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Chirurgien méthodique ou boucher psychopathe ? [Jude A. Hawkin]

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MessageLun 20 Oct - 21:45

L'infirmerie. Plantée devant l'entrée, Eva grimaça. Pourtant ce n'était pas comme si c'était la première fois qu'elle venait, loin de là. Surtout depuis qu'elle avait fait la connaissance de Milo, il n'était pas rare de la voir traîner dans les parages, allant même jusqu'à aider les medjacks sur des tâches simples lorsque le besoin se faisait sentir. Pourquoi cette appréhension alors ? C'était simple : pour une fois ce serait elle la patiente. Et même si elle aurait tout donné pour laisser sa place avec plaisir, elle n'avait apparemment pas le choix. Tout ça à cause d'une foutue blessure au bras. Elle frissonna, repensant à ce qu'un des anciens blocards lui avait dit. Des points de suture étaient nécessaires. Jusque là pas de soucis. Mais qui dit points.. dit aiguilles. Oui la rouquine possédait quelques traits enfantins, et l"appréhension des objets fins qu'on lui enfonçaient sous la peau en faisait partie.

Pourtant si elle avait fait plus attention, elle aurait pu éviter ça. Ce n'était qu'un banal entraînement au maniement des armes qui avait dégénéré. Bon okay, elle avait un peu fait son emmerdeuse, et titillé son adversaire. Un autre blocard, bien plus expérimenté et musclé qu'elle (sans compter qu'il avait de plus grands bras !). Ce qui n'était pas très malin dès le départ. Mais était-ce de sa faute s'il manquait d'humour ? Toujours était-il qu'il s'était un peu acharné, et qu'elle avait eu le malheur de tourner la tête au mauvais moment en entendant un cri d'un coureur un peu plus loin. Un simple moment de distraction, et la lame avait creusé une entaille profonde dans son avant-bras. La rousse grimaça, sentant la douleur monter malgré l'adrénaline du simulacre de combat. Ça pissait le sang, et ce n'était pas vraiment joli à voir. Heureusement qu'elle était vaccinée contre le tétanos. Enfin c'est ce qu'elle aurait aimé se dire, mais comme elle n'avait plus aucun souvenir...

Tout ça pour dire qu'après s'être faite copieusement enguirlandée par le tocard qui servait d'entraîneur, et avoir assuré à son adversaire que ce n'était pas de sa faute et qu'il pouvait arrêter de s'excuser, Eva s'était faite traînée plus ou moins de force devant l'infirmerie. Et maintenant qu'elle était là.. Il ne restait plus qu'à entrer. C'est ce qu'elle fit, la main posée sur sa blessure ouverte pour essayer de ne pas faire couler trop de sang par terre et salir les lieux. Devant son bras sanguinolent, les medjacks lui indiquèrent vite une table d'examen sur laquelle se poser, en lui assurant que quelqu'un allait vite venir. Pour passer le temps et essayer d'oublier qu'elle allait devoir se faire recoudre, la rousse observa le manège des medjacks, assise sur le rebord de la table, comme prête à bondir. Ils semblaient débordés aujourd'hui, certains courraient dans tous les sens, tandis qu'une file de patients attendait lentement dans ce qui devait faire office de salle d'attente. Apparemment elle était prioritaire. Pourtant elle n'avait pas l'impression d'être dans une situation critique. Certes la douleur était lancinante, mais elle flottait à demi dans une sorte de brouillard cérébral protecteur qui enveloppait ses sens. Elle se serait presque sentie faible. Pour juger de la gravité de la blessure, elle souleva à demi sa main, et jura lorsque le sang se remit à couler, tachetant la table immaculée d'examen.

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MessageMar 21 Oct - 22:17



Chirurgien méthodique ou boucher psychopathe?


Jude tourna le regard vers la gauche ; toutes les tables d’examen étaient occupées par l’un ou l’autre patient, souffrant d’une blessure qui lui torturait les nerfs sensibles, ou encore de blessure mineure dont le jeune medjack ne voyait pas l’utilité de soigner. Il tournait ensuite son regard vers la droite et se réjouit de la file interminable de malades et accidentés qui attendaient impatiemment que l’on s’occupe de leur cas, plus ou moins souffrant et suant à grosses gouttes pour ceux dont le supplice était insupportable. Jude se délectait de ce doux spectacle de chair lanciné, se complaisait à écouter d’une oreille attentive le chœur de râles accablés. Oui, réellement, il jouirait presque de cet instant, de ce jour béni par une abondance de victimes. L’odeur du sang enivrait chacun de ses sens et une irrépressible envie de hurler son bonheur le prit soudain. Il ne se retint pas et pendant quelques secondes, l’entière population de l’infirmerie l’observa d’un œil inquiet.

Il tourna son attention vers le blessé dont il était en charge. Il avait minutieusement choisi celui le plus mal en points : une vilaine entaille traversait son torse et descendait jusqu’à son nombril, cavité qui terminait joliment la plaie. Le dessin était beau et pendant un instant, le medjack songea à le laisser ainsi, juste pour la beauté de la balafre ; détruire une telle œuvre était impensable. Un rire s’échappa de ses lèvres à cette idée. Il la balaya de son esprit ; son rôle de soigneur l’empêchait de faire ce dont il avait envie avec son patient.

Le visage de son patient avait pris la couleur d’un mort, amplifié par le hurlement de jubilation qu’avait poussé Jude. Le sourire affolant de ce dernier n’aidait pas celui-ci à se mettre à l’aise, et tous ses membres affaiblis tremblaient sous la fatigue mêlée à la peur. Devant ce tableau pathétique, le medjack ne put s’empêcher de pouffer de rire, rire qui n’allait qu’en grandissant lorsqu’il se rapprocha de la plaie pour l’inspecter. Il gloussa de manière troublante lorsqu’il constata la profondeur de l’entaille ; le pauvre blessé avait la vue troublée par des larmes tant il était effrayé. Les moins courageux de la file d’attente se retirèrent de la queue, et firent demi-tour, trop peureux pour affronter la folie du chirurgien.

Après cet instant d’intense euphorie, Jude se mit à la tâche. Il continua à rire devant les grimaces que faisait le pauvre garçon lorsqu’il appliquait le désinfectant. Le medjack ne put s’empêcher de l’imiter en lançant quelques remarques rabaissantes et ponctuées de sarcasme. Le moment fort de son intervention, l’apogée de son divertissement fut lorsqu’il dût recoudre les berges de la plaie ; jamais n’avait-on vu un blocard aussi heureux. Il poussa un grand cri de victoire lorsqu’il eut fini de soigner son patient, ce dernier à présent dans un état de traumatisme profond. Le travail, cependant, était bien fait, avait été rapide et efficace. Malgré ce côté quelque peu angoissant, Jude restait un excellent medjack.

On lui désigna une nouvelle victime, une jolie patiente à la chevelure de feu, aux grands yeux bleus et à la peau laiteuse, parfaite. Elle devenait néanmoins impure là où le sang venait la salir, là où il venait briser cette perfection : son bras était souillé par l’abondance d’hémoglobine qui s’en échappait. Il s’approcha de la blessée et au fur et à mesure qu’il s’avançait, il crut reconnaître la jeune fille qu’il voyait constamment tourner autour du bâtiment de l’infirmerie. Pourvu d’un ego surdimensionné, Jude en vint à la conclusion que c’était pour lui que la petite rousse venait souvent traîner près des medjacks. Malgré la situation critique, il se mit en tête de puiser dans ses nombreuses ressources de grand séducteur qui, étrangement, se révélait la plupart du temps peu probantes. Il était cependant persuadé que cette journée ne pouvait que se ponctuer d’une victoire.
Il arriva à la hauteur de la rouquine et lui décrocha son plus beau sourire. Il ne put masquer la lueur d’excitation qui brillait dans ses yeux à la vue de la vilaine blessure et du lac écarlate qui se formait autour de sa main.

