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Souvenirs de Niels Ϟ

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MessageMer 21 Mar - 22:07

Niels
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Souvenirs de Niels : Octobre 2156


Song here "Giorni Dispari-Ludovico Einaudi"

Les pas résonnaient de plus en plus dans l’escalier et le jeune homme était seul dans sa chambre. Il était fichu. Sa vie était fichue. Il venait pour lui. Les larmes coulaient sur ses joues sans qu’il ne puisse les arrêter et il s’était réfugié dans ses couvertures lorsque la porte de sa chambre claqua violemment, laissant un homme au visage déformé par la colère s’avancer vers lui et le saisir par le col.

- Toi tu viens avec moi gamin !


Niels tentait alors de se dégager, mais l’homme avait une force qu’il ne parvenait pas à égaler. Il n’avait que quinze ans et ne faisait pas le poids face à lui et sa montagne de muscles. L’homme le traîna dans les escaliers et quand ils arrivèrent en bas, Niels tenta de s’échapper.

- Tu es devenu complètement dingue ! C’est moi ! Niels ! Ouvre les yeux !

À ces phrases-là, le jeune homme se prit une immense gifle qui le fit chavirer vers l’arrière et un coup de coude au niveau de sa mâchoire suivit, faisant que sa tête se cogna contre le coin d’un meuble. Il poussa un cri de douleur en ayant aussitôt le réflexe de poser sa main sur l’endroit endoloris. Son esprit avait du mal à capter ce qu'il se passait, mais une chose était certaine. L'immense chaleur qui se dégageait le brûlait et rendait sa vision un peu plus floue. Il était seul face à lui et son cœur battait la chamade. Il avait peur, il était même terrorisé. Alors qu’il faisait l’effort de se relever misérablement pour tenter une nouvelle fois de fuir, l’homme l’empoigna par le col de sa chemise et le plaqua au mur en le fixant férocement dans les yeux. Ses yeux n’avaient plus rien d’humain et les larmes qui coulaient sur les joues du blondinet ne faisaient ni chaud ni froid à l’homme devant lui. Ce fut la tristesse qui le frappa le plus tandis que les doigts du nouveau monstre se refermaient sur sa gorge. Sa respiration était presque coupée, l’obligeant à haleter pour pouvoir s’accrocher. Il bougeait du mieux qu’il le pouvait et le suppliait par des gémissements de le lâcher, en vain. Non, il ne pouvait pas le tuer, pas comme ça ! Ses larmes à la fois de rage et de peine continuaient à couler sur ses joues pâles et sa chevelure d’ordinaire si blonde prenait vers l’arrière une teinte rougeâtre à cause du sang qui coulait. Pourquoi ? Pourquoi méritait-il cela ? Le monde partait vraiment en vrille, même les personnes les plus importantes. Et s’il lui avait déjà donné la maladie en le touchant !? Il était fini, condamné à se tirer une balle dans la tête avant qu’il ne fasse pareil. Il ne voulait pas devenir dangereux.

- Non ! , cria soudainement Niels alors que l’homme venait de déssérer un peu ses doigts autour de son cou. Non, non non ! S’il te plaît !, gémit-il en voyant alors le flingue que l’homme face à lui venait de dégainer.

Le fou tira Niels vers lui si bien que leur corps se heurtèrent. Il le regardait dans les yeux avec rage pour le plaquer une nouvelle fois contre le mur. L'impact de son dos qui avait cogné contre la plateforme dure, lui avait alors coupé le souffle. Ses petites suffocations s’empiraient, il était en train d’étouffer. Une crise ! Il allait faire une crise ! Il étouffait et bientôt ses poumons le faisaient déjà souffrir à cause des doigts de l'homme qui l'emprisonnait de nouveau bien trop fort. Quelques secondes après, ce fut l’air qui se coinça en lui et qui le fit tousser. Maudit asthme qui pointait le bout de son nez. Il était prisonnier, condamné, petit gamin qu’il était et le clic du pistolet lui indiquait que la sécurité venait d’être retirée. Cela eu pour effet de déclencher une espèce d’adrénaline chez Niels qui en profita pour mettre un coup de genou bien placé dans l’entrejambe de l’homme qui hurla de douleur dans les premières secondes, mais dans sa souffrance il avait entrainé le blondinet sur le sol. Sa main partit sur le visage du blondinet pour le frapper de nouveau. Le fou lui saisissait les poignets pour l’emprisonner et Niels ne comprenait pas pourquoi l’homme était devenu insensible à la douleur. C’était un des effets de devenir un Fondu ? Sa poitrine se soulevait de plus en plus fortement, l’air dans ses poumons ne pouvait plus passer comme il le fallait et cet intense brasier dans son corps était en train de lui faire souffrir le martyr. Parler lui était impossible et les gémissements se transformaient en sifflements qui signifiaient que ses poumons manquaient terriblement d'air. S’échapper… il le fallait.. mais comment s’échapper alors qu’il était en train de tourner de l’œil ? Niels se mit à tousser tandis que les doigts de l’homme se refermaient sur sa gorge.

- Fais le Niels !

Faire quoi ?! Il ne comprenait pas, alors les seuls mots qu’il parvint à sortir entre deux respirations furent :

- Me... fais.. pas.. de.. mal., murmura t-il si faiblement qu'il n'était pas certain que son interlocuteur comprenne.

Il le suppliait si fort à l'intérieur de sa tête et tentait encore et encore de bouger ses pieds tels un dément tandis que les larmes coulaient à flots sur la main du fondu qui avait perdu la tête.

- M...p.. de mal Papa., répéta t-il alors une seconde fois sentant le néant pointer le bout de son nez.


 
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MessageJeu 22 Mar - 0:43

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Souvenirs de Niels : Octobre 2156


Song here "Requiem for a dream"

Le quartier où vivaient les Welligton était assez bruyant à ce moment-là de l’après-midi. Les enfants couraient dans les rues et s’amusaient à jouer au loup avec leur trottinette. Il n'était pas rare d'apercevoir des parents qui leur couraient après pour leur dire de bien faire attention et parmi eux, un grand blond à bouclettes, qui n’était pas loin des un mètre quatre-vingt-dix, marchait en sifflotant, son sac de sport sur les épaules. La tête haute et le visage ruisselant de sueur, il semblait être satisfait de son entraînement qui l’avait aidé à sortir toute l’inquiétude qu’il avait en lui, cette terrible réalité qui ne faisait qu’empirer. Arrivé à la porte de sa maison, le jeune homme se pencha pour prendre la clé cachée sous le grand pot de fleur. Il la glissa dans la serrure, mais quand il referma la porte, son sang se glaça. Le mobilier semblait être déplacé. Quelque chose ne tournait pas rond.


- Niels ? , demanda le grand blond méfiant.

Il se tut et prit le soin de poser son énorme sac sur la table de l’entrée pour s’aventurer dans le salon où une scène d’horreur prenait place. Son cœur s’arrêta dans sa poitrine quand il reconnut son père à califourchon sur son petit frère. Ce dernier se faisait étrangler par cet homme si aimant il y avait encore quelques jours, mais ce qui le choqua le plus fut la chose qu’il vit dans les mains de son paternel.

- Oh non..

Non.. il ne rêvait pas. Il s’approcha alors doucement des deux le cœur battant à la chamade dans sa poitrine. Il y avait du sang sur le sol et son père semblait avoir complètement perdu la tête, il n’était pas lui-même.

- Fais le gamin ! Tue moi ! , se mit alors à hurler l’homme à plein poumons en l’étranglant de ses deux mains tout en lui secouant la tête.

Isaac fit un pas supplémentaire vers les deux.

- Lâche le !

À peine eut-il prononcé ses paroles que le fondu dirigea son pistolet vers l’ainé, mais au moins il avait lâché le cadet qui se retournait pour tousser en se tenant la gorge, complètement à bout de souffle. Isaac savait ce qui était en train de se passer, son petit frère était en train de faire une crise d’asthme, mais il ne semblait pas avoir sa ventoline sur lui.

- Qu’est-ce que tu lui as fait bordel ?! , hurla alors le blond à bouclettes horrifié de le voir agoniser sans ne pouvoir se ruer sur lui car c’était maintenant vers lui que le pistolet était pointé. Donne-moi ce putain de flingue. Donne-le-moi.

Et à sa plus grande surprise, le Fondu s’approcha de son fils pour lui donner la maudite chose en la lui plaquant avec force contre la poitrine au plus grand étonnant du blond qui n’avait pas vu que le monstre venait de se jeter à nouveau vers le petit blond assis au sol. Niels se reculait rapidement avant que son père ne lui tire le bras de force. Le cadet qui voyait la pièce tourner rassembla le peu de ses forces pour se défaire de son emprise, en vain. Trop lent. Un autre coup suivit cette fois-ci sur son nez qui le fit hurler de douleur et l'acheva encore plus.

- I..sa..ac.., murmura t-il en supplication.

Le blond à bouclettes pointa alors le pistolet en leur direction, les mains tremblantes.

- Lâche le !!! LÂCHE LE!!!

Sa voix avait résonné dans toute la maison, tel un dément qui hurlait au méchant de se stopper. L’immense peur de voir son frère mourir le poussa à faire un pas de plus avec ce flingue qu’il détestait tant. Le monstre planta alors ses yeux dans les siens et s’exclama alors d’une voix qu'Isaac ne reconnaissait même plus. L'univers venait vraiment de s'effondrer. Son papa n’était plus dans ce corps.

- Tue moi ! Ou il le frappe encore ! , hurla alors le monstre dans un cri affreux en soulevant son poing pour aller frapper de nouveau le blond suffoquant qui avait un poignet emprisonné par son père qui le tenait bien trop fermement.
- Je.. je peux pas te tuer.. père.. arrête.. lâche le.. lâche le !!!

Le monstre venait de dire "il". Son père était-il en train de les prévenir que le monstre était prêt à commettre l'irréparable ? Isaac était maintenant en train de trembler face à ce dilemme inhumain. Son père avait attrapé la Braise et son frère allait mourir sous ses coups s’il ne faisait pas quelque chose. Il se rua alors vers les deux pour attraper son père qui lâcha Niels pour frapper Isaac.

- Fais le putain !!! Tue moi tue moi !!!

Qui parlait à cet instant-là ? Le monstre ou le père qui resurgissait durant ces paroles ? Voyant que son fils ne réagissait pas, il releva ses deux poings dans l’air pour les diriger vers la poitrine du blond asthmatique.

- TUUUUUE MOI!!!!!!

Les larmes dégoulinaient sur le visage du grand blond en comprenant que ce geste tuerait son petit frère. Le cœur battant à la chamade, le pistolet était bien pointé sur l'homme grâce auquel il avait vu le jour, il y avait seize ans. Ses doigts tremblaient de plus en plus sur une détente qui était maintenant à quelques fractions de seconde de se déclencher par ce simple tremblement bien violent.

- NOOOON!!!, hurla alors le grand frère qui venait de définitivement faire appuyer ses doigts en voyant les deux poings de son père descendre bien trop rapidement vers la poitrine de son frère.  

Le boum venait de retentir dans la pièce.

Spoiler:
 

 
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MessageJeu 22 Mar - 16:13

Niels
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Souvenirs de Niels : Octobre 2156


Song here "Cold"- Jorge Méndez
Spoiler:
 

La porte qui claque. Les cris d’une voix trop familière. Les coups répétés sur son visage. Le sang qui coule. Sa respiration qui ne semble même plus humaine. Son cœur qui devient plus faible. Cette vision trop floue. Ces mots qui peine à sortir de sa bouche. Ces larmes brûlantes signe de peine, de détresse et de faiblesse. Le noir. Les images. Et encore les cris puis le coup de feu.

Ce coup-là, le jeune homme ne pourra jamais l’oublier. Il le suivra toute sa vie. Il y pensera à chaque seconde, à chaque minute, à chaque jour de sa vie qui défile pour ensuite se stabiliser afin d’être un souvenir plus douloureux que les autres. Bien plus même.

Ce pistolet argenté. Le même que le blond porte à la ceinture aujourd’hui. Terrifiant. Inoubliable. Symbolique.

* * *

Il avait essayé de se battre le plus possible pour échapper aux griffes du monstre méconnaissable qu’était devenu son père. Où était donc passé le prestigieux avocat ? Où était donc sa grâce ? Son éloquence ? Sa splendeur s’était effacée pour laisser ce monstre le contrôler de la manière la plus atroce. Il l’avait frappé, étranglé, et encore frappé. Il en avait eu le souffle coupé si bien que toute sa poitrine brûlante lui criait à l’aide niveau urgence. Puis il l’avait entendu, lui, son frère qui implorait son père de le laisser tranquille, de ne pas lui faire de mal, mais le mal était déjà fait. Il était là, plein de sang à giser sur la belle et précieuse moquette d’un salon bien trop magnifique pour abriter l’homme fou.

Tant d’implorations pour un résultat si lamentable, si.. Inévitable. Il avait senti cette pression monter au fur et à mesure et il avait aussi perçu ce point de non-retour lorsque les deux hommes avaient commencé à hurler tels des possédés. Il aurait voulu se relever pour se placer entre eux, leur dire de stopper ce comportement qui n’était au grand jamais arrivé, mais il n’avait pas pu. Il avait été là.. spectateur de la scène trop floue, qui semblait à la fois si lointaine mais aussi trop proche..

Les derniers mots, les derniers cris et le dernier geste qui allait achever ses poumons qui continuaient de crier à l’aide était arrivé. Non ! Non ! Pitié ! Il ne voulait pas mourir ! Pas comme ça ! Pas déjà ! Il était trop jeune ! Tout son corps se soulevait au fur et à mesure que ses poumons se serraient en lui. Se dégager de lui. Échapper à la sentence irrévocable. Informations que son cerveau ne pouvaient tout simplement plus comprendre à cet instant-là.

