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Entrainement matinal, pas de quoi d’anormal - Feat Jyne et Zéphyr

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MessageSam 3 Mai - 16:44

En me levant ce matin-là, j’avais la bougeotte. Après avoir été ramassé mes proies, comme à mon habitude, j’ai décidé de m’entrainer. Depuis le début, je profite d’une ou deux de mes matinées calmes pour aller m’entrainer. J’aime y aller quand tout le monde ou presque dort encore, quand j’ai la paix et personne pour m’observer. Je sais que je manque encore de pratique, même si je viens souvent depuis 8 mois. Pourquoi je travaille si fort ? C’est parce que je veux être digne d’accompagner un coureur à l’intérieur du labyrinthe. Depuis quelque temps, je me sens plus en confiance, j’ai l’impression que je pourrais être prête à partir, mais chaque fois que je regarde d’autres équipes partir en mission, j’ai un creux dans mon ventre et alors je me décourage. Je ne pourrais pas me permettre d’être ainsi encore longtemps, bientôt on m’obligera à y aller, pour prouver que j’ai ma place chez les trappeurs. Alors je m’entraine de plus en plus souvent et de plus en plus longtemps, jusqu’à épuisement.

Je sais que l’art du combat ne fait pas partie de mon sang, que ce n’est pas dans mes gênes. Si j’avais quelqu’un pour m’apprendre, ça irait plus vite, j’imagine. Pour l’instant, tout ce que j’ai pu faire c’est tenter de reproduire des techniques que d’autres trappeurs, coureur ou milicien ont pratique en entrainement. Je n’ai aucune idée si je le fais bien. En même temps, j’ai l’espoir que si je continue de travailler, j’y arriverais.

En arrivant au terrain, je fais un rapide tour pour voir s’il y a quelqu’un. Je n’aime pas trop qu’on me regarde, surtout si je fais quelque chose de travers. Aujourd’hui j’ai un peu la tête ailleurs, alors je ne fais pas trop attention à ce qui m’entoure. Mes yeux sont fixés sur l’arbre ou je cache mes armes de fortune que j’ai fabriquées avec des branches. J’ai même un début de truc qui ressemblera peut-être à un arc un jour. Je n’ai aucune idée si j’arriverai à l’utiliser un jour… Pour ce matin, je m’en tiens à un bout de bois que j’utilise pour me battre contre de faux opposant. J’imagine que je tiens une épée comme les chevaliers, que je me bats contre des dragons. Peut-être qu’il y a des dragons dans le labyrinthe…

Et BAM, je frappe l’arbre le plus haut que je peux. Et BAM, un peu plus bas. Je sautille, garde mon équilibre, redonne un coup. Et BAM, à la taille. Et BAM à la tête. L’arbre qui est devant moi est une créature étrange mauve avec des griffes et des yeux jaunes. Je recule, reprends mon souffle et repars à la guerre. Je suis très concentré par mes mouvements. Après une vingtaine de minutes, je m’arrête, je me rends compte qu’en fait, se battre contre un arbre, ça devient vite redondant, il n’y a pas de surprise. Il y a aussi que je connais si peu de technique, que je ne sais pas trop comment m’entrainer. Je décide quand même de continuer, je ne peux pas m’arrêter ainsi. Je me mets alors à pratiquer une technique que j’ai observée. Je cours, glisse sur le côté et donne un coup.

La première fois que j’essaie, je me fais seulement très mal. Je ne sais pas comment placer mes bras et mon bâton me semble très lourd à bout de bras. Ce n’est vraiment pas évident. Je me relève et recommence. Encore et encore.


Dernière édition par Aryana Richard le Sam 3 Mai - 20:00, édité 1 fois
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MessageSam 3 Mai - 17:35



entrainement matinal, pas de quoi d'anormal.


Une délicate brise souffle sur mon visage. Je ne pourrais affirmer si elle est chaude ou froide du fait que je la sens à peine me caresser la peau. Mais si je devais définir la température de celle-ci, je dirais qu'elle est tiède. Adossée contre un des pins de la forêt du Bloc, j'observe le soleil artificiel qui s'étale sur l'ensemble de l'endroit. J'aurais pu m'attarder des heures durant, assise à essayer de trouver une solution pour sortir de cette cage sans fin, sans même une lueur d'espoir à laquelle m'accrocher. Si il n'y avait pas cette fille qui tapait sans arrêt sur ce stupide arbre. Faisait-elle exprès de me déranger ou c'était un don chez elle de venir me faire chier à chaque fois que j'avais besoin de calme et de sérénité ?

Cela faisait plusieurs fois que je la croisais, au même endroit et au même moment. Et à chaque fois elle tapait sur le même arbre, à croire qu'il lui avait fait quelque chose d'immonde tellement elle s'acharnait dessus. À quoi bon s'entraîner à se défendre quand on ne sait même pas contre quoi on se bat ? C'est vrai quoi, avec la description des coureurs sur les monstres qui hantent le labyrinthe je pense qu'on a du soucis à se faire. Je ne veux pas paraître pessimiste, mais bon dieu que veulent les Créateurs ? Nous voir mourir dans d'atroces souffrances est la réponse que la plupart des blocards imaginent. Personnellement, j'ai toujours pensé qu'on n'était pas là par hasard mais ça s'arrête là. Je n'arrive pas à chercher plus loin.

