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Ce qui se dit dans le silence [PV Julie]

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MessageMer 12 Nov - 18:40

Un sourire. Lumineux, éclatant, franc, vrai. Un sourire comme elle n'en a jamais vu. Des dents blanches parfaitement alignées se dévoilent derrière des lèvres rosées qui s'étirent sur les côtés. Une petite fossette sur le côté droit vient agrémenter le tout. Une joie de vivre débordante se lit rien qu'à la vue de ce sourire pur et innocent. Le visage tout entier s'en ressent, respirant le bonheur.

Son visage.


Adhara se réveilla brusquement. Ses yeux s'ouvrirent grands et son coeur fit un bond dans sa poitrine. Elle suffoqua mais seule sa bouche s'entrouvrit pour prendre une bouffée d'air, le reste de son corps se refusant à une émotion trop intense. Vu de loin, on aurait même pas pu deviner qu'elle s'était réveillée.

Après avoir prit quelques secondes pour se calmer et reprendre ses esprits, la blocarde jeta un coup d'oeil sur les côtés et se rendit compte qu'elle était dans un petit lit en fer, avec un drap par dessus le corps. Les souvenirs lui revinrent. Durant son entraînement en début d'après midi, une soudaine migraine l'avait prise, l'obligeant à prendre du repos chez les Medjacks. Encore l'infirmerie. Cela faisait à peine plus d'une semaine qu'elle était arrivée et déjà, elle avait eu besoin d'assistance médicale par deux fois. Et elle aurait donné cher pour faire oublier son premier accident, à savoir s'être fait prendre la main dans son propre piège. Au moins cette fois-ci, une migraine s'avérait être un prétexte moins ridicule.

Adhara soupira et bougea doucement la tête de droite à gauche. La douleur était presque passée, il n'en restait qu'une misère. Soulagée, elle entreprit de réfléchir au bref rêve étrange qu'elle venait de faire. Elle ne se souvenait pas avoir rêvé depuis son arrivée au Bloc, il s'agissait d'une première. Et quel rêve étrange. Etait-ce un souvenir ? Un message des Créateurs ? Ou tout simplement un rêve stupide et banal comme n'importe qui en fait ? Quand bien même la première option était bien tentante, la dernière semblait plus réaliste et sécurisante pour Adhara. Elle opta donc pour cette dernière, encore troublée par cette expression du visage qu'elle ne s'était jamais vu. Peut être les Créateurs avaient-ils modifié ses souvenirs, rien n'était certain ici hormis le présent. Et encore...

Tandis qu'elle songeait encore et encore à ce sourire, son regard errant son posa sur un lit à quelques mètres d'elle, occupé. Adhara s'en voulut de ne pas l'avoir remarqué plus tôt mais à son grand soulagement, la personne - une jeune fille qui devait avoir environ son âge - dormait paisiblement, ou du moins elle semblait. Tant mieux, elle n'avait aucune envie de discuter de toute manière. Cependant les Medjack semblaient être très organisés dans leur travail car la distribution des lits n'était pas faite au hasard : la jeune fille se trouvait dans le lit juste à côté de celui d'Adhara, remplissant juste le début de la rangée droite. Ainsi, ils devaient certainement remplir les lits dans l'ordre, pour mieux s'organiser. Cette proximité ne dérangea pas la trappeuse plus que ça, tant que l'autre restait endormie tout irait bien.

Elle retourna à sa dissection de ce rêve bref et mystérieux, qui l'obsédait bien plus qu'elle ne voulait se l'avouer.
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MessageMer 12 Nov - 19:32

La lumière ; elle m'aveugle. Les voix autour de moi, les gens sur les lits. Horrible. Trop horrible.

Mes yeux s'ouvrent, alors que je suis sur le côté. Ma respiration est calme, comme si je dormais. Je suis à l'Infirmerie. Migraine. Je suis ici depuis environ une semaine et ma première visite à l'Infirmerie est pour une foutue migraine. Il y a mieux comme symptôme.

J'entends du bruit sur le côté. Une respiration rapide. Quelqu'un s'est réveillé en sursaut. Je réprime un frisson en sentant le regard de la personne sur moi. Je déteste qu'on me fixe.

Je ferme mes yeux et actionne automatiquement une musique dans ma tête. Mais rien ne vient ; son regard m'empêche de me détendre. Ma main droite serre le drap posé sur moi, tandis que l'autre se serre aussi, plantant mes ongles dans ma paume.

Certaines mèches de cheveux viennent s'aventurer devant mon visage. Je rouvre les yeux et laisse ma lèvre trembler ; je connais cette sensation. Une sensation horrible, que je n'ai ressentie que très rarement -voir jamais- : le dégoût.

J'ai l'impression qu'on m'analyse, qu'on m'inspecte. Je déteste cette impression. Cette chose me donne envie de pleurer et de hurler. Est-ce que j'ai des souvenirs ? Pas question d'en avoir. Je ne veux pas me souvenir ; à quoi ça me servirait ?

