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Tu n'as pas le choix - PV Aleksei Jones

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MessageMar 13 Jan - 19:36



Chaque matins, sans exception, elle s'éveillait plus tôt que tout le monde. Le bruit de l'endroit dans lequel ils dormaient avait tendance à la réveiller et elle ne supportait simplement pas le bruit des ronflements tout proches d'elle quand elle tentait encore et encore de s'endormir. L'angoisse la prenait souvent le soir, sans prévenir. Sans même qu'elle n'ait tenté de penser à quoi que ce soit. En réalité, elle avait tendance à ne penser à rien justement, se vider l'esprit et se concentrer sur l'épais voile noir qui recouvrait désormais son passé.

Alors à quoi bon ? A quoi bon tenter de trouver le sommeil quand celui-ci prend un malin plaisir à nous narguer, comme si l'on était pas la première personne dont il se jouait. Plusieurs fois, depuis son arrivée elle s'était levée dans la nuit, pour marcher au sein du bloc. La nuit, la lune éclairait les murs gris du bloc d'une couleur spectrale. Les premiers temps, elle n'osait pas s'aventurer trop près de ceux-ci, les hurlements des griffeurs lui donnaient l'impression qu'ils allaient parvenir à traverser. Elle se contentait de s'asseoir et de regarder la cime des arbres, fixement, durant des heures. Parfois, une légère brise lui agitait les cheveux, la faisant frissonner. Et aussi loin qu'elle cherchait dans ses souvenirs, rien ne lui rappelait pareille sensation.

Comment pouvait-on oublier tout de la personne qu'on était par le passé ? Qui avait osé lui faire subir une chose pareille ? Pourquoi l'avoir enfermer ici ? Pourquoi, surtout si c'était pour les placer au beau milieu d'un labyrinthe peuplé de créatures sanguinaires. Il n'existait évidemment qu'une seule réponse acceptable ; Pour les inviter à en sortir. Elle se refusait à imaginer qu'ils puissent avoir été placé ici uniquement pour le bon plaisirs de quelqu'un. Ils étaient obligatoirement là pour une raison et elle savait, tout au fond de son être qu'il lui fallait sortir.

_______________________

Cette nuit là, elle s'était réveillée seulement quelques heures après s'être endormie. La clarté de la lune et sa hauteur dans le ciel lui indiquait qu'il ne devait pas être plus de 3 heures du matin. Tout le monde ronflait, dormait à poing fermés. Et elle, se doutait qu'elle ne parviendrait pas à se rendormir. Sans même prendre le temps d'essayer, elle sortit de son lit, à pas de loup et se dirigea lentement vers la porte qui menait à la sortie. La température était douce à l'extérieur, il n'y avait pas de vent. Elle aimait cette sensation lorsqu'elle sortait seule la nuit, cette sensation que plus rien n'avait d'importance.
Ce soir, elle ne voulait pas se vriller les tempes avec les mêmes questions habituelles qu'elle se répétait sans cesse. Ce soir, elle voulait tout à la fois et rien en même temps. Elle voulait oublier, tout oublier. Même oublier qu'elle était désormais une coureuse, une coureuse au sein du bloc. Mais une coureuse sans personne pour l'accompagner. Elle avait été nommée depuis quelques jours déjà et tous les matins, elle voyait les groupes de coureur accompagnés de leurs trappeurs sortir par les différentes portes, tandis qu'elle, restait sur le tapis.

Chassant cette idée qui lui avait fait serrer les poings de son esprit, elle s'enfonçait déjà dans la forêt. Restant à sa lisière, elle observa un instant autour d'elle et s'enfonça finalement entre les branchage pour se diriger vers une petite clairière que les blocards avaient l'habitude d'appeler "la zone d'entraînement". Une zone qui à cette heure demeurait parfaitement déserte.

Elle n'avait jamais croisé personne durant ses escapades nocturnes, mais il était difficile à croire qu'elle puisse être la seule à être en proie à d'horribles moment d'activité cérébrale. C'était comme si son cerveau ne voulait jamais s'arrêter. Comme si elle ne parviendrait jamais à trouver un peu de repos.