Puis l’irréparable arriva. Le coup de feu accompagné d’un énorme cri suivit de la chute d’un corps vers l’arrière. Tout était fini. Bien trop vite. Bien trop violemment. Les secondes furent longues, très longues, une éternité même.. avant que le grand blond ne se rut vers lui en criant son prénom, désespéré puis paniqué de ne pas le voir répondre. Il n’aurait pas pu même s'il ne désirait. Il l’entendait de moins en moins d’ailleurs. Que disait-il ? Pourquoi le voyait-il vaguement partir de la pièce alors ?! Niels était seul avec le cadavre de son père qui le regardait de côté les yeux encore ouverts. Il se perdait.. alors voilà à quoi ça ressemblait de mourir ? Aussi agonisant ? Il voulait tendre les mains pour remonter à la surface de cet océan trop profond. On l’avait coulé trop bas et l’eau remplissait ses poumons. L’envie de lutter disparaissait, et pourtant, il se sentit de nouveau secoué. Les bras d’un terrien sans doute qui peinait à le redresser puis tout à coup de l’air.. ! Il suffoqua, en réclamant une nouvelle vague en haletant de nouveau. Oui ! On le retirait de l’eau ! Il remontait à la surface ! Encore ! Oui ! Il l’entendait à présent, il le voyait et il comprenait tout à nouveau. Il posa ses coudes sur ses genoux après avoir écarté les jambes et ferma les yeux pour se reprendre. Respirer. Vivre. Il se mit à tousser.

- Respire… Respire Niels.. Je suis là.

Cette voix.. Isaac. À peine calmé, le jeune homme le vit Lui, son père.. la flaque de sang s’était agrandie. Il voyait flou de nouveau et bientôt, il se mit à frapper son grand frère avec colère. Son corps en avait besoin et Isaac le laissa faire. Lui aussi avait envie de frapper le mur en face de lui, mais il devait être là, pour lui, pour mon petit frère qu’il venait de sauver en tuant son père.


- Pourquoi ?! POURQUOI !!! T’avais PAS LE DROIT !!! T’avais pas le droit ! MONSTRE !!! TU… TU .. tu l‘as tué !!! Tu l’as tué !!! Pourquoi t’as fait ça !!!


Puis cette colère se transforma alors en énormes sanglots si bien qu’il cessa ses coups au fur et à mesure, comme vaincu par lui même et des grands bras se nouèrent autour de lui pour le bercer.

- Il est pu là… papa…, sanglota le blondinet. Isaac…

Le grand blond à bouclette sentait aussi ses larmes couler tandis qu’ils s’étreignaient avec force. Tant de rage, d’incompréhension et de peine. Des larmes et encore des larmes. Les flots d'eau sur les joues du garçon ne s'arrêtaient pas. Les derniers mots de son père qui n'avaient aucun sens ne cessaient de lui résonner dans l'esprit. L'eau salée dégoulinait sur son visage si bien que le jeune Niels ne voyait plus rien autour de lui. Tout n'était que du noir, du malheur et encore du malheur. La réalité le heurtait de plein fouet et il avait envie de s'en débarrasser. Il ne voulait plus être ici, il désirait tout simplement disparaître, mais ce n'était pas possible. Comment cela avaient-ils pu arriver ? Comment ? C'était injuste et il ne comprenait pas pourquoi le monde avait choisi de les punir comme ça. Leur vie n'était que foutaises mauvaise, affreuse, ignoble, désastre total. Niels tapa du poing sur le sol et recommença jusqu'à se faire encore plus mal avant que son frère ne l’arrête. Il s'en fichait à présent, il avait tout simplement envie de ne plus ressentir la peine intérieure. Cette si grande douleur qui prenait possession de lui ne le lâchait pas au contraire, elle s'empirait. Il se mit à crier, mais ces cris ne tardèrent pas à se transformer en gémissements puis en sanglots de nouveau. Toute cette tristesse débordait et elle se transformait en colère pour repartir de nouveau en chagrin profond.

Il fallait partir de là et Isaac tentait de faire relever son frère. Ils devaient prévenir quelqu’un au moins non ? Ou peut-être pas non.. Que faire ? Pouvait-on vraiment les accuser ? C’était de la légitime défense après tout. Dans ce monde-là, ce genre d’action devenait de plus en plus commune malheureusement. Vivre ou Mourir. Le choix difficile finissait toujours pareil pourtant. Les deux blonds se relevèrent et le plus petit s’accrocha au grand. Il voyait flou et Isaac posa sa main sur les cheveux de son frère en attrapant un chiffon qui traînait sur un meuble.

- Putain Niels.. je t’emmène..

Il allait l’emmener au cabinet médical. Il n’avait pas besoin de préciser, mais à cet instant-là, sa douleur physique n'était rien comparée à sa souffrance mentale. Le jeune homme jeta un regard au cadavre de son père et Isaac se pencha pour récupérer le pistolet qu’il avait fait tomber. Il fit asseoir son frère sur une chaise tandis qu’il cherchait à récupérer le portefeuille de son père. Ca pouvait toujours servir, argent - bien qu’ils croulaient sous la fortune qui ne serait pourtant que des chiffres nuls lorsque les banques fermeraient dans un futur proche - , et papiers d’identité. Niels recommençait à avoir de plus en plus chaud face à cette scène et Isaac revint vers lui en lui offrant son épaule pour le soutenir tandis qu’ils sortaient de la maison. Le monde venait de s’écrouler et son cœur brisé en mille morceaux saignait encore et encore dans sa poitrine. Il ne savait même plus où il se trouvait. Perdu. Tant de peine et de douleur. Insupportable. Il aurait encore plus voulu s'effondrer, mais il n'y arrivait même plus, il était au plus bas, mais pourtant, il continuait de se tenir à son frère jusqu’au moment où il sentit le dégoût surgir avec un violent haut-le-cœur. Son estomac menaçait de se retourner d'une seconde à l'autre et les étoiles autour de lui serraient son crâne, comme un étau. Le sang cognait violemment contre ses tempes. Il cognait si fort qu'il ne le supportait pas. Ses bras lâchèrent alors avec vitesse son frère et le blond s’écarta pour vomir ce qu’il avait dans l’estomac, ne pouvant plus porter en lui cette horreur. La vision du cadavre, de tout ce sang qu’il avait sur les mains le firent chanceler. Ses genoux frappèrent le sol, tandis que ses ongles s’agrippaient au mur, il était seul dans sa souffrance.


 
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MessageMar 27 Mar - 15:58

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Souvenirs de Niels : Octobre 2156


Song here "Mad World" - Gary Jules

Maintenant en route pour le cabinet médical qui n’était qu’à quelques minutes à pieds d’ici, Niels s’appuyait sur Isaac quand ce dernier avait remarqué que son frère ne marchait pas spécialement droit. Il n’avait pas vu la scène où le blond s’était fait ça à la tête, mais ça ne devait pas être glorieux. Ni l’un ni l’autre ne parlait pendant le chemin. La culpabilité rongeait l’un tandis que c’était le chagrin qui dévorait l’autre. Son frère était pâle comme un linge et quand la secrétaire vit débarquer un des blondinets qu’elle connaissait super bien, elle alla de suite chercher un des médecins. Isaac avait du sang sur son tee-shirt tout comme Niels, mais cela pouvait passer pour celui de son frère et de .. personne d’autre.

- Que s’est-il passé Isaac ?, fit alors le médecin qui débarquait.

Isaac lui expliqua alors très rapidement qu’il s’était cogné le crâne contre il ne savait quoi et Niels rajouta « un meuble » , chose que répéta Isaac totalement paniqué. Il commençait lui-même à se sentir mal, oppressé parmi ce monde de blouses blanches. Il sentait qu’il pouvait être démasqué à chaque seconde, que la police viendrait même le chercher pour l’horreur qu’il avait faite. Et sa mère ? Comment réagirait-elle lorsqu’elle rentrerait du travail ? Ses mains tremblantes se resserrèrent très fortement autour de son frère qui gémissait à sa soudaine forte prise. Il entra dans un des cabinets où son frère bossait tous les jours et lui se disait qu’il ne pourrait vraiment pas. L’ambiance l’éblouissait, il y avait trop de blanc partout. Lui avait besoin des grands tribunaux couleur sombre où l’acoustique était parfaite grâce à des murs en bois. Niels était à présent allongé sur la table d’examen et les lumières lui faisaient mal aux yeux, le plafond était en train de danser devant lui et la pièce tournait. Il avait grand mal à rester parmi eux et il ignorait si c’était la perte de sang qui faisait ça ou tout simplement l’énorme choc émotionnel qu’il était en train de vivre. Isaac tenait toujours le tee-shirt pressé contre sa tête.

- Hey Niels.. Reste avec nous.., murmura t-il en voyant son petit frère carrément dans les vapes.

Son visage était trempé de larmes séchées et Isaac avait lui aussi envie de faire pareil. Pleurer. Oui, pleurer toutes les larmes de son corps, mais il savait pertinemment qu’il ne le ferait pas ici. Le médecin s’approcha alors de la blessure et l’examina en retirant lentement le tee-shirt. Il n’eut pas vraiment de mal à la repérer et il fallait dire que les cheveux blonds n’aidaient pas mal. Après avoir enfilé des gants, il appliqua de l’eau oxygénée dessus tandis qu'Isaac s’était assis juste à côté de son cadet en sentant le poids de son pistolet dans la grande poche de son manteau.. Il avait envie d’aller le balancer dans la Tamise et en même temps, il se disait qu’il était plus en sécurité avec. Voilà où ils avaient fini par en arriver. Leur famille venait de se fissurer et le jeune homme était loin de se douter que ce n’était que le début. Tandis que le médecin semblait désinfecter la plaie avec un autre produit qui lui piquait les narines, Isaac laissa sa tête se pencher vers l’avant pour la mettre dans ses bras. Il ferma les yeux et soupira. Ses mains tenaient fortement ses avants bras pour contrôler toutes les émotions qui menaçaient de le faire péter un câble d’une minute à l’autre. Que faire après ? Comment se débarrasser du corps de leur père ? Il allait falloir qu’il le dise à sa mère.. En aurait-il le courage ? Il le fallait, mais il avait bien envie de se foutre une des balles dans sa tête pour se punir, mais par ça, il punirait deux innocents : sa mère son frère. Cela ne les avancerait à rien. Il ignora combien de minutes s'écoulèrent, il s’était déconnecté de la réalité et des bruits des instruments qui résonnaient sur le métal du récipient d’eau. Isaac se détestait. Il ne pourrait plus jamais se regarder dans un miroir en disant que c’était l’être qui avait tué son propre père. Il releva brusquement la tête quand le médecin disait à son frère qu’il allait lui recoudre la plaie et Isaac planta ses yeux foncés dans ceux du médecin.

- Comment ça ? La plaie est aussi profonde ? Est ce que le choc va lui laisser des séquelles ? Est-ce qu’il va aller mieux ?


Toutes ses questions qui venaient de défiler montraient son angoisse et son inquiétude. Niels, lui, avait à peine réagi et Isaac l’avait bien noté. Son frère aurait sauté au plafond de peur d'ordinaire. Le médecin se mit à rassurer le grand blond en lui disant que son frère ne sentirait rien et qu’ils feraient des examens pour vérifier ça, mais qu’il y avait des chances qu’il n’ait rien. Il hocha la tête, guère plus rassuré et se mit à serrer la main de son frère. C’était cette fois lui qui avait besoin de son contact. Il fallait qu’il se raccroche à quelque chose de sain. Tandis que l’homme en blanc commençait à l’anesthésier localement, Isaac regarda son frère qui grimaçait et serra sa main dans la sienne en ayant senti son soudain petit sursaut de panique.

- Hey hey hey je suis là p’tit frère. C’est bientôt fini.


Foutaises. Le cauchemar ne faisait que commencer. Si la Braise venait d’emporter son père, qu’est ce qui lui disait qu’elle ne les tuerait pas tous, les uns après les autres dans d’atroces souffrances ?! En voyant la peine de Niels, Isaac était néanmoins certain que les larmes qui recommençaient à couler à flots sur son visage n’étaient pas des larmes de douleur physique, mais de douleur mentale. Le jeune homme se mit à gémir en disant que sa tête était soudainement lourde et trop chaude. Il n’aimait vraiment pas ça et avait envie de se relever pour prendre sa tête dans ses mains. Son père avait-il ressentit une douleur similaire à celle-ci ? Il savait que la Braise se passait dans le cerveau. La terrible maladie était-elle pire ? Sans doute oui et il finit par fermer les yeux au fur et à mesure qu’il se forçait à supporter en continuant de laisser ses larmes couler silencieusement pour une fois. Il était là.. son papa se tenait devant lui et l’étreignait en disant qu’il était fier de lui. Sa mère était aussi là ainsi que son frère. Cette parfaite petite photo de famille était détruite et ce fut quand il comprit que le médecin avait commencé sa couture qu’il se laissa totalement engloutir par le noir qui s’offrait à lui. En temps normal, il aurait lutté, mais le produit eut raison de lui. Depuis le temps qu’il avait voulu s’évanouir, son corps lui en offrait tout simplement la possibilité. Isaac murmurait alors son prénom, mais il avait compris que son frère était inconscient ou alors totalement dans les vapes. Cela fut confirmé lorsque le médecin mit le point final. Cela avait paru des heures à Isaac alors qu’en réalité, la chose avait été rapide. Pas à l’aise avec tout ça, il s’était contenté de fixer son regard sur sa main qui caressait celle de son cadet.