Je ne sais pas qui elle est, et pour faire court je m'en fou royalement. Les nouveaux venus ne sont pas si différents des anciens. Des stupides adolescents avec des stupides souvenirs effacés, bla, bla, bla. Tout ce que je sais c'est qu'elle éprouve de la haine contre un arbre qui ne lui a absolument rien fait et qu'elle ne fait pas parti de la milice. Voilà. Mais, il est vrai qu'elle m'intrigue un peu. Son désir obsessionnel de vouloir s'améliorer au combat est intriguant. Surtout pour une nana. J'imagine que c'est une coureuse ou une trappeuse. Vouloir faire de son mieux, s'améliorer, s'entraîner. Je connais ça. Mais il n'y a qu'une seule façon d'en être sûre.

Je ravale ma fierté et me lève rapidement. J'avance tout doucement dans sa direction en enjambant tous les troncs d'arbres qui bouchent mon passage. Elle ne m'entend pas arriver, à cause du bruit incessant du bâton contre l'arbre sans doute. Il résonne dans tout le bloc et ça devient insupportable. Arrivée à quelques mètres d'elle je peux mieux l'observer et me faire une idée de sa technique. Elle est plutôt bonne mais elle n'arrive pas à l'exploiter correctement. Elle sollicite beaucoup trop le haut de son corps alors que ça devrait être l'inverse. Bien sûr, on doit se servir de nos bras et de nos mains. Mais c'est avant tout les déplacements qui comptent. On doit pouvoir anticiper et cogner. Anticiper et cogner.

-Tu es vive. Tu dois utiliser ta vitesse contre l'ennemi pour gagner, dis-je froidement.

Il lui suffirait de travailler uniquement sur sa vitesse pour qu'elle puisse voir un réel changement. C'était évident pour moi. Si elle trouve la bonne méthode pour arriver à l'ennemi avant que lui n'arrive à elle, elle l'aura. À tous les coups. C'est comme ça que j'ai appris à dominer mon adversaire. Grâce à ma vitesse. Tout le monde n'a pas cet atout. Mais si jamais c'est le cas alors on doit le travailler. Surtout ici. Surtout dans un endroit aussi imprévisible que le labyrinthe.



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Dernière édition par Jyne Swan le Sam 3 Mai - 20:08, édité 1 fois
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MessageSam 3 Mai - 19:05

Encore tôt le matin. Donc je dors. Il faut dire qu'en ce moment, je m'autorise quelques moments de répit. J'ai pas mal donné pour un petit blocard de trois mois. Bien évidemment, j'avais reçu la motivation et les enseignements des meilleurs. D'un peu tout les rôles d'ailleurs. J'avais même la prétention d'endosser toutes les casquettes lorsqu'il s'agissait des taches quotidiennes. Peut-être en évitant les animaux. Enfin bref ! Depuis ma nomination au poste de maton, je n'avais pas une minute à moi. Le temps bèni à l’intérieur du bloc passait à une allure folle. Il faut dire que mes responsabilités grandissaient avec mon titre et ma prestance. Par chance j'arrivais à esquiver Juju pratiquement tout les jours. La petite tête rousse m’herissant gentiment le poil en ce moment. Pourtant, j'avais les idées ailleurs. Mes petites troupes. Bien que j'avais assurer qu'il n'y aurait pas de prise de pouvoir tyrannique de ma part en étant Maton, certains de mes collègues me prennent un peu pour la chef de la bande. En bon chef de groupe que je suis, j'avais d'ailleurs pensé à faire un conseil des trappeurs, pour m'assurer que ma voix est celle de mon groupe et non le reflet de mes propres idées. (On la ramène moins là Milicienne hein ?) Passant donc un bon moment à feignasser dans un petit coin, je me dis que tôt le matin j'aurais pas de gêneurs.

Et pourtant ! Dans ce petit bloc, il n'est de moment où les braves peuvent trouver le repos. C'est bien connu, il n'y a pas plus chieurs que ceux qui sont avec nous. Enfermé avec des inconnus, il ne fallait pas s'attendre à une cohabitation idéale. Ayant pour habitude d'avoir une grande gueule et de l'utiliser, je ne me gêne pas ce matin où je fais tout à l'envers pour; ne rêvez pas; quand même ouvrir ma grande gueule. Mon plus grand regret au moment où me lève pour aller botter les fesses de je ne sais pas qui, est de ne pas avoir d'arme sur moi. Et oui. Milice oblige (on en reviens toujours aux mêmes casses-couilles) Interdiction d'avoir une arme sur soi dans le bloc. Sauf quand on est une fille froide à tendance hystérique ... un peu une généralité chez les miliciennes vous me direz. Malheureusement pour eux, j'étais un génie de la bricole. Et ayant une autorisation exceptionnel pour tester mes pièges dans le bloc et si j'étais gentil des cobayes humains ... Non en fait j'ai pas le droit. Pas faute de vouloir. J'ai donc la possibilité d'user de tortures illicites dans l'enceinte de nos murs.

Malheureusement pour moi, pas pour aujourd'hui, encore une fois. La responsable de tout ce raffuts est, j'aurais du m'en douté, ma trappeuse de souries. Pendant que les trappeurs normaux risquent leurs vies dans le labyrinthe, la demoiselle use de ses non moindres talents pour chasser des bestioles mangeables. Superflus si vous voulez mon avis. Et sans relâche, la demoiselle s'entraine sur un pauvre arbre n'ayant rien demandé. Et la raison de mon agacement, est a ses cotés. Bien que la demoiselle en elle même me porte déjà assez sur le système. Non, il faut qu'une milicienne viennent lui filer des encouragements. Les voyants là, il n'y a que des piques qui me viennent en tête. Je fait un rapide tri dans mon esprits et sort celle qui me semble la moins blessante Reste pas trop par ici Jyne, tu risque de devenir inutile toi aussi Une fois dit, je me rend vite compte qu'en fait c'était très vexant ... Alors je me dis, autant faire les choses bien. Enfin ça changera peut-être pas grand chose Je regarde alors la milicienne avec un large sourire. Puis je m'interesse à ma "disciple"

