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Du sang sur les mains [Libre]

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Milo Kyte


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MessageMer 7 Mai - 0:45

Mes mains sont recouvertes de sang. Plusieurs gouttelettes s’écoulent le long de mes bras avant de terminer leur course sur le sol de l’infirmerie. Pfiou. Je laisse échapper un soupir de soulagement et éponge la sueur qui scintille sur mon front. Voilà, ça, c’est fait. D’un pas las, je me dirige vers le robinet, l’ouvre et y passe mes mains par-dessous. L’eau qui en jaillit nettoie lestement ce sang poisseux qui s’est infiltré entre mes doigts, le faisant dès lors disparaître dans les méandres obscurs du lavabo. Je m’empare du savon, me frotte soigneusement les ongles avec, puis reprends mon rinçage. Mon regard croise mon reflet dans le miroir. Les cernes que j’ai sous les yeux m’effraient moi-même. Depuis combien de temps n’ai-je pas vraiment dormi ? Trois jours ? Quatre, peut-être ? Je l’ignore. Fin, quelques heures par-ci, quelques heures par-là, mais pas de quoi me ressourcer pleinement. Je n’ai pas le droit de me reposer tant qu’il reste des gens à guérir. Et des blessés, ici, il en arrive tous les jours. Pas forcément des mecs du Labyrinthe. S’il n’y avait que ça… Nan, ce sont souvent des gens du Bloc. Ils commencent tous à perdre un peu les pédales, j’ai l’impression. Celui-là, en l’occurrence, venait de s’entailler l’avant-bras avec une fourchette. Le résultat n’était vraiment pas beau à voir et j’ai eu toutes les peines du monde à arrêter l’hémorragie. P’tain, mais sérieux, on a pas déjà assez de problèmes comme ça avec les Coureurs ? Faut-il vraiment que tous les Blocards s’y mettent ? Je me mordille la lèvre pour ne pas hurler. La connerie humaine, ça me tue. La prochaine fois, j’le laisse crever. Soupir. Non, la prochaine fois, je ferai exactement la même chose. Même si c’est un parfait crétin.

Une fois le sang disparu, j’en profite pour me débarbouiller le visage. La fraîcheur de l’eau me soulage. Derrière moi, l’un de mes sbires s’occupe du dernier arrivé. Maintenant qu’il est sous morphine, on devait pouvoir souffler un petit peu. Je me sèche rapidement, puis m’exclame au premier Medjack que j’aperçois :


- Eh, toi. Tu peux nettoyer tout le bazar ? Y a du sang partout, c’est dégoûtant. Assure-toi aussi qu’il ne se réveille pas tout seul. Sans médocs, il risque de douiller.

Je ne prends pas le temps de savoir s’il m’a entendu. D’un pas vif, cette fois-ci, je sors de l’infirmerie. Un banc en pierre attire mon attention. Situé juste sous la fenêtre du bâtiment, ce banc est presque devenu mon repère. C’est ici que je viens m’installer après chaque intervention, histoire d’oublier les horreurs que j’affronte quotidiennement. Plus les semaines passent et plus les blessures grandissent en intensité. Pour l’instant, je m’en sors. Mais que se passera-t-il lorsque je tomberai sur quelque chose que je ne pourrai pas maîtriser ? Je préfère ne pas y penser. D’un geste, je tire mon paquet de clopes de ma poche intérieure. J’en allume une et la porte aussitôt à ma bouche. Les cigarettes. L’un des seuls « cadeaux » que les Créateurs nous ont fait. Si on peut appeler ça un cadeau. Évidemment, on ne peut pas se permettre d’en distribuer aux autres Blocards. Trop jeunes. Et puis, c’est pas très sain. Du coup, on a réquisitionné les stocks au lieu de les brûler. Au cas où. Après la violence qu’on voit chaque jour, une bonne petite clope ne peut pas nous faire de mal. L’un des avantages d’être mâton, si on veut.
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MessageMer 7 Mai - 10:18

Encore une dure journée à l'infirmerie. Les blessés défilent. Malheureusement il n'y a pas que des Coureurs. Entre ceux qui dépriment, ceux qui sont insomniaques, ceux qui plonge dans la folie et ceux qui veulent mettre fin à leur vie. Je préférais m'occuper des petits bobos du quotidien, mais on n'a pas le choix. Le Mâton des Medjacks entre dans l'infirmerie les mains en sang. Encore un blessé. Je ne les compte même plus.

- Eh, toi. Tu peux nettoyer tout le bazar ? Y a du sang partout, c’est dégoûtant. Assure-toi aussi qu’il ne se réveille pas tout seul. Sans médocs, il risque de douiller.

