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Dramatique - Isaac Welligton

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MessageJeu 19 Mar - 22:35

Jusqu'où la folie peut-elle mener ?


Spoiler:
 


Depuis quelques mois semaines, ma situation devenait de plus en plus catastrophique. Un an après ma transformation, le Isaac que je connaissais auparavant s'était évaporé dans un monde désormais bien lointain. Cette expérience, qui avait failli me coûter la vie, avait fait de moi un jeune homme dénué de toute raison. Les peurs et les souvenirs de cette terrible épreuve prenaient toujours plus d'importance. Les images que je voyais se multipliaient dans ma tête. Coincé entre mes souvenirs et la réalité, ma tête ne savait plus vraiment où donner.
Mes doigts frôlaient les touches du piano avec finesse et légèreté. La pièce s'emplissait de notes résonnant les unes après les autres avec harmonie. Rien ne me contrôlait, seulement les gestes que je connaissais par cœur. Un souvenir. Une simple hypnose, la musique. Plaisir. Bercé par le rythme, le son vibrait dans mes oreilles. Je pouvais apercevoir les marteaux s'abattre contre les cordes. Mes pieds bougeaient et tapaient les pédales, le son s'amplifiait, puis diminuait tel un unique murmure. Tout à coup, alors que la mélodie vivait, le clavier se refermait brusquement, manquant de justesse d'écraser mes doigts Dans un bond, mes bras s'éloignaient avec rapidité. Réflexe. Un énorme brouhaha de notes s'entrechoquait avec force et plongeait la pièce dans une  terreur inquiétante. Je paniquais et me retournais. Horrible. Un souvenir. Encore un autre souvenir.

Mes yeux se baladèrent de droite à gauche. Je me trouvais dehors, en pleine nuit, près du hall, la tête enfouit dans mes genoux, le dos appuyé contre le mur de pierre. Mon corps basculait de haut en bas, saisit de panique. Toutes les nuits. Toujours la même chose. Coincé au bloc, je me perdais dans mon esprit.

Un magasin devant moi, une explosion, puis des jets de flammes se reflétaient dans mes yeux. Des lieux par milliers se bousculaient dans mon esprit. Un parc, avec des enfants qui couraient dans tous les sens, moi seul, perdu au milieu de la foule. Changement de décor. Un corps inerte sur le sol dans une salle de classe. Le mien. Le goût du sang. Je pouvais le sentir. Blessé, j'étais tombé. J'ouvrais les yeux, un mal de tête me déchirait le crâne. Affaibli. Totalement incapable d'émettre le moindre son. Une femme se tenait à mes côtés, souriante, je venais de me réveiller. J'étais à l'hôpital, elle me parlait et me rassurait. Je ne parvenais pas à entendre sa voix, tous les sons devenaient flous. Ses lèvres bougeaient mais, je ne pouvais même pas deviner ses paroles, je n'en étais pas capable.

Je tapais du pied, pris de colère. Je voulais savoir ce qu'elle allait me dire, j'en avais besoin. Cette soif intense parcourait mon corps à une allure folle. Mon cœur cognait dans ma poitrine, fou de rage et de panique de ne pas comprendre les mots. Mes joues rougissaient, mes mains cherchaient désespérément dans le vide un visage, je criais pour la faire parler mais, rien de tout cela ne fonctionnait. Le même destin. Chaque sort sur mes souvenirs. Je n'étais pas autorisé à en voir davantage. Puni, interdit. Qui m'en empêchait ? Plus je tapais et plus je me faisais mal, meilleur mon esprit était prêt à recevoir le plus de sons et de visages possibles. Le soulagement venait parfois me rassurer. Une sensation pourtant éphémère qui me faisait frémir de partout. Elle était renforcée par mes larmes brûlantes sur mes joues. Une drogue. Une addiction. Désormais, je ne pouvais plus me détacher de mes souvenirs. Impossible. Condamné. L'on s'inquiétait pour moi, pour le Isaac calme et réfléchi. Désormais, il n'était plus trop présent mais, caché sous une face rageuse et violente, dénuée de toute raison et de sensibilité.