- « C’est pour mes beaux yeux que tu t’es fait une aussi belle entaille ?  Je suis sûr que tu t’en es fait une aussi profonde parce que tu sais quel genre de blessure j’aime traiter. Tu mourrais d’envie qu’un medjack aussi beau que moi prenne soin de toi. Que ton vœu soit exaucé, me voilà tout à toi, dévoué ; je suis ton sauveur, celui qui t’empêchera de te vider de ton sang et de mourir d’une hémorragie ou d’une infection purulente ! »

Il termina sa phrase en la ponctuant d’une pose magistrale.


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Dernière édition par Jude A. Hawkin le Ven 7 Nov - 18:12, édité 4 fois
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MessageMar 21 Oct - 23:10

Un hurlement retentit, et la rousse tourna la tête, inquiète. Bizarrement ça ne semblait pas venir d'un patient. Descendant de sa table, tout en pestant devant sa blessure qui ne voulait pas arrêter de couler deux minutes et d'éviter de repeindre le sol (sans compter que quelqu'un pouvait glisser dessus), elle avança un peu, curieuse. De loin elle n'aperçut qu'un homme medjack de dos, la tête surmonté d'une chevelure soigneusement en bataille. Du genre bataille organisée et plutôt classe, pas réveil difficile au saut du lit. Mais ce n'était pas ça qui la marqua le plus. Elle l'entendait.. rire ? Impossible. Cet homme était fou. Déjà pas très rassurée, la rousse alla se rasseoir tout en priant pour le pauvre patient. Seulement elle ne se sentait pas suffisamment bien pour aller affronter un psychopathe et le tirer de ses griffes. Paix à son âme.

Finalement les rires se tuent, et on lui annonça que le medjack chargé de s'occuper d'elle n'allait pas tarder. Ouf, enfin elle pourrait quitter cet endroit. Pas sûr qu'elle revienne de sitôt en tout cas. Sauf si sa blessure allait mieux. Argh, elle ne pouvait pas non plus laisser un médecin fou traîner dans l'infirmerie et massacrer les pauvres blocards.. Mener l'enquête, plus tard. Mais d'abord, soigner son abruti de bras, et partir d'ici au plus vite.

Finalement un homme en tenue de soigneur apparut, la blouse maculée de sang qui ne semblait pas être le sien. Sans doute à cause de quelqu'un d'aussi malchanceuse que la coureuse. A mesure qu'il s'approchait, son sourire semblait s'agrandir tandis que son regard venait se fixer vers son bras. Peut-être était-il content que ça ne soit pas trop grave ? Respirant profondément pour rester calme, la rousse tenta un timide "Bonjour."
Elle se sentait faible, vulnérable, et même si l'homme était là pour remédier à ça, ça ne la mettait pas du tout à l'aise qu'il la voit comme ça. Elle aurait bien tenté une plaisanterie pour faire genre que tout allait bien, mais il prit la parole, et elle choisit plutôt de l'écouter sagement.

Mais plus le medjack parlait, plus les yeux d'Eva s'agrandirent, tandis qu'elle le fixait bouche bée. Elle mit un instant à se ressaisir, avant que lentement une idée ne s'insinue sournoisement dans son esprit. Malheureusement, entre le plaisir qu'il affichait à parler de sa blessure, et sa coupe sans équivoque.. La rousse fit un bond en arrière, manquant de tomber de l'autre côté de la table d'examen. Se retenant de justesse de son bras valide, elle se redressa, avant de le pointer du doigt, l'air oscillant entre l'incrédulité, l'appréhension et un peu de colère.

"Ah ! C'est toi le psychopathe ! Je t'ai entendu rire tout à l'heure ! Il est hors de question que tu m'approches."


A vrai dire elle commençait à flipper vraiment. Sans penser une seconde aux conséquences de ses paroles, qui pourraient s'avérer blessantes. Surtout qu'il venait tout de même de lui proposer de la soigner, malgré une déclaration un peu.. bizarre ? On aurait presque pu croire qu'il la draguait non ? Ou qu'il croyait qu'elle le draguait. Oulà, ça devenait compliqué. Prendre de grandes respirations, pour se calmer. Ne pas penser à l'horreur de l'aiguille qui allait s'enfoncer dans sa chair. Surtout si c'était le medjack qui s'en chargeait. La peur prenant un peu le pas sur la douleur, elle ne se rendit pas compte qu'elle ne tenait plus la plaie, laissant son propre sang s'écouler librement, tandis qu'elle imaginait des scènes de tortures affreuses, avec l'homme devant elle dans le rôle du bourreau. Entre sa mine réjouie et sa blouse tachée, ça semblait bien trop réel pour n'être que des divagations de son esprit. Elle frissonna, persuadée d'avoir affaire au boucher du Bloc. Pourtant il n'y avait pas encore eu d'annonces de morts bizarres.. Peut-être prenait-il soin d'enterrer ses victimes ? Argh !

"Non vraiment, je regrette, ça ne va pas être possible.. Euh.. Il faut que j'y aille. On m'attend.. A l'inf.. A la cuisine. Pour.. éplucher des patates. De toute manière ce n'est rien de grave. J'ai été ravie de vous rencontrer. Et euh oui, tu es très beau, mais il faut vraiment que j'y aille."

Okay, c'était l'excuse la plus nulle qu'elle pouvait sortir. Mais la rousse n'était pas vraiment en état de réfléchir correctement. Elle s'apppuya sur ses bras pour se relever, grimaçant devant la douleur fulgurante qui lui traversa le gauche, avant de se lever et de faire mine de partir d'une démarche pas très assurée, affaiblie par la perte de sang. Elle adressa un sourire pas vraiment convaincant au psychopathe en espérant qu'il ne la découperait pas en rondelles pour se venger, et passa à côté de lui, se dirigeant vers la sortie. Ne jamais contrarié un fou, surtout sanguinaire. Une vingtaine de pas, et elle serait sauve. Tant pis pour son bras. De toute manière un peu de sang n'avait jamais tué personne. Si ? Bon okay, mauvais exemple.

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MessageMer 22 Oct - 16:02



Chirurgien méthodique ou boucher psychopathe?


Lorsqu’il vit l’expression figée de la rouquine, ses yeux azur grands ouverts, ses sourcils relevés en deux arcs parfaits et sa bouche béante, Jude fut persuadé d’avoir vu juste et de lui avoir tapé dans l’œil. Il célébrait déjà sa victoire, sa nouvelle conquête, première depuis son arrivée au bloc. Cependant, le temps des célébrations fut court et ses espoirs partirent en fumée quelques secondes seulement après s’être félicité d’avoir fait flancher le cœur de la jeune fille. Cette dernière fit un bond phénoménal en arrière, étonnement énergique pour une personne dans son état. Le medjack se vexa un instant et se fâcha de s’être écrié victoire trop tôt. Il savait pourtant que les femmes ne tombaient pas ainsi, aussi facilement devant une suite de compliments douteux.

Ce sentiment de frustration reparti aussi vite qu’il était venu. Le saut effrayé de la jeune fille avait empiré l’hémorragie et le sang coulait de plus belle le long de son bras, éveillant la passion inquiétante du jeune homme pour la chair et l’hémoglobine. Il fallait la soigner d’urgence, elle perdait trop de sang ; mais le medjack ne pouvait s’empêcher de se laisser aller à l’un de ses passe-temps favoris : jouer avec le patient. À présent amusé par la réaction de la jeune fille, il observa avec attention ce qu’elle allait faire ensuite tout en tâchant de ne pas laisser transparaître son égaiement. Cela lui fut impossible et bientôt, un sourire vint d’étirer sur son fin visage.