Tu sais Aryana si tu en arrives à te battre au corps à corps avec une créature. C'est que théoriquement tu as échouer dans ton rôle ... Merde est-ce que ça aussi ça ne serait pas un peu vexant ?
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MessageSam 3 Mai - 20:07



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La journée avait plutôt bien commencé, si on excluait le fait que je n'avais pas encore pu prendre ma douche parce qu'elles étaient toutes occupées à mon réveil, que j'avais paumé mon journal et que je n'avais pas eu mon quart d'heure de solitude et de calme. Bref, c'était génial. Heureusement, Zéphyr venait rajouter sa mauvaise humeur et ses remarques inutiles dans le tas. De quoi me redonner la pêche. J'aime bien Zéphyr, il est cool. Mais parfois il peut se révélé être vraiment lourd. C'est peut-être ce qui fait son charme en fait. Je crois qu'il ne se rend pas vraiment compte que ses paroles peuvent être blessantes pour autrui. En tout cas, plus rien de ce qu'il dit ou fait ne m'atteint. Il ne faut surtout pas le prendre au sérieux, ça nous mènerait dans des embrouilles et des prises de tête constantes et ce n'est vraiment pas ce que je veux. Quand on y réfléchi, il est plutôt marrant.

À son arrivée, je ne peux pas m'empêcher de sourire. Ce grand bonhomme me donne du fil à retordre. Je suis sans arrêt en train de le couvrir. Conneries sur conneries. Je ne le blâme pas. C'est frustrant d'être ici, d'être enfermés. On a besoin de lâcher prise, de se détendre et de se défouler. Et j'essaye tant bien que mal de lui faire comprendre que je ne pourrais pas toujours le sortir de la mouise mais il n'a pas l'air de vouloir faire des efforts. Parfois, j'aimerais qu'il m'écoute d'avantage. Ou du moins qu'il fasse semblant. «Reste pas trop par ici Jyne, tu risque de devenir inutile toi aussi» Une claque. «Enfin ça changera peut-être pas grand chose» Une deuxième : comme si une seule ne suffisait pas.

-Ravie de te voir aussi Zéphyr, dis-je dans un souffle.

C'est vrai. Je suis contente de le voir. Parce qu'il est un des seuls qui arrive encore à me faire sourire en étant naturel. Et même si les paroles qu'il venait de m'adresser n'étaient pas très sympathiques, j'avais répondu quelque chose de gentil. Parce qu'il en avait sans doute besoin.
On se ressemble beaucoup tous les deux. Il se cache derrière une carapace et s'efforce de ravaler ses sentiments. Je suis exactement pareille. Il n'accorde pas sa confiance facilement et je suis exactement pareille. On a énormément de points communs. Je ne sais pas si il l'a remarqué mais dans tous les cas je l'aime bien.

Enfin... maintenant que la trappeuse a de la compagnie je vais pouvoir me tirer d'ici et retourner à travers les arbres. C'est mon heure de pause et je n'ai pas envie de la gâcher pour elle. J'ai seulement besoin d'être seule et de réfléchir. Parce que c'est la seule chose réelle dans tout ça. La réflexion. Si on ne peut pas se souvenir on peut au moins réfléchir et penser. Et c'est ce qui me permet encore de me lever le matin. De me dire que quoi qu'il arrive j'aurais toujours ma conscience avec moi.

D'un côté, peut-être que c'est mieux pour tout le monde d'oublier. Parce que dans chaque mémoire il y aura toujours des instants tristes, douloureux et horribles. Mais pas que. Il y aura aussi des moments de joie, forcément. Et c'est de ça dont on a besoin. Les Créateurs ne nous privent pas seulement de nos souvenirs. Ils nous privent d'une partie de nous.




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MessageSam 3 Mai - 20:58

Trop occupée à tomber et retomber sur mes fesses, je ne remarque pas que le soleil est déjà levé, mais aussi que j’ai de la compagnie. Finalement, c’est un ombre couvrant le soleil éblouissant qui me tire hors de ma concentration. Encore assise par terre, je me lève et secoue mon pantalon pendant que l’ombre me lance un :

- Tu es vive. Tu dois utiliser ta vitesse contre l'ennemi pour gagner.

Je lève les yeux vers elle. Une milice. Je ne connais pas son nom, mais je sais que je l’ai vu plusieurs fois. Le bloc n’est pas si grand, alors c’est difficile de manquer quelqu’un. Je sais aussi qu’elle est assez froide avec tout le monde. Je me demande si elle souhaite vraiment m’aider, parce que ça m’étonnerait quand même. Malgré tout, j’ai bien écouté ce qu’elle a dit. En même temps, je suis à moitié d’accord. Les créatures du labyrinthe on ne peut pas toujours savoir d’avance quand elles vont apparaitre. Dans ces cas-là, la vitesse et l’effet de surprise, c’est elles qui l’ont. Il faut seulement savoir réagir au quart de tour et ne pas laisser la surprise nous empêcher de nous battre. Je sais que ma grosse difficulté est là. J’ai tendance à vouloir fuir, mais je ne pourrais pas me le permettre. Et selon moi, si j’ai de bonnes techniques, j’aurais plus confiance en moi.

