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Pourquoi gardes-tu les paupières closes? ♣ ft. Wendy [TERMINÉ]

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MessageMar 28 Oct - 23:06



   
   Wendy & Loveela
   Pourquoi gardes-tu les paupières closes?

E
lle n’avait jamais mis les pieds dans la cuisine, la petite Loveela. Elle était souvent passée devant la porte toujours ouverte et y jetait un coup d’œil, prise d’une terrible envie d’y prendre l’une ou l’autre sucrerie dans un des placards trop hauts pour elle, toute petite qu’elle était. Cependant, elle ne l’avait jamais fait. Un jour qu’elle s’était décidée à y entrer, elle s’était arrêtée net dans son élan. Plusieurs papillons, les ailes teintés de la couleur du néant, avaient obstrué son champ de vision. « Ce que tu t’apprêtes à faire n’est pas bien » lui avait murmuré la voix de celui qu’elle appelle « Nuhr ». Depuis, elle n’avait plus osé tenter d’y entrer et se contentait d’un simple regard gourmand lancé vers les fourneaux. Les biscuits qu’elle désirait manger, elle ne les mangeait qu’en rêve. On lui avait dit qu’il ne fallait pas avoir peur, que le mâton des cuistots avait la main sur le cœur et n’hésiterait pas à donner à la petite Loveela ce qu’elle souhaitait comme douceur. Mais la petite fille avait trop peur de revoir les sombres papillons qu’elle avait aperçus lorsqu’elle avait franchi le seuil de la porte.

Aujourd’hui, comme tous les autres jours, elle avait laissé se glisser un regard curieux vers les fourneaux en passant devant la pièce d’où s’échappaient d’exquises odeurs. Cependant, aujourd’hui ne fut pas comme tous les autres jours : son œil s’arrêta soudain sur une chose qu’elle n’avait encore jamais vue en ces lieux. Autour d’une jeune cuisinière dont elle n’avait pas encore eu la chance de faire connaissance, elle vit des centaines de petits papillons blancs comme la neige danser au rythme des mouvements de la jeune fille. Certains venaient embellir sa chevelure aux couleurs du soleil, retenu par un élastique en simple queue-de-cheval, d’autres venaient se poser sur ses mains effectuant des prouesses avec les quelques ingrédients posés sur son plan de travail. La douce Loveela fut intriguée par la jeune femme. Elle voyait toujours des papillons blancs lorsque quelque chose ou quelqu’un de profondément bon se tenait devant elle. Sur peu des blocards elle avait pu en apercevoir.

Loveela, petite curieuse, observa plus attentivement la jeune femme. Elle ne put manquer de remarquer que jamais ces yeux ne s’ouvraient et que, constamment, elle les gardait clos. « Pourquoi les garde-t-elle fermés ? » demanda-t-elle tout bas à Nurh. Sa seule réponse fut le silence. « Toi non plus tu ne sais pas » murmura-t-elle. Elle reporta son attention sur le visage de la cuisinière. Elle était jolie, elle avait un beau visage serein et Loveela se plût à imaginer de quoi devaient avoir l’air ses yeux que cachaient secrètement ses paupières. La petite sarcleuse les imaginait bleus. Un beau bleu intense et azur comme celui du ciel de midi. Ils seraient grands et brillants d’intelligence. Un papillon irait se noyer dans ces yeux-là.

Intriguée, Loveela surpassa sa peur imbécile de la cuisine et entra dans la pièce qu’autrefois elle craignait tant. Aucun papillon noir ne fit apparition et elle put calmer son petit cœur qui s’était mis à tambouriner violemment dans sa poitrine. Elle s’avança vers la jolie blonde et prit un siège en face d’elle. Elle la vit tressaillir au son de ses pas et du boucan qu’elle fit en tirant l’un des hauts tabourets. La jeune Loveela s’assit et contempla encore pendant quelques secondes les papillons dont les ailes avaient la couleur de la pureté.

- « Il y a des papillons autour de toi, dit-elle finalement à la jeune femme, mais ne t’en fait pas, ils ne sont pas noirs, ils sont blancs. Ça veut dire qu’il n’y a rien de mauvais chez toi. »

Loveela marqua une pause. Elle pensait que comme les autres, la cuisinière allait finir par lui dire qu’elle délirait. Tout le monde lui dit, à Loveela, qu’elle est folle. La petite fille attendait qu’un reproche s’échappe des lèvres roses de la blonde, mais rien ne sortit. Elle semblait juste confuse et refusait toujours d’ouvrir les yeux. Elle le devait pourtant, si elle voulait observer les merveilles ivoire qui l’entouraient. Elle aurait dû soulever ses lourdes paupières si elle voulait vérifier les dires de Loveela. La petite sarcleuse ne comprenait pas pourquoi elle ne voulait pas les contempler.