Affaiblie, effrayée, la jolie rousse le pointa du doigt sans gêne, tremblante sous l’effet de la fatigue et de ce qui lui semblait être de la peur, en le traitant de psychopathe. Jude laissa s’échapper un rire ; cette jeune femme était décidémment drôle, presque ridicule pensa-t-il. Elle le regardait toujours avec ses grands yeux teintés de colère et de crainte. Peut-être même apercevait-il une lueur l’implorant de ne pas l’approcher. Sa peau déjà pâle devenait plus blanche encore ; la perte de sang en était certainement la cause majeure mais le medjack jurerait que l’inquiétude venait empirer son teint à présent livide. Il rit de plus belle devant ce réjouissant spectacle.

Le garçon reprit son sérieux devant les regards assassins que lui lançaient quelques-uns de ses collègues, trop débordés pour prendre sa relève. Il eut un mal fou à le garder et crut un instant qu’il allait craquer lorsque la jeune fille lui sortit ce qui devait être la pire excuse qu’il ait pu entendre dans toute sa misérable vide de blocard.

- « Non vraiment, je regrette, ça ne va pas être possible… Euh... Il faut que j'y aille. On m'attend… A l'inf… A la cuisine. Pour… éplucher des patates. De toute manière ce n'est rien de grave. J'ai été ravie de vous rencontrer. Et euh oui, tu es très beau, mais il faut vraiment que j'y aille. »

Elle balbutiait et Jude trouvait sa vulnérabilité presque mignonne. Il la trouva plus adorable encore lorsqu’elle tenta de se relevé avec une difficulté non dissimulée. Son visage se déforma sous la douleur et arracha à Jude un sourire moqueur. C’est ce qu’il préférait dans son métier : admirer les expressions diverses des souffrants. C’était de loin ce qu’il y avait de plus drôle à regarder.

Hésitante, elle se tint debout sur ses deux pieds et commença à marcher en titubant vers la sortie. Elle laissait traîner derrière elle un long ruisseau rouge vif et avançait lentement, le pied traînant, le corps vacillant. Lorsqu’elle arriva à la hauteur du medjack, elle lui adressa un petit sourire timide que le medjack lui rendit aussitôt. Elle fixa ensuite avec une détermination rare la porte qui la mènerait à l’air frais, loin de cet endroit maudit. Jude la laissa espérer, il la laissa rêver au soulagement qu’elle ressentira une fois dehors. Lorsqu’il ne lui resta plus qu’une dizaine de pas, Jude s’avança vers la rouquine et passa un bras autour de ses épaules. Il se pencha de façon à ce que leurs deux visages se retrouvent à la même hauteur et lui souffla :

- « Où tu vas comme ça ? Sûrement pas très loin vu ton état. Tu ne tiendrais pas plus de deux mètres une fois sortis. »

Le jeune brun prit son bras ensanglanté et le pressa pour lui arracher un cri de douleur. Il laissa s’échapper un rire moqueur et recommença une seconde fois, juste pour le plaisir.

- « Tu vois, il faut soigner cette vilaine blessure. Les patates peuvent attendre, j’en suis sûr. Par contre, le beau medjack devant toi ne peut pas. »

Il souleva la rouquine et la porta de force jusqu’à la table d’examen, souillée par le sang, sur laquelle la blessée se trouvait auparavant. Il la coucha et la tint fermement par les épaules. Ainsi, dans la condition dans laquelle elle se trouvait et dans une position pareille, la jolie rousse ne pouvait pas faire grand-chose pour protester et était contrainte de rester tranquille. Jude se pencha en avant, vers elle, et lui dit sur un ton calme et posé :

- « Tu choisis : ou je t’attache ou tu restes tranquille. Dans les deux cas tu n’as pas le choix, il faut bien que je te soigne. Je voudrais bien te laisser partir mais tu es entrain de te vider de ton sang et n’importe qui prendrait peur en voyant dans quel état tu es : tu es effrayante à voir et tu es horrible à regarder maintenant. Tu ne voudrais pas traumatiser les autres tocards quand même ? »

Jude fit mine de frissonner de terreur en la regardant.

- « Ce serait dommage de laisser ta beauté se dépérir et de mourir moche, tu ne penses pas ? enchaîna-t-il, et puis regarde…, dit-il ému, regarde-moi tout ce sang, cette chair lancinée ! Elle m’appelle, elle n’attend que le moment où, enfin, mes doigts de medjack expérimenté viendront la chatouiller. Elle attend impatiemment qu’une aiguille se plante dans ses travers afin d’unir les deux extrémités de peau déchirée ! »

Il prit une longue inspiration et laissa sa dernière phrase en suspens, savourant sa musicalité. Il tourna ensuite son attention à nouveau sur la jeune fille et, surexcité, il lui demanda :

- « Alors c’est bon ? Je t’ai convaincu ? Tu vas rester tranquille ? »



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Dernière édition par Jude A. Hawkin le Jeu 23 Oct - 20:24, édité 1 fois
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MessageMer 22 Oct - 17:18

Il riait, de plus en plus. Comme si la voir dans cet état l'amusait. Comme s'il n'attendait que de se repaître de son corps meurtri -qui commençait à pâlir sérieusement, malgré la peau naturellement claire de la rousse. Pour un peu Eva lui aurait foutu son poing dans la figure. Si elle n'était pas aussi fatiguée, et lasse. Au lieu de quoi, elle laissa couler, prenant son manque de réponse pour un assentiment. Oui elle n'était pas vraiment en état de réfléchir, plutôt en mode pilote automatique. Il suffisait juste de se concentrer un peu. Avancer un pas, puis l'autre. Tant qu'elle se rapprochait de la sortie, tout irait bien. Ce qu'elle ferait ensuite.. Peut-être trouver de quoi bricoler un pansement. Et dormir.

Mais brutalement la réalité la rattrapa, en même temps que le medjack, qui passa un bras autour de ses épaules, avant de lui murmurer à l'oreille qu'elle n'irait pas très loin. Sous la surprise, Eva sursauta brutalement, avant de poser une main nerveuse sur le bras qui la bloquait et l'empêchait d'avancer. Seulement, déjà que le medjack était bien plus fort qu'elle, avec un seul bras et plus beaucoup de force restante, elle ne parvint même pas à le faire bouger, encore moins à se libérer. La coureuse serra les dents, un peu désespérée. Elle n'était plus seulement faible, ou vulnérable. Là elle se sentait carrément pris dans le piège dangereux d'un homme pas tout à fait sain dans sa tête. Plutôt complètement malade même, puisqu'il semblait prendre un malin plaisir à la tourmenter.

Il ne s'arrêta même pas aux piques verbales, puisqu'il appuya brusquement sur son bras ouvert, lui tirant un hoquet de douleur, avant qu'elle ne se morde les lèvres jusqu'au sang. Elle ne crierait pas, même si ça faisait un mal de chien. Lorsqu'il renouvela son geste, malgré toute sa volonté la rousse laissa échapper un petit gémissement, avant de se sentir vraiment mal. Sa tête se mit à tourner, tandis que ses jambes ne la portaient plus. Elle se serait sans doute effondrée, si le medjack ne l'avait pas retenue. Non pas qu'elle lui en soit reconnaissant pour ça. C'était de sa faute si elle était dans cet état après tout. -Même si elle était blessée avant d'arriver-.

Pas totalement consciente, sans pour autant être complètement partie, Eva ne comprit pas ce qu'il lui disait ensuite, avant de se sentir soulevée. Elle aurait aimé se débattre, le rouer de coups, mais son corps ne répondait pas. Comme s'il ne pouvait pas supporter une nouvelle onde de douleur supplémentaire. Alors elle se laissa faire, pestant intérieurement contre le fou de l'infirmerie, se jurant d'obtenir une vengeance plus tard. Il ne s'en tirerait pas ainsi. Pire, il allait regretter ce qu'il avait fait. Un psychopathe, au sein du Bloc. Comme s'ils n'avaient pas déjà assez à faire avec les Griffeurs du labyrinthe. Et il avait fallu que ça tombe sur elle... Pas de chance.

