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Réunion au sommet [Pv Mâtons ~ Intrigue] [Terminé]

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MessageMer 5 Nov - 22:29

Pauvres fous … La colère de Jonas était à son comble, tandis que sa milice ne cessait d’agir contre les blocards qui osaient aller contre ses ordres. Ne voyaient-ils pas tout le mal qu’ils faisaient ? Tout le mal qu’ils s’infligeaient, en emportant dans leur chute tout ce qu’il avait construit à la sueur de son front ? Ces tocards ne méritaient pas leur place dans sa communauté. Tout cela devait cesser, et c’était son rôle de mettre un point final à cette histoire. Et dire qu’ils faisaient toutes ces conneries pour une sale tocarde voleuse. Leur combat était vain, et il s’arrangerait pour leur faire comprendre rapidement. Cela ne tiendrait qu’à lui, cela ferait longtemps qu’ils seraient tous derrière les portes du labyrinthe.

Mais un chef ne pouvait régner sans peuple. Jonas avait besoin de fidèles pour l’assister dans sa périlleuse tâche, et il avait sa milice. Mais il lui fallait frapper fort, et là où ça faisait mal. Et pour cela, il y avait ceux à qui il accordait du pouvoir. Ses six capitaines. C’était eux, leurs actes, qui avaient le plus d’impacts sur leurs recrues. Et Jonas voyaient en eux un excellent moyen de calmer les agitateurs. C’est pour cela que le mâton en chef les avait fait venir aujourd’hui, pour une réunion exceptionnelle entre les grands du bloc, afin de faire le point sur les évènements qui agitaient ces sales tocards, tous emportés par un sentiment de force et un regain de vitalité. Il fallait trouver une solution, et rapidement.

Ce ne fut pourtant pas de gaité de cœur que Jonas sorti de son bureau, ce jour-là. Le simple fait de marcher sur l’herbe souillée par les autres le mettait en colère. En traversant le bloc, un silence de mort s’abattit sur son passage. Jonas marchait droit devant lui, le regard fier, le pas déterminé. Son regard ne vint pas se poser sur ces visages tournés vers lui. Il ne s’abaissa pas à leur accorder de l’attention, à tous ces regards noirs, à ces insectes infâmes qui se battaient pour une cause perdue. Il entra dans la salle du conseil sans perdre son regard altier, et y trouva ses six mâtons, déjà présents et, il l’espérait, prêts à agir. Il n’en attendait de toute façon pas moins d’eux, car ils savaient tous que l’absence d’un seul d’entre eux l’aurait plongé dans une colère sans nom. Se plaçant devant tous, il les observa un par un de haut en bas. Quatre filles, deux garçons. Ils avaient tous été désignés pour une bonne raison, mais la présence d’autant de filles le dérangea. Peu importait pour le moment, il aurait bien d’autres occasions d’y réfléchir. Pour l’heure, ses préoccupations étaient toutes autres.

« Mes chers mâtons, je vous ai réuni aujourd’hui pour parler de la situation, désastreuse, il va sans dire, actuelle.– il fit une première pause, parcourant ses mâtons d’un regard accusateur, puis reprit – Notre société est basée sur le respect, sur l’entraide et sur des règles précises. Qu’en est-il aujourd’hui ? Où est le respect chez tous ces tocards ? Pensent-ils que je n’entends pas leurs incessants murmures ? – son regard se posa un long moment sur un de ses mâtons, comme dans le but de lui faire avouer – Nous avons renforcé les lois, puni les coupables, et rien ne cesse ! »

Jonas parlait avec de plus en plus de force et de haine dans la voix. Son poing, qui s’était brusquement abattu sur la table devant lui, s’était mis à trembler. Il prit une poignée de seconde pour se calmer, les yeux fixés sur sa main tremblante, avant de se redresser de toute sa hauteur pour faire face aux six blocards devant lui. Une vague de rage le traversa lorsqu’il croisa le regard de Coré, la plus jeune du lot, et celui de Juliet. Juliet… Il avait tant espéré de sa part qu’il ne put s’empêcher d’être particulièrement déçu par ses résultats – ou plutôt par le manque de résultat. Mais il était un chef clément, et il savait offrir une deuxième chance. Ce qu’il faisait en ce moment-même. Se concentrant pour retrouver son calme, il reprit d’une voix déterminée et imperturbable.

« Ces infamies n’ont que trop duré. Il faut que ça s’arrête. Il faut conserver le peu de stabilité qu’il reste. Il faut sévir, et en conséquence. Si les précédentes précautions n’ont pas eu l’effet escompté, je compte sur vous aujourd’hui pour me proposer des solutions. Je ne reculerai devant rien. »
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MessageDim 9 Nov - 9:19

Jonas. Elle le respectait tant. Elle buvait depuis toujours ses paroles et appliquait à la lettre chacun de ses mots. Jonas était leur leader à tous, et elle avait une grande estime pour lui. Si le blocard se montrait souvent dur et intransigeant, elle assumait la responsabilité de faire appliquer ses changements, de prendre en compte ses volontés, et ce quitte à se mettre à dos bon nombre de blocards, ainsi que de mâtons. Jonas était leur chef, et elle lui devait le respect. Mais si sa loyauté envers lui était intacte, il fallait la comprendre. Juliet est la troisième à avoir foulé le sol du bloc. Aleksei, le second. Et Jonas....Jonas lui avait été le premier. Le tout premier. Seul, il avait du résister un mois avec rien. Rien de plus que le néant le plus total, le vide. Il y avait tout à faire, et rien en même temps. Jonas avait été un coureur, autrefois. Et Juliet passait son temps à l'admirer pour ça, tout comme elle admirait Alek. Elle se demandait comment il avait fait pour ne pas devenir fou, seul. Puis Alek était arrivé et l'avait aidé dans sa solitude. Quand ce fut au tour de Juliet, les choses commencèrent alors à se mettre en place, à s'éclaircir un peu. Et les trois mousquetaires entamèrent de construire le bloc tel qui était aujourd'hui et avec l'aide de chacun des nouveaux arrivants. Mais alors que le vol avait été puni, un vent de révolte s'était abattu sur le bloc. Les gens avaient peur, les gens étaient en colère, les gens ne voulaient plus suivre aveuglément les lois d'un chef invisible. Juliet était sa voix ; mais elle n'était pas lui. Juliet était détestée ; Jonas plus encore désormais. Et pourtant, si chacun de ses mots lui coupaient le cœur avec un rasoir, elle continuait d'écouter, silencieuse, immobile, soutenant le regard déçu de leur leader. Elle ne cherchait pas à attirer l'attention, jamais. Elle ne souhaitait pas non plus être aimée, ou admirée. Elle souhaitait juste le bien et la sécurité de tous, bien que cela ne se voie pas de prime abord. Si durcir le règlement faisait penser à Jonas que c'était la bonne chose à faire ; elle le ferait. Si punir les gens, en bannir d'autres étaient le choix décisif ; elle l'appliquerait. Et ce, sans broncher. Mais elle n'était pas seule, et si sa loyauté était sans faille, quasi aveugle de par les souvenirs vécus à ses côtés, tous n'étaient pas de son avis. Et Juliet commença à avoir peur. Peur pour Jonas. Peur pour elle. Peur pour tous. Si même les mâtons se rebellaient, qui protègerait Jonas de leur colère? Qui protègerait le bloc de l'anarchie? Qui la protègerait elle? Mais Juliet ne dit mot, attendant dans l'ombre, écoutant ce que chacun avait à dire. Parler ne lui apportera rien ; écouter en revanche, lui en fera comprendre beaucoup.

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MessageDim 9 Nov - 10:17

Coré se réveilla de mauvaise humeur ce matin. Jonas les avait convoqué et elle devait aller à une réunion avec tous les autres matons. Depuis quelque temps, Jonas faisait peur à Coré : cette histoire de vol de nourriture avait achevé de le rendre suspicieux et, maintenant, il se méfiait même de ses propres matons. Enfin, c'était l'impression qu'il donnait. *Aller debout ma grande, tu as promis à Wendy que tu l'accompagnerai aujourd'hui.* Pensa la jeune fille en se levant puis s'étira un peu et alla chercher sa camarade. Elle arriva alors devant sa porte et frappa doucement.

"Wendy ? C'est moi, Coré. Bonjour, je suis venue te chercher pour la réunion. Tu sais que Jonas n'aime pas attendre.

- Oui j'arrive...
lui répondit une voix encore un peu ensommeillée.

Quelques minutes plus tard, Wendy était prête et ouvrit sa porte.


- Allons-y. Déclara Coré en tendant son bras à la Cuistot.

Coré ne connaissait pas la maton plus que cela mais elle avait vu en cette réunion une occasion de se rapprocher d'elle. En effet, pour le bien-être du bloc, il valait mieux que les matons des Sarcleurs et des Cuistots s'entendent bien et qu'ils se coordonnent. Après tout, leurs tâches était complémentaires : les uns cultivaient et produisaient tandis que les autres préparaient avec ce qui avait été produit. Et puis, Coré n'était pas du genre à laisser tomber ceux qui étaient dans le besoin et Wendy, quoiqu'elle en dise, était dans le besoin. La réunion n'étant ouverte qu'aux matons, la Cuistot ne pouvait trouver de l'aide dans l'un de ses "soldat" et donc, qu'en un des autres maton. La Sarcleuse ne demanda pas à la jeune femme ce qu'elle pensait de l'attitude de Jonas. Après tout, pourquoi ne serait-elle pas du côté du maton en chef ? Si jamais Coré disait à Wendy qu'elle trouvait que la façon de faire de Jonas était un peu... drastique ? Et qu'elle pensait qu'une manière plus douce fonctionnerait tout aussi bien, voire mieux car on ne craindrait pas Jonas mais on ne l'en admirait qu'encore plus, quelles garanties avaient-elles que ses paroles ne tombent pas dans l'oreille du jeune homme un jour ? La maton n'en savait rien alors, elle se tut. Une fois arrivées, Coré approcha Wendy de son siège, lui fit signe de s'arrêter puis lui tira sa chaise et lui dit d'une voix douce :


- C'est bon, tu peux t'asseoir à présent.