- « Pourquoi n’ouvres-tu pas les yeux ? Il faut que tu les ouvres si tu veux voir les papillons. Ils sont beaux, tu raterais quelque chose en les gardant clos. Pourquoi les gardes-tu clos ? »
WILDBIRD
 


Dernière édition par Loveela N. Reese le Lun 15 Déc - 20:43, édité 1 fois
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MessageMer 29 Oct - 11:51


 

 
 Pourquoi gardes-tu les paupières closes ?  

ஐ Ft. Loveela & Nuhr  ஐ


Couper, éplucher, étaler, puis recommencer. Des gestes répétitifs mais nécessaires pour nourrir tout le groupe. Les mains de Wendy travaillaient toutes seules ; c'était automatiquement qu'elles attrapaient une tranche de jambon séché, qu'elles étalaient le beurre sur le pain, qu'elles épluchaient la salade et tranchaient les tomates. Chacun des ingrédients développaient une odeur fabuleuse aux narines de l'aveugle, et leur substance était douceur ou fermeté, légèreté ou mollesse. Un véritable bal des sens.  

Il ne restait plus qu'une petite dizaine de sandwichs a faire lorsqu'une petite brise annonçant l'arrivé d'un blocard vient perturber son travail. Wendy fini son ouvrage en cours, puis rangea ses outils à leur place respective, le temps qu'un siège se déplace pour accueillir son invité. Le maton fronça legerement ses sourcils : elle ne reconnaissait pas le blocard devant elle. Ce devait être une petite personne, car même assise sur un tabouret haut, son souffle était plus bas que la tête de Wendy. Et à ce même souffle, l'aveugle déduit que c'était une fille. L'odeur de terre lui indiqua finalement que c'était une sarcleuse. La non-voyante sourit, et s'adossa au plan de travail en face de son invité.

« Il y a des papillons autour de toi, mais ne t’en fait pas, ils ne sont pas noirs, ils sont blancs. Ça veut dire qu’il n’y a rien de mauvais chez toi. »

Si il y avait eu des papillons dans les cuisines à ce moments là, c'était dans la voix de la jeune fille que Wendy les auraient trouvé. Chacun des mots qu'elle prononçait s'envolaient délicatement en dansant jusqu'aux oreilles de l'aveugle. Une voix enfantine pleine de douceur et de fraîcheur qui changeait agréablement de celles des autres blocards.

« Pourquoi n’ouvres-tu pas les yeux ? Il faut que tu les ouvres si tu veux voir les papillons. Ils sont beaux, tu raterais quelque chose en les gardant clos. Pourquoi les gardes-tu clos ? »

Les papillons dans la voix de la jeune sarcleuse étaient innocents. Pourtant, en entendant sa question, Wendy sentit son cœur se déchirer petit a petit. En arrivant au Bloc elle avait dû apprendre à vivre avec son handicap, mais même encore maintenant, il lui arrivait de paniquer quand elle s'apercevait qu'elle ne voyait pas. Sa cécité n'était pas naturelle, elle en était persuadée. Elle sourit tristement à sa jeune invitée.  

« J'aimerais bien voir ces petites merveilles, mais je ne peux pas ouvrir les yeux. Je suis aveugle. La voix du mâton était douce, puis elle se mit a rire doucement. Mais ne t'inquiète pas, je les entends très bien ces papillons, et il y en a beaucoup autour de toi aussi. »

Malgré sa bonne mémoire, Wendy se rendit compte qu'elle n'avait aucune idée de qui était l'innocente jeune sarcleuse en face d'elle et de quand elle était arrivée. Elle soupira. Si elle sortait un peu plus de ses cuisines aussi, elle aurait surement déjà entendu parler de la fille aux papillons. Elle se redressa et se dirigea vers un placard en hauteur. Elle sortit une boite de cookies et revint auprès de la blocarde. Le chocolat était une denrée plutot rare, et ses pâtisseries partaient très vite. Heureusement, elle en cachait toujours une partie pour des cas comme celui là.

« Tu en veux ? Je les ai fait cette semaine, ils sont peut être un peu durs. Fait attention à tes dents ! Si elle aurait pu, l'aveugle lui aurait fait un clin d'œil. À la place, elle se contenta de s'assoir sur le deuxième tabouret et de lui tendre la boite. Si une de tes dents casse tu pourra toujours aller voir les Medjacks en disant que c'est à cause de Wendy ! La cuistot prit elle aussi un cookie avant de demander d'une voix toujours douce : C'est quoi ton nom à toi ? »

 


 
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Dernière édition par Wendy Rheon le Sam 1 Nov - 21:28, édité 2 fois
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MessageVen 31 Oct - 13:10



   
   Wendy & Loveela
   Pourquoi gardes-tu les paupières closes?