J'étais seul dans mon obscurité et dans mes cauchemars. De force, je m'inventais même des souvenirs dans ma tête pour ne pas laisser le manque me dévorer. Cette angoisse dans le ventre, prête à me rendre malade quand je n'avais pas eu ma dose d'images faisait de mon existence un enfer. Les regards. Les yeux des autres rivés sur moi lorsque certains me surprenaient à faire une crise de panique ou de fureur m'étaient devenus inconnus. Mes poings qui heurtaient maintenant bien trop facilement les parois durs de pierre me rendaient plus fort. Les cris de douleur me procuraient bel et bien de la liberté. Des voix dans ma tête me ramenaient à mon passé ! Seuls ces moments où mes souvenirs étaient avec moi comptaient. Il ne me suffisait plus de simplement fermer les yeux comme avant pour seulement cinq minutes. Non cinq minutes, un temps bien trop court désormais. Un sablier. Quelle idée de mettre un sablier ! Pour ne pas devenir fou ? Raté ! L'on me disait que j'avais fini par le devenir mais, pourtant je m'en portais très bien, même mieux que tous ces abrutis autour de moi, toujours rayonnants comme s'ils se trouvaient au paradis baignés dans leur joie. Au fond je les jalousais, moi qui étais à présent forcé de me pousser à l'agonie pour l'obtenir.

Puis, le décor changeait de nouveau dans ma tête. Ce n'était même plus des lieux qui s'ouvraient à moi mais, des personnes. Mon père. Un homme à mes côtés me serrait dans ses bras. Victoire. Oui une victoire. J'avais gagné. Il était là et je me trouvais avec lui, père et fils réuni dans un monde utopique. Trop beau pour être vrai ? Je m'en contentais, je n'avais plus mal. Pourtant, j'hurlais. Les autres, les blocards, me disaient d'arrêter et de me taire, de revenir à la raison et de cesser mon cirque. Mais c'était mon père, ma mère, mes souvenirs, et plus jamais je ne voulais les quitter. Je frappais, hurlais et tapais lorsqu'on m'enlevait à eux, une brûlure atroce dans mon corps me déchirait à chaque fois.

Les miliciens, croyant bien faire, m'enfermaient dans l'espoir de me faire revenir parmi tous les autres mais, dans ma tête et dans le noir du gnouf je me noyais. L'on m'interdisait de replonger et moi... je coulais. Une habitude. Ce trou était devenu pour moi un rite pour me punir de m'être laissé emporter, mais aucun blocard ne me comprenait. J'étais condamné et personne, pas même Jonas la Terreur pouvait me faire changer d'avis. Ils avaient beau me torturer, rien n'y faisait. Il suffisait juste que je retourne m'enfermer dans mon monde, là-bas avec les gens qui m'aimaient pour dépasser toutes ces épreuves.

Lorsque les images me submergeaient et que je ne pouvais plus respirer, je me forçais à vomir, la faiblesse m'aidait à retrouver cet air qui m'avait manqué pendant de longues secondes. La liberté. Mon but. Pourtant, cette délivrance m'emportait jour après jour, telle une maladie. Mon teint, autrefois rosi, n'était plus que des nuances pâles et grisâtres. Inquiétant. Mon optimisme, mon ironie, ma gentillesse et mes blagues... Tout cela s'était peu à peu évaporé de mon être, ne laissant plus qu'une carcasse vide et dépourvue de toute joie. Je me renfermais sur moi-même, refusant l'aide de mes amis. La vérité était que je ne pouvais plus supporter leurs regards de pitié. Autant me gifler, plutôt que de me prendre pour un pauvre petit animal blessé ! Blessé ! Pathétique ! Ce n'était même pas le mot ! Le soleil qui avait toujours été mon compagnon dans mes pensées sombres, m'éblouissait. Je me terrais, seul, dans les dortoirs, ou sous les arbres, assis en tailleur, fixant mes pieds. Dans mon cœur, la solitude était devenue un énorme poids lorsque les souvenirs ne s'occupaient pas de me ronger. Esquissant un petit sourire pensif, j'éclatais soudainement bruyamment en sanglots. L'air explosait dans ma cage thoracique et mon corps était secoué de violents spasmes. Des larmes, au goût salé, asséchaient ma peau. Je ne faisais rien pour les contrôler, je n'avais même plus la force. Quel drame.

Le soir suivant, je décidais de lutter tandis que le soir d'après je faisais tout simplement le contraire. Je ne me comprenais même plus, mes émotions n'étaient que désordre et révolte. Mes mains moites continuaient à essuyer mes larmes jusqu'à un certain stade. Cette colère, celle qui me raidissait, me forçait à les laisser tout simplement couler. Je l'écoutais, tel un faible, un moins que rien. Je me décevais. Les rares instants où je revenais à la raison, je détestais le nouveau moi plus que tout au monde, il me dégoûtait et me répugnait. Il me rendait malade. Me regarder dans le miroir des douches ne m'était même plus envisageable. Une fois j'avais essayé. Mon poing s'était tout simplement retrouvé en sang et j'avais ri aux éclats. La seconde d'après, j'avais recommencé plus furieux que jamais. Pouvait-on considérer que le désir de se venger de soi-même était une solution ? Apparemment oui.