Le médecin en profita pour utiliser une machine moderne qui servait à faire des radios et il fut enfin en mesure de rassurer Isaac. Il n’avait rien ce qui eut pour effet de lui retirer un poids. L'homme en blanc se mit à porter Niels dans la salle du staff juste derrière afin de l’allonger sur un canapé. Il demanda à Isaac de rester avec lui pendant qu’il se reposait. Le blond hocha la tête en silence et s’installa sur le bord du canapé, incapable de se poser confortablement. Il attendit que le médecin soit parti pour lui reprendre la main. Son cœur se serrait à chaque fois et dans le silence le plus total, Isaac posa sa main sur le bandage du blond endormi.

- Je suis désolé Niels.


Cette phrase avait tout un sens et si de l'extérieur, on pouvait comprendre que l’ainé s’excusait pour la blessure. Isaac avait eu cet immense besoin de lui dire qu’il était désolé d’avoir tué leur père. Le faire alors qu'il ne pouvait pas lui répondre était plus simple.. trop lâche même, il le savait. Peut-être qu'il trouverait la force de lui dire à son réveil. Cependant, les mots ne lui suffisaient pas, et il se demandait bien si un jour, il pourrait se pardonner à lui-même.


 
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MessageMer 28 Mar - 1:41

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Souvenirs de Niels : Octobre 2156


Song here "Cold - Jorge Mendezi"


Des étoiles… Une sensation clairement désagréable dans le crâne. Des murmures de son prénom. Une main qui serrait la sienne. Le goût salé de ses propres larmes que sa langue goûtait inconsciemment. Du calme. Mais une présence. Les évènements depuis que le jeune homme avait plongé dans une sorte de planeur totale, restaient flous. Isaac, lui avait fini par poser sa tête sur le canapé, mais avait bien prit le soin de rester assis. Bon Grand Isaac, qu’il aurait voulu pouvoir s’endormir lui aussi, mais les remords qui rongeaient cet adolescent seulement âgé de seize ans l’en empêchait. Ils n’étaient que des gamins et on leur infligeait ce genre d’horreur. Non, la vie n’était pas juste. Ils étaient encore des enfants, mais pourtant Isaac avait l’impression qu’ils étaient tous les deux assez débrouillards et adultes d’une manière bien différente l’un de l’autre, mais pourtant gratifiante. Lui était promis à un bon futur grâce à son niveau dans l’équipe de football anglais de leur école qui allait lui permettre d’intégrer l’université qu’il désirait pour étudier le droit et son petit frère seulement âgé de quinze ans avait déjà l’air d’avoir une vie d’un mec de dix-huit ans en alliant lycée et formation. Bon-peut-être qu’il serait plus juste de dire que pour le moment le cadet avait le mérite sur l’ainé, mais l’un était trop fier pour ne pas le faire remarquer tandis que l’autre était trop humble pour faire ressortir ce fait.

Quand Niels commençait à prendre conscience qu’il se réveillait, il se sentait désorienté et privé de tous ses repères. Tout doucement, il tendait la main pour aller la porter à la lourdeur qu’il ressentait. Quelque chose de rugeux, de familier, un bandage. Sain et sauf. Et pourtant, il entendait son cœur cogner contre sa poitrine. Il avait beau reconnaître le bleu du meuble de la cheminée face à lui et du grand tapis marron, pourtant, son corps ne réagissait pas comme si les lieux lui étaient familiers. Isaac, avait senti Niels bouger et tourna alors la tête vers lui et le regarda avec inquiétude et à la fois bienveillance.

- Hey.. t’es réveillé. Tu as dormi longtemps. Comment tu te sens ?


Comment se sentait-il ? Bonne question. Médiocre. Il ouvrit la bouche pour répondre à son frère, mais aucun son ne sortit. Pourquoi ? Quelque chose se bloquait en lui et il referma ses lèvres. Quelque chose dans son cerveau refusait qu’il dise le moindre mot, alors il  baissa les yeux, tel un enfant incapable de répondre à la question de son professeur.  Il croisa les bras et se tourna sur le côté de manière à ne voir que les meubles faces à lui. Isaac, inquiet déposa alors sa main sur l’épaule de son frère et fronça les sourcils quand ce dernier sursauta. Il ne semblait pas vouloir de son contact.

- Niels ?

Mais ce dernier ferma les yeux et ne répondit pas alors Isaac se leva et vint s’accroupir en face de lui en lui demandant d’ouvrir les yeux afin de le regarder. Il resta pendant de longues secondes à ne pas l’écouter. Que se passait-il ? Qu’est-ce qui n’allait pas ?!

- Niels ?, répéta la voix grave de son frère soudainement de plus en plus rongé par la culpabilité.

Ce qu’il ressentait ici était affreux. On aurait dit que son frère le rejetait.

- Tu m’en veux ? Tu as le droit. Parle moi. S’il te plaît. Dis moi quelque chose
.

Il voulait être rassuré. La dernière fois qu’il l’avait entendu lui crier dessus, c’était pour lui dire qu’il était un monstre avant de se jeter dans ses bras remplis de désespoir. Il avait ensuite confirmé au médecin qu’il s’était bien cogné contre un meuble, mais rien de plus. Le cœur d’Isaac semblait vouloir exploser dans sa poitrine, cela le rendait tellement nerveux. Il prit alors les mains du blondinet qui avait posé le côté de sa tête sur le haut du canapé. Ses mains n’avaient pas bougé, ni même réagis cette fois et son regard argenté fixait le vide, sans vraiment s’occuper de lui. Parce que oui… le vide, c’était vraiment ce que ressentait Niels à cet instant.

- Damn it frangin, parle moi, cries moi dessus. Tu dois avoir besoin d’envie de parler, tu sais que je suis là, je suis toujours là pour toi !,s’exclama le jeune homme en essayant tant bien que mal de ne pas s’emporter sachant que cela ne serait pas la solution.

Il n’avait jamais étudié quoi que ce soit qui touche à la médecine et encore moins à la psychologie. Le cadet n’avait simplement pas l’envie ni la force de communiquer et il rajusta alors la couverture sur lui comme s’il désirait se faire une protection. II avait froid. Se sentait totalement seul et des petites lames étaient en train d’appuyer partout dans son corps.. Il avait mal. Et pourtant, rien n’était physique à part sa tête. Isaac retira alors ses mains de son frère et se rassit à côté de lui qui lui tournait le dos. Pourquoi ? Son petit frère le voyait sans doute comme un monstre. Il avait tout perdu.

 
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MessageMer 28 Mar - 19:32

Niels
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Souvenirs de Niels : Octobre 2156


Song here "Eros" - Ludovico Einaudi

Le silence était le roi de la pièce depuis maintenant trente minutes et ce fut une porte claquante qui l’interrompit, faisant sursauter Isaac. Qui était-ce ? La police qui venait pour lui ? Non, pire. Sa mère. La jeune femme blonde affichait un air totalement alarmé et posa son sac bien rapidement sur la table mise à disposition.

- Oh bon sang ! Isaac ! M. Williams m’a appelé tout à l’heure, j’ai fait aussi vite que j’ai pu. C’était la folie au cabinet, nous avons dû évacuer à cause d’un risque de contamination.

Mais elle s’arrêta pour se pencher vers son deuxième fils. Celui pour lequel elle s’était fait un sang d’encre malgré les paroles rassurantes au téléphone. Isaac était maintenant bien morose et avait espoir que Niels parle à leur mère. Il allait sinon devoir à la fois expliquer pour son frère et.. son père. La blonde posa sa main sur la joue de Niels qui semblait dormir et Isaac se mordit les lèvres. Mieux valait qu’il dorme et se repose. Après tout peut-être que son frère avait eu un gros coup de fatigue. Le grand blond chuchota à sa mère qu’il dormait, qu’il devait lui parler et qu’elle ferait mieux de s’asseoir. Inquiète, la femme prit place sur une chaise en face de ses deux fils, attendant que son aîné commence. Il avait l’air totalement épuisé. Le blond sortit alors lentement le pistolet de sa veste ce qui eu pour effet de faire reculer la mère qui le fixait sans comprendre. Que faisait-il avec ça ?

- Range-moi ça Isaac. On est pas en Amérique, tu n'as pas le droit d'avoir ça, ma parole, as tu perdu la tête?!

Mais Isaac ne le rangea pas et caressa lentement l’arme du bout des doigts en soupirant avant de se mettre à trembler. C’était bien plus dur qu’il ne l’avait pensé. Comment avouer à sa propre mère qu’il avait dû tuer son père ? Il jeta un rapide coup d’œil à son frère en manquant franchement de tact de ne pas être sorti de la pièce pour parler à sa mère.

- Si Niels est blessé, c’est.. pour une raison. Je..rentrais à la maison en revenant du sport et je l’ai vu sur le sol en danger avec.. papa.

Il était bien incapable de la regarder dans les yeux et tandis que son fils ne parlait pas, la blonde s’avança vers lui sentant la pression se répandre dans la pièce.

- Et quoi Isaac ? Que s’est-il passé ? On a enfermé ton père dans la cave pour .. voir comment la maladie évoluait..

C’était ce qu’elle avait décidé de faire dès qu’elle avait comprit que son mari était contaminé. Le blond ne répondait toujours pas à sa mère et des larmes se mirent soudainement à couler sur l’arme tandis que ses mains tremblaient. La femme se jeta sur lui pour lui prendre ce pistolet. Elle n’aimait pas le savoir dans les mains de ses garçons.

- Et quoi Isaac ? Tu.. Il.. est.. mort n’est-ce-pas ?, demanda la femme avec difficulté sentant son cœur se serrer. Non !!! Non..!!!

En enfermant son mari à la cave, elle avait su qu’il était foutu. La Braise n’épargnait personne alors cela faisait déjà quelques jours qu’elle s’était mise en tête qu’il allait mourir, mais le fait que son fils lui confirme que c’était fini la fit alors fondre brusquement en larmes. Le blond se jeta dans ses bras de sa mère et ils pleurèrent ensemble avant qu’Isaac ne se dégage d’elle. Il ne méritait pas ça. Il ne méritait pas sa compassion, son réconfort.

- C’est ma faute.. il… il allait le tuer..

Il regarda son frère qui s’était « réveillé » de nouveau. Il avait tout entendu de toute manière, mais plus rien ne semblait l’atteindre. Il avait mis cette espèce de barrière inexplicable qui faisait qu’il s’était coupé du monde pour souffrir en silence en ne pensant qu’à une seule chose : sa peine pour son père. La mère posa le pistolet, toujours secouée par les larmes. Elle le savait… mais l’homme qu’elle avait aimé n’était plus là. Ses petits garçons allaient-ils aussi disparaitre ?! Le deuxième était réveillé, mais il avait ce regard bizarre qui ne correspondait pas du tout au chagrin qui venait enfin d’exploser pour Isaac et elle. Elle se rua sur son cadet pour le serrer dans ses bras.

- Oh mon chéri…

La mère était aveuglée par ses sanglots maintenant incontrôlables tandis que Niels s’était simplement laissé faire. Sa mère l’écrasait, mais il laissait l’étouffement le gagner, il s’en fichait de toute manière. Il ne voulait plus lutter. Isaac passa lui ses bras derrière sa mère et ils restèrent tout les trois pendant longtemps à essayer de se calmer. Quand les deux mirent fin à leur étreinte, ils se rendirent compte du visage neutre du plus jeune et Isaac devina que son petit frère ne parlait toujours pas. Voyant que sa mère ne comprenait pas, Isaac se dirigea vers la porte et demanda à sa mère de le suivre. Rien que par ce geste elle comprit et referma la porte en séchant ses dernières larmes, maintenant inquiète.

- Qu’est-ce qui se passe Isaac ? Tu as oublié de me dire un truc ?

Le grand blond se retourna pour vérifier que personne n’était là.

- Personne ici est au courant de ce qu’il s’est passé à la.. maison. Mais.. depuis qu’il s’est réveillé, il ne parle pas.. je.. je sais pas quoi faire.. il.. il m'en veux.. je.. je sais pas..

La mère écarquilla les yeux, totalement ahurie.

- Et bien va cherchez le médecin ! Le choc lui a peut-être fait perdre la parole à cause du choc physique, ça peut agir sur le cerveau !!!

Ne connaissant rien au domaine médical, elle commençait à s’inventer plein de scénarios tous aussi terribles les uns que les autres et Isaac se sentait soudainement très con. Il aurait dû aller chercher le docteur depuis le début. Il se dirigea à grands pas vers le couloir pour aller frapper au bureau du médecin qui avait soigné Niels pour lui expliquer en catastrophe qu’il y avait un problème avec son frère. Il fit asseoir Isaac, perplexe, car lui ne connaissait pas toute l’histoire et ressortit les radios. Quelque chose lui avait-il échappé ?! Il passa trois bonnes minutes à regarder tout les clichés et secoua la tête négativement avant d’annoncer qu’il n’y avait aucune trace de choc crânien et que la raison était forcément psychologique.

- Pardon ? Mais ça va s’arranger quand !? Pourquoi il ne nous explique pas ?

Isaac se sentait désemparé, impuissant. Oui, son frère avait eu un énorme choc psychologique, mais lui aussi et pourtant il parlait. Le médecin lui demanda ce qu’il s’était passé avant le choc physique et Isaac fit non de la tête.

- Je… je sais pas… il s’est disputé.. avec quelqu’un..

Suffirait-il à le convaincre ? Non, certainement pas et le médecin fronça les sourcils.

- Il a subi un choc psychologique d’une manière ou d’une autre à cause de la personne en face de lui. Isaac, je ne suis pas voyant, mais ton frère ne s’est clairement pas seulement cogné la tête contre un meuble par pur hasard. Que s’est-il passé exactement ? , tenta-il en sentant qu'il lui cachait un élement clé.

Non ! Il ne pouvait tout simplement pas, c’était impossible.

- Je peux pas vous dire, annonça Isaac. Parce que je ne sais pas, je suis arrivé après, trouva t-il à rajouter.

Le médecin referma lentement son dossier, l’air grave.