L
a petite Loveela, qui aimait les jolies choses, s’était attendue à voir et admirer les beaux yeux, qu’elle imaginait saphirs, de la jeune femme. Loveela, débordante d’imagination, était certaine qu’il s’agissait devant elle des plus beaux yeux du bloc et, curieuse qu’elle était, elle se laissa rêver à une chance de pouvoir les apercevoir. Innocente Loveela lui avait parlé des papillons qu’elle seule semblait pouvoir distinguer. Elle en avait parlé à tant d’autres qui lui avaient répondu que ces papillons n’étaient que fantaisie ! Loveela ne pensait pas que la belle mâton aux cheveux d’or puisse les voir elle aussi, mais elle les avait mentionnés dans l’espoir de voir ces lourdes paupières se soulever. Cependant, celles-ci restèrent closent et la jeune femme ne laissa pas le loisir à l’enfant d’entrevoir le bleu océan de ses iris. Le regard de la cuisinière demeura mystère pour la jeune candide. Elle les gardait secret, comme l’on garderait secret le plus précieux des trésors.

La petite Loveela, lorsqu’elle lui parla de ses yeux, vit se dépeindre sur le visage de la jolie blonde une expression à la fois mélancolique et torturée. L’enfant, qui n’aimait pas voir les visages se colorer de la couleur de la tristesse, se demanda, pleine de culpabilité, ce qui avait pu provoquer cet air malheureux. La jeune femme esquissa un sourire navré et dit, d’une voix douce qui vint, comme un murmure, caresser les oreilles de la petite fille :

- « J'aimerais bien voir ces petites merveilles, mais je ne peux pas ouvrir les yeux. Je suis aveugle. Mais ne t'inquiète pas, je les entends très bien ces papillons, et il y en a beaucoup autour de toi aussi. »

Aveugle. Lorsqu’elle prononça ce mot, Loveela vit un papillon noir sortir des lèvres roses de la cuistot. Il s’échappa, vif et rapide, comme un fou, et vint souiller de sa couleur impure la ronde des papillons de neige qui tournait autour de la jeune femme. Loveela ne connaissait pas ce mot, « aveugle ». Elle ne l’avait jamais entendu. L’enfant savait une chose cependant, un indice que le papillon teint de la nuance de la mort lui avait soufflé : ce mot ne désignait en rien quelque chose de bon. Il ne pouvait qu’être mauvais puisqu’il empêchait la jeune femme d’observer le monde merveilleux qui l’entourait.
Néanmoins, ce mot nouveau pour la petite fille ne fut pas le détail, dans les dires de l’aveugle, qui la frappa le plus. Ce qui étonna le plus l’ingénue Loveela fut la réponse de la belle cuisinière. Jamais encore une seule personne ne lui avait répondu ainsi, aussi gentiment et sans la traiter de  victime d’une méchante folie. Jamais encore l’enfant n’avait rencontré quelqu’un qui, comme elle, pouvait percevoir ces papillons fantastiques. Loveela fut émue, et une chaleur heureuse envahit ses joues hâlées ; elle laissa s’écouler le long de ses pommettes quelques perles de larmes brillantes.
« Regarde Nurh, chuchota-t-elle, il y a quelqu’un d’autre qui les entend aussi, les papillons. Je n’ai pas de « mafolie ». Je ne suis pas folle, ils sont bien là. »

Loveela fut arraché de son monologue intérieur par le bruit sec d’un placard se refermant. Elle leva ses grands yeux chocolat et vit, entre les mains de la généreuse mâton, une boîte remplie de douceurs sucrées. À l’intérieur, des dizaines de petits cookies y étaient soigneusement rangés. La petite fille laissa s’échapper un cri de joie : elle en avait tant rêvé, de ces sucreries, lorsqu’elle passait sa tête d’enfant dans l’entrebâillement de la porte. Elle avait imaginé leur goût, s’était fait saliver plus d’une fois en songeant à l’explosion de saveur dans sa bouche lorsqu’elle croquerait dans l’un d’eux. Elle les contempla, les yeux pétillants d’excitation, comme l’on contemple un objet rare. Loveela n’osa pas tendre la main pour prendre l’une de ces merveilles et attendit que la jeune femme lui en donne la permission :

- « Tu en veux ? Je les ai faits cette semaine, ils sont peut-être un peu durs. Fait attention à tes dents ! Si une de tes dents casse tu pourras toujours aller voir les Medjacks en disant que c'est à cause de Wendy ! »

L’enfant rit à cœur joie et ne se fit pas attendre pour piocher dans la petite boîte métallique. Elle croqua, gourmande, dans la douceur chocolatée et soupira de plaisir ; ce biscuit, depuis son arrivée, était le plus beau cadeau qu’elle ait reçu.