Le contact glacé avec la table de l'examen lui fit reprendre un peu ses esprits, et elle fixa un instant décontenancé le visage du medjack, qui la surplombait. Essayant de remuer, elle s'aperçut vite qu'elle ne pouvait rien faire. Ce qui faillit l'entraîner dans une nouvelle crise de panique. Seulement elle ne pouvait pas se le permettre maintenant, et planta ses ongles dans ses mains pour rester calme. Même si au final c'était plus par habitude que pour autre chose, vu qu'elle était bien incapable de ressentir autre chose que son bras droit qui pulsait douloureusement, et bien plus fort depuis que l'homme avait appuyé dessus. Quel enfoiré ! S'il ne la maintenait pas, elle l'aurait giflé. Son esprit oscillant dangereusement entre la panique et la haine, elle profita d'un regain d'énergie pour se montrer sarcastique. Même si elle n'était absolument pas en position pour ça. D'autant plus que s'il triturait son bras une nouvelle fois, elle sombrerait sans doute dans l'inconscience. Mais elle était bien trop fière pour se laisser malmener comme ça.

"Je suis effrayante ? Je risque de traumatiser les autres ? Non mais sérieusement, tu t'es regardé ?"

Eva tenta de se dégager une nouvelle fois, sans obtenir plus de succès. En entendant la nouvelle tirade du medjack, sur la beauté, le sang et les aiguilles, la rousse sentit un début de fou rire nerveux la prendre, et se fut à son tour de rigoler. Même si elle s'arrêta bien vite, en sentant son champs de vision se remplir de points lumineux. Elle ferma les yeux un moment, le temps de stabiliser un peu son état, avant de les rouvrir et de fixer son tortionnaire durement. Elle, rester tranquille ? Quelle blague.

"Il faut bien mourir un jour, non ? Et ce jour-là tu auras des choses en tête bien plus importantes qu'une quelconque notion de beauté. T'es complètement taré tu sais ?"

Elle rassembla ensuite ce qui lui restait d'énergie, avant de le foudroyer du regard et de lui lancer : "Lâche-moi. Tout de suite." Voyant qu'il ne s'exécutait pas, elle se roula péniblement en boule en prenant garde d'éviter de bouger son bras blessé. Avant de détendre violemment une de ses jambes en direction du ventre du medjack. Elle allait lui faire passer l'envie de rire, à ce boucher des bas quartiers ! Malheureusement son geste manquait cruellement de force, et l'homme s'il était un temps soit peu musclé n'avait sans doute pas senti grand chose. Au moins l'avait-il lâcher, sans doute plus sous le coup de la surprise que suite à la douleur quasi inexistante.

Essayant de sauvegarder le peu d'honneur qu'il lui restait, la rousse se démena jusqu'à réussir à se redresser, et à s'asseoir de manière plus ou moins confortable sur la table d'examen. Satisfaite de sa petite rébellion, et sentant son coprs qui ne la suivait plus et menaçait de s'effondrer à tout moment -à vrai dire, si l'homme la poussait même gentiment, elle s'étalerait de nouveau sur la table-, elle décida de lui concéder une demi-victoire, et lui tendit son bras ensanglanté, détournant à moitié le regard. Elle ne voulait pas le regarder, lui qui tenait sans doute plus à la faire souffrir qu'à la soigner. Mais elle avait besoin de lui. Et était bien obligé de le reconnaître.  

"... Je ne bougerai pas. Alors fais ton boulot, qui te tiens tant à cœur. ..S'il te plaît.. Mais si tu tentes encore une fois un geste déplacé, tu peux être sûr que tu le regretteras !"

Même si son discours était encore un peu véhément, ses menaces semblaient bien risibles vu son état actuel. Elle commençait à souffrir sérieusement d'anémie, et ça pouvait se mesurer à la pâleur de son teint. Sans compter qu'elle avait le plus grand mal à juste rester assise. Ce serait tellement plus simple de se laisser aller, de s'allonger de nouveau, et de sombrer. Mais vu le psychopathe qui n'attendait qu'un signe de sa part pour la déchiqueter, elle se l'interdit. Elle ne savait d'ailleurs plus trop quoi espérer. Qu'il s'en aille, ou qu'il la soigne. Les deux cas ne semblaient pas être des plus réjouissants, mais avait-elle le choix ?
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MessageVen 31 Oct - 21:11



Chirurgien méthodique ou boucher psychopathe?


Quelle patiente amusante elle faisait, la petite rouquine ! Cela faisait longtemps que Jude ne s’était pas autant diverti : la jeune fille, farouche et déterminée, semblait ne pas vouloir se laisser faire et tentait dans un élan désespéré de prouver qu’elle possédait encore quelque force ; assez pour lui maintenir une certaine fierté. Le medjack, cependant, trouvait le tableau pathétique et risible : ayant perdu trop de sang, la coureuse n’avait guère plus d’énergie qu’un vieux légume du champ des sarcleurs. Elle était faible, vulnérable et cette vulnérabilité se devinait à son visage qui avait pris l’aspect d’un mort.  Jude se délectait du manque de vie dans son expression, souligné cependant par une lueur sauvage, brillant dans ses gris iris. « Pauvre petite blocarde qui essaie tant bien que mal de ne pas sombrer dans l’inconscience » se disait-il en riant intérieurement.

La jolie rousse était à présent allongée sur la table  d’examen, dur et froide. Le contact avec celle-ci sembla lui redonner un semblant de vie et elle profita de cette force nouvelle pour se débattre de plus belle. Elle enfonça ses ongles dans la chair des mains du medjack ; l’impact resta minime et Jude ne cilla pas, trop occupé à savourer le spectacle de la jeune blessée. Un sourire enchanté s’étirait sans jamais disparaître sur le visage du brun. Il pouvait sentir la volonté vindicative de la rouquine et s’égayait de son manque de moyens d’accomplir sa vengeance contre le medjack fou qu’il était. Elle avait bien conscience qu’elle ne pouvait rien faire contre lui dans un tel état et tenta de se battre cette fois-ci à l’aide de remarques sarcastiques :

- « Je suis effrayante ? Je risque de traumatiser les autres ? Non mais sérieusement, tu t'es regardé ? »

L’audace de la coureuse arracha un nouveau rire à Jude. Au fond, il pensait bien l’aimé : elle n’avait pas froid aux yeux et même dans sa situation désespérée, elle continuait à vouloir garder le dessus. Cela ne pouvait que plaire au jeune medjack. Elle essaya de nouveau de se dégager de l’emprise de son psychopathe, mais sans succès. Elle fut d’autant plus affaiblie lorsqu’une envie de rire aux dires du medjack la prit soudain. Jude était satisfait : il avait même réussi à arracher quelques gloussements à la pauvre blessée. Elle se reprit cependant très vite et continua dans sa lancée :

- « Il faut bien mourir un jour, non ? Et ce jour-là tu auras des choses en tête bien plus importantes qu'une quelconque notion de beauté. T'es complètement taré tu sais ? »

Jude lui sourit et répondit à cela :

- « Je le sais, on me le dit souvent. Je le prends plutôt bien d’ailleurs. »

La coureuse ignora la réponse impertinente que l’insolent medjack venait de lui donner et lui lança un regard noir, un regard de tueuse, en le priant de la lâcher. Jude rit de plus belle ; il n’en pouvait plus tant sa patiente était drôle. Son rire effrayant résonna dans toute l’infirmerie et le jeune brun eut droit à de multiples remarques de la part de ses collègues. Soudain, un coup reçu dans l’abdomen mit fin à son moment de profonde hilarité. Il fut plus surpris qu’il n’eut mal : le coup de pied envoyé par la rousse rebelle avait été d’une faiblesse ridicule. Néanmoins, elle avait réussi à lui faire lâcher ses mains ; elle était à présent libre de ses membres. Mais que pouvait-elle encore faire avec, doté de si peu de force ? Elle abandonna et se redressa sous le regard amusé de Jude. Elle finit par lui tendre son bras, en signe de défaite :