Cette douleur ! Oh oui ! Je l'aimais ! Ce plaisir débordant qui remplissait mon corps me perdait encore plus dans ma folie dévastatrice. Dévastatrice oui mais, à quel point ? Je tournais sans cesse en rond sans pouvoir m'arrêter en hurlant. Je commandais à mon cerveau de faire revenir encore et encore pour la énième fois mes souvenirs, fou de désir. C'était devenu plus qu'une simple quête, plus qu'une simple mission ! C'était devenu ma vie ! Même courir m'était affreux. La prison. Pire que le gnouf. Courir dans le labyrinthe m'obligeait à me concentrer pour survivre ce qui m'empêchait de me rappeler. Pourtant, au début, encore raisonnable, mes souvenirs -cette seule et unique envie- me poussaient à y retourner chaque jour. L'attente de mon retour le soir n'était que bonheur. Dans le labyrinthe, j'avais un but : celui de rentrer pour me souvenir.

Mais maintenant, ce n'était plus pareil. Tout avait commencé un soir lorsque les images ne me venaient pas. Je prenais alors un morceau de bois et me l'enfonçais dans le bras. Je poussais un cri. Une petite fille apparaissait comme par magie dans mon esprit ! Oui ! La douleur était le remède et je l'avais bien saisi. Mais il y avait un problème. Le soir suivant, j'étais forcé de me l'enfoncer une deuxième fois avant de me souvenir, puis le soir d'après, une troisième fois encore plus profondément. La blessure se rouvrait à chaque fois, me causant toujours plus de douleur. Il le fallait et je l'appréciais. Elle me permettait d'atteindre mon but. Mon ultime but. Mon passé, ma vie, moi. Toujours plus de peine pour de moins en moins d'images. Les larmes de chagrin et d'angoisse dégoulinaient sur mes genoux ensanglantés. L'incompréhension me heurtait de plein fouet. Pire que tout. Elle nourrissait ma folie. Mes gestes n'étaient que violents et dénués de toute rationalité Je n'entendais plus rien, je ne pensais plus que par la douleur et la rage. Mes tremblements, si incontrôlables s'étaient transformés en convulsions si monstrueuses.

Au début, il en avait fallu que très peu pour me calmer. Deux ou trois phrases réconfortantes, un câlin et le problème était réglé pour la journée. Dorénavant, tout cela me répugnait, car je ne le méritais même plus. Je ne considérais pas les blocards dignes de confiance comme j'avais pu le faire auparavant mais, ils étaient devenus semblables à des inconnus trop heureux. Le sang coulait, épais et rouge, il avait un goût de fer. Tant de blessures s'ouvraient dans mon cœur tout comme sur mon corps, à feu et à sang tel un champ de bataille. Certains pouvaient être sauvés, mais d'autres comme moi, ne le désirait même plus. Mon seul et unique espoir : mes souvenirs. J'allais pour toujours m'y accrocher.

Tous les soirs, en revenant du labyrinthe, je m'isolais. Allongé par terre, je sombrais. Inconscient, je rouvrais parfois les yeux peu de temps après. La douleur me dévastait. Je baignais la plupart du temps dans une marre de sang. J'avais bien trop forcé sur ma jambe. Il m'arrivait de porter une main à ma tête pour y découvrir une énorme bosse. Même plus effrayé, je levais mes bras vers le ciel comme pour les admirer. Des bleus de toutes les couleurs passant du vert au violet et puis au noir les déformaient. Ma rage était enfin encore sortie. Ce moment tant attendu. J'avais encore eu ce que je voulais. Les images. Je voyais deux autres petites filles à mes côtés qui me rassuraient : Clare et Allya. Filles de mon passé elles aussi. Plus rien n'était comme avant. Au bloc, j'avais perdu Clare et dans ma tête je venais tout juste de la retrouver. L'on aurait cru que l'inconscience demeurait le seul moment où je pouvais retrouver la raison mais, non. Je rêvais de cauchemars par millier et je me retrouvais. Lorsque je me réveillais, le poids de la réalité était tellement fort qu'il m'écrasait massivement. Je ne pouvais même pas me relever. Toute dignité, toute fierté, tout cela je l'avais perdu. Les sanglots, les cris, les gestes et les hurlements déchirants faisaient partie de mon seul et unique langage. Mes souvenirs pouvaient parfois surgir, contrôlant mon corps telle une marionnette. Ils s'inventaient alors que d'autres étaient bel et bien véridique. Au début, je me disais « Réel ! Et celui-ci, non pas réel !» afin de les discerner.