J’allais répondre à la demoiselle, quand une autre chaleureuse apparition m’empêcha de continuer. Zéphyr semblait autant de bonne humeur qu’à l’habitude et je me demandais bien ce qu’il allait encore critiquer. Je retins mon souffle quand il ouvrit la bouche.

- Reste pas trop par ici Jyne, tu risque de devenir inutile toi aussi

Aussi ? Donc il m’incluait dans le lot, merci chef pour cette reconnaissance de mes capacités, très apprécié. En même temps, à force de me le faire entendre dire, je commençais à vraiment le croire. Il ajouta que ça ne changerait surement pas grand-chose. Je retins un soupir. J’avais très hâte d’avoir droit à la scène qui allait bientôt me faire face. Je me dis qu’évidemment, j’allais avoir droit à une dispute. Finalement, je fus assez surprise quand Jyne lui répondit qu’elle était elle aussi contente de le voir. J’eus envie de rire, mais je fis que sourire. Cette Jyne était plus sympathique qu’elle n’y paraissait, mais bon, peut-être que c’était différent avec Zéphyr.

Puis quand j’entendis mon nom, mon attention revint justement sur le concerné.

- Tu sais Aryana si tu en arrives à te battre au corps à corps avec une créature. C'est que théoriquement tu as échoué dans ton rôle ...

Mes yeux ne quittèrent pas les siens, mais à l’intérieur de moi, c’était un peu plus vivant. Une boule se forma dans mon ventre. J’hésitais entre un sentiment de colère ou d’incompétence. J’étais évidemment, un peu vexé, mais même s’il était arrivé près de 5 mois après moi, j’avais l’impression qu’il avait toujours une longueur d’avance. Et aussi, je n’étais pas du genre à exploser pour aucune raison et cette pique n’en valait pas la peine. Ce fut donc d’une voix calme que je lui posais plusieurs questions.

- On ne sait jamais ce qu’il peut arriver dans le labyrinthe, non ? Tu n’as jamais eu à faire du corps à corps ? Tous tes pièges ont fonctionné parfaitement à chaque fois ? Tu n’as jamais été surpris par quelque chose ?

Il me semblait impossible qu’il n’ait jamais eu à utiliser quelques techniques de corps à corps. La chose importante que tout le monde avait retenue du labyrinthe, c’est que rien n’était calculable ou prévisible. Surtout pas le chemin pour trouver la sortie. Je jetai un coup d’œil à la milicienne. Elle avait la tête de quelqu’un qui ne se sentait plus demander et qui allait partir. En même temps, Zéphyr n’en avait peut-être pas fini avec elle.
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MessageDim 4 Mai - 16:41



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«On ne sait jamais ce qu’il peut arriver dans le labyrinthe, non ? Tu n’as jamais eu à faire du corps à corps ? Tous tes pièges ont fonctionné parfaitement à chaque fois ? Tu n’as jamais été surpris par quelque chose ?» La réponse de la trappeuse venait de créer un frisson dans tout mon corps. Il est évident qu'elle n'était pas nouvelle, comme il est évident qu'elle ne connaissait pas l'histoire de Zéphyr. Sinon elle n'aurait jamais dit ça. Pas devant lui en tout cas. Pas de cette façon.

La tragédie de Don est pourtant récente si on y réfléchi. Quelques semaines ou quelques mois, je ne sais pas trop, je ne fais pas attention au temps ici. Me dire que dans quelques semaines ça fera un an jours pour jours que je suis au bloc ça me pompe le moral. Déjà qu'il n'est pas dans sa meilleure passe. Enfin. Je ne connaissais pas Don, il était un pion parmi d'autres. Mais je sais que Zéphyr l'aimait énormément. C'était un secret pour personne ici. Bref, Zéphyr a perdu son coureur. Et tout le monde sait qu'un trappeur finit toujours par s'attacher à son coureur, parce que l'humanité est faite comme ça. A force de passer du temps avec des personnes on finit par éprouver des sentiments à leur égard. Et c'est valable pour l'amitié comme pour l'amour. Bien que je ne puisse pas affirmer ça. Parce que je n'ai jamais aimé.

Je tourne la tête dans la direction de la trappeuse et un mauvais goût rempli ma bouche en repensant à ses mots. «Tu n’as jamais été surpris par quelque chose ?» Cette phrase résonne dans ma tête. Je crains un peu la réponse qu'elle va de nouveau se prendre dans la tête. Parce qu'il ne faut pas trop énerver Zéphyr. Si jamais c'est notre intention alors autant aller droit au but et lui parler de Don. Mais je sais que ce n'était pas ce que la fille voulait faire.

À vrai dire, je me fiche totalement qu'elle s'en prenne plein la tête. C'est plutôt Zéphyr qui m'inquiète. Parce que j'ai beau montrer que je ne ressens rien, que rien ne m'atteint. J'ai quand même un cœur. Certes, bien profond et bien caché. Mais il est tout de même là. Et je tiens à Zéphyr, parce que je sais (ou j'espère) qu'il n'était pas comme ça avant d'arriver au bloc. Parce que je sais que le labyrinthe nous a tous changés. Parce que je sais qu'il m'a changée.

Je ne peux m'empêcher de me racler la gorge et cherchant quelque chose qui pourrait rendre l'atmosphère un peu moins étouffante. Les sujets de conversations ne sont pas très développés ici. On reste la plupart du temps sur «labyrinthe»;«monstres»;«bloc» et «mort». J'entends au moins ces quatre mots une fois par jour. Voir plus. C'est la réalité du bloc. À notre plus grand désespoir.