- « ... Je ne bougerai pas, dit-elle d’un ton résigné, Alors fais ton boulot, qui te tiens tant à cœur. ..S'il te plaît... Mais si tu tentes encore une fois un geste déplacé, tu peux être sûr que tu le regretteras ! »

Jude se rapprocha de la jeune fille et la força à se rallonger malgré ses protestations ; il fallait que le sang s’écoule uniformément dans tous les organes de son corps et la position assise qu’elle avait adoptée un peu plus tôt n’était pas des plus convenables. Le medjack prit alors un pansement compresseur qu’il appliqua sur la blessure de la jeune fille. En plus de la pression du bandage, Jude s’amusa à appuyer plus fort afin de se délecter encore quelque temps des grimaces de la blessée. Il sentit alors la rouquine vouloir protester mais avant qu’elle ne puisse faire quoi que ce soit, il lui dit

- « J’arrête l’hémorragie, je t’assure. J’appuie juste un peu plus fort pour que ça aille plus vite et pour que tu me fasses le plaisir d’effectuer encore quelques belles grimaces de douleur. Je t’assure que ça rend ton visage dans un état pitoyable un peu plus beau. »

Le medjack sortit alors un tube à essai de sa poche et, de sa main libre, l’approcha de l’endroit où le sang s’écoulait encore. Un nouveau rictus se dessina sur le visage du brun et une nouvelle lueur de folie s’éclaira dans son regard chocolat. Il plaça le tube en verre sous la blessure et profita que le sang coulait encore pour en récolter quelques gouttes.

- « Ça, dit-il en balançant fièrement son échantillon, c’est pour mon étude personnelle. »

Il le plaça sur la table à côté, proche de la jeune fille mais, en même temps, pas assez pour qu’elle puisse tendre le bras si l’envie lui venait de vouloir reprendre l’hémoglobine récoltée pour les « études » douteuse du medjack. Pendant quelques minutes, il scruta la moindre réaction nouvelle de la part de la rousse, tandis qu’il attendait que le sang cesse de s’échapper du pansement compresseur. Alors que la coureuse continuait à l’observer avec un air de défi, lui, souriait toujours, le visage fendu d’un rictus béat et une horrible envie de tourmenter plus encore la jolie rousse le prenait chaque seconde qui s’écoulait. Il voulait se divertir, juste un tout petit peu plus. Il se promettait ensuite de se mettre réellement à l’œuvre.

- « Bon, lança-t-il en s’étirant, ça prend un peu longtemps à mon goût donc je propose une solution toute simple. »

Il prit le scalpel qui se trouvait un peu plus loin et se pencha avec, tout près de la jeune fille :

- « Les moignons sont très tendance ces temps-ci, puis je n’ai jamais eu le plaisir de découper le moindre membre. Ça me plairait pas mal d’essayer avec ton bras. De toute façon il est bien amoché et tu garderas une vilaine cicatrice, tu ne risques pas de regretter de l’avoir perdu. »

Il se mit à rire, un rire incontrôlable, trouvant son ironie de mauvais goût absolument hilarante.


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MessageLun 3 Nov - 17:26

HRP:
 

La lassitude l'envahissait maintenant presque complètement, sapant ses dernières forces. Lorsqu'il voulut la faire se rallonger, le medjack n'eut qu'à appuyer légèrement sur le corps de la rousse, pour qu'elle retombe sans effort sur la table. Elle avait usé toute son énergie pour une dernière bravade, et n'était même plus capable de se redresser à nouveau. Quel intérêt de toute manière ? Son soigneur ou bourreau selon les points de vue n'en avait que faire, et la maîtrisait aisément. Ce qui aurait pu la faire rentrer dans une colère noire, si elle avait été en état. Là, elle était bien trop lasse pour lutter. Ses membres ne répondaient plus, et une sorte de lourde torpeur semblait prendre un malin plaisir à l'empêcher de réfléchir et de bouger.

Lorsque le psychopathe dont Eva ne distinguait que les traits indistincts appuya sur sa blessure, un voile blanc se posa devant ses yeux. Elle voulut protester, mais aucun son ne sortit de sa bouche. Déjà considérablement affaiblie, elle flottait maintenant dans une sorte de demi-conscience, d'où elle entendait les paroles du medjack lui parvenir de loin, comme dans un rêve. Il arrêtait l'hémorragie. Ah oui, c'était vrai. Elle saignait. Beaucoup ? Difficile de s'en souvenir, son cerveau refusait de fonctionner normalement. Pourquoi était-elle ici déjà ? Sans doute à cause de son bras. C'était de là que naissaient les ondes de douleurs, qui lui parvenaient comme autant de signaux affaiblis. Peut-être ferait-elle mieux de se laisser aller, et de sombrer dans l'inconscience qui lui tendait gentiment les ras. Au moins n'aurait-elle plus mal. Est-ce qu'elle allait mourir ? Ce serait dommage. Il lui restait encore beaucoup trop de choses à faire. Comme trouver la sortie par exemple. Et puis c'était trop bête comme mort, avec tous les dangers qui rôdaient aux alentours. Qu'est-ce qu'ils pourraient bien écrire sur sa tombe, hein ? Mais peut-être que sa blessure n'était pas sérieuse. Elle aurait bien aimé s'en souvenir. Ou qu'il le lui dise, mais plutôt crever que de le lui demander. Saleté de psychopathe. Elle ne lui ferait pas ce plaisir.

Eva eut l'impression que ce dernier tramait d'ailleurs quelque chose, puisqu'il sembla s'agiter, avant de marmonner quelque chose à propos d'une étude. Elle ne put voir ce qu'il avait fait, n'ayant pratiquement plus de sensations dans le bras, et encore moins de force pour lever la tête. Elle se contenta de fixer le toit de l'infirmerie sans vraiment le voir. De toute manière ce n'était pas comme si elle était en état de voir grand chose. Mais malgré tout, sa curiosité s'éveilla un instant, perçant la brume qui recouvrait son esprit le temps d'une question :

"Quelle étude ?.."

La rousse avait murmuré, à bout de force. Peut-être ne l'avait-il pas entendu d'ailleurs. Elle aurait bien aimé l'engueuler et lui dire qu'il aurait dû lui demander son accord, mais c'était bien inutile et cela ne le ferait sans doute que rire d'avantage. Qu'est-ce qu'elle le haïssait en cet instant ! Péniblement, son bras valide se décala de quelques centimètres, tendit qu'elle tâtonnait dans le vide. Peut-être avait-il laissé traîner un scalpel au bord de la table, persuadé qu'elle ne représentait aucun risque. Mais sa main ne rencontra rien de matériel, et retomba. Dommage. Pour une fois, elle n'aurait eu aucun scrupule à enfoncer une lame dans le ventre ou le bras du psychopathe. Si tant était qu'elle ait suffisamment de force, ce qui était loin d'être dit. L'adrénaline était depuis bien longtemps retombée, et même une action désespérée était au-dessus de ses forces en cet instant. Mais dans sa semi-conscience, ça ne la dérangeait pas tant que ça. Elle aurait le temps de s'en occuper, plus tard. Si elle se réveillait. Même si techniquement elle n'était pas vraiment endormie.