- « C'est quoi ton nom à toi ? », demanda soudain la belle aveugle.
- « Nurh m’a appelé Loveela , répondit la petite métisse encore la bouche pleine, je trouve ça jolie, on dirait le nom d’une fleur. Et toi, qu’est-ce qu’on t’a donné comme nom ? Est-ce que tu as aussi le nom d’une fleur ? »

La jeune Loveela finit d’engloutir son biscuit avec avidité. La tentation d’en prendre un deuxième fut ensuite trop présente : son bras voulait s’étendre, elle voulait goûter à nouveau à l’un de ces délices mais elle n’osa écouter son estomac. La petite fille, pour oublier sa gourmandise, posa cette question qui depuis tout à l’heure lui brûlait les lèvres :

- « Pourquoi ne demandes-tu pas aux medjacks de te rendre la vue ? lança soudain Loveela entre deux bouchées, puisqu’ils peuvent réparer des dents cassées, pourquoi ne pourraient-ils pas réparer tes yeux ? »

WILDBIRD
 
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MessageSam 1 Nov - 23:06


 

 
 Pourquoi gardes-tu les paupières closes ?  

ஐ Ft. Loveela & Nuhr  ஐ


Un rayon de soleil. Une voix douce et chaleureuse, une imagination débordante et une joie de vivre qui faisait chaud au cœur, ça c'était la jeune sarcleuse, telle que Wendy la percevait. Le bonheur de faire plaisir à la fillette en lui donnant ses friandises emplit l'aveugle pour qui le petit cri de joie n'était pas passé inaperçu. Tant de douceur n'était pas habituel au Bloc, Wendy sourit en croquant elle aussi dans son cookie, laissant les pépites de chocolat fondre avec délice sur sa langue comme si ils étaient de délicats trésors.

« Nurh m’a appelé Loveela , je trouve ça jolie, on dirait le nom d’une fleur. Et toi, qu’est-ce qu’on t’a donné comme nom ? Est-ce que tu as aussi le nom d’une fleur ? »

Décidément cette sarcleuse était pleine de surprise. Bien que Wendy n'avait aucune idée de qui était Nurh, elle écouta avec attention la petite voix qui lui semblait être la chose la plus lumineuse qu'elle n'avait jamais entendue. Il n'y a pas de Nurh au Bloc, de cela, la mâton en était sûre, mais ce qui fit rire la cuistot fut la question de Loveela. L'enfant devait être en train de déguster son cookie quand elle lui avait dit son nom. Wendy comprenait, c'était dur de réfléchir lorsqu'on mangeait du chocolat pour la première fois depuis des mois. Elle redit alors d'une voix douce son prénom :

« Je m'appelle Wendy, je ne suis pas sûre que ce soit un nom de fleur ... »

Fée Blanche. La signification de son nom lui revint en mémoire d'un seul coup. Comme si la chrysalide qui enfermait la chenille de son ignorance s'était brisée pour laisser apparaître un beau papillon blanc de la connaissance.  Elle savoura l'information et la garda bien au chaud dans sa mémoire. Parfois, d'autres souvenirs apparaissaient et elle les rangeait tous à ce même endroit.

« Pourquoi ne demandes-tu pas aux medjacks de te rendre la vue ? Puisqu’ils peuvent réparer des dents cassées, pourquoi ne pourraient-ils pas réparer tes yeux ? »

Wendy sursauta légèrement, surprise par la voix et la question de la fillette. Elle se souvenait très bien de ses premiers jours au Bloc, elle avait essayé le travail des medjacks et au passage avait demandé à l'un d'entre eux d’examiner ses yeux. Non seulement elle n'arrivait pas à les ouvrir, comme si les muscles étaient inexistants, mais même si on lui soulevait manuellement ses lourdes paupières elle ne voyait toujours rien. Le medjack lui avait dit que ces yeux étaient bleus, l'aveugle avait juste pleuré. A ce moment là elle sut qu'elle ne pourrait plus jamais revoir le jour. La cuistot chassa ses souvenirs douloureux pour se concentrer sur le présent.

« Il y a des choses que l'on ne peut pas guérir, Loveela. Sa voix était aussi douce que de la soie, Et je ne suis pas sûre de vouloir voir, la jeune femme sourit, se rendant compte qu'elle disait vrai, j'entends beaucoup de chose, je sens chaque particules d'air et de matière sur ma peau, je peux sentir des odeurs que tu ne pourrais jamais imaginer ... Je vois bien plus de chose que les autres blocards ! Tu devrais essayer un jour ! »

Wendy espérait que la fillette essaierait vraiment. L'aveugle espérait secrètement que tout les blocards essairaient un jour de vivre comme elle le faisait, ils se rendraient alors compte qu'ils se fatiguaient beaucoup pour si peu, et que les apparences sont si futiles et trompeuses. Wendy tendit a nouveau la boite à cookie à Loveela,

« Je ne me souviens pas de t'avoir vu avant ... Tu es arrivée il y a peu ? Est-ce que les autres sont gentils avec toi au moins ? »

 


 
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MessageDim 16 Nov - 23:05



   
   Wendy & Loveela
   Pourquoi gardes-tu les paupières closes?