-Bon. Tu es là pour t'entraîner ou pour papoter ? Dis-je de nouveau froidement à la fille. Parce que c'est bien beau de causer, mais tu crois que les créatures du labyrinthe auront le temps pour ces conneries ? Moi je ne crois pas. Alors entraîne-toi si tu veux faire ton boulot correctement.




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MessageDim 4 Mai - 19:41

La réponse de Jyne me fait grandement sourire. Intérieurement j'entends. Cette complicité implicite entre nous deux en étonnerait plus d'un. Surtout connaissant mes opinions sur les miliciens. D'une chose de notoriété publique que j'aime dénigrer Juju et ses petits pions ! Plus par jeu que réel ennuis sinon je ne serais pas dans ma position actuelle. Mais Jyne est l'une des rares personnes à qui j'ai encore le désir de porter de l'affection. L'une des rares blocarde encore en vie à m'avoir côtoyer à mes débuts au bloc. Quelque chose de rare. Et encore heureux !

J'enchaine tout de suite avec une petite réplique pour ma trappeuse. Elle me répond rapidement et ses mots me coupent le souffle d'un seul coup. Est-ce que j'ai eut besoin de faire du corps à corps ? Bien évidement que si. Est-ce que je n'ai jamais été surpris ? Hélas. Un peu plus d'un mois. Don. Un seul de mes pièges qui ne fonctionne pas. Un seul. Et cette erreur à couté la vie à mon coureur. Mon ami. Mon ... Mes poings se ferment. Un frisson de colère me traverse. Une armée de méchancetés se forment au creux de mon ventre et grimpe rapidement vers ma bouche.

Heureusement Jyne interviens promptement et me coupe la chique. Est-ce que j'aurais été violant dans mes propos ? Oui. Est-ce que je l'aurais regretté ? Encore une fois oui. Dans cette histoire c'est contre moi que je suis en colère. Pas contre elle. Même si j'ai mes raisons de lui faire la misère. Je me contiens donc. Jyne lui donne quelques instructions pour faire son boulot correctement. Je m'adresse quand même à ma protégée.

Elle a raison. Bien évidemment j'ai été surpris et j'ai douloureusement compris mes lacunes au corps à corps avec ces monstres. Je tire sur le col de mon T-shirt et montre l'horrible cicatrice que j'ai au niveau de ma poitrine gauche. Exactement là où mon cœur devrait être. Je n'ai foiré qu'un seul de mes pièges. Un seul. Et voilà ma récompense. Ça et la culpabilité de la mort de mon coureur. Voilà pourquoi je te dis de mettre l'accent sur tes putains de pièges ! Mon énervement commence à remonter à la surface. Je ne veux pas craquer. Pas si tôt le matin, pas le seul jour où je m'accorde un peu de repos, pas avant une mission avec je-ne-sais-qui. J'expire une grande fois. Reprends mes esprits.

Je pourrais m'excuser pour mon langage et mon petit emportement. Mais je suis Zéphir ! Non ? Fait moi voir comment tu te débrouilles alors ! Et pas contre ce pauvre arbre qui t'as rien fait. Contre moi ! Je regarde autour de moi et me demande comment faire pour éviter de s'estropier si tôt le matin et m'assurer de ne pas avoir de remontrance de Milo. J’aperçois deux branches non loin. J'en attrape une de la main droite, l'autre de la gauche et je l’envoi sur Aryana. En garde !
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MessageMar 6 Mai - 17:13

L’ambiance autour de Jyne, Zéphir et moi semblait tendue. Bon, j’avais encore merdé ? Parce que c’est principalement l’un de mes précieux talents de dire la mauvaise chose au mauvais moment. Bien entendu, mon but était seulement de lui faire comprendre que je ne considérais pas le corps à corps comme inutile, pas de lui faire remonter d’horribles souvenirs.

Je me remémorai le jour de la perte du coureur de Zéphyr, j’avais été occupée toute la journée par une invention que je tentais de mettre en œuvre et je n’avais appris la nouvelle que le soir en allant prendre un morceau dans la cuisine. Ça ne m’avait fait ni chaud ni froid. Plus ou moins 5 ou 6 blocards étaient déjà morts depuis mon arrivée au bloc, je savais déjà que c’était quelque chose qui pouvait arriver. Les premiers morts m’avaient beaucoup ébranlé, mais je m’étais rendu compte que je ne les connaissais pas. Après cela, j’avais tenté de me tenir éloignée de tout le monde pour ne pas être blessée. J’étais devenue encore plus froide et au final, les autres n’avaient tout simplement plus envie de me parler.

La mort de Don était une autre croix au cimetière et je ne voulais pas y penser. Je m’étais tenu loin des autres blocards pendant plusieurs jours pour ne pas avoir à voir leur douleur et leur tristesse. J’avais un peu d’empathie et voir les autres souffrir ne m’était pas agréable du tout. Encore là, j’avais fui.

La milicienne interrompit mes pensées déprimantes et tenta de changer un peu le sujet. Même si j’étais contente de savoir qu’on pouvait passer à autre chose, ses paroles ne me firent pas plaisir. Je les encaissais quand même. Elle n’avait pas tort. J’allais m’éloigner pour continuer mon entrainement, seule, quand Zéphyr prit la parole. Je me tournai vers lui.

Il me donna raison et me montra sa cicatrice. Je l’avais déjà vu, je savais ce qu’elle représentait pour lui. Il m’expliqua que les pièges, il fallait les maitriser, parce qu’ils pouvaient changer les choses, donner raison à la vie ou à la mort. Bien entendu, ses paroles furent crues, mais j’étais attentive. Il eut un nouveau silence. Puis dans son regard, je vis un truc malicieux. Je sentis que ça allait mal se passer pour moi. Il me mit au défi de me battre avec lui, pour montrer ce que j’étais capable de faire.