Après l'avoir bien installée, coré s'assit à côté d'elle et attendit le début de lé réunion.

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MessageDim 9 Nov - 13:19

Une voix dans les ténèbres qui l'environnaient constamment. Coré qui venait la chercher. Wendy avait presque oubliée la réunion du conseil. Presque. Elle aurait préféré oublier plutot que d'y aller, mais en sa qualité de mâton, elle se devait d'y participer. Malgré la peur qui l'a taraudait, toujours et encore plus. Ces derniers temps, sa frayeur avait accrut, ne la faisant pratiquement plus sortir de ses cuisines. Le chaos qui régnait dans le bloc lui faisait redouter encore plus chacunes de ses sorties. Heureusement que Coré lui avait proposé de l'accompagner jusqu'à la salle du conseil.

Elle sortit donc en compagnie de la mâton des sarcleurs, une jeune fille que l'aveugle ne connaissait pas plus que cela. Mais avec ce temps de crise, toute aide était la bienvenue. Le chemin se fit en silence, un silence pesant mais agréable aux oreille de Wendy. Elle n'avait pas envie de parler, elle avait trop envie de vomir pour ça. Un pas après l'autre, les deux jeunes filles arrivèrent à destination. Elles s'installèrent l'une à côté de l'autre avant d'attendre le début du calvaire.

Quelques petites minutes s'écoulèrent. Wendy tentait en vain d'arrêter les tremblement qui faisait frémir ses membres. Elle avait peur. Peur du Bloc, du Labyrinthe, des blocard et surtout de Jonas. Le mâton en chef était trop exigeant, trop peu présent pour les autres blocards et surtout trop colérique. La cuistot avait peur de savoir comment tout ça allait finir, peur des nouvelles punissions et des nouveaux ordres sanglants qu'ils allaient devoir appliquer pour satisfaire les besoins de leur chef. La jeune fille se sentait tellement lâche de voir tout les autres blocards tenter de riposter sans qu'elle même ne fasse quoi que ce soit.

Un courant d'air dans la pièce l'informa de l'arrivé d'autres mâtons. Des bruits de pas, du silence, puis une voix forte et autoritaire se firent entendre. La voix effrayait Wendy au plus haut point, une voix haineuse et colérique, une voix qui lui faisait penser aux coups de fouets des miliciens sur les corps gémissant de soit-disants coupables.  A chaque pause de Jonas, l'aveugle reprenait sa respiration. À chaque haussement de voix, la jeune fille se forçait à ne pas sursauter.

Les mots étaient tranchants. Jonas voulait une solution à l'état de crise du bloc. Leur chef ne voyait pas que le problème était son comportement violent. Il ne s'était même pas remit en question, n'avait pas douté une seule fois de ses ordres. Wendy savait pertinament que si Jonas faisait une annonce annonçant des règles encore plus strictes, il se ferait renverser par les autres blocards. La seule solution était de le convaincre à s'excuser publiquement du mal qu'il avait commis, mais il se ferait surement lyncher. Et qui prendrait sa place ?

Des autres mâtons, la cuistot ne connaissait pratiquement rien. Elle connaissait Milo et un petit peu Coré, mais c'était tout. Elle ne savait même pas ce qu'ils pensaient de tout ça. Si ils étaient derrière Jonas, ou bien secrètement contre. La mâton des miliciens était bien évidement avec lui, tout le monde le savait ; mais qu'en était-il des autres ? Wendy se recroquevilla sur son siège, elle même ne savait pas de quel côté se placer. Entre son devoir de mâton et son dégoût pour les punissions, la jeune femme était tiraillée. Elle se calma, se concentra sur ses mains jointes crispée et oublia les protestation de son estomac. Elle attendait que quelqu'un de plus courageux qu'elle réagisse au discours enflammé de Jonas.


Dernière édition par Wendy Rheon le Mar 11 Nov - 18:03, édité 1 fois
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MessageMar 11 Nov - 16:53

La colère gronde. D’abord murmure, elle est devenue déferlement et résonne désormais dans la bouche de nombreux blocards. Les regards noirs que l’on me lance régulièrement, loin de me mettre mal à l’aise, commencent peu à peu à m’exaspérer. Putain, j’y suis pour rien moi, lâchez moi la grappe. Si vous avez envie de vous plaindre, c’est chez Jonas qu’il faut aller toquer. Il se fera un plaisir de vous recevoir. Ce même Jonas qui a proclamé l’état d’urgence et qui nous a convoqués, nous les mâtons, dans la salle du conseil. Cela n’augure rien de bon. Les conseils ne sont jamais une partie de plaisir, je le sais par expérience. La dernière fois, c’était pour condamner la jeune Lula. Enjoy. On a connu débat plus passionnant. Tendu, je me dirige vers le lieu de rendez-vous sans m’attarder davantage sur le mépris – et la crainte – que l’on éprouve à mon égard. Après tout, je m’en fiche. Qu’ils pensent ce qu’ils veulent, ces tocards, ça m’empêchera pas de dormir. S’ils savaient le tiers de ce qu’on fait pour eux, il est clair qu’ils réviseraient leur jugement et nous considéreraient un peu mieux. Bref. Les gens sont ingrats, ça a toujours été ainsi. Mes pas me portent jusqu’à la salle du conseil. Les miliciens qui gardent l’entrée me laissent pénétrer dans la cabane en bois qui nous sert de repère. Franchement, comment pouvons-nous être crédibles si l’on se réunit dans ce genre de pot-pourri ? Je laisse échapper un léger soupir. A quoi bon ?

Quelques mâtons sont déjà arrivés. Je leur adresse un signe de tête en guise de salut, puis m’installe dans un coin de la pièce. Nul n’émet un son, une parole. Le silence est empreint d’angoisse et de peur. Tu m’étonnes. On ne sait pas encore quelle bombe Jonas va nous pondre lorsqu’il arrivera. De nouvelles mesures draconiennes ? C’est fort probable. Si ça continue, on finira par sanctionner pour un simple regard de travers. Et là, il risque de ne plus y avoir grand monde dans le Bloc. Les secondes passent. Les minutes aussi. Les derniers retardataires pénètrent finalement dans la cabane, suivis de peu par Jonas. Et il est pas content. Pas du tout. Cette réunion promet d’être trépidante. Il nous regarde d’un air féroce, puis entame son discours, qu’il ponctue de nombreux silences accusateurs. La façon dont il nous observe laisse à penser qu’il nous juge responsables de toute cette pagaille. Je réfrène une envie d’intervenir. Ce n’est pas le moment. Pas encore.

Le jeune homme revient sur les résultats peu satisfaisants des nouvelles règles qu’il a imposées récemment. Blablabla. Faut pas être devin pour comprendre qu’elles n’étaient pas du tout adaptées. Est-ce pour cela qu’il nous a fait venir ici ? Pour nous faire état d’une situation bien connue de chacun d’entre nous ? J’espère que non. Cependant, alors qu’il manifeste toute la verve dont il est capable via des mots totalement dénués de sens, je ne peux m’empêcher de m’attarder sur son poing. Il tremble. Jonas tremble. Des tremblements nerveux, presque imperceptibles, mais des tremblements quand même. Des sortes de convulsions. Ce n’est pas normal. Il a changé. Jonas a terriblement changé depuis quelques semaines. Que lui est-il arrivé ? Je me promets de résoudre ce mystère. Une fois que le grand patron a terminé son monologue, un nouveau silence se met à planer dans la salle. Chacun sait que s’il l’ouvre, il risque de s’en prendre plein la gueule direct. Mais bon, il faut bien que l’un d’entre nous trinque pour les autres. Et j’ai décidé que ce serait moi. C’est mon jour de bonté :


« Hum, si je puis me permettre ». Je me penche en avant, histoire que les autres mâtons puissent m’entendre. « Ces autres crétins se fichent pas mal de ce qui est arrivé à la voleuse. Certes, l’affaire a fait grand bruit, mais elle se serait tassée, tôt ou tard. Ils auraient compris pourquoi nous avons été contraints de la sanctionner. Non, ce qui leur troue le cul, ce sont ces règles drastiques et les conséquences qui les ont suivies ». Je me tais un instant. Voyant que Jonas ne réagit pas, je poursuis : « Si nous limitions ces règles, que nous les rendions plus humaines, ils s’adouciraient, j’en suis convaincu. Il suffit de leur expliquer que nous avons déconné, qu’eux aussi et basta. Pourquoi risquer de tout perdre quand il y a encore une chance de ramener le calme au sein du Bloc ? Ça n’a pas de sens. » Je m’adosse à mon siège et croise les bras. Cette réunion est une perte de temps. Plusieurs Blocards ont la dent dure et il faudra sans doute faire preuve de beaucoup de doigté si l’on veut pouvoir ramener la plénitude parmi nous. C’est difficile, mais pas impossible. Pourquoi ne le voient-ils pas ?
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MessageMar 11 Nov - 21:49

Quelle heure était-il ? A en juger par le ciel noir et les étoiles encore brillantes, le matin était encore loin d'arrivé. Il devait être quoi ... 3h30 ou 4h du matin. Déjà, Esther avait eu un mal de chien à s'endormir car elle savait ce qui l'attendait la journée suivante, mais maintenant qu'elle était réveillée, ses pensées s'étaient remises à tourner dans sa tête sans pouvoir y faire le tri. Cette nuit là, elle ne dormit pas beaucoup et ses réserves d'énergie allait lui être d'une grande d'aide pour attaquer la journée du lendemain. La réunion allait avoir lieu et l'appréhension se rependait dans tout le corps de la jeune fille. Elle ferma les yeux en soupirant et en se retournant pour la trentième fois. Elle essaya de faire le vide sans y arriver, et elle passa une très mauvaise nuit. 