La folie m'avait dès lors retiré cette capacité. Je ne ressentais plus aucune peur. Ne plus discerner le vrai du faux était mon vrai problème mais, il ne m'effrayait pas. Bien au contraire, je l'accueillais, car il m'offrait une palette d'images bien plus large. Pas de dangers, juste de la joie ! J'étais si heureux dans mon malheur et ma douleur. Pourtant, je me sentais de plus en plus faible. Les forces ne cessaient de quitter mes membres lorsque je voulais ces images. La peine que je me causais avait de plus en plus d'effet sur moi. Les haut-le-cœur, la violence et les larmes n'arrêtaient pas de s'accumuler sans pouvoir se stopper. Me cogner. Des gestes si violents et trop fort que je ne ressentais plus qu'une brûlure intense avant de percevoir des formes flous. L'inconscience. Le noir.

                         

* * *







J'avais finalement pris l'habitude au cours de ces dernières semaines de ressentir tout cela. J'étais devenu fou et prisonnier. Comme tous les autres soirs, j'étais assis, près de mon mur dans le hall, dans le même état, voir pire. Aujourd'hui, j'avais couru dans le labyrinthe, comme tous les autres jours. Routine. J'avais mis la main sur un indice. Mais pourtant, la victoire de la réalité ne comptait même plus pour moi. Tout allait mal. La douleur était bien plus grande maintenant. Perdu encore dans mes pensées, je fixais mes pieds, totalement désemparé et silencieux. J'essayais de faire abstraction à ma douleur en m'imaginant de belles images. Échec. Ma folie n'était pas prête à s'enterrer.

Tout à coup, je revins à la réalité. La réalité du martyr. Échec. J'avais tenté de m'adoucir l'esprit mais, en vain. Mon corps entier me brûla. Ma tête allait exploser. Cette fois-ci, comme toutes les autres fois je n'en pouvais plus. Mais, là, c'était différent. J'étais conscient et moi-même. Moi-même mais, je n'avais plus aucun pouvoir sur mon corps. Cela n'avait aucun sens ! Faire fuir ce mal, je le voulais. Qu'étais-je devenu ? M'étais-je trahi ? Étais-je devenu fou ? Oui. Désormais je le savais. Un éclair dévasta mon crâne. J'hurlai. La folie meurtrière se rempara de moi. Résister, il le fallait.

Avec une violence incontrôlable, mes mains allèrent toucher la pierre. Folie. Je frappai tout en m'agenouillant et je me laissai glisser jusqu'au sol en hurlant à m'en déchirer les cordes vocales. Ma tête ne se taisait pas ! Je voulais dormir mais, mes souvenirs et la douleur persistaient toujours de plus en plus fort. Je n'avais plus aucun contrôle. Réel ou pas réel ? Les images me venaient. Réel ou pas ? Bon sang ! Bientôt je me courbai en deux, saisi par une douleur aiguë dans mon crâne. Elle me transperça telle une lame brûlée à vif. Des larmes roulèrent sur mes joues et je me perdis dans un monde dépourvu de toute lumière. Folie. Folie meurtrière. Elle m'emporta. L'on me parlait. L'on me jetait des mots à la figure mais, je n'écoutai pas, je ne le pouvais plus. "Arrêtez les, arrêtez les par pitié, je vous en supplie !" Je rugis toujours à m'en percer les tympans. Cette fois-ci, j'étais de retour et j'avais pris conscience qu'il fallait que je m'en débarrasse, il fallait qu'ils se stoppent mais, presque aussitôt que je m'étais avoué à peu près sain, mon envie de voir mes souvenirs réapparaître recommença de plus belle.

Mon corps se mit dans une transe qui me poussait à tout. Je ne savais plus où j'étais ni qui j'étais. Ce n'était pas la première fois. Tant de peine et de douleur. Insupportable. Je m'effondrai lourdement sur le sol, mes pieds tapèrent l'herbe verte, mes mains toujours avec puissance enveloppaient mon crâne dans l'espoir de m'engouffrer de nouveau dans ma réalité. J'avais mal, cela ne venait toujours pas. Le feu me ravagea tout entier ne me laissant aucun répit pour reprendre le moindre souffle. Les flammes et la fumée m'étouffèrent. Me relevant. je toussai. Je ne pouvais plus respirer, mes poumons crièrent à l'aide. J'étais seul. Seul dans mon supplice. Je me tortillai dans tous les sens. Était-ce mon imagination qui me faisait penser que j'étais cerné par un incendie ? Aucune idée mais, ma vision se brouilla encore plus. Le sang cognait violemment contre mes tempes, je ne me sentais même plus vivre. Des coups, tant de fourmillements dans mes membres me dominaient si bien que ma raison disparut.