J'en ai marre de cet endroit. Pourquoi nous enlever nos souvenirs, si c'est pour qu'on les retrouve juste après ? Trop de questions sans réponses.

Je retiens mon souffle un instant et ferme les yeux. Puis je me mords la lèvre jusqu'au sang. Je ne peux rien faire de plus. Je ne respire pas pendant quelques secondes, le temps de me mordre.

Et je me lève doucement, me mettant en position assise sur le lit. J'accorde un bref regard à la personne m'ayant observée. Une fille d'environ mon âge. Des cheveux blonds mi-longs et des yeux bleus clairs -ou comme un ciel d'orage selon la luminosité.

Je finis par regarder devant moi, ne prêtant plus aucune attention à cette fille. Aucune envie de parler. J'humecte mes lèvres et ferme doucement les yeux, essayant de faire le vide autour de moi. Vu que cette fille ne me fixe plus, j'y arrive sans problème.

Je commence à créer mon propre univers. Un univers sans Labyrinthe, c'est bien vrai. Un univers sans cette affreuse Boîte, c'est vrai aussi. Mais cet univers reste affreux. Un sol de sable gris, un ciel rouge comme le sang. Mon univers bien à moi ; un univers où il n'y a que meurtres et folie.

Les cadavres sur les routes, les corbeaux se nourrissant de ces derniers... Je déteste ce monde-ci, mais il fait partie de moi. J'aimerai un univers comme ceux des petites filles rêvant encore au Prince Charmant.

Je veux des licornes, des lampadaires en forme de sucre d'orge... Je veux que les habitants crachent non pas du sang, mais des paillettes. Je veux de la niaiserie. Du bonheur.

Ma tête se baisse automatiquement, alors que mes mains griffent mes bras nus. Je ne veux pas de souvenirs ; je ne veux pas d'espoir. Je ne veux pas sortir, je veux visiter ce Labyrinthe sans crainte. Je veux trouver ma place, je ne veux pas qu'on m'approche. Je ne veux dépendre de personne, je ne veux pas me faire d'amis. Je ne veux pas être comme les autres ; je ne veux pas vivre.

Je veux survivre et souffrir.
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MessageDim 16 Nov - 17:23

Le silence était vraiment le bienvenu. Depuis qu'elle était au Bloc, Adhara passait la plupart de son temps dans les sous-bois, là où le monde et l'agitation se faisait rare. Et pourtant, elle n'en avait jamais assez d'être seule, au calme. C'était sécurisant voire même rassurant. Oppressée par la "foule" de blocards lors de son arrivé, elle n'avait pas gardé de bons souvenirs de gens trop nombreux. Mieux valait être seule.

Elle se retourna dans son lit, tournant le dos à l'unique occupante autre qu'elle-même de la pièce. Ainsi, elle avait la vue sur l'unique petite fenêtre du dortoir, d'où elle voyait pointer les rayons du soleil ainsi que le passage frénétique de quelques blocards. Finalement le spectacle lui parut énervant et elle détourna le regard, qui se posa sur les lits vides. Et alors le souvenir lui revint en tête.

Ce sourire là, il y avait de quoi méditer dessus tout de même. Cette expression totalement anodine chez certains était complètement déplacée chez Adhara. Bien qu'elle eut du mal à croire que ce n'était pas les Créateurs qui avaient trafiqué ses pensées, la jeune fille continuait à supposer qu'il pouvait s'agir d'un souvenir. Un vrai. Une bribe de son passé.

Le passé.

Qu'était-ce donc que le passé ? Celui qui est sensé nous forger, celui auquel on est sensé se raccrocher ou au contraire, faire abstraction. Celui qui hante certains et en attendrit d'autres. Celui qui est précieux et ineffaçable. On le lui avait pourtant effacé. Ravit, volé, détruit. Peut être pas détruit. Peut être qu'on le lui rendrait. Mais quoi qu'il en soit, elle ne s'en souvenait plus et vu l'amnésie qui tourmentait encore la plupart des blocards, cela ne semblait pas prêt de s'améliorer pour elle. Et quand bien même on lui rendrait sa mémoire, qui garantirait qu'elle était entière et intacte ? C'était pire que le capitalisme et sa censure. D'ailleurs d'où tenait-elle ce genre de culture générale ?

Soudain, une violente quinte de toux la secoua et fit un vacarme épouvantable dans le dortoir jusque là vide de tout bruit brusque. Elle avait sûrement prit froid, d'où sa migraine... Le cacophonie causée lui fit craindre d'avoir réveillé sa colocataire et, désolée pour elle, Adhara jeta un coup d'oeil furtif dans sa direction, derrière son épaule en espérant la trouver toujours endormie.
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MessageVen 21 Nov - 12:59

Julie... Pourquoi je ne me souviens que de mon nom ? Je sais pourquoi, mais cette réponse me paraît inutile et sans intérêt. "C'est la seule chose qu'ils nous laissent." m'avait-t-on dit. Mais... non ! Ce n'est pas juste !