L'aube pointait et Esther était assise sur son lit depuis un bon moment. Elle observait le lever de soleil depuis la fenêtre. Elle se leva vite fait et se prépara avant de sortir le ventre vide dans la fraîcheur du matin. Elle observa la lumière froide du soleil se reflétait partout dans le bloc. Elle ne pouvait rien avaler. Elle s'assit contre le mur en tentant de faire le tri dans ses pensées. Quel était son opinion sur tout ça ? Pour ou contre ? La même réponse revenait sans cesse : neutralité. Et elle détestait ça, car elle n'était jamais neutre. Elle avait toujours une idée fixe et arrêtée sur tout, tout le temps. Le dilemme dont il était question ici la dépassait et elle se décevait elle-même. Une heure passa, et le soleil se leva pour de bon, en réveillant le bloc avec lui. A quoi rimait cette communauté ? Sérieusement ? Il y a des jours, elle se disait qu'ils n'avaient qu'a tous passer ces fichues portes et on n'en parlerait plus dès le lendemain. Mais non, l’instinct de survie voyez-vous ... 

Au bout d'un moment, le mouvement et le bruit prit le relais sur le calme et le silence du bloc et Esther fut contrainte de se rendre à la réunion. Sur le chemin, elle avait droit à des regards bien plus que déchiffrable, mais néanmoins tous différents, lancés par les blocards déjà à la besogne. Elle tourna la tête et vit deux miliciens en train de jouer aux carte en faisant semblant de surveiller le gnouf. Ils foutait vraiment rien de leurs journée ceux-là, mis à part taper sur les autres sans raison. L'estime d'Esther pour les miliciens baissait de journée en journée, cela dit, peu de gens avait la chance d'avoir gagné son respect. Elle soupira et continua en direction de la salle du conseil. En passant la porte, une bouffée d'appréhension, d’excitation et d'impatience monta en elle. Pour elle, on allait causer fort pendant cette réunion, c'était sûr. Fort et bien, ça, c'était moins sûr Restait à savoir qui parlerais plus fort que les autres. 

D'autres mâtons étaient déja là mais pas tous, elle posa son regard sur Milo dans un coin de la pièce. Elle prends place non loin de lui et Jonas entra dans la pièce, déja énervé. Comment pouvait on déjà être énervé dès le matin ? Il commence son discours. Comme l'avait prédit la jeune fille, il parle fort pour ne rien dire. Il rapelle seulement les fait tout en montrant qu'il est en colère. Les regards de reproche de Jonas sur elle et les autres mâtons ne l'affecte pas, loin de là. Esther ne se sent en aucun cas coupable de la situation critique du bloc. Toute cette folie, c'est clairement sa faute. A lui et ses règles stupide qu'il a renforcé. Il était nécessaire de faire quelque chose lors du vol de nourriture. Esther le savait bien et était d'accord avec ça, punir les coupables et tout mais il avait prit les mauvaises décisions et elle n'avait pas contesté. Cette fichue neutralité, être tiraillée entre deux camps, elle n'en pouvait plus ! Il fallait choisir ! Pendant son discour Ô combien engageant, elle ferma les yeux et refléchit, pesa une nouvelle fois le pour et le contre. 

Une fois le silence revenu complètement dans la salle, la tension est à son comble. Qui va parler le premier, qui va décevoir ou lécher les bottes de Jonas. Lui faire comprendre que ce qu'il a fait est d'une stupidité sans nom. Esther avait très envie d'être cette personne. Mais le destin en avait décidé autrement et son voisin Milo prit la parole. 

Il était pour un cesser le feu, clairement. Jonas parlait de sévir et de règles plus drastique quand Milo parlait de calme et de reconnaissance de faute. Elle aquiesca mentalement. Milo n'avait pas tort, cependant....
< Milo, je pense que ce que tu proposes est utopique. Même si nous acceptons de reconnaître nos erreurs, que nous relevons les règles beaucoup trop sévère de Jonas, ils ne nous le pardonnerons pas si facilement. Je ne suis pas aussi convaincue que toi. 
Elle emet un temps de pause, pour réfléchir correctement à ses idées et à comment les formuler, puis  elle reprends, assez rapidement : 
< Je pense qu'au fond, ils veulent juste une revanche. Ils cherchent un prétexte pour mener à bien leur révolte, et le vol de nourriture était une étincelle. Les mesures qui en ont suivit on allumé le feu et les ont juste contenté dans leurs choix. Je pense qu'ils ne se sentent plus représentés, ni comprit, par ... comment dire ...
Esther hésita, fallait il vraiment le dire comme ça? Elle chercha ses mots puis se lança, en regardant le poing de Jonas toujours sur la table. 
< ... par la haute sphère de la direction. 
Le tiraillement de sa décision se faisait encore sentir, cette neutralité. Fallait il aider Jonas à reconquérir son peuple, ou alors le faire tomber et le remplacer ? Pour Esther c'était clair, la rancœur vivrait éternellement au sein du bloc, même si toutes les règles étaient levées. Cependant, il  était inconcevable pour elle de choisir un autre leader que Jonas. Que faire dans ce cas, face à un tel dilemme ? 

___________________________________

And I'll be waiting for the light,
That guides us through the worst of nights,
And I'll be waiting for the sign,
You're coming back,
And you have found your path.

Merci Lucas ♥:
 

Mp ; Fiche ; Liens ;
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MessageSam 15 Nov - 6:31

Tous les princes ont vaincu les armes
à la main ou ont péri étant désarmés.
Mâtons



Le jeune homme ne parvenait pas à trouver le sommeil. Il se retournait dans son sac de couchage sans cesser de penser à la réunion qui aurait lieu dans quelques heures ainsi que sa milicienne qui semblait souffrir de plus en plus. Il aurait voulu prendre une partie de son mal. Pouvoir rester avec elle et menacer les blocards qui la détestaient sans prendre la peine de savoir ce qui se cachait sous cette incroyable chevelure rousse plus éclatante que la lueur des flammes dansantes. Mais des murs si hauts les séparaient à chaque jour et chaque nuit arrivait trop rapidement pour que les deux ne puissent passer une ou deux respirations ensemble. Alek se retournait sur le dos et contemplait les étoiles. Les comptait une par une en espérant pouvoir retrouver le sommeil parmi une de ces constellations.

Il ne vint malheureusement pas le quémander. Alek se retourna dans son sac et sortit son manuel. Il observait les dispositifs dessinés dans cette fine encre noire avec cette étincelle dans le regard. On disait souvent que les étoiles brillaient dans nos yeux et scintillaient des couleurs de l’espoir. La trappe le passionnait. Il lisait avec attention chacun des instructions de conception et en modifiait mentalement quelques-unes. Tous les pièges devaient être différents. Ils devaient être parés à tout changement dans le labyrinthe.

Le matin parvint assez rapidement. Le trappeur se leva et se prépara rondement. Enfilant ses bottes ainsi que son plastron de cuir, il marcha en direction de la cabane où devait se dérouler la réunion du conseil des mâtons. Alek remarqua des regards sombres à son égard. Il ne put s’empêcher de leur jeter un regard courroucé et de leur tirer la langue. Enfantin. Plaisantin. Incapable de supporter les piques de ses camarades. Ça commençait à bien faire. Il en avait marre de toujours se faire pointer du doigt quand il avait le dos tourné. Il avait beau y être habitué, c’était différent de ce qu’il vivait habituellement. La tension était palpable au bloc et, dans sa qualité de mâton, Alek était bien évidemment vu comme étant une des causes des temps difficiles. Comme si ! Il passait tout son temps dans le labyrinthe, il n’avait pas de temps pour mener la vie dure aux blocards !