Soudainement, une image me déchira la tête. Je tempêtai de plus belle. Bizarre, je n'avais pas encore forcé pour l'obtenir, c'était bien trop beau pour être vrai. Pourtant, ça l'était. Une jeune femme à la chevelure dorée m'apparut. Je vis ma Leah qui criait à l'aide dans le dédale. Réel ou pas réel ? Cela le semblait. Je paniquai. Je devais faire quelque chose, n'importe quoi mais, la sauver. Brusquement, l'image se stoppa.

- NOOOOOON !!!!!!

Ma voix grave résonna dans tout le bloc, tellement je l'avais gueulé. Je me levai, totalement rageux et terrifié. Elle allait mourir seule pourchassée par ce monstre. Je ne pouvais pas me permettre cela. Il fallait que l'image me revienne et que j'aille la sauver. J'étais déterminé. Déterminé à tuer ce griffeur ! À présent, je compris pourquoi elle était venue aussi vite qu'elle était partie. C'était pour me faire encore plus de mal. Toute ma réflexion n'existait plus, seul mon instinct me guidait. Je tournai en rond tout en jurant et me frappant la tête de violents coups de poing. Dans une énorme vague de colère je m'allongeai sur le sol et me cognai la nuque. Des étoiles commencèrent à danser devant mes yeux, parfait ! Je me saisis d'une pierre tranchante sur le sol, cela allait faire l'affaire, du moins je l'espérais. De mes doigts tremblants je la pris et la dirigeai déjà vers mes veines de mon avant-coude. Je ne serrai même pas les dents lorsqu'elle me déchira la peau, j'avais l'habitude.

Dans ma tête, Leah était encore là. Le griffeur gagnait la distance, ne faisant que se rapprocher d'elle. Elle hurlait mon prénom, me suppliant de la sauver. Tout à coup, elle fut touchée. Trop tard. Il l'avait piqué, au dos comme moi avant ! Le sang coulait, tout comme celui qui dégoulinait de mon avant bras. Elle saignait et je saignais. Je saisis ma lance et couru vers le griffeur et je l'embrochais avec fureur, tel un héros. Avec aisance, bien trop même, mais je n'y prêtais aucune attention, il fallait que je la venge. Je l'atteignais dans la jambe et une entaille se découpait ! La douleur me faisait gagner. Plus je le blessais, plus j'avais mal, plus de sang dégoulinait et plus il allait mourir ! Je tombais au sol, près de la fille que j'aimais et la secouait. Elle ouvrit les yeux, doucement et me soufflait faiblement :

- Isaac... je t'aime. Embrasse moi.


Je l'embrassais, la tenant dans mes bras. Ses lèvres avaient un goût de sang inquiétant. Mais pourquoi avait-elle parlé ? Leah était muette ! Impossible ! Si impossible que je n'y fis même pas attention. Je lui murmurais que je l'aimais aussi. Tout à coup, sa tête tombait. Ses paupières se refermaient doucement. Son visage perdait déjà de ses belles couleurs. Je sentais sa respiration diminuer au fil des secondes, mes mains se mirent à trembler. Elle était trop faible pour survivre à cela. Je murmurais son prénom, perdu, totalement désemparé. Non, je ne pouvais pas y croire. Leah ! Je voulais hurler mais, je n'y arrivais pas. Les émotions se bousculaient dans ma tête sans aucun ordre. J'étais perdu entre désir et confusion. Je continuais encore de m'accrocher au si mince fil que j'appelais espoir. Était-elle encore... ? Je restais immobile, paralysé, incapable de bouger. Non ! Puis tout à coup, mon corps tout entier fut secoué de violents sanglots, je venais de réaliser. Sa respiration ! Je ne pouvais plus la sentir ! J'avais compris. Non ! Je l'avais perdue ! Je me ruais sur elle et appuyais mes paumes fortement sur sa poitrine. Elle devait se réveiller !!! Elle le devait !!! Je gémissais tout en l'implorant. Elle ne se réveillait pas ! C'était trop tard, je ne pouvais plus rien faire. Toutes mes forces m'abandonnèrent et je tombais à terre, mes genoux tapant violemment le sol. Des gémissements atroces s'échappaient de ma gorge, impossible de les étouffer, le chagrin me lacérait tellement. L'amour qui s'était construit entre nous petit à petit comme une pyramide venait de s'effondrer d'un seul coup ravagé par la foudre. Mes mains tremblaient et les larmes ne cessaient d'abonder sur mes joues. Ma Leah. Je l'avais perdu. Mon unique raison de vivre, celle qui me faisait respirer s'était envolée, tel un oiseau quittant son nid pour la dernière fois. Il s'était écrasé sans se rendre compte du danger. Je rapprochais son corps du mien et la serrais si fort, si près de moi que mes larmes finirent dans son cou. Je m'apercevais que la chaleur la quittait déjà peu à peu, trop rapidement ! Comment était-ce possible ? Mourir si vite ! Avec douceur et désespoir, j'embrassais ses lèvres, à peine tièdes. Plus de réponse. Je sanglotais de plus belle, la fille que j'aimais se trouvait dans mes bras sans vie.