Longeant la zone d'entraînement, elle s'en écarta quelque peu pour trouver un coin d'herbe, sur lequel elle ne tarda pas à s'asseoir. Levant le nez, les étoiles ne lui échappèrent pas et un petit sourire fendit son visage. Elle l'avait finalement trouvé, cet endroit d'apaisement dont elle rêvait depuis des semaines. Et bien rapidement, elle ne tarda pas à se laisser basculer, le dos contre l'herbe grasse. Les étoiles scintillaient dans le ciel, comme seule dernière certitude qu'elle n'était pas enfermée dans un rêve. Elles l'observaient depuis leur perchoir céleste, lui rappelant à quel point la sortie devait elle aussi être inaccessible. Aussi inaccessible que les étoiles. Pliant son bras sous sa tête, elle scruta longuement les étoiles, sans véritablement savoir si un jour elle avait su quel était leur nom. L'une d'elle luisait plus que les autres et elle eut envie de l'appeler "Promethée". Comme la promesse d'une nouvelle journée emplie d'espoirs, elle la scruta un long moment avant de s'assoupir.

Ce fut la lumière du jour, perçant entre les branches agitées par le vent qui éveilla Eden. Fronçant les sourcils, elle ne tarda pas à se redresser dans un sursaut plein d'espoir. Encore et toujours le même endroit, les même bois, les même murs. Et toujours la même sensation, encrée dans un coin de sa tête. Toutes les choses étaient exactement à leur place et se déroulaient comme prévu.

Assise sur l'herbe, elle s'épousseta les épaules alors qu'elle jetait un regard autour d'elle, espérant que personne ne l'ai vue.
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Aleksei Jones


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MessageSam 17 Jan - 8:54

Tu n'as pas le choix
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Il avait de plus en plus de mal à trouver le sommeil ces derniers temps. Alek se retournait dans son lit sans jamais trouver une position confortable pour se laisser bercer par les fées sommeilleuses. Il aurait voulu pouvoir avoir le droit à la même paix que ses camarades qui se reposaient de la tourmente du labyrinthe pendant quelques heures réparatrices. Cette tranquillité factice permettait au moins de se distraire du mal de leur monde aux barrières trop hautes. Les blocards étaient alors prompts à entamer une nouvelle journée et donner le maximum encore une fois. Tout simplement pour pouvoir survivre et continuer.

Le trappeur se coucha sur le dos en regardant les planches de bois au-dessus de sa tête. Il savait à quoi tout le monde pensait. Il était impossible pour autant de jeunes de se retrouver tous au même endroit sans raison particulière. On les avait forcément envoyés ici. Il avait toujours feint de rejeter cette idée. Mais il le savait. Il le savait depuis que Juliet était arrivée. Il le savait depuis son éveil de la boite. Aucun humain ne se trouvait ici. Il avait été seul dans la cage de métal avec quelques provisions et un livre de la part des hommes des méandres du labyrinthe. Les vrais démons vivent dans les sous-sols de la terre. Comment avait-il pu se trouver entre leurs mains? Pourquoi feraient-ils une chose pareille? Alek était devenu bon pour prédire les mouvements des créatures dans le labyrinthe et pour le travail manuel. Il était toujours aussi nul pour les réflexions exigeant un peu moins de muscle et plus de neurones. « Je ferai mieux de dormir » marmonna-t-il en se couchant sur son côté droit. Un bâillement plus fort lui hérissa le poil des bras et il se redressa promptement. « Mais tais-toi, il y en a qui essaient de dormir par ici ! » hurla-t-il sans lâcher son agacement. Il eut droit à une quinte de toux en guise de réponse. Le maton jura avant de se lever. Il enfila ses bottes et mit sa dague près de sa cheville droite. Il était équipé. Pour affronter quelconque monstre ? Probablement pas. Les armes étaient la seule chose sur laquelle il pouvait compter ici. Plus il en avait… plus il se perfectionnerait…

Plus vite il trouverait la sortie.