Eh merde…si je m’entrainais autant, c’est que je savais que je n’étais pas à point ! Je savais que je devais apprendre de nouvelles techniques. Bien sûr, lui, tout ce qu’il voulait, c’était probablement m’humilier. Je l’avais mis en colère après tout. Il me lança un bâton que j’attrapai aisément. J’avais déjà un autre bâton dans mon autre main, je le laissai de côté, je ne voulais pas perdre cette arme que j’avais choisie avec soin. L’autre branche qu’il m’avait donnée n’avait pas le bon poids, elle était même un peu trop lourde, mais on n’avait toujours le choix des armes dans le labyrinthe, je vis cela comme une autre façon de me préparer au maze.

En garde. Facile à dire. On était loin de l’époque des chevaliers. Je pris la branche à deux mains et plaçais mes jambes de façon à ce que je puisse avancer et reculer rapidement, sans perdre mon équilibre. Je ne voulais pas réfléchir, parce que je savais que si je le faisais, j’allais vite me rendre compte que je n’avais aucune chance. Et pour ne pas réfléchir, il fallait agir vite. Je tentais de surprendre mon adversaire en l’attaquant la première et en visant son bras droit. Je bondis comme un chat.
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MessageMer 7 Mai - 17:59



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***

«Tu comptes lâcher ton arme oui ou non ?» La question du garçon qui vient de m'adresser la parole est complètement absurde. Evidemment que non. Je n'ai pas confiance en ces gens. Je ne les connais pas. Et je n'ai aucune envie de les connaitre d'ailleurs. «C'est quoi ton nom ?» M'a demandé une rouquine à côté. «Swan. Jyne Swan.» Ai-je répondu.

D'où me vient ce nom, honnêtement, je n'en ai aucune idée. Mais je sais que c'est comme ça que je m’appelle. C'est sorti directement de ma bouche, je n'ai pas réfléchi. Et c'est tout bonnement impossible d'imaginer un nom complet en une fraction de seconde. Mais ce n'est pas vraiment mon nom qui m’intéresse :  sur le coup, je suis complètement à l'ouest, obnubilée par les immenses bâtiments autour de moi. Personne n'a l'air d'y faire attention. Et pourtant, ils occupent les trois quarts de notre regard même si ce n'est pas notre intention de regarder dans leur direction. Mes yeux ne cessent de vouloir aller plus loin. Et je me rends compte que je tourne sur moi-même depuis deux bonnes minutes. «C'est le labyrinthe.» M'a chuchoté le garçon de tout à l'heure en frôlant mon épaule. D'instinct, je brandis ma lance vers son cou de manière horizontale, en basculant mon poids vers lui pour le forcer à tomber. Plus efficace que ce que j'avais imaginé. «Ne me touche pas, compris ?»

Tous les regards sont tournés vers moi. Je suis une bête de foire, sérieusement. Ils sont tous là, en train d'essayer de me comprendre, de me cerner. Et moi, tout ce que j'ai envie de faire, c'est de me barrer, de zapper les présentations et de me tirer de ce trou pourri. Le garçon par terre me fixe en souriant. Un sourire charmeur et sans aucunes pensées tordues derrière. Un sourire qui en aurait fait tomber plus d'une. Malheureusement pour lui, ce n'est pas mon cas. Je ne me laisse pas amadouée de cette façon. «Qu'est-ce qu'on fait ici ?» ai-je demandé froidement. «On ne sait pas vraiment, les plus anciens ici sont arrivés il y a un mois à peine dans le bloc. Alors nous ne sommes pas plus avancés que toi. Tout ce qu'on a pu retrouver c'est un petit journal presque impossible à déchiffrer, couvert par d'innombrables tâches de sang. En tout cas, ce que je peux te dire, c'est qu'on va sans aucuns doutes rester ici pour un bout de temps, comme les précédents Blocards. Alors tu vas devoir t'y faire. Et de plus on a perdu un certain nombre de coureurs à cause des créatures qui hantent le sombre et terrifiant labyrinthe que tu fixes depuis ton arrivée. » C'est une vraie claque que je me prends dans la figure, je ne veux pas rester ici, bordel. «Les précédents ? Tu veux dire qu'on n'est pas les premiers à avoir atterris ici ? » Un mélange de colère, de crainte et de mépris ne tarde pas à venir s'installer après ma question. Quoi que soit ce test ou cette simulation, je ne veux pas en faire parti ! «Tu crois qu'on aurait réussi à construire tout ça en un mois ? Il leur a fallu des années avant d'arriver à ce résultat. Nous sommes coincés ici tant qu'on n'aura pas résolu l'énigme du labyrinthe, c'est aussi simple que ça.» Je ne peux pas le croire. Ni le fait qu'on soit tous coincés ici, ni le fait que ce soit "simple". Qu'est-ce que ça a de simple ? Se retrouver dans une boite noire sous la terre en manquant d'avoir une crise cardiaque avant d'arriver dans ce fameux bloc au milieu d'un labyrinthe à énigme bourré de monstres en tout genre qui veulent notre peau n'a rien de simple.

***

Trouble de l'attention. Ce mot me vient dès que je reprends mes esprits. À mon "réveil", je fixe l'arbre de la trappeuse. Il est amoché, complètement défoncé même. Toutes les feuilles de celui-ci sont tombées, et elles forment des petits tas à intervalles réguliers. Je tourne la tête vers Zéphyr et la fille. Et un nouveau bruit de bâton me torture la tête. Seulement cette fois, ce n'est pas la trappeuse qui tape dans son arbre. C'est elle et Zéphyr qui sont en plein combat.