- Non !!! Respire Leah respire, je t'en prie, reste avec moi !!! Leah, oh Leah par pitié reste avec moi !!! Noooooonnn !!!


Mes ongles s'enfonçaient dans sa peau et mes bras ne cessaient de la bercer et de la serrer contre ma poitrine. Haletant, à bout de force, je continuais de bouger, en allant de bas en haut. Pris dans des gestes que mon corps ne pouvait plus contrôler, je ne pouvais même plus m'arrêter. Mon cœur qui était à jamais brisé avait éclaté en mille morceaux. Même le corps de Leah n'atténuait pas la douleur. J'avais mal, si mal que mon estomac tapait ! Je me pliais en deux, j'allais mourir ! Il cognait si fort que j'aurais voulu m'allonger à terre et ne jamais revoir le jour. Tout était fini. Elle ne pouvait pas mourir, l'on ne pouvait pas me la prendre, ce n'était pas possible. Qu'avais-je fait pour mériter cela bordel ? Sa vie, ma vie, la vie, une petite lueur venait de s'éteindre et avait assombri le monde entier. Le chagrin me rongeait et la peine me déchirait. Le brasier, cet ignoble brasier de sa perte me noyait. Elle n'était plus là, ses yeux s'étaient fermés devant moi, impuissant je n'avais pu rien faire. Je n'avais pas pu la sauver, c'était ma faute. Ma faute si elle était morte ! Je poussais des hurlements si puissants que je sentis ma gorge se lacérer de douleur. Cette souffrance vociférait au secours et la perte de Leah. Cette rage qui dominait. Cette injustice. J'avais compris. Ce bijou, cette petite perle aussi blanche que le marbre, avait toujours été joie et gentillesse ! ''Été'' ! Elle n'était plus ici. Même inerte dans mes bras, elle ressemblait à un ange. Le labyrinthe nous entourait, elle n'avait pas le droit de mourir ici. Je n'avais pas pu la sauver ! Tout s'embrouillait dans ma tête.

Désemparé et faible, je m'affalais sur son corps. Ses cheveux me chatouillaient le cou. Sa peau quelques minutes auparavant encore chaude sous mes doigts humides s'était à présent refroidie. La mort l'emportait et la pâleur de son visage me laissait entendre qu'elle avait pénétré dans un autre univers que le nôtre. Avait-elle peur ? Était-elle seule ? Où était-elle ? En tout cas, elle ne se trouvait plus ici. Ses yeux s'étaient ouverts une dernière fois pour croiser mon regard, pour ensuite les refermer, emportée dans un sommeil éternel. Je tapais contre le sol, fou et meurtri. Les bons moments avec elle défilaient, nos baisers, nos petits signes, notre rencontre. Tout cela venait d'être réduit à néant. Qu'allais-je devenir sans elle ? Je la laissais tomber au sol avec moi, je me couchais sur elle de plus belle, pleurant toutes les larmes de mon corps en suppliant et murmurant son prénom. Le noir m'emportait. Toute lumière s'évaporait. Le froid s'installait. Ma Leah. L'on m'avait enlevé ma Leah. Je ne pouvais pas la quitter, elle ne pouvait pas, elle n'avait pas le droit ! La vie, remplie d'injustice faisait résonner sa dernière cloche en signe d'adieu. L'adieu. Le moment tant redouté. Leah. Ma Leah. Ma Leah était partie, partie à jamais dans le monde des ténèbres. La reverrais-je un jour ? Seul l'avenir me le dirait. Soudainement, j'entendais un bruit. Je me retournais, brusquement, le cœur battant. Le griffeur était revenu. Immobile, il me scrutait.. Pris d'une rage rugissante, mon corps secoué de spasmes, je me relevais angoissé, dégainant mon épée, je fonçais sur lui.