Alek sortit des dortoirs en prenant garde à ne marcher sur la main ou la jambe de personne. Il y avait tellement de nouveaux ces derniers temps. Cela en devenait un jeu de contorsion. Ce n’est pas sans un soupir de soulagement que le jeune homme regagna la nature. Il ferma les yeux en exhalant faiblement. Le vent berçait doucement ses mèches brunes. Bouclées comme un mouton. Mais il ne se faisait pas proie par ici. Il comptait bien jouer le rôle du prédateur. Il était devenu comme ça. Après treize mois.

Il ne pouvait plus se passer de la nature.

Il alla vers le ruisseau. Le bruit du labyrinthe se métamorphosant ne tarda pas à être partiellement recouvert par la douce cascade alimentant la petite étendue aquatique. Les courants y étaient doux et agréables. Ce coin était un coin de paradis dans un enfer qui ne cherchait que la façon la plus efficiente de tous les engloutir. Alek se pencha sur la rive et commença à scruter les galets. Il lui fallait une pierre efficace pour aiguiser son arme. Il porta son choix sur une pierre douce qu’il mouilla pendant quelques secondes dans l’eau. Puis il alla s’asseoir sur un rocher surélevé en aiguisant paisiblement et minutieusement son arme. Alek travaillait avec une ardeur subtile.

Il se coucha finalement sur le dos en conservant sa main précieusement renfermée sur sa seule arme. Il défiait monstres et humains à la lumière de cette seule arme. Mais une chose était visible pour tous ici dans leurs moments les plus sombres : les étoiles. Elles formaient une toile infiniment belle sur la peinture du ciel. Peu importe si celles-ci étaient réelles ou non. Il ferma les yeux sous les lumières bancales de ces dernières.

Il se réveilla quand une fine lumière rosée se peintura dans le bleu mirifique de la toile. Alek se leva précipitamment. Il allait manquer sa course de la journée… La réalité le rattrapa et lui asséna une de ces gifles dont on se remémore pendant longtemps. Il ne pourrait plus courir tant que sa coureuse ne serait pas sur pied. Il était un trappeur orphelin pendant ce temps. Il jeta la pierre dont il s’était servi pour aiguiser son arme avec force dans le ruisseau, ne retenant pas un cri de rage. Il passa la main dans ses cheveux. Il était complètement déconfit. Et merde. Il ne s’était jamais senti aussi inutile.

Le trappeur se dirigea vers le terrain d’entraînement. Il y passerait la journée et pourrait donner un coup de main aux entraineurs en attendant que sa coureuse se rétablisse. Ses trappeurs étaient tous allés accompagner leurs coureurs. Des bons gars. Des bonnes filles aussi. Alek ne le leur disait que rarement… mais il était fier des progrès que chacun effectuait. Il fit tournoyer sa dague dans sa main en entrant dans le petit terrain. Une fille semblait perdue… perdue et assise dans ce lieu sacré. Personne ne pouvait s’asseoir dans le terrain d’entraînement ! C’était un parjure ! Le blocard reconnut cependant cette chevelure foncée et la forme frêle de ce corps. Eden. Sa petite coureuse. Alek entra dans le terrain d’entraînement et se dirigea vers la jeune femme. « Bon matin toi. » Il lui frotta les cheveux. Il ricana avant de baisser ses yeux bleus vers elle. « Ce n’est sûrement pas en roupillant au terrain d’entraînement que tu iras courir dans le labyrinthe de sitôt. Faudrait que tu trouves un trappeur. Je ne t’ai pas certainement pas formée à dormir. » Il se radoucit avant de bailler à s'en décrocher la mâchoire. Il venait encore une fois de totalement se discréditer. « Je serai probablement le pire enseignant de sommeil que l’on ne puisse jamais trouver. Mais j’aime bien dormir dehors aussi. On voit les étoiles. On n’entend pas ces tocards ronfler... puis c’est pratique pour réfléchir. » Alek sourit. Eden n'était pas la personne la plus bavarde et était assez calme. Elle lui faisait penser à Ellen. Cette dernière était une excellente coureuse avec un bon sens du discernement. Elle était silencieusement efficace. Alek s'assit au sol. Il ferma les yeux avant de se coucher sur le dos. « On est clairement plus confortable ici que près du ruisseau. Dormir sur des rochers... meilleure idée du siècle. J'ai des courbatures et un de ces mals de dos... une chance que je ne pars pas courir aujourd'hui. » Son visage s'assombrit. Les nuages blancs s'élevaient au-dessus de sa tête, comme pour le narguer. Bien évidemment qu'il ne courrait pas aujourd'hui.