- Le mutisme est un symptôme courant du post-traumatique stress. Cela requiert beaucoup d’attention et de compréhension. Mais.. s’il ne veut pas utiliser la parole, peut-être essayez de communiquer avec lui par un autre intermédiaire. Il ne faut pas le précipiter. Il faut être patient et bienveillant. Il existe toujours des solutions à un problème et quand c'est psychologique, il ne veut pas laisser la personne s'enfermer.

Le blond hocha la tête et le remercia pour les précieux conseils avant de retourner voir sa mère et tout lui raconter. Ils allaient devoir prendre soin de son petit frère encore choqué.



 
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MessageSam 31 Mar - 2:20

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Souvenirs de Niels : Octobre 2156


Song here "Eros" - Ludovico Einaudi

Les deux Welligton avaient confié Niels aux médecins le temps qu’ils s’occupent du problème dans leur maison.. le corps du père.. Ils avaient choisi de l’enterrer au fond du jardin afin de lui offrir la paix qu’il méritait et ils remerciaient le jardin sécurisé et à l'abri de tout les regards. L’épreuve avait été très difficile, et pénible. La mère s’en voulait terriblement de faire subir ça à son ainé. Elle souffrait aussi, mais devait se montrer forte pour lui, car elle savait que si elle craquait, elle ne ferait que rendre son enfant encore plus mal. À la fin de cette abominable et atroce épreuve, elle l’avait serré dans ses bras en lui disant alors clairement que ce n’était pas sa faute. Elle avait compris les paroles d’Isaac dans le cabinet qui disait qu’il était coupable. Mais il avait sauvé son frère. Personne ne pouvait soigner les personnes atteintes par le virus.. C’était une utopie qui le resterait pendant des années.. Elle était quasiment certaine qu’elle ne s’en sortirait pas vivante. Tout ce qu'elle pouvait faire, était d'espérer que ses garçons s'en sortiraient.

Par la suite, ils avaient pris une chambre d’hôtel pour la nuit afin de leur éviter de retourner pour ce soir dans leur maison. Elle voulait les préserver et les aider à faire face à ce choc. Elle dormait dans la pièce d’à côté tandis que les deux garçons se partageaient l’autre pièce. Isaac eut un mal fou à s’endormir, il passait son temps à se retourner alors que Niels restait terriblement immobile.. À un moment où Isaac avait carrément lâché les armes et perdu tout espoir de pouvoir sombrer dans le sommeil, il sentait le corps de son petit frère trembler. Avait-il froid ? Dormait-il ? Isaac se rapprocha un peu plus et le regardait attentivement tandis qu’il était dos à lui.

- Je suis là, tu n’es pas seul et je ne suis pas seul.


Il n’osait pas passer sa main sur son épaule comme il l’avait fait quand son frère avait mis fin au contact. Comme apaisé par les mots, la respiration du blondinet s’était ralentie et ses tremblements avaient cessé. Son frère l’avait écouté. Le lendemain arriva et Isaac fut le premier debout. Il se changea et lorsqu’il croisa son reflet dans le miroir, il ne put s’empêcher de fuir le terrible reflet du monstre qu’il était. Il s’éloigna et s’empressa d’enfiler ses vêtements. Il devait se rendre à son entraînement du samedi matin. En aurait-il la force ? Il aurait cette envie profonde d’annuler, mais il ne pouvait pas. Il s’approcha de son frère qui dormait à poings fermés avant qu’il n’ouvre les yeux quand Isaac avait commencé à préparer le petit-déjeuner. Niels se redressait, regardait autour de lui puis fronça les sourcils en ne reconnaissant pas la pièce. Étaient-ils à l’hôtel ? Oui. Ça lui revenait au fur et à mesure qu’il émergeait. Isaac avait reçu deux plateaux avec du thé et des toasts.

- Hey. On est samedi aujourd’hui. Ne t’inquiète pas, tu peux te reposer aujourd’hui.

Il lui faisait comprendre que les médecins ne l’attendaient pas aujourd’hui. Ils comprenaient bien qu’il avait besoin de repos. Mais il avait aussi besoin de faire son deuil, chose qui n’allait pas être aisée. Peut-être fallait-il lui montrer l’endroit où ils avaient enterré leur père pour que ce soit plus aisé. Il lui apporta son plateau en le posant lentement sur le lit. Isaac n’avait pas très faim, mais il se forçait. Contrairement à ce qu’il pensait, son frère qui goûta le thé avec lenteur et se mit ensuite à dévorer les toasts. Ce n’était pas étonnant après tout, il n’avait rien mangé depuis longtemps et jeûne n’était clairement pas une bonne idée pour aller mieux.

- Ils ont une bibliothèque au premier étage de l’hôtel si tu veux que j’aille te chercher des livres. Tu aimerais ?, tenta le blond à bouclettes.

Il avait un peu capté l’attention de Niels qui avait enfin relevé la tête à une des choses qu’il venait de dire. Le blondinet hésita longuement et fini par hocher la tête. Isaac leva alors un pouce vers le ciel pour lui signifier que c’était bien et ok. Cela eut pour effet de garder le regard du plus jeune sur son frère. Des gestes étaient plus aisés.

- Je vais aller t’en chercher alors. « Pride and prejudice » je suppose.


Niels leva alors son pouce vers le ciel en imitant Isaac. Oui, cela lui convenait bien. Son ainé quitta alors la pièce, laissant un Niels seul au monde qui commençait alors à flipper dès que le mur vide lui faisait face. Il était de nouveau seul et sentit la glaceur s’emparer de son corps. L’angoisse. Elle était là. Elle le rongeait si aisément et il posa la cuillère de son thé sur le plateau. Ses mains se posèrent sur sa gorge et il fit glisser ses doigts le long de son cou, caressant l’endroit où son père l’avait saisi. Puis la vue de son corps en sang lui revint en mémoire. Tout resurgissait et il gémit en fermant les yeux et en s’attrapant la tête. Qu’on le laisse tranquille ! Pourquoi ne pouvait-il pas être en paix ?! Bientôt, le petit-déjeuner qu’il venait d’avaler semblait être de plus en plus lourd dans son estomac qui grondait et la sensation de malaise s’installait. Il avait chaud, des petits points dansaient à ses yeux et un frisson parcourut son corps. Il se leva alors brusquement du lit pour aller courir vers la porte de la salle de bains avant de se laisser tomber à genoux devant la cuvette des toilettes pour vomir le peu qu’il venait de manger. Les larmes lui montaient aux yeux et le peu de force qu’il avait l’abandonnaient au fur et à mesure des quelques nausées qu’il avait. Il haïssait ça, cette sensation horrible dans son estomac et cette poitrine douloureuse qui se serrait. Il tira l’eau et se laissa alors ensuite glisser contre le mur, très mal. Il ferma les yeux toujours tremblant. Sa main essuya les larmes qui avaient perlé autour de ses yeux. Il était seul. La baignoire devant lui ne lui inspirait pas confiance. Il imaginait le corps de son père baigner dedans. L’eau dedans ne pouvait pas être transparente, mais bien rouge. Il resta longtemps comme ça à se reprendre tandis que tout son corps tremblotait violemment, comme secoué de spasmes. Ce fut Isaac qui rentra dans la pièce et qui le vit assis. Il l’aida à se relever et le reconduisit vers le lit. Son frère était encore plus pâle que d’habitude. Il était même blanc comme un linge. Il lui tendit un verre d’eau que le blond prit volontiers avant de poser son regard vers son livre favori qu’Isaac lui avait amené. Le jeune homme relevait ses yeux encore brillants vers son grand frère avant de poser sa main sur sa bouche avant de la jeter légèrement vers l’avant. Il voulait lui dire « merci ».

 
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MessageSam 31 Mar - 20:48

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Souvenirs de Niels : Octobre 2156
Isaac avait compris le geste et il s’était assis près de lui dans l’espoir de chercher du réconfort et de lui en donner aussi. Il n’irait pas à l’entraînement aujourd’hui. Il avait une bonne excuse. Il n’avait en plus pas la force et avait aussi capté que son frère n’allait vraiment pas bien. Devait-il le dire à sa mère ? Elle serait encore plus inquiète, alors peut-être que c’était inutile.

- Ça va Niels ? , demanda Isaac en posant la main sur le front de son frère.

Le blondinet en question se laissait retomber vers l’arrière de manière à poser sa tête sur l’oreiller, il en avait marre d'entendre cette fichue question. L'envie de lui sauter dessus pour lu faire comprendre d'arrêter le démangeait de plus en plus. Cet état de dépression et d'anxiété était affreux. Il n’avait envie de rien faire, se laisser emporter par les ténèbres, tout simplement. Ses yeux se fermèrent de manière à ce qu’il ne vit plus aucun décor autour de lui..

* * *

Lundi arriva très vite et qui disait lundi disait lycée pour les deux garçons. Pendant le week-end, ils étaient retournés à leur maison, et Niels avait passé la plupart du temps devant la cheminée au salon, fixant les flammes d’un air absent. Isaac avait beaucoup été dans sa chambre, ressentant aussi le besoin d’être seul. Au fur et à mesure que les jours passèrent, Isaac se remettait plus vite que le cadet qui n’avait toujours pas décroché un mot. Il enchaînait de plus en plus les gestes devant les airs incompréhensifs de sa mère et de son frère qui cherchaient à le décoder. Les deux faisaient toujours en sorte d’être patients, mais la mère du blond le vivait plutôt assez mal. Bien sûr, elle ne le montrait pas devant les garçons, mais seule dans son lit, elle avait l’impression que son fils s’éloignait d’eux. Le pire pour Niels était le lycée. Les gens ne comprenaient pas pourquoi il avait soudainement perdu sa langue et s'amusaient à le provoquer.

Le premier jour de retour au cabinet arriva une semaine après et les médecins étaient contents de retrouver leur petit assistant. Il allait commencer avec le médecin qui l’avait soigné lors de l’incident. Il lui disait qu’il était ravi de le revoir. À la grande surprise de Niels, l’homme ne le regardait pas d’un air étrange en ne le voyant pas parler. Peut-être que son frère ou sa mère les avaient prévenus. Il prit sa blouse blanche et l’enfila. Le blond se rendait compte que ça lui avait manqué et qu’il avait besoin d’être ici, peut-être même plus qu’à la maison. Les gens ici, venaient pour se faire soigner, pour avoir des conseils et ils ne s’amusaient pas à juger à qui ils avaient à faire, alors un assistant muet, mais qui avait le sourire grâce à leur sourire leur convenait parfaitement. Les jours passèrent et ce fut chaque fois plus simple pour Niels. La vie au lycée ne s'arrangeait pas vraiment néanmoins. Les médecins eux agissaient comme avant, chose qui baignait l’adolescent dans une atmosphère de réconfort, car oui, à la maison, même si sa mère et son frère tâchaient de faire pareil, il sentait clairement qu’ils s’adressaient à lui d’une manière différente, comme s’il avait perdu une part de son intelligence. Ici, il était reconnu pour les choses qu’il savait bien faire et on n'hésitait pas à l’encourager, lui donner des conseils et lui dire ce qui n’était pas assez précis dans la théorie qu’il s’efforçait de mettre en ordre dans sa tête.

- Maintenant que tu m’as vu le faire une bonne vingtaine de fois Niels, tu te sentirais prêt à essayer de faire une prise de sang à une patiente ?, demanda le médecin.

Les yeux du blondinet s’écarquillèrent, surpris qu’on le fasse passer à de la pratique. Lui demandait-on vraiment ça ? Déjà ? Cela n’était-il pas trop tôt ?

- Bien sûr, je te guiderais dans chaque étape, aucun souci pour ça. Ça te dit ?

Niels se sentait honoré et une chaleur agréable de reconnaissance appararut dans son corps. Il ferma alors son poing et l’agita deux fois vers le bas avec un sourire. Un des docteurs lui avait montré que ça voulait dire "oui" alors il l'avait bien enregistré. La patiente arriva et quand ce fut au tour de Niels de jouer après grande discussion entre les deux adultes, il salua la jeune femme en passant lentement sa main sur le côté. Il se pointa alors du doigt pour se présenter, puis regarda l’aiguille avant de pointer son bras à elle. Avec un regard qui cherchait son approbation, il relevait doucement sa manche et prit le ruban en caoutchouc pour serrer son bras avant de relever ses prunelles claires vers elle. Il ferma les yeux pendant une seconde et dirigea vers deux paumes vers elle en expirant. La jeune femme comprit le message, le jeune homme lui faisait signe de se détendre et elle hocha alors la tête un peu plus rassurée. Il était assez amusant et chacun de ses gestes étaient doux. Le médecin s’était assis à côté de lui pour suivre chacun des nombreux gestes techniques. Niels se souvenait de toutes les contre-indications des dernières fois qu’il avait simplement regardé. On lui expliquait chaque fois qu’il s'il ne faisait pas si ou ça, ça pouvait entraîner ça et ça.

- C’est bien. Maintenant que le ruban est passé, tapotes un peu et tu peux mettre le produit toujours dans le sens que je t’ai montré, le guida l’homme en même temps que son élève faisait les gestes. Voilà, termine toujours par le milieu pour le produit et ne repasse pas à un même endroit.

La jeune femme était patiente et laissait le médecin expliquer à son apprenti. Au moment de prendre l’aiguille dans ses mains, il la regardait longuement. Il pouvait vaincre cette stupide peur, ce n’était pas lui qu’on allait piquer ! Oui, il avait ce mauvais souvenir tout petit à cause d’un stupide dentiste qui avait été loin d'être habile avec lui, mais il n’avait rien à craindre. La jeune femme remarqua le trouble de l’adolescent.

- C’est ta première fois ? Tu vas y arriver ne t’inquiètes pas, on débute tous.

