plus encore mes boucles brunes et rebelles. Je pris une grande inspiration puis expirai longuement, tentant dans un élan désespéré de me calmer. Une fois encore, la jolie trappeuse avait prononcé ces trois mots, mots maudits, dangereuse formulation, avec un ton si solennel qu’ils me firent douter quant aux sentiments qu’elle renfermait dans les tiroirs secrets de son cœur.

- « Clare, arrête de prendre cet air si sérieux quand tu dis ça. J’t’ai déjà dit que ça ressemblait à rien sur toi. Tu me fais marcher, hein ? demandais-je en tentant tant bien que mal de dissimuler mon inquiétude, Quand tu dis que tu m’aimes avec ton air sincère là, tu veux dire comme un frère, n’est-ce pas ? Tu m’aimes comme un frère, oui ? C’est juste pour être sûr, on sait jamais. »


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Dernière édition par Jude A. Hawkin le Mar 25 Nov - 20:42, édité 1 fois
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MessageDim 23 Nov - 16:39


Clare

ft. Jude

Comme frère et soeur
Pendant que je pleurais toutes les larmes de mon corps dans le cou de Jude, il m’entoure de ses grands bras caressant le dessus de ma tête avec sa grosse main brûlante.

- « Tu me supportes bien, il n’y a aucune raison que je ne puisse te supporter. C’est vrai que t’es une sale tocarde, mais ça fait partie de ton charme. »

Ton charme… Quel charme ? Je n’ai pas de charme et je crois que ça se voit ! Stupide Jude ! Ce n’est pas possible que j’ai un certain charme, je ne suis qu’une enfant.

Après mon aveu, il se met presque à hurler pour savoir qu’est-ce que j’ai dis, et j’écarquille les yeux pensant qu’il ne m’avait pas entendu. Je me recroqueville sur moi-même, confortablement sur le matelas aussi dur que de la pierre. Je retourne dans ma petite bulle, le regard en face de moi, un pied posé sur l’autre et en me mordant continuellement ma lèvre rose. Je le sens, il est paniqué.

- « Clare, arrête de prendre cet air si sérieux quand tu dis ça. J’t’ai déjà dit que ça ressemblait à rien sur toi. Tu me fais marcher, hein ?demande-t-il en tentant de dissimuler son inquiétude, mais mal, Quand tu dis que tu m’aimes avec ton air sincère là, tu veux dire comme un frère, n’est-ce pas ? Tu m’aimes comme un frère, oui ? C’est juste pour être sûr, on sait jamais. »

Mon nez se fronce et je plaque les mains de chaque côté de ma tête, sur mes oreilles. Je tremble, soit de rage, de frustration ou de peur, je ne saurais pas dire. Je ferme les yeux, les gardant fermés si fort que je vois des petits points blancs à l’intérieur de mes paupières. Une grimace déforme mes fines lèvres, d’abord doucement, puis jusqu’à me défigurer. J’ai envie de hurler, de frapper dans les murs, la panique empreignant chaque parcelles de mon âme.

« Tais-toi. Ferme-la Jude, ne dis rien. Putain, tais-toi ! »

Je me lève d’un bond, les mains toujours sur les oreilles et je pars faire les cents pas tout autour du lit, me répétant à chaque pas « ça va aller, reste calme, tu vas t’en sortir ma grande ». Une fois de nouveau devant Jude j’entrouvre la bouche deux fois avant de pouvoir parler.

« J’ai bien dit « je crois », et oui, t’es fou Jude, si fou qu’on se demande si tu réalise ce qu’il se passe autour de nous. Mais ça fait si longtemps que je te supporte que tout ça ne m’atteigne même plus. J’ai bien appris à vivre avec toi et ton incompréhension de tout. Mais malgré tout j’ai l’impression de ne pas te connaître. Alors oui, c’est stupide de penser que je suis amoureuse de toi, je n’en suis même pas sûr, je ne sais pas qu’est-ce que je raconte, je suis en train de faire un monologue où je n’y comprends rien. »

Je vais récupérer mon pull dans l’angle en traînant des pieds, les mains dans mes poches. Je le jette sur mon lit, et me dirige vers la porte tel un zombie, il me retient s’il veut mais j’ai besoin d’être seule au moins quelques secondes. A la porte, je me retourne vers lui et lui dis calmement.

« Je pense qu’on devrait moins se voir, tu l’as dit toi-même ça ne me ressemble pas. C’est pas moi cet état. Je ne suis pas faite pour être à ce point dépressive. Je débloque et je crois que c’est un peu à cause de toi. »

Je sors de la pièce et m’assois juste à côté de la porte, dans le couloir.