Pas tant qu'Ellen ne serait remise sur pied.

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MessageLun 19 Jan - 21:48

La défensive. C'était à peu de choses près ce qui qualifiait Eden depuis son arrivée au sein du bloc. En réalité, elle ne faisait que très peu confiance à ceux qui l'entouraient, malgré leur sympathie et la chaleur de certains d'entre eux. Mais c'était étrange, comme si sa méfiance avait été augmentée d'un million de pour-cent depuis son arrivée entre ces murs. Elle passait son temps à observer autour d'elle, ne parvenant que rarement à un sommeil réparateur de par la présence à ses côtés de tous les blocards. Elle détestait ce dortoir public, ou les ronflements s'amplifiaient au fil de la nuit. Elle avait besoin de repos, d'une nuit complète de sommeil et surtout d'un sommeil réparateur.

Elle avait fini par trouver refuge au coeur de la forêt, tout près du terrain d'entraînement. Enfin, elle était en réalité sur le terrain d'entraînement mais ne semblait pas s'en être rendue compte. Sa vision de nuit ne s'étant jamais montrée très performante, surtout de nuit, elle avait du s'orienter comme elle le pouvait et avait fini par dormir sur l'herbe, à même le sol. Le froid de la rosée du matin l'avait alors réveillée, elle qui dormait roulée en boule sur elle même. Elle n'avait pas souvenir d'avoir eu très froid lors de son arrivée, mais les jours qui passaient, elle semblait de plus en plus souffrir de cette rosée du matin qui ne semblait pourtant gêner personne ? Frileuse ? Ou alors était-elle malade ? Elle ne le savait pas vraiment et ne possédait aucun comparatif viable. Pour elle, le terme malade n'était qu'un mot, qui n'avait aucune concordance avec aucun souvenir, aucune sensation.

Alors même qu'elle venait de s'étirer et passait une main dans ses cheveux à peine emmêlés, elle se contentait de jeter quelque brefs coup d'oeil autour d'elle, lorsqu'une présence se fit sentir derrière elle. Elle se rapprochait, rapidement. Trop rapidement d'ailleurs. Si rapidement qu'elle n'eut pas le temps de se retourner que déjà une main se posait sur son crâne et la faisait sursauter, se retournant la main en l'air. Elle avait déjà saisis le poignet avec fermeté lorsqu'elle sembla reconnaître un visage qu'elle avait déjà croisé; Aleksei. C'était la première personne qu'elle avait vu en arrivant dans le labyrinthe, la première voix compréhensible qui s'était adressée à elle lorsqu'elle avait posé son regard sur un visage malgré le tourbillon d'émotions qui l'avait prise lors de son arrivée.

Silencieuse, elle se contenta de le fixer un long moment avant de pincer un instant ses lèvres. La culpabilité de l'avoir quasi agressé alors qu'il venait d'arriver se mêlant désormais à celle du reproche que venait de lui faire le mâton des trappeurs. Elle se contenta de passer une main dans ses cheveux, relevant les yeux vers lui en ôtant quelques noeuds de ses doigts, observant le visage d'Aleks dans la crainte d'y voir de la colère. Il l'avait aidée lorsqu'elle était arrivée au sein du labyrinthe, il l'avait guidée et lui avait appris les rouages du bloc, afin qu'elle s'adapte un peu plus vite chaque jour. Et voilà qu'elle manquait à sa tâche, en dormant alors qu'elle aurait pu s'entraîner dans l'espoir de devenir une meilleure coureuse.

- Je suis désolée, je ne dors pas vraiment la nuit et j'avais besoin de re...