Cela fit sourire l’adolescent qui se sentait mis en confiance et il hocha la tête. Elle avait raison, il pouvait réussir. Il regarda le médecin et posa la pointe de l’aiguille sur la peau de la brune. En lui montrait un point précis, le blond secoua deux fois son poing en signe de oui, et au second point, il lui fit signe que non. Il voulait s'assurer qu'il avait raison. Le docteur hocha la tête avec un sourire.

- Exactement ça.

Le blondinet se lança donc dans son premier exercice pratique, mais quelques fractions de secondes après, il entendit la jeune femme gémir et la sentit se tendre un peu trop ce qui le déstabilisa totalement. Elle était trop tendue ! L’homme en blanc à ses côtés s’empressa alors de poser sa main sur le coude du jeune homme afin de le redescendre un petit peu.

- Doucement... voilà.. descends un peu plus comme ça, c’est mieux. Tu inclines bien trop. Tu sens la différence ?


Niels la sentait en effet, la femme venait de se détendre en l’espace d’une fraction de seconde. Le médecin gardait sa main sur le bras du blondinet pour le guider. Les premières fois étaient toujours des catastrophes et il ne s’attendait franchement pas à ce que son petit prodige réussisse du premier coup. Niels récupérait en même temps le sang dans le flacon et quand il fut rempli, il retira l’aiguille avec toute la légèreté qu’il possédait. La jeune femme poussa un énorme soupir de soulagement et le blond appliqua aussi une compresse dessus. Il voulait s’excuser pour la maladresse de ses gestes. Toujours avec douceur, il appliqua un ruban sur le coton et garda sa main dessus en la regardant. Son regard était compatissant et la femme sourit.

- Tu vois ? Je suis toujours en vie, lui annonça t-elle d’une voix douce.

Le jeune homme était soulagé et il le fut autant plus quand à la fin de la consultation son "professeur" lui disait qu’il s’en était pas trop mal tiré.

- Certes, ce n’était pas brillant-brillant, car tu as trop incliné, tu l’as fait même d’un seul coup, chose à ne absolument pas faire, mais tes gestes d’avant étaient corrects. Ça va s’améliorer à force d’en faire.


Il hocha la tête en notant pour l’avenir ce qu’il lui avait dit. C’était dans ce genre moments où il avait l’esprit occupé qu'il ne pensait plus à son malheur. Un petit égarement, telle une bouffée d'oxygène dans sa vie. Même si elle était courte, il arrivait à trouver de l’apaisement, à échapper à la terrible réalité qui le noyait.

 
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MessageDim 1 Avr - 0:42

Niels
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Souvenirs de Niels : Octobre 2156

Le jeune homme était assis à sa table avec un de ses livres de science d’ouvert. Il avait pris soin de bien le caler afin de pouvoir le lire en tout confort. Le brouhaha de la cafétéria n’était plus qu’à l’arrière-plan et le blondinet s’était réfugié dans sa bulle. Posé dans un coin, de manière à goûter à la tranquillité, il pensait être loin des regards, mais dans une cafétéria, il était difficile de trouver le spot parfait. En effet, il y avait toujours des gens qui avaient le bon œil. C’était le cas d’une bande de mecs qui s’ennuyaient. Ils cherchaient donc de quoi s’occuper et les rumeurs ici allaient très vite. Le blond assis là-bas avait perdu sa langue alors il était une cible facile et idéal pour la distraction du midi. Opter pour la fille rousse aujourd’hui ne ferait pas parti de leur plan. Elle allait donc avoir une journée de répit contrairement à Niels.

Ce dernier n’avait quasiment rien touché à ce qu’il y avait dans son assiette. Il avait un mal fou à avaler quoi que ce soit ces derniers jours alors il mangeait des choses sucrées comme des fruits par-ci par-là pour éviter de s’évanouir. Il avait hâte que cette journée se termine même si il y avait son cours favori juste après. N’ayant plus faim et qu’il voyait l’heure défiler, le blondinet se leva pour aller déposer son plateau et sortir de la salle. Il traversa les couloirs afin de se trouver un coin calme pour les quinzes dernières minutes qu’il avait pour réviser, mais tandis qu'il marchait, une voix résonna dans le long couloir.

- Hey blondie !

Le jeune homme ne se retourna pas et continua d’avancer un peu plus rapidement. Il savait qu’en entendant les pas, le mec était loin d’être seul. Le petit groupe de trois continuait son chemin tout aussi rapidement.

- Ho le blond on te parle !

Niels ne savait pas si les gars avaient prévu de le suivre dans ce couloir-là en particulier, mais il l’avait plutôt mal choisi vu qu’il finissait en cul-de-sac. Et merde.. Niels n’eut pas d’autre choix que de s’arrêter et il prit tout son courage pour se retourner. Il ne s’était pas trompé quand il avait senti que le mec n’était pas seul. Génial. Super équitable. Ils avaient besoin d’être trois pour régner. Celui du milieu s’avança vers lui en le regardant de la tête aux pieds avec un sourire franchement malsain qui n'annonçait rien de bon. Niels avait l’impression que le couloir désert s’était bien assombri et qu’ils étaient seuls au monde.

- Ba alors blondinet, on dit pas bonjour ? C’est mal poli ça !

Niels regardait les trois mecs avec dégoût avant de fixer l’autre avec sa main de serrée sur son livre.

- C’est quoi que tu lis, je peux voir ?, demanda le brun en lui arrachant son livre des mains.

Il avait été si rapide qu’il n’avait pas eu le temps de réagir. Cet abruti avait osé poser ses sales doigts sur son manuel. Il avait tellement envie de lui hurler de lui rendre ça, mais aucun mot ne sortait de sa gorge ! Il se sentait monstre. Il s’avança d’un pas pour tenter de lui tirer son livre de force afin de récupérer son bien quand le mec écarquilla les yeux avant de l’agripper au niveau de veste bleue similaire à la sienne pour le plaquer contre le mur. La respiration du blond se coupa pendant l’espace de deux secondes sous l’impact. L’élève face à lui avait de la force et les deux autres venaient de se rapprocher.

- Tu fais quoi là ?! T’as cru quoi là ? T'as cru qu’tallais m’avoir ?!

Niels sentait la colère monter en lui et donna un coup dans le bras du mec afin de se dégager. Il inversa les rôles en plaquant cette fois ci le mec contre le mur. Merci l'adrénaline. Ses doigts s’étaient serrés vers sa cravate et ses yeux argentés le fusillait du regard. La petite victoire ne dura pas longtemps car déjà, les deux autres tirèrent Niels vers l’arrière afin de le pousser viollement au sol.

- Putain tu le touches pas ! Il t’as rien fait ! Il t’as juste demandé ce que tu lisais et t'as pas répondu !, s’exclama le premier qui prenait un malin plaisir à jouer une comédie ahurissante.

Le blond se redressait afin de se relever, mais le deuxième lui foutu alors un coup de pied dans le ventre. Le blondinet encaissa le coup et attrapa l’anse du sac de celui qui s’était penché vers lui afin de le déséquilibrer. Manque de bol, il résista trop et tomba du mauvais côté pour finir sur Niels.

- Ragnard ! J’vais t’le faire bouffer ton bouquin moi ! Tu vas avaler plein de mots peut-être que ça te redonnera la parole qui sait !, lança le garçon d’une voix remplie de menace.

Niels sentait son sang se glacer, car le mec venait de lui saisir les poignets. Tentant de se débattre, il releva son genou afin d’aller frapper dans les parties sensibles du mec qui cria de douleur. Ce geste-là qui n’était que de la pure légitime défense enragea ses deux camarades. L’un des deux se rua sur lui en lui emprisonnant cette fois-ci les jambes et en lui bloquant les poignets.

- Tu vas le payer. C’est nous les rois ici, alors tu nous frappes encore, crois moi que ça va barder blondie. Tu t’es pris pour quoi ? Ton frère, il est pas là pour te sauver la mise hein ! Ça te fait quoi mhm ? Ow… le grand frère .. il es pas là pour sauver le petit.. que c’est triste.

C’était trop. Le jeune blond venait de se prendre tellement d’affreuses choses dans la figure. Il avait l’impression que son cœur venait de se briser encore plus et tandis qu’il lui serrait encore plus les poignets, il sentait des larmes de rage couler sur ses joues qui eurent pour effet de faire rire son agresseur. Comment pouvait-on être aussi cruel ? Il n’avait fait rien de mal et ces types-là s’attaquaient à lui comme s’il était un criminel. Rassemblant toutes ses forces, il se mit à bouger comme il put pour essayer de se débattre. « Lâchez moi ! » « Lâchez moi ! » Voilà ce que disait son corps qui continuait de bouger. En vain. Il était cuit.


 
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MessageVen 6 Avr - 13:08

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Souvenirs de Niels : Octobre 2156

La solitude. Voilà ce que Niels ressentait face à ces gens qui n’avaient qu’un seul désir. Lui faire du mal. Il sentait des larmes de colère monter à ses yeux et le garçon au-dessus de lui venait de percuter le brillant dans ses yeux.

- Ow.. mais c’est qu’elle pleure la blondinette
, fit-il avec un sourire bien mesquin. On va la consoler.

À ce moment-là, il fit signe à ses deux potes de forcer leur victime à se lever. Chacun lui prit un bras, de manière à les lui faire croiser dans le dos pour le pousser jusqu’à une salle de classe où ils prirent le soin de fermer le verrou. Prisonnier avec trois agresseurs. Le combat était déloyal. Alerté, Niels fit un pas vers la porte pour tenter de l’ouvrir, mais il le regretta aussitôt, car un des garçons lui asséna alors un coup-de-poing magistral au visage qui lui fit perdre l’équilibre. Combat plus que déloyal.. Le premier n’hésita alors pas à se jeter sur lui pour le foutre au sol de nouveau. Il ne lui laissa pas la moindre chance de se relever pour riposter. Non, il préférait directement lui donner un coup de pied dans le ventre avant de se remettre à califourchon sur lui. Le garçon aimait ce pouvoir-là. Regarder dans les yeux sa petite proie et l'emprisonner de manière à ce que lutte soit impossible.

Le gars avait renforcé sa poigne sur le jeune blond qui tentait de se défaire de toutes ses forces. Il battait ses chevilles dans l’espoir de pouvoir l’atteindre, mais rien ne fonctionnait. Il avait envie de hurler à la terre entière de le lâcher et leur expliquer que ne pas parler n’était pas un crime, car oui, il se sentait tellement jugé. Il était accusé à tort d’un crime même pas punissable. Le garçon posa ses doigts sur la joue du blond pour l’effleurer. Niels eut pour réflexe de tourner la tête pour chasser le contact.

- T’as la peau douce blondie.., murmura son agresseur à son oreille.

Niels ne ressentait plus que cette rage dans son corps, autre chose prenait le dessus : la terreur. Que faisait donc ce mec ? Pourquoi se permettait-il de le toucher comme ça ?! Sa main descendait un peu plus sur sa chemise et son sang se glaçait dans son corps. En même temps, ses poumons commençaient à lui faire mal. Respirer dans cet état de panique était douloureux. Il se crispa, se disant que ce n’était pas possible et qu’il cauchemardait. Le cœur de Niels commençait à perdre le contrôle, captant petit à petit que la situation devenait très grave pour lui.

Oh oui, il allait l’avoir ce petit blond. Il allait le faire crier même. Il tira sur le nœud de sa cravate pour la défaire tandis que les deux autres garçons tenaient les poignets de leur proie qui ne cessait de vouloir se débattre alors qu’il lui retirait les boutons de sa chemise. La panique. Que faire ?! Viendrait-on le chercher ici ?! Pourrait-on le sauver ?! Il avait l’impression que le sang ne coulait même plus dans ses doigts tellement ses poignets étaient retenus avec force. Sa chemise était à présent ouverte et le bout des doigts de son agresseur effleurait alors son torse en allant plus bas où il ressentit une intense vague de panique. Non ! Pitié ! Comme si l’agresseur avait lu les signaux dans les prunelles du blond, il se mit à sourire avec joie.

- Oh que si.. , murmura t-il en posant ses mains sur la ceinture du blond.

Son cœur explosait dans sa poitrine et ne pouvant plus contrôler sa terreur, ses larmes s’étaient alors mises à couler sur ses joues pâles. Il allait mourir. Elles lui brûlaient les joues et il ne pouvait plus les arrêter. Il avait tellement peur ! Il voulait partir qu’on le lâche et ne plus jamais revenir ici. Alors que l’agresseur lui retirait sans aucune douceur sa ceinture avant de s'attaquer à son pantalon, des pas dans les couloirs se faisaient entendre. L’instinct humain de Niels le guida alors, le faisant hurler pour alerter sa détresse. Il était devenu totalement dingue, s'accrochant à ce seul espoir ! Le garçon le déshabillait et son contact était loin d'être doux. "A l'aide !" voulait-il formuler ! Mais ce fut son hurlement qui résonna dans toute la pièce avant que le garçon ne lui mette sa main sur sa bouche. Mais il était trop tard. Déjà, la personne du couloir glissait une clé dans la porte.


 
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MessageDim 8 Avr - 2:25

Niels
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Souvenirs de Niels : Octobre 2156

De l’air. Oui. Voilà ce que ses poumons étaient miraculeusement en train de lui donner ! Son hurlement était sorti de sa poitrine si fortement qu’il avait réussi à prendre de court son agresseur qui était maintenant en train de l’étouffer avec sa main sur sa bouche et sa deuxième main autour de sa gorge. Non ! Non ! Crier ! Encore et encore ! Il le devait ! Il le fallait même ! Il sentait cette chaleur se répandre en lui tandis que son souffle devenait cette fois plus faible à cause de son ennemi. Les étoiles dansaient, il était en train de tomber, de lutter pour ne serait-ce qu’une bouffée d’air ! Il était en train d’appuyer sur un endroit de son cou qui lui donnait limite la nausée. Le repousser ! Oui ! Maintenant qu’il avait les mains de libre, ses doigts s’aggripèrent à ses cheveux pour les tirer aussi fortement qu’il le pouvait. Il devait se sauver, car cette putain de clé qui tournait actuellement dans la serrure se faisait attendre. Une seconde en plus à ne pas respirer était une véritable épreuve pour lui. Usant de toutes ses forces, il se forçait à se redresser en même temps que ses mains continuaient de lui agripper les cheveux. Il s’en fichait bien de lui faire du mal, il avait cette haine, cet instinct de survivre qui faisait qu’il s’en fichait totalement de lui arracher sa chevelure ! Il voulait lui faire du mal même le faire payer ! Il avait voulu le violer.. oui le violer !