L
oveela, douce petite sarcleuse, n’avait jamais vu encore de fleur plus lumineuse que la belle aveugle. Petite fille qui se complaisait à se perdre dans la beauté des choses qui l’entourent, Loveela n’aurait eu aucun de mal à rester une semaine durant au milieu de la chaleur des fourneaux et des odeurs délicieuses des plats des cuistots, juste pour pouvoir contempler encore et encore l’aura généreuse qui se dégageait de l’élégante jeune femme qui jamais n’ouvrait les yeux, ainsi que les papillons aux couleurs de la pureté qui tournoyaient autour d’elle. Loveela, enfant poète, pour toujours aurait pu se laisser bercer par le son délicat de la voix s’échappant des lèvres vermeilles de la ravissante mâton. Pendant un instant, la saveur exquise du biscuit de la jolie cuistot aux cheveux d’or, les pépites de chocolat qui fondait sur sa langue, lui firent oublier son rêve, charmante utopie, songe impossible, qu’était de devenir coureuse. Pendant un instant, la petite Loveela se vit aisément derrière les fours, se noyer dans les extraordinaires saveurs qui empliraient la pièce entière. Elle pourrait ainsi, tous les jours, observer de loin les belles et blanches créatures qui tournoyaient en harmonie parfaite avec chacun des mouvements de la cuistot, jeune femme admirable au nom aussi délicieux que ses biscuits.

- « Je m'appelle Wendy, dit la jolie blonde d’une voix douce comme le coton, belle mélodie enchanteresse ; je ne suis pas sûre que ce soit un nom de fleur ... »

Loveela vit le visage de la belle Wendy s’illuminer d’une merveilleuse lumière, tandis que de sa bouche s’échappait un papillon d’une couleur que la petite fille ne connaissait pas. Enfant curieuse, intriguée par la vision d’un être nouveau, Loveela suivit sans relâche des yeux le papillon teint des nuances les plus étranges, jusqu’à ce que celui-ci s’évanouisse comme un rêve. La voix de Nurh murmura alors aux oreilles de la petite fille un seul et simple mot : « Souvenir ». L’ignorante Loveela ne comprit pas ce que cet être étrange voulait lui dire et fronça ses fins sourcils, perplexe. Elle détourna la tête juste à temps pour voir s’émietter au creux des lèvres de l’aveugle quelques morceaux opales de chrysalide. Une fois encore, elle perçut Nurh lui murmurer ce même mot : « Souvenir ».

L’ingénue petite Loveela ne comprenait pas. Elle ne comprenait pas beaucoup de choses, cette enfant-là. Elle ne comprenait pas ce qu’avait voulu lui dire Nurh comme elle ne comprenait pas la cécité de la rayonnante Wendy. La petite fille ne s’imaginait pas qu’il y ait des choses qu’on ne pouvait guérir. Elle ne concevait qu’il y ait des maux qu’on ne pouvait soigner.

- « Il y a des choses que l'on ne peut pas guérir, Loveela., expliquait la radieuse jeune femme de sa voix limpide, Et je ne suis pas sûre de vouloir voir. »

La belle mâton sourit à la petite Loveela ; un sourire lumineux, un sourire contagieux qui ne tarda pas à se retrouver sur le visage enfantin de la jeune sarcleuse.

- « J'entends beaucoup de choses, continua la jolie cuistot, je sens chaque particule d'air et de matière sur ma peau, je peux sentir des odeurs que tu ne pourrais jamais imaginer ... Je vois bien plus de chose que les autres blocards ! Tu devrais essayer un jour ! »

L’enfant ferma ses lourdes paupières. Elle voulait essayer, là, maintenant, de percevoir ce que seule la douce aveugle percevait. Loveela voulait sentir sur sa peau ces choses inconnues que Wendy, généreuse Wendy, lui décrivait. Loveela voulait que de de nouveaux arômes envahissent ses narines. Cependant, l’étrange petite fille ne discerna aucune des merveilles que la jeune femme aux cheveux étincelants pouvait discerner. Loveela ne vit que le noir, le néant, plus angoissant que jamais. Elle rouvrit les yeux, de peur de s’enfoncer dans le sombre abîme qui ne lui rappelait que trop bien la terrifiante obscurité de la boîte d’où elle était sortie.