Mais voilà que le brun lui coupait la parole, la faisant froncer les sourcils alors qu'elle l'observait sans un mot. Il semblait partager son avis, ce qui la soulageait, dans le fond. Elle ne voulait pas être vue comme une tire au flanc, encore moins par l'une des personnes les plus importante du bloc et il avait raison, il fallait qu'elle se trouve un trappeur. Mais tout ceux qui semblaient en faire partie partaient tous les matins courir avec les autre coureur du bloc. Elle était seule. Et l'évocation de la solitude d'Aleks la conforta dans l'idée qu'elle devait sans doute être loin d'être la seule blocarde à se sentir seule. Pinçant ses lèvres, elle restait assise dans l'herbe devant lui, en tailleur, alors qu'elle enfonçait ses mains dans les poches de son sweat dont elle ne se séparait plus depuis son arrivée. Sa chaleur réconfortait Eden dans les moments de doute, et elle lui trouvait désormais une odeur familière; la sienne.

Elle ne savait pas vraiment quoi répondre au trappeur. En réalité, elle n'avait jamais entretenu de véritable conversation avec qui que ce soit. Et elle ne voyait pas quel aurait été le but de prendre la parole alors qu'elle n'avait rien à dire. Bien évidemment, elle aurait pu dire de nombreuses choses au sujet de ce qu'elle pensait, mais désormais, elle ne pensait plus grand chose. Elle se contentait de vivre au jour le jour, en essayant d'oublier les questions qui la taraudaient la plupart du temps. Alors qu'elle se pensait parfaitement silencieuse, elle fixait une brindille d'herbe qui s'agitait au gré de la légère brise qui les entourraient.

- En réalité j'ai essayé d'arrêter de penser, ces derniers temps.

Les mot étaient sortis de sa bouche sans même qu'elle ne se rende compte qu'elle avait exprimé ses pensées tout haut. Pinçant ses lèvres, elle préféra garder son masque stoïque alors que la surprise faisait rage en elle. Cette présence était loin d'être désagréable pour la jeune femme, mais elle se sentait différente. Comme si au fond d'elle, elle ne pouvait que faire confiance à ce jeune homme. Mais il fallait pour autant taire ses sentiments profonds, ils n'étaient que faux, puisqu'elle n'avait aucun souvenir. Il fallait rester factuels, analyser les situations pour ne pas se retrouver dans de beaux draps après avoir fait confiance à n'importe qui.

Toujours à une certaine distance de lui, elle l'observait, silencieusement. Le col de son t-shirt, les manches qui descendaient sur ses bras. Il n'était pas très grand, mais avait une musculature soignée, digne d'un trappeur. Les veines sur ses avants bras ressortaient légèrement par moment, ce qui laissa penser à Eden qu'il devait avoir vraiment beaucoup de force. Sans doute forcément plus qu'elle, en tout cas. Et elle n'avait certainement pas envie de provoquer sa colère alors elle pinça un sourire. Il était absolument loin d'un sourire sincère, mais une lueur dans ses yeux semblait trahir le fait qu'elle ne mentait pas. Elle appréciait la compagnie et la présence d'Aleks, bien qu'elle ne continue  encore et encore à se marteler le crâne de l'idée que la confiance était désormais obsolète au sein du bloc. Elle était seule et allait devoir avancer seule, pour finalement qu'ils trouvent la sortie. Une espèce de paranoïa qui lui laissait à penser qu'elle n'était peut-être que la seule humaine au milieux de robot ? Idée complètement farfelue qu'elle chassa aussitôt de son esprit, comment diable des robots auraient pu avoir toutes les similitudes physiques et physiologiques des humains ? Parfois il arrivait que ce qui ressemble à de l'imagination l'emporte. Elle devait sans doute en avoir beaucoup, probablement même plus qu'avant dans son ancienne vie, sinon comment pouvait-elle aussi rapidement inventer des scénarios aussi saugrenus ?

Gardant le même visage, elle se contait d'enrouler ses doigts autour d'une brindille qui se trouvait tout droit devant elle. Le silence qui reignait désormais la gênait, comme si elle s'imaginait qu'Aleks aurait voulu qu'elle parle. Mais voulait-il vraiment qu'elle parle.. ?
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MessageMar 24 Mar - 3:24

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Eden semblait partager un autre point commun avec Ellen. Elle ne savait pas vraiment comment réagir aux propos du trappeur qui aimait beaucoup parler de tout ou de rien. Cela était sa nature. On disait au début que cela était une manière pour lui de laisser aller sa rage ainsi que ses émotions. Les nouveaux se rendaient vite compte que cela était totalement faux.