Il parvint finalement à la cabane et négocia avec les deux miliciens qui lui refusaient l’entrée. Le « grand » Aleksei en tant que mâton – il y avait de quoi épater la galerie. Il parvint finalement à rentrer dans la cabane et aperçut les autres filles ainsi que l’autre garçon déjà assis, prêts à commencer la réunion. Le trappeur prit la place à côté de Juliet et lui jeta un regard en coin. Elle semblait désemparée. Il aurait  voulu lui prendre la main le temps de quelques secondes, mais se ravisa. Ce n’était pas lui – ce n’était pas son genre. Ce n’était pas comme s’il y avait quelque chose entre eux. Jonas arriva et jeta un regard meurtrier à la rousse. Alek se mordit la langue afin de ne pas lâcher une remarque… non nécessaire. « Mes chers mâtons, je vous ai réuni aujourd’hui pour parler de la situation, désastreuse, il va sans dire, actuelle. Notre société est basée sur le respect, sur l’entraide et sur des règles précises. Qu’en est-il aujourd’hui ? Où est le respect chez tous ces tocards ? Pensent-ils que je n’entends pas leurs incessants murmures ? Nous avons renforcé les lois, puni les coupables, et rien ne cesse ! Ces infamies n’ont que trop duré. Il faut que ça s’arrête. Il faut conserver le peu de stabilité qu’il reste. Il faut sévir, et en conséquence. Si les précédentes précautions n’ont pas eu l’effet escompté, je compte sur vous aujourd’hui pour me proposer des solutions. Je ne reculerai devant rien. » Lui proposer des solutions. Alek était sceptique. Jonas devait vraiment être au bout du rouleau pour venir demander aux autres un peu d’aide. Il ne se souciait habituellement pas des autres tocards. Ce fut le medjack qui répondit le premier.

« Hum, si je puis me permettre. Ces autres crétins se fichent pas mal de ce qui est arrivé à la voleuse. Certes, l’affaire a fait grand bruit, mais elle se serait tassée, tôt ou tard. Ils auraient compris pourquoi nous avons été contraints de la sanctionner. Non, ce qui leur troue le cul, ce sont ces règles drastiques et les conséquences qui les ont suivies. Si nous limitions ces règles, que nous les rendions plus humaines, ils s’adouciraient, j’en suis convaincu. Il suffit de leur expliquer que nous avons déconné, qu’eux aussi et basta. Pourquoi risquer de tout perdre quand il y a encore une chance de ramener le calme au sein du Bloc ? Ça n’a pas de sens. » Pas pire comme raisonnement. Alek hocha la tête. Esther enchaîna. « Milo, je pense que ce que tu proposes est utopique. Même si nous acceptons de reconnaître nos erreurs, que nous relevons les règles beaucoup trop sévères de Jonas, ils ne nous le pardonneront pas si facilement. Je ne suis pas aussi convaincue que toi.  Je pense qu'au fond, ils veulent juste une revanche. Ils cherchent un prétexte pour mener à bien leur révolte, et le vol de nourriture était une étincelle. Les mesures qui en ont suivit on allumé le feu et les ont juste contenté dans leurs choix. Je pense qu'ils ne se sentent plus représentés, ni comprit, par... comment dire... par la haute sphère de la direction. » Milo et Esther avaient su définir le problème. Alek décida de se jeter à l’eau. « Les temps ont changé au bloc, Jonas. On est beaucoup plus que l’on ne l’était au tout début. Les blocards ont besoin de voir leur chef. Il n'y avait pas de problème avant, parce que nous te connaissions. Nous savions que tu n'étais pas foncièrement méchant et que tu pensais à la paix du bloc avant toute chose. Mais il y a eu beaucoup de nouveaux depuis ce temps. Ils ne te connaissent pas tous.Te reposer sur les miliciens ou sur les mâtons, ça n’aide pas du tout ton cas. Un bon chef doit savoir être craint sans être haï. C’est difficile pour eux de se reposer sur une instance qu’ils ne voient pas, de placer sa foi dans quelque chose qui ne leur est pas tangible. Tu dois apprendre à donner toi-même tes indications sans passer par des messagers. » Alek regardait le mâton en chef. Il ne se serait pas permis d’être aussi direct s’il ne l’avait pas connu personnellement. Quand Juliet, Jonas et lui construisaient le bloc pour qu’il ressemble à celui dans lequel il vivait présentement. Il prit une pause et continua. « C’est clair que tu auras à adoucir certaines règles… on ne pourra pas continuer bien longtemps ainsi. Mes trappeurs sont épuisés de courir aussi longtemps dans le labyrinthe, et même chose pour les coureurs. Tout le monde souffre. Ça doit être pareil pour vous, non ? » fit Alek, regardant les mâtons de ceux passant leur journée au bloc (Milo / Juliet / Coré / Wendy). La situation était tout aussi critique du côté des sarcleurs et des medjacks, de la milice et de cuistots. Le trappeur continua, regardant Jonas. « Peut-être serait-il temps que le prince sorte et voit comment ses sujets s’en tirent. Je ne sais pas si ce serait vraiment bien placé de ta part de faire des excuses, mais une chose est certaine, tu dois sortir un peu plus de ton bureau et justifier tes actes. Ça ne sert à rien de faire des édits. Les blocards veulent t'entendre parler de ta propre bouche. » Alek n’était pas particulièrement doué en rhétorique ou en politique. Il était carrément nul. Même après un an au bloc. Le rôle de mâton était nouveau pour lui. Venir en aide aux autres, aussi. Il se tut sous cette intervention plus longue qu'il ne l'avait prévu, attendant la suite des évènements. Chose certaine, son discours ne risquait pas de faire l'unanimité.


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MessageMar 25 Nov - 19:14

Le regard furieux de Jonas parcouru l'assemblée, se posant sur chacun de ses capitaines comme une tentative ratée de les pousser à prendre la parole. Là, debout devant tous, il se sentait à la fois fort et impuissant, comme si sa vie au bloc dépendait de ces six blocards. Était-ce le cas ? Non, Jonas n'y croyait pas. Il était intouchable. Il avait construit ce bloc, cette société, cette vie. S'ils avaient tenu si longtemps au sein du bloc, c'était grâce à lui. A lui et à Juliet et Alek. Son regard se posa un instant de plus que les autres sur ces deux-mâtons, dans lesquels ils avaient placés le plus d'espoir. Juliet ne le décevrait pas une deuxième fois, il en était persuadé. Elle n'en avait pas le droit, de toute façon. Quant à Alek, il était ce qui se rapprochait le plus d'un ami, il comptait sur lui plus que sur n'importe qui d'autre pour lui apporter les bonnes solutions, et rapidement.

Mais alors qu'il s'attendait à ce que ce soit lui, deuxième blocard à être arrivé ici, qui prendrait en premier la parole, ce fut le medjack qui s'exprima le premier. Milo. Ce tocard avait un talent qui forçait le respect, mais après tout, il n'était pas mâton pour rien. Jonas le fixa, les deux mains appuyées sur la table devant lui et un brin d'interrogation dans le regard. D'abord intéressé par ses propos, il se renfrogna vite lorsqu'il parla d'adoucir les règles. Ce n'était pas ce que Jonas leur demandait, il n'était pas descendu de son bureau, il n'avait pas arrêté ses précieuses recherches pour faire des excuses publiques à ces sales plonks. Un léger et à peine audible soupir las lui échappa tandis que sa déception se lisait clairement sur son visage. Mais il ne dit mot, se contentant d'attendre une nouvelle intervention. Ils était encore cinq à pouvoir s'exprimer sur le sujet, et il attendait bien plus que ces réflexions débiles de la part de ses capitaines. Esther, à l'image de Milo, avait vite compris que s'exprimer était bien plus intelligent que de rester muet. Il l'écouta avec attention, d'abord neutre face à ses remarques, puis énervé par ses paroles. Était-ce de sa faute, à lui qui avait toujours agit pour la communauté, si ces tocards se sentaient pousser des ailes ? Il n'en croyait pas ses oreilles, comment pouvait-elle réfléchir ainsi ? Il baissa la tête, abattu par tant d'impertinence et de manque de réflexion, fermant les yeux pour mieux se concentrer. Il ne devait pas s'énerver, il ne devait pas se laisser tenter par l'envie de les secouer, des les frapper en pleine figure pour les ramener à la raison. Ils étaient devenus fous. Mais Jonas, clément, préféra mettre ça sur le dos de la fatigue. Oui, ils devaient être fatigués, autant que lui, par la situation.

Il ne consentit à relever la tête que lorsqu'il entendit la voix d'Alek, un brin d'espoir brillant dans ses yeux. Lui avait sans doute compris le but de cette réunion. Il le regarda, impatient d'entendre quelqu'un rappeler aux autres ce qu'il en était. Mais Alek préféra suivre le mouvement entamé par Milo et Esther. La déception fut encore plus grande pour lui que pour les deux premiers. Était-ce là vraiment l'ami qu'il avait connu au tout début, ou était-il devenu un simple mouton qui était persuadé que l'herbe était plus verte ailleurs ? Pourtant, Jonas n'avait pas envie de lui en vouloir. Il avait juste envie d'oublier ça. Ils n'avaient pas compris, c'était tout. Une piqûre de rappel était nécessaire, et il était seul responsable de cet incompréhension.

Se redressant bien droit sur ses jambes, Jonas attendit qu'Alek finisse son discours faussé, puis il regarda successivement Juliet, Coré et Wendy, pour savoir si elles aussi, avait quelque chose de profondément débile à sortir. Il ne pu s'empêcher de ressentir de la colère face à leur silence mais peut-être avait-elles compris que la tournure qu'avait pris la conversation ne mènerait à rien. Y croyait-il vraiment ? Pas tout à fait, sauf concernant Juliet. Oui, elle avait sans doute compris, elle. Juliet, sa fidèle Juliet. Elle était son dernier espoir face à cette assemblée.