- « Il fait tout noir quand je ferme les yeux, c’est effrayant, murmura la jeune enfant d’une voix tremblante, je n’arrive pas à voir les choses que tu vois. Tu dois avoir un pouvoir spécial, un « don » comme dit mon grand chêne. Tu es unique, comme moi. »

La petite Loveela reprit une douceur chocolatée de la boîte métallique que la jeune femme bienveillante lui tendait. Elle croqua dedans sans attendre et se laissa enivrer par l’explosion de saveurs que se dégageait de chaque miette du fantastique biscuit. L’exquise saveur cacao chassa le noir, souvenir sinistre, de l’esprit lumineux de la petite fille.

- « Je ne me souviens pas de t'avoir vu avant ... Tu es arrivée il y a peu ? Est-ce que les autres sont gentils avec toi au moins ? » demanda soudain la ravissante Wendy.

Loveela, singulière enfant, se rappela alors des remarques toutes plus tranchantes les unes que les autres que le reste des adolescents lui avaient envoyé ; coup de couteau, insultes douloureuses qui avaient permis à la petite fille, durant ses premiers jours à se forger une carapace, bouclier de fer qui lui avait permis de ne pas se laisser consumer à petit feu sous l’avalanche de blessantes remarques. Les autres enfants avaient balayé, un à un, toutes les belles illusions de la petite Loveela. Ils lui avaient répété sans se lasser le mot sanglant « folle », dont la signification ne s’éclaira que plus tard pour la petite ignorante. Ils brisaient son rêve, son unique désir, et l’empêchaient de rejoindre le rang des coureurs auquel elle aspirait tant ; folle ambition qui la rongeait de l’intérieur. Et tout autour, dansant follement autour des « blocarts » qui se plaisaient à la rabaisser, battant macabrement des ailes sombres comme la nuit, des milliers de papillons couleur du néant étaient venu couvrir le visage de ces enfants aux odieuses paroles.

- « Cela fait une lune que je suis arrivée dans ce monde, répondit la sarcleuse d’un air rêveur, Le monde est beau mais les enfants qui y habitent ne sont pas tous beaux. Certains sont terrifiants. D’autres sont méchants. Beaucoup sont couverts de papillons noirs. Nurh m’a dit que les papillons noirs ne tournaient qu’autour des mauvaises choses. Autour des choses pourries. »

Loveela marqua une pause durant laquelle elle croqua une nouvelle fois dans son biscuit et continua, la bouche pleine :

- « Ils m’ont dit que j’étais folle. Ils m’ont dit que ce que je voyais n’existait pas, que j’entendais des choses que seule une folle peut entendre. J’ai beaucoup pleuré mais le grand chêne m’a consolé et m’a dit qu’ils étaient jaloux des jolies choses que je voyais, des belles paroles qu’on me chuchote à l’oreille… Et toi, est-ce que les enfants sont gentils avec toi ? Ou sont-ils jaloux aussi du don que tu possèdes ? »

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MessageLun 15 Déc - 14:34




 Pourquoi gardes-tu les paupières closes ?  

ஐ Ft. Loveela & Nuhr  ஐ


Wendy n'avait jamais ressentie cela auparavant. Cette sensation de bonheur simple. De chaleur diffuse et agréable. Elle se sentait bien pour la première fois depuis son arrivée, et cela grâce à la douce fillette qui lui faisait face. Grâce à cette voix enfantine qui lui donnait envie de sourire encore et pour toujours. Loveela était une sarcleuse pleine de surprise et d'une gentillesse innocente et rare dans le bloc. C'était pour Wendy un réel plaisir que de découvrir cette jeune fille qui semblait vivre dans un monde enchanté, entouré de papillons. Sa voix de cristal, légère et tremblante vint chatouiller les oreilles de Wendy.

« Il fait tout noir quand je ferme les yeux, c’est effrayant. Je n’arrive pas à voir les choses que tu vois. Tu dois avoir un pouvoir spécial, un « don » comme dit mon grand chêne. Tu es unique, comme moi. »

Un don. Elle n'avait jamais perçue sa cécité comme un don, mais plus comme un malheur, une malédiction. Une malédiction qui non seulement l'empêchait de voir, mais qui la forçait à trembler chaque jours et surtout chaque nuits sous les hurlements des Griffeurs. Savoir que son handicap était perçu comme un cadeau par la fillette lui fit une drôle de sensation dans son estomac. Une unique larme perla en dessous de sa paupière gauche close. Première larme qui n'était pas de tristesse, Wendy ne l'essuya pas. Elle resta assise sur son tabouret et écouta l'enfant avec un magnifique sourire qui étirait ses lèvres fines.