BAM. Plus rien. Énorme boum. Gros silence. Tout s'était arrêté. Plus d'images. Dans le bloc, toujours allongé sur le sol, mon corps fut prit de convulsions. J'allais étouffer. Les images étaient trop violentes. Il était inutile de me pincer pour chasser ce monstre, ni même de réciter des chiffres pour me calmer, j'allais encore plus m'étouffer. Les images se bousculaient. Je venais de voir la fille que j'aimais mourir sous mes yeux et je n'avais pu rien faire. C'était de ma faute. Les sanglots m'étouffèrent et je gémis de peine.

- Arrêtez, arrêtez , ARRÊÊÊTEZ !!!!!

J'hurlai encore et encore sans même savoir à qui je m'adressai. La gorge me brûla à vif. Les mains tremblantes, je sortis ma dague de ma chaussure, mes doigts passèrent dessus. La pointe de mon arme, tendue au-dessus du danger telle une épée de Damoclès, se rapprocha doucement de moi. Leah. Je voyais encore ma Leah. Elle m'embrassait puis, je fus saisis d'un haut-le-cœur. Mon estomac se retourna violemment au souvenir de son corps pâle. Je me penchai et vomi sur le côté. Ma tête cogna si fort que je crus qu'elle allait exploser. Les nausées ne firent que me dégoûter davantage. Je finis par tomber inerte, sur le sol. Les forces m'abandonnèrent. Je voyais même le sang perler sur ma jambe. L'entaille était profonde. J'avais mal. Je poussai un gémissement de satisfaction.

Mes yeux se refermèrent, je me laissai emporter de nouveau. Le griffeur me faisait toujours face, je devais le tuer. Cette fois-ci, je m'aperçus que je tenais dans mes mains ma petite dague. Il était déjà bien amoché grâce à mon coup de lance. N'importe qui aurait pensé que ce n'était pas logique. Le griffeur s'affaiblissait bien trop rapidement. Il était aussi faible qu'un être humain. Me tenant au mur, tout chancelant, je poussai un cri de guerre. J'enfonçai la dague dans la poitrine de la bête. Un énorme brouhaha résonnait dans tout le couloir. Le sang se mit à gicler si abondant que je lâchai l'arme. Reprenant mon courage, je l'enfonçais encore plus, il fallait que je le finisse, que je la venge. La pointe caressait avec tellement de douceur le cœur du griffeur, je la retournais encore et encore mais, pourtant j'avais de plus en plus de mal à accomplir ce geste. Il tombait raide sur le sol, dans un énorme boum. Sa tête rebondit. La vie le quittait petit à petit. Il allait mourir.

- Pitié..., gémis-je.

Le ciel du bloc était noir. La nuit commençait déjà à tomber. Le sang recouvrait mes mains. J'avais tué ce griffeur mais, à quel prix ? J'avais mal et pas au bon endroit. Je toussai, crachant tout mon sang. Je ne pouvais plus bouger. Pourtant, j'étais heureux. J'avais vengé la fille que j'aimais. Très rapidement, ma vision se brouilla. Je ne distinguais plus que des formes floues. Le bruit de ma propre respiration se faisait de plus en plus faible, je ne l'entendais presque même plus. Que m'arrivait-il ? Ma jambe, mon bras, ma tête saignait, je baignai dans une mare de sang. Je toussai de plus belle, mes poumons appelaient à l'aide, en vain. De l'air, je voulais de l'air ! Je suffoquai et je ne savais pas quoi faire. Je ne pouvais même plus bouger tellement la faiblesse m'avait réduit à néant. Je sentis que mes yeux voulaient se fermer petit à petit, désirant me laisser tomber dans le sommeil. Le sol était dur et froid. L'herbe que mes doigts frôlèrent semblait se geler. Je n'y arrivais plus... Je sentis tout mon corps m'abandonner sous l'effort d'une lutte imaginaire. Des images m'apparurent.

Ma mère m'embrassait sur le front avant de me border dans mon lit. Elle éteignait la lumière et me souriait. La lumière disparaissait également au bloc m'emportant dans ses ténèbres. J'allais comme tous les soirs rejoindre les bras de Morphée. Juste un mauvais rêve. J'allais me réveiller, courir, rêver et me souvenir. Néanmoins, je revins à la réalité. Mes faibles hurlements se transformèrent en gémissements atroces. Mes mains toutes tremblantes se levèrent pour aller toucher mon thorax. Ma dague. Non. Ma dague était plantée dans ma poitrine ! J'y touchai pour tenter de la sortir. Je ne fis que pousser un cri assourdissant à en déchirer les tympans de tout le monde.