Un moment s'écoula, sans que rien ne se passe vraiment. Du moins de son point de vue horizontal. La coureuse aurait bien lancé une nouvelle pique sanglante au medjack, mais parler demandait trop d'effort. Alors elle attendit, sagement. Elle l'aurait bien au moins fusillé du regard, mais sa vision était trop trouble pour arriver à situer exactement l'endroit où se trouvaient ses yeux. Dommage. Seulement le répit ne dura pas. L'homme se pencha suffisamment près d'elle pour que la rousse puisse discerner l'arme dans sa main, avant de déclamer qu'il allait l'amputer. Si son corps réagissait encore, elle aurait sûrement sursauté, ou fait un bond de répulsion. Là, tout ce qu'elle put montrer comme réaction se résuma à des yeux écarquillés. Il n'était pas sérieux. Si ? Impossible de savoir ce qui pouvait se dérouler dans la tête d'un fou. Mais Eva était sûre d'une chose : elle tenait à son bras.

Que faire ? Essayer de reconnecter ses neurones entre elles, pour commencer. Mais c'était si dur.. Si seulement elle pouvait attraper le scalpel, tout serait bien plus simple. Après plusieurs essais, sa main valide accepta enfin de bouger, pour une tentative pitoyable qui se solda par un échec. Le medjack n'avait eu qu'à décaler sa propre main tranquillement pour que l'arme lui échappe. Pour sa défense, Eva ne distinguait pratiquement plus les formes, et bouger était toujours aussi compliqué. Mais il fallait qu'elle essaye. Maintenant, elle se trouvait bien embêtée. Réfléchir. Du moins essayer, encore une fois. Peut-être parviendrait-elle à le raisonner. Mais pouvait-on réellement raisonner un fou ?

"C'est complètement stupide de couper pour arrêter une hémorragie.. T'es vraiment un medjack ?.. Si tu me coupes le bras.. Je te crèverai les yeux.. Plus tard.."

Trois petites phrases, énoncées péniblement comme dans un souffle. Elle espérait qu'il l'ait entendu. Parce que répéter était au-dessus de ses forces. Comme la majeure partie des choses d'ailleurs en cet instant. Mais sa menace n'en était pas moins sérieuse. Pour une fois dans sa vie, (du moins dans la partie dont elle se souvenait), la rousse était prête à faire le plus de mal possible à quelqu'un, juste pour se venger. C'était une sensation terrifiante, mais en même temps délectable et attirante. Comme si elle se promettait à elle-même qu'il ne s'en tirerait pas, et qu'elle le lui rendrait au centuple. Mais pas maintenant. Là, elle voulait juste dormir.

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MessageDim 16 Nov - 13:49



Chirurgien méthodique ou boucher psychopathe?


Quelle délicieuse idée représentait la perspective d’amputer le bras de la jolie rousse. Jamais encore le medjack n’avait pu sentir l’effet que cela pouvait produire, le plaisir que cela pouvait procurer que d’arracher un membre à l’un de ces blocarts. Il en avait rêvé, fantasmé souvent, si souvent ! Dans ses songes les plus doux, une lame s’enfonçait lentement et profondément dans la chair, venait déchirer les muscles, couper un à un chaque ligament, briser l’os du faible tocard. Le sang coulait à flots, le pauvre blessé se tordait de douleur, hurlait à la mort et Jude brandissait, fier et victorieux, le membre découpé, comme l’on brandirait le plus beau des trophées. Il aurait aimé - tant aimé – pouvoir reproduire ce scénario impossible avec la jeune coureuse. Il l’aurait vu succomber sous l’intenable souffrance, aurait vu son beau visage prendre une couleur irréelle. Il aurait vu le rouge carmin de son sang venir souligner l’orange flamboyant, de ses longs cheveux, brûlant de la couleur des flammes les plus mortelles. Et il aurait ri encore et encore, sans jamais pouvoir s’arrêter. Peut-être même se serait-il étouffé, que son hilarité l’aurait empêché de prendre ne fut-ce qu’une petite bouffée d’air. Et jamais il ne se serait autant diverti, jamais il ne se serait autant amuser et enfin, jamais n’aurait-il ressenti plus grand plaisir que de trancher le bras maigre de la rouquine. Jude souriait, tandis que dans son esprit détraqué, dans le plus profond de son imagination perverse, la jeune fille se vidait de son sang.

Il dût malheureusement retourné rapidement sur terre. Le medjack ne pouvait pas enfiler le costume de boucher lorsqu’il s’agissait de s’occuper d’êtres humains ; son devoir restait malgré tout, malgré ses pulsions malsaines, de soigner ces malheureux tocards, victime d’un mal plus ou moins grand. Il n’était pas non plus dépourvu de conscience et de sens logique : il savait pertinemment que s’il s’adonnait à ce fantasme inquiétant, la jeune farouche allait, sans aucun doute, mourir sur le coup tant elle avait déjà perdu de sang. Cette envie un peu trop forte de lui déchirer le bras devait et allait rester à l’état de pure chimère ; sa remarque à l’état de plaisanterie.

Le medjack pensait sincèrement que l’humour s’y décèlerait facilement lorsqu’il lança la fabuleuse idée de lui amputer son bras meurtri. Cependant, la jeune femme lança une réponse à laquelle Jude ne s’attendait pas ; une réponse qui, une fois de plus, le fit partir dans un fou rire incontrôlable :

- « C'est complètement stupide de couper pour arrêter une hémorragie…, souffla-t-elle dans un murmure à peine audible, T'es vraiment un medjack ?.. Si tu me coupes le bras... Je te crèverai les yeux... Plus tard... »

Le jeune homme n’en croyait pas ses oreilles. Qu’elle était drôle cette petite blocarde ! Pensait-elle réellement qu’il était assez fou pour commettre une chose aussi stupide et irréfléchie ? Peut-être en fait était-il assez dérangé pour le faire, mais il tenait malgré tout à son poste de medjack et ne se sentait pas d’y laisser son boulot pour une petite demi-heure de plaisir intense. « Quelle est naïve ! » pensa-t-il aussi.  Comment avait-elle pu croire ne serait-ce qu’un instant qu’il allait réellement lui amputer le bras ? Pensait-elle vraiment qu’elle se trouvait devant un meurtrier ? Jude prit plusieurs minutes à se reprendre tant la bêtise de sa remarque était drôle.

- « Aaaahh… pauvre fille qui croit se trouver devant un fou furieux. Bien sûr que oui je suis medjack. Très bon medjack même, si pas le meilleur. Et je sais également qu’il serait stupide et inutile de te couper le bras, bien que l’envie y soit. Je ne vais pas te tuer, ce n’est pas la peine de psychoter comme ça. Je ne suis pas fou. Du moins, pas complètement. »

Le medjack laissa s’échapper d’entre ses lèvres narquoises un dernier gloussement avant d’ajouter :

- « Aussi !, lança-t-il, un rictus amusé fendant son visage, Tu dois être celle qui lance les menaces les plus pourries de tout le bloc. Me crever les yeux ? Impossible, si je t’avais coupé le bras, tu serais morte avant. Du fond de ta tombe, j’ai du mal à m’imaginer comment tu pourrais faire ça. »

Il la regardait perdre ses forces petit à petit et laisser le sommeil embuer son esprit. Dans cet état de vulnérabilité, faible comme elle était, Jude ne put s’empêcher de la trouver belle. Elle représentait, ainsi, avec ses membres tremblants, son corps trop frêle, sa peau trop pâle et ses yeux perdant un peu plus chaque seconde de leur vivacité, la victime la plus parfaite qu’il ait vue. Le jeune homme ne trouvait rien de plus séduisant qu’une blocarde las de souffrir. S’il avait pu, il l’aurait laissé ainsi, allongée sans force, incapable d’effectuer le moindre effort. Vulnérable. Atroce faiblesse qui lui rongeait peu à peu la fierté qui lui restait. Jude ne put s’empêcher d’effleurer le visage frissonnant de la jeune rousse, sa peau froide et blanche comme la mort. Il murmura doucement :

- « Si je pouvais, je te laisserais ainsi, sans rien faire à part contempler ton petit corps s’affaiblir de plus en plus. »