« Cela fait une lune que je suis arrivée dans ce monde. Le monde est beau mais les enfants qui y habitent ne sont pas tous beaux. Certains sont terrifiants. D’autres sont méchants. Beaucoup sont couverts de papillons noirs. Nurh m’a dit que les papillons noirs ne tournaient qu’autour des mauvaises choses. Autour des choses pourries. »

Passionnante, émouvante, fragile. Wendy resta sans voix. La vision du monde et du bloc de Loveela était tout simplement débordante d'imagination et de sensibilité. Les papillons, Nuhr, sa façon de parler ... Tout en elle étonnait Wendy. La cuistot eu la subite envie de la prendre dans ses bras, sous son aile, et de la garder en sécurité pour toujours. La sarcleuse était un oisillon égarée dans un repère de loups. La suite ne surprit pas la Maton.

« Ils m’ont dit que j’étais folle. Ils m’ont dit que ce que je voyais n’existait pas, que j’entendais des choses que seule une folle peut entendre. J’ai beaucoup pleuré mais le grand chêne m’a consolé et m’a dit qu’ils étaient jaloux des jolies choses que je voyais, des belles paroles qu’on me chuchote à l’oreille… »

Lorsque quelqu'un est différent, les gens avaient deux sortes de réactions : la pitié ou le mépris. Pour les enfants, c'était la même chose, mais en dix fois plus fort. Si les personnes du bloc avait eu pitié de Wendy et de son handicap, ils méprisaient et traitaient méchamment Loveela qui ne leur avait pourtant rien fait. Le sourire de la Maton se crispa sur son visage dans un grimace de dégout. Elle connaissait chacun des blocarts et devinait lesquels étaient méchant envers la petite. Ces personnes n'étaient pas les plus dignes d’intérêt et Wendy les évitaient le plus possible, mais à cet instant, l'aveugle n'avait qu'un désir : leur faire regretter leurs paroles et leurs actes.

« Et toi, est-ce que les enfants sont gentils avec toi ? Ou sont-ils jaloux aussi du don que tu possèdes ? »

Soupir. Wendy chassa de son esprit les sombres pensées qu'elle avait eu quelques minutes plus tôt. Et se concentra sur la voix.

« Comme pour toi, les enfants n'étaient pas très gentils avec moi quand je suis arrivée. Mais certains m'ont aidé à m'en sortir, et m'ont redonné espoir.»

Avec un pâle sourire, Wendy se remémora ses journées à pleurer, jusqu'à ce que certains blocarts lui redonne confiance en elle et dans le monde. Elle espérait que la même chose se produirait pour Loveela et que la sarcleuse s'intègrerait aussi bien que la Maton dans le groupe. En attendant, Wendy ferait tout pour aider l'adorable fillette.

« Les blocarts sont idiots de ne pas voir tout ce que tu peux leur apporter. Je suis sûre qu'un jour ils le comprendront et t'apprécieront comme il se doit. Courte pause. En attendant, je compte sur toi pour manger le reste de ces cookies ! Je t'en fais cadeau ! »

Elle tendit une fois de plus et pour la dernière fois la boite dans laquelle se trouvait les derniers pâtisseries afin que la sarcleuse la prenne. Symbole de leur amitié naissante.  




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MessageLun 15 Déc - 20:38



   
   Wendy & Loveela
   Pourquoi gardes-tu les paupières closes?

Q
ue c’était dur à porter, pour Loveela, que d’être différente des autres ! Que c’était éprouvant pour la petite fille de penser autrement, d’observer d’une manière tout autre, de s’exprimer de façon étonnante.  Son grand chêne un jour, lui avait soufflé dans une brise parfumée, que la belle enfant était « spéciale ». L’étrange Loveela le savait, elle n’était pas ordinaire. « Nurh » l’avait persuadé, la douce petite, qu’il était préférable de ne pas être ordinaire ; de posséder ce petit quelque chose qui la différencie de la masse des blocards tristes et moroses, agressifs et impulsifs. Elle en était fière Loveela, de ne pas ressembler à ces enfants couverts d’ombres. Cependant, cette fierté avait un prix. Celui-ci était la jalousie. Partout où elle allait, elle ne cessait de rencontrer des enfants pousser par la jalousie à la méchanceté. « Nurh » lui avait dit qu’ils enviaient sa vision des choses. « Il » lui avait dit qu’il était normal qu’ils désirent secrètement posséder son regard sur le monde. Ces autres enfants, avaient devant eux un monde noir, un monde blanc, un monde aux nuances de gris. Loveela, rêveuse, vivait dans un monde en couleur, un monde trop beau. Elle avait un don la petite Loveela ; un cadeau si rare ! Et nombreux était les désireux rêvant à posséder ce don.