Alek aimait simplement habiter les silences. Ils sont trop nombreux dans le labyrinthe ainsi que dans cette prison qui forme leur cadre de vie. Parler pour faire rire faisait parfois passer mieux leur souffrance. Il aimait parler de tout et de rien. Il aurait pu passer des heures à vous faire un compte-rendu de sa journée. Les jurons auraient probablement occupé plus de la moitié de son discours. Il avait haussé les sourcils en sentant la main de la jeune femme se refermer avec une force insoupçonnée autour de son poignet. Eh bien. Qui était celui qui disait que les femmes étaient faibles ? Eden était encore comme un animal que l’on devait apprivoiser. Il l’avait pris sous son aile avec le sourire. Il ne le regrettait nullement.

Le jeune homme ferma les yeux en écoutant la voix chantante de la jeune coureuse. Il rouvrit un œil en entendant cette dernière lui dire qu’elle avait arrêté de penser. Ce devait être un mensonge. On ne cessait jamais réellement de penser à l’intérieur du bloc. Il y avait toujours quelque chose auquel songer. Cela pouvait aller de garder son esprit éveillé pour pouvoir affronter les monstres dans les dédales à se demander quelle fille entre la blonde e la rousse plus loin étaient plus jolies. Alek aimait les belles femmes. Il ne s’en cachait nullement. Cela lui avait valu des coups de la part de plusieurs gonzesses. Aucune ne l’avait pourtant regardé comme Eden. Cela le mettait presque à l’aise. Il la nargua sur le ton de la plaisanterie.

« Tu devrais arrêter de me regarder comme ça. C’est le regard que me lance Juliet avant de me jeter dans le gnouf. Tu sais, des yeux penseurs qui te scrutent au plus profond de l’âme pour savoir si t’as fait quelque chose de mal et qui sont pratiquement heureux de pouvoir t’enfermer dans la cellule pour la nuit. Mais il y a surtout autre chose que je… je… » Il ne finissait pas sa phrase. Ce sont les yeux qui cachaient quelque chose et qui le scrutaient avec une force particulière. La rousse avait toujours eu cette habileté folle à pouvoir lire tout en lui. Eden avait cependant quelque chose de spécial. Était-ce ses yeux ou son regard, il n’aurait pas su le dire.

On aurait dit que ce moment avait déjà eu lieu. Il avait l’impression de lui avoir parlé depuis toujours. Avoir la brunette près de lui paraissait naturel comme le simple acte de respirer. Ce devait être son imagination. Alek croisa les bras au-dessus de sa tête en reportant son regard sur le ciel. C’est la liberté capturée dans une bouteille d’eau. Un pan volé dans un décor de pièce de théâtre.

Il regarda du coin de l’œil la jeune femme. Les deux jeunes adultes se toisaient comme dans un  de ces spectacles théâtraux. Eden avait une carrure svelte et des longues jambes qui lui permettraient de pouvoir affronter au mieux les enfers de leur vie. Ses sourcils semblaient taillés au couteau. Le trappeur fronça les sourcils. Il aimait la finesse des traits de la jeune femme. Ses yeux étaient bleus comme les océans les plus purs. Alek souriait. Avait-il déjà vu les bassesses des mers ?

Eden continuait d’enrouler une brindille. Mince. Ce ne serait pas du tout facile de la faire parler. Alek se releva sur ses coudes et se releva rapidement. Le trappeur étira ses muscles en prenant une bonne respiration. Ses poumons se gonflèrent de l’air vivifiant du petit matin. Il se retourna pour regarder la jeune femme du coin de l’œil. « T’es pas bavarde pour deux sous. » Il rit en jetant un œil au ciel qui se colorait de couleurs toutes aussi vives les unes que les autres. « Ce n’est pas grave. On dit que la parole est d’argent, mais que le silence est d’or. Pas étonnant que je sois complètement paumé. Attends-moi ici. Je reviens dans trois minutes. » Le jeune homme courut en direction de l’armurerie pour chercher ses armes. Il prit son épée ainsi que son arc. Il revint et déposa ses armes sur le coin du terrain d’entraînement. Sa trousse de secours se trouvait non loin. Il avait beau se plaindre, ses quelques possessions matérielles étaient plus précieuses pour lui que tout or au monde. Ce sont ces armes qui lui permettaient de protéger sa coureuse. Ellen était plus importante que tout pour lui. Le trappeur fit un signe de la main pour inviter Eden à le rejoindre. Il lui montra les armes du menton avant de la regarder.