« Bon ... - commença-t-il avant de se passer une main sur le visage - Je vais recadrer un peu cette réunion. Nous sommes là pour punir ceux qui se révoltent contre le système qui nous permet de vivre tous ensemble. Je ne suis pas là pour faire des excuses à des tocards qui tentent de détruire une société que nous avons construit avec tant de mal, ni pour récompenser des incapables. Vous êtes fatigués, soit, je comprends. Mais vous êtes des mâtons, vous êtes les piliers de ce bloc. »

Décider de passer outre les propos sans réelle utilité de Milo, Esther et Alek était ce qu'il y avait de mieux à faire. Oui, Jonas était persuadé qu'après cela, ses six mâtons comprendraient.

« Je vous invite donc tous - il insista lourdement sur ce mot - à me proposer d'autres règles, d'autres solutions qui pourraient non pas adoucir le cœur des tocards, mais leur faire comprendre que ce sont leurs actes qui nous poussent à agir ainsi avec eux. Comportez vous donc en tant que mâtons, et non plus en enfants martyres. Et ...»

Il marqua un temps de pause, réfléchissant à un moyen de réveiller ces mollusques. La solution ne tarda pas à lui sauter aux yeux.

« ... Et puisque la fatigue vous rend si peu compétents, nous rediscuterons de l'heure du réveil en fin de réunion. Je vous écoute. »
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MessageMer 17 Déc - 21:59

Le regard foudroyant que Jonas me lance m’indique clairement qu’il n’a pas vraiment apprécié ma proposition. Ça m’aurait étonné, tiens. Lui, il veut du sang, des morts et des mesures encore plus sévères que celles qu’il a déjà imposées. Impossible de lui faire entendre raison, et j’aurais beau le supplier, le menacer ou même passer sous le bureau, il ne dérogera pas à ses objectifs. Autant parler à une chèvre. Les bras croisés, je le toise sans sourciller, attendant une réponse, une réaction, bref n’importe quoi. Qu’il dise quelque chose, bon sang ! Mais il n’ouvre pas la bouche. Ça vaut le coup de se décarcasser et de proposer des solutions. Contre toute attente, c’est Esther qui prend le relais. Je me tourne doucement vers elle, cherchant à savoir si elle me soutiendra ou non. D’ordinaire, nous sommes souvent d’accords l’un avec l’autre. Elle partage mes opinions et moi les siennes. Parfois, nous n’avons même pas besoin d’en parler, un seul regard nous suffit. Est-ce-que ce sera le cas cette fois-ci ? A voir. Je suis cependant assez déçu par son intervention, même si, au fond, elle a entièrement raison. Le petit peuple aura du mal à pardonner tous les crimes de leurs supérieurs, c’est clair et net. Après, Jonas n’était pas forcément obligé de le savoir. Ou du moins, de se l’entendre formuler de vive voix. Je laisse échapper un ricanement moqueur à la fin de la tirade de mon amie. Pas envers elle, bien sûr, mais envers ce qu’elle propose. Tellement chargé de sous-entendus. Jonas l’a-t-il perçu, lui aussi, ou va-t-il se contenter de faire l’autruche ?

Remplacer Jonas, voilà une idée intéressante à laquelle je n’avais pas songée jusqu’à lors. Les problèmes s’envoleraient aussitôt et nous pourrions repartir sur de bonnes bases. Hélas, je ne vois vraiment pas qui pourrait prendre sa succession. Il connaît le Labyrinthe mieux que nous tous, il sait de quoi il parle. Il a vécu tellement de choses, c’est lui le mieux placé pour nous diriger. Mais s’il continue à sombrer dans la folie, ce sera sans doute une solution qu’il ne nous faudra pas écarter. A méditer… L’intervention d’Aleksei me tire de mes rêveries. Lui, par contre, je ne le connais pas vraiment. Il n’a jamais été le type de personne à qui je vais parler spontanément. Bon ok, ce type-là n’existe pas. Mais tout de même. On ne se voit jamais, il est toujours en train d’arpenter le Labyrinthe à la recherche du Saint Graal. A moins qu’il n’espère que le Christ ne descende du ciel pour lui montrer la marche à suivre. Je ne sais pas trop. Dans tous les cas, c’est un grand pote de Jonas. Aussi, je redoute ce qu’il va lui mettre dans la tête. Étonnamment, il se place de notre côté. Je lui en suis reconnaissant et ne peux qu’approuver d’un signe de tête lorsqu’il se tourne vers nous pour nous demander si c’est vraiment autant l’horreur à l’intérieur du Bloc qu’à l’extérieur. Qualifier Jonas de « Prince » me fait néanmoins doucement sourire. Le jour où je le considérerai comme mon prince, il faudra se lever tôt. Okay, c’est notre grand chef, mais ça s’arrête là.


Une fois qu’Aleksei a terminé son joli discours, je frappe des mains avec lenteur tout en le dévisageant. Les regards se tournent alors vers moi : « Il a tout dit, il n’y a rien de plus à rajouter. Il est clair qu’il faut que tu sortes de ton trou, Jonas. Tu es complètement hors-réalité là-haut, tu ne vois pas ce qui se passe, tu ne sais pas ce que nous vivons au quotidien. Tu m’étonnes, après, que ça gronde. Je suis entièrement d’accord avec Aleksei, même si j’estime que des excuses seraient amplement méritées ». J’ai hâte que cette réunion se termine, donc si on pouvait se mettre d’accord rapidement, ça m’arrangerait. J’ai des Blocards à soigner, une équipe à diriger. Je ne peux pas me permettre d’attendre que Sa Majesté Jonas daigne se bouger les fesses. Finalement, notre chef prend de nouveau la parole. Et il est toujours pas plus content qu’au départ. Je crois que je ne suis pas prêt de retourner au chaud dans mon infirmerie. Je lève les mains en signe d’apaisement, mais je ne peux m’empêcher de tiquer lorsqu’il nous traite d’incompétents. Non, tout, mais ça non. De quel droit ose-t-il remettre en question nos compétences, lui qui ne fait strictement rien de ses journées ? Normal qu’on soit fatigués, on bosse sans arrêt pendant que lui reste prostré dans ses appartements. Non, là, ça ne va pas. Qu’il aille au Diable. Mon sang ne fait qu’un tour. Je me lève d’un bond, sous le regard médusé de Jonas. Sans un regard dans sa direction, je m’exclame :

« Okay, débrouillez-vous sans moi un moment, j’ai besoin de prendre l’air. Cogitez, cogitez, ça vous f’ra pas de mal car putain, vu ce raisonnement, on a encore du boulot ».

A un moment, faut arrêter de nous prendre pour des cons. Sans un mot de plus, je quitte la salle de réunion et retrouve l’air pur de notre cher bon Bloc. Zut pour eux.
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MessageJeu 18 Déc - 15:38

Coré était restée silencieuse depuis le début de la réunion mais écoutait attentivement ce que chacun avait dit. Elle se recroquevilla un peu sur son siège quand Jonas la fusilla du regard car le maton en chef lui faisait peur enfin, le nouveau maton. Auparavant, Jonas était plus gentil, plus ouvert. Maintenant, les mesures drastiques qu'il avait prise frisaient la paranoia. Ce fût Milo qui prit la parole en premier. Ce qu'il disait était juste et en accord avec les opinions de Coré. Esther enchaîna dans le même sens. Quant à Aleksei, lui, le "meilleur ami" de Jonas, si on pouvait considérer qu'il en avait un, il argumenta en accord avec les deux autres mais en rajoutant que Jonas devrait sortir, de temps en temps, de son trou et observer les blocards. La jeune fille hocha la tête en entendant ces paroles : en effet, sortir et rencontrer les autres pourrait, sans doute, résoudre pas mal de problèmes. Puis, ce fût encore au tour de Jonas qui les insulta au passage. Cette fois-ci, la peur de Coré se mua en colère. Que croyait-il que les matons faisaient de leur journée ? Se tourner les pouces ? Coré travaillait au moins, voire plus, que ses Sarcleurs et est-ce qu'elle leur en voulait ? Non. C'était son rôle de montrer l'exemple. De plus, elle les traitait avec douceur, en écoutant leurs problèmes et en restant calme et posée, ce qui marchait plutôt bien. Milo décida alors de quitter la salle. C'en était trop. Coré se leva et posa brutalement les mains sur la table, une lueur assassine dans les yeux. Elle ne s'énervait pas souvent si bien que les autres matons furent surpris de la voir s'emporter.

- Excuse-moi ? Tu crois sérieusement qu'on reste toute la journée à faire bronzette ? Descend de ton piédestal ! Comme l'a souligné Aleksei, si sa Majesté daignait sortir un peu de chez lui, tu verrai que certaines méthodes fonctionnent mieux que les mesures que tu as prises. Exemple : peux-tu me dire l'utilité de rallonger les horaires de travail ? Je vais te dire : tu n'es qu'un égoïste car tu ne mesures pas l'effet de tes décisions sur nous, tes fidèles soldats. Nous voulons bien t'épauler Jonas mais, dis-moi, comment faire quand tout le monde nous déteste ? Comment faire bien appliquer la discipline si tout le bloc se ligue contre nous et essaye de nous mettre des bâtons dans les roues ? Comment peut-on bien faire notre travail si on nous lance, sans arrêt, des regards noirs ? Tu veux des idées de mesures à prendre ? Très bien : déjà, rétablis au moins un jour de repos dans la semaine ! On a déjà assez de soucis comme ça ! S'exclama la jeune fille avant de s'adoucir et de devenir soucieuse.