La porte s’ouvrit alors enfin sur un professeur. L’homme resta figé pendant quelques instants face à la scène surréaliste qui s’offrait à lui. Il était rentré, car il avait entendu crier. En voyant trois élèves sur un seul, il comprit que la chose était sérieuse.

- CA SUFFIT !, hurla t-il alors. Lâchez-le !

Les mots tranchants du professeur de littérature avaient eut un effet immédiat sur les trois qui se relevèrent et reculèrent, livides d’avoir été pris la main dans le sac. Niels lui était toujours sur le sol, les joues recouvertes de larme de peine, de rage et de terreur. Son pantalon ouvert, sa ceinture jonchant sur le sol faisait comprendre au professeur l’ampleur de ce qui venait de se passer. Ce n’allait pas être de simple réprimandes et des colles, non, ici, il devait appeler le directeur qui lui appelerait la police.

- Vous trois asseyez vous, cracha le professeur qui prit directement son téléphone pour composer le numéro.

Il était hors de question de laisser le blond avec ces trois pour aller chercher le directeur. Le blond était en état de choc et tâtonnait dans sa poche afin de prendre une bouffée de ventoline. Il fallait qu’il sorte de cette pièce et vite. Il se releva, tremblant et se rattrapa au bureau. Ses mains se posèrent sur son pantalon pour le reboutonner tandis qu’il tremblait de partout. Le professeur vint immédiatement vers lui pour le guider vers la sortie.

- J’appelle de suite l’infirmière. J’ai compris ce qu’il s’est passé et ils ne vont pas s’en tirer comme ça. Votre mère est avocate, vous n’avez rien à craindre
, fit aussitôt le professeur maladroit et totalement dépassé.

Il n’entendait qu’un mot sur deux de ce qu’il racontait. Il s’était focalisé sur les doigts du professeur qui composait le numéro de l’infirmière qui décrocha aussitôt. Le professeur fut bref et indiqua l’endroit où ils se trouvaient. Tout en l’attendant- ce qui parut une éternité - le professeur regardait les trois élèves.

* * *

Des mots échangés entre les deux adultes tandis que lui était parti aux toilettes. L’infirmière était au courant et  une fois dans son bureau, le blondinet avait juste une seule envie : partir de ce monde. Il se sentait totalement inutile haït et sale. Il continuait son silence habituel, ne voulant pas parler de ce qui venait de se passer et sa mère finit par arriver. Moment difficile aussi. Sa mère choquée. Le retour à la maison fut rapide et la sensation d’être prisonnier et observé était de retour. Il était de nouveau seul avec des pensées encore plus noires. On avait voulu lui faire du mal, et pour de vrai. Une fois seul dans sa chambre le soir, l’adolescent se mit à fondre en larmes, chose qu’il avait été incapable de faire dans les bras de sa mère. À cet instant-là, toute la peine et la terreur qu’il avait gardé explosaient de nouveau. Ses bras s’étaient mis à frapper rageusement les couvertures et sa tête s’était enfouie dans son oreiller pour étouffer ses sanglots. Il avait envie de mourir. Personne ne l’aimait. Il était une aberration, incapable de s’exprimer. Il aurait voulu pouvoir mettre des mots sur la souffrance qu’il traversait, mais seules ses mains et ses bras y parvenaient. Le problème était que personne ne le comprenait ici. Il était incapable de bien dormir sans maudit cauchemars maintenant un énorme mélange entre son père et ses agresseurs.


* * *

Cela faisait maintenant quelques jours que Niels voyait un psychologue qui encourageait son langage qu’il se créait avec les signes. Cela pouvait l’aider à se libérer. Cela faisait aussi une semaine qu’il suivait des cours à la maison après la terrible agression. Les élèves avaient été renvoyés et mis en examen, mais Niels n’en savait pas plus. La chose la plus difficile avait été de raconter les faits à la police, il avait été obligé. Il tentait de s’éloigner de ce cauchemar et les cours à la maison étaient plus simples. Sa mère était en plus absente,  il n’avait pas à supporter son regard peiné quand elle le voyait s’exprimer avec des gestes tellement approximatifs. Il était retourné au cabinet, après avoir fait comprendre à sa mère comme il le pouvait qu’il en avait besoin. Le psychologue qui s’était aussi entretenu avec la mère lui avait confirmé que c’était la bonne solution. Fournir à Niels un cadre où il se sentait en sécurité était la clé pour la guérison de son choc.

 
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MessageJeu 10 Mai - 17:19

Niels
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Souvenirs de Niels : Novembre 2156
Tic toc tic toc. Il était maintenant l’heure de retourner à l’école et les doigts du blondinet étaient en train de nouer sa cravate bleue autour du col de sa chemise blanche. Il fit un pas vers le miroir et ses yeux se relevèrent afin de croiser son reflet. Un jeune homme blond vêtu d’une veste d’un bleu qui lui allait si bien. Il rentra sa chemise dans son pantalon afin de refermer sa veste et de saisir sa sacoche qui traînait sur son lit. Il allait faire son retour pour reprendre le rythme normal d’un écolier britannique de quinze ans en prétendant que tout allait bien. Le mot prétendre était bel et bien adapté, car il avait un mal fou à ne pas se réveiller la nuit en criant et en secouant ses couvertures. Il avait la constante impression qu’on le touchait si bien qu’il n’était pas rare qu’il reste pendant de longues minutes assis dans le noir à murmurer que rien n’était réel et que tout était du passé. Cependant, cette nuit, son cauchemar avait mal tourné et son esprit avait tout mélangé. Son père et ses agresseurs dans la même pièce. Un visage sur un corps qui n’était pas le bon. Une voix qui sortait de la bouche d’un autre, etc.

Il fit un pas en avant, avant d’en faire un en arrière. Il avait l’air d’un zombie. Combien d’heures de sommeil lui manquait-il au juste ? Pourquoi y retourner aujourd’hui d’ailleurs ? Il posa sa main sur le vieux miroir en fermant les yeux quelques secondes afin de prendre une grande respiration avant d’expirer. Tout irait bien. Il ne reverrait pas ses agresseurs. Ils avaient été exclus de l’école sur le champ tandis que le concernant, tout le monde croyait qu’il avait chopé une sale grippe qui l’avait forcé à rester deux semaines ici. Ce n’était évidemment pas le cas, étant donné qu’il avait bien travaillé à la maison. Cela l’avait bien aidé à s’occuper l’esprit. Ses doigts glissèrent avec lenteur du bord en bois du miroir tandis qu’il se dirigeait vers la cuisine. Des œufs, du bacon et du pain grillé l’attendaient ainsi qu’Isaac vêtu très aléatoirement. La cravate du grand blond traînait sur le canapé tandis que ses chaussures se trouvaient sur le rebord de la cheminée. Niels le regarda de la tête aux pieds, mais pas plus interpellé que ça. S'il avait eu la foi de parler, il lui aurait probablement sorti que ce n'était pas une salle de bains, mais bel et bien une cuisine. De plus, il remarquait tout en s'installant qu'Isaac avait boutonné Pierre avec Paul.

Les deux se saluèrent avec le geste habituel et Niels regarda longuement ce qui l’attendait avant de tendre machinalement le bras vers le thé qui infusait. Isaac, qui avait une tartine en main, venait de la poser sur le bord de son assiette afin de défaire tout les boutons en pestant. Niels leva les yeux au ciel et fit couler l’eau chaude dans sa tasse. Il avait du mal à être du matin. Lui était grognon et fatigué, tandis que son frère était maladroit et bavard. Le grand blond continuait de pester en tirant sur sa chemise en s’exclamant qu’il venait de la tâcher avec de la confiture. Niels posa sa main et leva sa paume de main pour lui faire comprendre de tout stopper. Quelle idée d'y toucher pendant qu'il était en train de manger !

Le jeune homme se leva, agacé de ne pas pouvoir manger sans entendre son frère faire sa bagarre du matin contre son uniforme et ses tartines. Il prit une éponge et commença à nettoyer la tache. Il la reposa rapidement pour commencer à lui boutonner correctement son vêtement avant de le regarder dans les yeux. Isaac soupirait, se sentant totalement stupide pour le coup.

- Merci, grommela Isaac.

Le cadet hocha la tête avec un léger sourire sur ses lèvres. Les deux purent enfin commencer à manger, sans se tâcher et sans rien renverser. Niels fut évidemment le premier à finir. Il ne s’était pas autant servi que son ainé, n’ayant pas très faim. La nervosité n’aidait probablement pas et il avait simplement croisé les bras pour attendre qu’il finisse.

- Prêt ?, demanda Isaac en attendant un signe de Niels.  

"Absolument pas" lui avait fait comprendre le blondinet qui s'était tout de même levé pour prendre sa sacoche. Il regardait à présent le sac moitié entrouvert de son grand frère ainsi que ses cahiers qui dépassaient.

L’aîné prit ses affaires qu’il remit encore plus en désordre et quelques secondes après, la maison des Welligton était de nouveau vide pour la journée. Le chemin vers l’école se fit en silence et leurs chemins se séparèrent dès l’entrée après une tape amicale sur son épaule de la part d’Isaac. Certains élèves étaient en train de courir dans les couloirs et une grande voix grave d’un surveillant se mit à retentir. « Pas de courses dans les couloirs ! » Niels était bel et bien de retour au lycée. Comme pour confirmer ce fait, la sonnerie du premier cours retentit et il entra dans la salle pour suivre son premier cours de la journée : histoire. Il avait hâte d’être à l’année prochaine où il pourrait choisir ses matières pour son A-Level, mais pour le moment, il devait faire avec. Il s’installa au deuxième rang en voyant qu’il restait un siège tout à gauche. La journée allait pouvoir débuter.  

* * *

La douce couleur du début de journée ne s’était pas trop mal passée avec des trois personnes qui lui avaient demandé s’il s’était bien rétabli de sa grippe. L’après-midi avait été assez rapide, car il n’y avait eu que les cours qui l’intéressaient le plus et en ressortant du cours de biologie, le jeune homme parvenait à se sentir motivé par le projet que le professeur leur avait assigné. Ce dernier l’avait un peu retenu à la fin pour prendre de ses nouvelles et de lui demander s’il avait trouvé un partenaire pour le faire. Le blond l’avait rassuré à sa manière et lui avait apprit qu’il préférait le faire seul s’il ne voyait pas d’inconvénients. « Comme vous voulez Monsieur Welligton, un petit tiers de la classe préfère aussi réaliser le projet individuellement. » Après avoir entendu ce genre de paroles plutôt satisfaisantes, il s’était dirigé vers l’ascenseur afin de monter reprendre tout ce dont il avait besoin dans les casiers. Les portes de métal se refermèrent devant lui, laissant la cage prendre son envol vers le rez-de-chaussée. Il ferma les yeux et laissa l’air s’évaporer de son corps en se disant qu’il avait survécu. Une petite secousse le fit aussitôt rouvrir les yeux tandis que la cage commençait à ralentir. Il était sans doute arrivé à destination et les portes allaient s’ouvrir d’une fraction de seconde à l’autre pour le laisser sortir sauf que cela ne fût pas le cas. Un petit bip bip se fit entendre après une seconde secousse plus forte. Que se passait-il ? Le jeune homme appuya sur le bouton qui servait à ouvrir les portes, mais rien ne se passa. Les portes restaient immobiles, laissant le jeune homme soudainement livide et le cœur battant dans une cage de fer défectueuse. Il ouvrit la bouche, stupéfait, mais aucun son ne sortit de nouveau. Prisonnier. Il était pris au piège.

 
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MessageDim 13 Mai - 13:49

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Song here "Requiem for a dream - piano"

Le dernier son que les oreilles de Niels avaient pu capter était ce bip bip pas normal. Son doigt avait appuyé de nouveau à plusieurs reprises sur le bouton dans l'espoir d'ouvrir les portes, mais rien ne se passa. Rien ne s’ouvrait et une goutte de sueur perlait déjà à son front. Pourquoi l’ascenseur refusait-il de le faire sortir ? Qu’avait-il fait de mal pour mériter ça ? C’est alors que tous les scénarios inimaginables se mirent à fleurir dans sa tête. Il se voyait déjà rester là toute la nuit, allongé dans cette cage de fer qui n’allait plus contenir assez d’oxygène pour lui à un moment donné. Il se voyait aussi tambouriner les portes en criant de le laisser sortir, et imaginait déjà une école toute vide. Tout le monde était rentré chez soi et lui était condamné à souffrir ici. Le jeune homme se mit à avancer près de ces portes qui refusaient de s’ouvrir et rappuyait encore sur ce bouton trop inutile.

- Laissez moi sortir…s’il te plaît ascenseur laisse moi sortir.., murmura t-il.

Voyant que rien n’y faisait, Niels appuya sur le bouton de communication. Un grésillement se fit entendre avant de laisser une voix parler. Son cœur fit un bon tellement c’était bon d’entendre qu’il n’était pas seul. La dame lui demanda alors ce qui se passait et le jeune homme la coupa presque pour lui dire qu’il était coincé dans cet ascenseur. Mais un autre grésillement retenti et une autre voix se fit entendre. Une personne au téléphone était aussi en train de parler à la dame qui ne lui répondait même plus.