« J’ai plusieurs armes comme tu peux le voir. J’ai une épée, un arc et… une dague. » fit-il en sortant cette dernière de sa botte. « Je te laisse choisir à quoi tu veux t’entraîner. Sinon on peut aussi faire du combat à mains nues. Quoique cela ne risque pas vraiment de te sauver la peau contre un Griffeur. Je te parle d’expérience. » Alek pensait à la jeune femme à l’infirmerie. Il lui rendrait visite à la fin de la journée. Il irait aussi voir Jonas pour abandonner son poste de maton. Qu’on nomme quelqu’un d’autre à sa place. Il n’avait même pas pu protéger sa propre coureuse. Cela lui faisait mal au cœur.

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MessageVen 8 Mai - 12:07

La présence de ce type avait quelque chose d'étrangement rassurant et à la fois de particulièrement gênant. C'était comme sentir la présence de quelqu'un près de sois, sans qu'on puisse véritablement savoir si cette personne était proche, ou plus éloignée. Mais comment Eden pouvait-elle penser une choses pareille ? Elle n'était même pas sûre de savoir ce que pouvait être le fait de s'étendre aux côtés de quelqu'un. Et malgré toutes ses certitudes, celle-ci était la plus vacillante. Elle sentait, au fond d'elle, qu'elle connaissait le réconfort profond d'être étendue aux côtés d'un être cher, veillant sur lui, même dans son sommeil.

Mais toutes ces questions, toutes ces incertitudes n'avaient de cesse de tourner en rond au fond de son crâne. Comme si le trou noir, le néant qui s'était installé dans son esprit n'était là que pour cacher quelque chose dont elle avait parfaitement connaissance. Quelque chose qu'elle connaissait, qu'elle avait toujours connu. Mais ce mur, érigé devant ses souvenirs n'avaient de cesse de la confronter à la réalité. Elle ne se souvenait de rien, absolument de rien.

La présence d'Alek était rassurante pour elle. Il avait été le premier à l'accueillir au sein des murs du bloc et semblait avoir immédiatement été pris d'affection pour cette petite créature sauvage. Bien que loin d'être imposante, Eden avait toujours dans les yeux cette crainte sauvage, qui ne parvenait que peu à cacher la fureur avec laquelle elle pourrait se défendre une fois le moment venu. Elle l'ignorait, mais en elle, sommeillait une furie, qui n'hésiterais pas à s'éveiller une fois le moment venu.

La pire des sensation était sans doute celle de s'ignorer entièrement. Elle ne savait rien d'elle, rien de ce qu'elle était capable de faire, rien de ce qu'elle pouvait ressentir, ni même de la façon dont elle était capable de réagir. Elle n'était que confrontée à la réalité, aux faits qui s'amoncelaient sous ses yeux sans qu'elle ne puisse lutter. Elle était une inconnue, à ses propres yeux et devait composer avec le fait de se découvrir un peu plus chaque jour.

Son manque d'aisance dans les grandes discussions était flagrante et au moment où le jeune homme lui fit remarquer, elle ne put que se demander une nouvelle fois si elle avait toujours été comme ça, ou si elle l'était devenue, lors de sa renaissance dans le bloc. Elle avait préféré ignorer les paroles d'Aleksei lorsqu'il lui demanda de cesser de le regarder. Il paraissait troublé, mais en même temps, comment ne pas l'être alors qu'on se retrouvait coincés entre quatre murs, au milieux de créatures dont les hurlements hantaient leurs nuits ?