Le medjack chassa cette idée de son esprit dérangé et reprit alors sa tâche véritable ; celle de soigner la vilaine entaille venue souiller le bras blanc de la coureuse. Le sang avait cessé de couler le long de celui-ci et commençait déjà à coaguler. Jude retira le pansement compresseur et sourit à la vue du rouge qui colorait ce dernier. S’il avait été plus fou encore, il l’aurait gardé volontiers, en souvenir du divin tableau de souffrance que lui avait offert la jolie rousse. Il se contenta cependant de le poser sur la table à côté et entreprit de désinfecter l’ignoble plaie, d’où du pue répugnant s’échappait encore. Il put ensuite s’adonner à l’un de ses exercices préférés dans le métier de medjack : rassembler les deux extrémités de chair déchirée. Il s’équipe alors d’une aiguille et du fil disponible à l’infirmerie. Un nouveau sourire malsain se fendit sur le visage de Jude, qui jubilait déjà à l’idée d’enfoncer cette petite aiguille dans la peau abimée de la belle blocarde. Mais avant de s’adonner à son étrange plaisir, il se pencha vers la coureuse et lui glissa à l’oreille :

- « Je vais recoudre la blessure maintenant. Tu vois, je suis bon medjack, je te soigne. Par contre, j’aime bien faire ce genre de travail lentement. Méticuleusement. Si tu es encore consciente, tu sentiras l’aiguille passée. Ce n’est normalement pas douloureux mais s’il se trouve que tu as mal et que tu en as encore la force, n’hésite pas à crier, ça ne me ferait que trop plaisir. »

Le medjack se mit au travail et enfonça l’aiguille, à chaque point, le plus lentement possible afin de profiter au plus de cette activité qu’il trouvait fort plaisante. Il aimait la sensation de l’aiguille s’enfonçant petit à petit dans la peau d’ivoire de la jeune fille, aimait guetter la réaction de la coureuse – réaction qui resta pour le plus grand malheur du medjack, absente. Devant ce manque de réponse, Jude ne se concentra plus qu’uniquement sur le fil qui traversait le maigre bras de la rouquine et finit sa tache, un air béat illuminant son visage d’adolescent.

Lorsqu’il eut fini, Jude se lamentait déjà de ne pas pouvoir s’amuser plus longtemps. Il aurait dû faire durer le plaisir, allonger le divertissement. Il était si rare qu’il s’égaye autant, qu’un patient résiste à ce point. Il avait devant lui une perle rare, perle qui, certainement, n’osera plus confier ses maux au jeune homme après une telle épreuve. Il fallait qu’il en profite au maximum avant qu’elle ne lui file entre les doigts.
Le medjack s’accouda près de son visage et l’observa un instant, à la recherche d’un nouveau jeu auquel il pourrait s’adonner avec sa jolie victime. Il réfléchit intensément et chercha l’inspiration dans les traits fins et harmonieux de la jeune fille. Soudain, une idée brillante lui effleura l’esprit. Son éternel sourire qui jamais ne quittait ses lèvres vermeilles s’étira plus encore. Jude s’approcha plus près de la coureuse et laissa son majeur se balader le long du nez de celle-ci, afin qu’elle ne puisse plus résister à l’envie de fermer les yeux.

- « Dors, jolie tocarde, dors , chantonna-t-il, Tu as été très amusante aujourd’hui, tu mérites de te reposer. Et pendant ce temps, moi, je te préparerai une petite surprise. Je suis sûre qu’elle te plaira ! »



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MessageMar 18 Nov - 18:49

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Est-ce qu'il s'entendait parler ? 'Très bon medjack' ? Quelle partie de lui représentait ça ? Celle qui riait aux éclats en voyant la douleur de sa patiente, ou celle qui s'amusait à empirer les choses en appuyant sur la plaie ? Eva l'aurait bien claqué pour avoir sorti une ânerie pareille. Contre qui tenait-il à faire impression ? La rousse qui se vidait de son sang sur la table froide d'auscultation, où les gens, aux alentours ? Peut-être que leur bataille -plus verbale que physique- avait attiré du monde autour ? Elle n'en savait rien, et était bien trop fatigué pour ouvrir les yeux. Déjà qu'elle n'entendait que la voix de son tortionnaire sous forme d'un horripilant murmure, impossible de savoir ce qu'il se passait, à l'extérieur. A l'extérieur ? C'était fou comme son monde venait de se réduire en quelques minutes seulement, passant du labyrinthe tout entier, à une minuscule petite table perdue au milieu de tant d'autres dans l'infirmerie.

Au moins, il ne comptait pas l'amputer apparemment. Ce qui soulageait beaucoup la coureuse, même si elle ne lui faisait pas confiance. Pour une fois elle était d'accord avec lui. Elle n'aurait jamais pu lui crever les yeux, dans son état. Mais ça faisait toujours du bien de menacer un peu. Elle avait l'impression de reprendre un minimum de contrôle, et de donner des conséquences aux actes insensés de celui qui se faisait appeler de manière très injuste medjack. Ça ne ferait sans doute pas très bon effet pour lui si sa patiente succombait d'une stupide coupure au bras. Peut-être même finirait-il exiler dans le Labyrinthe. Après tout, avec la panique qui avait lieu au Bloc en ce moment, d'autres seraient condamnés pour moins que ça.. En tout cas elle lui ferait passer l'envie de rire, à ce foutu psychopathe.

Une main effleura son visage, dont la peau frissonna en réponse. Eva aurait bien aimé savoir ce qu'il se passait, mais son état de semi-conscience était bien trop agréable et enveloppant pour le quitter. Là, elle ne sentait plus la douleur, ni les paroles du medjack. Seul son cerveau tournait encore un peu, au ralenti, incapable de relever le moindre stimuli extérieurs. Ses pensées dérivaient juste, sans but. Elle ne sentit pas les chairs de son bras se presser l'une contre l'autre, ni l'aiguille la transpercer. Peut-être quelques picotements, mais noyés par cette foutue douleur qui pulsait toujours de manière douloureuse. Qu'elle commençait à sentir de nouveau, à mesure que sa conscience s'éclaircissait. Mais ce fut de courtes durées, puisqu'à peine tenta-t-elle d'ouvrir un œil, une caresse sur l'arête de son nez lui fit abandonner son idée première. Elle se rappela avoir pensé que c'était un geste qu'on faisait habituellement à son chat, pour lui faire fermer les yeux, avant de s'endormir pour de bon cette fois. Comme si, pour la première fois depuis qu'elle était entrée dans l'infirmerie, elle se sentait en sécurité et pouvait enfin lâcher prise. Bien évidemment, ça aurait été autre chose si elle s'était rendue compte de ce qui se tramait au-dessus d'elle.

Un nouveau tour du medjack, encore une fois à ses dépends.  

Eva n'aurait su dire si elle avait dormi quelques instants ou quelques heures, tant elle se sentait cotonneuse. Encore à moitié endormi, elle émit un petit bruit entre le grognement et le gémissement, avant de s'étirer à demi. Prudemment, elle reprit contact avec le monde extérieur, et tenta de bouger ses doigts de son bras blessé. Ca tirait un peu sur la plaie, mais rien d'insurmontable. La douleur s'était nettement apaisée d'ailleurs. Peut-être que l'autre fou avait fait son travail finalement ? Elle ne se serait sans doute pas réveillé si ce n'était pas le cas. A cette pensée, elle frissonna, avant de d'ouvrir les yeux et de cligner plusieurs fois jusqu'à focaliser correctement. Soulevant légèrement sa tête, elle ramena son bras blessé dans son champ de vision, et pu observer les points de suture, réguliers. Ouf. Elle allait enfin pouvoir quitter cet endroit. Jusqu'à ce qu'un mauvais pressentiment ne la saisisse, et qu'elle se raidisse. Où était passé le medjack complètement taré ?....
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MessageSam 22 Nov - 22:59



Chirurgien méthodique ou boucher psychopathe?