- Vous m’entendez ?, demanda Niels qui resta sans réponse. Hello !?! Vous m’entendez ?! Hallo ?

Mais rien à part cette femme qui parlait à la personne au téléphone sans ne l'entendre lui. Double appel. * C’est à ce moment-là que le blond se sentit paniquer. Il appuya de nouveau sur le bouton pour couper la communication avant de la remettre, mais cette fois-ci, il n’entendit rien.

- Non ! Putain ! Nan !, s’exclama t-il en sentant l'angoisse se répandre dans tout ses membres.

Ses doigts appuyèrent alors sur le bouton des portes qui ne voulaient toujours pas le laisser sortir et le blond se mit cette fois-ci à éclater en sanglots. Il avait une peur atroce des espaces fermés qui lui donnaient cette impression d’étouffer. D’ailleurs, c’était ce que la panique était en train de lui offrir : une respiration saccadée. Des larmes brûlantes de colère perlaient à ses yeux tandis qu’il s’était mis à taper sur la porte de l’ascenseur en criant de l’aider et de le laisser sortir. Mais bientôt sa voix faiblissait au fur et à mesure que les quatre extrémités de la cage se « refermaient » sur lui, l’emprisonnant dans cet espace de cocon malsain. Il ne pouvait pas voir l’extérieur et ses poumons commençaient d’ors et déjà à le faire souffrir. Il sortit son téléphone portable qu’il se mit à maudire de dizaine de fois - avec des mots que seul un Britannique en colère noire pouvait saisir - aussitôt en voyant les barres inexistantes du réseau.

- Bordel non ! Pourquoi faut toujours que ça capte pas !!!


Le blond se mit alors assis dans la cage de fer en rapprochant ses genoux de son torse comme pour se protéger. Son téléphone était toujours dans sa main et l’écran d’accueil composé de numéros lui indiquait juste une solution : le 999. Ses doigts tout tremblants composèrent le numéro, et à peine une seconde après, une voix lui répondit. Niels se mit à lui expliquer sa situation en essayant de garder son calme et de fermer les yeux afin de ne pas se rendre compte de l’espace trop restreint pour lui. Il donna l’adresse de son école et à l’endroit où il était exactement. La panique ne l’aidait pas à se rappeler où il se trouvait exactement et il fut obligé de se rappeler  pendant trop longtemps à son goût de quelle matière il sortait avant de pouvoir lui répondre exactement. Il fut soulagé quand il entendit qu’ils allaient arriver. Mais combien de temps cela allait-il prendre ? Le jeune homme avait précisé qu’il était asthmatique et qu’il commencent à avoir peur. Une fois qu’il eut raccroché, il se mit à fouiller dans son sac pour chercher sa ventoline qui bien sûr y était. Il en respira une dose avant de poser sa tête contre une des parois de l’ascenseur qui soudainement se mit à descendre un peu trop vite avant de s’arrêter brusquement. Niels avait laissé échapper un cri de panique, se sentant trop attiré vers le bas et ses larmes de panique redoublèrent. Il revoyait des images de films où les ascenseurs dévalaient vers le bas à toute allure avant de s’exploser à de centaines de mètres plus bas. Il se mit alors à tousser et à poser sa main sur sa poitrine. Il la sentait se serrer malgré la ventoline et le choc de sa peur ne l’avait pas du tout arrangé.

Il s’allongea alors au sol, tremblant, sentant la chaleur le saisir. Il retira en urgence sa cravate qui était en train de l’étouffer ainsi que les premiers boutons de sa chemise. La cage ne semblait déjà ne plus avoir d’air à lui offrir et les minutes qui passaient sans que personne n’arrive était tout simplement l’enfer. Au fur et à mesure, ce n’était même plus un simple petit resserage au niveau de sa cage thoracique qui le faisait souffrir mais bel et bien un puissant étau qui se resserrait violemment tout autour de son corps. Sa main attrapa de nouveau sa ventoline qu’il secoua pour reprendre une dose, dose qui s’avérait être la dernière ou l’avant-dernière.

- Non non non.. , gémit-il. J’en ai besoin…

Mais parler lui faisait encore plus de mal, et lui demandait encore plus d’air. Il se tourna vers le côté dans un élan face à la douleur qui le traversait et ferma les yeux en comptant intérieurement. Il fallait qu’il se calme et se focalise sur un rythme plus lent. S’il laissait cette angoisse le saisir, il était fichu. Ses doigts glissèrent sur le sol, se concentrant sur la fraîcheur du sol qu’il fallait qu’il intègre pour pouvoir chasser cette trop forte chaleur qui l’étouffait. Il aurait voulu continuer de frapper à la porte pour qu’elle s’ouvre, mais il perdait de ses forces. De plus, l’ascenseur qui avait bougé aurait très bien pu sombrer de nouveau. Il n’osait plus faire le moindre geste. S’il remuait le moindre orteil, son cerveau s’était mis en tête qu’il allait aider l’ascenseur à descendre encore plus bas, la dernière chose qu'il voulait était de mourir écrasé au sol.

Ce fut alors qu’il commençait à voir des petites étoiles danser devant ses yeux. Des vertiges. Il sentait aussi l’envie de vomir lui prendre. L’air lui manquait terriblement et les battements de son cœur s’affolaient à chaque fois. Ici, il n’avait personne pour lui dire des mots doux ou lui faire des caresses qui l’auraient aidé à relativiser. Ici… il était seul au monde, livrés à des gens au bout d’une ligne téléphonique et le pire était qu’il ne savait même pas quand et s'ils allaient le trouver.

Spoiler:
 

 
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MessageMar 15 Mai - 21:20

Niels
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Souvenirs de Niels : Novembre 2156


Song here "Requiem for a dream - dark "

L’air. Quasiment inexistant. Une lame qui transperçait ses poumons aurait sans doute fait le même effet au jeune homme qui agonisait sur le sol métallique de cet ascenseur immobile. Les minutes défilaient bien trop rapidement si bien que les secondes s’écoulaient à la lenteur de grains de sable qui seraient restés bloqués au milieu d’un sablier trop fragile. Le plafond qui était de la même couleur que les murs l’étouffaient d’avantage, l’air contenu dans la petite cage de fer semblait avoir été utilisée pour au final ne rien lui laisser. La peur tournait à de l’angoisse si bien que ses membres tremblaient. Son torse se soulevait au rythme de sa respiration trop saccadée. S’il avait été dans un océan, il aurait été le petit poisson prisonnier tout au fond entre deux plantes de corail trop résistantes, mais ici, il se trouvait dans un volcan. Il brûlait de partout, et sa gorge ne lui laissait pas de répit. Tourné sur le côté, il avait tenté de reprendre le contrôle avec une autre inhalation qui ne lui faisait plus rien à part agir seulement quelques secondes. L’humidité de son front avait mouillé ses cheveux blonds. Quand allait-on lui venir en aide ? Le laisserait-on ici ? Au final, personne n’était-là, et même si les gens étaient là, son manque d’oxygène l’empêchait de capter ce qui se passait. Il était comme coupé du monde, condamné à ne plus penser qu’à sa souffrance. Bientôt, les lumières de l’ascenseur se mirent à trembler. « Non.. pas ça.. », pensait-il. Mais le "ça" arriva et les lumières qui le gardaient dans le jour s’éteignirent. Il paniqua encore plus tandis qu’il tentait toujours de haper l’air tel des grains d’ors devenus trop rares. Sauf qu’il avait ici un problème. Les grains d’ors en plus d’être défectueux se faisaient de plus en plus inexistants. Jamais il n’avait été dans un état aussi critique.

Combien de temps avait-il pu bien s’écouler jusqu’à ce qu’on le retrouve ici ? Le blondinet avait désespérément refermé ses doigts sur son inhalateur comme si cette petite chose était son dernier espoir, ce qui était la vérité.

« Jeune homme.. vous m’entendez ? On va vous aider. » ,faisait une voix trop lointaine.

Où était-il ? Le noir n’était plus vraiment là et le jour était partiellement revenu. Des grands boums ainsi que des bruits d’outils métalliques l’avaient aidés à tenir. Tenir encore un peu plus, ne pas lâcher. Le sauver. Ils étaient enfin arrivés et pourtant, ce n’était pas pour cela qu’il parvenait à respirer. Sa main lâcha son inhalateur en même temps que l’autre tentait de réunir toutes les forces qu’il lui restait pour serrer une main inconnue mais pourtant rassurante. Quelqu’un se mit alors à le porter pour l’allonger sur une surface un peu plus molle que le sol. De l’air. Voilà ce qu’il voulait et dans un soupir désespéré, il avait voulu sortir les mots. Ce fut lorsqu’un masque se posa sur sa bouche qu’il put enfin attraper un bâton imaginaire que le ciel lui tendait pour se sortir de la noirceur dans laquelle il allait. Les mots entre différentes personnes fusaient sauf qu’il ne comprenait rien, comme si le monde entier s'était mis à lui parler allemand ou encore norvégien. Cependant, ce furent quelques secondes après qu’il sentît enfin quelque chose de libérateur qui était le minimum, capable de l’aider. Libération. Mais pour combien de temps ? Pourquoi peinait-il encore tellement ?

« On t’emmène à l’hôpital, concentre toi sur l’oxygène qui vient dans tes poumons.  » lui disait une jeune femme blonde à la voix douce.

Ses poumons qui étaient en lutte depuis tout à l’heure bataillaient encore pour victoire perdue d’avance. Le plafond qui était avant immobile se mit à bouger. On l’emmenait et quelques instants après, le bruit d’un moteur parvint à ses oreilles. Il ne sut dire pendant combien de temps ils roulaient à une vitesse très rapide, mais les paumes fortes d’un homme se posèrent sur sa poitrine afin de le masser. La chose faisait du bien, elle l’aidait à respirer l’oxygène du masque. Le massage se poursuivit pendant un moment et quand ils arrivèrent enfin aux urgences, il sentait que le masque d’oxygène n’était pas assez. Il aurait voulu parler, leur dire qu’il avait l’impression qu’il allait mourir, mais il ne pouvait tout simplement pas. Ses poumons trop serrés l’en empêcher et les tournis lui revenaient. L’oxygène n’était pas assez fort. Il n’était plus en mesure de capter les phrases entières qui passaient d’une personne à une autre. Seule des bribes arrivaient à ses oreilles telles que «vite » « DEP » « déchoc » « urgence ». Rien qu’avec ce genre de mots, le blondinet savait que son état était plus critique que d’ordinaire. Maintenant qu’il était sorti de ce maudit ascenseur, pourquoi fallait-il que ses poumons le fassent encore souffrir ?! Ne pouvaient-ils pas être soulagés un point c’était tout ?! Apparemment, ils n’en faisaient qu’à leur tête et la lumière des couloirs faisait de moins en moins aveuglante. Il avait à présent presque froid. Il aurait tellement voulu que sa mère soit là, comme quand il était petit, mais cette dernière ne devait pas être au courant. Il n’avait même pas pu leur demander, mais il était certain qu’ils sauraient où chercher. L’hôpital connaissait son dossier alors le diagnostic fut très rapide. Crise d’asthme aiguë.

Enfin, tout s’arrêta autour de lui, sauf les personnes. Deux ? Trois ? Il ne savait même plus trop, mais c’était de nouvelles personnes, car leurs vêtements n’étaient pas de la même couleur. On lui retira alors son masque et le blondinet sentit la différence. De nouveau, il tentait de happer encore plus l’air, mais un autre remplaça aussitôt l’ancien. Il était plus puissant et une femme posa sa main sur sa joue.

- Niels c’est ça ? Concentre-toi sur l’air. Ferme les yeux et essaies de te détendre, ça va aller mieux..

Le blondinet aimait bien qu’on lui parle, au moins il savait qu’il n’était pas tout seul et il pouvait tirer des informations sur ce qu’il se passait vu qu’il ne pouvait pas parler sans s’étouffer encore plus. La femme s’écarta un petit peu de lui ce qui le fit paniquer sans même trop qu’il ne sache pourquoi.

- Je suis là. On va t’injecter des produits qui vont te faire aller mieux.

Le blond n’eut même pas peur en comprenant qu’à moitié ça. Il ne voulait qu’une seule chose : pouvoir mieux respirer. L’infirmière rousse lui prit le bras afin de piquer une veine pour lui placer une perfusion dans laquelle une autre femme s’occupait de faire passer des produits. Cela le fit simplement grimacer, la douleur n’était rien à côté de ses poumons. L’avantage était que le tout arrivait très vite dans son sang si bien que son corps se détendit assez rapidement.

- C’est .. quoi..? , fit-il alors en murmurant.

L’avait-on comprit tellement ses mots avaient été faibles ? Il voulait s’accrocher coûte que coûte. Il était hors question de perdre connaissance et entendre des mots de la réalité - rassurants ou pas -l’aiderait à rester parmi eux bien que les produits avaient pour effet de lui donner chaud.

- De la cortisone et du chlorure de sodium, lui répondit-elle.

Il hochait la tête intérieurement et se mit à fermer les yeux pour chasser l’angoisse que la salle lui procurait. Il la reconnaissait, elle était comme dans ses plus vieux souvenirs. Il était déjà venu une fois ici. Allait-il mourir ? C’était sans doute la question qui ne cessait de ressurgir dans son esprit à chaque fois que sa poitrine le faisait souffrir. La femme rousse restait à côté de lui en lui tenant la main et en l’observant attentivement. Les deux autres personnes étaient bien plus actives et il sentit autour de son bras gauche quelque chose se serrer avant de comprendre la chose : une autre aiguille en lui. Il rouvrit les yeux pour aussitôt les refermer, appeuré. Tenir le coup et ignorer. La peur n’était pas bonne. Elle ne ferait qu’empirer la chose.