Regarde Alek était plaisant. Il était beau garçon, c'était évident, mais Eden ne regardait pas ce genre de choses. Non, c'était cet étrange sentiment familier qu'il dégageait. Cette sensation qu'on pouvait apparenter à l'impression d'être "chez sois". Et bien qu'elle ignore ce que pouvait être un foyer, lorsqu'elle l'observait, faisant des blagues, rire au loin, son coeur s'emplissait de cette douceur, de ce confort que l'on pouvait ressentir lorsqu'enfin, on pouvait rentrer chez sois. Ce sentiment, qu'elle ressentait, ne pouvait qu'accentuer son impression d'être folle. Elle avait, depuis son arrivée, émis de nombreuses hypothèses. La première étant qu'elle avait sans doute été une dangereuse criminelle, sans doute folle à lier. Et que le gouvernement l'avait envoyée ici, afin de protéger la population. Mais lorsqu'elle tentait d'imaginer ce que pouvait bien représenter le mot population, elle ne parvenait qu'à entrevoir d'étranges images, telles un film que l'on aurait diffusé sous ses yeux. Chaque chose, chaque sentiment, chaque bribe de souvenir participait un peu plus à lui laisser penser qu'elle était folle. Complètement folle.

Lorsqu'Aleksei se leva pour aller chercher quelque chose, Eden resta un long moment allongée sur le dos. Les mains posées sur le ventre, elle expira longuement par le nez en tentant de calmer la vague d'angoisse qui montait en elle à l'idée qu'elle n'était qu'une folle, enfermée dans une cage. Il n'y avait pas plus dévalorisant que de se dire qu'on avait été rejeté par la société, mis de côté parce qu'on était différent. Parce qu'on était dangereux.  Les pas du jeune homme dans l'herbe la sortit de ses pensées négatives et elle ne tarda pas à se relever, jaugeant les armes que tenait le jeune homme dans ses mains. Elle avait réussis à devenir coureuse et avait donc acquis quelques compétences de combat, mais il était évident qu'elle ne parviendrait pas à battre quelqu'un comme Alek. Il était trappeur, c'était son métier de protéger les gens des griffeurs, il savait comment les combattre, comment les battre.

Observant un instant les armes, elle tendit alors la main vers l'épée. L'arc lui semblait bien trop compliqué pour elle et se ridiculiser une nouvelle fois ne l'intéressait que peu. Son inconfort se lisait sur son visage mais une longue inspiration lui fit reprendre contenance et son visage sembla de nouveau se figer dans le marbre. Ses émotions avaient cessées de transpirer de part et d'autre de son visage, elle était rentrée dans sa carapace. Celle qu'elle s'était forgée au fil des mois passés au sein de cette prison. Celle qui lui avait permis de cacher à tout le monde ses craintes, ses peurs et ses angoisses.

L'épée en main, elle observa un instant le jeune homme, comme attendant que celui-ci lui donne une indication. Il était évident qu'ils n'allaient pas se battre, une épée contre un bras parviendrait toujours à gagner. Mais où pouvait bien vouloir en venir Aleksei ? Allait-elle devoir affronter un griffeur ? Elle n'avait pas peur. Non, sa peur n'émanait pas de ce qui l'entourait, sa peur émanait d'elle même. De tous ces sentiments qu'elle ressentait et à la fois de tout ce qu'elle ignorait. C'était ce vide, au fond d'elle qui lui faisait peur, ce néant et toutes ces questions.

- Qu'est-ce que je suis censée faire ?

Plus elle l'observait, plus elle le détaillait du regard et plus la sensation d'être à sa place lui rongeait l'estomac. Elle voulait se hurler à elle même de se taire, mais elle ne souhaitait clairement pas qu'Alek la prenne pour une hystérique. Elle était contrainte et forcée de garder le silence, serrant ses doigts sur le manche de l'épée. Dans un instant de silence, elle attrapa machinalement le pendentif qu'elle avait autour du cou. Un pendentif trouvé dans la fosse, un jour où une étrange caisse remonta, contenant des objets précieux à chaque personne dans le bloc. Le métal était argenté, fin et travaillé à la perfection. Sans doute s'agissait-il d'or blanc. Et bien qu'elle ignore complètement quelle histoire pouvait avoir cet objet, elle savait que sa valeur n'avait pas de prix. Il lui appartenait et elle le défendrait comme son dernier héritage de sa vie oubliée. C'était son trésor.
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