- Jonas, que t'est-il arrivé ? Crains-tu vraiment que la discipline ne puisse pas régner sans ces mesures draconiennes ? Je suis désolée mais cela ne résoudra pas les choses, pire, cela les fera empirer. Je comprends que tu ne veuilles pas forcément te faire des amis et que tu te fiches de te faire des ennemis. Je comprends également que tu sois en colère. Mais ne penses-tu pas que ces mesures doivent cesser ? Certes, elles partaient d'une bonne intention et, pouvaient passer comme nécessaires, mais pendant un temps. Je pense que tu as marqué les esprits, comme tu le voulais. Si tu essayais de tester aller, pendant un mois histoire d'être sûr, de rétablir les anciennes règles, tu verrais que les blocards ont changé et qu'ils seront ravis de travailler et de ne pas transgresser l'ordre établi. Je t'en prie, réfléchis-y. Au moins, si tu ne le fais pas pour nous, fais-le pour toi. Calme ta colère et jête sur le bloc un œil nouveau. Dit la Sarcleuse en lui adressant un sourire bienveillant puis se rassir doucement.

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Dernière édition par Coré Williams le Dim 4 Jan - 21:53, édité 1 fois
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MessageJeu 1 Jan - 23:17

« ... Et puisque la fatigue vous rend si peu compétents, nous rediscuterons de l'heure du réveil en fin de réunion. Je vous écoute. »

Un discours bien palpitant que celui que Jonas tenait maintenant au mâton. Il n'était pas convaincu, n'avait pas lu entre les lignes, et surtout, il n'avait rien voulu comprendre. Il restait fidèle à lui-même, borné et sans autre vision que celle qu'il possédait lui. Rien d'autre. Aucune remise en question de ce coté là , et tant que personne ne lui dirais ce qu'il aurait envie d'entendre, pour se conforter dans son idée et pour justifier ses actes, rien ne changerait. Il voulait seulement ne pas être le seul responsable de tout ceci en attendant plus l'approbation de la troupe de mâton que leurs idées. Au fond de lui il savait déjà ce qu'il allait faire. Rien changer, ou alors empirer les choses. Et avec la révolution qui leurs tendait les bras, ce n'était vraiment pas la bonne tactique à adopter. Mais voilà, ce cher Jonas se pensait au dessus de tout, de par son statut de premier arrivé, premier au pouvoir. Il n'envisageait peut-être même pas qu'une révolution était vraiment en train de se préparer. "Ces tocards n'en seront pas capable ";"Ils n'oserons pas s'en prendre à moi";"Ils me doivent tout" devait-il se dire. Sauf que maintenant, plus personne ne savait ce qu'il lui devait. Jonas se pensait intouchable et n'entendait pas raison, malgré les efforts d'Alek pour le raisonner dans ce sens. Mais voilà, les matons non plus n'étaient pas intouchable. Jusqu'à un changement de poste de présidence, leurs rôles étaient menacés. Si Jonas décidait que ses mâtons étaient contre lui, tous, il n'hésiterais pas a en changer, et mettre ses propres partisans à leurs places. Et qui pourraient contester ? Personne, car c'était la règle.

Esther passa une main sur son visage en soupirant, et elle s'adossa sur son dossier en rejetant la tête en arrière. Un certain silence régnait. Mais il ne dura que peu de temps, avant que son ami Milo ne continue a exprimer sa pensée. Elle était bien souvent d'accord avec lui, et la rousse partageait son exaspération. Cependant personne ne lui retirerait sa place, car elle n'était pas faite pour suivre les ordres. Il fallait y aller en douceur, et ne pas brusquer le grand chef, qui, sous le coup de la colère, faisait souvent n'importe quoi. Il ne fallait en aucun cas qu'il se sente trahis par ses plus proches amis, mais il ne fallait pas non plus lui dire ce qu'il voulait entendre, sans aucune réflexion. Le bien du bloc avant tout.

Milo sortit. Une bonne ou une mauvaise idée, difficile à dire. D'un coté il n'avait plus a participer à cette ennuyante entrevue où tout le monde perdait son temps. Esther l'enviait, mais elle ne pouvait le suivre.
S'en suivit une petite tirade de la silencieuse Coré. Elle avait clairement choisit son camp, et l'avenir de sa place ne lui avait peut-être pas effleurer l'esprit avant de parler. Soit. Au moins elle disait les choses. Cependant, elle affirmait des choses que Jonas aurait voulu. Même Esther n'en aurait pas fait autant, car elle n'avait pas la prétention de connaître les véritables intentions de Jonas, ou le véritable but qu'il poursuivait. Peut-être ne cherchait-il justement que le meilleur pour le bloc, ou alors c'était juste un vrai égoïste en manque de respect, qui s'ennuyait, mais au bout du compte, personne n'était dans son esprit, qui, ces derniers temps, n'était peut-être plus très clair. Quelque chose l'aveuglait, mais quoi exactement, nul ne le sait précisément. Rien n'excusait son comportement pour autant, mais il fallait rester rationnel.

Alors quoi, fallait-il faire encore une autre tirade, essayer de lui parler en face pour lui faire ouvrir les yeux sur la situation actuelle ? Aucune solution brillante ne lui venait en tête. Après l'éclat de Coré, le silence se faisait pesant. Mais parler pour ne rien dire était ridiculisant. Cependant, un argument lui vint à l'esprit. Un problème qui la gênait depuis des semaines, lui revint en tête. C'était le bon moment pour amener ça sur le tapis. Elle parlait d'une voix sûre, mais déçue et fatiguée.


< Tu veux qu'on te dise quoi exactement ? Que tu as raison ? Que nous devrions TOUS approuver des heures plus dures et des conditions plus misérables ? Que ce soit normal qu'aucune forme de violence entre blocards ne soit tolérer sous peine de bannissement, alors que les miliciens ont carte blanche avec le fouet et le gnouf, sans prétextes avérer, et sans avertir le mâton ? Sans offense à Juliet, mais je pense que la principale priorité et de remettre la milice à sa place.

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And I'll be waiting for the light,
That guides us through the worst of nights,
And I'll be waiting for the sign,
You're coming back,
And you have found your path.

Merci Lucas ♥:
 

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MessageJeu 8 Jan - 11:37

Des paroles. Des mots qui s'envolaient avec pourtant beaucoup d'élan, mais qui n'en retombaient que plus brutalement. Tout le monde parlait, personne ne s'écoutait. Chacun avait ses idées, ses opinions, mais personne ne voulait entendre celles des autres. Un muet et un sourd se seraient mieux entendu. Mais dans la situation présente, l'aveugle ne pouvait rien faire, elle aurait beau tenter de s'exprimer, qui l'écouterai ? Quoique disent les matons, Jonas n'entendrait que ce qu'il voudrait bien entendre. Et il voulait la mort.

Les discours s'enchaînaient, tous plus brillants les uns que les autres. Pendant qu'Alek parlait, Wendy ne pu que hocher de la tête. Il avait resumé tout ce qu'il y avait à dire. Mais Jonas n'était pas content. Jonas n'était jamais content, et il ne le serait jamais. L'ambiance, les conditions de vie, l'espoir se dégradaient au sein du bloc. La réunion n'y changerait rien, Wendy en était persuadée, et le départ de Milo non plus. Quoique, Milo allait surement y perdre son rang de Maton. Et sa vie au passage.

Coré parla. Esther parla. Les deux jeunes femmes étaient déterminée, tout comme le reste de l'assemblée. Wendy se ravisa, finalement, le conseil changerai surement quelque chose au bloc : si ils continuaient ainsi, il y aura des postes supplémentaires en tant que matons à pourvoir.

Recroquevillée sur sa chaise, Wendy n'arrivait pas à savoir ce qui serait le mieux : laisser Jonas tyranniser les blocards ? Faire en sorte qu'il tombe et qu'un nouveau chef soit élu ? Tenter (surement en vain) de calmer Jonas ? Trouver un compromis ?  La Maton des cuistots était totalement perdue. Comme toujours. Soudain, quelque chose la démangea au niveau du nez, se retenant d'éternuer, la Maton cessa de respirer jusqu'à ce que d'un coup :

Atchoum !

Oups. Voilà, la timide aveugle avait attirée l'attention des autres. Ce qu'elle ne voulait absolument pas. Le problème, c'est qu'elle n'avait pas encore donné son avis, qu'elle n'avait pas pris la parole. Pas moyen de s'en tirer comme ça, il fallait qu'elle trouve quelque chose. Et tout ces regards posés sur elle la pesait.

« Je ... Je pense que chacun ici à raison. »

C'était vrai, chacun des matons présents avait au moins dit une vérité dans leurs discours respectifs.

« La situation est bien trop ... chancelante. Il faut ... Il faut trouver un moyen de réunir à nouveau tout les blocards pour trouver la sortie. Mais comment ? Jo ... Jonas, je suis désolée ... Je pense ... je pense que la violence et des règles en plus ne feront qu'aggraver la situation ... »

Sa voix était bien trop tremblante, basse, emplie de peur. Elle ne servait à rien. Sa prise de parole était aussi inutile qu'elle. Elle respira, laissant le temps à l'air frais dans ses poumons de l'apaiser, avant de reprendre.