- Pi...pitié..aidez-moi...., chuchotai-je.

J'allais mourir. C'est alors que je compris avec horreur. La lame ne s'était pas plantée dans le cœur du monstre, mais dans le mien. Je n'avais pas tué la créature mais, je m'étais tué moi-même, s'en même m'en rendre compte. Comment était-ce possible ? La douleur et la folie m'avait tant aveuglé ces dernières semaines que je n'avais pas fait la différence entre le réel et l'irréel. Cette erreur allait me coûter la vie. Les larmes brûlaient ma peau et mes joues. J'étais seul dans mon supplice. Je pouvais sentir la froideur de la pointe de fer dans ma poitrine. Je l'avais tourné et retourné quelques secondes auparavant et le sang avait jailli. Explosion dans ma poitrine. Le brasier devenait de plus en plus puissant. Mon cœur avait éclaté, le souffle coupé, je vivais dans mon pire enfer. La lave coulait et m'anéantissait. Le fer chaud pénétrait dans les moindres parcelles de mon corps ne me laissant aucun répit. Ce n'était plus une simple inflammation mais, un supplice. La peau toute meurtrie, la lame avait tranché et frappé, tels des éclairs qui s'abattaient sur le sol. J'avais mal, si mal que les sanglots m'incendiaient. Un énorme feu m'habitait et mes larmes ne pouvaient même pas l'éteindre. Mon corps baignait dans une mare de sang qui s'agrandissait à vue d’œil et coulait sans s'arrêter.

Les images s'effacèrent peu à peu, plus aucune force ne me permettait de les voir, c'était fini. Qu'avais-je donc fait ? Leah ? Où était elle ? N'était-ce que dans ma tête ? Rêvais-je ou étais-je en train de mourir ? Je bougeai mes mains avec faiblesse. J'avais mal, trop mal ! Un manche en fer accroché à ma poitrine. Un pauvre manche, stupide ! Ma dague. Ma dague plantée dans mon cœur. Le sang m'étouffa. Il était jusque dans ma bouche. Tousser ne servait plus à rien, le liquide rouge ne faisait que s'accumuler encore et encore telle une fontaine. Des notes de piano retentirent dans ma tête et me berçait. Mon morceau favori. Si triste, tout comme le fait que la vie me quittait. Plus rien ne me brûlait et la douleur s'évaporait laissant le brasier s'atténuer peu à peu. Était-ce donc cela la mort ? Un moment si paisible lorsque la fin n'était plus qu'à un seul pas de nous ? Emportait-elle toutes les peines ? Bientôt, quelqu'un accourut. Je sentis un dernier poids s'écraser sur mon corps inerte.  J'entendis des sanglots, très très loin que ce n'était presque plus qu'un murmure. Un souffle que je reconnus entre milles. Le sien. Une chevelure d'or. Leah. Trop tard. C'était trop tard. Les battements de mon cœur diminuaient. Mon existence s'achevait ici. Je me laissai emporter. Mes membres ne bougeaient plus, le sang avait cessé de m'étouffer, ma respiration se stoppa et mes yeux se fermèrent. Un boum..deux boum...puis, je n'entendis pas le troisième. Ce fut le noir complet.



Spoiler:
 


(c) AMIANTE

 
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MessageVen 20 Mar - 7:44

Isaac, il fait peur ton RP Shock vraiment peur Shock
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MessageLun 2 Avr - 1:06

Juste ... Prenant. Je n'ai pas les mots, tu écris toujours aussi bien c'est une merveille pour les yeux, on est transporté dans l'histoire d'Isaac, j'ai le coeur serré pour lui, je suis juste émerveillée par cette belle écriture et effrayée par toutes ces émotions qui arrivent à me transporter et que tu arrives à faire ressortir par tes beaux mots Heart

Pour le spoiler, là je reste encore plus sous le choc, je lis, je lis et j'ai juste envie de lui dire de ne plus souffrir, de le prendre dans les bras !

Un magnifique travail ainsi qu'une belle plume Heart

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MessageLun 2 Avr - 1:43

Tout d'abord merci infiniment pour ces mots qui me touchent énormément Heart
Je suis contente que mon écriture à eu l'effet voulu sur toi, je m'excuse de ton petit coeur tout serré, mais je suis une sadique, n'est-ce-pas ? Ange

Ah ce spoiler.. Tourne

Merci encore à toi mon cher Momo , it means a lot L'Amour

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