- On te fait une prise de sang et après, on va passer à un gaz du sang pour calculer la quantité d’oxygène et de dioxyde de carbone et d’acidité que tu as, lui expliqua la rousse toujours à côté de lui. La perfusion t’aide ?

Le blond lui murmura un oui. Les produits l’aidaient. Il n’était plus totalement privé d’air, bien que la douleur dans sa poitrine était toujours présente. Elle avait fait exprès de lui parler au moment où l’aiguille s’était enfoncée un peu plus, mais il n’était plus à ça près. Ce fut néanmoins ce qu’il crut, car lorsque la rousse continuait à lui parler en pensant que c'était fini, son corps se raidit aussitôt en sentant une deuxième aiguille dans un endroit pas commun dans son bras si bien qu'il laissa échapper un soudain cri de douleur. La main de la rousse se posa aussitôt sur son épaule pour le faire se rallonger étant donné que son corps avait eu le réflexe d’aller vers l’avant.

- C’est bientôt fini, je sais.. ça fait mal, mais ne bouge pas.. Pense à autre chose.. à ta petite amie peut-être ? Un voyage que tu as fait..

Mais ses mots rapides étaient inutiles et sa peur des aiguilles venait de refaire surface. Ses larmes de souffrance perlaient au coin de ses yeux clairs. Le moment était si long, trop long. Il avait l’impression qu’on était en train de lui déchirer le bras. Il n’avait plus fait attention aux mots qui étaient dérisoires. Il s’en fichait bien, car il voulait qu’on arrête de lui enfoncer cette aiguille de malheur à cet endroit-là ! « Stop.. », fit-il à bout de souffle en sentant ses forces disparaître. Une main fraîche lui caressait le front pour le rassurer, comme sa mère aurait pu faire. Quand la douleur se stoppa enfin, le blondinet eut le réflexe de rapprocher son bras de lui, en signe de protection. Plus jamais ça. Plus jamais.

En même temps que le plus jamais lui parcourait l’esprit, une main noire, remplie de brume et invisible le tirait bien trop rapidement. Pourquoi avait-il la sensation que la douleur était en train de l’emmener autre part ? L’infirmière le remarqua et s’exclama :

- Il est en train de perdre connaissance ! Niels, fit-elle en lui serrant la main. Remonte, c’est fini.

Une autre injecta une nouvelle dose de cortisone et de chlorure de sodium dans la perfusion qui eut pour effet de le faire remonter quelques secondes après. Il avait été à ça de tomber dans l’inconscience. Il s’était senti lentement emporter vers une sorte de trou noir.

- Sa saturation est quand même assez basse.., fit l’autre. Passons à la radio thoracique.

La technologie des années 2150’s était fantastique. Il n’y avait rien de plus simple que de faire une radio en direct sans le bouger d’ici et sans énorme matériel comme autrefois. Une plaque fut placée dans son dos pour réaliser les clichés nécessaires qui s’affichaient en direct sur l’écran. Lui continuait de s’accrocher pour ne pas laisser la main invisible le ramener et il remerciait intérieurement la nouvelle dose de produit le tirer vers le haut de la colline. La seconde d’après, une voix féminine bien trop familière et totalement paniquée parvint à ses oreilles : sa mère.

 
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MessageMer 16 Mai - 11:14

Niels
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Souvenirs de Niels : Novembre 2156
Cette voix. Sa mère. Elle était là. Il l’entendait. Elle voulait le voir. Avait-elle le droit ? Si on lui avait interdit, elle était quand même venue ici et le jeune homme captait à présent un échange entre sa mère et l’infirmière rousse qui avait lâché sa main maintenant que les choses les plus douloureuses étaient passées. «Venez », entendit-il. La seconde d’après, il rencontra les yeux de sa mère. Les mêmes que ceux de son frère. Lui avait hérité des prunelles de son père.

- Mon chéri. Je suis venue au plus vite. Je suis là maintenant., fit-elle en voyant les petites larmes précédentes sur les joues de son fils en les chassant avec tendresse.

Elle se tourna vers la seule personne - l‘infirmière donc - qui n’était pas occupée à analyser les clichés. Le sang était aussi vérifié sur place grâce à de nouvelles machines qui étaient capables de donner un résultat en direct. Le blond esquissa un léger sourire et sentit sa main sur sa poitrine.

- Tu respires maintenant.. ça va ?, ne put s’empêcher-elle s’empêcher de lui demander.

Maintenant qu’il était revenu dans une sorte de réalité, et que son corps paniquait moins, le son ne sortit pas quand il ouvrit la bouche pour dire oui. Il se contenta de hocher la tête. Le choc l’avait fait parler. Mais comment ? Pourquoi ? Réaction psychologique sans doute.. Il avait du mal à y croire, à se dire qu'il avait pu replacer des mots, mais il se remémorait les scènes et il avait été en effet capable de parler, dès lors que la porte de l'ascenseur s'était refermée sur lui pour lui faire vivre des sombres instants. Il se laissait emporter par l’étrange douceur du produit qui à haute dose l’avait toujours un peu fait planer. « Il va falloir que vous consultiez un spécialiste au plus vite avec votre fils, afin de réajuster son traitement. Extrême urgence et crise très aiguë. J’imagine que vous n’avez pas besoin d’une adresse ? » entendit-il tandis que sa mère lui répondait qu’elle n’en avait en effet pas besoin et qu’ils iraient très vite. Son regard se tourna vers les machines de déchoc, se rendant enfin compte où elle était. « Il s’est évanoui ? » , demanda-t-elle inquiète. « Non, mais la probabilité était très élevée d’où cette précaution. » La femme revint vers lui avec ce sourire rassurant. Était-elle une nouvelle infirmière pour avoir pris le soin de tout lui dire comme elle l’avait fait ? Cela semblait si étonnant..

- Comment te sens-tu ? Ce serait bien qu’on calcule ton débit expiratoire de pointe. Ta saturation n'est plus basse.  Tu sais comment ça marche j’imagine. Tu te sens d’essayer ?

Niels hocha la tête en guise de oui. Il avait retrouvé un peu de force et il savait que c’était toujours mieux d’indiquer ce genre de données aux médecins pour l’aider au mieux. Il réunit ses forces pour souffler dans la petite machine après qu’elle lui ait retiré le masque pour ces quelques secondes pénibles sans air bonus. Les nombres allaient danser un petit peu avant d’indiquer le résultat final. Elle ne perdit pas de temps et lui remit le masque aussitôt.

- 295, indiqua t-elle. Pas fameux, mais je suis certaine que tu es descendu à 150 tout à l’heure.

Les infirmières le passèrent ensuite sur quelque chose de plus confortable sans remonter la couverture afin de ne pas lui donner la sensation d’étouffer.

- On t’emmène un peu plus loin, pour laisser agir les produits qu’il reste et te permettre de récupérer. La crise est passée, mais on te garde encore un peu, expliqua t-elle tandis qu’ils quittaient cette salle qui lui fichait des frissons pour se retrouver dans un endroit un peu plus chaud.

L’infirmière parla avec sa mère quelques instants près de la porte. Il capta les mots « prises de sang » et « résultats ». Cela n’affichait sans doute rien de bon, mais il avait appris à vivre avec son asthme depuis son plus jeune âge. Il ferma les yeux, chassant les affreuses images de l’ascenseur tout en massant son bras précédemment piqué par pur réflexe. Il allait remonter la pente, les produits allaient chasser les dernières douleurs dans sa poitrine et cet événement serait enfin derrière lui.Ce n’était jusque qu’une affreuse crise parmi tant d’autres, sauf que celle-ci avait été bien plus forte. Il finit par somnoler au fur et à mesure qu’il sentait un poids se retirer en lui. Il ne mourrait pas aujourd’hui. Il allait survivre. Comme toujours.


 
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MessageHier à 2:51

Niels
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Souvenirs de Niels : Janvier 2148
Trop comme si.. trop comme ça.. pas assez comme ça, pas assez comme ci.. le petit enfant en avait sa claque de tout ce genre de norme à la noix qui ne faisait avancer personne dans la vie. Assis sur une table d’examen, le blondinet de sept ans avait croisé les bras et regardait le mur d’un œil déterminé. Non, il n’aurait pas besoin de lunettes, quoi que ce médecin venu à son école pourrait bien dire à sa mère. Il en était hors de question même. Il savait parfaitement lire de loin comme de près alors ce n’était franchement pas la peine de perdre son temps avec lui. Ses petites chevilles étaient en train de se tourner encore et encore tandis que les deux adultes le regardaient curieusement. Sa mère avait perçu son petit air de défi. Le médecin lui y voyait un enfant amusant et pas comme les autres. Enfin un peu de changement.

- Une petite pensée à partager ?, demanda l’homme en blanc d’une voix douce.

Le petit, pas de très bonne humeur ce matin, se tourna alors vers l’homme, toujours les bras croisés sur sa poitrine et s’amusa à le fixer de ses yeux si clairs.

- Non. Aucune. Peut-être à part dire que je vais très bien et que je peux retourner en classe.


En vérité, il n’avait pas tellement envie qu’on évoque un autre problème : ses poumons douloureux quand il courait trop vite. Son cerveau s’était en même temps focalisé sur l’échelle de Monoyer pour il ne savait quelle raison d’ailleurs, comme s’il désirait occuper son esprit avec tout et n’importe quoi sauf le vrai sujet. Détourner l’attention des adultes.

- Tu penses que tu n’as pas besoin de ce test Niels ? Tous tes autres camarades l’ont eu si ça peut te rassurer, commença à lui expliquer le docteur.

Le petit leva les yeux au ciel d’un air presque insolent pour son âge. En effet, Niels était arrivé à un âge où il se laissait facilement influencer et où il se cherchait en même temps de vouloir également tester les adultes. Ce mélange le rendait tout simplement impossible au grand « bonheur » de sa mère.

- Oui, commença t-il d’une voix qui se voulait têtue. Pas besoin. Parce que tout va bien et que je ne veux pas.

Il se leva alors et sauta de la table. Sa mère le rattrapa alors par la main pour le stopper, outrée par l’attitude de son enfant.

- Voyons Niels, ça suffit. Arrête ta comédie et assis toi au lieu de faire le têtu. Ça ne te ressemble pas.


Le petit garçon leva les yeux au ciel de nouveau et soupira à la manière de son grand frère. Le médecin avait lui un petit sourire sur les lèvres et eut une idée.

- Tu sais, la plupart de tes camarades ont réussi le test. Tu ne voudrais pas le réussir toi aussi ? Par exemple, ça te dirait de commencer par me lire les lettres que tu vois là-bas ? Peut-être qu’après tu pourrais leur dire que toi aussi, tu as réussi. Tu en penses quoi ?
, tenta l’homme à blouse blanche.

Niels parut réfléchir quelques secondes à la question de l’adulte face à lui. Il avait dirigé ses yeux vers la grande affiche et haussa les épaules.

- Je m’en fiche, fit-il avec un des plus grands naturels d’enfant.

Sa mère n’était pas du tout ravie. À quoi jouait donc son fils ?

- Si c’est un nouveau jeu Niels, saches que ce n’est absolument pas drôle. Tu n’aimerais pas que ton père le sache, je pense, alors cesses de répondre.

À cet instant-là, la menace parut faire son petit effet, car un froncement de sourcils se fit voir sur son visage. Il s’assit alors sur la table en tailleur, le regard rivé vers l'affiche.

- Très bien. Vous allez voir que je peux toutes les lire alors.

Il se tourna vers le médecin et le regarda d’un air de défi.

- Vous ne me demandez pas quelle ligne je dois lire ?, sortit-il alors du tac au tac impatient d'en finir.

Le médecin écarquilla les yeux de surprise face à cet enfant assez particulier et lui demanda alors de lire une ligne puis encore une autre. À part une ou deux erreurs, le petit n’avait pas de soucis là-dessus. Il lui donna alors la conclusion qu’il avait bien réussi le test, comme ses camarades.

- Je l’avais bien dit que je réussirais. Je peux y aller maintenant s'il vous plaît ?, demanda t-il prêt à s’échapper.

Sa mère posa sa main sur le poignet de son petit garnement pour lui faire signe que non ce qui fit soupirer l’enfant. On lui demanda de s’allonger et il frissonna quand il sentit quelque chose de froid sur sa peau. « Inspire bien, et expire bien » , disait la voix de l’homme qui contrôlait sa respiration. Il observait le petit qui semblait moins tranquille, voir inquiet.

- Tu as eu beaucoup mal ici l’autre jour n’est-ce-pas ?, commença l’homme en posant sa main sur son torse tandis que Niels sortit un petit oui. On est là pour surveiller, d’accord ? Tu as commencé prendre des médicaments pour ça, comment te sens tu ? Tu as du mal à respirer encore ?

Le blond analysait les questions dans sa tête. Trop de questions et cela le perdait et l’angoissait.

- Non. Ça va, disait-il tout simplement. Je veux pas retourner à l’hôpital. Ça fait peur.., murmura t-il tristement.

Le médecin continuait d’écouter la respiration du blond pendant quelques minutes. De toute manière, il avait vu qu'il était suivi par un bon spécialiste.

- Il est encore trop tôt pour dire si le traitement fonctionne bien pour le moment, expliqua t-il en se tournant vers la blonde. Mais si tu n’as pas mal, c’est positif, rajouta-t-il à l’encontre du petit.

Il poursuivit son examen général et Niels fut enfin libre de retourner à ses occupations. Mais avant cela, il se tourna vers le docteur avec un petit sourire en coin :

- Je préférerais être à votre place plutôt qu’à la mienne. Ça doit être bien plus amusant de s’occuper des gens plutôt que d'être toujours assis à faire des tests.

Après cette petite remarque, le blondinet tourna le dos aux adultes à la fois stupéfaits et amusés. Décidément, ce petit garçon était un bien drôle d’enfant qui avait de l'avenir.

 
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