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Dernière édition par Clare Brett le Mer 26 Nov - 18:05, édité 1 fois
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MessageMar 25 Nov - 23:12



Like brother and sister
ft. Clare & Jude


Je ne comprenais pas. Je ne comprenais rien. Pourquoi avait-elle dit ça ? Pourquoi ces trois mots répugnants étaient sortis de sa bouche ? Pourquoi ? Était-ce une mauvaise blague ? Un simple jeu ? Pour la première fois, je n’arrivais pas à l’apprécier ; la panique qui commençait peu à peu à envenimer mon esprit, à me soustraire le peu de capacits que j’avais à résonner, m’empêchait de pouvoir trouver ce qu’il y avait de drôle dans ses mots et son comportement que j’espérais n’être qu’une atroce comédie. Ce jeu-là devait être, de loin, le pire de tous ceux auxquels elle m’avait fait participer. Le pire. Il semblait trop réel, le rôle que prenait Clare de la pauvre trappeuse amoureuse était joué à la perfection ; une perfection qui ne pouvait qu’installer le doute dans ma petite tête de medjack peu futé. Je haïssais le doute, plus que tout. Je haïssais ne pas savoir, ne pas comprendre. Je ne pouvais supporter de demeurer ainsi, ignorant, entouré par un voile d’énigme qui m’empêchait de comprendre ce qui se passait. Jouait-elle vraiment un jeu ou était-elle sincère ? Profondément inquiet, espérant qu’à tout moment ma folle de petite sœur se retournerait vers moi, éclatant d’un rire moqueur et irritant, et me dirait « Haha, je t’ai bien eu ! », je l’observais d’un œil attentif. D’un œil insistant qui lui criait « arrête ». Je serrais les poings, si fort que mes jointures prirent la couleur d’un mort, me mordais sans retenue la lèvre intérieure à sang et priais ; je priais pour qu’elle mette fin à son manège qui commençait fortement à m’échauffer et me noyer inutilement dans cet horrible sentiment qu’était la panique.

Elle n’arrêta pas. Elle ne se retourna pas en riant. Elle ne se moqua pas de moi et de mon expression affolée. Elle continua sa comédie qui semblait de plus en plus réelle. Cette fois-ci, elle enfilait le rôle de l’amoureuse en conflit avec elle-même et ses sentiments. L’amoureuse perturbée, l’amoureuse confuse. Elle plaqua ses mains contre ses oreilles, comme pour s’isoler un instant de la pièce où elle se trouvait. Elle tremblait, ses yeux demeuraient clos. Son visage se déformait peu à peu pour laisser se dessiner une grimace de rage. Au plus je la regardais, au plus je la trouvais bonne actrice. Alors, peu à peu, l’idée que cela put être réel s’installa dans mon esprit. Une idée qui m’horrifia. Une idée qui fit naître au fond de ma gorge une boule d’émotion prête à exploser. Une boule qui m’empêchait de respirer correctement et n’annonçait qu’un mauvais présage.

- « Tais-toi. Ferme-la Jude, ne dis rien. Putain, tais-toi ! » hurla-t-elle soudain la voix tremblante de passion.

Ses paroles sonnèrent à mes tympans comme la pire des mélodies. Comme le son le plus effroyable, son sinistre qui éveillait en moi une rage endormie depuis quelque temps. Une rage que je contenais avec la plus grande des difficultés, que je tentais de dissimuler aux yeux de tous : « Aiden ». L’angoisse que provoquait ce sujet sensible qu’était le sentiment amoureux mêlé à mon dégoût de l’incompréhension me rendait plus vulnérable à cet être abject, que seules la colère et la violence faisaient vivre.

- « J’ai bien dit « je crois », reprit-elle, sa voix trahissant une sorte de frustration, et oui, t’es fou Jude, si fou qu’on se demande si tu réalises ce qu’il se passe autour de nous. Mais ça fait si longtemps que je te supporte que tout ça ne m’atteigne même plus. J’ai bien appris à vivre avec toi et ton incompréhension de tout. Mais malgré tout j’ai l’impression de ne pas te connaître. Alors oui, c’est stupide de penser que je suis amoureuse de toi, je n’en suis même pas sûr, je ne sais pas qu’est-ce que je raconte, je suis en train de faire un monologue où je n’y comprends rien. »

Je n’écoutai qu’à moitié et ne compris pas la plupart de son étrange discours. J’étais bien trop occupé à tenter de contenir cette fureur animale qui prenait peu à peu vie à l’intérieur de mon corps, venait petit à petit empoisonner chacune de mes veines, brumer graduellement mes sens et attisait dans mon esprit une flamme de folie destructrice. Je le sentais arriver, « Aiden ». J’avais appris à deviner les signes qui annonçaient sa venue prochaine. J’avais appris à plus ou moins le contrôler si celui-ci semblait trop faible. Cependant, à cet instant précis, la tension qui régnait entre Clare et moi l’avait rendu trop fort et chaque parole, chaque phrase, chaque mot, chaque syllabe prononcée par la jeune fille aux cheveux noirs corbeau ne faisait qu’alimenter sa colère dévastatrice.