J'aurais bien aimé pouvoir regarder, mais une migraine m'envahie la tête, comme à chacune de mes absences mentales. Et comme d'habitude, je manque de m'évanouir. C'est de plus en plus embêtant, et ma maladie ne va pas en s'améliorant. J'ai à peu près des absences cinq fois par semaines. Le pire c'est que ça peut m'arriver à tout moment, même en plein boulot. Et à chaque fois je retrouve un souvenir différent. Un souvenir du bloc, évidemment. Un souvenir de l'extérieur, ça serait beaucoup trop facile.

J'ai l'impression que mon crane va exploser. Ma tête est bouillante, tout comme le reste de mon corps et je me laisse tomber sur l'herbe fraîche de l'endroit. Le truc, c'est que les medjacks ne peuvent rien faire. N'ayant pas la matériel adéquat pour trouver d'où me vient ce putain de défaut, ni les capacités pour le faire. Alors je dois faire avec. C'est tout.

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MessageMer 7 Mai - 23:52

Une fraction de seconde. Voilà ce qu'il faut pour tout changer ici. Une putain de fraction de seconde. En une fraction de seconde j'avais ouvert les yeux dans la boite. En une fraction de seconde j'ai vécu mes premières peurs. En une fraction de seconde j'ai embrassé quelqu'un. En plus fraction de seconde, j'ai tout perdu. En une fraction de seconde je passe de papa poule à gros con en puissance. Cette fraction de seconde m'a suffit pour choisir ce que j'allais faire dans cette situation. Cette fraction de seconde à suffit pour réussir à perdre Jyne. Cette fraction de seconde me suffit pour prendre plus de confiance en Aryana.

Me bras est encore tendu vers Aryana. Je vois le bâton encore en l'air quand je réalise que je suis en train de défier une demoiselle qui s'entrainait encore il y a quelques secondes. Est-ce que je suis un bourreau ? En quelques sorte. Mais si j'ai l'air d'être un profond salaud avec mes trappeurs c'est surtout pour les motiver. Je n'ai pas une envie fracassante de massacrer la tête d'Arayana.Si je suis là en face d'elle le bras armé et en posture défensive, c'est uniquement pour essayer de lui faire oublier cette putain de peur qui la bloque depuis des mois. Je sais que je ne suis pas un exemple des plus naturel dans nos troupes. J'ai fait tout trop vite. Mais même avec un rythme lent, je trouve dommage de gâcher le talent d'un des miens.

La petite passe à l'attaque rapidement. Tentant de me surprendre. Ça fait son effet, mais elle reste assez lente pour le moment, bien que vivace. De justesse, j'arrive à esquiver son coup. Pas de parade, non pas pour le moment, je me contente d'esquiver en glissant sur le gauche ou la droite. Les estocs étant facilement esquivable, je me mettrais à parer lorsqu'elle se mettra a frapper en taillade. Pour le moment, je ne fais que quelques pas. Comme une valse. Une valse. Un flash me reviens en mémoire. Une Valse. La Valse. Moi et un garçon. Un garçon qui semble être comme moi. Mais pas tout à fait. Je ne comprends pas encore. Une valse. Ce garçon m'apprend à danser. A danser pour une fille. Mais je n'aime pas les filles. Mon esprits se brouille. Je reviens à la réalité lorsque le bâton de Aryana me frôle. J'ai presque perdu mon duel ? Saleté d’amnésie général. Je me focus sur le combat. Gardant quelques brides de ce flash en mémoire.

Esquivant et paradant au besoin pendant bien trois longue minutes, je commence à sentir la lassitude de mon adversaire. Il est vrai qu'il n'y a pas plus décourageant que d'affronter un adversaire qui se contente de vous mener en bateau. Je me prépare donc. Tu n'as pas mauvaise. Tu as peut-être même assez de talent pour être Milicienne. C'es ça que tu veux ? Battre des gamins amnésiques qui rentre pas dans le rang ? Ou tu veux être Trappeuse ? Pour ça, il va falloir te décider à rentrer dans le labyrinthe tu sais ? Je ponctue ma phrase d'un pas chassé sur la gauche et d'un coup d'estoc, je fond sur Aryana. Ma première attaque est toujours un test. Voyons comment mon adversaire s'en sort en situation direct.
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MessageMer 14 Mai - 5:47

J’avais attaqué la première. J’avais visé, j’avais calculé mon coup et mes pieds s’étaient décollés du sol quand je sautai pour l’atteindre. Malgré tout, on n’apprend pas à un vieux singe comment faire des grimaces. Même si j’étais ici depuis plus longtemps, moi je n’avais aucune connaissance en combat alors que lui semblait être né avec une arme entre les mains. Il évita mon coup. Je retentai l’expérience. Il évita encore. J’eus un mouvement de recul, allait-il me faire le coup à chaque fois ? Il n’allait pas attaquer ?

Je serrai les dents et retournai me battre. Je n’allais pas laisser tomber maintenant. Pendant de longues minutes, je continuai mes coups. Chaque fois, il évita. Je commençai à me lasser de cette danse continue. Oui, j’avais l’impression de danser. Je le frappai pourtant à différent endroit, les bras, les jambes, les épaules, le torse, mais ça finissait toujours par créer le même pas de danse. C’était bizarre, mais surtout énervant. En plus, mes bras commençaient à être morts à cause du poids du bâton. Je réussis finalement à l’approcher assez près, mais il m’évita à la dernière seconde. Un coup de chance, il devait être dans la lune.