«Le système du bloc est en train de sombrer et nous -plus que quiconque- devons nous remettre en question. Il y a quelque chose qui n'a pas fonctionné et je pense que sévir encore plus ne résoudra rien. Esther à raison : la milice fait trop bien son travail. Et chaque coup de fouet donne une raison de plus aux blocards de se rebeller.»

Elle ne tremblait plus. Elle avait pris une décision : si rien ne changeait, elle abandonnerait son rang de Maton.  

«Ce qu'il faudrait -dans un premier temps-, c'est réduire les sanctions et donner des privilèges à ceux qui sont méritant. Ça motiverait un bon nombre de blocards et ainsi peut être que la situation s'améliorerait. Et il n'y a pas de mal à employer la douceur plutôt que la violence ! »

Ces paroles l'étonnait. Elle avait pris en assurance depuis quelques mois et le changement était nettement visible. Néanmoins, sitôt qu'elle eut fini de parler, elle se remit à sa position initiale : tenter de se faire toute petite sur sa chaise.  
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MessageVen 9 Jan - 6:16

Réunion au sommet
You're not the only one, so get up.


Alek se retenait pour ne pas rouler des yeux et se frapper la tête contre un mur. Il était un boulet pour tout ce qui était administratif et ne comprenait pratiquement rien de cette réunion. Même la gamine de douze ans devait davantage piger ce qui se passait en ce moment que lui. Il était un intrus dans cette salle comblée de demoiselles intelligentes et du mec médecin qui ne disait jamais rien. Il fumait des clopes par moments. Alek avait parfois cette envie enfantine de lui dire de cesser pour ne pas se prendre un cancer du poumon. Il toussa et tenta de recadrer ses pensées sur cette réunion. Elle était importante pour leur avenir et il ne souhaitait pas vraiment que ses efforts soient vains. Il accusa le regard frondeur du leader. Jonas et lui avaient été les premiers dans cette galère et il ne lui donnerait jamais la satisfaction de se plier sous ses ordres. Le discours du chef des blocards sembla remettre le leader des trappeurs en question. Il laissait les gens discuter et se rappelait de ce premier mois de solitude où il avait tout construit à la sueur de son front pour tout simplement survivre. Il se souvenait de ce moment extatique où la milicienne à la chevelure de flammes était arrivée et avait comblé sa solitude. Il se rappelait aussi du moment où sa coureuse aux cheveux de jais se trouvait dans la boite et où il ricanait en se disant gâté d’avoir autant de jolies jeunes femmes près de lui.

Ils avaient pris tellement de temps à tout mettre ce système en place et attribuer les classes aux nouveaux arrivants. Les matons étaient plus ou moins récents. Coré et Wendy étaient toutes nouvelles et ne pourraient jamais comprendre l’enfer que les plus vieux avaient dû traverser. Il avait tout fait. Il avait cultivé les champs et fait régner la justice au sein de leur petite société. Il avait cuisiné et il avait toujours su tout donner. Son sang et ses larmes se trouvaient dans la cabane en bois et dans la construction du réfectoire. Il passa ses mains sur ses joues avant de les laisser glisser sur sa fine barbe. Enculé de Jonas. Il commençait à douter et il détestait ce sentiment d’incertitude.

Alek releva les yeux en entendant pour la quatrième fois de son existence la voix du médecin fumeur. Il commençait à remuer terre et ciel en se plaignant du fait que Jonas reste dans son trou hors-réalité. Le trappeur sentait une rage sourde en lui. Bravo mon champion. On aurait dit un gamin de trois ans auquel on avait refusé de lire une histoire. Milo allait retrouver ses demoiselles pendant que le reste du monde se tapait une réunion à ne plus finir. Pas de problème. Un connard en moins dans cette salle rendrait probablement la réflexion plus efficace. Ce fut au tour de la gamine de se lever et de fulminer. Alek ne pensait pas l’avoir jamais vu en colère. Bon sang que c’était amusant. Il se retint pour ne pas pouffer, mais son sourire disparut rapidement en entendant la miss parler de jours de repos. Elle se croyait où? Dans un camp de vacances? Deux heures de travail en plus étaient chiantes… mais ils avaient vu tellement pire. Alek se tournait vers Juliet afin de voir comment celle-ci se portait. Elle semblait totalement ailleurs ce qui peina un peu le jeune homme. Sa tristesse se changea rapidement en indignation en entendant Esther blâmer sa milicienne. Cette réunion commençait sérieusement à tourner en vinaigre. Il fallait bien évidemment que Wendy la transforme en mayonnaise. La moutarde commençait à monter au nez du blocard. Cette réunion avait assez duré. Il était grand temps de la clore.

« Wendy, tu es bien gentille, mais tu es complètement aveugle et tu ne vois pas vraiment ce qui se passe au sein du bloc. On ne va pas commencer à récompenser les blocards pour avoir bien agi. Nous ne sommes pas des chiens. On cherche la paix et on cherche la liberté. C’est pour ça que nous courons et que nous avons des commandements que nous devons suivre. Ensuite Coré, tu es jeune, les bonnes manières s’il-te-plaît. On ne regarde pas les gens avec des lueurs assassines dans le regard et fais attention à cette table, c’est moi qui l’ai construite ». Alek la pointait du menton en haussant un sourcil. Il avait longtemps hésité… mais il avait fini par choisir son clan après tout. Il resterait loyal aux principes de Jonas et à ce dernier. La paix était plus importante que tout. Ils avaient trop lutté pour la perdre. Puis il y avait aussi… il ne pouvait pas la laisser seule. Le trappeur cessa de sourire avant de reprendre. « Les comportements de tout le monde deviennent répréhensibles. Je ne citerai pas de noms… mais beaucoup de coureurs et de trappeurs se sont mis à leur aise. Ils narguent les miliciens davantage que vous ne vous faites narguer en tant que maton. Un peu plus et on se permettrait de les assommer. On ne remettra pas la milice à sa place tant que les blocards ne se retiendront pas eux non plus. On sévira nous aussi si nécessaire. C’est notre devoir. Puis si vous êtes incapables de l’accomplir… laissez tomber votre poste. » Il regarda longuement Esther avant de continuer son discours. Il contredirait… non il rectifierait sa pensée précédente. « Jonas n’a pas besoin de sortir parce que nous sommes ses oreilles. Nous sommes sa bouche et nous sommes ses bras. Nous parlons et nous agissons en son nom. Nous sommes des matons. » dit-il en haussant le ton. « Il nous suffit de monter les escaliers et toquer à la porte si nous désirons lui parler. Se plaindre de son inaccessibilité est déraisonné. » Alek avait réussi le tour de force de se convaincre… Jonas avait raison finalement. Ils étaient vraiment tous des enfants martyres. Le trappeur releva les yeux en direction du maton-en-chef.  « Cette réunion a assez duré. Joe, ça suffit, on clôt ça et on part. » Le pacte entre eux était tacite. Le trappeur avait failli se rabaisser au niveau de ces gens. Il en avait pratiquement mal au cœur. Il y avait vraiment de ces jours où il se dégoutait totalement. Il ne fallait pas perdre les choses importante de vue : la sécurité du bloc.
 

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MessageSam 24 Jan - 12:29

A peine Jonas eut-il terminé sa phrase qu'un boucan résonna dans la salle. Son œil fut vite attiré par la source du bruit. Debout devant tous les autres, Milo, le mâton des medjacks, déblatéra quelques lourds mots insensés, avant de sortir sous le regard médusé du mâton-en-chef qui resta muet face à la bêtise du blocard. Le visage sévère de Jonas se ferma en même temps que ses poings, encore posés sur la table. Qu'il sorte, un tocard aussi inutile n'avait rien à faire parmi les mâtons. La colère gronda dans ses tripes, mais il ne dit mot. Le medjack avait fait son choix, à Jonas de faire le sien. Le premier blocard baissa la tête, véritablement exaspéré par le comportement puéril de celui à qui il avait accordé sa confiance.
Et lorsque vint le tour de la mâton des sarcleurs de se lever et de s'exprimer, la colère qui rongeait silencieusement Jonas laissa sa place à l'exaspération. Qu'une enfant ose élever la voix pour le remettre en place n'était, étrangement, pas ce qui le dérangeait le plus, malgré que cela alimenta aussi le ressentiment négatif qu'il éprouva à son égard. Non, ce qui l'insupporta le plus, c'était son apparente conviction d'être dans le vrai. Lentement, au fur et à mesure qu'elle crachait ses sombres conneries, Jonas se redressa de toute sa hauteur, avant de fixer son regard glacial sur l'enfant. Lui, égoïste ? Un sourire mauvais apparu à l'embrasure de ses lèvres. Elle parlait de choses qu'elle ne connaissait pas et semblait croire qu'elle savait ce que lui, Jonas, le mâton-en-chef, lui qui avait bâtit à la sueur de son front cette communauté, désirait. Quelle imbécile ... Aucun de ces tocards ne semblaient comprendre. Il ne punissait pas par manque de sensations fortes, et s’il en voulait, tout un labyrinthe s’étendait autour d’eux pour cela. Il ne punissait pas non plus par plaisir. Il ne punissait pas par envie, ni par besoin d’affirmer sa position de leader. Il ne les exposait pas à la fatigue et au risque juste pour se satisfaire d’un quelconque besoin sadique. Il le faisait pour eux. Il agissait pour le bien du groupe, et non pas pour le contentement de quelques individus. Il savait que ce genre de décision était difficile à prendre et il était le seul, dans tout le bloc, à pouvoir le faire.