Soudain, le bruit des pas de la jolie trappeuse interrompit mes pensées. La suivant du regard, je la vis réduire à néant le moindre espoir que j’avais pu avoir auparavant. Ses dires et ses actions avaient tous été sincères. Elle prit le pull qu’elle avait jeté en loque dans un coin et se dirigea vers la porte, le pied trainant. Avant de sortir définitivement de la pièce, elle se retourna et me dit, sur un ton vide et monotone :

- « Je pense qu’on devrait moins se voir, tu l’as dit toi-même ça ne me ressemble pas. C’est pas moi cet état. Je ne suis pas faite pour être à ce point dépressive. Je débloque et je crois que c’est un peu à cause de toi. »

Sa silhouette disparue derrière les murs gris des dortoirs. Juste à temps. La fureur qui bouillonnait depuis tout à l’heure dans mes entrailles se manifesta dans une première étincelle. Un coup de pied rageur m’échappa et atterrit sauvagement contre l’un des lits qui, dans un grincement insupportable, vint se cogner au lit d’à côté. Quelques blocards, réveillés par le boucan, me lancèrent toutes sortes d’insulte qui ne m’atteignirent pas. Je fermai les yeux et respirai un grand coup, tentant désespérément de me calmer. Cela fut inutile. Il fallait juste que je sorte. Que je parte, que je cours loin d’ici, m’isoler ou m’enfermer quelque part, le temps que mes émotions  se tarissent. Il fallait je parte avant de laisser « Aiden » prendre complètement le dessus.

Ce fut à mon tour de passer le pas de la porte, l’œil brillant d’une espèce de folie inquiétante. Juste à côté, dans le couloir, les genoux ramenés contre sa poitrine, etait assise Clare, l’air sombre et accablé. Sans vraiment réfléchir je me plantai devant celle-ci et d’un geste vif, je lui pris le bout de son menton et la forçai à me regarder droit dans les yeux. Je n’ose imaginer de quoi devait avoir l’air mon regard à ce moment-là ; mais à la tête que fit ma petite sœur, il était aisé de deviner qu’il n’avait rien de rassurant. Je plongeai mes prunelles claires dans les siennes, noires comme la nuit, et lui souffla, dans un murmure effrayant, sifflement venimeux :

- « Je t’aime… Je t’aime… Mais tu es folle Clare ! Complètement folle ! T'as raison, tant que tu ne te seras pas débarrassée de cette masse de plonk dans ton cerveau, il ne faut plus se voir! »

Je lui lâchai le visage aussi brusquement que je le lui avais pris et parti, le pas vif, fulminant à l’intérieur, prêt à exploser. Avant de quitter le bâtiment, mon poing valsa dans l’une des vitres. Le sang perla le long de mes jointures. Mon bleu regard se remplit d’une rage abominable. Mes traits prirent une tout autre dimension, une dimension plus sombre, et une méchante grimace vint me fendre le visage.

Que reste-t-il du Jude, léger et blagueur, et de sa personnalité lumineuse ? Rien. Le néant. Celui que l’on appelle « Aiden », celui qui ne vit que de la colère et de la violence, l’a détruit.



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MessageMer 26 Nov - 18:10


Clare

ft. Jude

Comme frère et soeur
Je suis assise dans le couloir en bois, les genoux contre la poitrine, le menton sur les genoux et les yeux fermés. La peur coule dans mes veines autant que l’hémoglobine présente dans mon corps tout entier. Mes mains accrochées à mes chevilles tremblent, je suis tétanisée et la fatigue commence à engourdir mes membres.

Soudain Jude arrive d’un pas énervé et se plante devant moi, puis m’attrape le menton, me relevant la tête. Toute la folie de mon meilleur ami règne dans son regard, à l’instant présent. J’entrouvre à peine la bouche dans un rictus effrayé pendant que mes yeux crient à l’aide à qui veut entendre. Soit : personne.

- « Je t’aime… Je t’aime… Mais tu es folle Clare ! Complètement folle ! T'as raison, tant que tu ne te seras pas débarrassée de cette masse de plonk dans ton cerveau, il ne faut plus se voir! »

Il me lâche brusquement mon menton, aussi sauvagement que quand il l’avait prit, le laissant tomber lourdement contre mes genoux. Il part d’un pas énervé et près de la porte il explose une vitre. Geste accompagné par un de mes petits cris, malgré mon choc et ma stupeur. Avant qu’il sorte, je vois que sa main est pleine de sang.

Et non ce ne sont plus la peur et les remords qui  me rongent, mais bien la rage et passion. Me forçant ainsi à me lever et marcher énergiquement vers les bris de verre. Mes pieds tambourinent le sol, une fois devant la vitre explosée, je me baisse et ramasse un morceau long, pointu et bien tranchant. Je sers le poing, me coupant la paume avec le verre impropre et faisant couler le sang jusqu’à mes doigts, gouttant ensuite sur le sol.

La rage prend maître de mon corps, j’en ai marre, plus que marre. Je bouillonne intérieurement et je pensais qu’il en fallait plus pour me mettre à bout, mais il semblerait qu’il y ait un point partout : on a tout les deux réussis à énerver l’autre. En quelques foulées énervée, je me dirige vers le Terminus, pensant qu’il ne pouvait être QUE là.



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Milo Kyte


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MessageSam 29 Nov - 17:57

HRP : Bon sang, mais qui a déplacé ce RP terminé avec tous les Rp's abandonnés ? --"
On les laisse aux endroits où ils sont réalisés en attendant que je réalise le sous-forum approprié nom d'un petit bonhomme !
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