J'enfouis mon visage dans mes mains, essayant de calmer ma respiration ; qu'est-ce que je ressens ? Tristesse. Une émotion inconnue. Rectification : une émotion oubliée. Rien n'est juste ; je ne veux pas me souvenir. Je ne veux pas me souvenir. Je ne veux pas me souvenir...

Perdue dans mes pensées, j'entends une quinte de toux plutôt violente ; je hurle. Mes mains se plaquent instinctivement contre mes oreilles, alors que je me recroqueville sur le lit. Qu'est-ce qu'il vient de se passer ? Peur. Sursaut. Non. Non. Non...

Ma bouche se crispe en une grimace, je passe et repasse ma main dans mes cheveux ; mon cœur bat deux fois plus vite que la normale. Je veux... Je veux... je veux... Je ne... sais pas.

Je ne sais pas.

Impossible ; je sais toujours ce que je veux. Je deviens comme les autres.

Je cache ma tête dans mes bras et retiens les larmes. Je deviens faible. Ressaisis-toi, Julie ! Ressaisis-toi !

- Eh... Calme-toi. Shhh... Shhh... Regarde-moi ! Jue, regarde-moi ! Jue..., murmure une voix.

Surnom. Je me souviens de quelque chose ; une chose qui compte pour moi, juste là, à cet instant. Jue, un surnom que j'ai créé. Un surnom que seulement quelques personnes utiliseront.

Mes amis m'appelleront Jue.

Je tourne la tête vers la fille à côté de moi. Elle me regarde. Je plante mes iris dans les siennes et la fixe froidement ; je ne dois pas oublier qui je suis. Une Milicienne sans peur et sans reproche.

Je me remets en position assise, rejetant mes cheveux en arrière. Le calme règne, et ça me plaît. Mais elle m'a entendue crier ; trouver une excuse dans la minute qui suit.

- Concernant le cri, commençais-je sans même la saluer, j'ai simplement voulue savoir si ma voix était éraillée. (Excuse bidon, et il reste mes mouvements après ce hurlement. Je reprends :) Et je me coiffe toujours de cette manière lorsque je me réveille.

Bidon, bidon, bidon. Mais bon... j'ai regagnée un peu de fierté.
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MessageVen 12 Déc - 19:28


Spoiler:
 

Comme tirée brusquement d'un cauchemar, la patiente du lit voisin poussa un cri strident et plaqua ses mains sur ses tempes. Elle haleta, sous le regard impassible d'Adhara qui semblait à peine réaliser que sa voisine s'était manifestée. Pourtant à l'intérieur, elle se sentait légèrement désolée à l'idée de l'avoir réveillée. La jeune fille ne fut cependant pas longue à reprendre ses esprits et après quelques instants, elle darda un regard froid et dur vers la Trappeuse. Cette dernière de son côté, ne cilla pas d'un pouce, se contentant de fixer l'endroit où se trouvait la brunette sans sembler la voir réellement. Elle se sentait terriblement lasse et regardait sans voir.

Des mots déchirèrent soudain l'atmosphère paisible et le silence inviolable de l'infirmerie. Ils venaient de la bouche de l'autre patiente, qui débita une explication quant à son cri. Adhara reporta lentement son attention sur elle, histoire de la comprendre. Ce qu'elle disait en valait quand même la peine, tant c'était ridicule...

Oui bien sur, c'est absolument normal de se réveiller tous les jours dans un hurlement terrifié. Oui, c'est tout à fait normal. Tout le monde est dans ce cas d'ailleurs, n'est ce pas ?

Même Adhara, qui d'habitude ne faisait pas preuve d'une pointe d'humour, ne put s'empêcher d'avoir cette pensée ironique. L'excuse de la jeune fille était si pathétique qu'elle faillit en sourire. C'en était presque "mignon". Euh... Que voulait dire ce mot déjà ?

Comme pour s'enfoncer toute seule, la brunette reprit son explication, concluant qu'elle se coiffait toujours de la sorte - à savoir plaquer ses mains sur sa tête - lorsqu'elle se réveillait.

Mais oui.

Ses excuses paraissaient sans but à Adhara. Elle n'avait pas à se justifier. Elle avait hurlé, avait eu peur, point. Autant le lui faire savoir avant qu'elle ne se mette à justifier le pourquoi du comment elle s'était retrouvée à l'infirmerie.

- C'est rien, fit-elle dans un souffle, la mine impénétrable.

La douce lumière de l'infirmerie rendait les traits de la blondinette moins durs et son regard plus doux. On eut presque dit une mère qui réconfortait son enfant après une grosse frayeur. Pourtant, on pouvait clairement distinguer une tonalité sèche dans ses deux mots. Chassez - ou masquez - le naturel, il revient au galop. Mais était-ce vraiment sa "nature" que d'être si froide et distante ?
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