Etait-il dans le vrai ? Peut-être pas complètement, mais sans aucun doute bien plus que tous ces misérables tocards utopistes et naïfs. Cela faisait plus d’un an qu’ils étaient enfermés ici, comme des souris dans une cage. Et certains oubliaient qu’ils n’étaient pas dans un camp de vacances et qu’ils avaient un but à atteindre. Mais non, au lieu de se concentrer sur leur travail respectif, certains prenaient le temps de s’amuser. C’était son rôle de redresser ceux qui se laissaient aller. De confronter à la réalité de la situation ceux qui ne voulaient ouvrir les yeux. Et Jonas pensait pouvoir y arriver sans difficulté en s’entourant de mâtons. Mais aujourd’hui, en se confrontant à eux, il eu l’horrible impression que, au lieu de l’aider, ceux-ci ne cherchaient qu’à le ralentir. Ils étaient six boulets accrochés à ses chevilles. Sa prise de conscience lui laissait un goût amer dans la bouche, et l’espace d’un instant, il eut envie de tout foutre en l’air, de balancer sa table sur l’assemblée et de s’enfoncer dans le labyrinthe pour ne plus entendre leurs conneries. Les laisser se démerder, s’entretuer en paix ou se faire tuer par les créateurs. Mais il n’était pas un lâche, et ce qu’il savait, tout le savoir qu’il avait réussi à rassembler en un an, lui était précieux, trop précieux pour qu’il abandonne tout sur un coup de tête. Il devait sauver ce qui pouvait encore l’être.

Ses yeux, qui n’avaient pas quitté Coré pendant ces longues secondes de silence où il s’était perdu dans ses pensées, se remirent à se mouvoir lorsqu’Esther parla, rompant le malaise qui s’était installé dans la salle. Il s’attendait à se prendre à nouveau une gifle de déception dans la figure et ne fut pas déçu. Elle non plus, n’avait pas compris. Néanmoins, elle souleva une question intéressante concernant la milice. Du relâchement dans le groupe ? Jonas tourna la tête vers Juliet, attendant une réaction de sa part. Qu’elle conteste l’abus ou qu’elle le justifie. Si les miliciens agissaient, c’était soit parce que cela était nécessaire au vu du comportement des blocards punis, donc tout à fait justifié, soit qu’ils se laissaient aller à un plaisir de domination. Prendre la grosse tête quand on tenait le fouet n’était pas vraiment étonnant, mais dans ce cas, c’était à la mâton de réguler et contrôler ses recrues. Mais la rousse ne dit rien. Pire, elle fuit le regard du mâton-en-chef qui grinça des dents.

« Si les miliciens abusent vraiment, c’est qu’ils ne sont pas suffisam…

- Atchoum ! »

Jonas eut un sursaut léger. Il tourna son regard vers l’aveugle qui avait éternué si indiscrètement et prit une longue inspiration avec le nez pour calmer la colère qui le saisissait. Il ne supportait pas d’être interrompu, d’autant qu’il espérait réveiller Juliet et lui faire comprendre que son rôle n’était pas assuré, malgré le fait qu’elle fut la troisième blocarde. Un léger silence plana sur la salle avant que la mâton des cuistots ne prenne la parole. Il l’écouta donc, d’abord exaspéré, puis franchement étonné par son discours. Elle semblait tellement hors-réalité que c’en était gênant. Donner des privilèges à ceux qui le méritent ? Etait-elle vraiment sérieuse ? Jonas était partagé entre le rire et le désespoir. Il s’apprêta à soupirer longuement pour signifier son désarroi par rapport à la situation lorsqu’Alek prit la parole.

Doucement, Jonas se détendit. Le trappeur lançait exactement ce qu’il aurait souhaité leur dire. Le mâton-en-chef leva les yeux et les mains vers le ciel, semblant remercier celui-ci que quelqu’un de sensé prenne la parole. Enfin ! Il y en avait au moins un qui avait compris ! Jonas reposa ses mains sur le bureau et se félicita de ne pas avoir jugé le deuxième blocard trop vite, lorsqu’il avait perdu de vue ce qui importait vraiment, au début de la réunion. Se confronter aux autres n’était pas aisé, lui-même en faisait souvent les frais. Mais Alek était comme lui, exactement comme lui. Lui aussi avait subi, lui aussi avait construit le bloc. Et il savait ce qui était vraiment essentiel ici. Pas le repos, pas les distractions, mais bien la sécurité et la communauté. Pouvoir compter sur quelqu’un les yeux fermés lui procura une sensation de soulagement comme il n’en avait pas connu depuis bien longtemps. Et plus son ami parlait, plus il fut empli par un sentiment de fierté. Comme c’était agréable de se faire comprendre par quelqu’un ! Son envie de remettre Coré à sa place et de secouer Juliet pour la réveiller fut balayée par les paroles d’Alek. Il avait tout dit.

« Cette réunion a assez duré. Joe, ça suffit, on clôt ça et on part. »

Jonas se redressa de toute sa hauteur. Oui, ça avait assez duré. Rien n’avait avancé, mais avec beaucoup de chance, cette réunion avait remis les idées en place de certains. Il en doutait fortement, cependant, mais n’avait plus envie de se battre pour cela.

« Oui, ça a assez duré. Dégagez, retournez à vos postes. Oh et, Juliet… Ce n’est plus la peine de revenir. »

Le premier mâton tenta de cacher du mieux qu’il pouvait sa déception derrière un masque de froideur lorsqu’il fixa son regard dans celui de la milicienne. Elle était inutile. Et il n’avait pas besoin de gens inutiles autour de lui. Son dédain pour Coré et l’irrésistible envie de la renvoyer qu’elle lui avait procuré en s’exprimant s’était éteint sous la déception que représentait Juliet. Elle n’avait pas ouvert la bouche de toute la réunion. Pas un mot, pas un geste. Elle était restée complètement absente. Alors il devait se débarrasser d’elle. Jonas ne désigna personne pour reprendre le flambeau, il n’avait pas le cœur à ça. Sans un mot, il les regarda quitter la salle, et interpella Alek avant qu’il ne sorte pour lui dire deux mots.

« Alek, je te laisse me seconder. Accorde-leur une demi-heure ou une heure de sommeil en plus si tu le souhaites et si tu juges ça nécessaire. Et… Je te charge de trouver celui qui remplacera Juliet. »

Son cœur était lourd, plus qu’il ne se l’avouerait jamais. Mais c’était essentiel. Son visage se ferma et il intima à Alek de sortir. Il avait besoin d’une minute de tranquillité pour se remettre de ses nombreuses déceptions. Lorsqu’il fut enfin seul, son premier réflexe fut de se défouler sur la table avec ses poings, jusqu’à ce que celle-ci ne cède sous sa colère. Le trappeur était un espoir, Juliet sa plus grosse déception. Les quatre autres n’étaient qu’un amas de gamins gâtés pleurant pour un jouet. Il tremblait de colère face à leur incapacité. Qui lui avait refilé des tocards pareils ?! Les dents serrés, il s’adossa au mur derrière lui et respira lentement pour se calmer. Il devait avancer, coûte que coûte, il devait tirer en avant les blocards qui souhaitaient être sauvés. Et se débarrasser des autres.

Au bout d’une quinzaine de minutes, Jonas sorti. Les deux miliciens qui gardaient la porte lui adressèrent un signe de tête et un regard inquiet. Sans doute avait-il été plus bruyant qu’il ne le pensait. Peu importait, les miliciens n’étaient pas là pour écouter aux portes. Il s’avança dans le bloc, le regard hautain, souhaitant retrouver son bureau et ses plans le plus vite possible. Mais une chevelure de jais lui barra la route, alors qu’une voix féminine s’adressa à lui :

« Jonas ? Je peux te parler ? »
Le mâton-en-chef baissa le regard sur la jeune coureuse qui se tenait devant lui. Il la détailla un instant, le temps de la reconnaître. Ellen. Une vieille blocarde que le temps passé dans le labyrinthe avait changé. Il jurerait que son regard était plus profond, plus mature que la dernière fois qu’il l’avait vu.

« Je n’ai pas le temps. Adresse-toi aux mâtons »

« Je t’en prie Jonas, écoute. Je ne suis pas là pour te faire du tord. Je suis là pour t’aider. »

« Tu veux m’aider ? Très bien, donne-moi le nom d’un medjack. »

A l’expression étonnée d’Ellen, Jonas eut envie de sourire. Mais il resta le plus sérieux du monde, avec une idée bien précise derrière la tête.

« Euh… Et bien, il y a Milo »

« Il m’en faut un autre. »

La coureuse réfléchit un instant, sceptique face à la demande du mâton-en-chef. Son visage se transforma en une grimace d’hésitation, avant qu’elle ne reprenne la parole.

« Il y a aussi Jude et … »

Jude. Jonas n’avait que très vaguement entendu parler de lui. Mais c’était très bien ainsi. Il lui fallait un peu plus de présence masculine parmi les mâtons, et ce n’était pas ce qui était le plus courant, chez les medjacks. Il conviendrait parfaitement.

« Jude. Parfait. Alors tu iras dire à Jude qu’à partir d’aujourd’hui, il remplace Milo en tant que mâton. Je suis sûr qu’il sera heureux de l’apprendre.

Et sous le regard médusé de la coureuse, Jonas s’éloigna pour retrouver au plus vite son espace vital.
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