Wendy, lumineuse Wendy, avait aussi un don. La tendre enfant le percevait. Peut-être était-elle la seule à le percevoir. « Nurh » le lui avait chuchoté à l’oreille : « La belle aux cheveux d’or est elle aussi spéciale. » Loveela, solitaire petite fille, s’était emplie de joie en découvrant quelqu’un d’autre d’exceptionnel. Elle n’était plus seule, la candide Loveela ; elle avait quelqu’un d’autre avec qui partager son secret. Cependant, la fragile Wendy avait-elle enduré ce qu’elle endurait à présent ? Avait-elle aussi été victime des mots noirs des autres enfants ? Généreuse Loveela souhaitait de tout son petit cœur que l’éblouissante adolescente n’ait jamais eu à souffrir de pareilles horreurs.

- « Comme pour toi, les enfants n'étaient pas très gentils avec moi quand je suis arrivée. Mais certains m'ont aidé à m'en sortir, et m'ont redonné espoir.»

Le sourire mélancolique de la belle maton brisa son tendre cœur d’artichaut, à la sensible petite fille. Jamais elle n’avait mérité cela, que de se faire maltraiter par les autres enfants. Elle était trop gentille, Wendy, trop généreuse. Elle avait la main sur le cœur la charmante jeune femme et méritait selon la douce Loveela, de l’amour et non de la haine.
Son sourire mélancolique était aussi pour l’innocente Loveela une lumière d’espoir. Si les autres avaient un jour tendu la main à Wendy, pourquoi pas à la jeune enfant ? Si certains avaient ouvert les yeux, avait vu la beauté de l’âme de la cuistot, pourquoi ne verraient-ils pas celle de Loveela ? Aujourd’hui déjà, on lui avait tendu une main généreuse, à la charmante enfant. Wendy, en ce jour, avait été la première à lui parler à l’aide de mots doux, à ne pas employer la force de mots obscurs pour briser un à un, en mille et un morceaux, chacun de ses rêves à Loveela.

- « Les blocarts sont idiots de ne pas voir tout ce que tu peux leur apporter. Je suis sûre qu'un jour ils le comprendront et t'apprécieront comme il se doit. »

Loveela offrit au monde le plus beau des sourires. Elle reprenait courage, la pauvre enfant. La voix teintée de sensibilité de la belle blonde venait caresser ces espoirs que la petite métisse nourrissait en elle, venait les raviver, les faisait ressurgir de là où, depuis quelques jours maintenant, ils étaient terrés. Elle marquait quelque chose de nouveau, la généreuse Wendy. Ce premier pas qu’elle avait fait vers la petite Loveela marquait un jour nouveau. Elle revivait Loveela, sortait lentement de sa cachette. Elle pensait, l’ignorante enfant, que sa rencontre avec la maton marquerait peut-être le début de son adhésion au bloc. Les autres adolescents, enfin, allaient pouvoir se tenir à côté d’elle. Non contre elle.

- « En attendant, je compte sur toi pour manger le reste de ces cookies ! Je t'en fais cadeau ! »

Les yeux chocolat de la candide Loveela s’illuminèrent lorsque ses prunelles suivirent le mouvement de la boîte métallique se glisser vers elle. Elle laissa s’échapper un petit rire d’entre ses lèvres rosées, heureuse. Elle prit avec gourmandise le dernier biscuit et le fourra tout entier dans sa bouche, toujours riant. Elle referma la boîte, vide à présent, et la serra contre son cœur. Ce geste simple, cette boîte grise, avaient suffi à faire le bonheur de la drôle enfant. La bouche pleine, la jolie métisse articula tant bien que mal un « merci ». Elle continua à sourire, l’heureuse Loveela, à rire de ravissement. Une larme de joie perla le long de sa joue moka.


- « Tu es la première à avoir été aussi gentille avec moi. Peut-être que demain, quelqu’un d’autre le sera, comme tu l’as été aujourd’hui ? Peut-être que quelqu’un d’autre a, lui aussi, des papillons blancs dans ses cheveux ? »

La joyeuse Loveela, étincelante d’un espoir nouveau, la boîte toujours pressée contre sa poitrine, reposa les pieds à terre et trottina d’un pas léger jusqu’à la porte de la cuisine. Une fois dans son encadrement, avant de sortir affronter le monde de dehors, elle dit à la belle Wendy :

- « Je vais dire au grand chêne que j’ai rencontré un soleil. Je vais lui dire que j’ai une nouvelle amie lumineuse, ma première ! Au pied de mon grand chêne, j’enterrerais cette boîte. Elle m’est précieuse et elle doit reposer près du grand chêne qui lui aussi est précieux. »

En souriant une dernière fois à la tendre adolescente, elle sortit en courant et en criant :

- « Je reviendrais te raconter les belles choses que je vois ! »


Mais la petite fille, plus jamais ne raconta à Wendy ces belles choses qu’elle voyait.
La petite fille, plus jamais ne revit la généreuse maton.
La petite fille, plus jamais ne revint.


WILDBIRD
 

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Pourquoi gardes-tu les paupières closes? ♣ ft. Wendy [TERMINÉ]

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