On continua encore un petit moment. Dans ma tête, je commençais à réfléchir, ce qui n’était pas bon. Je me demandais seulement si les créatures du labyrinthe pouvaient éviter aussi facilement les attaques. Je croyais plutôt qu’elles attaquaient les premières en chargeant comme des taureaux.

Finalement, Zéphyr s’arrêta. Tu n’es pas mauvaise. J’ouvris grand les yeux. Mais je n’avais rien réussi à ne faire, je ne l’avais même pas touché, rien. Il devait me narguer encore. Il ajouta que j’aurais assez de talent pour être milicienne. Ouais, je me disais aussi que ça viendrait, la critique. Parce que ce n’est pas facile pour notre leader de faire de vrais compliments. Surtout aux demoiselles. Il continua. Non, je ne voulais pas être milicienne, je ne me voyais pas faire la loi. Je ne voulais pas tourner en rond et observer tout le monde pour trouver le moindre problème. Je n’étais pas faite pour ce genre de vie. Je trouvais les miliciens impressionnants avec leur gros caractère, ce n’était pas moi. Puis il finit par dire ce que je savais déjà. Pour être trappeuse, je devais cesser de fuir le labyrinthe.

Je jetai un regard vers les hauts murs qui dépassait au-dessus des arbres, mais un mouvement me ramena très vite à l’ordre. Hein ? Que se passait-il ? Zéphyr se plaça pour…pour…merde, pour attaquer ! Il se jeta sur moi. Mon premier réflexe fut de fuir vers la gauche, mon pied était même prêt, mais je savais que j’échouais, peu importe que ce soit un test ou un vrai attaque. Je devais lui prouver que je pouvais réagir. Et je devais surtout cesser de réfléchir, il était déjà sur moi.

Je levai ma branche de bois rapidement, avec toute la force que j’avais, pour parer son coup qui venait directement en plein dans ma poitrine. Je ne savais pas si ma technique allait marcher, mais je ne voulais pas reculer. Je ne pouvais pas. Je préparais déjà mon prochain mouvement. Si je réussissais à déplacer le bâton qui venait vers moi, j’allais me déplacer rapidement sur la gauche et tenter de l’avoir sur ses cotes. Je le fixais droit dans les yeux, concentrée au possible.

J’avais oublié la présence de Jyne qui était bien silencieuse depuis un moment. Peut-être était-elle perdue dans ses pensées ? Je ne voyais pas sa situation, je ne voyais pas qu’elle ne se sentait pas bien.
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MessageVen 16 Mai - 21:06



entrainement matinal, pas de quoi d'anormal.


Je grogne. Mon mal de tête ne s'est pas calmé depuis deux bonnes minutes. Allongée sur l'herbe du bloc, je scrute chaque recoins du ciel artificiel pour trouver une quelconque faille. Il y a toujours une faille dans le système. Visible ou invisible. Mais elle est forcément là. Un simple pixel pourrait confirmer le fait que nous sommes dans une sorte de simulation. Je me demande si les personnes qui nous ont enfermé ici éprouvent un malin plaisir à voir des adolescents morfler et mourir pour une cause qu'ils ignorent. Si ça les excite d'avoir enfermé des ados amnésiques dans un labyrinthe bourré d'énigmes stupides. Chacun son délire.
Le pire, c'est que tout a l'air si réel. Ce vaste ciel bleu, pur et dégagé parsemé de tâches blanches, de tâches grises et d'autres encore plus foncées. Et ce magnifique soleil orangé aux reflets rouge qui donne sur tout l'endroit. Mais tout ça n'est qu'une illusion. Une putain d'illusion.

Je me lève d'un bond en expirant profondément et mes yeux se rivent sur le combat de Zéphyr et de la trappeuse. Honnêtement j'ai l'impression d'assister à un slow. Ils esquivent les coups l'un l'autre, sans vraiment prendre de risques. Je comprends que Zéphyr ne veule pas blesser la fille, mais elle n'apprendra jamais sans quelques égratignures.

Je grogne de nouveau en manquant de tomber. Je bascule mon poids en avant pour m'équilibrer. Et apporte ma main à mon front en fermant les yeux. Brûlant, je le sens. C'est limite si mes paupières se ferment toutes seules, sans que je leur dise de le faire. Et si les deux jeunes gens n'avaient pas été là, je me serai sans aucuns doutes écroulée sur place pour dormir directement. Evidemment, je ne vais pas le faire dans ces conditions.

-Ok, bon. Je resterai bien des heures à vous regarder danser mais c'est bientôt à mon tour de surveiller le domaine, dis-je en affichant un faux sourire pour montrer que je vais bien. Et je n'aime pas être en retard. Alors amusez-vous bien, moi je bouge. Au plaisir de vous revoir.

À ces mots, j'accorde un léger sourire à Zéphyr et un regard froid à la trappeuse. En tournant les talons, j'enclenche le pas dans la direction de la tour de guet pour ensuite dévier et foncer vers les dortoirs. Je ne me sens pas fatiguée, mais j'ai envie de me reposer, de m'allonger un petit moment. Mon petit saut hors de la réalité m'a complètement explosée. Ce n'est pas la première fois que j'ai un trouble de l'attention quand je suis en mouvement. En revanche, c'est la première fois que ça m'achève autant. J'espère seulement que ce n'est pas en train de muter, ou quelque chose comme ça. Pas envie de finir dans le coma comme un légume bon à empailler.

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Entrainement matinal, pas de quoi d’anormal - Feat Jyne et Zéphyr

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