La belle rouquine laissa doucement ses lourdes paupières se fermer ; l’appel de Morphée est irrésistible et le doigt du medjack caressant l’arrête de son nez délicat ne fait qu’accentuer son envie de se laisser aller aux pays du songe. Jude, un sourire de malice aux lèvres, l’observait faiblir et se laisser lentement emporter par le sommeil, trop faible pour résister. D’une voix douce, une voix chantante dans laquelle, si l’on pouvait l’entendre, l’on percevait une légère pointe de folie, le jeune homme répétait sans se lasser : « Dors sale tocarde, dors. » La coureuse obéit aux paroles du blocard et abandonna son combat, laissant –enfin- son frêle corps se reposer. Le medjack se tut et la regarda s’assoupir, toujours ce même sourire inquiétant fendant son visage d’adolescent. Il resta ainsi, pendant une vingtaine de minutes, regrettant déjà les expressions torturées de la rousse farouche. Son air, à présent, ne ressemblait en rien à celui qu’elle arborait tout à l’heure : avant, l’air qui colorait son visage lui donnait ce côté si divertissant à la coureuse, était un air qui trahissait une souffrance certaine, un air qui voulait la cacher sous le masque du défi. Maintenant, les traits de la jeune fille demeuraient tranquilles, relaxés et Jude cru presque voir s’étirer un sourire béat sur ses lèvres vermeilles.

Elle ne faisait rien à présent, la rouquine, à part soulever de manière régulière, au rythme de sa respiration, sa poitrine ridiculement plate pour une jeune femme de son âge, poitrine qui ne laissait pas le loisir au medjack de se rincer l’œil. Très vite, l’adolescent se lassa de cet état passif et pour peu, il lui aurait bien enfoncé un nouveau poignard dans le bras, juste pour le plaisir de voir ses lèvres se déformer en une grimace sous la douleur, et ses yeux azur lui lancer des éclairs. Qu’elle avait été drôle, cette petite blocarde, à vouloir lui tenir tête à tout prix ! Pour n’importe quoi, le jeune homme aurait revécu ce moment de grande et franche rigolade. Si sa réaction déjà était telle face à la folie de Jude, nourrie par la vue du sang, que ferait la jolie rousse si elle était un jour victime de la transformation et que le medjack s’occupant de son cas se trouvait être ce tocard à la santé mentale tangente ? Le jeune brun l’imaginait déjà lui sauter dessus, une rage animale brillant dans ses yeux bleus saphir. Il se mit à rire en imaginant cette scène violente et délicieuse.

Le medjack marqua une pause dans sa contemplation et reprit ses esprits, chassant les doux rêves que produisait son imagination perverse. Il se leva péniblement, les membres engourdis, et attrapa son matériel souillé par le sang séché de la rouquine. Il lança un dernier regard à cette dernière et laissa s’échapper un petit ricanement, rire farceur qui n’annonçait rien de bien rassurant. Jude souffla, plus pour lui-même que pour la jeune fille, à présent insensible à tout son : « Le jeu n’est pas finie sale renarde. Toi et moi, on va encore pouvoir s’amuser ! »
Excité comme un gamin, il s’applaudit lui-même, se félicitant de la brillante idée qui lui avait traversé l’esprit un peu plus tôt, ponctuant le tout par de petits cris de joie, cris enfantins, couinements presque effrayants. Il partit ranger et laver une partie du matériel, la démarche fière et satisfaite. Peu de temps après, Jude revint auprès de la coureuse endormie, dans sa main droite un scalpel propre et brillant d’un éclat nouveau, dans sa main gauche une pile de tissus et une bouteille remplie de désinfectant. Il posa le tout sur la petite table, à la gauche de la tête de la belle rêveuse, et se pencha de nouveau vers la belle rousse, approchant son visage à quelques centimètres du sien. Il admira un instant l’expression de plénitude qui se devinait dans les traits sereins de la jeune fille puis lui souffla au visage, brise brûlante qui effleura la peau ivoire de l’indomptable coureuse.

- « Tu dors ? », murmura le medjack en tapotant du bout de ses doigts les joues pâles de l’adolescente. « Oui, tu sembles dormir. Parfait ! Je vais pouvoir commencer. »

Jude, tocard écervelé, doté de l’imagination la plus malsaine qui soit, s’écarta de la blocarde et reprit son scalpel qu’il fit tournoyer entre ses doigts, longs et fins. Il s’assura que celui-ci fut bien propre, qu’aucune saleté ne venait briser la pureté parfaite du métal argenté. Il prit l’avant-bras encore valide de la jeune fille et le ramena près de lui. Un horrible rictus fendit son visage, signe que sa personnalité psychopathe ne s’était pas encore évanouie et qu’elle prenait toujours, en ce moment, le dessus sur son côté plus humain. Un rire étrange perça le silence de l’infirmerie. Jude rapprocha son instrument de la peau blême de la jolie rousse et le laissa glisser dans la chair de celle-ci, enfonçant la pointe assez profondément pour que la marque s’inscrive et reste visible durant deux semaines au moins. Il prit gare cependant à ne pas toucher les veines ; il ne voulait en aucun cas tuer ou faire du mal à la jeune fille. Le medjack souhaitait simplement lui laisser un petit souvenir qui lui rappellerait longtemps encore sa visite mouvementée à l’infirmerie. Et déjà, le long du bras blanc de la coureuse, perlaient quelques gouttes rubis de sang. Jude continua à graver sur la peau ivoire, durant ce qui parût être une dizaine de minutes, un mot étrange que seul lui pour l’instant arrivait à lire. Lorsqu’il eut fini son chef-d’œuvre, il s’empressa de désinfecter la nouvelle blessure qu’il venait de créer puis, une fois que la plaie cessa de cracher son hémoglobine, l’adolescent contempla, secouer par un fou rire, son plus bel ouvrage. Dans la chair de la jeune femme, l’on pouvait y lire « Jude ♡ ». Le medjack se laissa emporter dans un éclat incontrôlable et faillit s’étouffer tant il riait. Quelques-uns de ses collègues lui lancèrent un regard suspect mais aucun ne chercha à savoir ce qui avait provoqué une telle hilarité chez le jeune homme. Toujours gloussant, Jude sortit son carnet et son crayon et écrivit sur l’une des feuilles les mots suivants :

« Sur ton avant-bras se trouve un présent,
Que tu ne pourras, j’en suis sûr, qu’apprécier,
Ce moment avec toi fut fort amusant
Un souvenir je tenais à te laisser.
Avec amour,
Jude, le plus beau des medjacks »


Il glissa le morceau de papier dans le décolleté de la rouquine et partit, radieux, un sourire espiègle aux lèvres.

•••


Quatre heures s’écoulèrent durant laquelle l’amusante blocarde dormit du plus profond des sommeils. Elle rouvrit les yeux lorsque déjà la lune avait pris la place du soleil et que la pénombre avait envahi le bloc. Jude, qui depuis deux heures déjà demeurait dans un agréable état d’oisiveté, ne manqua pas de remarquer le réveil de la rouquine. Il ne dit rien, guettant sa réaction, observant de loin le moindre de ses gestes. Il attendait, impatiemment, que la jeune fille découvre le mot qu’il lui avait laissé, et le cadeau qu’il lui avait infligé. Il pouffa de rire devant l’air méfiant et perdu qui vint peu à peu assombrir son blanc visage. Néanmoins, l’adolescent se lassa très vite et, impatient, lança à la rouquine, une pointe de moquerie dans sa voix :

- « Regarde dans ton décolleté. Il n’y a tellement rien à voir, je n’ai pas pu m’empêcher de le remplir un peu. Tu me remercieras plus tard. »

L’indice jeté, Jude passa devant la jolie rousse, lui lança un grand sourire innocent et sortit en sifflotant de l’infirmerie.

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Chirurgien méthodique ou boucher psychopathe ? [Jude A. Hawkin]

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