Je m’exécute. Vaut mieux ne pas discuter avec lui. Il aurait pu demander plus poliment mais on ne peut pas lui en vouloir. Je vois bien qu'il est à bout, comme nous tous. Je ne suis pas la seule à avoir entendu l'ordre du Mâton. Un Medjack plus jeune se dirige vers le blessé. On n'a pas besoin de se parler pour se comprendre. On se partage instinctivement les tâches. On pourrait appeler ça de l'habitude, bien que chaque jour soit différent des autres. Je pars chercher un seau d'eau chaude et une éponge. Sans hésiter, tel un mécanisme, je plonge l'éponge dans le seau et commence à frotter le sol immaculé de sang. Je me souviens des premiers jours au bloc. J'avais horreur du sang. A la simple vue du sang j'avais des nausées. Le pire, c'est son odeur. Quand on vit dedans, on n'y fait quasiment plus attention. Lorsque le plus gros du sang est enlevé, je désinfecte l'ensemble de l'infirmerie pour éviter toutes infections qui ne seraient point la bienvenue.

Une fois ma tâche faite, je retourne auprès du blessé. Il est encore endormi. J'ai aucune envie d'être présente à son réveil. Heureusement qu'un autre Medjack veille sur lui. Il risque d'avoir besoin de médicaments si il ne veut pas souffrir le martyr. Je pense un instant au Mâton. Il n'avait pas l'air bien tout à l'heure. En tant que Mâton des Medjacks, il se doit de faire bonne figure sinon je n'imagine même pas dans quel état finirait l'infirmerie.


- Je vais voir comment il va.

Je me dirige vers la porte. Je sors et regarde à droite puis à gauche. Il est là, sur le banc. Il est en train de fumer. Je pense bien que ça puisse l'aider à se détendre mais ce n'est pas la meilleure solution à mon avis. Je m'adosse à l'encadrement de porte et le fixe un instant pensive. Je crois qu'il n'a pas encore remarqué ma présence. Je ne sais pas quoi lui dire. Je ne veux pas qu'il se sente agressé. Il a effectivement le droit à un instant pour lui, mais c'est plus fort que moi. Je ne peux m'empêcher de m’inquiéter pour les autres. Je m'inquiète pour tous les Blocards à vrai dire.
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MessageJeu 8 Mai - 10:01

Les lumières du jour s’atténuent au-delà du mur de pierre qui se dresse devant moi. Un ciel orangé, zébré de nuages clairs et cotonneux, nous annonce la fin de la journée. La fin d’une journée particulièrement horrible, d’ailleurs. Bientôt, dans quelques minutes à peine, un grondement sonore retentira depuis les entrailles du Labyrinthe et les gigantesques portes qui encadrent le Bloc se refermeront une nouvelle fois. Comme hier. Comme demain. Avec un peu de chance, tous les Coureurs seront revenus à temps. Ils commencent à comprendre le truc, j’pense. La semaine dernière, un seul est resté bloqué dehors. Y a du progrès, vraiment. Bon, évidemment, on l’a plus revu après. Ses hurlements de terreur m’ont empêché de fermer l’œil pendant des jours. Bref. J’inspire une bouffée de ma cigarette et laisse s’échapper la fumée toxique qui s’en dégage. J’ai lu quelques bouquins sur le tabagisme dans la bibliothèque de l’infirmerie. J’ai un peu que ça à faire de mon temps libre. Apparemment, c’est vraiment déconseillé pour la santé. Mais je m’en fiche. T’façon, on est pas près de quitter cet endroit, donc autant en profiter. Et puis, c’est tellement bon. Mon regard se perd dans le lointain. Pas pour très longtemps.

Une présence me fait frémir. Je me redresse vivement, puis tourne légèrement la tête pour apercevoir celui ou celle qui se tient près de moi. Adossée contre l’encadrement de la porte, Kate Sawyer, l’une de mes Medjacks, m’observe. Je la fixe quelques instants, mais n’esquisse pas une parole. J’ai vraiment horreur de ça. Pour la plupart des Blocards, les Mâtons sont juste des machines qui doivent assurer leur boulot à temps plein. Les voir en pause devient alors aussi absurde qu’aller se promener tout nu dans le Labyrinthe. Je me détourne de la demoiselle :


- Une p’tite clope ? ricané-je en lui en tendant une.

Question rhétorique. Je sais très bien qu’elle ne s’en emparera pas. Même si je ne la connais pas très bien, je sais qu’elle s’estime trop sage, trop pure, pour toucher à ce genre de saleté. Tant mieux. Ça nous en laisse plus pour nous. Malgré moi, mes pensées reviennent sur le blessé que je viens de soigner. Tout seul, je n’aurai sans doute pas pu y arriver. Il y avait bien trop de sang. Mes Medjacks font du bon travail. Je ne le leur dirai jamais, bien sûr, car il faut toujours placer la barre haute pour ne pas qu’ils se ramollissent. Mais je dois avouer qu’ils se débrouillent plutôt bien. Quand je m’aperçois que Mlle Sawyer est toujours là, telle une statue de marbre, je me décale sur le côté. Pas pour qu’elle vienne me taper la discute, mais juste parce que je sais à quel point sa place ne doit pas être des plus confortables. Avant, il n’y avait pas de banc, donc je me retrouvais souvent dans sa position.

- Dure journée, hein ? Une de plus.
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